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	<title>REFLEXes &#187; In Memoriam</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Elections aux CROUS 2010 : La droite universitaire à la croisée des chemins</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jan 2010 23:52:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Gitakos]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Klein]]></category>
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		<category><![CDATA[Ligue de Défense Juive (LDJ)]]></category>
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		<category><![CDATA[Rassemblement des Etudiants de Droite (RED)]]></category>
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		<description><![CDATA[En cette année 2010, des recompositions inattendues se dessinent dans la droite universitaire parisienne, voire nationale. Rapide état des lieux.Les élections pour désigner les représentants aux CROUS qui se tiendront dans les universités en mars-avril prochains risquent d’être très mouvementées à droite. Non pas tant à cause d&#8217;un activisme qui n&#8217;a jamais été aussi faible [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En cette année 2010, des recompositions inattendues se dessinent dans la droite universitaire parisienne, voire nationale. Rapide état des lieux.Les élections pour désigner les représentants aux CROUS qui se tiendront dans les universités en mars-avril prochains risquent d’être très mouvementées à droite. Non pas tant à cause d&rsquo;un activisme qui n&rsquo;a jamais été aussi faible que parce qu&rsquo;une recomposition se profile à l&rsquo;horizon, avec des conséquences qu&rsquo;il est difficile de prévoir.</p>
<h3>L&rsquo;UNI dans la tourmente</h3>
<p>En effet, l’UNI<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_0_449" id="identifier_0_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Union Nationale Interuniversitaire">1</a></sup>, principale composante de la droite universitaire depuis plus de 40 ans, pourrait disparaître en 2010 sous la pression de l’UMP. Symptôme de cette crise : <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/">Jacques Rougeot</a>, membre fondateur du MIL et président historique de l’UNI, a démissionné fin 2009 du poste qu&rsquo;il occupait depuis les origines de l&rsquo;organisation sans raison officielle.<br />
Les plus hautes instances de l’UMP auraient décidé d’en finir avec l’UNI et de la remplacer par une nouvelle structure : le Mouvement Etudiant ou Mouvement Populaire Etudiant, directement lié aux Jeunes Populaires, la structure jeune de l’UMP, très mal en point en termes d’effectifs. Benoist Apparu a annoncé la décision aux RDJ (Responsables Départementaux de la Jeunesse) de l’UMP fin 2009 lors d’une réunion à Paris, et semble avoir oublié de le dire aux cadres de l’UNI. La décision semble venir directement de l’Elysée. C’est là une bien vilaine façon de remercier un mouvement qui depuis le début des années 2000 était rentré dans le rang, après une première menace de dissolution en 2002. L’UNI n’est pas le seul mouvement droitiste à subir les foudres de l’Elysée. Le MIL, structure qui a pris le relais en 1982 après la dissolution du SAC, a récemment vu sa subvention allouée par l’UMP passer de 475.000 à 144.000 euros !</p>
<p>Il n’est pas certain que cette évolution et ces méthodes si peu « démocratiques » soient du goût de tout le monde au sein de l’organisation. Certains commencent à s’organiser et cherchent de nouveaux alliés, principalement à la droite de la droite. C’est tout du moins ce que laissent penser certains évènements comme la série d’actions musclées contre les locaux du PCF lors des « commémorations de la chute du mur de Berlin » début novembre un peu partout en France ou ces alliances locales avec l’extrême droite comme à Bordeaux, où l’UNI semble avoir des contacts individuels avec les Identitaires. Enfin récemment, l’UNI de Tours, qui a pris officiellement position contre la dissolution du mouvement, a diffusé un clip officiel sur Youtube avec en fond sonore le groupe de Rock Identitaire Français <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/">In Memoriam</a>. Le message est très clair !</p>
<h3>GUD le retour</h3>
<p>Parallèlement, en novembre, <em>Minute</em> éventait les projets de reformation d&rsquo;un <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a>, 40 ans après la création de ce groupe. Menée par Edouard Klein, fils de militants de l&rsquo;extrême droite historique (papa aurait été au GUD et maman à Ordre Nouveau), l&rsquo;initiative était ainsi sûre d&rsquo;être torpillée et ce n&rsquo;est évidemment pas surprenant de la part de <em>Minute</em> dont le rédacteur en chef est Bruno Larebière, membre du bureau exécutif du Bloc Identitaire sous le pseudonyme de Bruno Vendoire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_1_449" id="identifier_1_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; ne pas confondre avec Bruno Vendi&egrave;re, alias Bruno Archier, en charge du secteur international du Renouveau Fran&ccedil;ais.">2</a></sup>. Le journal est de fait devenu l&rsquo;organe officieux du Bloc et sert à Bruno Larebière à envoyer des torpilles plus ou moins efficaces en direction de ce qui peut apparaître comme une gêne pour le développement du Bloc, en particulier les structures concurrentes. Un nouveau GUD se placerait dans ce cas de figure puisqu’il serait susceptible de venir compléter une offre déjà pléthorique en terme de groupuscules sur la scène parisienne. D’autant que certains contacts montrent que ce GUD nouvelle mouture ne serait pas exactement sur la ligne des « anciens »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_2_449" id="identifier_2_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entendre la g&eacute;n&eacute;ration de militants gudards des ann&eacute;es 1980 puis celle des ann&eacute;es 1990.">3</a></sup>.</p>
<p>Il semble en effet que l’initiative ait suscité l’intérêt des milieux les plus droitiers et groupusculaires de la communauté juive et que des liens se soient noués, Assas oblige, entre Edouard Klein et Alexandre Gitakos. Or celui-ci est une figure particulièrement active du milieu droitier universitaire. Animateur du blog pro-israélien <em>Le Lion Ardent</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_3_449" id="identifier_3_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;ouverture du Lion Ardent fut vivement salu&eacute;e par la Ligue de D&eacute;fense Juive en mai 2009.">4</a></sup> , qui se revendique « occidentaliste, libéral et patriote », il a derrière lui et depuis 2005 un passé bien rempli à la droite extrême. De France-Israël Jeunes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_4_449" id="identifier_4_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Alexandre Gitakos restera l&rsquo;inoubliable auteur, au nom de France-Isra&euml;l Jeunes, d&rsquo;un communiqu&eacute; de soutien &agrave; Beno&icirc;t Fleury lorsque celui-ci est entr&eacute; au conseil g&eacute;n&eacute;ral de Vend&eacute;e au d&eacute;but de l&rsquo;automne 2009. Le m&ecirc;me Fleury qui, rappelons-le, d&eacute;clarait dans l&rsquo;Echo des Savanes en mars 1999 qu&rsquo;il fallait rayer Isra&euml;l de la carte (sic) et que le GUD avait mis une danse (re-sic) au B&eacute;tar lors du proc&egrave;s Garaudy. La solidarit&eacute;, c&rsquo;est &eacute;mouvant. Pour autant, France-Isra&euml;l n&rsquo;&eacute;tait pas une association d&rsquo;extr&ecirc;me droite avant que William Goldnadel en prenne la direction il y a quelques ann&eacute;es. Fond&eacute;e en 1933 par Justin Godard sous le nom de &laquo;&nbsp;France-Palestine&nbsp;&raquo;, l&rsquo;association a eu pour pr&eacute;sident le g&eacute;n&eacute;ral Koenig et &eacute;tait jusqu&rsquo;en 1967 largemet compos&eacute;e de gaullistes issus de la r&eacute;sistance. Se reporter &agrave; l&rsquo;ouvrage de Samy Cohen De Gaulle, Isra&euml;l et les Juifs pour plus de d&eacute;tails.">5</a></sup>, dont il se vante d’avoir gravi peu à peu tous les échelons, à l’UNI en passant par des associations comme « Stop la grève » ou le collectif « Etudiants Contre les Blocages », il n’est tout naturellement pas étonnant de le découvrir dans le nouveau parti &#8211; mouchoir de poche de Jean-François Touzé, l’Alliance pour les Libertés (APL)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_5_449" id="identifier_5_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti sur lequel nous aurons l&rsquo;occasion de revenir, d&rsquo;autant qu&rsquo;il comporte quelques figures pittoresques comme Ma&icirc;tre Philibert Lepy dont nous avons d&eacute;j&agrave; eu l&rsquo;occasion de parler et qui poursuit une trajectoire toute en coh&eacute;rence&hellip;">6</a></sup>.</p>
