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	<title>REFLEXes &#187; William Bonnefoy</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Groupe Union Défense (GUD)</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Feb 2009 14:56:38 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La synthèse qui suit a d&rsquo;abord été écrite pour le livre Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes français, publié en 2002. Il a subi quelques retouches pour la présente édition.</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1285" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg" alt="Dessin_brochure_interne_1971-08e0d" width="273" height="261" /></a>Pour un observateur inattentif, le GUD pourrait apparaître légitimement comme l’un des mouvements nationalistes français ayant connu la plus grande longévité, avec plus d’une trentaine d’années au compteur. En fait, la réalité est bien sûr plus compliquée puisque ce n’est pas d’un GUD qu’il faut parler mais de GUD(s). Chaque génération a mis en effet dans cette organisation un contenu et des pratiques différents, excepté la violence politique, sans qu’il y ait réellement transmission de l’expérience, mis à part quelques exceptions, d’un groupe d’âge à ses successeurs.</p>
<p>Ce n’est donc pas tant du GUD dont nous allons considérer l’histoire que celle, trentenaire, de ce courant de jeunes nationalistes se reconnaissant rarement dans les organisations nationales et préférant militer dans un groupuscule nationaliste-révolutionnaire dont le nom est à lui seul une identité politique, basée sur la violence et l’absence de calcul politique. Une démarche que l’on pourrait qualifier d’« esprit Lansquenet » en quelque sorte. Ce faisant, il n’est pas question pour nous d’être exhaustif. Moult choses ont été écrites sur le GUD, en particulier dans sa version des premières années, et nous nous contenterons donc de donner des points de repère pour les deux premières décennies. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1286" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg" alt="Brochure_interne_1973-a1bd8" width="285" height="254" /></a>Par contre, parce que l’intérêt militant en est évident, nous nous appesantirons nettement plus sur la dernière décennie, jusqu’au début des années 2000. L’exercice de la synthèse étant ce qu’il est, nous ne prétendons cependant pas faire des révélations sur un groupe dont la vie interne est pourtant riche d’embrouilles et de rebondissements !</p>
<h3>Genèse d’un mythe ou<br />
« Quand le GUD faisait (encore)<br />
de la politique »</h3>
<p>Le GUD est un pur produit de l’après-Mai 68. La dissolution du mouvement Occident a laissé la jeunesse nationaliste relativement orpheline et quelques structures en bénéficient : Restauration Nationale (Patrice de Plunkett), Œuvre Française (Pierre Sidos), Mouvement Jeune Révolution (Gérard Bouchet), Jeunesses Patriotes et Sociales (Roger Holeindre), Action Nationaliste (Jean-Gilles Malliarakis), Jeune Europe (Nicolas Tandler). Mais le résultat n’est qu’une concurrence féroce et stérile qui épuise le mouvement nationaliste. Une poignée de militants a alors l’idée de faire autre chose.<br />
Premièrement, mettre fin à l’émiettement en se concentrant sur un lieu, seul moyen de résister à l’expansion des structures d’extrême gauche. Deuxièmement, profiter des opportunités offertes par l’après-Mai. Or la principale de ces opportunités est la mise en place de la réforme universitaire d’Edgar Faure qui institue des conseils élus dans chaque université, ouvrant ainsi au maximum le jeu politique en supprimant le monopole syndical. Le lieu choisi est la faculté de Droit d’Assas, même si quasiment aucun militant n’y est inscrit. La structure se trouve affublée d’un nom, Union Droit, qui, en se transformant en Groupe Union Droit ou Groupe Union Défense (GUD), est appelée à un bel avenir.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg" alt="Union_Droit" width="353" height="479" /></a></p>
<p>Elle rassemble quelques militants connus comme Alain Robert, Gérard Longuet ou Jack Marchal. Une campagne très dynamique et d’apparence sérieuse (Gérard Longuet, idéologue de ce groupe activiste, promulguera une <em>Charte Universitaire</em>) lui assure un confortable succès aux élections de février 1969. Malgré une fin d’année universitaire précaire, le GUD est installé à Assas pour quelques années…</p>
<p>Cela permet au groupe de mettre en place le deuxième étage de la fusée : un vrai mouvement politique, en l’occurrence Ordre Nouveau (ON), grâce au renfort de militants comme François Duprat. Le lancement d’ON en février 1970 ne met pas fin au développement du GUD, aussi bien à Assas que dans d’autres facs parisiennes. Le quotidien est alors composé d&rsquo;affrontements violents avec les étudiants gauchistes ou tout simplement de gauche : de nombreuses batailles rangées éclatent régulièrement, avec à la clé des dizaines de blessés graves. La police ne cesse d’intervenir pour séparer les adversaires, et le centre Assas sera fermé à maintes reprises pour d&rsquo;évidentes raisons de sécurité. Ainsi, le premier venu peut instaurer sa loi et filtrer les entrées, malgré la présence de vigiles musclés appelés en renfort par le rectorat. C&rsquo;est avec l&rsquo;essor de ces batailles rangées à Assas que le GUD va conquérir ses lettres de «noblesse», écrasant à plusieurs reprises les gauchistes venus attaquer «son centre». La peur règne alors dans la faculté, où la chasse au faciès va bon train ; des enseignants appartenant au syndicat SNESup sont également agressés : une enseignante est lacérée à coups de rasoir et enfermée dans un placard ! Les « durs » sont particulièrement bien entraînés et décidés à tout. Ils reçoivent en outre le renfort de Vietnamiens du Sud et de charmantes Iraniennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_0_372" id="identifier_0_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du g&eacute;n&eacute;ral Aryana.">1</a></sup> spécialisées dans les arts martiaux. Même à Nanterre, le GUD obtient 13,5 % des voix, tandis que sa présence provoque des lynchages en règle de la part de l&rsquo;extrême gauche et une émeute qui dure deux jours (une centaine de policiers blessés). De par son rôle dans les élections, le local d’Assas est particulièrement stratégique et il est souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;agressions diverses : les casques noirs ornés de la croix celtique sont accrochés aux porte-manteaux et… divers matériels « plus solides », faciles à cacher dans le sous-plafond. Dès 1970, le GUD est capable à Assas de mobiliser 200 militants et sympathisants pour les bagarres, avec un système de contact téléphonique particulièrement au point : quinze minutes au maximum pour rassembler les troupes !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1292" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0004" width="271" height="354" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1290" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b" width="474" height="642" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1291" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0002" width="474" height="641" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1288" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.4-c8c80" width="549" height="736" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1289" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.5-b66c7" width="474" height="621" /></a></p>
<p>C’est l’âge d’or du GUD, car les évolutions politiques orientées par Ordre Nouveau à partir de 1972-1973 vont lourdement peser sur la vie du groupe. La constitution du Front National autour de J.-M. Le Pen en octobre 1972 prend en effet à froid une génération de gudards aux convictions nationalistes-révolutionnaires bien ancrées et qui n’ont guère envie de servir de roue de secours au « Menhir », vieux briscard politicien issu de la IVe République. Une partie de ces militants quitte donc le GUD fin 1972 et rejoint sous l’appellation Groupe Action Jeunesse (GAJ) le courant solidariste, favorisant une division qui va durer jusqu’à la fin des années 1970. Cet affaiblissement intervient alors que le printemps 1973 est marqué par de très violents affrontements, y compris à Assas, qui montrent que le gauchisme activiste a de beaux restes.</p>
<p>La dissolution d’ON en juin 1973 fait du GUD une base de repli pour tous ceux qui refusent l’aventure Front National. Mais c’est une base de repli en piteux état, qui se trouve à Assas confrontée à la vigueur du GAJ, héritier putatif du GUD de 1969-1970.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1293" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg" alt="alternative-3-233a7" width="196" height="291" /></a>La situation est rapidement rétablie par quelques dirigeants efficaces, dont Olivier Carré, qui permettent au GUD de connaître une deuxième jeunesse. Ceci se manifeste entre autres par le lancement de la revue <em>Alternative</em>, au ton décapant, qui sans être la revue du GUD en est particulièrement proche. Toute la période 1973-1974 est ainsi marquée par des affrontements très violents entre GUD et GAJ, l’unité ne se reconstituant que contre l’ennemi gauchiste ou, moyennant finances, pour faire le SO de la campagne de Giscard en 1974. Le lancement du Parti des Forces Nouvelles par une partie des rescapés d’Ordre Nouveau donne au GUD une configuration qu’on retrouvera maintes fois par la suite, à savoir le rôle de courroie de transmission en milieu universitaire. Le GUD est alors, en principe, associé au Front de la Jeunesse (FJ)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_1_372" id="identifier_1_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On voit la capacit&eacute; de recyclage des appellations par l&rsquo;extr&ecirc;me droite puisque ce nom sera r&eacute;utilis&eacute; en 1999 pour le lancement d&rsquo;une &eacute;ph&eacute;m&egrave;re structure unitaire post-scission !">2</a></sup> et dirigé par Philippe Penninque et J.-F. Santacroce. Les activités du GUD vont alors des inévitables bagarres avec les gauchistes aux combats à Beyrouth dans les rangs des Phalanges Chrétiennes, en passant par les SO de la droite libérale. À cette époque, le GUD a des contacts dans une centaine de centres universitaires en France. En 1977, son congrès rassemble plus de 150 délégués de 40 facultés et élit un bureau politique de trois membres, un bureau national de six et un comité national. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1294" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg" alt="45_tours_GUD-a30de" width="189" height="197" /></a><br />
En 1978, une pétition lancée « <em>pour l&rsquo;arrêt immédiat des poursuites engagées contre les élus GUD au conseil d&rsquo;université de Paris II</em> » sera soutenue notamment par Tixier-Vignancourt, maître Isorni, l&rsquo;amiral Auphan, Thierry Maulnier, Eugène Ionesco, Michel Droit ou Jean Marcilly. Notons que les poursuites en question étaient liées à des exactions multiples.</p>
<p>Après 1977, les activités du GUD Assas marquent un net fléchissement, lié aux tensions avec le PFN et le Front de la Jeunesse. Ceci dit, ce relatif déclin n’est pas spécifique au camp nationaliste puisqu’il touche aussi les organisations gauchistes. Cette époque en demi-teinte est marquée par la gigantesque baston de Nanterre en 1980 qui voit des militants du GUD se faire lyncher dans la gare RER après une diffusion de tracts. L’échec de la campagne aux Européennes de 1979 puis celui des élections présidentielles de 1981 sonnent le glas d’un certain nationalisme.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1295" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg" alt="Oxydant-bef7c" width="276" height="409" /></a>Le groupe « s’autodissout » le 17 juin 1981, après la victoire de la gauche aux présidentielles, au sein d’un regroupement plus large en ligne directe du PFN, le Renouveau Nationaliste (RN), tout en gardant ses positions à Assas. D’anciens militants tentent d’ailleurs de recréer la mystique du groupe en lançant la revue <em>Oxydant</em> dont la présentation et le ton s’inscrivent dans la continuité de feu <em>Alternative</em>. Le GUD est officiellement dissout début juillet 1981.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1296" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg" alt="rn-3-f2362" width="197" height="265" /></a>Le RN vivote jusqu’en 1983 tout en faisant malgré tout des apparitions publiques, essentiellement anticommunistes. Le printemps 1983 et les manifestations étudiantes protestant contre la loi Savary de réforme de l’enseignement supérieur permettent au GUD de reprendre du poil de rongeur, en particulier à Paris, sous la férule de Charles-Henri Varaut et Fabrice Saulais. Il est temps pour le groupe ainsi reconstitué de larguer un RN qui se résume en grande partie à lui-même pour rejoindre une autre dynamique.</p>
<h3>Vers la Troisième Voie ?</h3>
<p>La nécessité de s’allier à quelqu’un va pousser le GUD dans les bras du vieux militant solidariste Jean-Gilles Malliarakis, alors à la tête d’un Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) dont le discours anticommuniste et anticapitaliste rencontre un fort impact parmi tous ceux qui regardent d’un air suspicieux l’émergence du FN et son électoralisme.<br />
Ce discours rejoint d’ailleurs celui développé à ce moment par le GUD : « <em>Nous devons tous ensemble œuvrer à liquider les derniers restes d’infection marxiste</em> (ndlr : les syndicats étudiants) » (tract pour les élections à Paris II &#8211; Assas du 24 janvier 1984) ou « <em>L’Europe doit refuser d’être le 52e état américain</em> » (autre tract de 1984). Le rapprochement se fait à partir du printemps 1984 et le GUD rejoint officiellement le regroupement Jeune Garde en mai 1985 même si l’intégration de fait était déjà réalisée. Cet assemblage donne naissance au mouvement Troisième Voie (TV) en novembre 1985. Reprenant une appellation élaborée par les nationaux-bolchéviques allemands des années 1930, ce nom pose clairement la ligne politique qui se veut à égale distance du capitalisme privé et du capitalisme d’État, tout en faisant référence à une organisation sœur italienne et interdite pour terrorisme, Tersa Posizione. Si l’étiquette GUD est encore utilisée, il est clair que l’absorption par TV est poussée très loin. Les gudards s’y sentent en effet comme chez eux, leur style provocateur n’étant absolument pas bridé.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1297" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg" alt="05/10/1986. National Front (FN) Joan of Arc day celebrations with Jean-Marie Le Pen" width="539" height="358" /></a><br />
On peut ainsi voir les militants faire les marioles lors de la fête Jeanne d’Arc 1986 avec une banderole « Madelin, paye ta cotise ! » ou attaquer les cortèges du mouvement anti-Devaquet à l’automne 1986. Malliarakis a su mettre sur pied une structure fédérative qui satisfait tout le monde, le GUD Paris pouvant s’épanouir dans son bastion et devenant l’organisation étudiante référente. Les GUD de province ne sont pas en reste avec parfois une imitation assez réussie du modèle parisien. C’est par exemple le cas dans la région Languedoc-Roussillon. Les statuts de l’association Jeune garde &#8211; Groupe Union Défense sont déposés à la préfecture le 21 février 1985 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec Jürgen Greiner, de nationalité allemande, comme président, assisté de Michel Camrrubi (secrétaire) et de Christian Soulier (trésorier). Outre les classiques exactions (Jürgen Greiner est inculpé pour « coups et blessures » en avril 1986) ce noyau dur tente de tisser un réseau militant sur l’ensemble de la région. En mai 1986, une dizaine de militants du GUD, originaires de Perpignan et de Montpellier sont accueillis à Toulouse par Anne-Marie Prolongeau (Jeune Garde) et rencontrent un responsable départemental du Parti des Forces Nouvelles maintenu (PFN), Bruno Pouzac. Moment fort de toutes ces prises de contact : un camp d’ organisé dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales), près de Thuir.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1298" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg" alt="Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9" width="394" height="567" /></a></p>
<p>Au programme : « cours magistraux » et entraînements avec séances de tir à balles réelles (armes légères automatiques). Le camp accueille une vingtaine d’hommes et quatre femmes venus de la région parisienne, des Pyrénées-Orientales, du Var et de l’Hérault. Mais d’autres villes ou régions se signalent également, comme Strasbourg dont la composition sociologique de certains campus (médecine entre autres) explique bien des choses.</p>
<p>La dynamique dure jusqu’en 1988 mais le climat se dégrade au sein de TV. Malliarakis et quelques autres dirigeants sont en effet saisis du traditionnel virus organisationnel, c’est-à-dire que le dirigisme prime peu à peu sur l’autonomie interne. Cela s’explique sans doute en partie par un accroissement des ambitions politiques des uns et des autres. « Mallia » prend la grosse tête face à quelques manifestations ou meetings réussis et le ralliement à TV de Serge Ayoub et de ses boneheads regroupés au sein des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) à partir de l’automne 1987. L’idée s’impose alors chez certains TV qu’il est peut-être possible de rafler la mise face au FN, d’où des attaques écrites et orales régulières et très violentes contre ce parti. Les gudards décident alors de rompre l’alliance et le font savoir en mai 1988 lors d’un meeting organisé par Christophe Pierre et William Bonnefoy.</p>
<h3>GUD revival</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1299" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg" alt="Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1" width="236" height="349" /></a>Une nouvelle période s’ouvre donc, avec une autonomie revendiquée et symbolisée par l’anniversaire des 20 ans du GUD fêté le 20 novembre 1988 à la Mutualité, en présence de quelques anciens dont Jack Marchal et Éric Delcroix. Signe d’une volonté de renaissance, les gudards relancent la perspective d’une implantation universitaire avec le dépôt le 29 décembre 1988, à la préfecture de police de Paris, des statuts de l’Union et Défense des Étudiants d’Assas (UDEA), étiquette légale et électorale du GUD qui officiellement n’existe plus.</p>
<p>Bonnefoy lance moult initiatives et tente de donner une légitimité « intellectuelle » au GUD avec un cercle de réflexion, des réunions et une revue : <em>Rebelle</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_2_372" id="identifier_2_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle-m&ecirc;me remplace une revue non officielle du GUD, Rebelles, qui s&rsquo;&eacute;tait substitu&eacute;e au Fil d&rsquo;Ariane, bulletin du temps de l&rsquo;int&eacute;gration dans TV. Parall&egrave;lement, une petite &eacute;quipe essaie de relancer Alternative mais l&rsquo;exp&eacute;rience p&acirc;tit de la m&eacute;diocrit&eacute; du journal.">3</a></sup> . On trouve dans celle-ci la Charte du GUD tandis que circule en copie séparée un document sur « l’éthique nationaliste » qui place la barre très haut : « <em>Il nous faut donc tenter d’établir une sorte de Code de l’Honneur, à l’image du Bushido du Samouraï nippon. Deux sources doivent principalement nous inspirer : les Eddas nordiques et le Code de la chevalerie médiévale</em> ». L’iconographie change également en privilégiant un style martial largement inspiré d’Arno Brecker dans lequel l’humour a disparu. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1300" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg" alt="Rebelle-4fae5" width="157" height="227" /></a>Le tout se fait dans le contexte d’un climat d’affrontements accrus avec les organisations de jeunesse juives mais également de tensions internes au milieu nationaliste. William Bonnefoy est en effet particulièrement violent et caractériel et vit de la division. Les anciens amis de TV en font les frais en mai 1989 avec une attaque du GUD contre un meeting mais d’autres également en gardent quelques souvenirs. La transmission de flambeau à la direction du groupuscule est donc inéluctable.</p>
