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	<title>REFLEXes &#187; International</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Allemagne : où sont passés les autonomes nationalistes ?</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Apr 2015 07:42:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques années, les autonomes nationalistes étaient en vogue au sein des groupes néonazis allemands refusant de s’affilier à un parti d’extrême droite. En France, on a même vu quelques groupes tenter de s’approprier cette étiquette, mais ils étaient assez rares et peu nombreux. Mais quelques années ont passé depuis 2005, et de moins [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2713" style="width: 398px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/na-3.jpg"><img class=" wp-image-2713" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/na-3-300x225.jpg" alt="Les autonomes nationalistes, version française, lors d'une manifestation à Paris le 12 mai 2011." width="388" height="291" /></a><p class="wp-caption-text">Les autonomes nationalistes, version française, lors d&rsquo;une manifestation à Paris le 12 mai 2011.</p></div>
<p><strong><span style="color: #000000;">Il y a quelques années, les autonomes nationalistes étaient en vogue au sein des groupes néonazis allemands refusant de s’affilier à un parti d’extrême droite. En France, on a même vu quelques groupes tenter de s’approprier cette étiquette, mais ils étaient assez rares et peu nombreux. Mais quelques années ont passé depuis 2005, et de moins en moins de <i>Kameradschaften</i> se revendiquent de ce label. La mode est-elle passée ? Revient-on aux fondamentaux chez les néonazis ? Le modèle a-t-il échoué ou bien a-t-il eu tant de succès qu’il en est devenu inutile ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #333333;">Si l’on en croit de nombreuses brochures publiées en Allemagne contre l’extrême droite, les Autonomes Nationalistes (AN) sont toujours une nouveauté incontournable de la scène néonazie allemande. Ces militants non organisés dans des partis sont décrits ainsi : ils utilisent les méthodes d’apparition du <i>black block</i> en manifestation et adoptent une attitude anti-système, qui cherche à expérimenter sans se laisser scléroser par une théorie et qui est donc orientée vers la pratique militante. Le tout combiné à des symboles piqués à la fois à l’extrême gauche radicale et à la pop-culture.</span></p>
<h4>Le néonazisme dans la crise</h4>
<p>Dans son ensemble, la scène néonazie allemande traverse une crise. Le NPD se débat avec une procédure d’interdiction qui n’en finit pas, des échecs électoraux et des querelles internes. De même, les <i>Freie Kameradschaften</i> sont de moins en moins présentes dans les rues et développent une capacité d’action politique bien inférieure à celle qu’elles avaient ces dernières années. Les manifestations rassemblant plusieurs milliers de néonazis se sont faites de plus en plus rares, sans que cela s’explique seulement par les actions de blocage des antifascistes. Cette crise a frappé également les AN de plein fouet, en tant que composante de la scène des <i>Kameradschaften</i>.</p>
<p>Les groupes qui se font appeler « autonomes nationalistes » ne sont plus que quelques exceptions et ils limitent leur activité à l’animation de leurs sites Internet. L’esprit enthousiaste des débuts a fait long feu. Ce qui passionnait en 2005, comme le dépassement de formes d’action non adaptées à l’époque, et qui promettait l’accès à un public nouveau et plus jeune, n’est plus qu’une vieille lune.</p>
<h4>Du néonazisme non encarté…</h4>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/manif-pegida-dresde.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2712" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/manif-pegida-dresde-300x169.jpg" alt="manif-pegida-dresde" width="300" height="169" /></a>Aujourd’hui, les néonazis ont la possibilité d’avoir une activité de rue précisément là où on n’en attendrait pas de la part de néonazis se revendiquant « autonomes ». Lors des manifestations organisées par l’une ou l’autre branche locale ou régionale de <a href="http://lahorde.samizdat.net/2015/01/12/pegida-lallemagne-islamophobe-par-dizaines-de-milliers/">PEGIDA</a> ou à l’occasion de protestations racistes contre l’installation d’hébergements pour les réfugiés, les néonazis se glissent dans les rangs des manifestants, de façon plus ou moins affichée. Ce nouvel accès à des parties de la population qui, jusqu’alors, n’étaient pas forcément accessibles à la propagande néonazie est l’une des quelques joies qui restent aux néonazis ces derniers mois ; or cela s’inscrit précisément en faux contre le positionnement des AN selon qui le « peuple », qui a subi des lavages de cerveau irréversibles, ne saurait être porteur d’une politique d’opposition et pourrait tout juste en être le décor. D’autant plus que les AN affichent une fidélité ostentatoire au national-socialisme : leurs visages sont masqués, mais pas leur idéologie. Dans les mouvements racistes actuels, c’est l’inverse : les manifestations ont besoin d’un caractère bourgeois ou tout au moins d’une apparence civique. De ce fait, les néonazis qui y participent camouflent leur idéologie, mais pas leurs visages. Les épisodes violents qui ont lieu par exemple à Leipzig autour de LEGIDA (attaques de journalistes et d’opposants à la manifestation raciste par des hooligans et des néonazis organisés gravitant autour des <i>Freie Kräfte)</i> ne renversent pas la tendance ; il s’agit simplement de défouloirs pour les néonazis.</p>
<p>Pour la génération qui lança les AN, être « autonome », cela signifiait essentiellement ne pas appartenir à un parti et rester en quelque sorte indépendant. Ce qu’apportait « l’autonomie », au regard de ce qu’étaient avant les <i>Freie Nationalisten</i>, c’était le fait de pirater le discours de l’extrême gauche ; cela permettait de semer le trouble dans les esprits en brouillant en apparence les frontières idéologiques et en s’appropriant une dimension subversive. Mais les termes repris à l’autonomie l’étaient de façon très sélective : on posait en affichant sa « détermination » et son « opposition au système », mais on se gardait bien d’adopter les discussions plénières, de surmonter la hiérarchie ou de réfléchir sur les rôles attribués selon les sexes.</p>
<div id="attachment_2711" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/KT.jpg"><img class="size-medium wp-image-2711" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/KT-300x125.jpg" alt="À gauche, la Tor déploie une banderole &quot;Pour des espaces politiques, sociaux et culturels libres à Berlin et partout ailleurs&quot;. À droite, un autocollant : &quot;Non au multiculturalisme. Shootons les cultures étrangères.&quot;" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">À gauche, la Tor déploie une banderole &laquo;&nbsp;Pour des espaces politiques, sociaux et culturels libres à Berlin et partout ailleurs&nbsp;&raquo;. À droite, un autocollant : &laquo;&nbsp;Non au multiculturalisme. Shootons les cultures étrangères.&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>« S’organiser sans organisation » à la sauce néonazie, cela n’a été inventé ni par les <i>Freie Kameradschaften</i>, ni par les autonomes nationalistes. Cette nouvelle édition devait servir avant tout à se prémunir contre la répression. Si on ne crée ni parti ni association, on ne risque pas de se faire interdire par l’État. Mais sur la durée, c’est précisément ce qui n’a pas fonctionné. Le concept d’autonomes nationalistes a ainsi été porté sur les fonts baptismaux par la <i>Kameradschaft</i> <i>Tor</i> de Berlin en 2004, et un an après, en mars 2005, la <i>Tor</i> était interdite, montrant par là-même que l’étiquette AN ne protégeait pas des interdictions. Depuis, de nombreux groupes ont été visés par une interdiction à travers toute l’Allemagne. Dernière en date, l’interdiction en décembre 2014 des autonomes nationalistes de Göppingen.</p>
<h4> … au néonazisme des partis</h4>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Der-dritte-Weg-Wunsiedel.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2704" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Der-dritte-Weg-Wunsiedel-300x225.jpg" alt="Der-dritte-Weg-Wunsiedel" width="300" height="225" /></a>Parallèlement à cela, on a pu remarquer depuis quelques années la formation de tout petits partis, émergeant des ruines de la Deutsche Volksunion (DVU) et se préparant à la possible interdiction du NPD. Ainsi, on a vu la naissance de <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/06/25/allemagne-lavenir-allemand-dans-limpasse/">Die Rechte</a> en 2012, principalement localisée dans la région de la Ruhr où elle a massivement recruté chez les autonomes nationalistes, pourtant <i>a priori</i> hostiles à prendre leur carte dans un parti. Ce sont les mêmes motivations qui ont présidé en 2013 à la naissance du parti « <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/06/25/allemagne-lavenir-allemand-dans-limpasse/">Der III. Weg </a>», en anticipation de l’interdiction (qui eut effectivement lieu peu de temps après) d’un réseau de petits groupes autonomes, appelé Freies Netz Süd, en Bavière.</p>
<h4>Une nouvelle dynamique et une volonté d’expérimenter</h4>
<p>Le seul vrai mérite des autonomes nationalistes est leur capacité à expérimenter, capacité qu’ils n’ont probablement pas programmée comme telle, mais qui s’est auto-alimentée. Telle est la fonction qu’ont indéniablement eu les AN dans la scène néonazie. Ils sont parvenus à dépoussiérer le néonazisme, en abandonnant la coupe façon Jeunesse hitlérienne et le look des gros bœufs naziskins. Avec les autonomes nationalistes, un pont a été jeté entre les besoins d’un mouvement politique et une scène culturelle jeune et connectée. Les jeunes (et jeunes adultes) d’extrême droite ont pu participer aux manifs et autres activités sans être (comme autrefois) accablés par tout un tas de règles concernant leur comportement et leur façon de s’habiller.</p>
<div id="attachment_2708" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Halbe-90er.jpg"><img class="size-medium wp-image-2708" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Halbe-90er-300x200.jpg" alt="Dans les années 1990…" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Dans les années 1990…</p></div>
<p>Alors qu’il était impensable de s’habiller autrement qu’en chemise brune lors des premières marches en mémoire de Rudolf Hess à Wunsiedel, l’image contre-culturelle de la scène a fini par être acceptée, même pour ce genre de défilés solennels. Cela n’a donc gêné personne que certains soient en survêtement à Dresde ou à Magdebourg. Savoir adapter son style vestimentaire, c’était façon de s’ouvrir à une culture jeune sans pour autant être obligé d’abandonner la référence au national-socialisme historique.</p>
<p>De même, ce sont les AN qui ont systématiquement introduit les différentes nouvelles formes de propagande dans la scène néonazie, comme les blogs, les vidéos sur YouTube et l’activisme sur Facebook. Du point de vue culturel, ils ont lancé de nouvelles dynamiques et ont permis d’ouvrir l’extrême droite radicale à d’autres cultures de jeunesse, ce qui a également eu des répercussions en termes politiques. Le « hardcore national-socialiste » et le rap néonazi ont pu s’établir et le style de vie <i>straight edge</i> ainsi que le graffiti comme art de propagande ont fait leur entrée en scène. Ce sont les AN qui se sont chargés de faire le lien entre la culture et la politique. On a vu ainsi à maintes reprises des mots d’ordre ou des thématiques de l’extrême gauche recyclés les AN, ce qui déclencha (à la grande joie des fachos) beaucoup de confusion. Ce faisant, les AN n’y sont pas allés de main morte. On peut ne pas toujours tomber d’accord sur la valeur émancipatrice de certaines analyses anti-impérialistes, mais on peut facilement reconnaître la patte de l’antisémitisme national-socialiste dans l’anti-impérialisme diffusé dans les « manifestations pour la paix » par les autonomes nationalistes de Dortmund. Et cela, ils l’ont ouvertement concédé, sans en faire aucunement mystère ni tenter de le camoufler.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Casquette-NA.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-2703" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Casquette-NA.jpg" alt="Casquette NA" width="431" height="221" /></a>Mais là où la volonté d’expérimenter des AN a dépassé les bornes, c’est précisément là où elle s’est fait stopper net : chiper les symboles, d’accord, mais on a fini par leur dire d’arrêter de venir aux manifs avec leurs drapeaux antifas.</p>
<div id="attachment_2714" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/npd_schmidke_imago.jpg"><img class="size-medium wp-image-2714" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/npd_schmidke_imago-300x150.jpg" alt="Sebastian Schmidtke" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Sebastian Schmidtke</p></div>
<p>Les autonomes nationalistes avaient-ils vécu ? Pas tout à fait. Peut-être que le label de « nationalisme autonome » va disparaître, mais le style AN continue d’être particulièrement attractif. Il s’est même étendu à toute la scène. Rien qu’à Berlin, l’autonome nationaliste Sebastian Schmidtke est devenu dès 2012 le leader régional du NPD. Les autonomes nationalistes permettent que coexistent des choses qui semblent inconciliables. Ainsi, Schmidtke en costard a pu (et peut toujours) jouer au politicien et à côté de cela se remettre à son ancien passe-temps, l’anti-antifa, avec les vieux réseaux du groupe autonome <i>Nationaler Widerstand Berlin</i>. D’un point de vue musical, le rap a pu s’installer durablement dans la scène néonazie.</p>
<div id="attachment_2706" style="width: 246px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Enrico-Schottstädt_mit_Villian_und_Aestus_17.11.2014.jpg"><img class=" wp-image-2706" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Enrico-Schottstädt_mit_Villian_und_Aestus_17.11.2014-300x208.jpg" alt="À gauche, Patrick Killat, aka Villain 051." width="236" height="163" /></a><p class="wp-caption-text">À gauche, Patrick Killat, aka Villain 051.</p></div>
<p>Lors des manifestations anti-réfugiés à Berlin, la musique diffusée était presque toujours exclusivement du rap, et en tête de manif, on pouvait voir Patrick Killat, qui s’était produit en live pendant les manifs des HoGeSa sous le nom de « Villain 051 ». Or, ni ces manifestations ni ce vieux hooligan de « Villain 051 » ne sont autonomes : mais sans l’impulsion donnée par les AN les années précédentes, les manifestations racistes qui ont marqué l’actualité allemande cet hiver auraient très certainement eu un autre visage.</p>
<h4>Les autonomes nationalistes 2.0 ?</h4>
<div id="attachment_2709" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Harlkem_shake_NA.jpg"><img class="size-medium wp-image-2709" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Harlkem_shake_NA-300x170.jpg" alt="Harlem Shake des JN de Magdebourg." width="300" height="170" /></a><p class="wp-caption-text">Harlem Shake des JN de Magdebourg.</p></div>
<p>Ce que de nombreux journalistes ont mis en avant ces derniers temps sous le nom de « Nipster » (= Nazi-Hipster), n’est <i>a priori</i> qu’un avatar des autonomes nationalistes, du moins dans le style. Les Nipster sont depuis 2014 une sorte de fantôme qui est dans l’air depuis la parution d’un article dans le magazine américain de la pop, <i>Rolling Stone</i>. Cet article avait donné un écho important aussi bien aux activités du néonazi bavarois Patrick Schröder (de la chaîne Internet FSN-TV), qu’au harlem shake publié par les <i>Junge Nationaldemokraten</i> de Magdebourg ainsi qu’à l’émission de cuisine « nationaliste » <i>Balaclava Küche</i> (cagoule en anglais) diffusée sur YouTube.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Baclava-Küche.jpg"><img class=" size-medium wp-image-2702 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Baclava-Küche-260x300.jpg" alt="Baclava Küche" width="260" height="300" /></a>En France, <i>Libération</i> s’en est également fait l’écho en novembre 2014, sans faire le lien avec la mouvance des autonomes nationalistes, préférant le pittoresque de <i>Balaclava Küche</i>, dont les deux animateurs, cagoulés bien sûr, diffusent leur idéologie en offrant des plats vegans à leurs invités (des fachos plus ou moins connus) : il est question de produits régionaux, « bios si possible », qu’il vaut mieux acheter plutôt que les « saloperies de Nestlé, de Coca-Cola, de Kraft, d’Unilever et d’Israël ».</p>
