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	<title>REFLEXes &#187; Emmanuel Ratier</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Bal tragique au Grand Orient : 1 Ratier</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Aug 2015 10:20:25 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La crémation d’Emmanuel Ratier hier au cimetière du Père Lachaise marque un peu plus, s’il en fallait, la fin d’une époque et l’effacement de l’extrême droite activiste issue des années 1960 et 70. Nous ne reviendrons pas sur son itinéraire politique et professionnel : nous avons eu l’occasion de le faire il y a quelques années dans un pastiche de sa lettre d’information, <a href="http://reflexes.samizdat.net/portrait-emmanuel-ratier-printemps-2002/">Méfaits et Documents</a>, qui avait à l’époque suscité son ire. Si notre publication avait pris la forme du pastiche pour éviter des poursuites judiciaires auxquelles E. Ratier pensa un moment, les informations qu’elle contenait étaient justes, à une ou deux approximations près à l’époque.</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/08/Capture-d’écran-2015-08-25-à-17.08.44.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2788" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/08/Capture-d’écran-2015-08-25-à-17.08.44.jpg" alt="Capture d’écran 2015-08-25 à 17.08.44" width="446" height="310" /></a><br />
Tout au plus pouvons nous ajouter que contrairement à d’autres, nous ne considérions pas Emmanuel Ratier comme un adepte de l’explication du complot, ne serait-ce que parce que lui-même l’avait affirmé dans des interviews passées. Par contre sa ténacité contre les réseaux d’influence en place n’avait rien de révolutionnaire : il n’entendait pas lutter contre les réseaux en général mais uniquement contre ceux qui lui semblaient menacer le cœur de son combat : l’identité blanche de la nation française et de l’Europe. Il n’a donc eu de cesse de créer d’autres réseaux, susceptibles de pouvoir contrer, voire remplacer, ceux existant et en présentant les mêmes caractéristiques de secret et de discrétion. Le Cercle du Dernier Lundi fondé il y a une vingtaine d’années en était le meilleur exemple et la disparition de son principal animateur en fragilise bien évidemment l’existence future.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/08/Capture-d’écran-2015-08-25-à-17.12.33.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2789" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/08/Capture-d’écran-2015-08-25-à-17.12.33.jpg" alt="Capture d’écran 2015-08-25 à 17.12.33" width="414" height="407" /></a></p>
<p>Cette dimension réticulaire de l’action d’Emmanuel Ratier s’est d’ailleurs parfaitement manifestée par l’éclectisme des personnes que l’on pouvait apercevoir hier sur le parvis du funerarium du Père Lachaise : de Jean-Marie Le Pen à <a href="http://reflexes.samizdat.net/de-damas-a-paris-de-lamitie-de-largent-et-des-emmerdes/"><strong>Frédéric Chatillon</strong></a>, d’<a href="http://reflexes.samizdat.net/soral-en-dedicace-chez-ratier/"><strong>Alain Soral</strong></a> à Aymeric Chauprade, de Pierre Vial à Henri de Lesquen, toutes les chapelles de l’extrême droite étaient représentées par leurs figures dirigeantes, à l’exception des Identitaires et du FN marinisé. Ceci ne porte d’ailleurs pas forcément de signification, les responsables de ces mouvements ayant pu faire parvenir des messages de sympathie à la famille. Les inflexions des Identitaires ces 10 dernières années dans une lutte obsessionnellement anti-musulmane et les accointances passées avec la LDJ ne pouvaient cependant qu’éloigner ce mouvement des centres d’intérêt de Ratier.<br />
Deuxième aspect important du leg d’Emmanuel Ratier : la documentation. Dès la disparition du journaliste, elle a attisé la fièvre des spécialistes de l’extrême droite qui se sont tous demandés ce qu’elle allait devenir. Il se trouve qu’Emmanuel Ratier y avait pensé puisqu’il avait fondé ce printemps avec d’anciens compagnons de route de toujours, y compris de sa dernière expérience politique avec le <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/"><strong>MNR</strong></a> (Eric Delcroix, Anne Brassié, Francis Bergeron et Philippe Asselin), une association intitulée Archives associatives du Vexin dont la raison sociale est la « sauvegarde de la mémoire française et européenne ». Les archives existantes vont donc être conservées, Francis Bergeron ayant une petite expérience dans ce domaine. Mais notre expérience, après la disparition de notre vieux camarade Maurice il y a de cela quelques années, nous enseigne qu’il est très difficile de remplacer un documentaliste, a fortiori lorsqu’il pouvait avoir la capacité de travail d’Emmanuel Ratier, sans parler des liens individuels tissés par le journaliste. Imagine-t-on par exemple certains franc-maçons qui, pour des motivations variées, distillaient leurs informations à E. Ratier continuer à le faire avec des inconnus ou du moins des militants n’ayant pas la réputation de secret et de fiabilité du journaliste décédé ?<br />
Dernier point : la librairie Facta qui est l’une des dernières existant sur Paris et sur laquelle toutes les conjectures sont possibles.<br />
Au delà de tous ces aspects, le coup est dur pour l’extrême droite radicale qui perd, deux ans après le suicide de <a href="http://reflexes.samizdat.net/dominique-venner-a-sonne-les-cloches-une-derniere-fois/"><strong>Dominique Venner</strong></a>, l’une de ses figures les plus essentielles.</p>
<p><img class="spotlight" src="https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/hphotos-xft1/v/t1.0-9/11880388_950803641628905_8762622355512651551_n.jpg?oh=7143e9c233cec11e1c2c2153a3098282&amp;oe=566B65AA" alt="" width="588" height="445" /></p>
<h4><em>Membres du MAS Paris rendant hommage à Emmanuel Ratier devant la librairie FACTA dans le 9ème arrondissement de Paris.</em></h4>
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		<title>Soral en dédicace chez Ratier</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Jun 2006 09:12:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi 24 juin, Alain Soral dédicaçait son nouveau livre à la librairie Facta, librairie d&rsquo;Emmanuel Ratier situé dans le 9ème arrondissement. Si Alain Soral s&rsquo;est fabriqué depuis plusieurs années une image de provocateur invétéré, choisir la librairie d&rsquo;un militant d&rsquo;extrême droite et antisémite notoire pour lieu de dédicace pouvait sembler curieux. Mais en observant de plus près Soral depuis plusieurs mois, on découvre qu&rsquo;il a multiplié les contacts avec les éléments les plus folkloriques de l&rsquo;extrême droite française. Il avait ainsi donné une interview à « Rebellion », fanzine national-bolchevik de Toulouse en 2005. Il était ensuite passé à la soupe des identitaires à Montparnasse en janvier 2006. Enfin en juin il est invité sur radio Courtoisie (le 17) et signe l&rsquo;appel des 25 : appel pour la libération de l&rsquo;apprenti terroriste et militant néo nazi Michel Lajoye, aux côtés de Fabrice Robert et Richard Roudier du Bloc Identitaire, Gilles Soulas propriétaire de la Librairie Nationale&#8230; En choisissant de signer son ouvrage à la librairie Facta, il a choisi de s&rsquo;allier au fils spirituel d&rsquo;Henri Coston, l&rsquo;homme qui voyait des juifs et des francs-maçons partout, Emmanuel Ratier (pour un portrait complet du personnage, voir le pastiche « <a href="http://reflexes.samizdat.net/portrait-emmanuel-ratier-printemps-2002/">Méfaits et Documents</a>- » sur le site REFLEXes). L&rsquo;annonce de la séance de dédicaces fut reprise aussi bien par Novopress qu&rsquo;Altermedia, preuve que Soral semble avoir de plus en plus de relais et de soutiens chez les fafs, en tout cas au niveau des leaders. Car force est de constater que le public présent ce samedi, mis à part quelques énergumènes repérables à des dizaines de mètres, était composé pour l&rsquo;essentiel de lecteurs de Soral. Lecteurs qui ont eu tout le loisir de découvrir le genre de livres vendus par Ratier, tant il fallait patienter dans l&rsquo;escalier amenant au premier étage où se trouvait l&rsquo;écrivain. Mais visiblement le bobo amateur de Soral ne semblait pas choqué par tous ces livres à la gloire des waffen SS, d&rsquo;Hitler ou toutes ces curieuses revues parlant de racines identitaires. Parmi les clients de la librairie il y eu même quelques célébrités, puisque qu&rsquo;on jurerait bien y avoir reconnu Francesco Condemi, membre du Bureau de campagne pour la présidentielle 2007 de Dieudonné (au côté de Ginette Hess-Skandrani, exclue récemment des Verts en raison de ses affinités avec les négationnistes, et collaboratrice régulière de «La Gazette du Golfe et des banlieues», périodique de Serge Thion) et réalisateur du film «Etat de guerre » (film documentaire avec Th. Meyssan, Dieudonné, P.M. Gallois, espèce de «blouguiboulga» conspirationniste). Il était venu sans doute en ami, passer le bonjour à Soral, puisque celui-ci est un proche de Dieudo depuis l&rsquo;expérience «Euro-palestine» (liste aux européennes de 2004 sur laquelle il devait figurait avec Dieudonné, voir à ce sujet le communiqué de rupture d&rsquo;Europalestine/CAPJPO &laquo;&nbsp;<a href="http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=1410" target="_blank">Dieudonné sur une pente très glissante</a>&laquo;&nbsp;). Le même Dieudonné qui s&rsquo;était déjà illustré au mois de mai en donnant une interview au mensuel d&rsquo;extrême droite le Choc du Mois. Décidément tout ce petit monde n&rsquo;est pas très regardant sur ses fréquentations. L&rsquo;ambiance était malgré tout quelque peu tendue. La faute à une possible descente de la LDJ, qui s&rsquo;était à nouveau illustrée quelques jours plus tôt en attaquant une réunion publique de l&rsquo;AFPS au CICP. Soral ayant déjà été la cible d&rsquo;une agression de leur part lors d&rsquo;une séance de dédicace en septembre 2004 (à la librairie AU PAYS DE COCAGNE à Paris), on pouvait penser qu&rsquo;avec la personnalité du maître des lieux en plus, cela leur faisait 2 bonnes raisons de s&rsquo;offrir une petite visite surprise. Il n&rsquo;en fut rien. Enfin malgré tout, nous ne sommes pas passés loin du drame quand une dame, embarrassée, demanda à acheter l&rsquo;encyclopédie politique française (autre publication d&rsquo;E. Ratier), « celle avec les pseudonymes des juifs ! » et à rencontrer Emmanuel Ratier. Ce dernier, sans doute par timidité, s&rsquo;éclipsa alors dans l&rsquo;arrière boutique, et la vieille dame fut toute déçue d&rsquo;apprendre que son idole n&rsquo;était, dixit le vendeur : « qu&rsquo;un collectif d&rsquo;auteurs ». <em>Posté le 28 juin 2006</em></p>