<p>Le remplacement de William Bonnefoy par Frédéric Chatillon à partir de 1991 va orienter le GUD dans une nouvelle direction. Chatillon a en effet bien compris que, pour survivre, le GUD devait abandonner son indépendance relative vis-à-vis de la principale formation d’extrême droite : le Front National (FN), que la première génération fustigeait dans les années 1970 mais qui est devenu incontournable. Ne se définissant pas comme un nazi mais plutôt comme un nationaliste français et européen, Châtillon n’avait d’ailleurs pas lui-même une réelle hostilité contre le FN. Les rats noirs vont en devenir des auxiliaires sans pour autant y être totalement inféodés. Ce que Chatillon résume lui-même en 1992 : « <em>On aide le Front parce que sinon on ne serait qu’une poignée</em> » et ce d’autant plus que quelques gudards, à l’instar de militants de TV, partent en cette année 1991 pour la Croatie en guerre.</p>
<p>Cela se traduit bien sûr sur le plan universitaire. Alors qu’à Paris II-Assas, aux élections de 1991, l’UDEA se présentait seule et totalisait 167 voix sur 17588 inscrits, ce qui lui donnait un élu et un local, l’année 1993 voit la mise en place effective du Renouveau Étudiant Parisien (REP), annoncée avec fracas lors d’un meeting en novembre. Cette structure est alors censée prendre le relais du Cercle national des étudiants parisiens (CNEP), dont Marine Le Pen fut la présidente, et qui a échoué dans sa tentative d’implantation politique durable dans les universités parisiennes. Sa création montre l’influence que peuvent avoir des gudards grâce à leur intérêt « militaire », puisque le préalable à cette alliance était la mise à l’écart de Richard Haddad, leader catholique traditionnaliste du CNEP, copieusement et régulièrement insulté dans l’organe du GUD, <em>Les Réprouvés</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_3_372" id="identifier_3_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Sp&eacute;ciale d&eacute;dicace !">4</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1301" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg" alt="Article_Haddad_g-adfbe" width="354" height="686" /></a><br />
Haddad paye ainsi le fait qu’hormis à Assas et Clignancourt-Sorbonne où quelques résultats avaient été obtenus, les listes CNEP ont été partout contrées par leurs adversaires antifascistes, soit par l’annulation des élections (Paris X &#8211; Nanterre), soit par un vote massif des étudiants pour contrer l’avantage que leur donne la proportionnelle (Paris I &#8211; Tolbiac). Cette alliance laisse dire à Franck Timmermans, ancien dirigeant du FNJ, lors du meeting constitutif du REP : « <em>Au-delà des querelles passées, l’union est faite et nous allons leur en mettre plein la gueule</em> ».</p>
<p>De fait, ce rapprochement se traduit également physiquement. Outre les entraînements de Viet Vo Dao dirigés par maître Thi Tran Tien dans la salle de boxe gérée par l’Association sportive de Jussieu, dont Miguel Lliotier, militant du GUD surnommé « Wolfram », est le trésorier, les rats noirs sont associés à des entraînements plus pratiques organisés par le FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1302" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg" alt="Les_Reprouves_no1_-_1992-00541" width="427" height="290" /></a></p>
<p>Le dimanche 15 mars 1992, ils sont une soixantaine de militants nationalistes à se rendre dans la propriété d’Alaincourt, dans l’Oise<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_4_372" id="identifier_4_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette propri&eacute;t&eacute; est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre &agrave; un solstice d&rsquo;&eacute;t&eacute; en 2007.">5</a></sup>. Celle-ci appartient à la vicomtesse Katherine d’Herbais de Thun<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_5_372" id="identifier_5_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-m&ecirc;me militante nationaliste, est mari&eacute;e avec F. Chatillon.">6</a></sup>, conseillère régionale du FN en Picardie, fille de M. Chereil de la Rivière, directeur de La France Monarchiste. Son mari, Pierre-Guillaume d’Herbais, est alors président depuis 1983 de la Société d’Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS), et depuis 1987 d’Europension (« groupement européen de consultants en droit social et d’actuaires-conseils dont l’objet est d’assurer un service permanent aux entreprises de la CEE »). D’Herbais est aussi le repreneur de l’hebdomadaire Minute en janvier 1990. Bref, nos petits rats sont en de bonnes mains, d’autant plus que le programme du camp est alléchant : corps à corps (« <em>Si vous enfoncez bien votre doigt, l’œil de votre adversaire doit pendre par le nerf optique</em> », explique un conseiller militaire du service d’ordre du FN, le DPS, utilisation de la batte de base-ball (« <em>Devant une caméra, mieux vaut une bonne fracture qu’une blessure au sang : si un « gauche » chiale mais qu’il n’a pas de blessure apparente, les images ne passeront pas à la télé</em> ») et psychologie (« <em>En face, on va vous insulter, vous traiter de fascistes et de nazis. Bien que fascistes et nazis ne soient pas des insultes</em> »). Quelques jours plus tard, lors du meeting de mars 1992 de Jean-Marie Le Pen au Zénith, Carl Lang, ancien dirigeant du FNJ, salue ses troupes avec ce qui ressemble farouchement à un bras tendu. Les auxiliaires du GUD en font partie, aux côtés des skinheads des JNR de Serge Ayoub, mais cette fois-ci, à l’inverse du meeting de Le Pen à Rouen, le 6 mars, ils n’ont pas carte blanche pour attaquer la contre-manifestation. Ce qui ne sera pas le cas à Chartres avec des affrontements extrêmement violents.</p>
<p>La même unité dans l’exaction est présente à l’université. Le travail politique étant réduit à sa plus simple expression (dénonciation de « la dictature des gauches »), l’unique intérêt d’une descente dans une fac est de se donner des émotions et de taper dans le tas.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1303" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg" alt="Tract_GUD_1992-25594" width="197" height="289" /></a><br />
Les années 1991, 1992 et 1993 sont ainsi marquées par des violences chroniques et régulières, que ce soit à Assas même, place de la Sorbonne, à Sciences Po ou dans l’annexe de Châtillon (proche banlieue de Paris). On retrouve souvent le même noyau dur impliqué, qui forme les petits nouveaux : Frédéric Chatillon mais aussi Miguel Lliotier et son célèbre œil de verre, qu’il aurait gagné, selon la légende, à Jussieu lors de la grève contre le projet Devaquet, après avoir reçu un projectile lancé par… ses « kamarades » venus casser la grève ; ou Yvain Pottiez, habitué de l’univers carcéral pour « violences physiques » contre un étudiant de Paris XII (Saint-Maur &#8211; Créteil), ce qui ne l’a pas empêché de recommencer et qu’on retrouvera aux côtés de l’équipe Mégret à Vitrolles dans tous les mauvais coups ; ou Pierre Oldoni, dit « Urgo » (les sparadraps…), président de l’UDEA en 1993 et reconverti par la suite dans le mercenariat… Ou encore Jildaz Mahé O’Chinal, adhérent au GUD et au FNJ d’Assas alors qu’il est étudiant en histoire à Tolbiac (il est vrai que sa marge de manœuvre y fut limitée) qui fonde en 1992 l’association sportive du marteau de Thor, dont il était le président en compagnie de Chatillon (secrétaire) et Lliotier (trésorier). Son engagement politique reste dans la tradition familiale puisque son père, Patrick, fut proche du mouvement Occident avant de participer à la création d’Ordre Nouveau, puis de devenir l’un des rédacteurs en chef de <em>Paris-Match</em>.</p>
<p>De fait, ces années de direction Chatillon ont gardé une très bonne réputation parmi les militants nationalistes et pour cause. Il en reste la revue <em>Les Réprouvés</em>, vendue à partir de 1992 et dont le titre est une référence à un ouvrage d’Ernst Von Salomon mettant en scène les corps-francs allemands de 1918-1919.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1304" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg" alt="affiche_25_ans-e1088" width="217" height="307" /></a>Il en reste également les 25 ans du groupuscule fêtés à la Mutualité le 3 mai 1993 devant 400 personnes. Le folklore est garanti avec des prestations du Choeur Montjoie Saint-Denis de l’ancien militant solidariste Jacques Arnould ainsi que du chanteur allemand Franck Rennincke et des stands mythos dont celui de la librairie Ogmios représentée par Jean-Dominique Larieu et Tristan Mordrel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_6_372" id="identifier_6_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Devenue la Librairie, le local accueillera &agrave; son premier &eacute;tage les premi&egrave;res activit&eacute;s d&rsquo;&eacute;dition ert conception graphique de F. Chatillon.">7</a></sup>. La soirée est surtout ponctuée d’interventions d’anciens militants comme Jean- Pierre Émié<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_7_372" id="identifier_7_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il sera entre autres choses le d&eacute;fenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci &eacute;tant accus&eacute; d&rsquo;avoir menac&eacute; &agrave; deux reprises le responsable du Collectif des &Eacute;tudiants Lib&eacute;raux de France (CELF) durant l&rsquo;ann&eacute;e universitaire 1992-1993. Chatillon sera relax&eacute; gr&acirc;ce &agrave; des pirouettes rh&eacute;toriques, niant les faits qui lui &eacute;taient reproch&eacute;s et justifiant sa pr&eacute;sence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire &eacute;tait meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon pr&eacute;tendra en particulier ne pas conna&icirc;tre le GUD et &ecirc;tre apolitique !">8</a></sup> ou Fabrice Saulais et d’un diaporama récapitulant en images les 25 ans du groupuscule des Dieux. Enfin le soutien à la lutte palestinienne y est clairement affirmé par Chatillon, reflétant l’état de tension avec les organisations de défense de la communauté juive. Il en reste enfin, involontairement, un souvenir avec la mort d’un militant à la suite d’une manifestation anti-américaine le 7 mai 1994, organisée à l’appel des JNR et du GUD. La manifestation étant interdite, les participants furent immédiatement pourchassés par les forces de l’ordre et un sympathisant de l’Œuvre Française, Sébastien Deyzieu, fit une chute mortelle dans un immeuble à quelques dizaines de mètres d’Assas en essayant de s’échapper. Les semaines qui suivirent virent le GUD multiplier les actions de protestation, main dans la main avec le FNJ. C’est d’ailleurs également main dans la main qu’on les retrouvera un an plus tard en mars 1995 en train de s’affronter avec des membres du DPS au siège du FN après une soirée électorale trop arrosée.</p>
<p>Mais la présence du GUD ne se limite alors pas aux universités de la capitale. Des listes électorales sont régulièrement déposées dans certaines universités de province. Dans d’autres, il n’apparaît qu’à travers son message traditionnel : la violence. C’est par exemple le cas à Montpellier où plusieurs exactions contre des militants de gauche sont commises. Le noyau dur y est composé d’individus doublement encartés au GUD et au FNJ. Nicolas Arnoux, membre du GUD, est mis en examen le 13 avril 1994 pour « violences avec arme » (probablement un pistolet à grenaille) après un accrochage devant l’université de Lettres avec des militants de l’UNEF et des colleurs du… FNJ. À l’université, Jean-Pierre Gallaud milite au GUD et au FNJ à Lunel (banlieue de Montpellier). Olivier Diaz est au GUD ainsi que dans un groupe régionaliste d’extrême droite : Brigade Occitanie. Ces trois personnes sont soupçonnées d’avoir participé à un commando masqué, et coupable de plusieurs agressions contre des militants antifascistes et syndicalistes au cours de l’année 1994. Le 31 mai 1994, lors d’un meeting du FN à Palavas-les-Flots, Dominique Bessières, responsable du FNJ à Montpellier, organise une collecte de fonds en soutien au « kamarade » Arnoux mis en examen. À Montpellier comme à Paris, les membres du FNJ-GUD préfèrent ainsi comme souvent l’action violente semi-clandestine à l’implantation en milieu universitaire. Mais cette période du milieu des années 1990 correspond malgré tout à un creux de la vague pour ces pâles copies du GUD Paris. L’actualité est alors surtout animée par un commando itinérant venu en partie de Paris et qui laisse des traces dans le cuir chevelu des militants étudiants de gauche dans de nombreuses villes de province, que ce soit Limoges, Toulouse ou Bordeaux… Mais cela sort du champ politique pour entrer dans celui de la psychopathie…</p>
<h3>L’aventure, c’est l’aventure…</h3>
<p>Une bonne illustration des errements du petit milieu gudard réside dans l’affaire de Tribune Juive que les lecteurs de REFLEXes connaissent bien : <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">ici</a>.</p>
<h3>Crise du GUD moderne</h3>
<p>Loin de toutes ces facéties, force est de constater que, pour les jeunes excités nationalistes, la situation empire sur le terrain. Les relations avec le FNJ maréchalisé se dégradent, le harcèlement mené par les structures syndicales progressistes à Assas augmente et la sectorisation des universités parisiennes sape les possibilités de recrutement à Assas. Signe de ces changements, non seulement le GUD doit faire face à une UNEF-ID de plus en plus puissante grâce à ses relais extérieurs mais l’impunité interne à Assas tient de moins en moins. En avril 1995, suite à des agressions répétées en particulier contre l’UNI et dans lesquelles s&rsquo;illustre en particulier Pierre Oldoni, l’UDEA perd son droit de représentativité à Paris II et donc son local. Les deux années suivantes sont par conséquent nettement plus calmes, malgré quelques agressions sporadiques. La vieille génération a quitté les lieux, souvent attirée par le FN, et la nouvelle n’est pas encore prête. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1305" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg" alt="Tract_Union_Droit-e479a" width="198" height="285" /></a>Plusieurs solutions s’offrent alors au petit milieu gudard : se relancer dans un activisme débridé, se rapprocher d’une structure plus large pour briser l’isolement ou essayer de reconquérir quelques miettes électorales. Cette triple tâche va être assumée, entre autres, par le tout jeune Benoît Fleury à partir de 1998.</p>
<p>Entre-temps, côté universitaire, la relance se fait sous l’appellation Union Droit qui prend la place de l’UDEA. Déclarée en préfecture le 20 octobre 1995 avec Guillaume Coudry comme président, Victor de Verthamon comme secrétaire et Dominique Joly comme trésorier, l’association recueille 6,87 % des suffrages en mars 1997 soit 251 voix. Cette stabilité n’est pas pour satisfaire les gudards qui retournent à ce qu’ils savent le mieux faire.<br />
Durant toute cette période qui va de 1998 à l’année 2000, le GUD Paris renoue en effet avec sa tradition d’activisme violent. À Assas bien sûr, où les incidents se succèdent, mais en dehors des locaux de la faculté également où la régularité des agressions devient une donnée parmi d’autres : affrontements avec le Betar lors du procès Garaudy, attaque d’une librairie parisienne proche de Ras L’Front, attaque d’une réunion du Comité National de Vigilance, attaque d’une réunion du Parti des Travailleurs consacrée à Mumia Abu Jamal, attaque du Lycée autogéré parisien et attaque surtout, à la mi-novembre 1999, d’un rassemblement du comité de vigilance du XIe arrondissement. de Paris contre la petite librairie nazie La Licorne Bleue. Cette action emmenée par B. Fleury fait alors une dizaine de blessés dont des policiers présents sur place.<br />
Mais les gudards essaient également de penser. S’ils s’avèrent toujours incapables de faire des tracts corrects, ils privilégient le support magazine avec <em>Le Rongeur Masqué</em> qui revendique l’héritage des <em>Réprouvés</em> puis surtout <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1306" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg" alt="Les_Reprouves-a1cb1" width="197" height="273" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1307" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg" alt="Le_Rongeur_masque-8275e" width="194" height="273" /></a></p>
<p>Lancée en septembre 1999 grâce à l’argent obtenu en collant pour la campagne européenne de Jean-Marie Le Pen (tandis qu’ils collaient gratuitement pour Bruno Mégret), la revue se présente d’emblée comme une concurrence sérieuse pour d’autres revues alors existantes. Animée entre autres par le franco-polonais Adam Gwiazda et par Alexandre Kartzeff, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> aligne en effet articles de fond et brèves « humoristiques » et même dans son numéro 1 diffuse un appel à soutenir les militants prisonniers d’Action Directe. La régularité affichée, avec un numéro tous les trois mois, et la pagination copieuse semblent également devoir rompre avec le cycle des revues précédentes qui ne comptaient qu’un ou deux numéros et présentaient un contenu erratique.</p>
<p>Enfin, le GUD Paris sort de son isolement en prenant langue avec Fabrice Robert et au-delà de lui les nationalistes-révolutionnaires issus de la défunte Nouvelle Résistance. L’alliance est annoncée au printemps 1998 et fait suite à l’Appel des 31 pour l’unité des nationalistes révolutionnaires, lancé entre autres par Christian Bouchet et Fabrice Robert.<br />
Avec Unité Radicale, qui regroupe les cercles Résistance, Jeune Résistance et le GUD, celui-ci se retrouve dans le schéma de TV, en charge du créneau étudiant. Mais la faiblesse des autres composantes lui garantit son autonomie.</p>
<p>Dans ce contexte général, les 30 ans du GUD fêtés avec 200 personnes dans une salle du XVe arrondissement le 22 octobre 1999 sont l’occasion d’une auto-célébration et d’une exultation de la nouvelle génération qui pense avoir retrouvé la magie des premières années. D’ailleurs, dans le respect de la tradition, ces 30 ans donnent immédiatement lieu à des violences lors du repas qui réunit après le meeting les membres actuels et sympathisants du groupe. Le patron du restaurant est passé à tabac et un passant martiniquais se fait planter au couteau à la sortie. Quatre gudards sont alors arrêtés, mais vite relâchés faute de preuves de leur implication.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1308" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg" alt="30_ans_GUD-9c01b" width="256" height="325" /></a><br />