<p>Tout cela correspond bien à ce qu’on sait du principe des AN, qui s’est juste paré d’un nouveau label. En gros, ce sont les autonomes nationalistes 2.0. Chez les premiers autonomes nationalistes, la différence affichée et la provocation jouaient un rôle, y compris dans leurs propres rangs. Or aujourd’hui, il y a une génération de néonazis qui se sont socialisés avec les AN et qui, lorsqu’ils arrivent dans la scène néonazie, ne font plus scandale lorsqu’ils se livrent à des expérimentations de ce genre. On peut même remarquer une étincelle d’auto-ironie ici ou là. Pour autant, cela ne signifie absolument pas un abandon des repères idéologiques du national-socialisme.</p>
<p>Le label AN est peut-être alors en train de disparaître parce qu’il est seulement victime de son succès. Dans la politique du symbole, les AN ont laissé des traces dont on ne peut pas se débarrasser. Ils ne brandissent plus l’emblème de l’antifa, mais on peut voir de nombreuses variations autour du logo rond aux deux drapeaux dans les apparitions publiques des néonazis. Cette façon de s’accaparer les nouveaux médias, de s’approprier les cultures de jeunesse ou encore de se montrer curieux ou prompts à essayer des choses nouvelles, c’est la marque de fabrique des AN. Et c’est entre temps devenu une habitude tout à fait intégrée par la scène néonazie.</p>
<p>Si, par le biais de développements politiques actuels devaient se profiler de nouvelles occasions pour un néonazisme prêt à l’affrontement et focalisé sur l’action de rue, les « vieux » autonomes nationalistes seraient certainement nombreux à refaire surface, tandis que de plus jeunes seraient ravis de les suivre en apportant leurs idées à eux. Le potentiel est là, n’en doutons pas.</p>
<p style="text-align: right;"><em><strong>D’après </strong></em><a href="https://www.antifainfoblatt.de"><strong>Antifaschistisches Infoblatt</strong></a><em><strong>, numéro 106, printemps 2015</strong></em></p>
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		<title>Le GUD se fait voir chez les Grecs !!!</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Oct 2010 19:19:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le GUD a récemment donné une interview à la section grecque de Blood &#38; Honour pour le numéro d&#8217;octobre de sa revue, et dont la couverture ci-dessous vous laisse deviner le contenu !! On y apprend, entre autres, qu’ils vont passer en procès en mars 2011 pour violence contre des manifestants antifascistes, qu&#8217;ils sont une trentaine1 [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le GUD a récemment donné une interview à la section grecque de Blood &amp; Honour pour le numéro d&rsquo;octobre de sa revue, et dont la couverture ci-dessous vous laisse deviner le contenu !!</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/bhh28.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1481" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/bhh28-724x1024.jpg" alt="bhh28" width="474" height="670" /></a></p>
<p>On y apprend, entre autres, qu’ils vont passer <a href="http://solidarite.samizdat.net/spip.php?article267" target="_blank">en procès en mars 2011</a> pour violence contre des manifestants antifascistes, qu&rsquo;ils sont une trentaine<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-gud-se-fait-voir-chez-les-grecs/#footnote_0_467" id="identifier_0_467" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui correspond &agrave; ce qui avait pu &ecirc;tre&nbsp;observ&eacute; lors du 9 mai 2010">1</a></sup> et qu&rsquo;ils auraient une centaine de sympathisants<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-gud-se-fait-voir-chez-les-grecs/#footnote_1_467" id="identifier_1_467" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un chiffre qui est d&eacute;j&agrave; moins cr&eacute;dible">2</a></sup>, que leur principal objectif serait d&rsquo;avoir un siège aux prochaines élections universitaires à Assas.</p>
<p>Ce qui est intéressant c’est l’identité du gudard qui a répondu aux questions du zine nazi. Au vu des réponses, on imagine qu’il s’agit sans doute de Baptiste Coquelle. Il n’y a que lui pour affirmer que seules des organisations comme Blood &amp; Honour et les Hammerskins peuvent réellement changer les choses en Europe.</p>
<div id="attachment_1482" style="width: 501px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/historiens-bea34.jpg"><img class="size-full wp-image-1482" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/historiens-bea34.jpg" alt="Baptiste entouré de ses amis historiens et autres poètes" width="491" height="498" /></a><p class="wp-caption-text">Baptiste entouré de ses amis historiens et autres poètes</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Jeune skin néo-nazi de 25 ans venant du Nord, Baptiste avait tenté il y a quelques années de créer une section officielle B&amp;H à Lille en se faisant parrainer par une section hollandaise. Auparavant il avait monté, avec certains de ses camarades, une organisation de soutien aux prisonniers politiques blancs, Résistance-POW. L’histoire s’était mal terminée sur une sombre histoire de détournement d’argent issu de la vente de t-shirts et d’écharpes conçus pour l’occasion.<br />
Baptiste avait également participé au <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-1er-mai-les-cons-osent-tout/">rassemblement foireux</a> « NS Skinhead » du 1er mai 2006 à Paris en marge du cortège du FN.</p>
<p>Travaillant depuis quelques années sur Paris pour Vendome Sécurité<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-gud-se-fait-voir-chez-les-grecs/#footnote_2_467" id="identifier_2_467" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Prenant la suite de Normandy S&eacute;curit&eacute;, Vendome a fait parler d&rsquo;elle r&eacute;cemment dans la presse en remportant l&rsquo;appel d&rsquo;offre pour le 104, nouveau lieu culturel de la mairie de Paris, ou lors de la venue de Sarkozy &agrave; l&rsquo;Ecole Militaire pour un colloque en mars 2009 ; &agrave; l&rsquo;&eacute;poque certains s&rsquo;&eacute;taient &eacute;tonn&eacute;s de voir la s&eacute;curit&eacute; du pr&eacute;sident assur&eacute; par une telle soci&eacute;t&eacute;">3</a></sup>, la société d&rsquo;Axel Lousteau, lui-même ancien gudard de la génération Chatillon dont il est resté très proche<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-gud-se-fait-voir-chez-les-grecs/#footnote_3_467" id="identifier_3_467" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="on les verra r&eacute;guli&egrave;rement ensemble autour de Soral ou de Dieudonn&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es. Notamment pour ce dernier lors d&rsquo;une manif de soutien au peuple palestinien durant l&rsquo;op&eacute;ration &laquo; Plomb durci &raquo; en janvier 2009, ils accompagneront Dieudo lors de son intervention au micro du Collectif Cheick Yassine, collectif qui put profiter de l&rsquo;ampleur des manifestations (80 &agrave; 100.000 personnes &agrave; Paris pour celle du 15 janvier) pour s&rsquo;incruster l&agrave; o&ugrave; normalement ils sont d&eacute;clar&eacute;s persona non grata">4</a></sup>, il s&rsquo;y fera vite de nouveau amis parmi ses collègues.<br />
On pense notamment à Sébastien V., membre du FN et de son service d&rsquo;ordre le DPS, Sébastien se trouve être, tout comme Baptiste, un féru d&rsquo;histoire, ou disons plutôt D&rsquo;UNE histoire. En effet ce dernier n&rsquo;a pas hésité a se faire tatouer le blason de la Division Charlemagne sur l&rsquo;épaule et mieux encore son groupe sanguin sous le bras<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-gud-se-fait-voir-chez-les-grecs/#footnote_4_467" id="identifier_4_467" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&eacute;thode utilis&eacute; par les Waffen SS durant la guerre afin de faciliter les interventions m&eacute;dicales sur le front">5</a></sup>. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/Charlemagne.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1483" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/Charlemagne.jpg" alt="Charlemagne" width="600" height="399" /></a><br />
Mais comme on le dit si bien : « ça » c&rsquo;est autre histoire !</p>
<p>Finalement, Baptiste Coquelle rejoindra l’année dernière le tout nouveau GUD « 2010 » du jeune Edouard Klein, lui ramenant ainsi ses contacts et réseaux B&amp;H. Contacts qui manquaient certainement au petit Edouard, puisque ce dernier fréquentait plutôt, il y a quelques années de cela, de jeunes skins d&rsquo;extrême gauche de la mouvance antifasciste radicale, avant certainement de se rappeler qu&rsquo;il était censé être le digne héritier d&rsquo;une famille de nationalistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-gud-se-fait-voir-chez-les-grecs/#footnote_5_467" id="identifier_5_467" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir &agrave; ce sujet les articles de l&rsquo;Action Antifasciste Paris et celui des&nbsp;Inrocks">6</a></sup></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_467" class="footnote">Ce qui correspond à ce qui avait pu être <a href="http://reflexes.samizdat.net/9-mai-2010-de-jeanne-darc-a-deyzieu-une-meme-occupation/">observé lors du 9 mai 2010</a></li><li id="footnote_1_467" class="footnote">Un chiffre qui est déjà moins crédible</li><li id="footnote_2_467" class="footnote">Prenant la suite de <a href="http://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/">Normandy Sécurité</a>, Vendome a fait parler d&rsquo;elle récemment dans la presse en remportant l&rsquo;appel d&rsquo;offre pour le 104, nouveau lieu culturel de la mairie de Paris, ou lors de la venue de Sarkozy à l&rsquo;Ecole Militaire pour un colloque en mars 2009 ; à l&rsquo;époque certains s&rsquo;étaient étonnés de voir la sécurité du président assuré par une telle société</li><li id="footnote_3_467" class="footnote">on les verra régulièrement ensemble autour de Soral ou de Dieudonné ces dernières années. Notamment pour ce dernier lors d&rsquo;une manif de soutien au peuple palestinien durant l&rsquo;opération « Plomb durci » en janvier 2009, ils accompagneront Dieudo lors de son intervention au micro du Collectif Cheick Yassine, collectif qui put profiter de l&rsquo;ampleur des manifestations (80 à 100.000 personnes à Paris pour celle du 15 janvier) pour s&rsquo;incruster là où normalement ils sont déclarés <em>persona non grata</em></li><li id="footnote_4_467" class="footnote">Méthode utilisé par les Waffen SS durant la guerre afin de faciliter les interventions médicales sur le front</li><li id="footnote_5_467" class="footnote">voir à ce sujet les articles de l&rsquo;<a href="http://aafparis.over-blog.com/article-facultes-du-mouvement-a-l-extreme-droite--43988195.html" target="_blank">Action Antifasciste Paris</a> et celui des <a href="http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/46262/date/2010-06-22/article/le-gud-veut-reprendre-pied-a-assas/" target="_blank">Inrocks</a></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le NSDAP-AO à l&#8217;assaut de l&#8217;Europe</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 16:20:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en janvier 1994 dans le n° 41 de la revue REFLEXes) Pour l’année 1992, l’Office de protection de la Constitution allemande (Bundesverfassungsschutz, BvS) a recensé 2584 actes violents à caractère raciste. Ces 2584 actes violents se décomposent en 15 assassinats, 14 attentats à la bombe, plus de 700 incendies criminels, et 725 coups [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2310" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-1024x333.jpg" alt="NSDAP-AO" width="600" height="196" /></a></p>
<p><em><strong>(Article publié en janvier 1994 dans le n° 41 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>Pour l’année 1992, l’Office de protection de la Constitution allemande (Bundesverfassungsschutz, BvS) a recensé 2584 actes violents à caractère raciste. Ces 2584 actes violents se décomposent en 15 assassinats, 14 attentats à la bombe, plus de 700 incendies criminels, et 725 coups et blessures… Le nombre d’actes violents a augmenté de 74% par rapport à 1991. Les cibles de ces attentats sont des étrangers, des demandeurs d’asile en particulier, mais aussi des juifs, des sans-abris, des handicapés et des militants antifascistes. Pour le BvS, ces violences ne viennent pas automatiquement des groupes et groupuscules néo-nazis, ces actes semblent prémédités, condamnables mais imputables à des individus marginaux et isolés.<br />
Une violence très bien organisée<br />
Malgré le nombre plus qu’inquiétant de violences racistes, le gouvernement persiste dans une attitude anti-alarmiste, qui participe elle-même d’une poussée vers la droite que l’on peut observer chez les dirigeants, les journalistes et chez certains intellectuels allemands. On assiste en effet à tout un processus pour en finir avec le passé nazi allemand, processus qui prend une acuité nouvelle après la fin de la RDA et avec l’approche de la réunification. Divers journalistes présentent une relativisation du nazisme et de ses exactions en les intégrant à l’ensemble des crimes de guerre : «L’extermination des Juifs par Hitler [n’a été] que la répétition de ce principe de terreur que l’Union soviétique avait commencé par appliquer»1. Cette pseudo-comparaison leur permet même d’arriver à la conclusion suivante : «Dès lors, sous cet angle, Auschwitz se réduit à une simple innovation technique»2. Ce genre d’affirmations s’insère dans le cadre de la guerre froide et de l’anticommunisme virulent qui sévissait en Allemagne (cf. les Berufsverbote). Après la réunification, les journalistes vont plus loin, dans le souci de faire disparaître la culpabilité des Allemands : «Auschwitz ne restera pas cette formule ensorcelée qui plonge instantanément les Allemands dans une auto-contemplation douloureuse»3, et parfois même, la «comparaison» entre hitlérisme et communisme va plus loin : «[à propos du passé de la RDA] cette injustice ne peut ni disparaître dans la satisfaction qu’inspire la réunification, ni être relativisée par la comparaison avec le national-socialisme»4 ; un renversement s’est opéré entre le comparant et le comparé. À côté de cela, on assiste même à une véritable falsification de l’histoire ; des journalistes très en vue vont jusqu’à reconsidérer le régime hitlérien, lui accordant certains bienfaits : «l’émancipation» de la femme (!) et le fait que Hitler était «indubitablement socialiste – et qui plus est un socialiste très efficace»5. Mais les journalistes ne sont pas les seuls à se déchaîner, le chancelier Helmut Kohl a aussi fait des siennes lorsqu’il a proposé à Reagan en visite officielle de se rendre au cimetière militaire de Bitburg où sont enterrés des SS avec des soldats de la Wehrmacht : les bourreaux deviennent des victimes.<br />
La véritable question qui est posée est en fait celle de l’identité allemande : «Nous devons sortir de l’atmosphère toxique d’Adolf Hitler. Nous devons cesser d’être un peuple qui marche l’échine courbée, le cancre de l’histoire mondiale, nous devons avoir la démarche droite de citoyens conscients, fiers d’être allemands»6.<br />
C’est justement cette poussée vers la droite de la société allemande (car il ne s’agit pas seulement de l’intelligentsia, cf. les violences racistes) qui permet de comprendre la confiance toute relative qu’il convient d’accorder au BvS. Non qu’il triche de façon flagrante sur les chiffres, mais il fait plutôt une interprétation plus que contestable de la montée de l’extrême droite en Allemagne. C’est encore une fois dans les médias que cela est le plus sensible. Ainsi, dans le Spiegel, des sociologues tentent d’expliquer les causes des violences racistes : il s’agit pour eux de la protestation d’une jeunesse désorientée, sans travail ni logement la plupart du temps et qui n’a pas d’arrière-plan d’extrême droite : «C’est une grave erreur que de mettre les émeutes actuelles dans le même sac que l’extrémisme de droite»7. En 1991, après le pogrome de Hoyerswerda, le Spiegel titre «La ruée des pauvres – réfugiés – émigrés – demandeurs d’asile». À côté de cela, et toujours très lié à la question de l’identité allemande se pose le «problème» du droit d’asile. Ainsi, avant septembre 1992 (traité entre l’Allemagne et la Roumanie pour l’expulsion des Tziganes), Kohl avait même parlé d’une menace d’état d’urgence, non pas à cause des attaques dont les étrangers étaient (et sont encore aujourd’hui) les victimes, mais à cause de l’afflux d’étrangers : il s’agissait du «risque d’une crise de confiance profonde envers notre État démocratique» parce que «l’afflux des étrangers [avait] dépassé le seuil du supportable». La responsabilité du gouvernement et des médias allemands dans ces violences racistes est donc prouvée : 37% des Allemands estiment que «les Allemands doivent se défendre contre les étrangers», 51% approuvent le slogan «L’Allemagne aux Allemands» et 26% «Étrangers dehors»8.<br />