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		<title>Portrait Emmanuel Ratier &#8211; Printemps 2002</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2004 12:51:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Thierry Dreschmann]]></category>

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		<description><![CDATA[Avertissement : cet article est extrait d&#8217;un pastiche du bulletin d&#8217;Emmanuel Ratier que REFLEXes a publié à l&#8217;automne 2001 puis au printemps 2002 comme supplément au magazine. En tant que pastiche, cet article met bien sûr un point d&#8217;honneur à copier certains travers de l&#8217;original. Toutes les informations ne sont peut-être pas complétement exactes mais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Avertissement : cet article est extrait d&rsquo;un pastiche du bulletin d&rsquo;Emmanuel Ratier que REFLEXes a publié à l&rsquo;automne 2001 puis au printemps 2002 comme supplément au magazine. En tant que pastiche, cet article met bien sûr un point d&rsquo;honneur à copier certains travers de l&rsquo;original. Toutes les informations ne sont peut-être pas complétement exactes mais notre bonne fois ne peut être prise en défaut. Sa présentation ne peut hélas être conforme à celle du support papier.</em></p>
<p><strong>Illustration vivante de la «grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf», Emmanuel Ratier aligne les déjections écrites depuis des années. Ses travaux offrent la particularité de s&rsquo;appuyer à la fois sur ses relations passées et sur ses très bons contacts avec des représentants du ministère de l&rsquo;Intérieur mais également sur un gros travail de documentation qui fait de lui l&rsquo;héritier proclamé de l&rsquo;antisémite Henri Coston, témoin à son mariage et décédé en août dernier.</strong></p>
<p>L&rsquo;itinéraire politique d&rsquo;Emmanuel Ratier, né le 29 septembre 1957 à Avignon (Vaucluse), commence à Rouen en 1973 au sein du mouvement nationaliste et en particulier du Front de la Jeunesse pour lequel il assume à partir de 1976 la direction du périodique <em>Balder</em>. Selon le nazi pro-irakien Michel Faci, né à Paris le 13 avril 1956, ce fils d&rsquo;un architecte et d&rsquo;une ingénieur chimiste aurait été tenté dans les années 1976-1977 par les Groupes Nationalistes Révolutionnaires, dont M. Faci était lui-même un membre actif, mais serait resté attaché au FJ. Le Front de la Jeunesse est alors l&rsquo;organisation de jeunesse du Parti des Forces Nouvelles (PFN), concurrent direct du Front National de Jean-Marie Le Pen, né le 28 juin 1928 à la Trinité-sur-Mer. On trouve au sein du PFN quelques solides pointures militantes comme Roland Gaucher, à l&rsquo;époque membre du bureau politique du parti. Roland Gaucher, né le 13 avril 1919, intégrera par la suite le FN en 1979 et dirigera <em>National Hebdo</em> à partir de 1984 avant de quitter la direction de cet hebdomadaire puis le parti de Jean-Marie Le Pen par désaccord politique profond. Auteur de deux tomes sur l&rsquo;histoire des nationalistes en France depuis 1945 extrêmement instructifs et remplis d&rsquo;anecdotes &#8211; on y apprend par exemple que Carl Lang, né le 20 septembre 1957, remplaçant de Bruno Mégret à la tête de la délégation générale du FN s&rsquo;est marié suivant un rite païen &#8211; il multiplie les articles critiques contre la ligne politique suivie par Jean-Marie Le Pen et s&rsquo;est particulièrement rapproché de l&rsquo;équipe du journal <em>Militant</em> et des nationalistes-révolutionnaires d&rsquo;Unité radicale. On retrouve ainsi sa signature sur le ste Internet d&rsquo;UR ainsi que dans <em>Résistance !</em> au côté de Christian Bouchet, né en 1955. Il est également très proche de Philippe Randa, avec lequel il a commis un ouvrage sur les «antisémites de gauche» et on peut souvent le voir à la librairie parisienne La Licorne bleue (3 bis, rue Jules Vallès 75011 Paris). Celle-ci est gérée par Thierry Dreschmann, né le 21 février 1963, ancien animateur de la Librairie et de l&rsquo;Æncre, avant que celle-ci ne dépose son bilan et ne se fasse racheter par Gilles Sereau, né à Paris le 27 février 1939, gérant de la boîte de sécurité Ambassy et Gilles Soulas, né le 03 septembre 1955, membre du conseil national du FN-MN, dont une partie des revenus est tirée de l&rsquo;exploitation de minitels roses.</p>
<p>Rouen offre alors un terrain politique de choix pour ces militants nationalistes qui multiplient les initiatives : ouverture d&rsquo;un local rue Saint-André en novembre 1977, meetings variés, participation aux élections universitaires, agressions violentes&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs celles-ci qui donnèrent sa véritable réputation au Front de la Jeunesse, ses membres s&rsquo;avérant être parfois de véritables incapables. Ce fut le cas d&rsquo;Arnaud Péritel et Jean-François Hess, dont les apparitions ponctuèrent les années scolaires et universitaires 1974, 1975 et 1976. Le fait d&rsquo;armes de J.-F. Hess fut de se faire attraper à la Faculté de Lettres en mai 1976 avec un cahier recensant l&rsquo;ensemble des militants nationalistes rouennais ainsi que son point de vue porté sur chacun d&rsquo;entre eux.<br />
Mais la principale originalité du Front de la Jeunesse rouennais fut de lancer le mensuel <em>Balder</em>, du nom du dieu scandinave de la Jeunesse et du Renouveau. Dirigé et administré par E. Ratier qui habitait alors rue Étoupée à Rouen, ce journal compta 17 numéros de 1976 à 1979 et fut repris en cours de route par le cercle PAIEN (Pour une Association d&rsquo;Informations et d&rsquo;Études Normandes). E. Ratier est d&rsquo;ailleurs à l&rsquo;époque très proche du GRECE (Groupement de Recherches et d&rsquo;Études pour la Civilisation Européenne) et ne manque pas une occasion d&rsquo;assurer une large publicité aux ouvrages édités par la Nouvelle Droite dont A. de Benoist, né le 11 décembre 1943 à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire), est le principal représentant. <em>Balder</em> était alors clairement engagé dans une perspective nationaliste, anticommuniste et paienne, celle-ci se traduisant par l&rsquo;organisation de fêtes du solstice dans la propriété des parents d&rsquo;E. Ratier qui étaient l&rsquo;occasion de s&rsquo;entraîner physiquement. Destiné à la jeunesse, le périodique mêlait brèves politiques, articles et BD ou dessins. Ceux-ci n&rsquo;hésitaient pas à brocarder le chef du concurrent direct du PFN : Jean-Marie Le Pen.</p>
<p>E. Ratier quitte Rouen pour Paris à la rentrée universitaire de 1980 avec une licence obtenue à l&rsquo;université de Normandie et intègre l&rsquo;Institut d&rsquo;Études Politiques de Paris pour deux ans jusqu&rsquo;en 1982. Il rejoint l&rsquo;Union des Étudiants de Droite dont il devient l&rsquo;un des représentants au conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;IEP et dote cette structure militante d&rsquo;un périodique, <em>Réplique</em>, qui compta au moins 26 numéros sous son égide en tant que rédacteur en chef. Fabriqué de façon très artisanale, ce journal était tapé à la machine, photocopié, réduit et mis en page par E. Ratier, emporté par train à Rouen et dupliqué gratuitement chez ses parents. Les cibles privilégiées de <em>Réplique</em> étaient les syndicats de gauche, UNEF et PSA (Pour un Syndicalisme Autogestionnaire), mais également les regroupements libéraux, tel le Collectif des Étudiants Libéraux de France, ou gaullistes, Union Des Étudiants Gaullistes. Cela n&rsquo;empêche pas Emmanuel Ratier d&rsquo;être suppléant d&rsquo;André Danet, chirurgien-dentiste, conseiller général de Seine-Maritime, classé républicain indépendant et candidat UDF aux élections législatives de juin 1981. Cela lui permet d&rsquo;apparaître dans le journal <em>Paris-Normandie</em> et d&rsquo;être présenté comme «un jeune journaliste plein de dynamisme prêt à en découdre avec la gauche». Ce choix n&rsquo;est pas anodin : André Danet avait en effet un fils bien connu d&rsquo;Emmanuel Ratier puisqu&rsquo;Olivier Danet, avant de devenir mercenaire au Liban et en Rhodésie, de faire un séjour en prison et d&rsquo;être recherché par la justice italienne à propos de l&rsquo;attentat fasciste de Bologne qui fit 89 morts, militait avec le Front de la Jeunesse et s&rsquo;était en particulier fait remarquer lors d&rsquo;une attaque contre des militants d&rsquo;extrême gauche rue du Gros-Horloge à Rouen en mars 1976. Mais il fréquente également d&rsquo;autres personnages à l&rsquo;UED de Sciences-Po, que ce soit Patrice Henry Duchene, titulaire d&rsquo;un DESS «Études de marché et d&rsquo;opinion», ancien associé du journal mégretiste Le Français et ancien membre du CSA, Yves Boverro, ancien directeur de cabinet de Bruno Mégret à Vitrolles, Antoine Gabizon, également membre du GUD, Jean-Baptiste Bobin, directeur de cabinet du préfet en région PACA ou Frédéric Sauvegrain, cadre du FN. E. Ratier se fait d&rsquo;ailleurs remarquer avec tout ce petit monde lors de la violente bagarre qui oppose en janvier 1982 des militants de l&rsquo;UED et du GUD à des militants de gauche, affrontement au cours duquel est blessé Gauthier Guillet, adjoint à l&rsquo;urbanisme de B. Mégret à Vitrolles. Cela ne fut d&rsquo;ailleurs pas concluant pour E. Ratier qui choisit sans doute à ce moment là de troquer la barre de fer contre le stylo, ce qui présente évidemment moins de risques physiques&#8230;</p>