<p>Cette activité débordante dont se souviennent certains militants sur Assas ne pouvait que l’amener à rencontrer Edouard Klein, activiste du RED sur Assas, groupuscule dont il prit la direction à partir de l’automne 2008<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_6_449" id="identifier_6_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il succ&eacute;da ainsi &agrave; Romain Vincent dit &laquo;&nbsp;La B&ecirc;te&nbsp;&raquo; et Romain Riedberger, aux orientations politiques relativement dissemblables : proche de Marine Le Pen pour le premier et nationaliste et catholique pour le second.">7</a></sup>, alors que le groupe étudiant était en proie à des remous internes sur la stratégie à adopter, en particulier à l’égard du FN et de la montée en puissance de Marine Le Pen.</p>
<div id="attachment_2255" style="width: 719px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/action_RED_20051.jpg"><img class="wp-image-2255 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/action_RED_20051.jpg" alt="Une des actions organisées par le RED à ses origines en octobre 2005, contre le salon homosexuel Rainbow attitude. Les militants font alors incursion sur le podium emmenés par deux dirigeants des Jeunesses Libanaises Chrétiennes, Tony Baroud et Philippe Sfeir." width="709" height="473" /></a><p class="wp-caption-text">Une des actions organisées par le RED à ses origines en octobre 2005, contre le salon homosexuel Rainbow attitude. Les militants font alors incursion sur le podium emmenés par deux dirigeants des Jeunesses Libanaises Chrétiennes, Tony Baroud et Philippe Sfeir.</p></div>
<div id="attachment_2256" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/action_RED_20052.jpg"><img class="wp-image-2256" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/action_RED_20052.jpg" alt="Photographie de groupe. Les organisateurs de l'action, Romain Vincent et Frédéric Pichon, avaient pris soin de rester en dehors de l'action." width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Photographie de groupe. Les organisateurs de l&rsquo;action, Romain Vincent et Frédéric Pichon, avaient pris soin de rester en dehors de l&rsquo;action.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’absence de positionnement clair, entre ligne NR et marinisme, entre soutien pro-palestinien à fondement antisémite et refus de défiler aux côtés du centre Zahra, finit par provoquer l’implosion du RED au printemps 2009. Edouard Klein ne semble d’ailleurs pas lui-même savoir sur quel positionnement politique danser, entre présence assidue aux repas mensuels amicaux du GRECE à Paris au bar Le Jadis, ligne « <em>Ni keffieh, ni kippa</em> » ou encore participation au 9 mai 2009 avec la casquette de responsable du SO<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_7_449" id="identifier_7_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le 9 mai 2009 &eacute;tait organis&eacute; par Serge Ayoub qui n&rsquo;est pas r&eacute;put&eacute; pour son philos&eacute;mitisme&hellip;">8</a></sup>. Plus qu’un véritable accord politique entre des milieux au demeurant dissemblables, le point de jonction pourrait se situer sur une volonté commune d’en découdre dans les facultés parisiennes avec les « islamo-gauchistes » selon la terminologie employée depuis quelques années par Maître Goldnadel puis par d&rsquo;autres, y compris dans certains journaux de la communauté juive. Une telle entreprise pourrait alors trouver le renfort de cogneurs patentés comme Maxime Benhaïm, lui-aussi bien connu pour ses frasques à l’UNI &#8211; où il devint un proche de Gitakos &#8211; et son appartenance à la LDJ. C’est d’ailleurs au titre de cette appartenance politique que nous avions évoqué son activisme dans un précédent <a href="http://reflexes.samizdat.net/un-an-plus-tard/">article</a>. Cet intérêt pour une refondation du GUD représenterait un véritable saut qualitatif pour celui qui signait il y a encore peu ses mails de menaces d’un explicite « Maxime, un Français de pur souche ». D’autant qu’il reste l’un des membres les plus virulents et les plus actifs de la LDJ, comme le montre par exemple la photo suivante prise lors d’un très rares collages de la LDJ sur Paris et qui sert d’illustration au site de la fantomatique section lyonnaise de la LDJ :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Maxime_LDJ_Lyon.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1388" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Maxime_LDJ_Lyon.jpg" alt="Maxime_LDJ_Lyon" width="604" height="453" /></a></p>
<p>Pour l’instant, l’initiative semble en sommeil mais les contacts existants, ils ne demandent qu’à être réactivés, surtout qu’ils vont bien au-delà du seul Klein.</p>
<h3>Hors les murs</h3>
<p>En province, la situation semble plus calme si on excepte Bordeaux mais ce cas a déjà été traité par le <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2009/12/25/forum-etudiant-gud-la-petite-agitation-nationaliste-dans-les-facs/" target="_blank">blog</a> de Abel Mestre et Caroline Monnot et nous ne saurions rien rajouter de plus que ce qui y a été écrit. La seule autre interrogation pourrait être Nice. Même si les Jeunesses Identitaires sont restées pour l’instant à l’écart du combat universitaire, tirant ainsi sans doute les leçons du peu de retour des investissements passés (RE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_8_449" id="identifier_8_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renouveau Etudiant">9</a></sup>, UDEN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_9_449" id="identifier_9_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Union et D&eacute;fense des Etudiants Nationalistes">10</a></sup>), il serait pourtant surprenant que leur poids relatif dans cette ville ne finisse pas par les pousser à occuper également ce créneau qui demeure fondamental dans le repérage et la formation des futurs cadres politiques qui font par ailleurs cruellement défaut au Bloc Identitaire.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_449" class="footnote">Union Nationale Interuniversitaire</li><li id="footnote_1_449" class="footnote">À ne pas confondre avec Bruno Vendière, alias Bruno Archier, en charge du secteur international du Renouveau Français.</li><li id="footnote_2_449" class="footnote">Entendre la génération de militants gudards des années 1980 puis celle des années 1990.</li><li id="footnote_3_449" class="footnote">La réouverture du <em>Lion Ardent</em> fut vivement saluée par la Ligue de Défense Juive en mai 2009.</li><li id="footnote_4_449" class="footnote">Alexandre Gitakos restera l’inoubliable auteur, au nom de France-Israël Jeunes, d’un communiqué de soutien à Benoît Fleury lorsque celui-ci est entré au conseil général de Vendée au début de l’automne 2009. Le même Fleury qui, rappelons-le, déclarait dans l&rsquo;<em>Echo des Savanes</em> en mars 1999 qu&rsquo;il fallait rayer Israël de la carte (sic) et que le GUD avait mis une danse (re-sic) au Bétar lors du procès Garaudy. La solidarité, c’est émouvant. Pour autant, France-Israël n&rsquo;était pas une association d&rsquo;extrême droite avant que William Goldnadel en prenne la direction il y a quelques années. Fondée en 1933 par Justin Godard sous le nom de &laquo;&nbsp;France-Palestine&nbsp;&raquo;, l&rsquo;association a eu pour président le général Koenig et était jusqu&rsquo;en 1967 largemet composée de gaullistes issus de la résistance. Se reporter à l&rsquo;ouvrage de Samy Cohen <em>De Gaulle, Israël et les Juifs</em> pour plus de détails.</li><li id="footnote_5_449" class="footnote">Parti sur lequel nous aurons l’occasion de revenir, d’autant qu’il comporte quelques figures pittoresques comme Maître Philibert Lepy dont nous avons déjà eu l’occasion de parler et qui poursuit une trajectoire toute en cohérence…</li><li id="footnote_6_449" class="footnote">Il succéda ainsi à Romain Vincent dit &laquo;&nbsp;La Bête&nbsp;&raquo; et Romain Riedberger, aux orientations politiques relativement dissemblables : proche de Marine Le Pen pour le premier et nationaliste et catholique pour le second.</li><li id="footnote_7_449" class="footnote">Le 9 mai 2009 était organisé par Serge Ayoub qui n&rsquo;est pas réputé pour son philosémitisme&#8230;</li><li id="footnote_8_449" class="footnote">Renouveau Etudiant</li><li id="footnote_9_449" class="footnote">Union et Défense des Etudiants Nationalistes</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le fil identitaire</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:10:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<category><![CDATA[Identitaires]]></category>