Enfin, pour finir, à la fin de l’automne 1992, le gouvernement allemand est persuadé qu’il n’existe aucun «indice» permettant d’affirmer que ces violences racistes sont le fait d’une extrême droite organisée : lors des procès, les motifs invoqués sont la désorientation, l’alcool et la provocation de l’étranger9. Un seul exemple, Hoyerswerda : une circonstance atténuante est accordée aux accusés, leur irresponsabilité aux moments des faits, «en raison de leur consommation d’alcool». Par ailleurs, les juges n’estiment pas «[avoir] à juger la dimension politique de leur manière de procéder».<br />
<em><strong>Opération «Werwolf»</strong></em><br />
Depuis quelques mois circule en Allemagne sur une disquette PC un petit manuel du militant, en quelque sorte, réalisé par le NSDAP-AO (parti d’extrême droite interdit en Allemagne car il vise à la reconstruction du NSDAP). Il est constitué de divers éléments : on trouve tout d’abord des fichiers de la forme After-Dark (économiseur d’écran) copies-conformes du drapeau du IIIème reich, agrémenté de slogans anti-étrangers, anti-immigrés, antisémites, parfois écrits en lettres gothiques (quel cachet !). Après quelques indications sur la façon de lancer ce programme, on trouve un message de bienvenue de l’auteur Bertram Scharpf (Waiblinger Straße 34, D-W-7056-2 Endersbach) : il s’agit de relancer l’écriture gothique ou écriture «allemande» (il se propose de commercialiser une police gothique) et à cette fin, il donne quelques règles d’écriture à ceux qui seraient éventuellement intéressés. Encore quelques indications techniques et nous arrivons au manuel en lui-même : il s’intitule Eine Bewegung in Waffen, ce qui signifie un mouvement en armes, et se propose de donner au lecteur quelques rudiments en ce qui concerne la fabrication d’explosifs en tout genre, tout cela sous le patronage de la maison d’édition Horst Wessel.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-1.jpg"><img class="alignleft wp-image-2311 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-1-300x232.jpg" alt="NSDAP-AO-1" width="300" height="232" /></a></p>
<p>Le groupe qui a réalisé ce manuel est l’organisation «Werwolf» (loups-garous, cf. page 15); ce nom est fortement connoté puisque c’est le nom que s’étaient donnés les opposants nazis à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais revenons au manuel : on lit tout d’abord une sorte d’avertissement sur le danger de fabriquer des bombes (!), sur le fait que leur utilisation est illégale, que les informations qu’ils livrent sont uniquement indicatives et que l’organisation «Werwolf» décline toute responsabilité par rapport à une éventuelle mésutilisation de ces informations. L’avertissement se clôt sur le chant des partisans baltes, commencent ensuite les recettes de fabrication : grâce à ce manuel, le lecteur peut confectionner des bombes incendiaires (des cocktails molotovs, entre autres, car c’est pratique, les ingrédients sont faciles à trouver, sic !), il y en a même certaines qu’on peut faire dans un préservatif. Autrement, il y a des bombes fonctionnant par réactions chimiques, d’autres à retardement ; la dernière étape de chaque «recette» est «Prêt pour l’utilisation!». Il est clair qu’il s’agit plus ou moins d’une incitation à utiliser ces bombes et on peut faire le rapprochement avec le grand nombre d’incendies provoqués par des cocktails molotovs l’année passée et cette année. Il y a également à la fin des formules pour savoir quelle bombe employer pour faire sauter tel ou tel matériau – sans commentaire.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-2.jpg"><img class="alignright wp-image-2312 size-large" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-2-453x1024.jpg" alt="NSDAP-AO-2" width="453" height="1024" /></a><br />
<em><strong>Un «führer» américain</strong></em><br />
Cette disquette informatique est signée à plusieurs reprises NSDAP-AO (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei — Auslands- und Aufbauorganisation, Parti national-socialiste allemand des ouvriers — organisation extérieure et constitutive). Cette organisation a été fondée par Gary Rex Lauck qui la dirige toujours. Gary Lauck est né en 1953 à Milwaukee, Wisconsin. Selon Lauck, il avait 11 ans quand il fut pour la première fois conscient de sa race. À 13 ans, il lisait Mein Kampf, et à l’âge de 18 ans, il commença à s’appeler Gerhard, la traduction allemande du prénom Gary10. Lauck n’a dans sa famille aucun antécédent allemand, mais il apprend l’allemand, qu’il parle aujourd’hui couramment : il parle même anglais avec un faux accent allemand. Lauck devient actif dans les cercles néo-nazis. Peu de temps après, il fonde le NSDAP-AO à Lincoln dans le Nebraska, où il est toujours basé aujourd’hui, bien que certaines sources indiquent qu’il a été fondé en Allemagne en 197311. Lauck est marié avec une femme d’origine croate, Janina Biresa, qui travaille dans une nurserie. Ils vivent aujourd’hui à Syracuse dans le Nebraska. Auparavant, ils vivaient à Chicago et son père Franck Lauck, qui est mort récemment, faisait suivre le courrier du NSDAP-AO à partir de Lincoln, qui était la seule adresse publiée.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-3.jpg"><img class="alignleft wp-image-2313" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-3.jpg" alt="NSDAP-AO-3" width="337" height="254" /></a><br />
Lauck travaille chez lui. Il a un frère et une sœur jumeaux : en 1979, il est jugé pour avoir tiré sur son frère pendant une dispute familiale à propos de sa soeur. Par ailleurs, Lauck use des pseudonymes suivants : Karl Hammer et F. Hansing.<br />
Le 25 mars 1976, Lauck est arrêté à Mayence par la police allemande qui saisit près de 30 000 tracts néo-nazis. Il avait été placé sous surveillance depuis 1974 par la police allemande, lorsqu’il avait fait un discours antisémite très violent. Il fut condamné à six mois de prison et expulsé aux États-Unis afin de finir sa peine de prison12. Il demeure interdit de séjour en Allemagne, deux exceptions furent cependant faites à ces règles ; la première fois en 1979, où il fut autorisé à témoigner au procès de Michael Kühnen et en 1992 pour témoigner encore une fois à un procès de néo-nazis à Stuttgart. À plusieurs moments, il semble qu’il se soit rendu en Allemagne clandestinement13. Après un bref séjour à Lincoln Nebraska, il est retourné en Europe à plusieurs reprises afin d’établir des contacts internationaux avec des camarades sympathisants. Il prit contact avec la CEDADE, Ordine Nuovo, le National Front et d’autres, et organisa une tournée de meetings, résultat de la signature d’un accord avec ces groupes à Londres le 26 septembre 1976. Cet accord avait pour but de renverser les lois antiracistes et antinazies dans un certain nombre de pays européens. Apparemment, Lauck envoie assez irrégulièrement de l’argent en Allemagne par l’intermédiaire d’une banque suisse. Il vit de son service de vente par correspondance de propagande nazie à travers une compagnie : RJC Engineering Inc, qui est aussi basée à Lincoln Nebraska.<br />
Le NSDAP-AO est le descendant officiel du parti nazi allemand. Ce parti focalise ses activités vers l’Allemagne, et Lauck fournit les néo-nazis allemands en propagande, autocollants, drapeaux, livres, K7, vidéos, et argent. Il apporte aussi soutiens et contacts. L’importance du NSDAP-AO ne doit pas être sous-estimée. Selon le premier amendement de la Constitution américaine, la libre expression est un droit garanti et par conséquent le parti est légal. En Allemagne et dans beaucoup de pays européens, un parti ouvertement nazi est interdit. La littérature néo-nazie est imprimée légalement aux États-Unis mais sa distribution en Allemagne est illégale. C’est pourtant par la poste qu’arrive en Allemagne cette propagande.<br />
<em><strong>Une organisation internationale</strong></em><br />
Le journal officiel du NSDAP-AO The New Order est publié en neuf langues : anglais, français, espagnol, portugais, hongrois, suédois, néerlandais, allemand et italien. La plupart des éditions étrangères sont en fait des traductions de la version américaine. La date sur les journaux est toujours suivie par un chiffre entre parenthèses, le nombre d’années écoulées depuis la naissance de Hitler. Ainsi, le numéro 98 du New Order est daté May/June 1992 (103). Aux États-Unis, New Order est lié au KKK et aux groupes terroristes comme The Order. Le numéro 82 du New Order était dédié à David Lane, un ancien activiste du Klan et un membre de The Order qui purge une peine de 150 années pour meurtre, vol et autres crimes.<br />
Lauck réalise par ailleurs un programme de télévision intitulé Race and Reason qui est diffusé à Tampa, Floride. Un numéro récent de son journal télévisé montrait la Brigade Jacques Doriot de Michel Faci en action en Croatie. Un autre programme télé intitulé White Viewpoint a été lancé à Tampa, un troisième à Chicago. Les K7 de ces programmes télé sont envoyées à différentes stations dans l’espoir qu’elles soient diffusées ; la loi américaine permet que ce genre de programme soit diffusé bien qu’il doive y avoir un avertissement avant la projection.<br />
On trouve des organisations liées au NSDAP-AO dans différents pays européens. En Grèce, le NSDAP-AO est en contact avec une organisation national-socialiste née en 1981 sous le nom de Golden Dawn, qui publie un mensuel. En Suède à Malmö, c’est Lars Göran Hedengard, l’éditeur de Sveriges Nationella Förbund, qui a fondé le Nordic National Socialist Bloc avec les terroristes du réseau suédois Storm et leurs contacts norvégiens du Vitt Ariskt Motstånd. Au Danemark, Riis-Knudsen, leader du parti nazi danois le DNSB, a été expulsé de son parti. Il était depuis 20 ans un des piliers du World Union of National Socialists, le principal rival du NSDAP-AO. La section danoise de la WUNS a donc rejoint le NSDAP-AO et publie Fœdrelandet14. En Hongrie, le principal contact de Gary Lauck est Istvan Györkös, le leader du Groupe d’action national-socialiste hongrois. Györkös a été arrêté en juillet 1992 pour possession d’armes. Il a été arrêté peu de temps après le néo-nazi autrichien Gottfried Küssel. Le journal du groupe, Uj Rend (Ordre nouveau), est financé et imprimé par Lauck. Récemment, un ordinateur d’une valeur de 10 000 dollars a été envoyé des États-Unis à Györkös pour l’aider. Györkös revendique pour son magazine plusieurs milliers d’abonnés, et il a remercié Lauck de lui avoir permis d’établir des contacts en Australie, en Suède et au Danemark. La Hongrie est considérée par Lauck comme une cible clé. Le NSDAP-AO finance par ailleurs une publication russe intitulée Our March, publiée par Ilya Lazarecki et son groupe l’Union de la jeunesse russe qui est basé à Moscou.<br />
<em><strong> Kühnen, l’homme du NSDAP-AO en Allemagne</strong></em><br />
L’Allemagne est en fait le noyau central du NSDAP-AO, car c’est le pays où l’on trouve le plus de militants et d’organisations qui lui sont liées. Le NSDAP-AO étant interdit, il fonctionne par le biais «d’organisations-écrans» ou organisations avancées qui servent à former des cadres prêts à assumer les hautes responsabilités au sein du NSDAP, s’il venait à se reformer. Il n’y a donc pas un seul groupe correspondant du NSDAP-AO en Allemagne, mais une multitude, selon les interdictions gouvernementales. En revanche, les hommes «restent» et on retrouve en effet toujours les mêmes têtes : le plus important de ces correspondants en Allemagne a été Michael Kühnen (celui à qui l’on doit le «nouveau» salut nazi), leader du GdNF, groupe dont il sera question plus loin. Kühnen, mort du Sida le 24 avril 1991, a été quelqu’un de très dangereux : il militait depuis l’âge de 14 ans (NPD, Aktion Widerstand) et sur ses 18 années de militantisme, il en a passé sept et demi en prison, où il a écrit, comme son modèle Adolf Hitler. On peut notamment retenir son livre Politisches Soldatentum : Tradition und Geist der SA (Le soldat politique : la tradition et l’esprit de la SA). Un de ses projets était de reformer une SA15 qui participerait à la renaissance du NSDAP. Il évoque également le «combat» des soldats de la SA après 1945. La deuxième partie de ce livre consiste en une sorte de liste des dix commandements que le nouveau soldat de la SA doit respecter : croire, obéir, combattre, être fidèle, être solidaire de ses camarades, s’imprégner de l’idéologie national-socialiste, être discret, être courageux, être fier, être impitoyable.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-4.jpg"><img class="alignleft wp-image-2315" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-4.jpg" alt="NSDAP-AO-4" width="500" height="316" /></a><br />
L’autre pays qui joue un rôle important au sein du NSDAP-AO est l’Autriche : elle est étroitement liée à l’Allemagne, puisqu’elle constitue l’un des sept Bereiche allemands du GdNF16, le Bereich Ostmark (c’était le terme utilisé après l’Anchluß pour parler de l’Autriche). Cette terminologie montre que la volonté de rattacher l’Autriche à l’Allemagne est toujours très vivace (il existe d’ailleurs en Autriche un nationalisme germanique très important). Le leader autrichien (un moment Gauleiter de Salzbourg) est Gottfried Küssel : il appartient à la VAPO (Volkstreue Außerparlamentarische Opposition, opposition extraparlementaire fidèle au peuple) qui est l’organisation avancée autrichienne du NSDAP-AO. Cette organisation s’illustre par des actions particulièrement violentes contre la gauche ou contre des projets d’alternatives.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-5.jpg"><img class="alignright wp-image-2316 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-5-245x300.jpg" alt="NSDAP-AO-5" width="245" height="300" /></a><br />
Par ailleurs, on peut remarquer que la VAPO est toujours présente lors des actions spectaculaires organisées par le GdNF en Allemagne. Après la mort de Kühnen, Küssel devient le leader : c’est quelqu’un d’extrêmement violent, qui organise des entraînements paramilitaires qui ont d’ailleurs été filmés en mai 1990 par Michael Schmidt et son équipe (exercices de bâton, de corps à corps, simulation de combats avec des pistolets à peinture). Il semblerait même que la VAPO soit impliquée dans la vague d’attentats à la lettre piègée qui a mis l’Autriche en émoi au début décembre 1993. En effet, la police tchèque a arrêté mercredi 8 décembre un Autrichien, Peter Binder, chez qui elle a trouvé les ingrédients nécessaires à la fabrication de bombes, d’un type inconnu jusqu’alors. Selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur : «Peter Binder est connu par nos services pour ses contacts étroits avec la VAPO». On a trouvé dans son carnet d’adresses les adresses du leader de la Deutsche Alternative de Berlin, Arnulf Winfried Priem, également impliqué dans le réseau du NSDAP-AO, de Christian Worch et de Michael Petry. L’autre personne arrêtée à Vienne, également membre de la VAPO, Alexander Wolfert, est un ancien de la Croatie, il aurait combattu dans la même unité que Michel Faci. La police a trouvé une cache d’armes comprenant des centaines de mitrailletttes, de mortiers, de grenades et 20 kg de TNT17. Il semble qu’en Autriche certains aient démarré l’opération «Werwolf».<br />
<em><strong> Un député européen NSDAP-AO ?</strong></em><br />