<p>Complétant sa formation en sciences politiques par une formation de journaliste au CFJ en 1982, il place quelques papiers au <em>Figaro-magazine</em> qui sort à peine de l&rsquo;influence de la Nouvelle Droite, entre en 1983 au service société de <em>Valeurs actuelles</em> puis à <em>Magazine-Hebdo</em>. Cela lui laisse le temps de travailler à l&rsquo;Anti Defamation League of B&rsquo;nai B&rsquo;rith, organisation juive américaine installée à l&rsquo;époque rue de Rennes et dirigée par Shimon Samuels, actuel responsable européen du Centre Simon Wiesenthal. Ne reculant devant aucun procédé pour gagner sa vie, il se fait embaucher comme consultant pour écrire une étude sur l&rsquo;extrême gauche mais est rapidement identifié et licencié. Il finit par rejoindre <em>Minute</em> en 1984. Il s&rsquo;occupe du secteur Grandes enquêtes &amp; documents et devient le rédacteur en chef de la lettre hebdomadaire confidentielle <em>La Lettre bleue</em> de 1986 à 1987. Représentant FO, il se retrouve en conflit avec la rédaction lors de la tentative de rachat de <em>Minute</em> en juillet 1986 par Yves de Montenay, industriel millionnaire, membre du Club de l&rsquo;Horloge et proche des ultra-libéraux du Parti républicain. Soutenue par E. Ratier, cette candidature se verra opposer un net refus des journalistes de <em>Minute</em>, dont une partie ira créer <em>Le Choc du Mois</em>. Participant à quelques numéros du <em>Spectacle du Monde</em>, du <em>Crapouillot</em>, propriété de Roland Gaucher à cette époque et des Dossiers de <em>National-Hebdo</em>, il finit par rejoindre le groupe de presse des époux Lefebvre, éditeurs de <em>Magazine-Hebdo</em>, qui comprend des titres aussi divers que <em>l&rsquo;Officiel protection-sécurité</em>, dont il devient directeur de la rédaction avec Serge Ferrand comme rédacteur en chef, ou <em>La Tribune parlementaire</em>. Alain Lefebvre, né le 1° avril 1947 dans le XVI° arrt. de Paris fut militant de la Fédération des Étudiants Nationalistes avant d&rsquo;entrer au GRECE et de s&rsquo;intéresser à l&rsquo;univers de la publicité en collaboration avec le journaliste Christian Blachas, animateur de l&rsquo;émission Culture-Pub. De 1989 à 1996, E. Ratier est avec Jean-Claude Valla le principal rédacteur de <em>La Lettre de Magazine-Hebdo</em>, lettre confidentielle qui apparaît comme l&rsquo;ébauche de celle qu&rsquo;il lance en 1996 avec l&rsquo;aide de F. Brigneau, <em>Faits &amp; Documents</em>, qui traite de la vie politique, des parutions périodiques et de l&rsquo;influence supposée des franc-maçons. C&rsquo;est d&rsquo;ailleur un domaine qu&rsquo;il connaît bien puisqu&rsquo;il a été initié à la loge La Nef de Saint Jean de la Grande Loge Nationale Française, à la Garenne-Colombes. Il apparaît ainsi en 1989 comme membre du bureau de la loge, qui a été dissoute par la suite par la GLNF.</p>
<p>Parallèlement à cette activité de journaliste de presse, E. Ratier édite de multiples ouvrages antimaçonniques, «antisionnistes» ou plus récemment anti-antifascistes. Bien implantés au sein de la mouvance nationaliste, ses ouvrages et sa lettre confidentielle jouissent d&rsquo;un soutien qui ne s&rsquo;est jamais démenti, en particulier de la part du Front National dont le journal <em>Français d&rsquo;abord !</em> lui achetait régulièrement des informations. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sous la plume élogieuse de Damien Barillet, né en 1968, rédacteur en chef et lieutenant de Bruno Mégret qu&rsquo;a été annoncée en décembre 1996 la publication de <em>Faits &amp; Documents</em>.<br />
E. Ratier est néanmoins bien placé pour s&rsquo;assurer une véritable autopromotion au sein du mouvement national puisqu&rsquo;il jouit d&rsquo;une véritable tribune régulière à <em>National-Hebdo</em> sous la signature de Gabriel Lindon. Par le passé, E. Ratier a pu malgré tout s&rsquo;attirer de solides inimitiés par un comportement étrangement opportuniste pour un véritable militant de la cause nationale. C&rsquo;est ainsi que la publication en novembre 1996 par <em>WOTAN</em>, journal des Charlemagne Hammer Skins, d&rsquo;une lettre qui lui était attribuée provoqua sa fureur et une plainte pour diffamation de sa part : «<em>Chers amis de Wotan, je tiens à vous remercier pour votre sympathique envoi. Je suis très enthousiaste de constater que votre combat contre le sous-homme Juif est en bonne voie. WOTAN est un venin redoutable et nos amis sémites ne devraient pas tarder à entreprendre certaines mesures pour limiter les dégâts à son encontre mais tenez bon ! J&rsquo;ai été très peiné de savoir que WOTAN avait été retiré de la vente à l&rsquo;Æncre suite à la répression de la Juiverie française. J&rsquo;espère que vous continuerez plus que jamais la lutte contre tous ceux qui se mettent sur votre chemin, et ce, quels qu&rsquo;ils soient. M.A.J. !</em> » Accusant les CHS dans National-Hebdo d&rsquo;être des faussaires, E. Ratier n&rsquo;avait en fait pas du tout apprécié que ces derniers publient auparavant sa lettre de demande de service de presse que ponctuaient des amitiés sans ambiguité. En retour, <em>WOTAN</em> accusa à son tour E. Ratier d&rsquo;être à l&rsquo;origine du refus de dépôt-vente de la revue par l&rsquo;Æncre, refus dont le motif officiel était une saisie du journal par la police. Les principaux actionnaires de l&rsquo;Æncre étaient à cette époque Thierry Dreschmann et Philippe Randa, dont l&rsquo;amitié pour l&rsquo;écrivain nationaliste anti-skinheads Jean-Paul Bourre ne s&rsquo;est jamais démentie. Les CHS portaient alors ce jugement sur E. Ratier : «<em>Qui est Ratier ? Rien, si ce n&rsquo;est un «pseudo-universitaire», un «historien» à deux sous qui se prend pour le David Irving français, un affabulateur mythomane [...] dont l&rsquo;intérêt est de rester un individu respectable, histoire de fourguer ses bouquins de merde aux bibliothèques des mairies FN. Il est intéressant de remarquer comment un «antijuif» tel que M. Ratier va se plaindre auprès d&rsquo;un agent de ZOG.</em>»<br />
Et de conclure : «<em>L&rsquo;ensemble des CHS lance un appel national à tous nos lecteurs afin d&rsquo;obtenir l&rsquo;adresse personnelle de M. Emmanuel Ratier afin qu&rsquo;il lui soit donné l&rsquo;occasion de nous démontrer en personne et au plus vite si le gratte-papier scribouillard de merde qu&rsquo;il est a autant de courage en actes qu&rsquo;en paroles</em>&#8230;» Les CHS ne semblent pas avoir su à l&rsquo;époque que les deux adresses officielles d&rsquo;E. Ratier sont situées rue Creuvier à Rouen et rue de Maubeuge dans le neuvième arrt. de Paris, cette dernière étant au nom de Véronique Malandain, mais qu&rsquo;il est également courant de le rencontrer dans le quartier de la rue Daguerre dans le XIV° arrt.. L&rsquo;arrestation début 1997 des principaux animateurs de ce réseau néo-nazi, en particulier le Marseillais réfugié à Londres Hervé Guttuso, n&rsquo;a pu que réjouir E. Ratier.</p>
<p>De fait, sa principale limite semble être son ambition démesurée, alimentée par un ego surdimensionné. Cela se traduit par des lettres d&rsquo;autopromotion dithyrambiques qui alignent les petites phrases à la gloire de ce «grand journaliste indépendant» : lettre de remerciement et félicitations de Jean-Marie Le Pen, louanges de F. Brigneau, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ou <em>Haute Protection</em>, revue du «capitaine» Paul Barril. Cette ambition le pousse également à produire des livres dont il sait parfaitement qu&rsquo;ils en feront un auteur incontournable au sein du courant nationaliste, même si son travail n&rsquo;est souvent qu&rsquo;un réchauffement de la soupe élaborée par le défunt Yann Moncomble. Mais E. Ratier rêve également d&rsquo;une véritable reconnaissance par ses ennemis, ce qui explique ses sempiternelles jérémiades sur le pillage dont il serait victime, les «attaques» dont il serait la cible ou les très nombreuses informations sur les mouvements nationalistes contenues dans <em>Faits &amp; Documents</em>. E. Ratier n&rsquo;a jamais hésité à sacrifier les siens pour son propre intérêt particulier. Cela le pousse d&rsquo;ailleurs à être prudent plutôt que téméraire et à racheter à l&rsquo;agence Sygma tous les clichés pris lors de l&rsquo;université d&rsquo;été 1998 du FN sur lesquels on pouvait ne serait-ce que l&rsquo;apercevoir. Pour autant, il sait ménager son milieu et il a fait preuve de la plus haute circonspection dans la crise qui a secoué le mouvement national fin 1998. Lié aux «putchistes» menés par Bruno Mégret, comme par exemple Jean-Claude Bardet qui était un invité particulier à son mariage et n&rsquo;a jamais caché son mépris pour Le Pen qu&rsquo;il considère depuis longtemps comme dépassé, il a dans un premier temps accusé le coup. Désaffection du public, baisse des réabonnements, querelle avec Le Pen lors d&rsquo;un banquet des directeurs de presse nationalistes, suppression de sa rubrique dans <em>National-Hebdo</em>&#8230; 1999 a été indéniablement une année difficile. Mais Ratier a réussi à rétablir la barque et a retrouver une situation comparable à l&rsquo;avant-scission. On a pu le voir aux BBR 2000 et 2001 et il a repris sa rubrique de <em>National-Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. Signe de ce rapprochement avec les lepénistes, il est intervenu lors du dernier conseil scientifique du FN début décembre. Il a par ailleurs resserré les rangs avec les autres directeurs de presse en lançant l&rsquo;année dernière avec Jean-Claude Varanne (National-Hebdo), Serge de Beketch (Libre Journal de la France Courtoise), Camille Galic (Rivarol) et Claude Giraud (Monde &amp; Vie) un appel au gouvernement pour que celui-ci revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de frs à l&rsquo;<em>Humanité</em> ainsi que sur la suppression de l&rsquo;aide de 700000 frs à <em>Présent</em> décidée en 1997 par Jack Lang. Il a par ailleurs eu le plaisir de voir ses ouvrages sortir de la sphère européenne grâce à l&rsquo;édition en langue arabe de deux ouvrages consacrés aux organisations juives (Betar et B&rsquo;nai B&rsquo;rith). Il le doit à la petite maison d&rsquo;édition Dar Tlass, propriété du très antisémite général syrien Mustapha Tlass, ministre de la Défense de son pays et vieux contact des néo-fascistes français (cf <em>REFLEXes</em> n°51). Par ailleurs, la mort récente d&rsquo;Henri Coston fait de lui à présent le seul archiviste de la droite nationaliste ce qui devrait bien arranger ses affaires, même si les archives en tant que telles lui ont échappé.</p>
<p>Signe que cet homme est éclectique, on a pu le voir cet été au Pakistan visiter les Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indoeuropéenne persécuté par le gouvernement pakistanais ou cet automne faire l&rsquo;indien sous un tipi du côté de Pontoise tout en gardant un oeil sur le groupe informel de rencontres qu&rsquo;il a mis sur pied le dernier lundi de chaque mois&#8230; Mais lorsqu&rsquo;on est franc-maçon et que l&rsquo;on a travaillé pour l&rsquo;ADL, on sait tout faire&#8230;</p>
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		<title>Réellement virtuel</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:11:27 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Avant tout, quelques précisions d&rsquo;ensemble s&rsquo;imposent. En effet, il serait présomptueux de prétendre offrir ici un recensement exhaustif des sites d&rsquo;extrême droite français. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;entre la rédaction de cet article et sa parution, de nombreux sites auront disparu, d&rsquo;autres auront peut-être malheureusement vu le jour. Ensuite, parce qu&rsquo;ont été laissés de côté de nombreux sites «spécialisés», tels par exemple les innombrables sites anti-IVG et catholiques intégristes, dont l&rsquo;étude pourraient à eux seuls faire l&rsquo;objet d&rsquo;un article spécifique, ou encore le site révisionniste de référence AAARGH. Enfin, parce qu&rsquo;il aurait été intéressant d&rsquo;y associer l&rsquo;étude de sites francophones belges, suisses et canadiens, souvent plus riches que leurs homologues de l&rsquo;Hexagone. Ainsi, par souci de clarté, il a fallu faire des choix ; il reste cependant possible qu&rsquo;un oubli majeur ait été fait, ou que des informations erronées aient échappé à notre vigilance. Nous invitons donc nos lecteurs à nous faire part de leurs observations, pour une&#8230; mise à jour !<br />