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		<description><![CDATA[Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&#8217;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&#8217;est pas [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&rsquo;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&rsquo;est pas innocente. La notion présente en effet des avantages politiques tout autant qu&rsquo;idéologiques. Les avantages les plus évidents sont sur la neutralité du terme. Il est en effet peu connoté et ne renvoie pas de prime abord aux «heures les plus sombres de notre histoire» comme diraient nos chers démocrates. Contrairement au mot nationalisme qui est associé dans l&rsquo;imaginaire européen à la violence et à la fermeture aux autres, «identitaire» est plutôt dans l&rsquo;air du temps. Il évoque le «terroir», les «racines», le «ressourcement», bref toutes ces notions qui sont la base du marketing commercial depuis une dizaine d&rsquo;années et que l&rsquo;on retrouve dans de nombreuses publicités télévisées. Et à qui reprocherait-on de vouloir avoir une identité ?<br />
Par ailleurs, le terme correspond également assez bien à l&rsquo;évolution idéologique d&rsquo;une fraction du courant nationaliste français, à savoir tous ceux pour qui le combat prioritaire et légitime n&rsquo;est plus tant dans la défense de la nation française que dans celle du peuplement blanc européen. Cela englobe Terre &amp; Peuple, Unité radicale dans une certaine mesure mais également toute une série de petites structures qui font passer le combat culturel avant le combat purement militant. L&rsquo;étiquette de «nationalistes européens» leur conviendrait bien mais elle n&rsquo;est pas très parlante et peut prêter à confusion. Aussi le terme d&rsquo;identitaire leur va-t-il à merveille, ce que Jean Mabire traduisait parfaitement à la dernière table ronde de Terre &amp; Peuple début octobre en recommandant d&rsquo;abandonner définitivement le terme de nationaliste, trop ambigu. En outre l&rsquo;adoption du mot traduit parfaitement le repli politique prôné par ses utilisateurs. Au début du Contrat social, Rousseau établit une distinction importante entre agrégation et association. Pour lui, la société ne saurait être le résultat d&rsquo;une multitude d&rsquo;individus poursuivant chacun des buts particuliers mais d&rsquo;une association d&rsquo;individus s&rsquo;unissant par un acte volontaire. Il allait en cela contre certains auteurs libéraux comme Bernard Mandeville qui considérait que le bien commun provenait de la réalisation des biens individuels. Pour lui, la volonté générale, indispensable à toute société, ne saurait jaillir de la multitude et de l&rsquo;agrégation. Or il faut bien constater que le système capitaliste a «réussi» en deux siècles dans les pays européens à substituer l&rsquo;agrégation à l&rsquo;association, tant par la diffusion de valeurs individualistes et hédonistes que par des mouvements migratoires nationaux dans un premier temps et internationaux dans un deuxième temps. Le développement de la thématique «identitaire» dans une partie du courant nationaliste n&rsquo;est donc finalement pas si éloignée que cela dans sa démarche de la thématique «républicaine» dans d&rsquo;autres courants politiques, chevènementistes en particulier. Ces thématiques visent à retourner à un âge d&rsquo;or de la vie en société, quand tout le corps social, pour hétérogène qu&rsquo;il soit, avait une véritable volonté générale, qu&rsquo;elle soit politique ou ethnique.</p>
<h3>Mer &amp; Poulpe</h3>
<p>C&rsquo;est donc cette thématique que l&rsquo;on retrouve dans <em>Terre &amp; Peuple &#8211; La revue</em> qui marche de plus en plus sur les brisées du GRECE ancienne mouture. On y trouve une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em> sur les traditions populaires européennes. Il est d&rsquo;ailleurs à noter que la revue multiplie les hommages et clins d&rsquo;œil au GRECE, que ce soit avec un compte rendu élogieux des derniers numéros d&rsquo;<em>Éléments</em>, en particulier celui consacré à l&rsquo;Europe, ou des encarts consacrés au château de Roquefavour (Ventabren), propriété du GRECE, à partir duquel M. Rollet, «greciste» historique, anime le bulletin <em>L&rsquo;Âtre</em>. Mais c&rsquo;est aussi la thématique des premiers ouvrages publiés par la nouvelle SARL de presse lancée par Pierre Vial, les Éditions de la Forêt. Mais il existe bien d&rsquo;autres structures diffusant ce type de discours du «retour aux racines» :<br />
- journaux «enracinés» comme le bulletin <em>Alternative Europe</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_0_205" id="identifier_0_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancienne scission alsacienne de Nouvelle R&eacute;sistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment &laquo;militants europ&eacute;ens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se d&eacute;velopper pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe f&eacute;d&eacute;rale des r&eacute;gions, o&ugrave; la conscience identitaire europ&eacute;enne sera affirm&eacute;e face &agrave; l&rsquo;imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain et face &agrave; l&rsquo;immigration extra-europ&eacute;enne&raquo;.">1</a></sup> ou le trimestriel <em>Utlagi </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_1_205" id="identifier_1_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implant&eacute; en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.">2</a></sup>, <em>Montségur </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_2_205" id="identifier_2_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute; en 2000 de la r&eacute;union des anciennes &eacute;quipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (St&eacute;phane Par&eacute;d&eacute;, responsable MNJ et UR &agrave; N&icirc;mes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isol&eacute;s">3</a></sup> ou <em>Le Lansquenet </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_3_205" id="identifier_3_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les r&eacute;dacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule &eacute;tant traditionnellement hostile &agrave; l&rsquo;antifascisme.">4</a></sup> à Aix, <em>Gwenn Ha Du</em> en Bretagne ou <em>Solaria</em> en Alsace, trimestriel animé par Jean-Christophe Mathelin et rattaché à la Maison du Soleil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_4_205" id="identifier_4_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommand&eacute; aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.">5</a></sup> (centre d&rsquo;études solaires) à Diedendorf ;<br />
- petites maisons d&rsquo;édition comme le Veilleur de Proue, affiliée au Mouvement de la Jeunesse Normande (MJN, lié au Mouvement normand dont le président est Didier Patte, ancien membre de Nouvelle Résistance) et qui éditent des brochures de paganisme nordique;<br />
- ateliers artisanaux comme l&rsquo;Atelier de l&rsquo;Elfe ou l&rsquo;Atelier des Léopards d&rsquo;Or à Remiremont ou les «boutiques d&rsquo;artisanat enraciné» comme Lou Paradou à Nice ou Terres celtiques à Grenoble. Cette boutique animée par de vieux militants NR grenoblois déjà à l&rsquo;œuvre du temps de la revue <em>Noir &amp; Rouge</em> se veut à la fois pôle de diffusion de vêtements (surplus, T-Shirts mytho, fringues skinheads), de bibelots pour «décorer son petit bunker» (sic) (emblèmes médiévaux, fanions nazis, etc.), de livres et de CDs, de boissons et enfin d&rsquo;armes (matraques, poings américains&#8230;) et pôle de regroupement NR autour de l&rsquo;association La Bagaude. D&rsquo;après eux, tout cela ne vaut pas «une charge de panzers au petit matin» mais apparemment ils s&rsquo;en contentent&#8230; Le gérant-propriétaire Christian Mollier ainsi que d&rsquo;autres militants MNR de l&rsquo;Isère ont d&rsquo;ailleurs été poursuivis l&rsquo;année dernière pour l&rsquo;attaque d&rsquo;un meeting sur l&rsquo;immigration algérienne en novembre 1999. Même si le tribunal correctionnel a été obligé d&rsquo;abandonner les accusations de coups et blessures, port d&rsquo;armes, en raison de l&rsquo;imprécision des témoignages, les inculpés ont été jugés pour «entrave concertée à la liberté de réunion» et surtout pour «incitation à la haine raciale» pour divers slogans. Ils ont été condamnés les uns et les autres à des amendes, à des peines de prison avec sursis (10 mois) et à la privation de leurs droits civiques (5 ans). Le lâchage par le MNR a aussitôt poussé Mollier dans les bras du FN, ce qui a valu de nouvelles poursuites au responsable local de ce parti, Georges Theil, pour des propos négationnistes.</p>