En 1990, alors que Michael Schmidt faisait son film Wahrheit Macht Frei, il a eu l’opportunité de faire une interview avec Lauck qui est très révélatrice18. L’interview aurait été faite soit en Allemagne, soit au Danemark chez un négationniste, l’ancien officier SS Thies Christophersen. Kühnen était aussi présent à cette interview. Lauck fait la déclaration suivante sur l’Holocauste : «Je pense que les Juifs ont été traités un peu trop bien dans les camps de concentration. Personnellement, je pense que cela a été une erreur de faire comme cela». Lauck a été étroitement questionné à propos de l’adhésion au NSDAP-AO (selon les statuts du parti, personne ne peut révéler l’adhésion au parti). Lauck n’a répondu que par ces deux mots : «No Comment». Idem à la question de savoir si un des membres du parti siége au Parlement européen. Kühnen avait déjà tuyauté Schmidt en lui disant qu’un ancien membre du NSDAP-AO était membre du Parlement. Kühnen décide alors de parler, tandis que Lauck se tait car il sent que son intégrité est en cause : «Je sais qu’il y a un de nos membres au Parlement européen… Je l’ai vu de mes yeux vus, et cela m’a été confirmé par deux camarades avec qui j’ai travaillé dans le temps et qui travaillaient avec Neubauer». Dans ce film, Kühnen déclare : «Harald Neubauer a occupé des fonctions au NSDAP-AO dans le nord de l’Allemagne entre le début et le milieu des années 1970, et pour autant que je sache il a été trésorier dans le Schleswig-Holstein»19. Harald Neubauer est actuellement parlementaire européen de la Deutsche Liga für Volk und Heimat. C’est un ami proche de Jean-Marie Le Pen. Quand Neubauer lui-même est interviewé dans le film, il dit pour sa défense : «1972, à l’époque je n’avais que vingt-et-un ans, c’était donc avant mon époque». Mais Neubauer ne nie pas formellement son ancienne appartenance au NSDAP-AO dans les années 1970. Kühnen en vient à déclarer : «En 1977 ou 1978, nous avons eu une réunion de la DVU avec le colonel Rudel. Pour cette raison, Neubauer est entré en contact avec un ancien camarade de l’AO qui était son contact personnel pour la protection des salles de réunion lorsqu’il avait besoin de nous. Il savait exactement qui nous étions ; il est venu nous voir avec ce camarade et il a dit : “Êtes-vous prêts à vous occuper du service d’ordre, voilà ce que nous faisons”»20. Dans le livre, Kühnen déclare à Lauck : «Oui, c’est un hypocrite. Et il était content et reconnaissant que nous lui ayons fourni des gardes du corps… Je vois en lui un ennemi public. Même s’il est toujours de l’AO».<br />
<em><strong> Reconstruction d’un parti interdit ?</strong></em><br />
Le NSDAP-AO fonctionne donc par organisations avancées, afin que d’une part il y ait un cloisonnement de toute l’organisation néo-nazie et que d’autre part, elle puisse ainsi se soustraire aux éventuelles interdictions des gouvernements : il n’y a donc pas de NSDAP-AO en Allemagne, et si une organisation est interdite comme la Deutsche Alternative (alternative allemande) le 8 décembre 1992, une autre peut en récupérer les membres, le matériel et l’argent. L’organisation clé du NSDAP-AO en Allemagne est le GdNF21 qui sert d’intermédiaire entre le NSDAP-AO et ses organisations avancées en Allemagne. Le GdNF s’est formé autour d’un journal interne, Die Neue Front, qui s’occupait de la coordination des néo-nazis : il s’agit d’une organisation qui forme des cadres. Elle est, comme son prédécesseur l’ANS/NA22, «la branche légale du mouvement national-socialiste de la nouvelle génération dans la tradition de la SA et mène un combat politique pour la levée de l’interdiction du NSDAP. Elle se reconnaît dans le programme en 25 points [du NSDAP] du 24 février 192023». De 1989 à 1991, les principales activités du GdNF ont été :<br />
• construire des structures, surtout en RDA<br />
• organiser des marches comme à Wunsiedel, Bayreuth et Dresde<br />
• propager les idées révisionnistes<br />
• développer des entraînements paramilitaires et étendre l’organisation du GdNF en SA<br />
• effectuer un travail centré sur une utilisation habile des médias allemands pour se faire connaître du public (et ce grâce à Kühnen).<br />
À côté du GdNF se développent donc beaucoup d’autres structures qui ont d’autres centres d’intérêt (plus particuliers) comme le Deutsches Hessen, la Deutsche Alternative ou le Nationaler Block (cf. schéma). Le GdNF fonctionne sur le modèle du NSDAP pour ce qui est de son organisation nationale : le territoire allemand, ainsi que les Pays Bas et l’Autriche sont divisés en Bereiche, eux-mêmes divisés en Gaue : on a ainsi le Bereich ANS-Niederlande (Belgique), le Bereich Ostmark (Autriche) et, pour l’Allemagne à proprement parler, les Bereiche du nord, du sud, du milieu, de l’est et de l’ouest.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-6.jpg"><img class="wp-image-2317 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-6.jpg" alt="NSDAP-AO-6" width="600" height="611" /></a><br />
Le schéma proposé ici permet de mieux cerner la sphère d’influence du GdNF et montre les diverses ramifications de cette organisation, que ce soit à l’étranger, dans des partis ou dans des associations ayant un but plus particulier, tout cela se rattachant au NSDAP-AO domicilié aux États-Unis. Il est intéressant de voir qu’en plus des organisations précitées (VAPO, ANS-Niederlande) ou connues comme étant des partis d’extrême droite (FAP, NPD, NF24), le GdNF est étroitement lié à des organisations comme le HNG qui s’occupe de soutenir (financièrement, entre autres choses) les néo-nazis emprisonnés et leur permet de s’exprimer dans un journal : Nachrichten der HNG (nouvelles du HNG) ; par ce biais, certains arrivent à nouer de nouveaux contacts pour s’engager dans d’autres groupes comme Waldemar Pfeffer, ancien activiste de la DVU et du NPD, qui après un séjour en prison s’est recyclé chez les Republikaner. À côté de cela, le GdNF est lié à des organisations plus spécifiques et donc susceptibles de mobiliser des gens sur des terrains plus particuliers : ainsi, le Deutsche Frauen Front (front des femmes allemandes) se présente comme un groupe «autonome de l’opposition alternative allemande», bien qu’il n’ait rien à voir ni avec l’autonomie ni avec l’alternative, et qui met en avant une conception national-socialiste du rôle de la femme dans la société, c’est-à-dire la femme comme mère au foyer (avec un salaire maternel) soumise à son mari ; ce groupe se prononce également contre l’avortement. On peut noter à ce propos une autre association proche du GdNF, Aktion Lebensschutz (action pour la protection de la vie). Le GdNF est également lié à un groupe antisémite (AZA25), un groupe anticommuniste (ANTIKO26),et à un syndicat d’extrême droite, le FGB (Freie Gewerkschaftsbewegung, mouvement syndicaliste libre), qui est en fait une antenne du GdNF chargée de propager des idées racistes dans le monde du travail27.<br />
Depuis la mort de Kühnen, le GdNF est dirigé par plusieurs personnes, parmi lesquelles Gottfried Küssel d’Autriche, Christian Worch de Hambourg et Arnulf Priem de Wotans Volk (le peuple de Wotan).<br />
<em><strong> En France&#8230;</strong></em><br />
Le NSDAP-AO avait développé depuis des années des contacts avec les Faisceaux nationalistes européens de Mark Fredriksen, faisceaux qui succédaient à la FANE, dissoute en 1980. Les FNE ayant une activité très réduite (la publication de leur feuille d’infos mensuelle, et un repas en l’honneur de Hitler une fois par an), la coopération se bornait à l’échange d’informations. Michel Faci, en contact avec le NSDAP-AO depuis des années, a servi d’intermédiaire avec le PNFE de Claude Cornilleau qui entretenait déjà grâce à l’Euroring des contacts avec le British National Party et avec le FAP. Les contacts se sont officialisés très récemment avec le message de soutien au congrès du PNFE à Vellexon (dans la Haute-Saône) en avril 1993 ; Lauck s’est rendu en Croatie pendant l’été et y a rencontré Faci. Par ailleurs, des militants du PNFE se font arrêter en banlieue parisienne avec des autocollants du NSDAP-AO et des armes. Dernièrement, une rumeur a couru sur la présence dans le nord de la France d’un représentant du NSDAP-AO à une réunion de skins. Or, on comprend la nouvelle stratégie du PNFE28 uniquement dans ce contexte d’accroissement des contacts avec le NSDAP-AO. Lors du dernier congrès du PNFE, ses dirigeants ont appelé leurs militants à s’implanter, à s’armer légalement et à former des communautés rurales. En effet, ce genre de stratégie a déjà été développé aux États-Unis par le groupe The Order29, groupe néo-nazi terroriste implanté à la campagne. Sombres perspectives…</p>
<p>1 Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), 9 janvier 1974, éditorial de Joachim C. Fest.<br />
2 Le souvenir engagé, Joachim C. Fest.<br />
3 Eckhard Fuhr, commentateur de la FAZ .<br />
4 F. K. Fromme, commentateur de la FAZ.<br />
5 Sebastian Haffner.<br />
6 Helmut Kohl à Passau en 1988.<br />
7 Interview de Klaus Hurrelman, spécialiste de l’éducation dans le Spiegel.<br />
8 Sondages publiés par l’Infas, peu après les événements de Rostock.<br />
9 Le livre de Michael Schmidt Néo-nazis, la terrible enquête fait état d’une conversation avec Michael Kühnen, le leader du NSDAP-AO (pp. 268-269) : «Toujours dire : “J’étais soûl… Je m’ennuyais. J’ai été provoqué”. Comme ça, tu ne prends que la moitié !».<br />
10 Le récit des débuts dans la vie de Gary Lauck est tiré de Néo-nazis, La terrible enquête par Michael Schmidt.<br />
11 Comme The Radical Right, a World Directory, Cioran O’Maolain, Keesing’s Reference Publications, Longman, Grande-Bretagne, 1987.<br />
12 Voir Dossier Néo-nazisme, Patrick Chairoff, éditions Ramsay, 1977.<br />
13 Michael Schmidt op.cit.<br />
14 Jensen Erik «International Nazi Cooperation. A Terrorist-Oriented Network», in Racist Violence in Europe, Macmillan, 1993, p.85 et suivantes.<br />
15 Il s’agit de la Sturmabteilung, section d’assaut existant sous Hitler et dont Kühnen retrace longuement l’histoire dans son livre.<br />
16 Il s’agit des divisions territoriales effectuées par le GdNF pour s’organiser nationalement (et extra-nationalement) sur le modèle du NSDAP de Hitler. Les Bereiche étaient ensuite divisés en Gaue avec chacun un Gauleiter à sa tête.<br />
17 Brenda Williams «Death List Suspects Released; Nazi Arms Cache near Vienna» in Germany Alert, vol III n°25, 13 décembre 1993.<br />
18 Michael Schmidt op.cit. Toute l’interview n’est pas dans le film, on trouve certains passages de l’interview dans le fim français La Peste brune, mais pas dans le livre, et à d’autres moments, on trouve des passages de l’interview dans le livre mais pas dans le film.<br />
19 Citation extraite du film La Peste brune, mais absente du livre.<br />
20 idem.<br />
21 Gesinnungsgemeinschaft der Neuen Front, c’est-à-dire communauté d’opinions du nouveau front.<br />
22 Arbeitsgemeinschaft Nationaler Sozialisten/Nationaler Aktivisten, c’est-à-dire communauté de travail de nationaux-socialistes et d’activistes nationaux. Cette organisation fut interdite en 1983.<br />
23 Die neue Front janvier 1990<br />
24 Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei (parti ouvrier de la liberté), Nationaldemokratische Partei Deutschlands (parti national-démocratique allemand) et Nationalistische Front (Front national).<br />
25 Antizionistische Aktion, c’est-à-dire action anti-sioniste.<br />
26 Antikommunistische Aktion, c’est-à-dire action anticommuniste. Ce groupe s’occupe plus particulièrement de recruter des activistes dans le milieu skinhead hooligan.<br />
27 Depuis 1988, ils appellent à faire à nouveau du premier mai «le jour du travail allemand». Selon eux, les travailleurs ne doivent pas s’élever contre les mesures de licenciements prises par les entreprises, mais contre les travailleurs immigrés et doivent se réunir dans un mouvement soumis à l’État.<br />
28 Voir «PNFE le retour» in REFLEXes n°40, octobre 1993.<br />
29 Voir Kevin Flynn and Gary Gerhardt, The Silent Brotherhood, Signet, New York, 1990.</p>
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		<title>Thor Steinar : T’as le look facho !</title>
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		<pubDate>Thu, 22 May 2008 18:44:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis plusieurs années, les militants et sympathisants néo-nazis allemands tendent à délaisser le look skinhead classique au profit d’un nouveau style vestimentaire plus discret et plus « tendance ». Parmi les marques fafs les plus populaires dans la scène nazie, on trouve Thor Steinar. Depuis plusieurs années, les militants et sympathisants néo-nazis allemands tendent à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs années, les militants et sympathisants néo-nazis allemands tendent à délaisser le look skinhead classique au profit d’un nouveau style vestimentaire plus discret et plus « tendance ». Parmi les marques fafs les plus populaires dans la scène nazie, on trouve Thor Steinar. Depuis plusieurs années, les militants et sympathisants néo-nazis allemands tendent à délaisser le look skinhead classique au profit d’un nouveau style vestimentaire plus discret et plus « tendance ». Parmi les marques fafs les plus populaires dans la scène nazie, on trouve Thor Steinar. Cette marque permet aux activistes d’extrême droite de s’habiller avec des vêtements de bonne qualité et plus classiques tout en continuant à afficher leurs idées, mais de façon plus subtile et codée, que seuls les adhérents et sympathisants d’extrême droite peuvent déchiffrer. Elle permet ainsi aux nationalistes de passer inaperçus dans la foule. La marque s’est rapidement implantée dans de <a href="http://reflexes.samizdat.net/nazis-shops/">nombreux magasins d’extrême droite</a>. Au fil du temps il est devenu impossible d’assister à un rassemblement en Allemagne sans voir ses participants porter ostensiblement cette marque. Mais Thor Steinar a réussi aussi à sortir de la sphère néo-nazie et à toucher le marché traditionnel des marques de vêtements sportswears. Des célèbres magasins de vêtements de sports ou des grands centres commerciaux se sont également mis à vendre cette marque, au point que de nombreuses personnes aujourd’hui ont adopté cette marque sans en connaître l’origine. <strong>Logo runique</strong> Le premier logo de Thor Steinar était composé d&rsquo;une combinaison de deux runes, la rune Tyr (rune de la mort) et la rune Gibor aussi appelée Wolfsangel. Ces deux runes ont été utilisées sous le III ème Reich comme insignes pour les écoles de formations de cadres des SS. Le Wolfsangel est précieux pour les néo-nazi puisque c’était l’un des symboles de la division Das Reich, mais également des unités Werwolf, ces petits groupes terroristes qui, à la fin de la seconde guerre mondiale en Allemagne, commettaient des attentats contre les alliés. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/1erlogoThorSteinar.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1157" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/1erlogoThorSteinar.jpg" alt="1erlogoThorSteinar" width="133" height="150" /></a> Cette utilisation des runes est très fréquente chez Thor Steinar. Les runes sont une forme d’écriture du Nord de l’Europe, assez mal connue, récupérée depuis plusieurs années par les néo-nazis qui voient dans cette antique forme d’expression les traces de leurs « mythiques racines germano-nordiques ». Le logo si particulier de Thor Steinar rappelle également celui de l’organisation Thule-Seminar de Pierre Krebs (membre de la Nouvelle Droite Française qui fonda un cercle de réflexion en Allemagne). Sur certains vêtements de la marque Thor Steinar, on peut voir également l’inscription « Ultima Thule », qui désigne une terre mythique, au Nord de l’Europe. Ce mythe remonte à l’époque de la Grèce Antique : un marin grecque affirme avoir découvert cette terre merveilleuse : l’Ultima Thule (il aurait en fait probablement découvert l’Islande). Ces t-shirts et sweats de la série « Ultima Thule » sont très populaires, certains y voyant une référence au groupe de rock suédois d’extrême droite du même nom . La marque Thor Steinar joue également la provocation avec des T-Shirts aux motifs et slogans clairement ambigus : par exemple, le T-shirt « Ski Heil ! » rappelant fortement le salut nazi « Sieg Heil » ou encore l’inscription « Nordmark »sur certains vêtements alors même qu’un camp d’éducation et de travail de la SS à Kiel portait ce nom. Thor Steinar a également mis en vente des sweat shirts avec le titre « No Inquisition ». Le motif du dos représente un aigle attrapant entre ses serres un poisson, symbole du christianisme. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/noinquisition-58f09.