Par ailleurs, nous ne développerons pas la présentation des publications papier ayant un site web, et renvoyons le lecteur à l&rsquo;article de ce numéro sur le sujet. Signalons simplement qu&rsquo;à l&rsquo;exception du quotidien <em>Présent</em>, les principaux organes nationalistes ont aujourd&rsquo;hui leur site : <em>Minute</em>, <em>Rivarol</em> et <em>National Hebdo</em> existent en version électronique, mais à des degrés divers. Si <em>Rivarol</em> se contente d&rsquo;une page de présentation du journal (et surtout d&rsquo;un bulletin d&rsquo;abonnement) et <em>Minute</em> de quelques extraits, l&rsquo;hebdomadaire <em>National Hebdo</em> propose un contenu un peu plus conséquent : numéro de la semaine (depuis peu en intégralité), billets d&rsquo;humeur quotidiens, et un espace réservé aux abonnés qui propose les archives du journal. Signalons également la mise en ligne tardive de la lettre d&rsquo;Emmanuel Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>, sans grand intérêt puisque ne proposant que peu d&rsquo;archives (les dix derniers numéros au format PDF), et surtout pas le numéro en cours. Il faut dire que Ratier fait payer suffisamment cher sa feuille de chou pour ne pas les livrer gratuitement au premier internaute venu. C&rsquo;est toujours autant d&rsquo;imbécillités non diffusées, ce qui n&rsquo;est déjà pas mal&#8230; Pour le reste, la rubrique «Librairie» lui sert surtout d&rsquo;autopromotion, et la rubrique «Liens» est tellement hétéroclyte qu&rsquo;un aigle allemand n&rsquo;y retrouverait pas ses petits : sites historiques, sites dédiés au cryptage, banques d&rsquo;images&#8230; Notons toutefois, à la rubrique «liens politiques», que les liens vers le FN et le MNR renvoient à des pages vides !</p>
<h3>Au commencement étaient les CHS&#8230;</h3>
<p>Au milieu des années 1990, on compte environ 400 sites néo-nazis sur la Toile, essentiellement américains, allemands ou scandinaves. Ce sont donc les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite mondiale qui, les premiers, avec les révisionnistes de tout poil, comprennent l&rsquo;avantage qu&rsquo;Internet représente pour la diffusion de leurs idées. Or, à l&rsquo;inverse de ce qui s&rsquo;est produit dans d&rsquo;autres pays, les néo-nazis français n&rsquo;ont pas saisi d&rsquo;emblée la chance qui s&rsquo;offrait à eux en terme de propagande. Il faut cependant reconnaître que la faible pénétration d&rsquo;Internet en France à l&rsquo;époque (3% des Français sont connectés en 1996) relativisait l&rsquo;importance de ce média, et les sites antiracistes français étaient également rares. En 1996, les Charlemagne Hammer Skinheads (CHS), groupuscules dirigés par Hervé Guttuso, ouvre leur site, appelé ElsaSS88 (jeu de mots sur «Alsace» en alsacien). L&rsquo;inspiration américaine du groupuscule de Guttuso, qui a séjourné plusieurs années aux États-Unis, n&rsquo;est certainement pas étrangère à cette «innovation», les néo-nazis américains ayant précocement investi Internet. On retrouve sur le site, richement illustré, l&rsquo;«humour» très particulier de Guttuso, son antisémitisme pathologique, la mise en ligne d&rsquo;extraits de ses publications (<em>WOTAN</em>, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>) ainsi que des fiches pratiques pour la réalisation d&rsquo;engins explosifs. Le site était initialement hébergé par AOL, mais réalisé en France, grâce en particulier à la compétence technique d&rsquo;Éric Monnier, né en 1973, fils d&rsquo;un haut fonctionnaire lyonnais et étudiant en maîtrise de physique. Aussi, il a été facile à la filiale française d&rsquo;AOL, alertée par Marc Knobel du centre Simon Wiesenthal, de résilier l&rsquo;abonnement et de fermer le site des CHS, malgré quelques cafouillages, le site ayant réussi à rouvrir peu de temps après son blocage. Cependant, sa BAL étant elle hébergée chez Geocities, Guttuso a été en mesure de prévenir ses contacts de la fermeture du site, et même de se payer le luxe d&rsquo;un communiqué de presse pour dénoncer les «ordures négrophiles» et autres «youpins» soi-disant responsables de ses malheurs : il faut dire que le site avait fait, à l&rsquo;époque, couler beaucoup d&rsquo;encre. Le 28 octobre 1997, le Parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre X pour «contestation de crime contre l&rsquo;humanité, incitation à la haine raciale, apologie d&rsquo;actes de terrorisme et provocation au meurtre». Éric Monnier est arrêté et condamné à trois mois de prison (Guttuso avait déjà pris la poudre d&rsquo;escampette, direction Londres, chez ses copains de Combat 18), et douze autres membres des CHS ont été arrêtés, arrestations qui signaient l&rsquo;arrêt de mort du groupe. En 1998 pourtant, le site de CHS refait surface, hébergé cette fois par le prestataire canadien Fairview Technology Centre Ltd., par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;Éric Monnier semble-t-il. Aujourd&rsquo;hui, le site semble avoir disparu : il n&rsquo;est en tout cas référencé nulle part, et les sites néo-nazis actuels n&rsquo;y font pas allusion.</p>
<h3>Aussi rares qu&rsquo;un cheveu de skin</h3>
<p>L&rsquo;expérience malheureuse des CHS a-t-elle découragé ce qui reste de la scène néo-nazie en France ? Le site du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) a disparu ou presque (une page renvoie à son mensuel Le Flambeau), et il semble d&rsquo;ailleurs que les rares sites ouvertement NS aient une durée de vie relativement courte, à l&rsquo;image des zines sur papier des années 1990 : «BBKrew», «Empire» et autres, malgré la bienveillance de l&rsquo;hébergeur américain suprémaciste Front 14 (cf. encart), ont disparu, et la demi-douzaine de survivants, fruit du travail acharné de quelques boneheads besogneux, sont plutôt pathétiques. À titre d&rsquo;exemple, le site Résistance (Ressources 88) se proclame «fier d&rsquo;être blanc» et, à titre d&rsquo;action militante, invite les «kamarades» à&#8230; boycotter la redevance télé! Tandis que la haine de Patriote 88 à l&rsquo;égard des Juifs n&rsquo;a d&rsquo;égal que celle qu&rsquo;il porte à l&rsquo;orthographe, le mystérieux «Mouvement National-Socialiste Français» ne propose sur sa page de présentation, sans aucun autre écrit, pas même une adresse e-mail, que cette phrase laconique : «La liberté et la sécurité : deux principes qui exigent de sanctionner ceux qui nous les refusent». Comprend qui veut&#8230; La Meute de Fenrir, avec un site assez bien réalisé, semble pour l&rsquo;instant faire exception : ce groupe de boneheads originaires du nord de la France, hébergé dans un premier temps chez Front 14, et qui a refait surface chez Liberty Surf, ne propose cependant sur son site rien de bien intéressant : un texte squelettique sur les raisons de l&rsquo;existence de la Meute, les sommaires de sa publication, quelques liens&#8230; Pas de quoi partir pour mille ans. Cette pauvreté n&rsquo;empêche pas les ennuis judiciaires de se poursuivre : en 1999, un facho français est condamné à 10 000 francs d&rsquo;amende pour avoir tenu des propos racistes sur un forum de discussion d&rsquo;Infonie, en 2000 un jeune néo-nazi de 16 ans, originaire lui aussi du Nord, qui avait ouvert un site chez Multimania intitulé en toute modestie NSDAP et proposant des extraits de Mein Kampf, a vu son site fermé par l&rsquo;hébergeur suite à des pressions de l&rsquo;UEJF et a été entendu par un juge&#8230; À ce propos, les nouvelles mesures législatives visant à réglementer la liberté d&rsquo;expression sur Internet (amendement Bolche, entre autres) ont considérablement accru la méfiance et la «vigilance» des hébergeurs de sites gratuits, sans compter les retentissements de l&rsquo;affaire Yahoo ! (qui proposait des objets de propagande nazie aux enchères) : on comprend dans ces conditions que beaucoup de néo-nazis français se soient demandés si le jeu en valait la chandelle.<br />
Internet et la réalité se rejoignent ici : moribond et fragmenté, le milieu NS français fait triste mine sur la Toile, au regard des sites flamboyants des néo-nazis américains, scandinaves ou allemands. Et une chose semble sûre : la poignée de néo-nazis français encore actifs se méfient d&rsquo;Internet, et préfèrent encore la bonne vieille disquette échangée sous le manteau pour diffuser les documents «sensibles», (cf. le manuel WUNS, voir <em>REFLEXes</em> n°3). Il semble donc qu&rsquo;Internet n&rsquo;ait pas pris le relais des innombrables petites feuilles de choux néo-nazies qui fleurirent au cours de la décennie 1990, faute d&rsquo;activistes ou de compétences.</p>
<h3>Le site d&rsquo;Unité radicale</h3>
<p>Doit-on déduire de cette quasi-absence de sites «folkloriques» que les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite française ont déserté le Net ? Certainement pas. Au contraire même, le faible nombre de sites «parasites» offre à ceux qui ont su s&rsquo;organiser et se donner les moyens d&rsquo;animer véritablement leurs pages une plus grande lisibilité, et les NS français, par le biais des forums entre autres choses, en profitent indirectement.<br />
Ainsi se présente le site d&rsquo;Unité Radicale (UR). Ouvert début 2000, moins de deux ans après la création d&rsquo;UR, hébergé initialement par Xoom.com, de la NBC, et conçu par Fabrice Robert, il a su, petit à petit, évoluer et intégrer les principales innovations d&rsquo;Internet par rapport au support papier : listes de diffusion interne (réservé aux membres) et externe, actualisation régulière, archivages des revues, forum, et depuis cette année, l&rsquo;achat d&rsquo;un nom de domaine propre. On peut noter que, de même que la concurrence NS s&rsquo;est éclipsée, il est actuellement quasiment le seul site nationaliste-révolutionnaire encore actif. Pourtant attachés traditionnellement à leur indépendance vis-à-vis de toute organisation, les GUD (de Lillet et d&rsquo;Arras, entre autres), officiellement rattachés à UR, ont délaissé leurs sites les uns après les autres comme leurs camarades néo-nazis, ils ont par ailleurs été victimes des contraintes de leur hébergeur Front 14). Seul le site du GUD de Sainteté était encore consultable cet été, mais avec un contenu assez misérable : quelques photos du défilé du 1er mai, un «historique» des autocollants du GUD&#8230; De la même façon a disparu le site d&rsquo;Alternative nationale, groupuscule mené par Eddy Marsan, ex-MN, peu de temps après sa récupération par UR.<br />