L’autre occasion pour le GUD de montrer sa force est le mois de mai. À une semaine d’intervalle, le 1er et le 9, les gudards parisiens battent en effet le pavé avec une force relative. Le 1er mai 2000, décidés à rassembler toute la mouvance la plus radicale, le cortège est séparé de celui du FN avec une nette tonalité contre ce parti. La centaine de participants fait alors la manifestation à l’allemande, c’est-à-dire complètement cernée par les flics du début à la fin. Les slogans visaient nettement à attirer les plus radicaux puisque certains étaient issus de l’Œuvre Française ou du PNFE. La manifestation du 1er mai 2001 se fit totalement à part avec 250 personnes, les Belges de <em>Devenir</em> assurant le SO de queue et le GUD le SO de tête. Enfin, chaque année, le 9 mai avec la retraite aux flambeaux en hommage à Sébastien Deyzieu est l’occasion pour le GUD de montrer qu’il existe, même si les participants sont d’origines multiples.</p>
<p>Cette situation générale parisienne va forcément avoir des conséquences ailleurs. À partir du printemps 1999, le GUD essaime timidement en province, profitant de la notoriété reconquise du GUD Paris :<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1309" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg" alt="Autocollant_2000-30bfa" width="117" height="162" /></a>présence du GUD Strasbourg à la manifestation organisée par la communauté serbe de la ville le 31 mars ; participation du GUD Lille à la manifestation anti-OTAN organisée à Bruxelles le 4 avril, puis à Lille contre l’agression US en Serbie le 22 avril ; implantation d’un GUD à l’université de Toulouse ; scandale de la disparition d’un dossier d’instruction sur les violences du GUD de Nice ; disparition dénoncée par le nouveau procureur de la ville. Dans le même ordre d’idées, on peut signaler la manifestation à Nancy en présence de Marc Frederiksen le 28 octobre 2000 qui réunit une petite cinquantaine de militants ou l’agression contre l’écrivain et militant antifasciste Maurice Rajsfus lors d’un salon du livre dans la même ville. Un groupe s’est également constitué sur Valenciennes et a effectué des collages et des tractages anti-MacDo, tractages avec l’aide du GUD Lille à l’université de Mons et à celle des Tertiales. Mais les vrais groupes organisés sont malgré tout rares et l’étiquette est souvent utilisée par des individus isolés ou très peu nombreux. Malgré tout, cette prolifération (toute relative) du GUD est intéressante, organisationellement parlant, pour Unité Radicale qui tente alors de mettre en place une coordination nationale des différents GUD.</p>
<p>Cependant le GUD Paris ne pouvait pas échapper au débat central des nationalistes en 1999 : quid de la scission du FN ? Cette année-là le groupuscule a montré qu’il était bien difficile de se tenir au-dessus de la mêlée, même lorsqu’on fait profession d’être des « électrons libres ». Dans le Rongeur masqué du printemps 1999, le groupe affirmait ainsi : « <em>Le GUD n’a pas à se sentir impliqué au-delà du raisonnable dans les bagarres auxquelles se livrent FN-UF et FN-MN et n’a pas à y contribuer. Il compte des amis d’un côté comme de l’autre […]. Il a au cours de sa longue carrière vu fleurir et dépérir tant de mouvements et partis qu’un de plus ou de moins, bof. […] Cela dit, on peut augurer que tôt ou tard émergera un mouvement unitaire. Dans quelques années ou quelques semaines, tout peut arriver.</em> » Et de conclure par cette phrase terriblement révélatrice : « <em>Mais ça, c’est de la politique et est-ce qu’on en a réellement quelque chose à foutre ?</em> »… La plus grande confusion semble alors régner dans cette mouvance et des embrouilles à répétition laissent entrevoir quelques solides règlements de compte… Ainsi, alors que le printemps 1999 avait vu le GUD et Unité radicale assurer un soutien critique mais sincère au MN, en particulier au sein du Front de la Jeunesse, le mois de septembre vint brouiller cet attachement. Il semble en effet que le MN ait alors décidé l’intégration d’office des différentes sections du GUD au sein du Renouveau étudiant, sans que les dirigeants du groupuscule aient donné leur accord. Leur refus et les engueulades qui suivirent instaurèrent une tension qui faillit se traduire par des affrontements lors de la fête régionale Ile-de-France du MN fin septembre. Les militants furent en effet empêchés d’entrer dans le pavillon Baltard mais qui plus est, le DPA (équivalent du DPS) les empêcha également de distribuer leurs tracts à la sortie de la fête. Puis, coup de théâtre : on retrouve le GUD une semaine plus tard à la fête des BBR avec un stand dans l’espace FNJ et sa nouvelle publication, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1310" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg" alt="Tract_UDEN-0813a" width="118" height="166" /></a>Il est alors clair que les membres du groupe naviguent à vue en essayant de préserver ce qui peut l’être. Cela sera confirmé au printemps 2000 avec la liste commune avec le FNJ pour les élections du CROUS-Paris, liste intitulée Union et Défense des Étudiants Nationalistes (UDEN). Cela leur permet de profiter de l’infrastructure du FNJ, en particulier du Forum Jeunesse, local situé dans le XIIIe arrondissement. et de montrer leur désaccord avec le MNJ, décidé à faire liste perso.</p>
<p>Mais, comme bien souvent, les choses se gâtent peu à peu et ce dès la fin 1999-début 2000. On l’a vu, l’objectif universitaire n’est pas atteint sur Paris II-Assas. Ceci est dû tout autant à des éléments conjoncturels (c’est un travail qui n’intéresse pas les gudards de cette fin de décennie) qu’à des éléments structurels : en cette année 2000, les gudards ne sont plus à Assas ! Les étudiants en Droit sont devenus plus que minoritaires au GUD et il n’est ainsi plus question de pouvoir tenir le « bastion », ce qui était une des conditions de survie du groupe. Cela explique en partie la possibilité pour la direction de Paris II d’exclure Union Droit le 30 juin 1999 après une campagne opiniâtre de l’UNEF-ID.<br />
Il en va de même par rapport à la violence. Le degré de violence politique est devenu tellement faible en France que le moindre dérapage fait immédiatement l’effet d’un coup de tonnerre et qu’il est d’autant plus mal vécu par nos contemporains. De fait l’impunité sur laquelle pouvaient compter les gudards est devenue toute relative. Pour peu que les mêmes n’aient pas envie de sacrifier une éventuelle carrière (en particulier universitaire) sur l’autel nationaliste, les procédures judiciaires qui ne manqueront pas d’être engagées deviennent vite gênantes…</p>
<p>Dès la fin de l’année 1999, Benoît Fleury se met ainsi en retrait et passe le flambeau, en particulier à Gaëtan Dirand, ce qui explique la reprise des actions au printemps 2000. Mais un autre élément intervient alors qui pourrait n’être interprété que comme une nouvelle péripétie du « je t’aime, moi non plus » qui prévaut dans les relations entre gudards et nationalistes-révolutionnaires.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1311" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg" alt="05/01/2000. Maxime Brunerie, who attempted to shoot French President Jacques Chirac on the French National Day, is seen here taking part in a far right wing parade during the celebration of Joan of Arc day" width="253" height="200" /></a><br />
Il est en effet évident qu’en rejoignant les débris de Nouvelle Résistance, le GUD risquait de se retrouver dans la même situation qu’avec Troisième Voie et Malliarakis au milieu des années 1980. De fait, si Unité Radicale a bien un discours « fédéraliste » et des velleités de réseau, elle n’en reste pas moins une organisation avec sa logique. Or à partir de 2000, la possibilité de pouvoir jouer dans la cour des grands avec le FN et le MNR pousse les dirigeants d’UR et en particulier Christian Bouchet à adopter une démarche plus politique. Un peu de violence est positif et fait parler de soit mais trop de violence peut s’avérer contre-productif, surtout lorsqu’une partie de cette violence s’exerce contre d’autres militants nationalistes. C’est ainsi que Philippe Schleiter, dirigeant du MNJ, fera les frais en septembre 2000 du mauvais caractère de Gaëtan Dirand qui sait se rendre parfaitement odieux. Plus question alors de « tribus d’hommes libres » et autres arguties autonomes… Les gudards parisiens sont priés de rentrer dans le rang, ce que fait une bonne partie d’entre eux, ou de dégager. Ainsi l’année 2000 se termine-t-elle de façon très morose pour le GUD Paris. En particulier, le groupuscule ne tire que fort peu profit des affrontements au Proche-Orient et de leurs répercussions en France. Les actions se limitent alors à quelques graffitages et le principal clash a lieu à Assas où des militants brûlent un drapeau israëlien lors de la rentrée universitaire et distribuent des baffes à des étudiants portant la kippa. L’autre action notable aura été un lancer de grenade lacrymogène, le 10 novembre, dans un cinéma de Paris lors d’une projection du film <em>Le Secret</em> qui met en scène une relation amoureuse entre une Blanche et un Noir. Signe que rien ne va plus, le dernier numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> sort en juin 2000.</p>
<h3>No future ?</h3>
<p>Se pose donc alors la question rituelle, aussi vieille que le GUD : quel avenir politique pour ce groupe ? Une fois de plus tous les éléments semblaient réunis pour pronostiquer une mort certaine, ce qui s’est avéré cette fois-ci exact au regard de ces dernières années. Le 3 décembre 2000 a lieu à Montélimar un conseil national d’Unité Radicale. Une structure étudiante y est lancée qui devait combler le vide laissé par la disparition du RE et intégrer les GUD : l’UDEN, déjà entrevue précédemment. Les GUD perdaient donc leur autonomie en tant que telle même si l’étiquette pouvait être utilisée pour des actions extra-légales et pour continuer à entretenir le mythe auprès des médias et militants de gauche. Mais à l’évidence le cœur n’y est plus. Au delà de ces considérations politiques, certains éléments concordaient pour constater un reflux de la dernière génération GUD à Paris. Celle-ci avait en effet atteint l’âge où on songe à arrêter les rigolades pour passer à quelque chose de plus sérieux, en particulier fonder une famille ou se garantir une situation professionnelle, tous ces jeunes gens n’envisageant pas une descension sociale. En outre, une multitude de plaintes était en cours d’instruction et parvenaient à leur conclusion judiciaire.</p>
<p>Surtout, on ne voit pas trop ce qu’aurait pu inventer un groupe ayant perdu toute capacité d’initiative politique et se bornant à recycler un passé mythique fait de légendes, d’iconographie et de slogans vaseux. En outre, l’environnement politique des gudards avait changé depuis le début des années 2000 et cela modifiait un certain nombre de paramètres. On a beaucoup glosé sur le recyclage de figures en vue du GUD ou d’Occident par la droite parlementaire dans les années soixante-dix. Mais cela s’expliquait tout naturellement par l’absence de débouchés politiques ou même professionnels au sein de la mouvance nationaliste. La montée du FN dans les années quatre-vingt et sa force politique dans les années quatre-vingt-dix ont profondément modifié cette situation en permettant à de jeunes activistes s’approchant de la trentaine de retrouver une situation stable. Or, la scission de 1998, en restreignant la mouvance nationale et en introduisant une vraie incertitude sur son avenir, aura de nouveau obligé les petits jeunes tentés par l’activisme violent à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Cela en fit sans doute hésiter plus d’un à se lancer dans de folles aventures…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1312" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg" alt="Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a" width="315" height="433" /></a>Une petite équipe de rescapés fera tout de même paraître un nouveau numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> courant 2002. Ce sera le dernier, marquant une très nette rupture avec certaines orientations de 1999-2000 puisqu’il comporte de violentes attaques contre Alexandre Del Valle et Guillaume Faye, accusés d’avoir trahi le camp nationaliste au profit de l&rsquo;extrême droite sioniste au nom d&rsquo;une interprétation abusive de la doxa schmittienne. Or le même Guillaume Faye faisait la une du numéro 4 paru en 2000.<br />
Depuis plus rien. Certes le RED tente bien de gudifier son image comme le prouve son blason et sa participation récente à la manifestation propalestinienne de Égalité &amp; Réconciliation. Mais on est très loin de l’original et cela tient plus du frisson que de vraies velléités gudesques. Certains militants de la dernière génération sont passer faire un tour à Pro Patria. Le chapitre semble clos.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_372" class="footnote">Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du général Aryana.</li><li id="footnote_1_372" class="footnote">On voit la capacité de recyclage des appellations par l’extrême droite puisque ce nom sera réutilisé en 1999 pour le lancement d’une éphémère structure unitaire post-scission !</li><li id="footnote_2_372" class="footnote">Elle-même remplace une revue non officielle du GUD, <em>Rebelles</em>, qui s’était substituée au <em>Fil d’Ariane</em>, bulletin du temps de l’intégration dans TV. Parallèlement, une petite équipe essaie de relancer <em>Alternative</em> mais l’expérience pâtit de la médiocrité du journal.</li><li id="footnote_3_372" class="footnote">L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Spéciale dédicace !</li><li id="footnote_4_372" class="footnote">Cette propriété est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre à un solstice d&rsquo;été en 2007.</li><li id="footnote_5_372" class="footnote">Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-même militante nationaliste, est mariée avec F. Chatillon.</li><li id="footnote_6_372" class="footnote">Devenue la Librairie, le local accueillera à son premier étage les premières activités d’édition ert conception graphique de F. Chatillon.</li><li id="footnote_7_372" class="footnote">Il sera entre autres choses le défenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci étant accusé d’avoir menacé à deux reprises le responsable du Collectif des Étudiants Libéraux de France (CELF) durant l’année universitaire 1992-1993. Chatillon sera relaxé grâce à des pirouettes rhétoriques, niant les faits qui lui étaient reprochés et justifiant sa présence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire était meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon prétendra en particulier ne pas connaître le GUD et être apolitique !</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Notes de lecture : Jeunes nationalistes d&#8217;aujourd&#8217;hui</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Nov 2008 11:09:03 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[De Christian Bouchet &#8211; Editions Deterna &#8211; 2008 Au début de l’année 2008 Christian Bouchet a publié une série d’entretiens avec des militants d’extrême droite dans un livre intitulé Jeunes Nationalistes d’aujourd’hui. C’est la deuxième fois que Bouchet se livre à cet exercice. Il avait déjà tenté l’expérience en 2001 avec un livre intitulé Les Nouveaux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>De Christian Bouchet &#8211; Editions Deterna &#8211; 2008</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-aujourdhui.jpg"><img class="wp-image-2393 size-full alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-aujourdhui.jpg" alt="jeunes-nationalistes-aujourd'hui" width="378" height="548" /></a></p>
<p>Au début de l’année 2008 <a href="http://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-militant-politique/">Christian Bouchet</a> a publié une série d’entretiens avec des militants d’extrême droite dans un livre intitulé <em>Jeunes Nationalistes d’aujourd’hui</em>. C’est la deuxième fois que Bouchet se livre à cet exercice. Il avait déjà tenté l’expérience en 2001 avec un livre intitulé <em>Les Nouveaux Nationalistes</em>. A l’époque, ce livre avait surtout pour vocation de faire la promotion des individus qui gravitaient autour d’Unité Radicale et de la galaxie NR. On y retrouvait alors entre autres André-Yves Beck<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_0_342" id="identifier_0_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Andr&eacute;-Yves Beck, ancien militant du FNJ, de Troisi&egrave;me Voie, de Nouvelle R&eacute;sistance et d&rsquo;Unit&eacute; Radicale, aujourd&rsquo;hui membre de la direction des Identitaires. Il est &eacute;galement parti combattre en 1991 en Croatie avec des militants nationalistes Fran&ccedil;ais. Au sein de Nouvelle R&eacute;sistance il avait tent&eacute; d&rsquo;infiltrer Socialisme International et Ecolo-J &agrave; Grenoble ainsi que la Scalp local. Il est toujours le directeur de la communication du maire d&rsquo;Orange, Jacques Bompard, membre du MPF de Philippe de Villiers et ancien d&rsquo;Occident et du FN et a &eacute;t&eacute; &eacute;lu conseiller municipal de Boll&egrave;ne en 2008 sur la liste conduite par l&rsquo;&eacute;pouse de J. Bompard.">1</a></sup>, Christian Bouchet, Sébastien Legentil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_1_342" id="identifier_1_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S&eacute;bastien Legentil, militant de Bourges, vient du mouvement skinhead et a fr&eacute;quent&eacute; toute la galaxie nationaliste radicale, en particulier R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir ou Unit&eacute; Radicale. Proche &agrave; pr&eacute;sent de Terre &amp; Peuple, il poursuit ses activit&eacute;s musicales avec le label Martel en t&ecirc;te et le groupe Wolfsangel.">2</a></sup>, Guillaume Luyt<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_2_342" id="identifier_2_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant de l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise et du FNJ. Apr&egrave;s avoir rejoint Unit&eacute; Radicale, il suit Robert et Vardon aux Identitaires. Il est alors porte-parole du mouvement. Depuis plusieurs mois il s&rsquo;est fait plus discret chez les Identitaires, se concentrant sur son nouvel objectif, devenir assistant parlementaire d&rsquo;un &eacute;lu de la Ligue du Nord. Il continue de faire cependant partie de la direction du mouvement et s&rsquo;occupe en particulier du secteur des &eacute;lus identitaires via la &laquo; f&eacute;d&eacute;ration identitaire &raquo;.">3</a></sup> , Eddy Marsan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_3_342" id="identifier_3_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien Secr&eacute;taire D&eacute;partemental du FNJ du Lot et Garonne, puis responsable du FN et t&ecirc;te de liste pour les r&eacute;gionales en 1992. En 1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement l&rsquo;Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR sur une ligne &laquo; identitaire europ&eacute;enne sans ambigu&iuml;t&eacute; &raquo; pr&ocirc;nant un &laquo; discours radical &raquo;. Il publie alors son bulletin La Lettre de L&rsquo;Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il est exclu du MNR et rejoint Unit&eacute; Radicale. A la dissolution d&rsquo;UR, il se rapproche de l&rsquo;&eacute;quipe de Militant et profite de son bulletin, transform&eacute; en Lettre d&rsquo;Eddy Marsan, diffus&eacute; et financ&eacute; gr&acirc;ce aux cr&eacute;dits qui lui sont allou&eacute;s en tant que Conseiller R&eacute;gional, pour r&eacute;gler ses comptes avec les diff&eacute;rentes tendances et personnalit&eacute;s de la sc&egrave;ne nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques &laquo; cassages de gueules &raquo; lors de r&eacute;unions unitaires, comme lors de la journ&eacute;e de