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1158" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/noinquisition-58f09.jpg" alt="noinquisition-58f09" width="433" height="382" /></a> Ce logo a été déposé par Jürgen Rieger, avocat de mouvements néo-nazis, en janvier 2003. Cet homme fait également parti du NPD (Parti National-Démocratique allemand) et de la « Wiking-Jugend e.V. », interdite depuis. Dans son ensemble, le milieu néo-nazi allemand a plutôt bien accueilli cette marque « identitaire », discrète, alors peu connue des antifas. De plus, l’idée qu’acheter Thor Steinar représente un véritable acte militant et apporte un soutien financier à la cause s’est répandue dans les milieux d’extrême droite. Dans ses conditions la marque fut rapidement adoptée par toutes les mouvances nationalistes et néo-nazies. <strong>A l’origine</strong> Le 9 octobre 2002, Axel Kopelke fait enregistrer au niveau international la marque Thor Steinar et son logo. Axel Kopelke et Uwe Meusel deviennent les gérants de MediaTex GmbH (Thor Steinar-Vertrieb). Selon les antifascistes, Kopelke est en contact avec la scène d’extrême droite. Il a été vu à des « völkischen Sonnenwendfeiern », au côté du barde néonazi Frank Rennicke ainsi qu’à une NPD-Reichsgründungsfeier en 2000 dans un petit village du nom de Frieders. Il est également en contact avec l’ancien cadre néonazi Carsten Szczepanski. Kopelke a commencé dans les affaires en 1997, en investissant dans le magasin « Explosif » dans le Bahnhofstrasse à Königs Wusterhausen. Ce magasin était le point de rencontre de la jeune scène régionale d’extrême droite. Les jeunes sympathisants nationalistes pouvaient même y effectuer des stages pour leur cursus scolaire. <strong>Querelles juridiques&#8230;</strong> Le 17 novembre 2004 la police fait irruption dans les locaux de Thor Steinar Zeesen. Des produits sont saisis et le dépôt scellé. MediaTex est accusé de produire des articles avec un logo anticonstitutionnel. La justice de Brandebourg ordonne en novembre 2004 la saisie des vêtements affichant le logo de runes Thor Steinar et menace de lancer contre toute personne portant publiquement les vêtements de ladite marque. La marque a également été interdite en République Tchèque. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/2emelogo-54770.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1159" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/2emelogo-54770.jpg" alt="2emelogo-54770" width="160" height="172" /></a> Pour contourner l’interdit, Thor Steinar modifie son logo (toujours d’inspiration runique) et relance la production de vêtements tout en faisant appel de la condamnation. Après plusieurs mois de procédures judiciaires, l’ancien logo de la marque est de nouveau autorisé. Entre temps le gouvernement norvégien s’est officiellement ému de l’usage abusif par Thor Steinar du drapeau national norvégien, assimilant ainsi aux yeux du public le drapeau norvégien à un symbole nazi. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/norvege-6489e.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1160" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/norvege-6489e.jpg" alt="norvege-6489e" width="356" height="257" /></a> <strong>L’argent n’a pas d’odeur…</strong> Les ventes des vêtements Thor Steinar sont extrêmement lucratives. Selon le journal antifa allemand Antifaschistisches Infoblatt, pour les soldes de Noël 2003, Mediatex GmbH a enregistré des bénéfices de plus de 95 000 euros en à peine quelques semaines. Ces bénéfices sont le résultat d’un équilibre prix de vente élevés / coût de production très faibles (grâce à une production délocalisée en Turquie et même en Chine !). En 2005, la Mediatex GmbH a officiellement annoncé un chiffre d’affaire annuel de deux millions d’Euros ! En plus de la vente sur Internet, Thor Steinar a ouvert son propre magasin « TØNSBERG » à Berlin, puis quelques temps plus tard à Rostock et à Potsdam. Et depuis peu, les invendus sont disponibles à la vente sur un site de solde spécial consacré à Thor Steinar. <strong>La vente à l&rsquo;étranger</strong> Thor Steinar est également distribué à l’international, le plus souvent par le biais d’activistes néo-nazis, comme en Suède, en Norvège et au Danemark. En Suisse, ce sont les Hammerskins d’Adrian Segessenmann qui se sont chargés de la diffusion de la marque. En France, la marque a été distribuée un temps par William Bonnefoy, ancien chef du GUD et animateur de la maison d’édition <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/">L’Homme Libre</a>, mais continue de l’être par le biais de la liste de VPC RAC Death To Zog. Devant la réputation sulfureuse de la marque, peu de boutiques « skins » ou nationalistes ont osé distribuer Thor Steinar, laissant les éventuels acheteurs trouver leur bonheur sur le site Internet ou sur E-bay. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/Thor-steinar.jpg"><img class="size-medium wp-image-2414 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/Thor-steinar-300x180.jpg" alt="Thor-steinar" width="300" height="180" /></a> Au final, comme souvent à l’extrême droite, des militants nationalistes s’enrichissent grâce à la crédulité de leurs sympathisants, en affichant un prix excessif qu’ils justifient en prétextant un soutien à leur cause. C’était déjà le cas avec les nombreux labels de musique RAC en France, aux Etats-Unis et à travers le monde. Bien que membre du NPD, il y a fort à parier qu’Axel Kopelke ne reverse pas un seul centime au NPD ou à toute autre structure nationaliste. Mais l’idée de créer une marque de vêtements nationaliste, pour les nationalistes a fait son chemin. Ainsi, des nationalistes français ont tenté de lancer leur propre marque comme « Guerilla t-shirts » du célèbre Paul Thor, pour l’instant sans grand succès.   Ce texte est tiré d’un document antifa allemand intitulé « thor steinar stoppen » disponible sur Internet. Il a été traduit et adapté par des militants et militantes antifas français et allemands. Pour télécharger le document cliquez là : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/thorsteinarstoppen.pdf">thorsteinarstoppen</a></p>
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		<title>Nazis Shops</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Feb 2008 12:25:24 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pas moins de 45 magasins détenus par des fascistes fournissent aujourd&#8217;hui des vêtements aux jeunes d&#8217;extrême droite en Allemagne, dont 10 dans la seule Saxe. Il y a encore une dizaine d&#8217;années les nazis n&#8217;osaient pas montrer le bout de leur nez dans beaucoup de régions du pays. Quelques-uns de ses petits détaillants à succès [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Pas moins de 45 magasins détenus par des fascistes fournissent aujourd&rsquo;hui des vêtements aux jeunes d&rsquo;extrême droite en Allemagne, dont 10 dans la seule Saxe. Il y a encore une dizaine d&rsquo;années les nazis n&rsquo;osaient pas montrer le bout de leur nez dans beaucoup de régions du pays. Quelques-uns de ses petits détaillants à succès ne vendent que des biens provenant de <a href="http://reflexes.samizdat.net/thor-steinar-tas-le-look-facho/">Thor Steinar</a>, que les jeunes nazis considèrent comme leur propre label. Ces magasins se trouvent généralement dans des lieux très chics comme Narvik, qui colporte les vêtements griffés nazis dans l&rsquo;arcade commerciale de Hundertwasser House, l&rsquo;une des principales attractions touristiques de Magdeburg.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/ThorSteinar-0f341.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1146" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/ThorSteinar-0f341.jpg" alt="ThorSteinar-0f341" width="469" height="313" /></a></p>
<p>Les autres labels vendus sont Masterrace et Consdaple, un nom inventé par Siegfried Birl, membre du Parti National Démocrate (NPD), pour afficher les lettres NSDAP, initiales du parti nazi d&rsquo;Hitler. La marque est particulièrement populaire chez les jeunes nazis car il est interdit de promouvoir le Parti Nazi en Allemagne.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/consdaple-d01ae.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1147" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/consdaple-d01ae.jpg" alt="consdaple-d01ae" width="200" height="150" /></a></p>
<p>La plupart de ces magasins vendent également des CD correspondant à différents styles de musique haineuse et un bon nombre d&rsquo;objet kitsch comme les bagues avec le nombre 88, pour Heil Hitler ou encore des runes à porter en collier ou en bracelet.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/sym_master-38159.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1148" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/sym_master-38159.jpg" alt="sym_master-38159" width="408" height="344" /></a></p>
<p>L&rsquo;expansion du commerce de détails nazis fournit un revenu aux propriétaires des magasins et contribue à soutenir d&rsquo;autres activités nazies. Par exemple, Andreas Klosterreit et Simon Fiedler, qui possède le magasin Outlaw à Wallersdorf en Bavière, dirige également le label de musique raciste 2yt4u<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-shops/#footnote_0_330" id="identifier_0_330" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Langage texto : &laquo; Too whity for you &raquo;, cad &laquo; Trop blanc pour toi &raquo;">1</a></sup>. Martin Seidel du magasin Devil&rsquo;s right hand<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-shops/#footnote_1_330" id="identifier_1_330" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La main droite du Diable">2</a></sup> possède également Rebel Records, et Yves Rahmel à Chemnitz possède un magasin et un commerce de musique sous le nom de PC Records.<br />
Un rapport des ministères de l&rsquo;Intérieur de 16 Etats allemands soulignait l&rsquo;été dernier qu&rsquo;après les fonds de l&rsquo;Etat pour les partis reconnus légalement comme le NPD et l&rsquo;Union du Peuple Allemand, le commerce de musique White Power, la vente au détail et par correspondance constituent la source de revenus la plus importante pour les fascistes.<br />
Il n&rsquo;est par conséquent pas étonnant que les nazis organisés déploient une énergie considérable pour leurs activités commerciales. Martin Schaffrath est propriétaire d’un magasin appelé The Store à Pirna en Saxe qui s&rsquo;adresse aux hooligans et à la scène des sports de combat aussi bien qu&rsquo;aux nazis. Il a été membre de la violente organisation Skinheads Sächsische Schweiz, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle soit interdite en 2001, et il est aujourd&rsquo;hui militant dans la branche jeunesse du NPD, les Jeunes Nationaux-Démocrates. Le NPD possède sa propre maison d&rsquo;édition, son label de musique et son service de vente par correspondance Deutsche Stimme Versand, à Risa en Saxe, dont l&rsquo;entrepôt sert également de magasin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/logothorsteinar-cae51.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1149" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/logothorsteinar-cae51.jpg" alt="logothorsteinar-cae51" width="200" height="200" /></a></p>
<p>Les antifascistes allemands se battent pour mettre fin à l&rsquo;expansion du commerce fasciste. Le slogan de leur campagne, qui a donné lieu à des manifestations le 15 décembre à Karlsruhe, Freiberg et Dresde, est « Schöner Leben ohne Nazi Läden » (La vie est plus belle sans magasin nazi). Leurs efforts n&rsquo;ont pas été sans succès, comme à Dortmund où une longue campagne l&rsquo;été dernier a conduit à la fermeture du magasin nazi local Donnerschlag.</p>
<p>Gunnar André pour <a href="http://www.der-rechte-rand.de" target="_blank">Der Rechte Rand</a> et Antifa-Net<br />
Article paru dans <a href="http://www.searchlightmagazine.com/" target="_blank">Searchlight</a> n°392</p>
<p>Traduction REFLEXes</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_330" class="footnote">Langage texto : « Too whity for you », cad « Trop blanc pour toi »</li><li id="footnote_1_330" class="footnote">La main droite du Diable</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>« Nous avons besoin de votre aide »</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Dec 2007 09:22:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[antifascisme]]></category>
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		<description><![CDATA[« Le soutien international est à la fois vital et précieux pour nous », explique Bruno Garmson, un militant antifasciste de Saint-Pétersbourg. Il n’est pas facile d’être antifasciste en Russie en ce moment. Nous subissons les attaques répétées des militants d’extrême droite, sans que les autorités nous accordent la moindre protection. Nombre de nos militants [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>« Le soutien international est à la fois vital et précieux pour nous », explique Bruno Garmson, un militant antifasciste de Saint-Pétersbourg. Il n’est pas facile d’être antifasciste en Russie en ce moment. Nous subissons les attaques répétées des militants d’extrême droite, sans que les autorités nous accordent la moindre protection. Nombre de nos militants ont été assassinés ces dernières années, et même quand leurs agresseurs sont arrêtés, ils sortent presque toujours libres, condamnés à des peines avec sursis.</p>
<p>La « démocratie » russe encore balbutiante connaît un déclin rapide : les violations des Droits de l’Homme perpétrées lors des campagnes militaires du gouvernement en Tchétchénie, le vote par la Douma de pouvoirs d’une étendue sans précédent aux services secrets, la mise à pied d’élus (gouverneurs, maires, etc.), l’introduction de la censure les procès politiques médiatiques ainsi que des meurtres racistes et anti-antifascistes ont radicalement changé l’atmosphère politique du pays. Cela a permis aux néo-nazis et à leurs alliés de l’extrême droite parlementaire d’organiser des campagnes qui utilisent le nationalisme comme un alibi pour justifier les meurtres commis, dont beaucoup resteront impunis.</p>
<p><strong>Par delà des frontières russes, il n’est pas toujours simple de mettre en place un soutien politique antifasciste.</strong></p>
<p>Dans les histoires héroïques qu’on raconte aux enfants sur la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 menée contre les nazis (histoires qui défilent sur les écrans de la télévision russe presque tous les soirs), il est aujourd’hui bien difficile de rappeler qu’il existe d’autres raisons à cette guerre que la « défense de la patrie ».</p>
<p>Malheureusement, il ne reste plus que de trop rares témoins susceptibles de décrire l’authentique enthousiasme antifasciste qui animait ceux qui prirent fait et cause pour les Républicains espagnols ; ils ne sont plus nombreux, ceux qui sont capables de dire à quel point ils étaient convaincus, durant la Seconde Guerre mondiale, que les nazis avaient pour objectif de réduire en esclavage et d’exterminer les citoyens russes, qu’ils considéraient comme des sous-hommes ; seuls ces témoins peuvent expliquer à quel point la lutte antifasciste était, au-delà de tout cela, une bataille de l’humanité contre la barbarie fasciste.</p>
<p>Les néo-nazis russes d’aujourd’hui utilisent les mythes nationalistes officiels de la Grande Guerre patriotique à la fois pour prouver la supériorité de la Russie et pour illustrer de quelle façon le régime de Staline a fait se fourvoyer l’ensemble du peuple russe, sacrifiant des millions de soldats et de civils contre la croisade anti-bolchévique de Hitler, qui visait selon eux à « libérer » les Russes. L’ignorance de l’histoire soviétique, l’absence d’une analyse adaptée de la théorie et de la pratique du fascisme et la réduction du terme « antifascisme » à son unique acception de combat nationaliste mené contre les ennemis de la Russie rendent extrêmement difficiles la déconstruction de ce discours qui repose pourtant sur des mensonges criants.</p>
<p>Le véritable antifascisme, qui défie le nationalisme et s’oppose clairement au néo-nazisme, est une orientation politique risquée. Une telle attitude « dissidente » est considérée comme une « opposition suspecte » à la politique du président Vladimir Poutine et de l’État. Tout individu qui adopte ce genre d’attitude est considéré comme un « extrémiste », tout comme les néo-nazis. S’opposer ouvertement au fascisme revient à devenir la cible des bandes de néo-nazis violents qui patrouillent dans les rues de plusieurs villes russes, à la recherche de victimes qu’ils attaquent au grand jour.</p>