Réalisé avec soin, le site d&rsquo;UR adopte un plan assez classique : une page d&rsquo;accueil renvoie vers différentes rubriques et accueille également les premières lignes d&rsquo;un éditorial hebdomadaire, signé par le chef, Christian Bouchet. Il y partage la vedette avec une «figure» de l&rsquo;extrême droite : Roland Gaucher, de façon épisodique, et surtout Philippe Randa, alias Philippe Duquesne, ancien gudard reconverti dans l&rsquo;édition d&rsquo;extrême droite (éditions Didro), qui tient lui aussi une rubrique régulière.<br />
Le plan du site suit un ordre assez classique : d&rsquo;abord une présentation générale, un vague historique du mouvement (agrémenté d&rsquo;une longue interview d&rsquo;un mystérieux «porte-parole national du GUD»), une liste des «mouvements NR dans le monde» qui regroupent les organisations du FEL, les communiqués d&rsquo;Unité radicale depuis mai 2000, les archives des publications <em>Résistance !</em> (depuis le n°2) et <em>Jeune Résistance !</em> (depuis le n°8), ainsi que, depuis peu, celles de la revue belge Devenir (dont les animateurs étaient présents en nombre dans le défilé UR du premier mai 2001). Ces rubriques, présentes depuis l&rsquo;ouverture du site, ont été complétées au fur et à mesure par d&rsquo;autres, plus «interactives».<br />
En premier lieu, UR propose un forum de discussion dont on peut dire, malgré une petite baisse de régime ces derniers temps, qu&rsquo;il est le seul à ne pas s&rsquo;être essoufflé malgré une durée de vie relativement longue. Ce forum est soigneusement contrôlé par son modérateur, Fabrice Robert, qui est également l&rsquo;administrateur du site. Âgé d&rsquo;une trentaine d&rsquo;années, il milite dans les rangs NR depuis plus de dix ans : il a fait ses débuts à Troisième Voie, puis s&rsquo;est fait un nom en fondant Jeune Résistance, l&rsquo;organisation de jeunesse de Nouvelle Résistance, l&rsquo;«ancêtre» d&rsquo;Unité radicale, a été conseiller municipal FN à La Courneuve (93) et a connu quelques soucis judiciaires (entre autres pour diffusion de tracts révisionnistes et de propagande nazie). Il est également le guitariste de Fraction (ex-Fraction Hexagone, l&rsquo;un des premiers groupes musicaux français nationalistes à être présent sur Internet), et bénéficie de ce fait d&rsquo;une certaine renommée dans le milieu de la musique facho : c&rsquo;est donc tout naturellement qu&rsquo;il a été désigné, en décembre 2000, officiellement responsable au sein d&rsquo;UR d&rsquo;Internet et des relations avec le RIF. Il ne s&rsquo;est cependant pas fait que des amis dans le petit milieu du RIF en réservant la présence des groupes de son écurie Bleu Blanc Rock à son site BBR.com&#8230;<br />
La présence d&rsquo;un responsable à plein temps a certainement permis à ce forum d&rsquo;éviter les écueils qui ont causé la perte de ses «concurrents», ceux des GUD ou encore celui de Radikalweb (cf. encart ci-dessous) : les messages des opposants sont systématiquement écartés, évitant des échanges stériles, et, en dépit d&rsquo;un contenu assez ouvertement raciste et antisémite, les messages trop outrageusement diffamatoires sont également éliminés. Le modérateur a néanmoins eu des soucis judiciaires. Par ailleurs, F. Robert intervient fréquemment pour rappeler la position officielle d&rsquo;UR (à propos de la Palestine ou de Mégret, par exemple).<br />
Au final, les contributions de la vingtaine de participants réguliers au forum restent le plus souvent d&rsquo;un niveau affligeant (commentaires sommaires de l&rsquo;actualité, discussions sans fin autour de la scission FN / MNR, du type «Faut-il aller aux BBR ?» ou «Pour qui voter en 2002 ?», ou encore des petites annonces comme celle, authentique, proposant à la vente un casque de SO à croix celtique !). En conclusion, on s&rsquo;y informe parfois, on s&rsquo;y ennuie souvent. Il représente cependant un indicateur relativement fiable (comparé aux discussions entendues sur les lieux nationalistes) des préoccupations et de l&rsquo;état d&rsquo;esprit des militants radicaux. Notons qu&rsquo;Unité radicale propose également une liste de diffusion «tout public», mais qui ne diffuse pas grand-chose (une newsletter intitulée Nos racines, qui regroupe un résumé des éditoriaux et de quelques liens) et ne semble pas être une priorité : seuls les membres d&rsquo;UR reçoivent régulièrement des informations, mais sur une liste appropriée. Un vieux fond de paranoïa, sans doute. Aussi, le curieux est-il renvoyé à la rubrique «news», qui propose quelques commentaires NR sur l&rsquo;actualité.<br />
L&rsquo;une des parties les plus fournies du site concernent les liens : mouvements politiques, vie associative, médias, histoire, «cyberculture», c&rsquo;est un véritable annuaire&#8230; qui recense également les «ennemis», avec une rubrique «antifa» qui va de No Pasaran au Grand Orient de France, en passant par l&rsquo;UEJF. À noter que cette reconnaissance (dénonciation ?) des ennemis politiques est doublée d&rsquo;une rubrique spécifique, intitulé «le coin des collabos», ceux qui «devront répondre un jour de leurs actes devant l&rsquo;Histoire» : c&rsquo;est-à-dire toute personne investit dans une lutte visant à favoriser l&rsquo;intégration sociale des populations immigrée et étrangère en France.<br />
Cette visite du site d&rsquo;UR nous apprend plusieurs choses. Comme l&rsquo;a rappelé Philippe Randa lors des assises d&rsquo;Unité radicale en septembre 2001, Internet reste l&rsquo;objet de toutes les attentions de la part du groupuscule NR, qui le voit toujours comme un moyen fiable de se développer. Si toutes les ressources d&rsquo;Internet, en particulier le multimédia, n&rsquo;y sont pas exploitées, le site prouve, par son évolution et son contenu, qu&rsquo;UR investit beaucoup de temps à sa réalisation et surtout à son entretien (en particulier le forum).<br />
Mais, dans le même temps, cet activisme virtuel et forcené (que de communiqués !) ne fait qu&rsquo;accentuer le décalage avec la réalité, qui montre un groupe certes de mieux en mieux structuré, mais toujours aussi impotent (qui s&rsquo;en plaindra ?). La frustration est visible chez les militants, qui s&rsquo;invectivent souvent à ce propos sur le forum : peu d&rsquo;action (à l&rsquo;exception des concerts) et peu d&rsquo;ouverture sur l&rsquo;extérieur. Car cette jolie vitrine n&rsquo;amène que peu de nouveaux militants, et à observer sa conception, on se demande si c&rsquo;est l&rsquo;un de ses objectifs : essentiellement textuel, il ne ménage pas le néophyte, et offre d&rsquo;Unité radicale une image plutôt austère. Cette volonté affichée de ne pas céder à la mythomanie propre à la plupart des sites nationalistes, qui n&rsquo;hésitent pas à faire de la surenchère de croix celtiques animées, d&rsquo;images de jeunes éphèbes en contre-plongée ou de dieux barbus en fond d&rsquo;écran, cherche à donner au mouvement une certaine crédibilité, une image sérieuse et adulte.</p>
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		<title>Le fil identitaire</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:10:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Emmanuel Ratier]]></category>
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		<description><![CDATA[Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&#8217;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&#8217;est pas [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&rsquo;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&rsquo;est pas innocente. La notion présente en effet des avantages politiques tout autant qu&rsquo;idéologiques. Les avantages les plus évidents sont sur la neutralité du terme. Il est en effet peu connoté et ne renvoie pas de prime abord aux «heures les plus sombres de notre histoire» comme diraient nos chers démocrates. Contrairement au mot nationalisme qui est associé dans l&rsquo;imaginaire européen à la violence et à la fermeture aux autres, «identitaire» est plutôt dans l&rsquo;air du temps. Il évoque le «terroir», les «racines», le «ressourcement», bref toutes ces notions qui sont la base du marketing commercial depuis une dizaine d&rsquo;années et que l&rsquo;on retrouve dans de nombreuses publicités télévisées. Et à qui reprocherait-on de vouloir avoir une identité ?<br />
Par ailleurs, le terme correspond également assez bien à l&rsquo;évolution idéologique d&rsquo;une fraction du courant nationaliste français, à savoir tous ceux pour qui le combat prioritaire et légitime n&rsquo;est plus tant dans la défense de la nation française que dans celle du peuplement blanc européen. Cela englobe Terre &amp; Peuple, Unité radicale dans une certaine mesure mais également toute une série de petites structures qui font passer le combat culturel avant le combat purement militant. L&rsquo;étiquette de «nationalistes européens» leur conviendrait bien mais elle n&rsquo;est pas très parlante et peut prêter à confusion. Aussi le terme d&rsquo;identitaire leur va-t-il à merveille, ce que Jean Mabire traduisait parfaitement à la dernière table ronde de Terre &amp; Peuple début octobre en recommandant d&rsquo;abandonner définitivement le terme de nationaliste, trop ambigu. En outre l&rsquo;adoption du mot traduit parfaitement le repli politique prôné par ses utilisateurs. Au début du Contrat social, Rousseau établit une distinction importante entre agrégation et association. Pour lui, la société ne saurait être le résultat d&rsquo;une multitude d&rsquo;individus poursuivant chacun des buts particuliers mais d&rsquo;une association d&rsquo;individus s&rsquo;unissant par un acte volontaire. Il allait en cela contre certains auteurs libéraux comme Bernard Mandeville qui considérait que le bien commun provenait de la réalisation des biens individuels. Pour lui, la volonté générale, indispensable à toute société, ne saurait jaillir de la multitude et de l&rsquo;agrégation. Or il faut bien constater que le système capitaliste a «réussi» en deux siècles dans les pays européens à substituer l&rsquo;agrégation à l&rsquo;association, tant par la diffusion de valeurs individualistes et hédonistes que par des mouvements migratoires nationaux dans un premier temps et internationaux dans un deuxième temps. Le développement de la thématique «identitaire» dans une partie du courant nationaliste n&rsquo;est donc finalement pas si éloignée que cela dans sa démarche de la thématique «républicaine» dans d&rsquo;autres courants politiques, chevènementistes en particulier. Ces thématiques visent à retourner à un âge d&rsquo;or de la vie en société, quand tout le corps social, pour hétérogène qu&rsquo;il soit, avait une véritable volonté générale, qu&rsquo;elle soit politique ou ethnique.</p>
<h3>Mer &amp; Poulpe</h3>