l&rsquo;Identit&eacute; &agrave; Paris en 2003 ! Il semble qu&rsquo;Eddy Marsan ait disparu des rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son go&ucirc;t immod&eacute;r&eacute; pour la f&ecirc;te et la vie nocturne l&rsquo;aurait pouss&eacute; &agrave; rejoindre Ibiza !">4</a></sup>, Stéphane Parédé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_4_342" id="identifier_4_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre du MNR en 2001 et d&rsquo;UR, responsable r&eacute;gional MNJ du Languedoc-Roussillon. Il &eacute;tait &eacute;galement directeur de la revue Monts&eacute;gur. Il se d&eacute;clarait alors comme National-Bolchevique !">5</a></sup>, Fabrice Robert, Philippe Vardon et Franck Vandekerkof<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_5_342" id="identifier_5_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant FN qui passe aux m&eacute;gr&eacute;tistes en tant que secr&eacute;taire de circonscription et prend imm&eacute;diatement contact avec les NR par le biais de R&eacute;sistance ! Devenu conseiller municipal MNR de La Madeleine (59), il participe aux initiatives d&rsquo;Unit&eacute; Radicale tout en animant Terre &amp; Peuple localement. Il s&rsquo;est ensuite rapproch&eacute; des Identitaires apr&egrave;s leur cr&eacute;ation en 2003.">6</a></sup>. Cette fois-ci <a href="http://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/">C. Bouchet</a> a voulu faire un livre plus oecuménique (du moins en théorie) et réaliser un état des lieux des préoccupations et des références idéologiques des nationalistes en 2008. Pour cela l’ancien dirigeant de Nouvelle Résistance a ratissé très large dans le paysage nationaliste : David Rachline du FNJ, Romain Vincent du RED, Thierry Boudreux alias Thibaut de Chassey du Renouveau Français, Kavan Herbin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_6_342" id="identifier_6_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Kavan Herbin est un personnage bien particulier. Il est d&rsquo;abord gaulliste au lyc&eacute;e, puis bonapartiste. Il entre ensuite &agrave; l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise pour ensuite fonder un groupuscule souverainiste L&rsquo;Alliance pour la R&eacute;sistance Nationale. Dans une interview, il pr&eacute;tend &eacute;galement avoir &eacute;t&eacute; Pr&eacute;sident des Jeunesses bonapartistes entre 2005 et 2006 Aujourd&rsquo;hui il se d&eacute;clare &laquo; ind&eacute;pendantiste fran&ccedil;ais &raquo; et partisan d&rsquo;un &laquo; socialisme fran&ccedil;ais et d&rsquo;une nation syndicale &raquo;. Il dirige la Gauche Nationale et son journal La Cocarde. Il serait &eacute;galement &agrave; l&rsquo;origine du site &laquo; les nationalistes avec Le Pen &raquo; en 2007. Il a appartenu &agrave; l&rsquo;Action Sociale Populaire avant d&rsquo;en &ecirc;tre exclu par le pasteur Blanchard en 2007.">7</a></sup> de la Gauche Nationale, Evgueni Ivanov de la revue <em>Eurasia</em> et de l’association « Les Notres », Ayar Lozano d’Egalité et Réconciliation, Pierre Gillieth<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_7_342" id="identifier_7_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On se demande ce que Gillieth fait dans les pages de ce livre, ce dernier &eacute;tant plus proche de la quarantaine que de ses 20 ans. Il a &eacute;t&eacute; membre de l&rsquo;UNI puis du GUD sur Toulouse, et &agrave; partir de 1992 int&egrave;gre le FNJ et le Renouveau Etudiant. Il quitte le FN pour Terre et Peuple en 1998. Il &eacute;crit pour Rivarol et Ecrits de Paris et prend la direction de R&eacute;fl&eacute;chir et Agir en 2001 en amenant une coquette somme d&rsquo;argent sur le tapis. Il a &eacute;galement &eacute;crit un B.A.BA sur les Gaulois pour Pard&egrave;s et s&rsquo;occupe de la maison d&rsquo;&eacute;dition Auda Isarn, qui a r&eacute;cemment &eacute;dit&eacute; Combat pour Thule, roman de science-fiction nazi qui fait fureur dans les milieux n&eacute;o-nazis allemands et anglo-saxons. Il va encore sans doute nous traiter de &laquo; gestapistes &raquo;, ce en quoi il nous d&eacute;&ccedil;oit : ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs nous qualifiaient plus souvent de &laquo; gestapettes &raquo;. Faut-il voir dans ce changement s&eacute;miologique le r&eacute;sultat de l&rsquo;orientation sexuelle de certains membres de R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir ?">8</a></sup> alias Bertrand Le Digabel de la revue <em>Réfléchir et Agir</em> et Grégory Gennaro<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_8_342" id="identifier_8_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est &agrave; l&rsquo;origine du groupuscule Action-Nation &agrave; Lyon en 2004. Il transforme ce mouvement en 2006 en Mouvement Social et Populaire. La ligne politique de ces mouvements a beaucoup &eacute;volu&eacute; au fil du temps (passant d&rsquo;un nationalisme classique &agrave; une ligne NR). Gr&eacute;gory Gennaro, a &eacute;t&eacute; membre du FN et semble entretenir de bonnes relations avec l&rsquo;Oeuvre Fran&ccedil;aise. Il participe au projet europ&eacute;en Metapedia (sorte de wikipedia) aux c&ocirc;t&eacute;s de Christian Bouchet. Apr&egrave;s avoir r&eacute;pondu aux questions de Bouchet, Gennaro a refus&eacute; de voir ses r&eacute;ponses publi&eacute;es, justifiant sa demande par son &eacute;loignement de la mouvance nationaliste. Depuis quelque temps Gennaro semble avoir d&eacute;velopp&eacute; un discours m&eacute;langeant patriotisme, r&eacute;f&eacute;rences &agrave; De Gaulle et Hugo Chavez. Bien &eacute;videmment tout cela ressemble beaucoup &agrave; la ligne nationale-r&eacute;publicaine d&rsquo;Alain Soral. Il n&rsquo;y a rien d&rsquo;&eacute;tonnant &agrave; cela puisque Gennaro aurait demand&eacute; &agrave; ses troupes (c&rsquo;est &agrave; dire pas grand monde) de rejoindre Egalit&eacute; et R&eacute;conciliation. Cependant Gennaro continue de temps &agrave; autre &agrave; &laquo; piger &raquo; pour le FN puisque apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre occup&eacute; du site &laquo; Les Jeunes avec le Pen &raquo; en 2007, il a &eacute;t&eacute; directeur de campagne pour David Rachline, directeur du FNJ, pour les &eacute;lections l&eacute;gislatives &agrave; Fr&eacute;jus en 2008. En mars 2009 il devient l&rsquo;un des responsables de la section jeune du CNI pour la f&eacute;d&eacute;ration du Rh&ocirc;ne, charg&eacute; de la communication. Il participe &eacute;galement au site Emediat, l&rsquo;Agora des Droites.">9</a></sup> du MSP ( Son interview ayant finalement été retirée à sa demande).</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-b7f0d.jpg"><img class="size-full wp-image-1215 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-b7f0d.jpg" alt="R_A-b7f0d" width="227" height="315" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/eurasia-d8707.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1216" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/eurasia-d8707.jpg" alt="eurasia-d8707" width="224" height="328" /></a></p>
<p>À l’énoncé des différentes organisations citées, on peut noter l’absence de l’Action Française étudiante, du FNJ ou du MNJ (aujourd’hui disparu) et surtout des Jeunesses Identitaires, pourtant l’un des groupes les plus important parmi les jeunes nationalistes aujourd’hui en France. Mais comme le précise C. Bouchet, ses « inimitiés idéologiques », ses sympathies ou ses relations personnelles ont joué tout leur rôle dans la sélection des individus interviewés. Les rapports plus que tendus entre Bouchet et le duo infernal Robert/Vardon expliquent sans doute l’absence des Identitaires dans cet ouvrage. Pour rappel, Fabrice Robert et Philippe Vardon avaient réussi en 2002 à exclure Christian Bouchet d’Unité Radicale quelques mois avant sa dissolution. Par la suite, ils avaient tenté de <a href="http://reflexes.samizdat.net//nice-ville-interdite/">l’agresser physiquement</a> à plusieurs reprises. Depuis, leurs relations ne se sont évidemment pas arrangées.</p>
<p>Que retenir de ce livre ?<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-pub-314a2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1217" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-pub-314a2.jpg" alt="R_A-pub-314a2" width="153" height="378" /></a>L’une des premières informations qui ressort de ce livre concerne les références idéologiques citées par les jeunes militants. Mis à part peut-être Le Digabel/Gillieth (qui trouve le moyen de saluer la pugnacité et la persévérance d’Hitler, mais la provocation est le fond de commerce de la bande à R&amp;A), la plupart revendiquent l’héritage politique de Maurras ou du GRECE. Certains comme De Chassey du RF affinent le point de vue en évoquant le Maréchal Pétain. Kavan Herbin pour sa part récite la liste parfaite des auteurs que tout bon militant nationaliste-révolutionnaire se doit de faire semblant de connaître (Rossel, Blanqui, Georges Valois, Georges Sorel …).<br />
Ces interviews montrent également la quasi-unanimité au sujet de Le Pen et du FN. Aucun ne conteste aujourd’hui la place et le rôle du FN dans le camp nationaliste. Ils estiment même inutile de créer une structure concurrente au FN (Le MNR, Le Parti Populiste et la Nouvelle Droite Populaire ou Convergences Nationales apprécieront le message). Pour ces militants, le Front National reste toujours le parti autour duquel tous les nationalistes doivent se retrouver pour les élections, même si certains avouent être en désaccord avec la ligne incarnée par Marine Le Pen.<br />
On constate également que l’impact et l’influence de Guillaume Faye sur les jeunes militants d’extrême droite a quasiment disparu. L’imminence de la « Guerre Ethnique » prophétisée par Faye il y a quelques années et qui faisait tant fantasmer les militants radicaux d’alors passe aujourd’hui pour une chimère et un alibi à l’inaction. Les récentes sorties de l’ancien du GRECE à propos d’Israël ou des USA, ainsi que l’interview-piège menée par William Bonnefoy, ont considérablement terni son message et son image. Cependant si Guillaume Faye perd du terrain chez les militants politiques, il reste toujours une référence pour des cercles moins encadrés ou formés politiquement comme le milieu bonehead ou les groupuscules nationalistes déconnectés des structures d’extrême droite classiques.<br />
Au final, en comparant les réponses on découvre qu’il existe peu de divergences idéologiques entre ces jeunes nationalistes, excepté Pierre Gillieth, qui rappelons-le a une dizaine d’années de plus que les autres militants interrogés. Du coup son parcours idéologique et ses analyses expliquent sans doute qu’il soit quelquefois éloigné des constats des autres militants.<br />
A l’unisson, ces militants nous livrent le nouveau discours d’une fraction de l’extrême droite sur l’immigration. Afin d’éviter d’être taxé de raciste, en préambule à toute théorie, l’immigration extra-européenne n’est plus désignée par les jeunes nationalistes comme l’ennemi, mais comme une victime … du patronat. Par conséquent ces populations doivent quitter le sol européen !<br />
En ce qui concerne l’Islam la plupart considère que cette religion est synonyme de danger pour « leur Europe » sans pour autant en faire leur ennemi numéro 1, refusant ainsi de tomber dans une vision du monde simpliste dessinée par un « axe américano-sioniste ». La très forte hostilité de ces militants vis-à-vis des USA et d’Israël est d’ailleurs l’un de leurs points communs.</p>
<p>Au final après avoir refermé ce livre on a le sentiment qu’une fois de plus, Christian Bouchet n’a pas sorti ce livre au hasard. L’ouvrage roule clairement en faveur de la mouvance gravitant autour d’Alain Soral. Tout est fait pour en faire le nouvel idéologue ou penseur de la jeunesse nationaliste radicale ou « anti-système ». En plus des interviews, C. Bouchet n’a pas hésité à rajouter des articles sur Soral ou sur l’université d’été d’Egalité et Réconciliation de 2007, pour mieux enfoncer le clou.<br />
Si Soral aimerait bien se voir dans ce costume, « la réalité du terrain nationaliste » est plus compliquée comme il a pu s’en apercevoir à plusieurs reprises. Lors des défilés du 1er mai frontiste, le cortège E&amp;R n’était constitué que de quelques dizaines d’individus, et ils ont parfois dû faire face à l’hostilité de sympathisants et militants frontistes. Quant à son association avec Batskin (à travers un bar associatif, « Le Local », financé en partie par l’ancien Gudard Frédéric Chatillon, occupé aujourd’hui uniquement par Ayoub), elle a vite tourné court, les sympathisants ou militants d’E&amp;R un peu bronzés s’étant fait prendre à parti à plusieurs reprises par les amis du « Beau Serge » dans le bar, obligeant Soral et ses amis à trouver un autre local pour E&amp;R.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-5aace.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1218" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-5aace.jpg" alt="jeunes-nationalistes-5aace" width="378" height="548" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_342" class="footnote">André-Yves Beck, ancien militant du FNJ, de Troisième Voie, de Nouvelle Résistance et d’Unité Radicale, aujourd’hui membre de la direction des Identitaires. Il est également parti combattre en 1991 en Croatie avec des militants nationalistes Français. Au sein de Nouvelle Résistance il avait tenté d’infiltrer Socialisme International et Ecolo-J à Grenoble ainsi que la Scalp local. Il est toujours le directeur de la communication du maire d&rsquo;Orange, Jacques Bompard, membre du MPF de Philippe de Villiers et ancien d’Occident et du FN et a été élu conseiller municipal de Bollène en 2008 sur la liste conduite par l’épouse de J. Bompard.</li><li id="footnote_1_342" class="footnote">Sébastien Legentil, militant de Bourges, vient du mouvement skinhead et a fréquenté toute la galaxie nationaliste radicale, en particulier <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ou Unité Radicale. Proche à présent de Terre &amp; Peuple, il poursuit ses activités musicales avec le label Martel en tête et le groupe Wolfsangel.</li><li id="footnote_2_342" class="footnote">Ancien militant de l’Action Française et du FNJ. Après avoir rejoint Unité Radicale, il suit Robert et Vardon aux Identitaires. Il est alors porte-parole du mouvement. Depuis plusieurs mois il s’est fait plus discret chez les Identitaires, se concentrant sur son nouvel objectif, devenir assistant parlementaire d’un élu de la Ligue du Nord. Il continue de faire cependant partie de la direction du mouvement et s’occupe en particulier du secteur des élus identitaires via la « fédération identitaire ».</li><li id="footnote_3_342" class="footnote">Ancien Secrétaire Départemental du FNJ du Lot et Garonne, puis responsable du FN et tête de liste pour les régionales en 1992. En 1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement l’Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR sur une ligne « identitaire européenne sans ambiguïté » prônant un « discours radical ». Il publie alors son bulletin La Lettre de L’Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il est exclu du MNR et rejoint Unité Radicale. A la dissolution d’UR, il se rapproche de l’équipe de Militant et profite de son bulletin, transformé en <em>Lettre d’Eddy Marsan</em>, diffusé et financé grâce aux crédits qui lui sont alloués en tant que Conseiller Régional, pour régler ses comptes avec les différentes tendances et personnalités de la scène nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques « cassages de gueules » lors de réunions unitaires, comme lors de la journée de l’Identité à Paris en 2003 ! Il semble qu’Eddy Marsan ait disparu des rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son goût immodéré pour la fête et la vie nocturne l’aurait poussé à rejoindre Ibiza !</li><li id="footnote_4_342" class="footnote">Membre du MNR en 2001 et d’UR, responsable régional MNJ du Languedoc-Roussillon. Il était également directeur de la revue <em>Montségur</em>. Il se déclarait alors comme National-Bolchevique !</li><li id="footnote_5_342" class="footnote">Ancien militant FN qui passe aux mégrétistes en tant que secrétaire de circonscription et prend immédiatement contact avec les NR par le biais de <em>Résistance !</em> Devenu conseiller municipal MNR de La Madeleine (59), il participe aux initiatives d’Unité Radicale tout en animant Terre &amp; Peuple localement. Il s’est ensuite rapproché des Identitaires après leur création en 2003.</li><li id="footnote_6_342" class="footnote">Kavan Herbin est un personnage bien particulier. Il est d’abord gaulliste au lycée, puis bonapartiste. Il entre ensuite à l’Action Française pour ensuite fonder un groupuscule souverainiste L’Alliance pour la Résistance Nationale. Dans une interview, il prétend également avoir été Président des Jeunesses bonapartistes entre 2005 et 2006 Aujourd’hui il se déclare « indépendantiste français » et partisan d’un « socialisme français et d’une nation syndicale ». Il dirige la Gauche Nationale et son journal La Cocarde. Il serait également à l’origine du site « les nationalistes avec Le Pen » en 2007. Il a appartenu à l’Action Sociale Populaire avant d’en être exclu par le pasteur Blanchard en 2007.</li><li id="footnote_7_342" class="footnote">On se demande ce que Gillieth fait dans les pages de ce livre, ce dernier étant plus proche de la quarantaine que de ses 20 ans. Il a été membre de l’UNI puis du GUD sur Toulouse, et à partir de 1992 intègre le FNJ et le Renouveau Etudiant. Il quitte le FN pour Terre et Peuple en 1998. Il écrit pour <em>Rivarol</em> et <em>Ecrits de Paris</em> et prend la direction de <em>Réfléchir et Agir</em> en 2001 en amenant une coquette somme d’argent sur le tapis. Il a également écrit un B.A.BA sur les Gaulois pour Pardès et s’occupe de la maison d’édition Auda Isarn, qui a récemment édité <em>Combat pour Thule</em>, roman de science-fiction nazi qui fait fureur dans les milieux néo-nazis allemands et anglo-saxons. Il va encore sans doute nous traiter de « gestapistes », ce en quoi il nous déçoit : ses prédécesseurs nous qualifiaient plus souvent de « gestapettes ». Faut-il voir dans ce changement sémiologique le résultat de l’orientation sexuelle de certains membres de <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ?</li><li id="footnote_8_342" class="footnote">Il est à l’origine du groupuscule Action-Nation à Lyon en 2004. Il transforme ce mouvement en 2006 en Mouvement Social et Populaire. La ligne politique de ces mouvements a beaucoup évolué au fil du temps (passant d’un nationalisme classique à une ligne NR). Grégory Gennaro, a été membre du FN et semble entretenir de bonnes relations avec l’Oeuvre Française. Il participe au projet européen Metapedia (sorte de wikipedia) aux côtés de Christian Bouchet. Après avoir répondu aux questions de Bouchet, Gennaro a refusé de voir ses réponses publiées, justifiant sa demande par son éloignement de la mouvance nationaliste. Depuis quelque temps Gennaro semble avoir développé un discours mélangeant patriotisme, références à De Gaulle et Hugo Chavez. Bien évidemment tout cela ressemble beaucoup à la ligne nationale-républicaine d’Alain Soral. Il n’y a rien d’étonnant à cela puisque Gennaro aurait demandé à ses troupes (c’est à dire pas grand monde) de rejoindre Egalité et Réconciliation. Cependant Gennaro continue de temps à autre à « piger » pour le FN puisque après s’être occupé du site « Les Jeunes avec le Pen » en 2007, il a été directeur de campagne pour David Rachline, directeur du FNJ, pour les élections législatives à Fréjus en 2008. En mars 2009 il devient l&rsquo;un des responsables de la section jeune du CNI pour la fédération du Rhône, chargé de la communication. Il participe également au site Emediat, <em>l&rsquo;Agora des Droites</em>.