<h3>L&rsquo;Oreille cassée</h3>
<p>On ne saurait conclure ce bref panorama sans un mot sur le bien nommé Rock Identitaire Français. Le RIF apparaît en tant que tel avec le groupe Vae Victis, monté par des militants du Renouveau étudiant en 1993. Brocardée à ses débuts, l&rsquo;expérience finit par s&rsquo;avérer concluante et suscite la création d&rsquo;autres groupes, sans pour autant qu&rsquo;il y ait de ligne politico-musicale bien claire et sans même que la notion de RIF constitue autre chose qu&rsquo;une définition par défaut. Nationaliste, le RIF rassemble tous ceux qui veulent sortir du ghetto bonehead et essayer de faire de la musique un média militant comme a pu l&rsquo;être le rock alternatif pour le milieu libertaire à la fin des années 1980. De l&rsquo;extérieur, le pari semble réussi. Deux labels, Memorial Records et Bleu-Blanc-Rock, parviennent à produire une dizaine de groupes comme Aion (Lorraine, musique indus), Basic Celtos (région parisienne, fusion), Brixia (région parisienne, rock), Elendil (région parisienne, rock), Fraction (PACA, metal), Ile-de-France (région parisienne, rock), In Memoriam (région parisienne, rock), Kaiserbund (région parisienne, musique indus), Vae Victis (région parisienne, rock), Insurrection (Châteauroux, rock limite RAC). Chaque label a une démarche spécifique qui lui permet d&rsquo;exploiter un créneau. Dans le cas de Memorial Records, la démarche est clairement commerciale puisque le label est une SARL montée avec l&rsquo;aide de Gilles Soulas. Memorial s&rsquo;appuie essentiellement sur In Memoriam, les membres étant les mêmes : Julien Beuzard, Matthias Briccage ou Xavier Schleiter. Lié de façon militante au MNR, In Memoriam bénéficie de fait de ce créneau. Bleu-Blanc-Rock est clairement plus militant et rassemble à présent les deux tiers des groupes. Lancé en 1998 par Fabrice Robert, Jean-Christophe Bru et Paul Thore entre autres, BBR a adopté dès le début une politique de promotion du RIF visant clairement à en faire un outil politique, copiant en cela la démarche des Italiens du groupe Zetazeroalfa, avec qui ils ont des liens très étroits. Le principal support a été une cassette-compilation vendue 10 francs et qui a été diffusée à 5000 exemplaires, lors de fêtes de la musique par exemple. Souhaitant rééditer l&rsquo;expérience, le label s&rsquo;apprête à faire la même chose avec un CD-Rom vendu deux euros et centré sur la lutte contre la mondialisation. BBR a par ailleurs mis en place un site Internet efficace qui pratique la tactique du «cheval de Troie». Le site chronique en effet des groupes non nationalistes, voire d&rsquo;extrême gauche, ce qui lui permet d&rsquo;apparaître dans les sélections des moteurs de recherche lors de recherches portant sur ces groupes, et de toucher ainsi un public qui lui aurait totalement échappé. Enfin, le label a mis en place des relais locaux, en général une ou deux personnes, pompeusement appelés «cellules militantes». Mais en creusant un peu, on peut s&rsquo;apercevoir que le bilan de l&rsquo;expérience est heureusement moins positif. D&rsquo;une part, faute de stratégie bien définie, le RIF reste confiné à un petit public et, pire pour ses promoteurs, à un public largement bonehead ! Celui-ci compose en effet une bonne part du public des concerts. Le constat vaut aussi pour les musiciens qui sont sur la brèche depuis quelques années et ne sont finalement qu&rsquo;une bonne quinzaine. On retrouve en effet Julien Beuzard, Fabrice Lauffenburger ou Thibaud Lamy dans plusieurs groupes à la fois. D&rsquo;autre part, le milieu est très divisé et multiplie les embrouilles internes, en particulier entre les musiciens d&rsquo;In Memoriam et les autres. Enfin, la politique de confinement des antifascistes a porté ses fruits en empêchant le RIF de devenir cet outil politique que voulaient en faire ses promoteurs. On peut rappeler à titre d&rsquo;exemple l&rsquo;affaire du Podium Rock du Gibus au printemps 2000. Ayant franchi en douce la première élimination qui avait vu l&rsquo;élimination de 120 groupes sur 200, Ile-de-France comptait faire de même pour la deuxième. Finalement, cette deuxième compétition a eu lieu sans eux à la suite des pressions exercées sur le Gibus et de l&rsquo;annonce d&rsquo;un rassemblement à côté de la salle. Même si le groupe et ses fans se sont réfugiés sous un pont avec un groupe électrogène, la manœuvre a échoué. Néanmoins, il est évident que la neutralité du terme identitaire ne peut que permettre ce type de tentative et il serait bien étonnant qu&rsquo;on n&rsquo;assiste pas dans les années à venir à des tentatives de prise de contact avec des organisateurs de spectacle ou des groupes non nationalistes, mais séduits par la thématique identitaire et antimondialisation. Après tout, il existe déjà des activités de ce type dans le domaine intellectuel. C&rsquo;est le cas des conférences annuelles de la revue <em>Politica Hermetica</em> publiée par L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme, ou du festival européen des mythes et légendes de Carcassonne, dont le vice-président est Christophe Levalois, proche du GRECE et fidèle alter ego d&rsquo;Arnaud Guyot-Jeannin dans le cercle Sol Invictus. Comme quoi tout est tristement possible&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_205" class="footnote">Ancienne scission alsacienne de Nouvelle Résistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment «militants européens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se développer pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe fédérale des régions, où la conscience identitaire européenne sera affirmée face à l&rsquo;impérialisme américain et face à l&rsquo;immigration extra-européenne».</li><li id="footnote_1_205" class="footnote">Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implanté en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.</li><li id="footnote_2_205" class="footnote">Né en 2000 de la réunion des anciennes équipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (Stéphane Parédé, responsable MNJ et UR à Nîmes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isolés</li><li id="footnote_3_205" class="footnote">Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les rédacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule étant traditionnellement hostile à l&rsquo;antifascisme.</li><li id="footnote_4_205" class="footnote">Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommandé aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>« Combien de marins, combien de capitaines… »</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2004 12:15:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Damien Bariller]]></category>
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		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
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		<description><![CDATA[C'est maintenant un fait incontournable : le rafiot MNR est définitivement naufragé. Il n'est pas question pour nous de jouer l'habituel couplet du « on l'avait bien dit ! », rien ne serait plus faux. Il n'était en effet nullement certain que la tentative échoue, même si elle avait du plomb dans l'aile, et ce jusqu'aux dernières élections législatives. Ayant déjà fait un petit historique du FN – Mouvement national devenu MNR dans le dernier REFLEXes Hors Série de juin 2002, nous nous intéresserons surtout ici aux élections et à leurs conséquences.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est maintenant un fait incontournable : le rafiot MNR est définitivement naufragé. Il n&rsquo;est pas question pour nous de jouer l&rsquo;habituel couplet du « on l&rsquo;avait bien dit ! », rien ne serait plus faux. Il n&rsquo;était en effet nullement certain que la tentative échoue, même si elle avait du plomb dans l&rsquo;aile, et ce jusqu&rsquo;aux dernières élections législatives. Ayant déjà fait un petit historique du FN – Mouvement national devenu MNR dans le dernier R<em>EFLEXes</em> Hors Série de juin 2002, nous nous intéresserons surtout ici aux élections et à leurs conséquences.</p>
<p>CHASSEURS DE PRIME</p>