<p>C&rsquo;est donc cette thématique que l&rsquo;on retrouve dans <em>Terre &amp; Peuple &#8211; La revue</em> qui marche de plus en plus sur les brisées du GRECE ancienne mouture. On y trouve une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em> sur les traditions populaires européennes. Il est d&rsquo;ailleurs à noter que la revue multiplie les hommages et clins d&rsquo;œil au GRECE, que ce soit avec un compte rendu élogieux des derniers numéros d&rsquo;<em>Éléments</em>, en particulier celui consacré à l&rsquo;Europe, ou des encarts consacrés au château de Roquefavour (Ventabren), propriété du GRECE, à partir duquel M. Rollet, «greciste» historique, anime le bulletin <em>L&rsquo;Âtre</em>. Mais c&rsquo;est aussi la thématique des premiers ouvrages publiés par la nouvelle SARL de presse lancée par Pierre Vial, les Éditions de la Forêt. Mais il existe bien d&rsquo;autres structures diffusant ce type de discours du «retour aux racines» :<br />
- journaux «enracinés» comme le bulletin <em>Alternative Europe</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_0_205" id="identifier_0_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancienne scission alsacienne de Nouvelle R&eacute;sistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment &laquo;militants europ&eacute;ens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se d&eacute;velopper pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe f&eacute;d&eacute;rale des r&eacute;gions, o&ugrave; la conscience identitaire europ&eacute;enne sera affirm&eacute;e face &agrave; l&rsquo;imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain et face &agrave; l&rsquo;immigration extra-europ&eacute;enne&raquo;.">1</a></sup> ou le trimestriel <em>Utlagi </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_1_205" id="identifier_1_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implant&eacute; en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.">2</a></sup>, <em>Montségur </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_2_205" id="identifier_2_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute; en 2000 de la r&eacute;union des anciennes &eacute;quipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (St&eacute;phane Par&eacute;d&eacute;, responsable MNJ et UR &agrave; N&icirc;mes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isol&eacute;s">3</a></sup> ou <em>Le Lansquenet </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_3_205" id="identifier_3_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les r&eacute;dacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule &eacute;tant traditionnellement hostile &agrave; l&rsquo;antifascisme.">4</a></sup> à Aix, <em>Gwenn Ha Du</em> en Bretagne ou <em>Solaria</em> en Alsace, trimestriel animé par Jean-Christophe Mathelin et rattaché à la Maison du Soleil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_4_205" id="identifier_4_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommand&eacute; aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.">5</a></sup> (centre d&rsquo;études solaires) à Diedendorf ;<br />
- petites maisons d&rsquo;édition comme le Veilleur de Proue, affiliée au Mouvement de la Jeunesse Normande (MJN, lié au Mouvement normand dont le président est Didier Patte, ancien membre de Nouvelle Résistance) et qui éditent des brochures de paganisme nordique;<br />
- ateliers artisanaux comme l&rsquo;Atelier de l&rsquo;Elfe ou l&rsquo;Atelier des Léopards d&rsquo;Or à Remiremont ou les «boutiques d&rsquo;artisanat enraciné» comme Lou Paradou à Nice ou Terres celtiques à Grenoble. Cette boutique animée par de vieux militants NR grenoblois déjà à l&rsquo;œuvre du temps de la revue <em>Noir &amp; Rouge</em> se veut à la fois pôle de diffusion de vêtements (surplus, T-Shirts mytho, fringues skinheads), de bibelots pour «décorer son petit bunker» (sic) (emblèmes médiévaux, fanions nazis, etc.), de livres et de CDs, de boissons et enfin d&rsquo;armes (matraques, poings américains&#8230;) et pôle de regroupement NR autour de l&rsquo;association La Bagaude. D&rsquo;après eux, tout cela ne vaut pas «une charge de panzers au petit matin» mais apparemment ils s&rsquo;en contentent&#8230; Le gérant-propriétaire Christian Mollier ainsi que d&rsquo;autres militants MNR de l&rsquo;Isère ont d&rsquo;ailleurs été poursuivis l&rsquo;année dernière pour l&rsquo;attaque d&rsquo;un meeting sur l&rsquo;immigration algérienne en novembre 1999. Même si le tribunal correctionnel a été obligé d&rsquo;abandonner les accusations de coups et blessures, port d&rsquo;armes, en raison de l&rsquo;imprécision des témoignages, les inculpés ont été jugés pour «entrave concertée à la liberté de réunion» et surtout pour «incitation à la haine raciale» pour divers slogans. Ils ont été condamnés les uns et les autres à des amendes, à des peines de prison avec sursis (10 mois) et à la privation de leurs droits civiques (5 ans). Le lâchage par le MNR a aussitôt poussé Mollier dans les bras du FN, ce qui a valu de nouvelles poursuites au responsable local de ce parti, Georges Theil, pour des propos négationnistes.</p>
<h3>L&rsquo;Oreille cassée</h3>
<p>On ne saurait conclure ce bref panorama sans un mot sur le bien nommé Rock Identitaire Français. Le RIF apparaît en tant que tel avec le groupe Vae Victis, monté par des militants du Renouveau étudiant en 1993. Brocardée à ses débuts, l&rsquo;expérience finit par s&rsquo;avérer concluante et suscite la création d&rsquo;autres groupes, sans pour autant qu&rsquo;il y ait de ligne politico-musicale bien claire et sans même que la notion de RIF constitue autre chose qu&rsquo;une définition par défaut. Nationaliste, le RIF rassemble tous ceux qui veulent sortir du ghetto bonehead et essayer de faire de la musique un média militant comme a pu l&rsquo;être le rock alternatif pour le milieu libertaire à la fin des années 1980. De l&rsquo;extérieur, le pari semble réussi. Deux labels, Memorial Records et Bleu-Blanc-Rock, parviennent à produire une dizaine de groupes comme Aion (Lorraine, musique indus), Basic Celtos (région parisienne, fusion), Brixia (région parisienne, rock), Elendil (région parisienne, rock), Fraction (PACA, metal), Ile-de-France (région parisienne, rock), In Memoriam (région parisienne, rock), Kaiserbund (région parisienne, musique indus), Vae Victis (région parisienne, rock), Insurrection (Châteauroux, rock limite RAC). Chaque label a une démarche spécifique qui lui permet d&rsquo;exploiter un créneau. Dans le cas de Memorial Records, la démarche est clairement commerciale puisque le label est une SARL montée avec l&rsquo;aide de Gilles Soulas. Memorial s&rsquo;appuie essentiellement sur In Memoriam, les membres étant les mêmes : Julien Beuzard, Matthias Briccage ou Xavier Schleiter. Lié de façon militante au MNR, In Memoriam bénéficie de fait de ce créneau. Bleu-Blanc-Rock est clairement plus militant et rassemble à présent les deux tiers des groupes. Lancé en 1998 par Fabrice Robert, Jean-Christophe Bru et Paul Thore entre autres, BBR a adopté dès le début une politique de promotion du RIF visant clairement à en faire un outil politique, copiant en cela la démarche des Italiens du groupe Zetazeroalfa, avec qui ils ont des liens très étroits. Le principal support a été une cassette-compilation vendue 10 francs et qui a été diffusée à 5000 exemplaires, lors de fêtes de la musique par exemple. Souhaitant rééditer l&rsquo;expérience, le label s&rsquo;apprête à faire la même chose avec un CD-Rom vendu deux euros et centré sur la lutte contre la mondialisation. BBR a par ailleurs mis en place un site Internet efficace qui pratique la tactique du «cheval de Troie». Le site chronique en effet des groupes non nationalistes, voire d&rsquo;extrême gauche, ce qui lui permet d&rsquo;apparaître dans les sélections des moteurs de recherche lors de recherches portant sur ces groupes, et de toucher ainsi un public qui lui aurait totalement échappé. Enfin, le label a mis en place des relais locaux, en général une ou deux personnes, pompeusement appelés «cellules militantes». Mais en creusant un peu, on peut s&rsquo;apercevoir que le bilan de l&rsquo;expérience est heureusement moins positif. D&rsquo;une part, faute de stratégie bien définie, le RIF reste confiné à un petit public et, pire pour ses promoteurs, à un public largement bonehead ! Celui-ci compose en effet une bonne part du public des concerts. Le constat vaut aussi pour les musiciens qui sont sur la brèche depuis quelques années et ne sont finalement qu&rsquo;une bonne quinzaine. On retrouve en effet Julien Beuzard, Fabrice Lauffenburger ou Thibaud Lamy dans plusieurs groupes à la fois. D&rsquo;autre part, le milieu est très divisé et multiplie les embrouilles internes, en particulier entre les musiciens d&rsquo;In Memoriam et les autres. Enfin, la politique de confinement des antifascistes a porté ses fruits en empêchant le RIF de devenir cet outil politique que voulaient en faire ses promoteurs. On peut rappeler à titre d&rsquo;exemple l&rsquo;affaire du Podium Rock du Gibus au printemps 2000. Ayant franchi en douce la première élimination qui avait vu l&rsquo;élimination de 120 groupes sur 200, Ile-de-France comptait faire de même pour la deuxième. Finalement, cette deuxième compétition a eu lieu sans eux à la suite des pressions exercées sur le Gibus et de l&rsquo;annonce d&rsquo;un rassemblement à côté de la salle. Même si le groupe et ses fans se sont réfugiés sous un pont avec un groupe électrogène, la manœuvre a échoué. Néanmoins, il est évident que la neutralité du terme identitaire ne peut que permettre ce type de tentative et il serait bien étonnant qu&rsquo;on n&rsquo;assiste pas dans les années à venir à des tentatives de prise de contact avec des organisateurs de spectacle ou des groupes non nationalistes, mais séduits par la thématique identitaire et antimondialisation. Après tout, il existe déjà des activités de ce type dans le domaine intellectuel. C&rsquo;est le cas des conférences annuelles de la revue <em>Politica Hermetica</em> publiée par L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme, ou du festival européen des mythes et légendes de Carcassonne, dont le vice-président est Christophe Levalois, proche du GRECE et fidèle alter ego d&rsquo;Arnaud Guyot-Jeannin dans le cercle Sol Invictus. Comme quoi tout est tristement possible&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_205" class="footnote">Ancienne scission alsacienne de Nouvelle Résistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment «militants européens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se développer pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe fédérale des régions, où la conscience identitaire européenne sera affirmée face à l&rsquo;impérialisme américain et face à l&rsquo;immigration extra-européenne».