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Pitt Bull &amp; Bill le vigile</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2005 09:59:45 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&rsquo;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&rsquo;un ne va malgré tout pas sans l&rsquo;autre. Or il n&rsquo;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui apprécie traditionnellement l&rsquo;opacité. Pour autant, pas question de prétendre à l&rsquo;exhaustivité ! Cet article ne vise qu&rsquo;à jeter un aperçu que nous aurons l&rsquo;occasion d&rsquo;approfondir dans d&rsquo;autres articles ultérieurement.</strong> Le milieu de la sécurité privée explose et ce constat est devenu une banalité depuis quelques années. Encore faut-il s&rsquo;entendre sur la définition de cette notion de « sécurité privée ». On peut envelopper par ce terme toutes les activités de sécurisation assurées par des agents économiques ne dépendant pas de l&rsquo;autorité publique mais pouvant travailler pour elle. C&rsquo;est ainsi que de plus en plus de missions de surveillance et de protection de sites militaires sont confiées à des entreprises privées ayant obtenu une habilitation défense. Cette croissance peut sans doute s&rsquo;expliquer de façon multiple. Il y a d&rsquo;une part l&rsquo;évidente montée du sentiment d&rsquo;insécurité, que celui-ci soit justifié ou non, et le fait que le taux de non-élucidation des délits par la force publique demeure très élevé. Cela encourage les particuliers ou les entreprises à tenter de prévenir ou décourager le délit plutôt qu&rsquo;à espérer le punir. Il y a d&rsquo;autre part la complexification de la demande de sécurité à laquelle la force publique ne peut répondre au risque de voir exploser ses capacités budgétaires. Enfin il y a bien évidemment le rôle joué par certains milieux qui ont investi le rôle « d&rsquo;experts » et qui soufflent sur les braises pour mieux en tirer parti, trouvant souvent une oreille complaisante auprès des autorités politiques. Cette explosion se traduit d&rsquo;abord dans les effectifs qui en l&rsquo;espace d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années ont connu une progression impressionnante. En 1989, on comptait 1640 entreprises déclarées en préfecture employant 57 649 personnes. En 1997, le nombre d&rsquo;entreprises était passé à 4131 pour 78 475 employés. Cette progression s&rsquo;est poursuivie jusqu&rsquo;à présent avec un nombre d&rsquo;entreprises dépassant vraisemblablement les 5000 et des effectifs qui, toutes activités confondues, dépassent les 300 000. Simplement les tâches se sont diversifiées à un point tel qu&rsquo;il devient difficile d&rsquo;associer dans un même secteur des entreprises se consacrant à des missions aussi diverses que le contrôle d&rsquo;accès et la télésurveillance, la sécurité incendie, le gardiennage et la surveillance, la protection mécanique, l&rsquo;audit, le conseil et les ingénieries&#8230; Tous ces secteurs ne connaissent d&rsquo;ailleurs pas la même évolution, les services de surveillance classique (gardiennage, convoyage) étant globalement stagnants alors que les missions d&rsquo;audit sont en pleine explosion. Cette transformation de la profession s&rsquo;accompagne d&rsquo;une restructuration au niveau des entreprises car les petites sociétés connaissent une situation économique de plus en plus précaire du fait de leur positionnement sur le créneau qui subit la concurrence la plus vive : celui du gardiennage et de la surveillance. Depuis le début des années 1990, on observe donc une nette tendance à la concentration, avec des faillites, des acquisitions et des fusions. C&rsquo;est donc un secteur qui se porte bien mais dans lequel les différences de situation économique sont énormes. L&rsquo;État n&rsquo;a guère été pressé d&rsquo;encadrer ce secteur économique qui est pourtant, pour des raisons évidentes, bien plus sensible que n&rsquo;importe quel autre. Il a ainsi fallu attendre le texte de loi de 1983 complété par deux décrets d&rsquo;application de 1986 pour que le cadre légal soit clairement posé, même s&rsquo;il laisse des zones d&rsquo;ombre. Par ailleurs les dernières initiatives de Nicolas Sarkosy sont allées dans le sens d&rsquo;une extension des attributions et prérogatives des sociétés de sécurité. Pour faire court, disons que toutes les sociétés de sécurité doivent être immatriculées et recevoir un agrément préfectoral leur donnant le droit d&rsquo;exercer les métiers relatifs à ce secteur. Par ailleurs les préfets doivent établir tous les trois ans un rapport sur les sociétés de leur département, rapports qui alimentent un état national de cette profession et les Renseignements Généraux sont chargés de s&rsquo;intéresser à ce milieu.</p>
<h3>TERREAU FERTILE</h3>
<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cet intérêt de nos goupils nationaux qui nous vaut parfois quelques fuites dans la presse sur le gan grenage de ce milieu professionnel par les mouvements nationalistes. Non pas que les RG ne s&rsquo;intéressent qu&rsquo;à ça : ils prennent en compte toutes les boîtes dont les dirigeants ont des activités ou des accointances politiques. Ainsi dans un rapport de décembre 1988, la DCRG recensait une centaine de sociétés ayant des liens avec les milieux politiques. Plus d&rsquo;un quart était lié au RPR et un autre quart aux milieux libéraux. On trouvait parmi les dirigeants certains acteurs politiques de l&rsquo;époque comme feu Yvon Briant, PDG de France Protection Services et ancien vice-président du groupe parlementaire FN en 1986-1987. Cependant le véritable intérêt de ce rapport provenait surtout des 41 sociétés ciblées comme entretenant des liens avec les milieux extrémistes. Pour les RG, leur dangerosité résultait de « <em>la conjonction d&rsquo;une force armée et d&rsquo;un état d&rsquo;esprit constituant un terreau fertile pour des actions violentes</em> ». Sur ces 41 entreprises, 13 étaient proches du FN, 20 de mouvements violents : ex-SAC, ex-OAS, Troisième Voie (Sécurité Artois, dirigée par Philippe Robitaille, militant de TV et ancien du PFN, déjà condamné pour coups et blessures volontaires), PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_0_235" id="identifier_0_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.">1</a></sup> , divers groupuscules. Les 8 autres se répartissaient entre autonomisme corse (6) et supposée extrême gauche (2) puisque dans ce dernier cas le militantisme de leurs dirigeants remontait aux années 1970 (Gauche Prolétarienne et Ligue Communiste !). Parmi ces 33 entreprises d&rsquo;extrême droite, on retrouvait des noms ayant défrayé la chronique à la fin des années 1970 et début des années 1980, tel Century ou KO International. Ces sociétés étaient en général très proches de l&rsquo;ex-SAC et s&rsquo;étaient fait connaître pour des actions violentes contre des grèves ou occupation d&rsquo;usines : le rapporteur reconnaissait cependant que le nombre des sociétés proches de l&rsquo;extrême droite pouvait être sous-évalué car en dehors de manifestations extérieures des options politiques, « <em>celles-ci restent inconnues. Ainsi, délicat au niveau des responsables, le dénombrement des employés professant des opinions extrémistes l&rsquo;est encore plus en raison des déclarations incomplètes, voire fausses ou inexistantes lors de la demande d&rsquo;agrément</em> ». Dix ans plus tard, un nouveau rapport dont <em>Marianne</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_1_235" id="identifier_1_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Marianne du 26 octobre 1998. Article sign&eacute; Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de repr&eacute;sailles judiciaires.">2</a></sup> se fit l&rsquo;écho est venu souligner à quel point l&rsquo;extrême droite avait poursuivi son implantation dans ce milieu professionnel, ce rapport ne portant par ailleurs que sur la région parisienne. Bien sûr, l&rsquo;influence de l&rsquo;ex-OAS ou de l&rsquo;ex-SAC a notablement diminué, les anciens militants de ces mouvements étant peu à peu gagnés par la limite d&rsquo;âge, même pour faire la barbouze. Mais cela s&rsquo;est changé au profit du FN et de ses proches. On retrouvait sans surprise certains noms connus. En vrac : &#8211; Normandy Sécurité : fondée en 1979 par Fernand Loustau, la société a gagné sa réputation en février 1982 en dirigeant une opération commando contre la laiterie Claudel d&rsquo;Isigny visant à récupérer 650 000 camemberts séquestrés par des grévistes. Fernand Loustau fut d&rsquo;ailleurs condamné à trois mois de prison avec sursis pour cette affaire en 1985. Pour le rapporteur de la DCRG, « l&rsquo;obtention de l&rsquo;agrément par cette société douteuse bien connue illustre les difficultés rencontrées par les services préfectoraux face à un dossier bien “ficelé” ». Très proche du FN et ancien président de l&rsquo;Union Nationale Parachutiste, Fernand Loustau a cédé son poste de dirigeant en 1993 à son fils Philippe, ancien du GUD, qui est toujours à la tête de l&rsquo;entreprise. Normandy n&rsquo;a cessé de recruter dans les milieux nationalistes les plus extrêmes et certains de ses employés ont connu une certaine notoriété : Alban Druet et Axel Loustau (le frère !), tous deux anciens du GUD, ont été inquiétés par la police dans le cadre de l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_2_235" id="identifier_2_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">3</a></sup>. Axel a par ailleurs été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10° circonscription des Hauts-de-Seine et il est actionnaire principal de Riwal avec Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_3_235" id="identifier_3_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui a encore r&eacute;cemment fait parler de lui &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire &agrave; son domicile puisque Marine Le Pen a daign&eacute; y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.">4</a></sup> grâce à l&rsquo;acquisition de parts en novembre 1998. Présent au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999, il est également actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_4_235" id="identifier_4_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. M&eacute;faits &amp; Documents janvier 2002">5</a></sup>. Il a profité de sa situation dans l&rsquo;entreprise pour permettre le recrutement d&rsquo;autres anciens du GUD devenus mercenaires comme Pierre Oldoni<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_5_235" id="identifier_5_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;48">6</a></sup>, Yvain Pottiez ou François Robin, décédé mais poursuivi de son vivant pour actes de cannibalisme en Birmanie. Plus récemment, c&rsquo;est sans surprise que l&rsquo;on a appris que Maxime Brunerie travaillait la nuit pour le compte de Normandy. La mise en cause de la société par la presse a bien évidemment provoqué un commentaire indigné de Philippe Loustau sur la probité de son entreprise. Il faut dire que celle-ci a, heureusement pour elle, quelques contrats juteux avec de vrais entreprises et que compter un apprenti assassin de président de la République dans ses rangs n&rsquo;est pas la meilleure publicité que puisse escompter une société de sécurité&#8230; &#8211; ACDS : a priori rien à en dire, l&rsquo;ACDS étant l&rsquo;une des plus grosses sociétés du secteur. Mais l&rsquo;un de ses anciens directeurs délégués, en l&rsquo;occurence d&rsquo;une société de convoyage de fonds, n&rsquo;a été autre que Régis de la Croix Vaubois. Or celui-ci avait déjà un passé politique chargé quand il fut embauché : ancien responsable du FNJ dans le XVI° arrdt en 1990, tête de liste du CNEP aux élections du CROUS en 1991, ex-président du Cercle national de Sciences-Po, candidat FN aux législatives de juin 1997 dans la 3° circonscription de Côte d&rsquo;Or (4121 voix, 10,75 %), élu FN dans la Nièvre et au conseil régional de Bourgogne à partir de 1998&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs en la présence du fondateur et dirigeant d&rsquo;ACDS qu&rsquo;en février 1998 Jean-Marie Le Pen vint rendre visite à cet élément prometteur du FN qui est également un proche de sa fille Marine. Depuis, La Croix Vaubois s&rsquo;est rabattu sur le cabinet de conseil et de recrutement fondé par sa femme avec l&rsquo;aide de Nathalie Stirbois, fille de Marie-France du même nom et qui fait une partie de sa promotion dans la presse nationaliste. &#8211; Ambassy : cette société n&rsquo;est plus à présenter puisque ses liens avec Gilles Soulas lui ont valu d&rsquo;être maintes fois citée, que ce soit dans <em>REFLEXes</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_6_235" id="identifier_6_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52">7</a></sup> ou dans d&rsquo;autres documents (enquête parlementaire sur le DPS par exemple). Elle n&rsquo;existe cependant plus puisqu&rsquo;elle a subi une liquidation judiciaire et une partie des activités de son principal dirigeant, Gilles Sereau, s&rsquo;est reportée sur la boutique parisienne Le seigneur des elfes qui diffuse les figurines de jeux de rôle Games Workshop et vise un public païen proche d&rsquo;Europe-Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_7_235" id="identifier_7_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation scout longtemps tr&egrave;s proche du GRECE et qui s&rsquo;en &eacute;loigne peu &agrave; peu.">8</a></sup> dont la famille Sereau est d&rsquo;ailleurs très proche. Ambassy était tout de même l&rsquo;une des sociétés les plus clairement engagée dans la mouvance nationaliste puisque tous les actionnaires avaient un passé militant très marqué. &#8211; Torann-France : le personnel de cette société s&rsquo;est maintes fois signalée par ses engagements nationalistes et son recours à la violence lors de certaines missions. Les noms de certains de ses employés ont d&rsquo;ailleurs été cités au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS. &#8211; ERIC SA : Là aussi le personnel de cette société a su se faire une triste réputation et une bonne partie de son personnel est passé par le mercenariat après avoir fait ses classes dans l&rsquo;armée française. Des anciens de cette société sont d&rsquo;ailleurs partis fonder une boîte dont le nom apparaît régulièrement dans certaines affaires africaines : GEOS. L&rsquo;un des cadres de cette société est Jean Heinrich, ancien patron de la Direction du Renseignement Militaire, ce qui facilite bien évidemment les contacts avec les autorités françaises pour tout ce qui concerne l&rsquo;ancien domaine colonial français. L&rsquo;un des actionnaires d&rsquo;ERIC, Jean-Louis Chanas, a été mis en cause par le passé pour son rôle d&rsquo;administrateur de la FSCE, un établissement bancaire accusé de blanchiment. Un autre actionnaire, Vincent Gailhard, grenouille dans diverses sociétés de sécurité dont OST France. Cette société est tout aussi peu discrète que ERIC SA et a par exemple été mise en cause par la justice dans le cadre de la campagne électorale de 1995 d&rsquo;Édouard Balladur. Les prestations d&rsquo;OST auraient alors été payées en espèces pour échapper à la loi sur le financement publique des campagnes électorales. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à la même occasion que des militants du GUD avaient été rémunérés pour faire des collages pour le challenger de droite de Jacques Chirac. On pourrait également ajouter à cette liste la galaxie des entreprises liées aux frères Courcelles et qui a été bien sûr évoquée au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le FN ou certaines sociétés comme Pretory ou Body Sécurité qui ont eu récemment pour leur part les honneurs de la presse ou enfin certaines figures de ce milieu, tel l&rsquo;ineffable « capitaine » Paul Barril, grand amateur des ouvrages d&rsquo;Emmanuel Ratier. En outre sont exclues de ce rapport les sociétés qui ne font que fournir du matériel de sécurité. C&rsquo;est en particulier le cas d&rsquo;USMC à Paris dont les responsables sont très proches du FN. Ce fut d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des principales sources d&rsquo;approvisionnement du FN, en particulier en matériel de protection, pour la préparation du 1er mai 2002. L&rsquo;imbrication entre milieux nationalistes et sociétés de sécurité s&rsquo;explique aisément par le goût du risque et la possibilité offerte par cette profession de singer des comportements paramilitaires. Mais cela s&rsquo;explique surtout par le fait que ce secteur a longtemps fonctionné sur l&rsquo;absence de cadres professionnels bien définis. Bien sûr les vrais professionnels ont mis en place dans les années 1980 une charte supposée servir de cadre déontologique. Mais la réalité est toute autre et une faible qualification demeure la norme, en particulier dans le domaine du gardiennage. De fait, la « sécu » a toujours permis le recyclage de militants nationalistes n&rsquo;ayant guère d&rsquo;autres choix professionnels.</p>