<p>Les dernières élections législatives auront été pleines d&rsquo;enseignements. Nous ne reviendrons pas sur une analyse globale des résultats qui a été bien faite par la grande presse, mais sur certains aspects très intéressants…</p>
<p><strong>Le premier point</strong> est sans doute que ces élections ont totalement démonté le mythe de « l&rsquo;enracinement » des candidats d&rsquo;extrême droite. Les élections législatives ont été marquées par un recul général de tous les candidats estampillés protestataires, de l&rsquo;extrême gauche à l&rsquo;extrême droite. Dans ce dernier courant, le Front national en particulier a subi une perte de voix très importante par rapport à l&rsquo;élection présidentielle. Les législatives montrent que le noyau dur de l&rsquo;électorat nationaliste s&rsquo;établit entre 10 et 12%. Or ce noyau qui se caractérise par de solides convictions n&rsquo;a cure de l&rsquo;enracinement ou pas des candidats supposés le représenter. Cela vaut pour tous les partis nationalistes mais s&rsquo;est révélé particulièrement fatal pour le MNR. En effet celui-ci avait tout misé sur cette caractéristique de ses candidats pour rattraper son déficit de notoriété face au FN. Cela faisait des années que certains cadres labouraient le terrain, ce travail ne pouvait être que payant ! Las ! pour Bruno Mégret et les siens, cela n&rsquo;a été absolument pas le cas et certains chiffres sélectionnés parmi les quelques 150 candidats MNR ayant déjà été candidats pour le FN sont cruels :</p>
<p>Philippe Schleiter, candidat FN aux législatives 1997 dans la 18e circonscription de Paris (3871 voix, 12,68 %).</p>
<p>Ce cadre très actif n&rsquo;a cessé de se dépenser pour la structure mégretiste dans les Yvelines. Il a été en particulier poursuivi par le passé pour incitation à la haine raciale pour des propos dénonçant une subvention accordée à la mosquée d&rsquo;Élancourt par le maire RPR et relaxé en première instance à l&rsquo;automne 2000. Résultat : candidat MNR aux législatives 2002 dans la 8e circonscription des Yvelines, il a recueilli 449 voix, soit 1,20 % des suffrages.</p>
<p>Damien Bariller</p>
<p>Adhérent depuis 1987, cet éminent représentant de la « génération Mégret » est implanté depuis longtemps dans la région d&rsquo;Aix-en-Provence. Responsable FNJ sur Aix dès 1988, il entre au comité central du FN dès 1990. Conseiller régional PACA dès 1992, conseiller municipal d&rsquo;Aix, il a été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône où il a obtenu 15 818 voix, soit 24,31 % des suffrages. Candidat en juin pour le MNR dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, il n&rsquo;a obtenu que 2656 voix, soit 3,67 % des suffrages.</p>
<p>Jean-Yves Le Gallou</p>
<p>Implanté depuis deux décennies dans les Hauts-de-Seine, le délégué général du MNR était candidat FN aux législatives 1997 dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine. Résultat : 7200 voix, soit 21,21 % des suffrages. Aux législatives 2002, toujours dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine, il est tombé à 1196 voix, soit 4,08 %.</p>
<p>Franck Timmermans</p>
<p>Adhérent depuis 1972 au FN, l&rsquo;ancien secrétaire général avait obtenu 7981 voix, soit 22,05% des suffrages aux législatives 1997 dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis. Conseiller régional d&rsquo;Ile-de-France, il est une figure politique de Seine-Saint-Denis. Résultat aux législatives 2002 dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis : 406 voix, 1,49 % des suffrages.</p>
<p>Alain de Peretti</p>
<p>Ce cadre bordelais du MNR et conseiller régional d&rsquo;Aquitaine a participé à quasiment toutes les élections de la décennie 1990 comme candidat FN : aux législatives de 1993 dans la 9e circonscription de la Gironde (6286 voix, 10,68 % des suffrages) ; aux législatives de juin 1997 dans la 9e circonscription de la Gironde (7945 voix, 13,14 % des suffrages). Bilan des courses aux législatives de juin 2002 dans la 9e circonscription de la Gironde : 1385 voix, 2,24 % des suffrages.</p>
<p>Michel Bischoff</p>
<p>Ce cadre a été de toutes les élections depuis 20 ans dans la 5e circonscription du Val d&rsquo;Oise sous l&rsquo;étiquette FN : aux législatives de 1988 (16,42 %, 6314 voix), à celles de 1993 (19,3 %, 7305 voix) puis de 1997 (6971 voix, 18,62 %). Candidat MNR aux législatives 2002 toujours dans la même circonscription du Val-d&rsquo;Oise, il a obtenu 227 voix, soit 0,68 % des suffrages !</p>
<p>Ces quelques exemples ont été choisis au hasard. Pour être exhaustif, ce sont <strong>tous</strong> les candidats du MNR passés par le FN qu&rsquo;il aurait fallu citer ! Bruno Mégret lui-même passe dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône de 22 353 voix, soit 35,45 % des suffrages en 1997 à 11 412 voix et 18,58 % des suffrages aux législatives 2002 toujours dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône. Seul réconfort pour le MNR : il n&rsquo;est pas le seul à avoir connu cette déroute. Elle a concerné tous les autres groupes, en particulier régionalistes. En Bretagne, aucun candidat du MRB ne dépasse 1% des suffrages. En Alsace, malgré l&rsquo;ancienneté de leur présence sur le terrain, tous les proches de Robert Spieler et du Mouvement régionaliste alsacien tournent à environ 2% des suffrages. Que peut-on en déduire ? Tout simplement que « l&rsquo;enracinement » d&rsquo;un candidat nationaliste n&rsquo;est important que pour lui-même, tout comme peuvent l&rsquo;être ses prises de position. L&rsquo;électorat tenté par la protestation nationaliste ne connaît qu&rsquo;un sigle et qu&rsquo;un nom : Front national et Le Pen. Les urnes ont ainsi rétabli une position hégémonique et incontournable qui était celle du FN depuis 1995 et que la scission de janvier 1999 semblait avoir remise en cause. Cette situation est évidemment lourde de conséquences pour l&rsquo;avenir et le FN est de nouveau en mesure de jouer le rôle de pivot du mouvement national et de la droite radicale en France.</p>
<p><strong>Le deuxième enseignement</strong> à tirer de ces élections confirme que les formations nationalistes, malgré leurs déclarations rituelles de probité, n&rsquo;hésitent pas à voler l&rsquo;argent publique au même titre que les autres. La démonstration en a été faite avec la liste Droit de Chasse. Lancé en mai 2001, le mouvement est resté plus que discret jusqu&rsquo;aux élections législatives. Mais très rapidement des rumeurs ont couru, selon lesquelles Droit de Chasse n&rsquo;était qu&rsquo;un sous-marin du MNR pour récupérer des fonds publics grâce au remboursement des frais de campagne, conditionné par le nombre de voix obtenues. Son principal dirigeant, Franck Vidal, s&rsquo;est alors répandu dans la presse, en menaçant ceux qui colportaient de telles informations d&rsquo;un procès en diffamation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_0_187" id="identifier_0_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A notre connaissance, il n&rsquo;y eu aucun proc&egrave;s et en tout cas pas contre Lectures fran&ccedil;aises, mensuel nationaliste fond&eacute; par feu Henri Coston et qui dans son num&eacute;ro d&rsquo;&eacute;t&eacute; qualifie Franck Vidal de &laquo; proche personnellement du MNR de Bruno M&eacute;gret &raquo;.">1</a></sup>. Mais une connaissance correcte du MNR et de ses militants suffit à balayer ces vitupérations. Oui, Droit de Chasse a bien été un sous-marin du MNR pour récolter indûment de l&rsquo;argent public et certains de ses membres ou candidats en témoignent :</p>
<p>• Roland Malfait, son responsable local dans le Nord, a été candidat MNR à une cantonale partielle à Rouvroy en novembre 2001 ;</p>
<p>• Bruno Cahour, candidat dans la 8e circonscription de la Gironde, a obtenu un stage à la mairie de Vitrolles en août 2002, stagiarisation ouvrant la voie à un CDI. Sa femme a été également candidate dans la 5e de la Gironde pour Droit de Chasse ;</p>
<p>• Marie-Jeanne d&rsquo;Ambrosio a été candidate dans la 5e circonscription de l&rsquo;Hérault tandis que son mari, condamné en 1998 pour l&rsquo;assassinat d&rsquo;Ibrahim Ali à Marseille, obtenait lui aussi un stage à Vitrolles en août dernier.</p>
<p>• Marie Bégué, candidate dans la 1e circonscription du Gers est liée à Claude Bégué, militant MNR des Pyrénées-Atlantiques et candidat aux dernières législatives dans ce département ;</p>
<p>• Ludovic Durin, candidat dans la 6e circonscription de Gironde, est pour sa part lié à Léon-Pierre Durin, cadre influent et activiste du MNR en Dordogne, organisateur des Universités d&rsquo;été du MNR à Bergerac ;</p>