<p>De jeunes antifascistes ont commencé la contre-offensive. L’engagement courageux de ces jeunes antifascistes russes contre la violence néo-nazie qui règne dans les rues et ne cesse de s’accroître fait souvent l’objet de procédures judiciaires qui se sont avérées contradictoires. Les procès des assassins néo-nazis aboutissent la plupart du temps à ce que les procureurs ont requis : presque toujours des condamnations pour hooliganisme (violents troubles à l’ordre public) ou pour participation à des faits de hooliganisme.</p>
<p>Il n’existe pas de réelle pression exercée par le Kremlin ou la Douma sur les procureurs pour qu’ils requièrent des peines pour meurtres racistes ou politiques, et les négociations entre juges, procureurs et avocats de la défense sont monnaie courante, dans le but d’aboutir à une coopération durant les procès. Au bout du compte, et de façon cruciale, il y a également un manque de pression du côté des antifascistes qui, parce qu’il n’existe pas de culture démocratique bien enracinée, ne s’impliquent ni dans les enquêtes ni dans les débats menés pendant les procès.</p>
<p>Ici, à Saint-Pétersbourg, des antifascistes ont proposé leur aide, en tant qu’experts, aux procureurs, depuis le début des années 1990, et ils ont mené ainsi des campagnes qui ont pu aboutir. Les néo-nazis ont répliqué en assassinant Nikolaï Girenko en 2004, car il était un des rares chercheurs antifascistes connu pour avoir apporter son aide aux procureurs contre les fachos.</p>
<p>Maintenant, une nouvelle génération d’antifascistes est à l’œuvre, qui s’oppose physiquement aux néo-nazis dans la rue mais aussi lors des procès. Leurs combats sont essentiels (toute autre alternative serait une capitulation) mais extrêmement coûteux. Cela coûte en effet beaucoup d’argent de participer aux débats judiciaires, même quand les avocats travaillent gracieusement. Dans l’affaire qui oppose la famille de Timur Kacharava aux assassins de ce dernier, le soutien financier des antifascistes a permis à la famille et aux amis de Timur de faire juger ses assassins.</p>
<p><strong>En Russie, il n’y a pas de grands syndicats, pas de structures antiracistes dont l’existence soit pérenne ni de tradition antifasciste républicaine (au sens où on l’entend dans d’autres pays), vers qui les antifascistes pourraient se tourner. C’est pourquoi nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes et sur la solidarité antifasciste internationale.</strong></p>
<p>Le soutien de nos frères, de nos sœurs et de tous les camarades antifascistes à l’étranger est donc d’autant plus vital et précieux pour les antifascistes russes.</p>
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		<title>Russie : les meurtres continuent</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Dec 2007 10:22:05 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[En août dernier, une vidéo nazie particulièrement sanglante a provoqué un scandale national en Russie. Deux hommes masqués et camouflés, membres d&#8217;une organisation jusqu&#8217;ici inconnue se faisant appeler Parti National Socialiste de Russie (PNSR), ont ligoté et bâillonné deux hommes (originaires du Daghestan et du Tadjikistan) dans une forêt et les ont contraint à s&#8217;agenouiller [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En août dernier, une vidéo nazie particulièrement sanglante a provoqué un scandale national en Russie. Deux hommes masqués et camouflés, membres d&rsquo;une organisation jusqu&rsquo;ici inconnue se faisant appeler Parti National Socialiste de Russie (PNSR), ont ligoté et bâillonné deux hommes (originaires du Daghestan et du Tadjikistan) dans une forêt et les ont contraint à s&rsquo;agenouiller devant un gigantesque drapeau Nazi. Ils ont ensuite décapité le premier et tué le second d&rsquo;une balle dans la tête.Les tueurs ont envoyé le film sur internet par l&rsquo;intermédiaire de sites de fascistes russes. Les images, accompagnées par du heavy metal, était tellement brutales, que certains ont cru à un faux, ce qui s’est effectivement avéré quelques semaines plus tard. Mais nul ne sait aujourd&rsquo;hui qui sont les personnages filmés dans le rôle des victimes, s’ils ont été ou non assassinés plus tard, et si oui, quand le crime a été commis, et enfin quand le film lui même a été tourné&#8230;</p>
<p>Le 16 août, le ministre de l&rsquo;Intérieur russe a annoncé l&rsquo;arrestation du responsable de la diffusion du clip vidéo et a affirmé qu&rsquo;il serait jugé pour incitation à la haine raciale. Viktor Milkov, un étudiant de 23 ans qui diffusait du matériel nazi sur internet depuis 2 ans, serait membre du PNSR.</p>
<p>On ne sait si le PNSR a été inventé pour l&rsquo;occasion, mais la capacité de cette avant-garde militaire auto-proclamée à transmettre son film à une multitude de groupes fascistes indiquent une prise de contact préalable. Une note accompagnant le film appelait à la démission du président Vladimir Poutine et à la mise en place d&rsquo;un gouvernement dirigé par Dmitri Rumyantsev, leader de la Société National-Socialiste. Etait également demandée la libération de Maxim Martsinkevich, chef d&rsquo;un autre groupe nazi (Format 18), qui est détenu pour incitation à la haine ethnique et violence.</p>
<p>L&rsquo;apparition de la vidéo coincide avec l&rsquo;attentat contre l&rsquo;Express Moscou-Saint Peterbourg qui a déraillé le 14 août faisant 27 blessés. Les extrémistes nationalistes font parties des principaux suspects et la police a interrogé les membres de la branche de Novgorod du Mouvement contre l&rsquo;Immigration Illégale.</p>
<p>S&rsquo;il est impossible d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il existe un lien direct entre l&rsquo;exécution filmée et l&rsquo;attaque contre le train, il est clair, par contre, que le meurtre de sang froid est le dernier d&rsquo;une série d&rsquo;attaques meurtrières orchestrées par les nazis contre les russes et les immigrés. Les principales cibles sont les populations des Républiques de l&rsquo;ex-URSS (sud et Asie centrale), les Roms, les Juifs, les gays et lesbiennes, les étudiants venant d&rsquo;Asie, d&rsquo;Afrique et d&rsquo;Amérique Latine, mais aussi de plus en plus des militants des droits de l&rsquo;homme et des antifascistes. Les coupables ont, par ailleurs, de plus en plus tendance à se glorifier de leur crime par le biais de vidéos sur téléphone portable et sur internet.</p>
<p>Maureen Byrnes, dirigeante de Human Rights First, explique ainsi : « <em>La violence raciste est déjà depuis longtemps un sérieux problème dans la Fédération Russe, mais si les actes horribles de ces vidéos sont authentiques, ils marquent le début d&rsquo;une inquiétante escalade.</em> »<br />
L&rsquo;accélération de la violence raciste et fasciste en Russie inquiète au niveau international. Alors que les autorités russes ne recensent pas les « crimes de haine », seul, le centre SOVA basé à Moscou, principal organe de contrôle russe, suit et analyse les tendances. Le centre recense au minimum 31 meurtres racistes en 2005 et 415 attaques contre des individus motivées par la haine raciale. En 2006, 541 cas de violences racistes sont comptabilisés, dont 54 meurtres.</p>
<p>L&rsquo;augmentation se poursuit depuis. Pendant les 7 premiers mois de cette année, la SOVA a enregistré 310 attaques racistes, qui ont fait 37 morts. A Moscou, 24 personnes ont été assassiné et 93 blessées; à Saint Petersbourg, 5 tués et 63 blessés.</p>
<p>Les autres villes n&rsquo;ont pas échappé à la violence. A Nizhny Novgorod, au moins 34 personnes ont été blessé dans les derniers mois par des gangs de skinheads qui se sont renforcés. En outre, des étudiants étrangers ont été assassinés à Voronezh, un des plus gros bastion de skinheads estimés à 70 000.</p>
<p>Malgré les difficultés pour accéder au niveau exact de violence raciste et fasciste car la plupart des attaques ne sont pas reportés, le Centre SOVA a également pointé un autre phénomène inquiétant. La violence envers les jeunes antifascistes, les sous-cultures alternatives et les campagnes progressistes ont tellement augmenté au printemps et à l&rsquo;été que cela ne peut être que le résultat d&rsquo;une décision des fascistes russes de déclarer la guerre à ceux qui sont le plus aptes à résister.<br />
Ainsi, au petit matin du 21 juillet, une bande de skinheads nazi a lancé une attaque vicieuse contre un camp de protestation contre le nucléaire à Angarsk en Sibérie. Les nazis ont violemment attaqué les activistes dans leur tente et duvet avec barres de fer, couteaux et pistolet à air comprimé. L&rsquo;un des campeurs, Ilya Borodaenko, 21 ans, qui souffrait d&rsquo;une blessure à la tête est mort à l&rsquo;hôpital. Au moins neuf autres, dont un avec les deux jambes cassés, souffre de blessures sevères. Cette attaque en suivait une autre, perpetrée quelques jours plus tôt par une bande de 20 nazis contre des jeunes qui distribuaient de la nourriture aux sans-abris à Novosibirsk et qui s&rsquo;est soldée par les graves blessures d&rsquo;un jeune de 13 ans qui passait par là. Les activités de « Food no bombs » organisées par des antifascistes et des anarchistes sont souvent la cible des violences nazies.</p>
<p>A Moscou et à Saint Petersbourg, il est de plus en plus dangereux pour les jeunes de porter des insignes antifascistes, car ils les rendent visibles à l&rsquo;ennemi.</p>
<p>La plupart des actes de violences fascistes reste sans opposition et sans enregistrement. La réponse des autorités russes a été faible et sans efficacité car la justice criminelle ne s&rsquo;occupe que de peu de cas. Même quand ils agissent, ils se contentent de poursuivre pour hooliganisme au lieu d&rsquo;avoir recours à l&rsquo;Article 282 du code pénal qui couvrent les crimes raciaux. Le mouvement antifasciste est, lui, courageux mais trop peu nombreux.</p>
<p>Rachel Denber, directrice adjointe de la section Europe et Asie Centrale de Human Right Watch, explique que qualifier les crimes fascistes d&rsquo; « hooliganisme » cache leur existence et les rend difficile à combattre. Cela conduit également à réduire les peines lors des jugements.</p>
<p>Au début du mois d&rsquo;août, Alexander Barkashov, fondateur de l&rsquo;organisation nazi illégale Unité National Russe, a été condamné à deux ans de sursis pour avoir mené une attaque féroce contre un officier de police en 2005. Barkashov et trois de ses nervis nazis ont battu leur victime avec des pelles, après l&rsquo;avoir surpris entrain de filmer la maison de Barkashov. Bien qu&rsquo;un procureur de la région de Moscou ait demandé une peine de 4 ans ferme, Barkashov est sorti libre du tribunal. Barkashov, qui n&rsquo;a fait aucun effort pour cacher son flagrant nazisme et qui était clairement motivé par une haine bien ancrée, a été poursuivi principalement pour hooliganisme, chef d&rsquo;accusation pour lequel il a été acquitté.</p>
<p>La faiblesse du système judiciaire s&rsquo;est confirmé en août, quand une cour de Saint Petersbourg condamna Andrei Shabalin à 12 ans de prison pour avoir battu à mort un militant antifasciste et pour tentative de meurtre sur Maxim Zgibai en 2005, lors d&rsquo;une attaque en bande. Shabalin et six autres personnes ont été reconnu coupable de « hooliganisme » et d&rsquo;incitation à la haine raciale. Trois ont été condamné à deux ans de prison ferme et les autres ont eu du sursis. La clémence de peines données aux complices de l&rsquo;homicide de Shabalin laisse la mère et les amis de Kacharava perplexe et démuni.</p>
<p>Poutine et son gouvernement sont parfaitement conscients de la propagation des crimes fascistes en Russie. Poutine en a parlé publiquement à de multiples occasions et à appeler à la « destruction de l&rsquo;extrémisme ».</p>
<p>Il y a encore peu de preuves d&rsquo;une répression de l&rsquo;Etat contre la violence d&rsquo;extrême droite, hormis quelques refus ponctuels d&rsquo;une reconnaissance officielle des organisations fascistes et quelques menues actions contre la publication et la distribution de propagande haineuse. Le problème sous-jacent du profond racisme, de l&rsquo;antisémitisme et autres préjugés haineux n&rsquo;est jamais évoqué. C&rsquo;est cet échec qui nourrit la violence effrénée des fascistes.</p>
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		<title>Cet été, plus de 40 incendies et près de 40 agressions à caractère raciste ont été officiellement déclarées en Allemagne</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:59:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Solingen]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) • 2 mai, Munich, incendie criminel d&#8217;une maison, 3 blessés dont un enfant • 2 mai, Dresde, un demandeur d&#8217;asile éthiopien attaqué et blessé par des néo-nazis • 6 mai, Rostock, plusieurs dizaines de néo-nazis ont attaqué à coups de pierres et de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<div id="attachment_2447" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/40-agressions.jpg"><img class="wp-image-2447" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/40-agressions.jpg" alt="quatrième de couverture du numéro" width="600" height="850" /></a><p class="wp-caption-text"><strong><em>quatrième de couverture du numéro</em></strong></p></div>
<p>• 2 mai, Munich, incendie criminel d&rsquo;une maison, 3 blessés dont un enfant</p>
<p>• 2 mai, Dresde, un demandeur d&rsquo;asile éthiopien attaqué et blessé par des néo-nazis</p>
<p>• 6 mai, Rostock, plusieurs dizaines de néo-nazis ont attaqué à coups de pierres et de fumigènes un foyer de femmes et un centre de jeunes</p>
<p>• 8 mai, Brême, incendie criminel d&rsquo;un foyer d&rsquo;immigrés, 2 blessés légers</p>
<p>• 10 mai, Schwerin, des inconnus ont poignardé un étranger de 23 ans et ont grièvement blessé son compatriote de 33 ans</p>
<p>• 10 mai, Schwerin, profanation de 81 pierres tombales de victimes du fascisme</p>
<p>• 17 mai, Sundern (Dortmund), 2 demandeurs d&rsquo;asile albanais grièvement blessés dans une agression</p>
<p>• 24 mai, Leerstetten (Bavière), un jeune homme qui se présentait comme juif roué de coups par des néo-nazis (il souffre de multiples contusions)</p>
<p>• 26 mai, Sigmaringen, trois coups de feu ont été tirés sur un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, un blessé léger</p>
<p>• 27 mai, Gera, un Mozambicain passé à tabac par trois jeunes</p>
<p>• 29 mai, Solingen, incendie criminel, 5 morts</p>
<p>• 29 mai, Kassel, des coups de feu tirés contre un foyer de demandeurs d&rsquo;asile</p>
<p>• 2 juin, Magdebourg, incendie criminel devant l&rsquo;appartement d&rsquo;une jeune femme russe, pas de blessé</p>
<p>• 5 juin, Constance, incendie criminel d&rsquo;un restaurant turc, un demi million de mark de dégâts</p>
<p>• 6 juin, Bad Olderloe, tentative d&rsquo;incendie criminel contre un appartement occupé par des Turcs, pas de blessés</p>
<p>• 6 juin, Constance, début d&rsquo;incendie, pas de blessés</p>
<p>• 7 juin, Bonn, deux incendies criminels contre des maisons habitées par des Turcs, un blessé</p>
<p>• 7 juin, Bergisch-Gladbach, tentative d&rsquo;incendie</p>
<p>• 8 juin, Wülfrath (Düsseldorf), incendie criminel, plusieurs blessés</p>
<p>• 8 juin, Francfort, tentatives d&rsquo;incendie, pas de blessés</p>
<p>• 8 juin, Hambourg, incendie criminel, pas de blessé</p>
<p>• 8 juin, Oberhausen-Rheinhausen (Karlsruhe), tentative d&rsquo;incendie criminel, un blessé léger</p>
<p>• 9 juin, Fribourg, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessés, 100.000 mark de dégâts</p>
<p>• 9 juin, Wachtendonk, tentative d&rsquo;incendie d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessé</p>
<p>• 9 juin, Pfungstadt, une bombe lancée sur la voiture d&rsquo;un entrepreneur qui construit des foyers d&rsquo;immigrés</p>
<p>• 10 juin, Singen (Constance), incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessé</p>
<p>• 10 juin, Dresde, incendie criminel d&rsquo;un foyer d&rsquo;immigrés, un mort, 4 blessés</p>
<p>• 12 juin, Bergisch-Gladbach, incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par trois familles turques, 2 blessés légers_</p>
<p>• 12 juin, Darmstadt, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessé</p>
<p>• 13 juin, Steinfeld, incendie criminel, pas de blessé</p>
<p>• 14 juin, Huerth (Cologne), incendie criminel, pas de blessé</p>