</li><li id="footnote_1_205" class="footnote">Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implanté en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.</li><li id="footnote_2_205" class="footnote">Né en 2000 de la réunion des anciennes équipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (Stéphane Parédé, responsable MNJ et UR à Nîmes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isolés</li><li id="footnote_3_205" class="footnote">Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les rédacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule étant traditionnellement hostile à l&rsquo;antifascisme.</li><li id="footnote_4_205" class="footnote">Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommandé aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Quand le GUD prend le parti de l&#8217;étranger</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:50:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 3 décembre 1996, Y. Derai, directeur du Journal Tribune juive, recevait au siège de ce journal une cassette vidéo piégée : cette tentative d'attentat fut revendiquée par des personnes déclarant faire «partie de la grande nation arabe comme certains font partie de la grande nation juive» et être solidaires «du sort qui est fait à [leurs] frères palestiniens». L'enquête de police déboucha sur une douzaine d'interpellations et sur plusieurs perquisitions chez des membres ou des proches du GUD ((Groupe Union Défense)). Les résultats de cette enquête à prétexte permirent d'établir des liens financiers, idéologiques et matériels entre ce milieu et des pays arabes tels que la Syrie ou l'Irak, et confirmèrent les relations étroites qu'ils entretiennent avec certaines factions du Front national. Pour notre part, nous avons essayé d'en savoir plus, histoire que l'État n'ait pas le monopole de l'information.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;ŒIL DE DAMAS </strong></p>
<p><strong>Le 3 décembre 1996, Y. Derai, directeur du Journal Tribune juive, recevait au siège de ce journal une cassette vidéo piégée : cette tentative d&rsquo;attentat fut revendiquée par des personnes déclarant faire «partie de la grande nation arabe comme certains font partie de la grande nation juive» et être solidaires «du sort qui est fait à [leurs] frères palestiniens». L&rsquo;enquête de police déboucha sur une douzaine d&rsquo;interpellations et sur plusieurs perquisitions chez des membres ou des proches du GUD</strong><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_0_82" id="identifier_0_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe Union D&eacute;fense">1</a></sup>. <strong>Les résultats de cette enquête à prétexte permirent d&rsquo;établir des liens financiers, idéologiques et matériels entre ce milieu et des pays arabes tels que la Syrie ou l&rsquo;Irak, et confirmèrent les relations étroites qu&rsquo;ils entretiennent avec certaines factions du Front national. Pour notre part, nous avons essayé d&rsquo;en savoir plus, histoire que l&rsquo;État n&rsquo;ait pas le monopole de l&rsquo;information.</strong></p>
<p>Alors que la tentative d&rsquo;attentat contre <em>Tribune juive</em> a lieu le même jour que celui perpétré dans le RER à Paris, ce n&rsquo;est pas à la piste islamiste que s&rsquo;intéressent les policiers. Au vu de l&rsquo;objectif visé et du contenu du texte de revendication, les RG de la préfecture de police de Paris font le rapprochement avec une série d&rsquo;affiches collées sur Paris entre janvier et juin 1996. L&rsquo;une de ces affiches, signée par le GUD, met à l&rsquo;honneur l&rsquo;artificier du Hamas Yehia Ayache, tué par les services spéciaux israéliens ; une autre proclamant «Israël tue, ONU complice», sortie lors du massacre de Cana, est signée «Union et Défense des Victimes du Sionisme» ; une autre encore, «Et si l&rsquo;abbé Pierre avait raison ?» porte la signature d&rsquo;une «Union et Défense de la Liberté d&rsquo;Expression». Pour les RG il n&rsquo;y a aucun doute, le GUD se cache derrière ces différentes signatures. C&rsquo;est donc vers lui que s&rsquo;oriente l&rsquo;enquête, même si les certitudes policières sont bien faibles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_1_82" id="identifier_1_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais nos milieux militants sont tellement habitu&eacute;s &agrave; ce type d&rsquo;enqu&ecirc;te &agrave; pr&eacute;texte, que ce soit pour un plan de prison publi&eacute;, une lunette de vis&eacute;e laser vol&eacute;e &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e ou des affiches ridiculisant la police, que celle visant des militants nationalistes ne nous a ni surprise, ni vraiment attrist&eacute;e. Ainsi va la vie, ainsi vont les faux-semblants&hellip;">2</a></sup>.</p>
<p><strong>Honneur au chef !</strong></p>
<p>À tout seigneur tout honneur, le premier à recevoir la «visite» de la brigade criminelle fut Frédéric Chatillon, ancien responsable du GUD. À son domicile de la rue du Renard dans le IVe arrondissement de Paris, la police trouve un calibre. Coup dur pour Chatillon qui aspire depuis quelque temps à une certaine respectabilité. En effet, en épousant Marie d&rsquo;Herbais, il est devenu le gendre de la comtesse Katherine d&rsquo;Herbais, qui, outre le fait d&rsquo;être riche, est conseillère régionale FN et a longtemps été l&rsquo;une des principales actionnaires avec son mari du journal Minute. Elle possède par ailleurs un château qui défraya la chronique en servant de décor au film X «Les Visiteuses», remake du film de J.-M. Poiré avec Tabata Cash en interprète star&#8230; Il faut ajouter à cela que Chatillon est maintenant le papa d&rsquo;une charmante gamine dont le parrain n&rsquo;est autre qu&rsquo;un certain Jean-Marie Le Pen. Enfin, pour parfaire sa reconversion, il a créé une société en communication intitulée Riwal Communication (<em>cf. infra</em>). Bref, cette vilaine histoire avec la police risque de mettre à mal ses envies d&rsquo;embourgoisement.<br />
Il finit par avouer que le flingue appartient à un autre membre du GUD, Antoine Roucheray (c&rsquo;est pas bien de balancer un camarade, Frédéric&#8230;) qui est à son tour interpellé. La police se rend ensuite rue Pierre Demours (dans le XVIIe arrondissement) chez Thomas Lagane, lui aussi membre du GUD. Les inspecteurs trouvent chez lui quelques «souvenirs» rapportés de Croatie où il s&rsquo;était rendu en compagnie de Chatillon.</p>
<p><strong>Fidélité à la famille !</strong></p>
<p>C&rsquo;est au tour d&rsquo;Axel Loustau, demeurant boulevard de Saint-Julien à Meudon (92), d&rsquo;être l&rsquo;objet de la curiosité policière. Cadre dans une banque, il fait partie d&rsquo;une famille très connue à l&rsquo;extrême droite : son père Fernand Loustau, mort en 1993, dirigeait une société de gardiennage, Normandy Sécurité, impliquée en février 1997 dans le «vidage» de la fromagerie Besnier à Isigny, occupée par des grévistes. À cette occasion, cet ancien officier du 3e REP avait fait appel à une trentaine d&rsquo;anciens paras, membres comme lui de l&rsquo;UNP (Union Nationale des Parachutistes). On retrouve Fernand Loustau comme actionnaire d&rsquo;une société intitulée Veronica SA, qui offre la particularité d&rsquo;avoir pour actionnaires le gratin de l&rsquo;extrême droite française. Qu&rsquo;on en juge :</p>
<p>• Anne Meaux, actuelle attachée à la communication d&rsquo;Alain Madelin (après avoir été celle de Giscard, époque à laquelle elle gagna le surnom d&rsquo;Eva Braun), est une ancienne militante d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN ;</p>
<p>• Gérald Penciolelli, actuel directeur de Minute, ancien d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN ; très proche de certains milieux patronaux et d&rsquo;Alain Madelin ;</p>
<p>• Bernard Lehideux, permanent au Parti républicain, et dont la sœur Martine est vice-présidente du FN et responsable du Cercle national des Femmes d&rsquo;Europe ;</p>
<p>• Jean-Pax Méfret, «le chanteur de l&rsquo;Occident» ;</p>
<p>• Gérard Écorcheville, ancien d&rsquo;Occident, du GUD, d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN, recyclé au RPR par Pasqua avant de finir au FN ;</p>
<p>• le «Prince noir» Henri de Bourbon.</p>
<p>Fernand Loustau est par ailleurs un vieil ami de Jean-Marie Le Pen, à qui il prêta des locaux en 1985 pour héberger la «radio libre» proche du FN, Radio Courtoisie. Il fut également l&rsquo;un des actionnaires de <em>National Hebdo</em>. Sa société Normandy Sécurité (reprise par sa femme) assura le service d&rsquo;ordre de plusieurs manifestations du FN, tandis que plusieurs militants d&rsquo;extrême droite (dont certains du GUD) y furent embauchés. C&rsquo;est maintenant son fils Axel qui a repris le flambeau. Membre du FNJ, il fut candidat frontiste aux dernières élections législatives dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. À noter que la police interpella, en même temps qu&rsquo;Axel, son frère et sa mère : quelle famille !<br />
Ainsi, la nouvelle génération du GUD est dans le collimateur des flics<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_2_82" id="identifier_2_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;analyse de Pierre Guillaume, l&rsquo;animateur de La Vieille Taupe, diff&egrave;re en partie de celle-ci. Pour lui, ce qui aurait motiv&eacute; les enqu&ecirc;teurs, ce serait la diffusion du Droit de r&eacute;ponse de Roger Garaudy &agrave; ses calomniateurs et toutes les activit&eacute;s men&eacute;es autour de cette affaire. D&rsquo;apr&egrave;s lui, &laquo;pendant les perquisitions et les gardes-&agrave;-vue, les policiers n&rsquo;ont m&ecirc;me pas fait semblant de croire un instant &agrave; une &eacute;ventuelle responsabilit&eacute; des interpell&eacute;s dans l&rsquo;envoi de la cassette (mal)-pi&eacute;g&eacute;e &agrave; Tribune juive. Manifestement, ils cherchaient &agrave; se renseigner sur la mani&egrave;re dont les interpell&eacute;s avaient d&eacute;couvert le r&eacute;visionnisme historique&raquo; (Bulletin confidentiel n&deg;4 &ndash; janvier 1997). Et Pierre Guillaume est le nombril du monde&hellip;">3</a></sup>. Mais l&rsquo;ancienne n&rsquo;est pas oubliée pour autant : pour preuve, l&rsquo;arrestation d&rsquo;Alban Druet. La police fut moins chanceuse rue Singer (Paris XVIe), où, après avoir pénétré par effraction dans l&rsquo;appartement de Gauthier Guillet, elle s&rsquo;aperçut de l&rsquo;absence de son propriétaire. Ce dernier, chef d&rsquo;entreprise, se trouvait en effet à Vitrolles, où il était candidat en 7e position sur la liste de Mégret aux municipales. De quoi décevoir son grand frère Jean-Jacques Guillet, ex-député RPR, ancien d&rsquo;Occident converti au gaullisme par les bons soins de Charles Pasqua dont il est un des proches. D&rsquo;après <em>Wotan</em>, journal des CHS (démantelés depuis février de cette année avec l&rsquo;arrestation d&rsquo;Hervé Guttuso et de ses petits camarades), cet intérêt pour le GUD proviendrait des dénonciations de Bonnefoy, ancien responsable du GUD avant la reprise en main de celui-ci par Chatillon au début des années 1990. Cette collaboration avec la police daterait de longtemps et expliquerait la réapparition de Bonnefoy au sein du Parti national républicain, groupuscule soutenu en sous-main par les réseaux d&rsquo;un ancien ministre de l&rsquo;Intérieur&#8230;</p>