<p>• Stéphane de Pachtère, candidat dans la 1ère circonscription de Lozère est pour sa part lié à Georges et Christiane de Pachtère, militants MNR et candidats dans les Pyrénées-Atlantiques. Sa femme Valérie était elle aussi candidate Droit de Chasse en Lozère ;</p>
<p>Etc, etc.</p>
<p>Mais la cerise sur le gâteau est bien sûr de retrouver sous l&rsquo;étiquette Droit de Chasse une partie du groupe In Memoriam ! ! ! En l&rsquo;occurrence Xavier Schleiter et Julien Beuzard, respectivement chanteur et guitariste du groupe et candidats dans la 14e circonscription du Nord et dans la 4e du Pas-de-Calais. Si nous savions que ces deux musiciens dans l&rsquo;âme étaient militants du MNR, nous ne connaissions pas leur intérêt pour les choses de la nature, tout à fait louable pour ces deux Parisiens plus habitués aux chemises Ben Sherman et autres Fred Perry qu&rsquo;à l&rsquo;humidité rugueuse de la veste de chasse… Trêve de plaisanterie ! L&rsquo;opération Droit de Chasse montre une fois de plus que les mouvements nationalistes sont prêts à tous les montages possibles et imaginables dès lors que de l&rsquo;argent est en jeu. Mais après tout, notre cher président « antifasciste » a montré l&rsquo;exemple par le passé. Le MNR était donc logique avec lui-même dans sa démarche chiracophile.</p>
<p><strong>Le troisième et dernier enseignement</strong> est que les militants nationalistes ont, à l&rsquo;instar des citoyens français, la mémoire courte. L&rsquo;échec du MNR était en effet relativement prévisible si on gardait en mémoire l&rsquo;expérience de l&rsquo;Alliance populaire devenue Parti National Républicain (PNR). Cette scission du FN du début des années 1990 fit en effet aux législatives de 1997, sur la même démarche et les mêmes thèmes que le MNR, des scores similaires à ceux qu&rsquo;ont fait les candidats mégretistes en juin de cette année. Or il ne semble à aucun moment que cette expérience passée n&rsquo;ait été évoquée par les dirigeants du MNR. On peut supposer que l&rsquo;expérience du MNR plongera aussi rapidement dans l&rsquo;oubli…</p>
<p>L&rsquo;ETE MEURTRIER</p>
<p>Malgré les tours de passe-passe financiers, ces élections ont donc bien marqué le début de la fin pour la petite entreprise mégretiste. Comment cela peut-il s&rsquo;expliquer ? Avant tout par un vice de fabrication originel. Les mégretistes ont lancé le processus de scission fin décembre 1998-début janvier 1999 sur la conviction que le FN lepéniste était au bout du rouleau et qu&rsquo;il suffisait de prendre l&rsquo;appareil d&rsquo;assaut pour le prendre tout court. Cette stratégie initiale ayant échoué, ils ont cru qu&rsquo;ils pouvaient vider le FN de sa substance et que la clique Le Pen se retrouverait ainsi toute seule. Là aussi, échec sur toute la ligne. D&rsquo;où le lancement du MNR à l&rsquo;automne 1999 et l&rsquo;installation dans une épreuve de force de longue durée, une guerre d&rsquo;usure finalement. Mais pour que celle-ci réussisse, il aurait fallu que Jean-Marie Le Pen finisse par sortir du champ politique et que les dirigeants MNR aient un sens aigu de la stratégie politique. Las ! La première éventualité n&rsquo;a pas eu lieu et on sait maintenant que la deuxième non plus…</p>
<p>En trois ans d&rsquo;existence, la direction du MNR et Bruno Mégret en premier lieu ont en effet montré une étonnante incapacité à réellement analyser les évolutions politiques et à en tirer les conséquences. Cela pouvait se voir tout d&rsquo;abord dans le discours politique. Le MNR était le point de rencontre de multiples orientations et aspirations politiques qui à force de se télescoper finissaient par se brouiller. Celles de la direction étaient de se positionner en partenaire crédible de la droite parlementaire, jouant auprès de celle-ci le rôle que peut encore (pour combien de temps ?) jouer le Parti communiste auprès du PS et des forces sociales-démocrates. Le discours était donc lissé, sans attaques inutiles sur des thèmes politiquement sensibles comme la communauté juive par exemple ou, cela va de pair, le négationnisme historique. En revanche, il se voulait ferme sur l&rsquo;immigration et les responsabilités de l&rsquo;État républicain. Bruno Mégret a ainsi sans doute réellement cru qu&rsquo;il pouvait rentrer dans le costume de Gianfranco Fini. À l&rsquo;inverse, les militants de base, certains cadres et surtout les militants du MNJ pratiquaient une surenchère permanente contre le FN : surenchère racialiste bien sûr, mais aussi surenchère régionaliste pour certains. On trouvait donc de tout au MNR sauf une ligne politique claire. Les événements du 11 septembre 2001 sont venus aggraver cette situation puisque la direction du MNR a montré une fois de plus qu&rsquo;elle était prête à sacrifier ses propres forces plutôt que de tenir compte de l&rsquo;avis des militants de base. Bruno Mégret a en effet alors adopté des positions outrageusement atlantistes qui allaient à l&rsquo;encontre de l&rsquo;opinion d&rsquo;une majorité de militants mais lui semblaient politiquement porteuses car dans le « sens de l&rsquo;histoire ». La sanction n&rsquo;a pas tardé avec le départ d&rsquo;une partie des militants et de certains cadres qui au lendemain du 11 septembre se réjouissaient en privé de la leçon infligée aux Américains. Le même cas de figure s&rsquo;est répété fin août lors de l&rsquo;université d&rsquo;été à Bergerac lorsque Bruno Mégret a fixé la position politique du MNR entre l&rsquo;UMP et le FN. Or la veille, il avait été mis en minorité par les cadres dirigeants du mouvement par rapport à cette question lors d&rsquo;une réunion à huit clos du bureau politique. Cela ne l&rsquo;a pas empêché le lendemain de prendre tout le monde à contre-pied en pratiquant la politique du fait accompli. Enfin, nous ne reviendrons pas sur l&rsquo;épisode Brunerie que nous avons traité dans l&rsquo;article précédent ou sur l&rsquo;intégration des militants d&rsquo;Unité radicale.</p>
<p>On pointe sans doute en l&rsquo;occurrence la deuxième explication de l&rsquo;échec du MNR. Tout le monde (militants, sympathisants, adversaires ou analystes) s&rsquo;est laissé intoxiquer par les prétendues qualités organisatrices et militantes des dirigeants du MNR. Or en trois ans d&rsquo;existence, la direction du MNR a réussi l&rsquo;incroyable expérience de répéter les mêmes erreurs que la direction frontiste, erreurs qui avaient motivé le départ d&rsquo;une majeure partie de militants aux côtés des mégretistes : caporalisme militant et magouilles politico-financières. Ces dernières seront d&rsquo;ailleurs sans doute la cause finale de la disparition du MNR avec des prolongements judiciaires. Le MNR s&rsquo;est révélé, et cela nous réjouit évidemment profondément, être un formidable gâchis d&rsquo;énergies militantes et d&rsquo;espérances multiples. Si Bruno Mégret était un bon auxiliaire organisateur au sein du FN, il a montré qu&rsquo;il n&rsquo;avait en aucune façon la carrure d&rsquo;un dirigeant politique, nationaliste ou pas d&rsquo;ailleurs, ce que trahissait son absence évidente de charisme. Les cadres régionaux ou départementaux ont d&rsquo;autre part été totalement incapables d&rsquo;infléchir la ligne politique de l&rsquo;appareil quand ils ne la suivaient pas aveuglément.</p>
<p>ET MAINTENANT, QUE VONT-ILS FAIRE ?</p>
<p>Que reste-t-il du MNR ? Pas grand-chose. Mais ce n&rsquo;est pas seulement une question d&rsquo;existence concrète sur le terrain. Il est évident que la perte de la mairie de Vitrolles va peser lourd. Le contrôle de cette municipalité était une source de clientélisme inépuisable à laquelle venaient s&rsquo;abreuver tous les demi-soldes normands ou autres du mégretisme : les Bunel, les Sidos, … Cependant c&rsquo;est là encore la question de l&rsquo;orientation politique qui va peser le plus crucialement. C&rsquo;est en effet celle-ci qui a servi de prétexte au départ pour les cadres ayant quitté le navire fin août. Or cette question est loin d&rsquo;être réglée et le conseil national du 14 novembre à Paris promet d&rsquo;être houleux. Mais surtout le MNR laisse derrière lui un champ de ruines. Nombreux sont en effet les cadres ou militant(e)s totalement dégoûté(e)s de l&rsquo;action politique, voire pour certain(e)s dans une situation financière critique, pour peu qu&rsquo;ils aient répondu aux appels financiers incessants de l&rsquo;appareil mégretiste et cru aux possibilités de remboursements. Leur hostilité à Jean-Marie Le Pen restant intacte, il y a fort à parier qu&rsquo;ils ne rejoindront pas le FN, même si celui-ci commence à tendre la main aux militants de base et cadres de