<p>• 15 juin, Waldshut, Tiengen, incendie criminel d&rsquo;une maison occupée par des Italiens, 2 blessés, 800.000 mark de dégâts</p>
<p>• 15 juin, Wegberg, incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par des Marocains, pas de blessé</p>
<p>• 15 juin, Bonn, plusieurs incendies criminels, pas de blessé</p>
<p>• 15 juin, Oberhausen-Rheinhausen, une jeune fille turque de 16 ans rouée de coups et menacée</p>
<p>• 16 juin, Essen, tentative d&rsquo;incendie criminel d&rsquo;un immeuble habité par des Turcs, pas de blessé</p>
<p>• 16 juin, Hanovre, une patrouille d&rsquo;auto-défense turque déjoue une attaque raciste</p>
<p>• 17 juin, Arnsberg (Dortmund), un cocktail molotov lancé contre un foyer d&rsquo;étrangers</p>
<p>• 17 juin, Duelmen, un Kurde abattu par des inconnus devant un foyer de demandeurs d&rsquo;asile</p>
<p>• 19 juin, Regensburg, une femme agressée et blessée au visage parce qu&rsquo;elle était trop brune</p>
<p>• 19 juin, Kiel, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, 2 blessés</p>
<p>• 19 juin, Francfort, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile en construction, gros dégâts matériels</p>
<p>• 21 juin, Seevetal, incendie criminel d&rsquo;habitations où vivaient un Afghan et sa famille, pas de blessé</p>
<p>• 22 juin, Postdam, un Turc propriétaire d&rsquo;un snack passé à tabac par des jeunes</p>
<p>• 23 juin, Hanovre, 2 bombes incendiaires lancées contre un restaurant turc, début d&rsquo;incendie, pas de blessé</p>
<p>• 23 juin, Wismar, une réfugiée de 35 ans blessée au bras par un pistolet à air comprimé</p>
<p>• 24 juin, Coblence, incendie criminel d&rsquo;une maison occupée par des Turcs, 3 blessés légers, dégâts de 70.000 mark</p>
<p>• 29 juin, Mönchengladbach, incendie criminel de la maison d&rsquo;une famille de Marocains, un blessé grave</p>
<p>• 29 juin, Berlin, un touriste japonais agressé et passé à tabac par des extrémistes de droite</p>
<p>• 30 juin, Mühlhausen, un réfugié roumain poignardé</p>
<p>• 3 juillet, Gütersloh, tentative d&rsquo;incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par des Turcs, pas de blessé</p>
<p>• 9 juillet, Schwedt, plusieurs Polonais agressés</p>
<p>• 10 juillet, Göttingen, tentative d&rsquo;incendie d&rsquo;un foyer d&rsquo;immigrés, pas de blessé</p>
<p>• 11 juillet, Bavière Sud, incendie criminel d&rsquo;un immeuble partiellement occupé par des étrangers, un blessé grave</p>
<p>• 11 juillet, Roth (Nuremberg), incendie criminel du service des étrangers de la sous-préfecture</p>
<p>• 12 juillet, Ilsenbourg, un jeune homme de 19 ans est agressé par plusieurs néo-nazis, hospitalisé avec une fracture du crâne</p>
<p>• 13 juillet, Aachen, début d&rsquo;incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par une famille libanaise, 5 blessés légers</p>
<p>• 14 juillet, Bondorf, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessé</p>
<p>• 14 juillet, Francfort/Oder, un demandeur d&rsquo;asile ghanéen passé à tabac</p>
<p>• 18 juillet, Borken, incendie d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, un blessé léger, 100.000 mark de dégâts</p>
<p>• 19 juillet, Haldensleben, un homme a été passé à tabac par 15 à 20 néo-nazis</p>
<p>• 20 juillet, Bünde, incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par des étrangers, pas de blessé</p>
<p>• 20 juillet, Prenzlau, coups de feu tirés par des néo-nazis contre un foyer de demandeurs d&rsquo;asile</p>
<p>• 23 juillet, Berlin, des grenades lancées contre un foyer de demandeurs d&rsquo;asile (réfugiés de Bosnie)</p>
<p>• 23 juillet, Postdam, profanation d&rsquo;un cimetière</p>
<p>• 24 juillet, Lohr am Main, incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par des Turcs et des Italiens, pas de blessé, 500.000 mark de dégâts matériels</p>
<p>• 26 juillet, Oranienbourg, le musée du camp de concentration de Sachsenhausen mis à sac</p>
<p>• 27 juillet, Hechingen, des tombes juives ont été profanées</p>
<p>• 28 juillet, Würzbour, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, 3 blessés légers</p>
<p>• 28 juillet, Berlin, deux jeunes Libanais attaqués par deux jeunes Allemands armés de couteaux</p>
<p>• 2 août, Frankenthal, un sans-abri a été aspergé d&rsquo;essence et enflammé, il est grièvement blessé</p>
<p>• 5 août, Wegberg, incendie criminel de la maison d&rsquo;une famille marocaine, pas de blessé</p>
<p>• 7 août, Hechingen, des tombes juives ont été profanées</p>
<p>• 10 août, Francfort/Oder, 2 jeunes Polonais agressés et une Polonaise légèrement blessée</p>
<p>• 11 août, Cloppenburg, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, mort d&rsquo;un enfant libanais de deux ans</p>
<p>• 14 août, Hoyerswerda, des travailleurs grecs passés à tabac par des skinheads</p>
<p>• 15-16 août, Gera, un adolescent suisse de 14 ans blessé au visage par 5 skinheads.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
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		<title>J : rappeur et militant antifasciste</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) J est allemand, rappeur et militant antifasciste. Il y a trois ans, il a quitté son pays pour vivre ailleurs en Europe, horrifié qu&#8217;il était par la montée du néo-nazisme en Allemagne. Après avoir signé chez une major, il investit l&#8217;ensemble de son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/J-interview.jpg"><img class="wp-image-2450 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/J-interview.jpg" alt="J-interview" width="600" height="214" /></a></p>
<p><em>J est allemand, rappeur et militant antifasciste. Il y a trois ans, il a quitté son pays pour vivre ailleurs en Europe, horrifié qu&rsquo;il était par la montée du néo-nazisme en Allemagne. Après avoir signé chez une major, il investit l&rsquo;ensemble de son cachet dans Germany Alert, une newsletter hebdomadaire sur les événements en Allemagne et sur l&rsquo;extrême droite.</em><br />
<em> REFLEXes a eu récemment la possibilité de l&rsquo;interroger sur son travail et sur ses convictions.</em></p>
<p><strong>REFLEXes : Peux-tu nous en dire plus sur toi ?</strong></p>
<p>J : Je suis musicien, je joue de plusieurs instruments depuis l&rsquo;âge de 12 ans. Je vivais à Berlin-Est où j&rsquo;ai grandi. Au moment de l&rsquo;unification, quand les nazis, le fascisme, la Grande Allemagne, quand toutes ces conséquences de l&rsquo;unification ont commencé à prendre de l&rsquo;importance, j&rsquo;ai quitté Berlin et décidé de vivre à l&rsquo;étranger. J&rsquo;ai commencé à enregistrer un album, et bien sûr, dans cet album j&rsquo;ai commencé à parler de ce qui se passait en Allemagne. Mais la situation empirait et avant que l&rsquo;album soit fini nous avons commencé à faire <em>Germany Alert</em> parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien : tout ce que nous entendions raconter sur l&rsquo;Allemagne par des amis, par des connaissances, nous ne pouvions pas le lire dans les journaux ni le voir à la télévision ; je voulais donc le mettre dans mes chansons. Mais ce n&rsquo;était pas assez, alors nous avons démarré <em>Germany Alert</em> qui est devenu très important.</p>
<p><strong>R : Qu&rsquo;ont pensé tes amis, ta famille de ta décision de quitter l&rsquo;Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Ils ont pensé que c&rsquo;était une bonne idée. Pour ce que je faisais, pour la musique que je voulais faire, pour ce que je voulais dire. Ils pensaient que c&rsquo;était bon que j&rsquo;apprenne de nouvelles choses. C&rsquo;est ce que je voulais mais avec ce qui se passait en Allemagne cela devenait impossible. Au lieu de s&rsquo;ouvrir au monde, d&rsquo;apprendre à connaître des cultures et des gens différents, tout devait soudainement être allemand. Allemand, allemand, allemand. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est passé, j&rsquo;étais donc assez content de quitter cette atmosphère.</p>
<p><strong>R : Qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;a décidé à t&rsquo;engager dans le combat antifasciste ?</strong></p>
<p>J : Tout simplement parce que j&rsquo;étais personnellement concerné par ce que je voyais et j&rsquo;étais choqué par le fait que personne n&rsquo;en parle. Je suis sûr que certains en parlaient entre eux, mais la population en général n&rsquo;en savait rien car elle ne voyait rien dans les médias, presse ou télévision. À partir de là, j&rsquo;ai pensé que les journalistes ne savaient pas ce qu&rsquo;il se passait ou qu&rsquo;ils ne voulaient pas en parler. Nous avons donc démarré <em>Germany Alert</em> pour les journalistes, les associations humanitaires. Nous avons formé un groupe de journalistes, de reporters, d&rsquo;enquêteurs qui fournissent <em>Germany Alert</em> en informations. Notre lettre d&rsquo;information est envoyée à des journalistes et des militants d&rsquo;organisations humanitaires à travers le monde, et ainsi ces personnes peuvent écrire sur ce qui se passe en Allemagne.</p>
<p><strong>R : Quel est l&rsquo;impact de <em>Germany Alert</em> ?</strong></p>
<p>J : Je pense que c&rsquo;est un succès. Le début a été un peu étrange car nous n&rsquo;envoyions notre lettre d&rsquo;informations qu&rsquo;à très peu de personnes, cinq en fait, comme le Congrès juif mondial ou la Fondation Anne Frank à Amsterdam, pour voir comment les gens réagissaient. Le style de nos articles était alarmant, du genre «Ils sont nazis !». L&rsquo;accueil a été mitigé dans un premier temps : par exemple, le président de la Fondation Anne Frank nous appela pour nous dire «Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? À la Fondation nous avons le plus gros centre d&rsquo;informations sur l&rsquo;Allemagne. Qu&rsquo;est-ce qui se passe ? Nous ne savons rien des informations que vous publiez, donc cela ne peut pas être vrai.» Nous avons quand même continué à lui envoyer notre lettre et trois ou quatre semaines plus tard, il nous envoya un fax nous disant «S&rsquo;il vous plaît, continuez à nous envoyer la newsletter, c&rsquo;est maintenant la chose la plus importante que nous ayons sur l&rsquo;Allemagne. Nous avons vérifié et tout est vrai». Il s&rsquo;excusa et nous nous sommes dit, OK c&rsquo;est bon, nous pouvons maintenant vraiment la lancer.</p>
<p><strong>R : Combien de temps a-t-il fallu pour que vos lecteurs commencent à dire que <em>Germany Alert</em> était une bonne source d&rsquo;informations ?</strong></p>
<p>J : Cela a été très long. Pour les premiers destinataires de notre lettre, cela a pris quelques semaines après qu&rsquo;ils eurent vérifié les informations, puis plus de personnes la recevaient, meilleures étaient les réactions. Par ailleurs, des stations de télévision, la BBC, nous téléphonaient pour obtenir le contact avec des personnes dont nous parlions. Ils voulaient faire des reportages sur les attaques, sur les nouvelles lois sur l&rsquo;asile&#8230; et la même chose se reproduisait aux États-Unis avec ABC (un des trois principaux réseaux de télévision). Il y avait de nombreux encouragements, les gens voulaient ces informations.</p>
<p><strong>R : Avez-vous eu de mauvaises réactions ?</strong></p>
<p>J : Nous avons reçu des menaces de mort par téléphone et un de nos bureaux a été attaqué l&rsquo;année dernière. Mais il était évident que dès le début qu&rsquo;il y aurait des réactions venant des nazis, des organisations fascistes.</p>
<p><strong>R : Quels scoops <em>Germany Alert</em> a-t-il publiés ?</strong></p>
<p>J : Plusieurs informations que nous avons sorties ont été ensuite publiées dans les journaux, et nous avons publié des informations que les grands journaux ne publiaient pas, comme l&rsquo;expulsion des Tziganes d&rsquo;Allemagne. Cela commença l&rsquo;année dernière en novembre. L&rsquo;Allemagne a payé à la Roumanie une grande somme d&rsquo;argent pour que celle-ci devienne en fait «un vaste camp de concentration» de l&rsquo;Allemagne. Ils y déportent toujours des Tziganes ; ces expulsions avaient en effet déjà commencé dans la période précédant la modification de la loi sur l&rsquo;asile. Ils viennent chercher les Tziganes dans leurs foyers, les enfants dans leurs écoles avant de les mettre dans des trains ou des avions en direction de la Roumanie, de la Serbie, des pays en tout cas où ils ne sont pas en totale sécurité. Nous avons recueilli récemment un témoignage sur les conditions de ces expulsions. Ils prennent la famille entière, ils leur enlèvent leurs vêtements, toutes leurs affaires, leur argent est confisqué par les Allemands et on les renvoie sans rien. Bien sûr, quand ils arrivent à destination, nous avons beaucoup moins d&rsquo;informations, mais nous savons plusieurs choses : ils sont mis dans des camps, les familles sont divisées&#8230; Ils ne sont pas envoyés dans un pays où rien ne peut leur arriver. Il est très clair, et les Allemands le savent bien sûr, qu&rsquo;ils sont envoyés en enfer.</p>
<p><strong>R : On peut faire un parallèle avec ce qui est arrivé aux Juifs il y a cinquante ans.</strong></p>
<p>J : Bien sûr, c&rsquo;est l&rsquo;équivalent actuel de ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé dans les années 1930 et 1940, le massacre d&rsquo;un peuple entier et de sa culture. Et ils le savent. Et c&rsquo;était une des choses dont on a parlé au début, mais les gens ne veulent toujours pas l&rsquo;écrire même si c&rsquo;est quelque chose de prouvé. Nous avons aussi publié d&rsquo;autres informations exclusives comme le montant des sommes dépensées par le gouvernement allemand pour déstabiliser la Pologne, la République tchèque et la Russie : ils créent des centres culturels et versent des millions de mark aux organisations qui réclament des territoires de la Pologne, de la Russie et de la République tchèque. Ils le font de manière intelligente, ils mettent en place de soi-disant centres culturels et obtiennent que les gens les acceptent. Ils achètent des terres dans ces territoires mais en utilisant des intermédiaires ; mais comme il existe encore dans ces pays-là des lois qui interdisent aux Allemands d&rsquo;y acheter de la terre, ils passent par des citoyens polonais par exemple. Tout cela est financé par le gouvernement allemand. Nous l&rsquo;avons trouvé dans le budget du gouvernement et nous avons publié le plus que nous pouvions. Ce phénomène n&rsquo;appartient pas au passé, il s&rsquo;accroît de plus en plus chaque année, et son but devient de plus en plus clair : ils agrandissent l&rsquo;Allemagne.</p>
<p><strong>R : Que penses-tu de l&rsquo;attitude du gouvernement vis-à-vis de l&rsquo;extrême droite en Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Je pense que par certains côtés, ils sont une partie de l&rsquo;extrême droite. À cause de tous les liens financiers et personnels existant entre des membres du gouvernement et toutes ces organisations, partis d&rsquo;extrême droite, eux-mêmes liés aux groupes skinheads. Les skinheads nazis n&rsquo;ont peut-être rien dans la tête, mais ils sont néanmoins liés à des organisations qui en fait sont liées, voire financées par le gouvernement. Je pense que cet ensemble est très très bien organisé. Contrairement à ce que raconte le gouvernement allemand, ce ne sont pas des groupuscules. Ce sont des groupes nombreux et très bien organisés. Tout est fait pour tromper le reste du monde, le gouvernement dit qu&rsquo;ils sont peu nombreux, qu&rsquo;il les combat, qu&rsquo;il fait quelque chose contre la violence, etc. mais en fait, il fait tout le contraire. Le gouvernement ne fait rien, ou quand il fait quelque chose, comme une arrestation par exemple, ce n&rsquo;est que pour les médias&#8230;</p>
<p><strong>R : C&rsquo;est vrai. Quand on voit par exemple les attaques de Rostock ou de Mölln, comme c&rsquo;était une affaire énorme, ils ont été obligés de faire quelque chose comme manifester avec une chandelle, ou prendre une petite décision mais c&rsquo;est tout. Comment vois-tu le futur de l&rsquo;Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Tout dépend de la réaction du reste du monde. Je pense que tout dépend de la situation économique actuelle, parce que c&rsquo;est à mon avis à cause de cela que les Allemands réagiront enfin, si on s&rsquo;attaque à leur argent, à leur économie, mais si rien ne se passe de ce côté-là, je ne pense pas que cela va s&rsquo;améliorer, la situation ne va faire qu&rsquo;empirer&#8230;<br />