<h3>GATEAU !</h3>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;extrême droite et le FN en premier lieu ont toujours été de bons clients de ce secteur. L&rsquo;expérience montre en effet que le DPS n&rsquo;était efficace que lorsqu&rsquo;il était encadré par des professionnels de la sécurité, bien moins « frileux » que les militants de base du SO frontiste. Cette situation s&rsquo;est bien sûr renforcée depuis l&rsquo;éclatement du FN et cela a culminé lors du 1er mai 2002. Le cortège frontiste était en effet protégé par le DPS (qui avait d&rsquo;ailleurs fait les fonds de tiroir militants), des supplétifs convoqués par William Bonnefoy et issus des milieux gudards et des boîtes de sécurité. Il en a été de même dans les villes gérées par l&rsquo;extrême droite qui se sont avérées de véritables aubaines pour les sociétés de sécurité. Cela a bien évidemment été particulièrement le cas de Vitrolles. Non seulement le couple Mégret y avait salarié tous les militants travaillant habituellement dans ce secteur, les F.-X. Sidos, Patrick Bunel, Yvain Pottiez, Gérard Le Vert et autres que connaît tout bon militant antifasciste ou encore par exemple Yann-Yves Etienne, ancien militant FN, membre du DPS chargé de la garde permanente du Paquebot jusqu&rsquo;à la scission et recruté début 1999 par Bernard Courcelle pour mener un faux putsch contre Sassou N&rsquo;Guesso, président du Congo, et mouiller ainsi l&rsquo;opposition menée par Pascal Lissouba. Mis en sûreté à Brazzaville à partir du 29 mars 1999 quand 3 mercenaires non DPS sont arrêtés pour justifier l&rsquo;accusation de putsch, il est rapatrié en France et devient militant MNR et DPA, impliqué dans des violences commises contre des militants de Ras l&rsquo;Front lors de la campagne municipale 2001 à Vitrolles. Mais la municipalité a aussi multiplié les contrats juteux. Ce fut le cas de Point Org Sécurité bénéficiaire d&rsquo;un contrat de la mairie de Vitrolles en novembre 2001 commandant une « <em>analyse prévisionnelle du risque terroriste sur la commune de Vitrolles en Provence</em> », pour la somme de 61 192, 92 frs. Mais il est une autre société qui profita de son positionnement politique pour travailler, c&rsquo;est Inter-space Sécurité. Cette société a été fondée et a pour gérante Evelyne Vaudin, conseillère municipale MNR de Salon-de-Provence. Mais lorsqu&rsquo;elle ne milite pas ou ne dirige pas des gros bras, Mme Vaudin s&rsquo;occupe d&rsquo;œuvres caritatives&#8230; Le 19 décembre 2001, 13 mercenaires débarquent sur l&rsquo;île de Mwali, la plus petite des îles des Comores, pour tenter un coup d&rsquo;État, a priori au profit d&rsquo;un ancien ministre comorien et avec l&rsquo;habituelle complaisance des services français. L&rsquo;opération tourne vite au fiasco : 6 mercenaires sont tués sur place et 7 capturés. On trouve de tout parmi ces 13 : des anciens soldats parachutistes, des baroudeurs amateurs proches du MNR ou même d&rsquo;UR pour au moins l&rsquo;un d&rsquo;entre eux&#8230; Dès janvier 2002 se monte une association de défense des familles des victimes de Mwali qui tente venir en aide aux mercenaires incarcérés et à leurs familles. La présidente en est Evelyne Vaudin, l&rsquo;association étant d&rsquo;ailleurs domiciliée au siège d&rsquo;Inter Space Sécurité, et le bureau est composé de proches ou de membres du MNR comme Jean-Philippe Rostagno, conseiller municipal MNR de Salon. Il faut dire que l&rsquo;un des mercenaires tués était le frère de l&rsquo;ancien gérant d&rsquo;Inter Space Sécurité et que les liens sont importants avec certains autres. Les survivants sont rentrés en France en janvier dernier et immédiatement mis en examen. Mais il y a fort à parier que l&rsquo;affaire n&rsquo;aille pas très loin étant donné l&rsquo;importance des zones d&rsquo;ombres existant dans le dossier. Cela démontre juste une fois de plus les liens qui peuvent unir sécurité, mercenariat et extrémisme de droite. Avec souvent la bienveillante complaisance de l&rsquo;État et de ses services de sécurité.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_235" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succédé à Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.</li><li id="footnote_1_235" class="footnote">Marianne du 26 octobre 1998. Article signé Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de représailles judiciaires.</li><li id="footnote_2_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51</li><li id="footnote_3_235" class="footnote">Qui a encore récemment fait parler de lui à l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire à son domicile puisque Marine Le Pen a daigné y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.</li><li id="footnote_4_235" class="footnote">Cf. Méfaits &amp; Documents janvier 2002</li><li id="footnote_5_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°48</li><li id="footnote_6_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°52</li><li id="footnote_7_235" class="footnote">Organisation scout longtemps très proche du GRECE et qui s&rsquo;en éloigne peu à peu.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Biographies rapides de certains militants cités dans les articles</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:11:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bouchet]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Front National de la Jeunesse (FNJ)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mabire]]></category>
		<category><![CDATA[Louis Aliot]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Thore]]></category>
		<category><![CDATA[William Bonnefoy]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Raufer]]></category>

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		<description><![CDATA[- Alliot, Louis Né en 1969, il a été délégué régional FNJ à partir de 1996 et conseiller régional fn de Midi-Pyrénées. Il est secrétaire départemental de la fédération de Haute-Garonne depuis 2000 et participe à la campagne de 2002. - Barnay, Catherine Née en 1952, elle milite dans les structures nationalistes depuis la fin [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>- Alliot, Louis<br />
Né en 1969, il a été délégué régional FNJ à partir de 1996 et conseiller régional fn de Midi-Pyrénées. Il est secrétaire départemental de la fédération de Haute-Garonne depuis 2000 et participe à la campagne de 2002.</p>
<p>- Barnay, Catherine<br />
Née en 1952, elle milite dans les structures nationalistes depuis la fin des années 1960 et mène en marge des activités commerciales liées à ce milieu, en particulier dans l&rsquo;édition. Elle est de fait un pivot de la communication nationaliste.</p>
<p>- Beketch (de), Serge<br />
catholique traditionaliste, il est par ailleurs animateur d&rsquo;une émission sur radio-courtoisie.</p>
<p>- Bonnefoy, William<br />
Ancien responsable du GUD à la fin des années 1980. Il est l&rsquo;un des principaux colporteurs de ragots de l&rsquo;extrême droite activiste et est en conflit ouvert avec de nombreux militants comme Christian Bouchet par exemple.</p>
<p>- Borde, Jacques<br />
ancien militant d&rsquo;ordre nouveau et des JNR de François Duprat, il a été le responsable de l&rsquo;édition française de la lettre confidentielle world report, basée en Irlande, qui n&rsquo;est plus disponible que sur internet.</p>
<p>- Bouchet, Christian<br />
Principal dirigeant d&rsquo;unité radicale et auparavant de nouvelle résistance n&rsquo;est plus à présenter. Portrait détaillé dans Reflexes n°51.</p>
<p>- Bourre, Jean-Paul<br />
Ami personnel de Philippe Randa, il a déjà pondu plus de 80 livres dont certains très mauvais. Il a également été animateur d&rsquo;une émission sur la radio ici &amp; maintenant.</p>
<p>- Bouteiller (de), Denis<br />
Ancien militant du PFN, parti concurrent du fn, dans les années 1970, il est devenu membre du FN en 1984 et a occupé des responsabilités électorales pour ce parti en région Rhône-Alpes. Passé aux mégretistes en 1998 puis devenu divers droite.</p>
<p>- Brigneau, François<br />
Né en 1919, ancien collaborateur pendant la guerre, il a écumé toute la galaxie nationaliste et sa presse depuis les années 1950.</p>
<p>- Bru, Jean-Christophe<br />
Co-animateur du groupe Île-de-France. Ancien militant du renouveau étudiant.</p>
<p>- Colombani, Philippe<br />
adhérent au FN depuis 1983, il a été membre du bureau politique et conseiller régional d’Île-de-France. Lors de la scission, il est passé dans le camp mégretiste où il s&rsquo;occupe de la formation des cadres.</p>
<p>- Cousteau, Pierre-Antoine<br />
Frère collaborationniste du commandant Cousteau.</p>
<p>- Cuny Jean-Marie<br />
Vieux briscard nationaliste, il a à son actif une vingtaine d&rsquo;ouvrages consacrés à la lorraine et il anime la revue la lorraine populaire, fondée en 1974. Catholique traditionaliste, il a été longtemps militant du fn avant de passer au MNR de Bruno Mégret. Il est le père de Clément Cuny, militant d&rsquo;Unité radicale récemment condamné pour incitation à la haine raciale pour les slogans d&rsquo;une manifestation d&rsquo;UR à Nancy en 2000.</p>
<p>- Fornal, Eric<br />
ce trentenaire a déjà un solide passé militant : Militant du cercle national des étudiants parisiens au début des années 1990, il a longtemps travaillé à la SERP. Passé aux mégretistes, il était au nom de Terre &amp; Peuple l&rsquo;un des animateurs du fantomatique front de la jeunesse lancé en février 1999. Il s&rsquo;investit tout azimut dans l&rsquo;édition.</p>
<p>- Gattegno, David<br />
Né en 1954, il gravite autour du milieu théâtral et est lié à Pardès depuis le début des années 1990 ainsi qu&rsquo;à Politica Hermetica, publiée par l&rsquo;âge d&rsquo;homme.</p>
<p>- Gaucher, Roland<br />
Né en 1919, il a été responsable des jeunesses du RNP de Marcel Déat pendant la guerre. Après l&rsquo;épuration, il devient journaliste, écrivain et militant politique. Il participe en particulier à la fondation du FN en 1972 et sera député européen de ce parti. Proche actuellement d&rsquo;unité radicale.</p>
<p>- Gauthier, Philippe<br />
Né en 1934, ayant participé à la guerre d’Algérie, il a publié essentiellement des romans d&rsquo;anticipation sur l&rsquo;invasion arabe de la France (la Toussaint blanche par exemple).</p>
<p>- Grazioli, Jean-Pierre<br />
Né en 1943, grand ami de thierry dreschmann, il a été mis en cause en février 2001 par clément cuny et deux de ses petits camarades pour leur avoir fourni des tracts racistes.</p>
<p>- Haddad, Richard<br />
Ancien responsable du cercle national des étudiants parisiens au début des années 1990, ce chrétien libanais né en 1968 est proche des phalangistes ; c&rsquo;est un militant du FN et de chrétienté-solidarité.</p>
<p>- Jolif, Thierry<br />
Proche de Christian Bouchet, ce passionné de musique électro-industrielle a longtemps animé lonsai maikov ainsi qu&rsquo;une émission de radio consacrée à cette musique à rennes.</p>
<p>- Lagane, Thomas<br />
né en 1968, il a été responsable du GUD et du FNJ avant d&rsquo;intégrer l&rsquo;atelier de propagande du FN en 1998. Propriétaire de plusieurs SARL de com&rsquo;.</p>
<p>- Le Digabel, Laurent<br />
Membre de terre &amp; peuple, il en était l&rsquo;un des animateurs sur Toulouse jusqu&rsquo;à l&rsquo;année dernière.</p>
<p>- Mabire, Jean<br />
Ancien des bataillons de choc parachutistes au début des années 1950, ce normand redevient journaliste dans la vie civile et participe à divers journaux, en particulier viking (1949-1958), avant de s&rsquo;engager pour l’Algérie française. Monté à paris au début des années 1960, il rejoint Dominique Venner et Europe-Action. Depuis, il n&rsquo;a plus quitté la scène nationaliste ou régionaliste.</p>
<p>- Mahe O&rsquo;Chinal, Jildaz<br />
Né en 1972, il est le fils d&rsquo;un journaliste célèbre de Paris-Match. Il a été très actif au fnj et dans le milieu gudard parisien au milieu des années 1990. Il est maintenant dans le secteur de la sécurité.</p>
<p>- Marmin, Michel<br />
Membre directeur du GRECE, passionné de cinéma et désigné rédacteur en chef d&rsquo;éléments depuis le début 2001.</p>
<p>- Matringhem, Jean-Jacques<br />
Il est le nouveau rédacteur en chef de la revue révisionniste l&rsquo;autre histoire et a donc repris à ce titre le pseudonyme d&rsquo;André Chelain utilisé par le passé par Henri Roques puis Tristan Mordrel. Professeur d&rsquo;histoire dans le secteur privé, ce nom est en fait le pseudonyme de Jimmy Pirson.</p>
<p>- Peltier, Martin<br />
Journaliste de formation ayant rejoint l&rsquo;orbite du FN dans les années 1980. Il a récemment publié un livre de mémoires.</p>
<p>- Peyrebonne (de), Micheline<br />
Vieille militante de la droite radicale, elle a longtemps animé la revue Europe-Notre Patrie fondée en 1965 et elle a participé à défense de l&rsquo;Occident. Elle continue de graviter autour de la mouvance nationaliste.</p>
<p>- Raufer, Xavier<br />
Pseudonyme de Christian de Bongain, militant néo-fasciste très actif dans les années 1970. Il continue d&rsquo;avoir des contacts fréquents et poussés avec la droite nationaliste.</p>
<p>- Robert, Fabrice<br />
Né en 1970, ce fils de militaire est une figure active de la mouvance NR : Responsable du journal Jeune Résistance, longtemps conseiller municipal FN de la Courneuve, guitariste du groupe Fraction&#8230; Il s&rsquo;occupe à présent plus particulièrement des contacts avec le milieu musical et anime les sites internet nr.</p>
<p>- Rouger, Philippe<br />
Né en 1967, il a été nommé délégué régional du FNJ à partir de 1996 puis directeur national adjoint à partir de 1998. Il est ensuite devenu secrétaire départemental FN de Loire-Atlantique.</p>
<p>- Roux (de), Dominique<br />
Militant nationaliste ayant joué un certain rôle dans quelques barbouzeries des années 1970.</p>
<p>- Thore, Paul<br />
Ex du FNJ, principal animateur de la revue l&rsquo;épervier et de la groupusculaire LNC (cf. Reflexes n°3).</p>
<p>- Venner, Dominique<br />
Vieux routier de l&rsquo;extrême droite passé par Jeune nation dans les années 1950 puis Europe-Action dans les années 1960 après avoir purgé une peine de prison pour ses activités pro-Algérie française. Retiré du militantisme depuis cette époque, il poursuit une activité éditoriale intense.</p>
<p>- Verdurier, Pierre<br />
Né en 1920, ce vieux monsieur a été proche de la collaboration et se trouvait à Berlin à la fin de la deuxième guerre mondiale pour filmer le conflit.</p>
<p>- Vouzellaud, Guillaume<br />
Né en 1968, il a été délégué régional du FNJ à partir de 1996 puis il a intégré la direction du service des adhésions du FN à partir de 2000 tout en devenant secrétaire départemental de Vendée.</p>
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		<title>Portrait Alexandre Del Valle</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:10:46 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Del Valle]]></category>
		<category><![CDATA[association France-Israël]]></category>
		<category><![CDATA[B'nai B'rith]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bouchet]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Synergies européennes]]></category>
		<category><![CDATA[Terre et Peuple (T&P)]]></category>
		<category><![CDATA[William Bonnefoy]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;après 11 septembre a été la triste occasion de voir (ré)apparaître dans les médias quelques sales faces dont la légitimité intellectuelle est très largement sujette à caution. C&rsquo;est le cas de quelques chevaux de retour comme Roland Jacquard ou Xavier Raufer, dont les orientations extrême droitières ne sont plus à démontrer. Mais de nouvelles têtes se sont mises à dépasser dont certaines ne nous sont pas inconnues. Alexandre Del Valle par exemple, pour qui le 11 septembre a été une chance historique. Vous n&rsquo;avez pas pu le rater : cet obsédé de la reconnaissance médiatique, né en 1968 dans le sud de la France dans une famille pied-noir, connaît depuis deux mois une surexposition télévisuelle et radiophonique. LCI, TF1, Le Figaro&#8230; La liste de ses interventions serait trop longue à établir. Del Valle a pu y étaler ses thèses, bloubiboulga intellectuel à mi-chemin entre le «choc des civilisations» de Huntington et le «grand complot américain contre l&rsquo;Europe» de la Nouvelle Droite. Pragmatique, notre «expert» a cependant compris à temps que le 11 septembre modifiait la donne et qu&rsquo;il fallait passer à une démarche «schmittienne» de désignation de l&rsquo;ennemi. Le monde arabo-musulman a tout naturellement endossé ce rôle, les USA se voyant reléguer au rang de simples adversaires. Cette orientation lui a permis d&rsquo;être en phase avec ce que les médias et les masses voulaient entendre. Mais la consécration est venue d&rsquo;ailleurs : de la communauté juive. Depuis deux mois en effet, Marc D&rsquo;Anna, puisque tel est son vrai nom enchaîne les conférences à l&rsquo;invitation de tout ce que la communauté juive parisienne compte d&rsquo;organisations droitières ou simplement pro-israéliennes, du B&rsquo;nai B&rsquo;rith à l&rsquo;association France-Israël. Le discours de D&rsquo;Anna vient en effet à point nommé rencontrer la lente dérive raciste d&rsquo;une fraction radicalisée de la communauté juive pour qui l&rsquo;Arabe devient peu à peu l&rsquo;ennemi à abattre. De certains sites Internet abjects au récent rapport du CRIF sur les violences antijuives qui désigne certains agresseurs par leur appartenance supposée à l&rsquo;ethnie arabe, c&rsquo;est la même perte de sang-froid qu&rsquo;on peut observer et qui laisse mal augurer de l&rsquo;avenir. Or les représentants de la communauté seraient bien inspirés de mieux choisir leurs nouveaux amis, surtout lorsqu&rsquo;ils ont la prétention de soutenir la «seule démocratie du Proche-Orient». Marc D&rsquo;Anna est en effet un digne représentant du courant politique français le plus droitier avec tout ce que cela implique. Ancien élève d&rsquo;institutions catholiques, son passage à l&rsquo;IEP d&rsquo;Aix au début des années 1990 n&rsquo;est pas passé inaperçu. Il y côtoie toute une fraction de la droite radicale et ses fréquentations le poussent à participer aux activités d&rsquo;Yggdrasill, petite secte païenne ultra-droitière, pour laquelle il écrit quelques articles dans la revue <em>Muninn</em>. Même si son itinéraire universitaire l&rsquo;éloigne ensuite quelque peu de ce courant pour le rapprocher de celui du général souverainiste Pierre-Marie Gallois au milieu des années 1990, les liens ne sont pas rompus. Tout naturellement, c&rsquo;est l&rsquo;extrême droite qui l&rsquo;invite dans ses conférences à partir de 1998 : néo-droitiers (Terre &amp; Peuple, GRECE), catholiques ultra (Chrétienté-Solidarité, JAC, lefebvristes)&#8230; D&rsquo;Anna parle là où on veut bien l&rsquo;écouter. Publier une brochure pour Synergies européennes dans la même collection que le négationniste Bernard Notin (sous pseudonyme de Frédéric Valentin) n&rsquo;embête pas non plus ce compagnon d&rsquo;une jeune femme juive argentine. En novembre 1998 n&rsquo;écrivait-il pas que «<em>l&rsquo;Européen n&rsquo;a pas à s&rsquo;excuser éternellement pour les Croisades, l&rsquo;Inquisition, la Colonisation ou la Shoah. L&rsquo;utilisation systématique, obscène même, des drames de la IIème Guerre mondiale pour discréditer les Patriotes européens est devenu tout simplement insupportable</em>» ?<br />
Mais tout ceci ne semble hélas pas être contradictoire. Si professionnellement, D&rsquo;Anna a bien compris le profit à tirer des liens avec la communauté juive, il semble que politiquement ses objectifs soient tout aussi clairs : profiter du contexte actuel, inespéré, pour faire sortir la droite radicale du ghetto politique dans lequel l&rsquo;a placé son antisémitisme dogmatique, le tout grâce à un ennemi commun : l&rsquo;Arabo-musulman. Il y a ainsi deux D&rsquo;Anna : celui qui s&rsquo;incruste dans la communauté juive et multiplie les gages de bonne conduite Politiquement Correcte en attaquant les «nazis» et celui qui continue à écrire dans des revues extrême droitières comme <em>Relève politique</em>, lancée en septembre dernier par Christophe Dungelhoeff (sous pseudonyme Xavier Van Lierde) avec d&rsquo;autres anciens Aixois et continuerait à rencontrer quelques représentants de la droite la plus nazifiante comme William Bonnefoy pour leur expliquer sa démarche. Des attaques récentes d&rsquo;Emmanuel Ratier et de Christian Bouchet (UR) montrent qu&rsquo;une fraction du milieu nationaliste renâcle à ce rapprochement jugé contre-nature. Mais il y a fort à parier qu&rsquo;une majeure partie de l&rsquo;extrême droite comprenne tout l&rsquo;intérêt politique que présente ce Guillaume Faye nettement plus présentable et adopte une attitude pragmatique consistant à considérer que le succès de D&rsquo;Anna est objectivement une bonne chose puisqu&rsquo;il permet la diffusion dans les grands médias d&rsquo;un discours proche du sien. De fait, les représentants juifs ont-ils mesuré toute leur responsabilité ? On peut hélas répondre non. Jupiter rend fou ceux qu&rsquo;il veut perdre&#8230;</p>
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		<title>Les pets &amp; la plume</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:08:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l'enjeu en considérant qu'avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L'extrême droite n'échappe pas à cette règle, d'autant plus qu'elle est, à l'instar d'autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l&rsquo;enjeu en considérant qu&rsquo;avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L&rsquo;extrême droite n&rsquo;échappe pas à cette règle, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle est, à l&rsquo;instar d&rsquo;autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_0_201" id="identifier_0_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;importance de cette question est &eacute;vidente comme en t&eacute;moigne la conf&eacute;rence organis&eacute;e par la revue autrichienne d&rsquo;extr&ecirc;me droite Zur Zeit le 10 novembre dernier avec la cr&egrave;me de l&rsquo;extr&ecirc;me droite europ&eacute;enne et autour du th&egrave;me &laquo;Les m&eacute;dias &amp; les droites&raquo;.">1</a></sup>.</strong></p>