<p><strong>Mains sales&#8230;</strong></p>
<p>Après Chatillon lui-même et ses petits copains, c&rsquo;est au tour de sa société, Riwal Communication, de connaître les délices de la perquisition.<br />
Créée en mars 1995 avec un capital de 100 000 francs, elle a pour principales activités le conseil en communication, le marketing direct, l&rsquo;édition de livres et de revues et la vente par correspondance. Elle était à l&rsquo;origine domiciliée 6 rue Saint-Bon (Paris IVe). Un an plus tard, la société a déménagé au 10 rue Laurent Pichat (Paris XVIe), son adresse actuelle. Le gérant de la société est Axel Loustau, avec pour associée Marie d&rsquo;Herbais. Parmi les actionnaires de Rivoal on retrouve :</p>
<p>• Chatillon et sa femme Marie d&rsquo;Herbais (260 parts à eux deux) ;</p>
<p>• Anne-Christine Delaunay, sœur de Chatillon, à qui il a vendu 260 parts en septembre 1996 (sur les 470 qu&rsquo;il possédait auparavant) ;</p>
<p>• Axel Loustau (240 parts) ;</p>
<p>• Thomas Lagane (240 parts).</p>
<p>Entre autres productions, Riwal maquette la lettre d&rsquo;informations d&rsquo;Emmanuel Ratier <em>Faits &amp; Documents</em> ainsi que quelques numéros du journal municipal de Marignane. Par le biais des Éditions des Monts d&rsquo;Arrée, créées en août 1995 et rattachées à Riwal Communication, Chatillon diffuse deux livres : le premier, <em>Les Rats maudits</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_3_82" id="identifier_3_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Livre par ailleurs tr&egrave;s riche du point de vue iconographique et globalement int&eacute;ressant. &Agrave; compl&eacute;ter bien entendu par la lecture de la brochure publi&eacute;e par REFLEX, Le GUD, autopsie d&rsquo;un moribond">4</a></sup>, raconte l&rsquo;histoire du GUD depuis sa création, le second décrit la république fasciste de Salo, créée par Mussolini vers la fin de la guerre. Le texte de présentation de ce livre a été rédigé pas un «expert» en la matière, l&rsquo;ancien Waffen SS Christian de la Mazière, qui fut un temps directeur de publication du <em>Choc du Mois</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_4_82" id="identifier_4_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Christian de la Mazi&egrave;re est relativement atypique et plus du tout militant. Il essaime des interview dont certaines sont parfois surprenantes, comme celle d&eacute;livr&eacute;e il y a quelques ann&eacute;es &agrave; Historia et dans laquelle il r&eacute;v&eacute;lait son adh&eacute;sion totale au mouvement de la jeunesse de mai 1968, y d&eacute;celant les m&ecirc;mes motivations que les siennes durant la guerre et son engagement dans la Waffen SS.">5</a></sup>.<br />
À l&rsquo;issue de cette opération, les policiers auraient saisi des armes à feu, des armes blanches, de la littérature antisémite, des manuels de fabrication d&rsquo;explosifs.<br />
Mais, plus intéressant, nous avons découvert de notre côté que les fameuses affiches pro-Hamas et révisionnistes collées par le GUD ont été payées et fabriquées à Damas, avec l&rsquo;autorisation du Ministre syrien de la Défense, le général Tlass.<br />
Les premiers contacts entre Chatillon et Tlass datent d&rsquo;octobre 1994 : Frédéric Chatillon, lors d&rsquo;un séjour à Damas, aurait rencontré le général pour discuter de l&rsquo;aide que celui-ci pouvait apporter à son mouvement.<br />
À son retour en France, le leader du GUD fut interrogé par les services spéciaux français sur les raisons de ce voyage et sur ses contacts avec les autorités syriennes.<br />
Par ailleurs, en plus des affiches, Damas finance très largement l&rsquo;édition par Chatillon et ses petits copains de textes révisionnistes qui sont ensuite traduits en arabe et diffusés au Moyen Orient : <em>L&rsquo;Holocauste au scanner</em> de Jurgen Graf<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_5_82" id="identifier_5_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le livre de J&uuml;rgen Graf a &eacute;t&eacute; re&eacute;dit&eacute; il y a quelques mois en langue arabe par l&rsquo;&eacute;diteur &eacute;gyptien Madbouli qui en a fait un deuxi&egrave;me tirage de 50 000 exemplaires.">6</a></sup>, <em>Les Mythes fondateurs de la politique israëlienne</em> de Garaudy, <em>Critique de la Raison juive occidentale</em> de David Warlet (cf. article sur <em>Réfléchir &amp; Agir</em> aux pages suivantes)&#8230; Tous ces textes ayant pour particularité d&rsquo;avoir été traduits par la même personne, Jawad Bashara, qui participa également à l&rsquo;écriture du livre de Warlet (<em>cf. infra</em>).</p>
<p><strong>&#8230; et tête Baas !</strong></p>
<p>Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois que la Syrie finance les activités de l&rsquo;extrême droite française.<br />
Dans les années 1970, François Duprat, un des théoriciens du FN, avait reçu des fonds de pays arabes, dont la Syrie, pour la création de son comité de soutien à la Palestine ainsi que pour la diffusion des premiers écrits révisionnistes connus, comme la version française du livre de l&rsquo;anglais Richard Harwood <em>Did six million really die ?.</em><br />
Plus près de nous, lors des élections européennes de 1984, Rifaad El Assad, chef des services secrets syriens et frère du président Haffez El Assad, accorda une obole de 20 000 francs au FN via la candidature de Soraya Djebbours à ces élections.<br />
D&rsquo;autres liens plus étroits semblent avoir été établi grâce à l&rsquo;association Citoyen de France créée en décembre 1992. Cette association se donnait pour but de «réconcilier les Français et de lutter contre l&rsquo;exclusion et la discrimination». On trouvait à sa tête Sid Ahmed Yahiaoui, conseiller régional FN à l&rsquo;époque (il a depuis démissionné). Au bureau de l&rsquo;association on trouvait également :</p>
<p>• Pascal Gannat, ancien du PFN, conseiller régional FN, membre du cabinet de Jean-Marie Le Pen et connu pour être un de ses «nègres», chargé d&rsquo;écrire ses discours ;</p>
<p>• Martin Pelletier, ancien journaliste au Quotidien de Paris, actuel rédacteur en chef de National Hebdo ;</p>
<p>• Adnan Azzam, né en Syrie, connu dans les milieux spécialisés pour être un proche des services secrets syriens, propriétaire en outre du restaurant Zenobie, à Paris, fréquenté par Rifaad El Assad, et où eurent lieu, dit-on, d&rsquo;intéressantes rencontres entre ce dernier et des membres du FN&#8230;</p>
<p>Cet appel au monde arabe pour de vulgaires histoires d&rsquo;argent devient d&rsquo;ailleurs une habitude dans les milieux nationalistes et nationalistes-révolutionnaires français. La Lybie semble en effet un généreux donateur pour tous ceux qui courtisent son chef vénéré Mouammar El Khadafi. En témoigne la participation en septembre 1997 d&rsquo;une délégation du Parti communautaire national-européen à la conférence annuelle organisée par le pouvoir lybien, le Camp de Jeunesse pour les Mouvements verts, pacifistes et alternatifs. Le PCN prend en cela la relève de Nouvclle Résistance et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;ancien responsable Ile-de-France de ce mouvement, Fabrice Beaur, qui emmenait les Français du PCN. M. El Khadafi a d&rsquo;ailleurs des vertus de grand rassembleur puisqu&rsquo;il est cité comme référence nationaliste-révolutionnaire par Christian Bouchet, à l&rsquo;instar de Nasser ou de Peron.<br />
La descente de police dans les milieux gudards ou assimilés n&rsquo;avait sans doute finalement pour seul but que de rappeler à tout ce petit monde que l&rsquo;État français n&rsquo;entend pas laisser se développer des contacts susceptibles de le gêner dans la difficile partie d&rsquo;échecs qui se joue au Moyen-Orient.<br />
Mais certains ont l&rsquo;habitude de jouer les pions malgré eux, tant il est vrai qu&rsquo;un nationaliste est toujours prêt à avoir le petit doigt sur la couture&#8230;</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_82" class="footnote">Groupe Union Défense</li><li id="footnote_1_82" class="footnote">Mais nos milieux militants sont tellement habitués à ce type d&rsquo;enquête à prétexte, que ce soit pour un plan de prison publié, une lunette de visée laser volée à l&rsquo;armée ou des affiches ridiculisant la police, que celle visant des militants nationalistes ne nous a ni surprise, ni vraiment attristée. Ainsi va la vie, ainsi vont les faux-semblants&#8230;</li><li id="footnote_2_82" class="footnote">L&rsquo;analyse de Pierre Guillaume, l&rsquo;animateur de La Vieille Taupe, diffère en partie de celle-ci. Pour lui, ce qui aurait motivé les enquêteurs, ce serait la diffusion du Droit de réponse de Roger Garaudy à ses calomniateurs et toutes les activités menées autour de cette affaire. D&rsquo;après lui, «pendant les perquisitions et les gardes-à-vue, les policiers n&rsquo;ont même pas fait semblant de croire un instant à une éventuelle responsabilité des interpellés dans l&rsquo;envoi de la cassette (mal)-piégée à Tribune juive. Manifestement, ils cherchaient à se renseigner sur la manière dont les interpellés avaient découvert le révisionnisme historique» (<em>Bulletin confidentiel</em> n°4 &#8211; janvier 1997). Et Pierre Guillaume est le nombril du monde&#8230;</li><li id="footnote_3_82" class="footnote">Livre par ailleurs très riche du point de vue iconographique et globalement intéressant. À compléter bien entendu par la lecture de la brochure publiée par REFLEX, <em>Le GUD, autopsie d&rsquo;un moribond</em></li><li id="footnote_4_82" class="footnote">Christian de la Mazière est relativement atypique et plus du tout militant. Il essaime des interview dont certaines sont parfois surprenantes, comme celle délivrée il y a quelques années à Historia et dans laquelle il révélait son adhésion totale au mouvement de la jeunesse de mai 1968, y décelant les mêmes motivations que les siennes durant la guerre et son engagement dans la Waffen SS.</li><li id="footnote_5_82" class="footnote">Le livre de Jürgen Graf a été reédité il y a quelques mois en langue arabe par l&rsquo;éditeur égyptien Madbouli qui en a fait un deuxième tirage de 50 000 exemplaires.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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