second rang. Une petite minorité, issue pour la majorité d&rsquo;entre elle du MNJ, va sans doute choisir la fuite en avant en rejoignant « l&rsquo;aventure » des Jeunesses identitaires. Mais on ne voit pas trop comment celles-ci sortiraient du ghetto de la droite radicale (pour peu qu&rsquo;elles aient réellement envie de le faire). Les JI ne devront pas compter en tout cas sur l&rsquo;oubli bienveillant du FN pour se développer. On peut en effet supposer que les positions défendues par Erik Faurot, cadre FNJ du Puy-de-Dôme, sont celles de l&rsquo;appareil dans son ensemble. Vantant les qualités du FN et FNJ et leur opposition à toute dérive extrémiste, il désigne ainsi les militants radicaux : « C&rsquo;est ce que n&rsquo;ont pas compris un certain nombre de nationalistes qui ne proposent que de belles paroles et de faits d&rsquo;arme imaginaires, en réalité des mythomanes grandiloquents (…). Écoutez-les, vous les reconnaîtrez aisément : héritiers (forcément !) de la SS ou des glorieuses légions romaines, ils rêvent d&rsquo;une grande Europe qui renouerait avec un passé celtique illusoire (…). Quoi qu&rsquo;il en soit, les rêveries romantico-morbides, qui finissent toujours en queue de poisson ou en une reconversion dans l&rsquo;Établissement, nous les leur laissons (…). La plupart des militants des groupuscules font de l&rsquo;activisme vain et stérile, pour s&rsquo;amuser, jouer aux durs pendant leur jeunesse et se ranger sagement plus tard. À l&rsquo;inverse, rejetant ces amusements de désoeuvrés immatures, le FNJ entend faire de l&rsquo;action politique constructive, tournée exclusivement vers le bien de la Cité et c&rsquo;est tout ce qui nous différencie d&rsquo;Unité radicale. C&rsquo;est ce qui fait que (…) le « radicalisme » sera toujours marginal et insignifiant ». Fermez le ban, la messe est dite !</p>
<p>Enfin une petite fraction de ces déçus du mégretisme va sans doute s&rsquo;investir dans le créneau identitaire. Au sein de Terre &amp; Peuple bien sûr, même si la tentative de putsch menée par certaines militantes parisiennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_1_187" id="identifier_1_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce puputsch qui a &eacute;chou&eacute; et qui impliquait la femme de Jean-Yves Le Gallou &eacute;tait motiv&eacute; par le parrainage accord&eacute; par Pierre Vial &agrave; Jean-Marie Le Pen pour les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles.">2</a></sup> de l&rsquo;association contre Pierre Vial lors de l&rsquo;assemblée communautaire annuelle de mai dernier montre que la structure n&rsquo;est pas exempte de tensions et qu&rsquo;elle peut difficilement rester en dehors des luttes partisanes. Plus sûrement au sein de structures très souples comme la Maison des Libertés, initiative à laquelle participe l&rsquo;inévitable Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_2_187" id="identifier_2_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52.">3</a></sup> et qui aura sa journée inaugurale le 09 novembre prochain.</p>
<p>Au final, la situation du mouvement nationaliste n&rsquo;a jamais été aussi paradoxale et contrastée, avec un fractionnement très poussé, tant organisationnel que géographique, qui laisse très ouvert le champ des conjectures possibles.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_187" class="footnote">A notre connaissance, il n&rsquo;y eu aucun procès et en tout cas pas contre <em>Lectures françaises</em>, mensuel nationaliste fondé par feu Henri Coston et qui dans son numéro d&rsquo;été qualifie Franck Vidal de « proche personnellement du MNR de Bruno Mégret ».</li><li id="footnote_1_187" class="footnote">Ce puputsch qui a échoué et qui impliquait la femme de Jean-Yves Le Gallou était motivé par le parrainage accordé par Pierre Vial à Jean-Marie Le Pen pour les élections présidentielles.</li><li id="footnote_2_187" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°52.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Nazis et cotillons !</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2004 11:14:08 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 09 novembre a donc vu se dérouler l&rsquo;acte inaugural d&rsquo;une nouvelle tentative de fédération des énergies militantes issues principalement du MNR. Rassemblant environ 1300 à 1400 personnes pour les débats et 400 pour le concert nocturne d&rsquo;In Memoriam, la fête de la salle Wagram a vu resurgir quelques vieilles connaissances qui semblaient un peu échaudées par le lent naufrage du MNR.Dernière minute :</p>
<p>La Fête de l&rsquo;Identité et des Libertés</p>
<p>Nazis et cotillons!</p>
<p>Le 09 novembre a donc vu se dérouler l&rsquo;acte inaugural d&rsquo;une nouvelle tentative de fédération des énergies militantes issues principalement du MNR. Rassemblant environ 1300 à 1400 personnes pour les débats et 400 pour le concert nocturne d&rsquo;In Memoriam, la fête de la salle Wagram a vu resurgir quelques vieilles connaissances qui semblaient un peu échaudées par le lent naufrage du MNR. Parmi ceux-ci on peut citer au premier titre Gilles Soulas son épouse Louise Allaux mais aussi Olivier Chalmel, Gilles Pennelle ou Denis Daudé. Cette initiative amène quelques réflexions et hypothèses. Tout d&rsquo;abord elle prétendait réunir « une famille politique trop longtemps divisée ». Les participants de la fête sont en eux-mêmes un désaveu de cette ambition. Certes on pouvait compter parmi les stands des structures ayant la réputation d&rsquo;être restées neutres depuis la scission et leur présence représentait donc un certain engagement. Mais c&rsquo;est évidemment parce que cette initiative se présentait comme strictement culturelle et ne préfigurait pas un troisième parti politique nationaliste. De fait les absents étaient tout aussi remarquables que ces présents. Il n&rsquo;y avait ainsi aucune personnalité représentant le FN et on peut même se demander si des militants de base avaient fait le déplacement ! Cela limite considérablement la portée de cette démarche unitaire… Les autres absents, du moins officiellement car ils étaient bien dans la salle, sont les anciens ou nouveaux membres de la mouvance NR rebaptisé « identitaire » : les Jeunesses Identitaires, Jeune Résistance, Bleu-Blanc-Rock. On peut émettre plusieurs hypothèses sur cette absence. En ce qui concerne les JI, il semble évident qu&rsquo;elles présentaient le double désavantage d&rsquo;être une structure politique (mais le Mouvement Régionaliste de Bretagne ou Alsace d&rsquo;abord avaient un stand et ce ne sontt pas des associations de cueilleurs de champignons !) et concurrente puisque chassant sur le même terrain. Il y a aussi sans doute la crainte d&rsquo;être associé à des structures à la réputation sulfureuse depuis un fameux 14 juillet 2002. Mais étant donné l&rsquo;orientation de certains stands ou participants (Guillaume Faye, Éric Delcroix pour ne citer qu&rsquo;eux), ce prétexte semble ridicule. Reste le cas Bleu-Blanc-Rock. Association culturelle réunissant des militants de toutes les chapelles, BBRock semblait pouvoir réunir toutes les conditions pour être présente. Mais elle n&rsquo;a pas été invitée et c&rsquo;est un courriel de Louise Allaux, largement diffusé sur le net grâce à la bienveillance de la Garde Franque, qui en donne l&rsquo;explication. Elle y accuse en effet le responsable de BBRock d&rsquo;être « un mec fliqué subventionné actuellement par des mairies de gauche ! ! ». Cette attaque directe vise bien évidemment notre bon ami Paul Thore<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-et-cotillons/#footnote_0_186" id="identifier_0_186" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 (NS">1</a></sup>), gérant et propriétaire d&rsquo;un bar à Saint-Maur (36), la Taverne Saint-Georges, et psycho-déficiant notoire. Mais on ne peut s&rsquo;empêcher de supposer que cela arrangeait également bien Memorial Records<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-et-cotillons/#footnote_1_186" id="identifier_1_186" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;4 (NS">2</a></sup>), seul (ou presque…) vendeur de CD à cette fête…</p>
<p>Bref, la journée du 09 novembre a manifestement démontré que l&rsquo;unité du mouvement nationaliste était loin d&rsquo;être retrouvée. En outre la faune qu&rsquo;elle a attiré nous permet de ne pas trop craindre un élargissement du public : boneheads de Durandal ou de la 9ème Panzer Symphonie déguisés en Blood &amp; Honour, hooligans parisiens, cadres ou militants radicalisés du MNJ… Il flottait dans la partie la plus jeune de l&rsquo;assistance une nette effluve de mythomanie nazifiante parfaitement illustrée par les tenues vestimentaires !</p>