<p>Cet état de fait s&rsquo;est renforcé depuis la scission du FN fin 1998 et nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de dénoncer cette situation qui nous paraît fort dangereuse. Nous allons donc essayer de dresser un panorama tout aussi rapide que non exhaustif du Paysage Communicant Fasciste (PCF) pour constater, si besoin en était, que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est pas morte et qu&rsquo;elle communique encore&#8230;<br />
De ce PCF, nous avons volontairement exclu les royalistes dans leurs différentes versions organisées, même si de nombreux militants nationalistes peuvent se définir comme maurrassiens, tout autant que les catholiques dans leur non moins très grande variété. Ce n&rsquo;est pas par manque d&rsquo;intérêt, et J.-Y. Camus et René Monzat en leur temps<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_1_201" id="identifier_1_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France, PUL, 1992.">2</a></sup> s&rsquo;y sont essayés. Mais mis à part certains titres de presse que nous signalerons, cette communication fonctionne en circuit fermé, en particulier quand il s&rsquo;agit de la multitude de petits bulletins traditionalistes ou intégristes, schismatiques ou ralliés à Popaul II. Or c&rsquo;est la communication ouverte à la société (ou du moins celle qui fait vœu de l&rsquo;être) qui nous intéresse. De la même façon, mises à part quelques exceptions, nous n&rsquo;avons pas travaillé sur le fond c&rsquo;est-à-dire sur le discours porté par cette communication. Nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de le faire, nous l&rsquo;aurons encore dans le futur. Nous allons donc nous attacher à la forme de cette communication et ce en trois volets : la presse et l&rsquo;édition, puis les lieux de diffusion et enfin le créneau de l&rsquo;identitaire.</p>
<h3>Ne pas prendre les canards du führer pour des enfants du Bon Dieu</h3>
<p>Il est souvent dit que la culture anarchiste est une culture de l&rsquo;écrit. Ce constat s&rsquo;applique parfaitement au courant nationaliste, même si cette communication écrite est particulièrement protéiforme. Elle s&rsquo;appuie sur un bloc dur de structures directement liées au mouvement militant. C&rsquo;est en particulier le cas de la presse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_2_201" id="identifier_2_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs int&eacute;ress&eacute;s &agrave; des ouvrages traitant de ce point. &Agrave; titre de rappel, Rivarol a &eacute;t&eacute; fond&eacute; en 1951, Minute en 1962, Pr&eacute;sent en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, National Hebdo en 1984.">3</a></sup> : <em>Minute</em>, <em>Présent</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Rivarol</em>. Il est globalement de bon ton d&rsquo;entendre les responsables de cette presse se plaindre : de l&rsquo;ostracisme de la «grande presse», des embûches de l&rsquo;État, des procès des «lobbies», des difficultés financières&#8230;</p>
<p>Or, force est de constater que cette presse nationaliste diffusée en kiosque ne se porte pas si mal que cela. Tout du moins qu&rsquo;elle ne se porte pas plus mal que toute autre presse politique, en particulier d&rsquo;extrême gauche, et même pas plus mal que la «grande presse» centriste si on tient compte du fait qu&rsquo;elle n&rsquo;a que fort peu accès aux recettes publicitaires. C&rsquo;est en effet toute la presse politique qui est en crise en France et les journaux nationalistes, hebdomadaires ou quotidiens, n&rsquo;échappent pas à la règle. Il n&rsquo;en reste pas moins vrai que le créneau est étroit et que toute nouvelle tentative de création est plus ou moins vouée à l&rsquo;échec. Ce fut particulièrement le cas du <em>Français</em>, quotidien lancé en octobre 1994 et dirigé par Philippe Colombani, transfuge de <em>Présent</em>. Ses initiateurs avaient pourtant des ambitions modestes : maquette claire, rubriques classiques, des articles au ton plus mesuré que ceux de <em>Minute</em> ou de <em>National Hebdo</em>, pas de reportages ni d&rsquo;enquêtes, aucune recherche du sensationnel. Officiellement, Colombani annonçait vouloir faire le quotidien d&rsquo;une «vaste force politique nationale et populaire», des «cinq millions de personnes, qui, à droite, ont refusé l&rsquo;esprit de système» en votant, lors du scrutin européen pour les listes Le Pen, Villiers et Goustat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_3_201" id="identifier_3_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Candidat des chasseurs cette ann&eacute;e-l&agrave;.">4</a></sup>. Or s&rsquo;il se plaçait incontestablement à droite du <em>Figaro</em>, <em>Le Français</em> n&rsquo;a pas donné de signes tangibles de sa volonté de rassemblement. L&rsquo;équipe du journal était proche du Front national et plusieurs rédacteurs venaient du mensuel <em>Le Choc du Mois</em>. La société éditrice, Carnix<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_4_201" id="identifier_4_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a &eacute;t&eacute; accus&eacute;e par Le Pen d&rsquo;&ecirc;tre une des bases du complot m&eacute;gretiste.">5</a></sup>, était une SA au capital de 1 500 000 francs où on trouvait des actionnaires proches de la Nouvelle Droite (ND) et de Bruno Mégret. Les préoccupations politiques et culturelles du journal faisaient écho, sans ostentation, à celles de la ND. C&rsquo;était net en matière de géopolitique avec de nombreux articles opposant Europe et Occident ou présentant les pays arabes comme des alliés incontournables de l&rsquo;Europe. Mais on y trouvait également des entretiens avec Jean Mabire, Michel Marmin ou Dominique Venner. Le problème était sans doute là, à savoir que <em>Le Français</em>, en étant un instrument de communication et d&rsquo;influence aux mains d&rsquo;une équipe liée à Bruno Mégret, s&rsquo;est coupé l&rsquo;herbe sous le pied. Jean-Marie Le Pen a tenu à préciser dès le début qu&rsquo;il n&rsquo;était en rien engagé dans cette aventure et <em>Présent</em> a réagi très négativement au lancement d&rsquo;un autre quotidien sur le créneau très étroit du lectorat lepéniste. En moins de deux ans, <em>Le Français</em> disparaissait des kiosques.</p>
<p>On a pu encore une fois vérifier le rôle indirect du FN dans la presse nationaliste avec les conséquences de la crise de 1998. Sentant le danger d&rsquo;être entraînés dans une guerre de clans commercialement suicidaire, les différents journaux ont essayé de se tenir au-dessus de la mêlée. Le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est qu&rsquo;ils n&rsquo;y sont pas parvenus, Le Pen ne leur en laissant pas la possibilité. 1999 a ainsi été une annus horribilis : <em>National Hebdo</em> a connu une hémorragie de lecteurs et de rédacteurs, en particulier son rédacteur en chef Martin Peltier, passé aux mégretistes. <em>Présent</em> est passé à 4 pages et a licencié du personnel, la diffusion en kiosque semblant être tombée de 3000 à 1200 exemplaires et les abonnés de 7000 à 4000 environ. Le besoin de liquidités (environ un million de francs !) l&rsquo;a amené à vendre un immeuble de sa filiale Difralivre pour regonfler son capital. L&rsquo;hostilité du FN s&rsquo;est en effet traduite par des gestes de malveillance comme la consigne transmise aux militants de se désabonner, le refus de louer un stand aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_5_201" id="identifier_5_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bleu-Blanc-Rouge : f&ecirc;te annuelle du FN.">6</a></sup> 99 ou même l&rsquo;édition d&rsquo;un pastiche intitulé <em>Pesant</em> par l&rsquo;équipe du journal <em>Béret Baguette</em>. Le quotidien n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs toujours pas cité comme «presse amie» par le FN. <em>Minute</em>, appartenant au vieux routier nationaliste Gérard Penciolleli depuis 1993, a quant à lui carrément déposé le bilan en avril 1999. Même si cette situation n&rsquo;est pas directement imputable à la crise du FN, celle-ci n&rsquo;a évidemment rien amélioré. Cette liquidation judiciaire fut l&rsquo;occasion pour une partie de la rédaction de laver son linge sale en public par le biais d&rsquo;un pastiche de quatre pages, <em>Un Faux Minute</em>, dans lequel étaient dévoilées les frasques politico-financières de Penciolleli et ses liens avec les Renseignements généraux. L&rsquo;équipe attaquait également Nicolas Miguet, escroc notoire qui sans attendre la décision du tribunal de commerce avait essayé de faire main basse sur le titre. Cela n&rsquo;a pas empêché le tribunal de désigner Catherine Barnay comme repreneur, malgré ses liens connus avec Penciolleli et un passé de militante néo-fasciste particulièrement chargé. L&rsquo;hebdomadaire vivote donc de nouveau depuis janvier 2000, d&rsquo;abord sur abonnement et à présent en kiosque. Le seul à avoir tiré son épingle du jeu est finalement <em>Rivarol</em>. Non seulement le vieil hebdomadaire a récupéré une partie du lectorat des autres titres, mais il apparaît de nouveau comme le porte-voix le plus radical de la droite nationaliste, ce qui n&rsquo;est pas usurpé&#8230; Le titre a de fait fêté ses 50 années d&rsquo;existence début 2001. Dans ce contexte, certains journalistes dont Martin Peltier et François Brigneau ont cru pouvoir essayer d&rsquo;atteindre la viabilité économique en remplaçant le papier par l&rsquo;électronique. Intitulé <em>Le Quotidien de France</em>, ce projet devait prendre la forme d&rsquo;un quotidien diffusé sur Internet par abonnement. Las ! Le montant prohibitif de cet abonnement, plus de 900 francs, n&rsquo;a convaincu que&#8230; neuf courageux lecteurs et après quelques semaines d&rsquo;activités en 2000, le projet a avorté.</p>
<p>Mais ce secteur de la presse de kiosque n&rsquo;est sans doute pas le principal support de la communication nationaliste. Car en matière d&rsquo;écrit, celle-ci est surtout portée par une myriade de bulletins et de revues, indépendantes ou militantes, pour lesquelles l&rsquo;abonnement est vital. On retiendra entre autres pour les principales <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> de Serge de Beketch, <em>Jeune Nation</em> du groupe homonyme lyonnais, <em>Reconquête</em> de Chrétienté-Solidarité, <em>Jeune Résistance</em> et <em>Résistance !</em> d&rsquo;Unité Radicale (UR), <em>Le Chêne</em> du MNR, <em>Français d&rsquo;Abord</em> du FN, <em>Éléments</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_6_201" id="identifier_6_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le r&eacute;dacteur en chef depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, Charles Champetier, a &eacute;t&eacute; d&eacute;barqu&eacute; du GRECE en fin d&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il &eacute;tait in&eacute;vitable qu&rsquo;il soit &eacute;limin&eacute; comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.">7</a></sup> du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_7_201" id="identifier_7_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupement de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne, fond&eacute; en 1968 et longtemps principal repr&eacute;sentant de la Nouvelle Droite en France.">8</a></sup> auxquelles il faudrait rajouter tous les bulletins de moindre envergure comme <em>Fier de l&rsquo;être</em> (région parisienne), <em>L&rsquo;Épervier</em> (Châteauroux) ou les fanzines, boneheads en particulier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_8_201" id="identifier_8_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 nouvelle s&eacute;rie.">9</a></sup>. Cette presse est souvent fragile et repose très largement sur l&rsquo;engagement humain et financier de ses rédacteurs. <em>Jeune Résistance</em> a ainsi connu depuis un an un gain qualitatif lié à l&rsquo;injection de fonds par ses concepteurs et quelques généreux donateurs.<br />
C&rsquo;est également le cas de la dernière sortie en date, <em>Relève politique</em>, lancée et animée par Christophe Dungelhoeff.</p>
<h3>Papier gâché</h3>
<p>Le deuxième gros secteur de la communication nationaliste est l&rsquo;édition. Celle-ci repose sur un nombre limité de structures, en général assez fragiles. Deux font exception : Faits &amp; Documents et Deterna. La première n&rsquo;est plus à présenter pour les lecteurs assidus de <em>REFLEXes</em>. Cette maison d&rsquo;édition a été créée et dirigée par Yann Moncomble jusqu&rsquo;à sa mort en 1990 et reprise par Emmanuel Ratier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_9_201" id="identifier_9_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. suppl&eacute;ment M&eacute;faits et Documents dans ce num&eacute;ro de REFLEXes.">10</a></sup>. Elle permet à ce dernier d&rsquo;approfondir ce qui constitue son fonds de commerce et qu&rsquo;il développe déjà dans sa lettre confidentielle homonyme : la dénonciation des Juifs et des francs-maçons. Indépendant, Ratier a relativement bien manœuvré lors de la crise du FN. Bien que touché lui aussi par une certaine désaffection du public et un taux de réabonnement en baisse, il a réussi à retrouver sa situation d&rsquo;avant la crise. Présent chaque année aux BBR, il a également retrouvé sa rubrique dans <em>National Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. La mort récente d&rsquo;Henri Coston (voir portrait ci-dessous) vient évidemment à point nommé pour consolider son monopole des «informations confidentielles». Il semblerait par ailleurs qu&rsquo;il ait réussi à placer deux de ses livres en traduction arabe en&#8230; Syrie. L&rsquo;éditeur est les Éditions DarTlass, obscure petite maison d&rsquo;édition si elle n&rsquo;appartenait au très antisémite général Tlass qui est ministre de la défense syrien et dont les liens avec l&rsquo;extrême droite (en particulier certains gudards) sont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_10_201" id="identifier_10_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="anciens Cf. REFLEXes n&deg;51.">11</a></sup>. Les deux livres sont bien sûr consacrés au pouvoir occulte des organisations juives. Il s&rsquo;est également associé en 2000 aux directeurs de <em>National Hebdo</em> (Jean-Claude Varanne), du <em>Libre Journal de la France courtoise</em> (Serge de Beketch), de <em>Rivarol</em> (Camille Galic) et de <em>Monde &amp; Vie</em> (Claude Giraud) pour exiger que le gouvernement revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de francs à <em>L&rsquo;Humanité</em> (et un effacement de la dette de 13 millions de francs). Les cinq directeurs réclament aussi le rétablissement de l&rsquo;aide de 700 000 francs à Présent, supprimée par Jack Lang depuis 1997.</p>
<p>L&rsquo;autre pôle est la maison Randa, dont le principal fleuron est Deterna. Né en 1960, Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa du nom de son père Peter Randa, est l&rsquo;un des piliers de l&rsquo;édition nationaliste comme auteur et comme éditeur. Cela fait en effet 20 ans qu&rsquo;il compense un talent médiocre par une activité débordante, parfois dans certaines maisons d&rsquo;édition commerciales comme les Presses de la Cité et la collection Fleuve Noir qui éditait déjà son père. Parmi une tripotée de romans SF et policiers dont il ne revendique plus vraiment la paternité pour certains<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_11_201" id="identifier_11_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est le cas de L&rsquo;assassin sentimental paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la tr&egrave;s grande litt&eacute;rature.">12</a></sup>, ses fleurons restent <em>Poitiers demain</em> et <em>Apocalypse Yankee</em> qui imaginent des conflits sanglants dans lesquels les Européens finissent toujours par gagner. Doté d&rsquo;une morale simple, Randa présente la même simplicité politique. Interrogé en 1989 dans <em>Alternative</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_12_201" id="identifier_12_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Titre repris &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 par Roland Helie et qui &eacute;tait dans les ann&eacute;es 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.">13</a></sup> sur les raisons de la sortie le 20 avril de la même année de la réédition <em>d&rsquo;Apocalypse Yankee</em>, il déclarait : «Oh comme ça, pour le centenaire [d'Adolf Hitler, ndlr]». Après avoir animé l&rsquo;Æncre et le magazine «satirique» <em>Pas de panique à bord !</em> puis s&rsquo;être fâché avec Gilles Soulas, il a lancé les éditions Deterna qui lui permettent de diffuser tous les auteurs dont il est proche : Jean Mabire, Roland Gaucher, Philippe Gauthier, Jean-Paul Bourre, Jacques Borde alias Yag Bazhdid&#8230; et ses propres «œuvres». Il a également essayé de relancer une revue généraliste, <em>Dualpha</em>, dans laquelle on retrouve exactement les mêmes auteurs et dont l&rsquo;intérêt et le prix étaient tels qu&rsquo;elle s&rsquo;est arrêtée cet été pour devenir un site Internet.</p>
<p>Mais il existe une multitude d&rsquo;autres petites structures travaillant sur des créneaux étroits et donc fragiles. On peut citer les Éditions de L&rsquo;Homme Libre, animées par William Bonnefoy, qui, après une année 2000 sans publication, ont sorti quatre ouvrages dont l&rsquo;orientation est assez simple : racialiste, antisémite et nostalgique du nazisme. Malin comme un singe, le caractériel Bonnefoy a pris la peine de doter l&rsquo;un de ces livres, <em>Avant qu&rsquo;Hitler ne vienne</em> de Rudolf Von Sebottendorff, d&rsquo;un avertissement hilarant qui a beaucoup fait rire le petit milieu néo-nazi : «<em>Nous vivons en des temps malheureusement marqués par un retour des idées nauséabondes qui ont failli emporter l&rsquo;Europe au siècle dernier. Des esprits malfaisants [il parle de lui ! ndlr], issus du ventre fécond d&rsquo;où est déjà sortie la bête immonde, tentent à nouveau de nous faire croire aux bienfaits du nationalisme et des théories fumeuses sur l&rsquo;inégalité des races. Voilà pourquoi il est nécessaire de rappeler à des esprits ouverts comment ces théories ont vu le jour et quels contenus et idéologies répugnants les caractérisent. Le livre proposé contient, dans sa dimension criminelle et inhumaine un contenu pédagogique incontestable. L&rsquo;ignominie des théories proposées, l&rsquo;incohérence des raisonnements politiquement incorrects, leur caractère sinistre et aberrant frapperont tous les cerveaux normalement constitués et même les autres. [...] Félicitons-nous, alors que les nazis brûlaient les livres interdits par leur fanatisme politique que la démocratie soit suffisamment courageuse et forte pour tolérer la diffusion d&rsquo;un tel livre</em>.» Dans la même orientation, il y a également les éditions lyonnaises Irminsul créées par Lionel Bosserelle. Ce dernier est également le gérant d&rsquo;Irminsul Diffusion dont le nom commercial est la Librairie Lyonnaise et qui a été lancée en 1997 avec l&rsquo;aide de Denis de Bouteiller. La dernière publication d&rsquo;Irminsul est un album souvenir sur les Waffen SS écrit par Jean Mabire et vendu 1500 francs. Ce livre aurait dû être édité par les éditions des frères Prost, les Éditions Gergovie, si elles n&rsquo;avaient pas déposé le bilan en septembre 2000. Issus d&rsquo;une famille faf de faf, Grégory et Karl s&rsquo;étaient spécialisés dans la publication d&rsquo;anciens Waffen SS comme Louis Levast ou d&rsquo;anciens Malgré-Nous comme Roger Mouminou alias Guy Sajer alias Dimitri, l&rsquo;auteur de la BD <em>Le Goulag</em>. Bien qu&rsquo;ayant essayé de relancer l&rsquo;entreprise avec ce qui ressemble furieusement à un prête-nom, les deux frères ont jeté l&rsquo;éponge et ainsi confirmé la mauvaise réputation commerciale de la famille (en cas de faillite, les auteurs publiés peuvent s&rsquo;asseoir sur leurs droits d&rsquo;auteurs).</p>