Je pense que le facteur économique a déjà une influence importante à l&rsquo;heure actuelle ; de nombreuses entreprises étrangères arrêtent d&rsquo;investir en Allemagne. Mais cela n&rsquo;a pas d&rsquo;effet immédiat, le nombre des attaques continue à croître. Et peut-être arriverons-nous au stade où les Allemands diront «On s&rsquo;en fout, on n&rsquo;a pas besoin de votre argent, on dirige notre pays comme on veut.»<br />
Je ne sais pas s&rsquo;ils le peuvent. Ils vendent leurs marchandises dans le monde entier et ils redoutent qu&rsquo;il y ait un boycott contre les voitures allemandes par exemple&#8230; Quant aux skinheads dans les rues, ils attaqueraient peut-être encore mais au moins il y aurait quelque chose de fait contre eux.</p>
<p><strong>R : Donc tu penses que les gens devraient organiser un boycott de l&rsquo;économie de l&rsquo;Allemagne.</strong></p>
<p>J : Exactement. C&rsquo;est ce qui devrait être fait, car c&rsquo;est une des rares choses que les gens comprennent, car cela s&rsquo;attaque à leur argent. C&rsquo;est triste, mais ce genre de choses peut aider.</p>
<p><strong>R : D&rsquo;une manière générale, comment vois-tu ce qui se passe dans le reste de l&rsquo;Europe ? Particulièrement dans les pays où l&rsquo;extrême droite grandit de plus en plus ?</strong></p>
<p>J : Eh bien, je pense que l&rsquo;Allemagne est la clef de tout : si les choses se calment en Allemagne, cela leur rendra la vie plus dure dans le reste de l&rsquo;Europe. Je pense que l&rsquo;Allemagne sert d&rsquo;exemple, montre aux autres néo-nazis d&rsquo;Europe que c&rsquo;est possible, qu&rsquo;ils peuvent avoir une place, être acceptés&#8230; Tout est lié à l&rsquo;Allemagne qui est le centre de l&rsquo;ensemble de ce qui se passe en Europe. Et bien sûr, dans un contexte de crise économique, c&rsquo;est plus facile pour les fascistes et les nazis de convaincre des gens qui ne les auraient pas même écoutés auparavant, avec des raisonnements stupides du genre : s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de travail c&rsquo;est à cause des étrangers qui leur piquent leurs boulots.</p>
<p><strong>R : Penses- tu rentrer un jour vivre en Allemagne ? Que penses-tu faire plus tard ?</strong></p>
<p>J : Eh bien, je ne pense pas que je retournerai vivre là-bas, en tout cas pas dans un futur proche et pas dans la situation actuelle. Comme je le disais, je fais de la musique et je veux faire une tournée et de nombreuses choses comme voyager et en profiter pour parler aux gens de la situation actuelle. Car je peux aller à l&rsquo;émission «Good Morning America» (une des émissions d&rsquo;information et de variétés les plus suivies le matin aux États-Unis) et y dire ce qui se passe ici. Je pense que c&rsquo;est très important d&rsquo;utiliser ce genre de show pour parler aux jeunes. Je ne pourrais pas faire cela si je ne faisais pas de la musique. Je ne pourrais pas le faire même si je le voulais. Mais ce que je veux vraiment faire, c&rsquo;est de la musique, faire ce que je fais, des disques et des tournées, et utiliser cela pour parler de ce qui se passe en Allemagne, en Europe et dans le monde. Je pense que ce travail est aussi efficace, car si tu es un militant antifasciste, tu fais ton travail, mais tu n&rsquo;as pas le même écho que si par exemple Michael Jackson déclare&#8230; (rires)</p>
<p><strong>R : Le mot de la fin ?</strong></p>
<p>J : Hier nous avons discuté avec le président du Conseil national des Tziganes en Allemagne, qui nous en a appris beaucoup sur la déportation des Gitans, c&rsquo;est horrible. Ils prennent des familles entières, on leur enlève leurs vêtements, on leur prend tout ce qu&rsquo;ils ont. Ils prennent tout afin que les Tziganes ne puissent plus revenir et c&rsquo;est incroyable pour moi que cela se passe au coeur de l&rsquo;Europe et que personne n&rsquo;en sache rien ou n&rsquo;en veuille rien savoir. Cela me tue.</p>
<p>Le premier album de J <em>We are The Majority</em> est disponible chez Polydor</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
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		<title>C18 : C comme combat, 18 comme Adolf Hitler</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Dec 2006 11:08:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en juin 1993 dans le n° 39 de la revue REFLEXes) Depuis 14 mois, on assistait en Grande-Bretagne à une vague de terreur nazie, comprenant des attentats, des agressions, des descentes dans des locaux politiques ou syndicaux et des centaines de coups de téléphone anonymes. Ces événements n&#8217;avaient entraîné que peu de réactions [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en juin 1993 dans le n° 39 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2498" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18.jpg" alt="C18" width="600" height="269" /></a></p>
<p><strong>Depuis 14 mois, on assistait en Grande-Bretagne à une vague de terreur nazie, comprenant des attentats, des agressions, des descentes dans des locaux politiques ou syndicaux et des centaines de coups de téléphone anonymes. Ces événements n&rsquo;avaient entraîné que peu de réactions de la part de la police et peu d&rsquo;intérêt dans les médias.</strong></p>
<p>Publié en juin 1993</p>
<p>Le groupe responsable de toutes ces actions est Combat 18 (les 1ère et 8ème lettres de l&rsquo;alphabet sont les initiales d&rsquo;Adolf Hitler), groupe formé à l&rsquo;automne 1991, en coopération avec le néo-nazi américain Harold Covington. On connaît Covington : il est l&rsquo;instigateur de la tuerie de Greensboro (en novembre 1979 en Caroline du Nord) qui fit 5 morts et 9 blessés chez les militants antifascistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-c-comme-combat-18-comme-adolf-hitler/#footnote_0_277" id="identifier_0_277" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir Roger Martin Am&eacute;rikkka, voyage en Am&eacute;rique fasciste, p. 19 &agrave; 28 (N.D.T.).
">1</a></sup>. La révélation de sa présence en Grande-Bretagne par <em>Searchlight</em> en juin 1992 l&rsquo;obligea à quitter le pays en catastrophe. Mais il laissa l&rsquo;ossature d&rsquo;un groupe néo-nazi qui transcende les rivalités des diverses factions de l&rsquo;extrême droite et qui avait déjà de solides contacts avec le groupe protestant terroriste UDA (Ulster defence association).</p>
<p>Combat 18 s&rsquo;est développé secrètement depuis 1991 et le jour où Covington quitta le pays, ils organisèrent de nombreuses attaques contre des antifascistes et des gauchistes dans la rue. Ils avaient commencé à faire des repérages de cibles potentielles, comme les bureaux des journaux radicaux ou des maisons de syndicat, contre lesquelles les attaques de Combat 18 allaient du pavé dans la devanture jusqu&rsquo;au plastiquage. Le journal du parti communiste <em>The Morning Star</em> qui avait déménagé début 1992 dans de nouveaux locaux, reçut la visite d&rsquo;un commando de C18 qui tenta d&rsquo;incendier l&rsquo;immeuble. Ce n&rsquo;est que grâce à la rapide réaction des voisins que les pompiers ont pu sauver la vie des personnes dormant aux étages supérieurs. Des attaques similaires eurent lieu en dehors de Londres, par exemple de sérieux dégâts ont été infligés à plusieurs immeubles à Birmingham.</p>
<p>Une seule fois, C18 essaya d&rsquo;attaquer l&rsquo;Anti Fascist Action dans un pub de Londres ; une douzaine de membres de l&rsquo;AFA résista à une attaque d&rsquo;une soixantaine de fascistes. Après cet échec, C18 ne mena des actions que contre des cibles plus faibles lors d&rsquo;actions de nuit.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2500 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-1-300x206.jpg" alt="C18-1" width="300" height="206" /></a></p>
<p>Le British National Party présenta plusieurs candidats aux élections générales d&rsquo;avril 1992. Ce qui lança dans les rues non seulement les membres de C18, mais aussi d&rsquo;anciens activistes nazis qui avaient fait leurs classes aux beaux jours du National Front dans les années 1970 ou dans des partis ouvertement nazis comme le British Movement au début des années 1980. On y trouve aussi la plupart des hooligans les plus en vue, en particulier ceux des &laquo;&nbsp;Chasseurs de têtes de Chelsea&nbsp;&raquo;. D&rsquo;autres auraient appartenu aux services d&rsquo;ordre des groupes skins. C18 n&rsquo;a pas d&rsquo;adhésion formelle, personne ne possède de carte d&rsquo;adhérent pour des raisons de sécurité. C&rsquo;est une association souple des éléments les plus violents de l&rsquo;extrême droite, encadrée par les plus efficaces de ses instructeurs. La direction vient en partie de l&rsquo;intérieur du British National Party, le parti d&rsquo;extrême droite le plus important d&rsquo;Angleterre.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2501 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-2-300x261.jpg" alt="C18-2" width="300" height="261" /></a>Parmi les personnages-clef, on peut citer Paul David Sargent, par ailleurs connu sous le nom de Charlie &laquo;&nbsp;Ginger Pig&nbsp;&raquo; Sargent, condamné pour violence et trafic international de drogue ; ses deux frères, Stephen lui aussi condamné pour violence, et Bill organisateur de combats illégaux de chiens, sont aussi membres de C18 ; Eddie Wicker, un ancien cadre du National Front, candidat au Parlement, a lui aussi été condamné pour violence et il entretient des liens très étroits avec le groupe protestant Ulster Defence Association, un groupe paramilitaire interdit en Irlande du Nord mais pas dans le reste de la Grande-Bretagne. L&rsquo;un des personnages les plus importants de C18 est Paul Ballard, un ancien militant du National Front et du British Movement. Il avait gardé des liens étroits avec son collègue Tim Weight, alias Tim Scargill, un des leaders du groupe anarchiste Class War jusque récemment.</p>
<p>Scargill est lui aussi un ancien du British Movement et du National Front il y a dix ans, mais également du fameux White Defence Group basé à Croydon dans le Sud de Londres. Une autre relation de Scargill est la femme d&rsquo;un activiste de C18, John Merritt de Croydon. Tim Scargill a joué un rôle central dans la désinformation ambiante à propos de C18, en particulier dans la distribution d&rsquo;une liste de noms et d&rsquo;adresses de membres supposés de C18, dans le but de les transformer en cibles pour les antifascistes. La plupart des informations de cette liste étaient fausses et d&rsquo;après les informations recueillies par les taupes de <em>Searchlight</em> dans l&rsquo;extrême droite britannique, il est clair que Scargill participait à un plan visant à déclencher une guerre entre nazis et antifascistes. Il y a deux ans et demi, Scargill a demandé à des personnes qui sont aujourd&rsquo;hui à la tête de C18 de plastiquer une librairie anarchiste. Une attaque a effectivement eu lieu en avril 1993 à Freedom Press, depuis 100 ans au coeur du mouvement anarchiste en Grande-Bretagne, par un commando masqué de C18 ; cela semble être la réponse à une demande de Scargill. Cette action, aussi bien organisée qu&rsquo;exécutée, a causé des dégâts pour plusieurs dizaines de milliers de francs.</p>
<p>La loyauté de C18 est d&rsquo;abord acquise à l&rsquo;UDA puis ensuite aux groupes néo-nazis. La plupart des membres de C18, surtout les amis de Sargent, des hooligans, semblent moins intéressés par le racisme que par la cause loyaliste. C18 doit avoir au maximum 70 membres à Londres et entre 20 et 30 activistes dans le reste du pays.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-3.jpg"><img class="size-medium wp-image-2502 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-3-300x260.jpg" alt="C18-3" width="300" height="260" /></a>Simon Chadwick, un ancien fonctionnaire, et Graham Tasker, tous deux de Chesterfield dans les Midlands, poursuivis pour agressions, en font partie. Un autre activiste des Midlands, Gordon Jackson, est actuellement en prison préventive. C&rsquo;est un membre important du British National Socialist Movement, le successeur du British Movement. Il a été arrêté pour possession de drogue et pour détention d&rsquo;armes à feu et munitions. C&rsquo;est un des membres les plus endurcis de C18, il a déjà fait de la prison pour violence. Pour des raisons de sécurité, C18 chargea Harold Covington de s&rsquo;occuper du courrier lorsqu&rsquo;il retourna en Caroline du Nord ; ainsi, C18 n&rsquo;avait aucune adresse publique en Grande-Bretagne. Le journal de C18, <em>Redwatch</em>, contenant les listes des cibles potentielles avait comme adresse la boîte postale de Covington Dixie Press, qui retournait les demandes de renseignements à la BP de Stephen Sargent dans le Nord de Londres. Au milieu de l&rsquo;année 1992, la Ligue de St Georges, un groupe ouvertement national-socialiste, commença à publier un supplément «Target» dans son magazine <em>League Sentinel</em> ; comme <em>Redwatch</em>, il listait les noms et adresses de ceux que la Ligue considérait comme ses ennemis et de nombreuses attaques s&rsquo;en suivirent. A la Ligue, c&rsquo;est John Harrison qui en était chargé. Officier de sécurité à l&rsquo;usine de moteur Ford de Dagenham à l&rsquo;Est de Londres, il cultive une relation suivie avec David Irving (dont les réunions sont protégées par C18).</p>
<p>Deux des attaques les plus vicieuses de C18 ont eu lieu dans le quartier de l&rsquo;East-End, quand des néo-nazis du BNP et de C18 essayèrent de &laquo;&nbsp;purifier&nbsp;&raquo; les rues de leurs opposants en les attaquant à coups de couteau et de battes de baseball. Les infiltrés de <em>Searchlight</em> dans l&rsquo;extrême droite ont été capables d&rsquo;identifier les attaquants.</p>
<p>Parfois, C18 a été aidé par la couardise ou la stupidité de ses victimes. Par exemple, la maison de Marc Wadswaorth, un responsable de l&rsquo;Anti-Racist Alliance, a été cambriolée et des documents et carnets d&rsquo;adresse ont été volés. Mis à part ses collègues les plus proches, il n&rsquo;a dit à personne que C18 avait des dizaines de victimes potentielles supplémentaires. <em>Searchlight</em> a monté depuis 14 mois une enquête sur Combat 18 avec l&rsquo;appui de la communauté juive de Grande-Bretagne. <em>Searchlight</em> et «World in Action», le magazine de reportage le plus important d&rsquo;Angleterre, suivi par 9 à 10 millions de téléspectateurs, ont réalisé un documentaire montrant les activités de C18 (programme diffusé le 19 avril). Quand l&rsquo;équipe de «World in Action» a cueilli Charlie Sargent dans la rue, devant ce qu&rsquo;elle pensait être son refuge le plus secret du sud de Londres, il menaça de tuer le reporter. Eddy Wicker voulut éviter de répondre au sujet des liens existant entre C18 et l&rsquo;UDA, mais sans succès. Quelques personnes ont pu être démasquées, dont John Cato, un éditeur nazi de 26 ans du Nord du Kent. Il est le contact d&rsquo;Harold Covington et des personnes qui impriment le très illégal bulletin de C18, <em>Redwatch</em>. L&rsquo;un des gros bras itinérant qui avait pris part à l&rsquo;attaque d&rsquo;un photographe de <em>Searchlight</em> l&rsquo;année dernière sur ordre de Sargent, a été découvert ; il s&rsquo;agit de Warren Bennett, d&rsquo;Écosse.</p>
<p>Un des aspects les plus alarmants qu&rsquo;a découvert <em>Searchlight </em>est le rôle de Phil Edwards, du sud de Londres. Ce maniaque du couteau a été arrêté en juillet dernier pour avoir poignardé un homme dans un pub. Il est laissé en liberté en attendant le procès et participe même à certaines actions de rue de C18. Sargent et ses amis se sont vantés qu&rsquo;Edwards ne serait jamais condamné car ils menaçaient le témoin d&rsquo;accrochage. Quand le procès eut lieu, le témoin-clé vacilla et Edwards fut libéré. Combat 18 a des liens étroits, par l&rsquo;intermédiaire de Sargent et de Covington, avec le groupe terroriste suédois VAM et l&rsquo;anti-antifa allemand. Sargent a des contacts en Belgique et en France. <em>Searchlight </em>et «World in Action» ont donné les preuves des attaques racistes organisées de C18 au Comité des Affaires Intérieures du Parlement britannique, en espérant que les principaux activistes de C18 seront arrêtés ou au moins neutralisés politiquement et militairement dans le futur.</p>
<p><em>Mis en ligne le 9 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_277" class="footnote">Voir Roger Martin <em>Amérikkka, voyage en Amérique fasciste</em>, p. 19 à 28 (N.D.T.).</p>
<p></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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