<p>Toujours sur le même créneau, on trouve l&rsquo;association éditrice Les Amis de la Culture Européenne animée par Éric Fornal et fondée par Franck Petit, dont le fonds d&rsquo;édition est essentiellement composé des livres de l&rsquo;ancien Waffen SS Robert Dun et des romans d&rsquo;Éric Lhomme alias Erik Robert, qui tire son inspiration de la situation, bien réelle, du peuple Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indo-européenne vivant dans le nord Pakistan. Plus généralistes, on peut citer les éditions Godefroy de Bouillon proches du FN et animées par Richard Haddad ou les éditions Rémi Perrin du nom de son propriétaire. Plus militantes, il existe les auto-éditions de Christophe Picard alias Henri de Fersan, qui s&rsquo;est spécialisé sur le «racisme anti-Français» et dont le dernier livre est largement inspiré, à la limite du plagiat, des écrits d&rsquo;Emmanuel Ratier. Enfin le FN et le MNR se sont chacun dotés d&rsquo;une maison d&rsquo;édition. Le FN d&rsquo;avant la scission pouvait en effet compter sur les Éditions nationales mais celles-ci sont passées dans le camp des «félons». Quatre de ses jeunes cadres, Philippe Rouger, Thomas Lagane, Louis Alliot et Guillaume Vouzellaud, ont donc lancé une SARL de presse, les éditions Objectif France, qui diffusent la littérature FN, comme Crime contre le FN par exemple, petit ouvrage antimégretiste écrit par Xavier Cheneseau alias François Delancourt. De son côté le MNR n&rsquo;est pas demeuré en reste et s&rsquo;est doté des éditions Cité-Liberté, nom commercial de la SARL Publi-Sites.</p>
<p>Mais le tableau de la communication nationaliste ne serait pas complet si on n&rsquo;évoquait pas d&rsquo;autres outils comme Radio Courtoisie dont la présentation n&rsquo;est plus à faire, les conférences diverses et variées dont la majeure partie se fait à Paris à la Société d&rsquo;Encouragement à l&rsquo;Industrie Nationale (SEIN), les tracts et autocollants anonymes comme celui provenant de l&rsquo;équipe de l&rsquo;<em>Épervier</em> et dont nous avons déjà parlé dans <em>No Pasaran</em> (cf. ci-dessous) ou les multiples petites structures de communication comme Riwal de Frédéric Châtillon. Le même s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs doté d&rsquo;une autre structure, petite SARL de presse, Unité et Développement d&rsquo;une Vision Symphonique, fondée avec Thomas Lagane, Jildaz Mahé O&rsquo;Chinal et&#8230; Roger Garaudy ! Il est assez amusant de constater que les initiales de la SARL UDVS conviennent tout à fait à un autre sigle comme Union et Défense des Victimes du Sionisme par exemple&#8230; Union et Défense des Victimes du Sionisme qui était le sigle utilisé pour signer les «mystérieuses» grandes affiches apparues en région parisienne en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_13_201" id="identifier_13_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">14</a></sup>. Mais tout ceci n&rsquo;est évidemment que pure coïncidence !</p>
<h3>Les «idiots utiles»</h3>
<p>Cependant, malgré toute cette richesse de publication, certains lecteurs ou lectrices pourraient nous objecter avec raison que cela ne touche que deux nazis trois rasés et que c&rsquo;est donc leur accorder beaucoup d&rsquo;importance. L&rsquo;objection est valable et a d&rsquo;ailleurs été moult fois prononcée. Aussi faut-il nous pencher sur les «idiots utiles». On sait que cette expression fut utilisée par Lénine (un tel mépris ne pouvait d&rsquo;ailleurs venir que de lui !) pour désigner les compagnons de route intellectuels du parti bolchevik puis communiste. Cette notion peut parfaitement s&rsquo;appliquer à un certain nombre de structures qui de façon plus ou moins volontaire servent la soupe aux auteurs nationalistes et donc à leurs idées. Quoi de mieux en effet pour sortir du ghetto que d&rsquo;utiliser des maisons d&rsquo;édition peu ou pas connotées ?</p>
<p>La principale à jouer ce rôle est depuis quelques années l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. C&rsquo;est à l&rsquo;origine une petite maison d&rsquo;édition suisse, fondée en 1966 par un dissident yougoslave ayant fui le régime communiste : Vladimir Dimitrijevic. Pendant 30 ans, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme a fait un énorme travail de diffusion de la littérature slave contemporaine, souvent méconnue du fait des dictatures communistes d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. Puis l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme dérive lentement à partir du début des années 1990 vers un soutien sans faille au nationalisme grand-serbe à la faveur de la guerre civile yougoslave et avec l&rsquo;objectif officiel de «rétablir la vérité». Longtemps proche des catholiques traditionalistes en France, Dimitrijevic se rapproche alors de tous ceux qui affichent leur soutien aux Serbes ou leur opposition à l&rsquo;Islam. Cette orientation se confirme lors du conflit au Kosovo et des bombardements massifs menés par l&rsquo;OTAN en Serbie. De fait, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme est à présent la principale maison d&rsquo;édition de la Nouvelle Droite française, en particulier de sa branche «greciste»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_14_201" id="identifier_14_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du GRECE.">15</a></sup> (Alain de Benoist, Arnaud Guyot-Jeannin, Jean-Claude Albert-Weil, Eric Werner) mais également du courant païen emmené par le Belge Christopher Gerard, proche de la ND dans ses différentes versions (GRECE, Terre &amp; Peuple, Synergies européennes). Gerard est d&rsquo;ailleurs à présent directeur de collection au sein de l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. L&rsquo;antenne française de l&rsquo;éditeur attire enfin autour d&rsquo;elle des personnages fantasques comme Jean Parvulesco, ancien dissident roumain, longtemps proche du GRECE après avoir côtoyé l&rsquo;OAS dans les années 1960 et les milieux nationalistes-révolutionnaires dans les années 1970, ou encore Patrick Gofman, ancien de l&rsquo;OCI passé au nationalisme. Par ailleurs la librairie parisienne est devenue un diffuseur zélé d&rsquo;autres productions comme les livres de Guillaume Faye parus à l&rsquo;Æncre (voir portrait ci-dessous). L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme contribue ainsi à banaliser un petit milieu qui profite de son caractère prestigieux pour toucher un public qui sinon lui échapperait. Le GRECE a en effet ses propres éditions, les éditions du Labyrinthe, mais leur aire d&rsquo;influence ne dépasse guère celle du GRECE, c&rsquo;est-à-dire de moins en moins de monde, et la technique du coucou est donc bien plus rentable pour peu que les auteurs aient un minimum de talent (comme c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le cas).</p>
<p>Autre tactique rentable : prendre carrément le contrôle d&rsquo;une structure existante d&rsquo;apparence neutre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a fait Philippe Randa avec les Éditions Didro. Celles-ci sont une petite structure fondée en 1994 qui édite des revues diffusées en kiosque, traitant essentiellement d&rsquo;Histoire. Composées de plusieurs titres de collection : <em>Boulevard du Crime</em>, <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Aventures de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Le Journal de l&rsquo;Insolite</em> et <em>Dossiers secrets de l&rsquo;Histoire</em> (ces derniers sont dirigés par le Français d&rsquo;origine tunisienne Philippe Aziz, ami de Philippe Randa), les publications gérées par Jacky Perroy permettent à Randa de placer ses écrits et ses amis. <em>Boulevard du Crime</em> est en effet constituée chaque mois par les romans policiers de l&rsquo;auteur Philippe Randa et de son père, ce qui en fait un produit très bon marché pour le rédacteur en chef Philippe Randa. Dans <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em> et le <em>Journal de l&rsquo;Insolite</em>, on retrouve des signatures connues du petit monde «randanien» déjà entrevues précédemment : Jean-Paul Bourre, Henri de Fersan, Guillaume Faye, David Gattegno, Bruno Favrit, Micheline de Peyrebonne, Nicolas Gauthier, Jean-Jacques Matringhem, Christian Bouchet entre autres. Ces monuments de sous-littérature ne servent pas forcément en soi à diffuser des idées même si ces auteurs mettent un malin plaisir à tout placer sur le même plan en ce qui concerne la deuxième guerre mondiale ou si «l&rsquo;insolite» surfe sur un certain racolage, quitte à inventer certaines informations. En revanche, ces collections ont un but alimentaire indéniable et y parviennent car le créneau historique en kiosque se porte assez bien. Sans rouler sur l&rsquo;or, les éditions Didro sont bénéficiaires et complètent leur chiffre d&rsquo;affaire par de la VPC dans laquelle on retrouve les ouvrages publiés par les éditions Deterna et Dualpha. On n&rsquo;est jamais aussi bien servi que par soi-même !</p>
<p>Dernier moyen pour se faire connaître : publier une collection grand public assez anodine pour entrer dans les circuits de diffusion tout en véhiculant une vision du monde spécifique. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont fait les éditions Pardès avec la collection B.A.-BA. Fondée en 1982 par Georges Gondinet, cette maison d&rsquo;édition occupe le créneau assez étroit de la pensée traditionnelle sous tous ses aspects : politique, ésotérique, philosophique, sexuelle&#8230; Même si certains auteurs comme Julius Evola ont un succès qui ne se dément pas chez une fraction du public nationaliste, il est certain que ce type de littérature n&rsquo;est pas susceptible de toucher les masses. Pardès a donc eu l&rsquo;idée de génie de sortir une collection de vulgarisation, à un prix modéré et avec une présentation attrayante tant dans la maquette que dans l&rsquo;iconographie. Cela a donné la collection B.A.-BA : il s&rsquo;agit d&rsquo;une soixantaine de titres qu&rsquo;on peut trouver n&rsquo;importe où et en particulier dans les FNAC. Les thèmes sont tout aussi variés que les auteurs : <em>Les Fées</em>, <em>Les Lutins</em>,<em> La Diététique</em>, <em>Les Templiers</em>, <em>Le Yi King</em>, <em>Les Indo-Européens</em>, etc. Si un certain nombre d&rsquo;auteurs n&rsquo;ont jamais fait parler d&rsquo;eux, on retrouve plusieurs signatures connues pour leur engagement militant dans les sphères nationalistes ou néo-fascistes: Christian Bouchet, Bernard Marillier (militant d&rsquo;UR), Jean-Paul Bourre, David Gattegno, les époux d&rsquo;Apremont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_15_201" id="identifier_15_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf REFLEXes n&deg;51">16</a></sup>, Thierry Jolif, Jean-Paul Ronecker, etc. Au-delà d&rsquo;une certaine neutralité affichée, ces synthèses de qualité inégale diffusent une vision du monde qui ne se caractérise pas par un amour immodéré de l&rsquo;égalité sociale ou de la démocratie libérale. Comme en plus la collection marche bien, c&rsquo;est tout bénéfice pour ces auteurs. La même description pourrait être faite avec les éditions normandes Heimdal, présentes par le passé aux BBR et qui élargissent leur créneau militaria par deux publications diffusées en kiosque : <em>39-45 magazine</em> et <em>Moyen-Age</em>.</p>
<p>Mais un panorama des «idiots utiles» ne saurait prétendre être un tant soit peu complet si on n&rsquo;y ajoutait toutes ces petites maisons d&rsquo;édition droitières qui publient à intervalles plus ou moins réguliers des auteurs nationalistes militants : les éditions Grancher chez qui on retrouve Jean Mabire, Dominique Venner, Thierry Bouzard ou Jean-Paul Ronecker ; les éditions Jean Curutchet, très «Algérie Française» ; Jean Picollec Éditeur chez qui on retrouve Roland Gaucher, Philippe Randa ou des personnages plus flous comme Roland Jacquard ; Guy Trédaniel Éditeur sur le créneau ésotérico-païen ; les éditions des Scyrtes enfin, fondées par le fils de Dominique de Roux et qui ont contribué à lancer Alexandre Del Valle (voir portrait ci-dessous). Enfin on pourrait ajouter à ces éditeurs tous les auteurs qui, à l&rsquo;instar de Gérard de Villiers (le père de SAS) ou Xavier Raufer, véhiculent des thématiques servant objectivement l&rsquo;extrême droite. Toutes ces structures suppléent donc au principal handicap de la communication nationaliste qui est la faible visibilité extérieure au milieu militant et sympathisant.</p>
<p>Mais on ne saurait finir sans faire une remarque évidente : quid de l&rsquo;audiovisuel ? Il sautera en effet aux yeux du lecteur que nous n&rsquo;avons évoqué comme vecteurs de communication que les supports écrits. Cela s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il faut bien constater que l&rsquo;extrême droite est globalement exclue de toute intervention autre qu&rsquo;écrite. Aussi peut-on s&rsquo;interroger sur le rôle de personnages comme Michel Houellebecq ou Bertrand Burgalat. Il n&rsquo;est pas question ici d&rsquo;affirmer que ces deux personnages sont des militants nationalistes puisque ce n&rsquo;est pas le cas. Mais on peut rappeler un certain nombre d&rsquo;éléments troublants. Il est connu que Bertrand Burgalat a été dans les années 1980 un cadre dirigeant du MNR de Jean-Gilles Malliarakis puis de Troisième Voie lorsque le MNR s&rsquo;est agrégé au GUD. Il en a été le représentant à Assas et s&rsquo;occupait de la presse du mouvement. Christophe Bourseiller dressait de lui en 1989 ce portrait complaisant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_16_201" id="identifier_16_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La mouvance n&eacute;ofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier Terre &amp; Peuple. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est d&eacute;solidaris&eacute; de la d&eacute;marche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqu&eacute; Houellebecq en justice pour obsc&eacute;nit&eacute;.">17</a></sup> : <em>«“Je ne suis pas quelqu&rsquo;un de droite et je ne me suis jamais considéré comme quelqu&rsquo;un de droite”. Venant d&rsquo;un des responsables du mouvement Troisième Voie, ces paroles ont quelque chose de surprenant. Mais celui qui les prononce est sans doute l&rsquo;un des plus brillants militants d&rsquo;extrême droite jusqu&rsquo;ici rencontrés. Allons bon ! Bertrand est d&rsquo;extrême droite mais pas de droite. Il appartient à un courant politique en plein développement [on reconnaît là la qualité d'analyse de Bourseiller ! ndlr] qu&rsquo;on pourrait appeler “nationaliste-révolutionnaire de gauche”. Âgé de 25 ans, Bertrand a toutes les caractéristiques du “branché”. Élégant, cultivé, il connaît par cœur les moindres raffinements du rock alternatif et tous les lieux nocturnes de la capitale. Le contraire du fasciste de base. Il habite chez ses parents, dans un gigantesque appartement bourgeois du XVIIe arrdt de Paris. [...] Cet ancien écologiste a rejoint le MNR en 1982. Mais aujourd&rsquo;hui Bertrand milite moins. Il mène une carrière professionnelle dans les milieux du rock</em>.» Burgalat semble en effet avoir abandonné toute activité politique au début des années 1990 et a reconnu son engagement lors d&rsquo;une interview des Inrockuptibles, en considérant que c&rsquo;était une erreur de jeunesse. Il s&rsquo;est reconverti dans l&rsquo;easy listening et son label Tricatel marche du feu de Dieu. Soit. Nous ne pouvons malgré tout nous empêcher d&rsquo;être sceptiques devant cet abandon total de convictions et nous ne serions pas surpris si un jour on apprenait que Burgalat est toujours sympathisant NR et qu&rsquo;il aide financièrement ses anciens amis&#8230; Surtout lorsque c&rsquo;est vers lui que Michel Houellebecq se tourne lorsqu&rsquo;il veut pousser la chansonnette. Houellebecq qui exècre le monde arabe et l&rsquo;Islam et peut être considéré par ses provocations comme l&rsquo;un de ceux qui actuellement fait le plus pour banaliser des points de vue racistes rebaptisés abusivement «politiquement incorrects». Ce n&rsquo;est donc pas pratiquer l&rsquo;amalgame que d&rsquo;exprimer toute notre perplexité face à ces deux personnages qui ont sans doute bien plus en commun que leur simple activité d&rsquo;artistes. Un rôle d&rsquo;idiots utiles par exemple ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_201" class="footnote">L&rsquo;importance de cette question est évidente comme en témoigne la conférence organisée par la revue autrichienne d&rsquo;extrême droite <em>Zur Zeit</em> le 10 novembre dernier avec la crème de l&rsquo;extrême droite européenne et autour du thème «Les médias &amp; les droites».</li><li id="footnote_1_201" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 1992.</li><li id="footnote_2_201" class="footnote">Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs intéressés à des ouvrages traitant de ce point. À titre de rappel, <em>Rivarol</em> a été fondé en 1951, <em>Minute</em> en 1962, <em>Présent</em> en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, <em>National Hebdo</em> en 1984.</li><li id="footnote_3_201" class="footnote">Candidat des chasseurs cette année-là.</li><li id="footnote_4_201" class="footnote">Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a été accusée par Le Pen d&rsquo;être une des bases du complot mégretiste.</li><li id="footnote_5_201" class="footnote">Bleu-Blanc-Rouge : fête annuelle du FN.</li><li id="footnote_6_201" class="footnote">Le rédacteur en chef depuis le début des années 1990, Charles Champetier, a été débarqué du GRECE en fin d&rsquo;année dernière. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il était inévitable qu&rsquo;il soit éliminé comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.</li><li id="footnote_7_201" class="footnote">Groupement de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne, fondé en 1968 et longtemps principal représentant de la Nouvelle Droite en France.</li><li id="footnote_8_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°1 nouvelle série.</li><li id="footnote_9_201" class="footnote">Cf. supplément <em>Méfaits et Documents</em> dans ce numéro de REFLEXes.</li><li id="footnote_10_201" class="footnote">anciens Cf. <em>REFLEXes</em> n°51.</li><li id="footnote_11_201" class="footnote">C&rsquo;est le cas de <em>L&rsquo;assassin sentimental</em> paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la très grande littérature.</li><li id="footnote_12_201" class="footnote">Titre repris à la fin des années 1980 par Roland Helie et qui était dans les années 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.</li><li id="footnote_13_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_14_201" class="footnote">Du GRECE.</li><li id="footnote_15_201" class="footnote">Cf <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_16_201" class="footnote">La mouvance néofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier <em>Terre &amp; Peuple</em>. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est désolidarisé de la démarche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqué Houellebecq en justice pour obscénité.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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