<p>Que va devenir la Maison de l&rsquo;Identité et des Libertés ? Deux hypothèses sont possibles :</p>
<p>Soit la MIL lance une dynamique suffisante pour continuer à fédérer autour d&rsquo;elle et elle représentera alors un pôle de regroupement alternatif au FN. Mais cela supposerait qu&rsquo;elle s&rsquo;implante en province et qu&rsquo;elle parvienne à convaincre ses membres de reprendre le collier politique. Le tout est hautement hypothétique.</p>
<p>Soit la MIL n&rsquo;est qu&rsquo;un baroud d&rsquo;honneur comme le fut l&rsquo;éphémère Front de la Jeunesse au printemps 1999, c&rsquo;est-à-dire une initiative qui va juste permettre aux anciens cadres du MNR et à certains militants de cesser la lutte politique la tête haute.</p>
<p>Cette deuxième hypothèse n&rsquo;est sans doute pas celle des organisateurs mais c&rsquo;est celle qui nous semble la plus crédible. On gardera bien sûr un oeil dessus !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_186" class="footnote">Cf. REFLEXes n°1 (NS</li><li id="footnote_1_186" class="footnote">Cf. REFLEXes n°4 (NS</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le retour des morts-vivants</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Feb 2003 19:05:01 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a deux ans à la même période se préparait le principal événement politique de ces dernières années, à savoir l&rsquo;éclatement du Front national et la fin d&rsquo;une dynamique nationaliste lancée quinze ans auparavant. En deux ans, les éléments qui cadraient le mouvement nationaliste ont notablement évolué et il était donc temps de faire un bilan à l&rsquo;orée de deux années de rendez-vous électoraux importants et à un moment où l&rsquo;anticapitalisme et donc le mouvement social reprend du poil de la bête.</p>
<p><strong>AU ZOO !</strong></p>
<p>Croire que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est qu&rsquo;un champ de ruines serait une grossière erreur. Certes, un élan est brisé et certaines capacités bien entamées. Mais il y a encore de beaux restes. Simplement une époque a changé et certaines tendances se sont confirmées, indépendamment de l&rsquo;implosion du FN. Il en va ainsi de l&rsquo;ultra-droite. Le déclin du PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_0_142" id="identifier_0_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en, qui connu son heure de gloire &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et d&eacute;fraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.">1</a></sup> et de l&rsquo;Œuvre française, entamé il y a maintenant quatre ou cinq ans s&rsquo;est confirmé. Ces deux organisations ne sont plus que deux sigles, deux coquilles creuses héritées des années 1980. Il n&rsquo;y a bien qu&rsquo;à Lyon qu&rsquo;on peut encore trouver quelques représentants de ce courant, le journal <em>Jeune Nation</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_1_142" id="identifier_1_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dirig&eacute;e par Yvan Benedetti. Il a &eacute;t&eacute; perquisitionn&eacute; le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. &Agrave; noter &eacute;galement la perquisition subie &agrave; son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;&eacute;diteur Dargaud. Celle-ci vise le d&eacute;tournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tir&eacute; d&rsquo;Ast&eacute;rix dans lequel on voit Ast&eacute;rix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et cand&eacute;labre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signal&eacute; la disparition du dossier GUD de Nice.">2</a></sup> leur servant de raisons de vivre. De fait, le seul a avoir profité de cette évolution est le courant nationaliste-révolutionnaire (NR), sous la conduite de Christian Bouchet et Fabrice Robert. Malgré la difficulté de naviguer à vue entre FN et MNR, le regroupement Unité Radicale (cercles Résistance, GUD et Jeune Résistance) a réussi à maintenir une structure susceptible d&rsquo;attirer tous ceux qui ne se reconnaissent pas ou plus dans les frères ennemis du mouvement nationaliste (FN/MNR) mais qui refusent le repli identitaire, c&rsquo;est-à-dire le syndrome du village gaulois. Certes, les faiblesses sont nombreuses : le mouvement vit au-dessus de ses moyens, il demeure très largement marqué par le “ jeunisme ” de ses militants (en gros, moins de 25 ans) et surtout sa marge de manœuvre est finalement, malgré les apparences, assez limitée. Bien sûr, la quasi-disparition des autres groupuscules laisse tout l&rsquo;espace radical aux NR ; les mouvements de jeunes du FN (Front National de la Jeunesse, FNJ) et du MNR (Mouvement national de la Jeunesse, MNJ) sont empêtrés dans leurs divisions ; des fractions importantes de militants du FN et du MNR sont inquiets et réticents devant l&rsquo;orientation de leurs partis respectifs. Enfin les nationalistes-révolutionnaires peuvent faire le pari d&rsquo;une montée de la xénophobie dans les classes populaires. Mais il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas réussi à élargir leur champ d&rsquo;influence au delà des sphères droitières du FN et MNR. L&rsquo;échec patent de celui-ci ne peut que plomber le soutien critique exprimé par Unité Radicale à l&rsquo;égard de Bruno Mégret. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai que le MNR ou le MNJ n&rsquo;hésitent pas de leur côté à poser leurs conditions. C&rsquo;est ainsi que les dernières élections au CROUS en région parisienne ont été marquées par la division entre le MNJ-ex RE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_2_142" id="identifier_2_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renouveau &Eacute;tudiant, structure &eacute;tudiante du FN avant scission, dont la majorit&eacute; des membres a choisi B. M&eacute;gret et qui est globalement morte lors de la scission.">3</a></sup> d&rsquo;un côté et FNJ-GUD de l&rsquo;autre. Les radicaux sont donc obligés de pratiquer le grand écart permanent : appelant à l&rsquo;adhésion massive des militants UR au MNR et à Terre &amp; Peuple mais bénéficiant de l&rsquo;aide logistique du FN pour réaliser l&rsquo;hommage nocturne à Sébastien Deyzieu<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_3_142" id="identifier_3_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sympathisant de l&rsquo;&OElig;uvre Fran&ccedil;aise, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-am&eacute;ricaine.">4</a></sup> le 09 mai dernier ; rencontrant l&rsquo;un des dirigeants du MNR pour établir des relations de confiance mais organisant des réunions avec les dirigeants de la dernière scission en date du MNR, l&rsquo;Alternative Nationale.</p>
<p>De fait, Unité Radicale n&rsquo;a bien souvent pas les moyens de ses ambitions et ses dernières campagnes politiques qui devaient lui permettre d&rsquo;apparaître comme élément dynamique du courant nationaliste ont été des fiasco : fiasco contre les sans-papiers, fiasco pour le soutien à Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_4_142" id="identifier_4_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Militant n&eacute;o-nazi emprisonn&eacute; pour un attentat raciste dans les ann&eacute;es 1980.">5</a></sup>, fiasco à Millau contre José Bové. Le seul groupe à tirer un peu son épingle du jeu demeure le GUD parisien. Même si ses frasques judiciaires l&rsquo;obligent à un certain turn-over (Gaëtan Dirand a <em>de facto</em> remplacé Benoît Fleury dans le rôle de meneur), le groupe a réussi à fêter les 30 ans de l&rsquo;étiquette GUD, à animer la manifestation radicale du Premier Mai et surtout à éditer une revue digne de ce nom, ce qui n&rsquo;était plus arrivé depuis <em>l&rsquo;Alternative</em> des années 1970. Animée entre autres par Alexandre Kartzeff et Adam Gwiazda, <em>Jusqu&rsquo;à nouvel ordre</em> se pose en concurrente directe de feu<em> Offensive pour une nouvelle université</em>, revue du RE, et surtout de <em>Réfléchir &amp; Agir</em>, revue directement placée sous influence de Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_5_142" id="identifier_5_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter pour plus de d&eacute;tail &agrave; REFLEXes n&deg;52.">6</a></sup> et donc du MNR, <em>via</em> Jean Denègre, <em>alias</em> Petitjean. Mais cette façade intellectuelle ne saurait masquer le fait que le GUD n&rsquo;a pas fondamentalement changé et qu&rsquo;il reste surtout une structure dans laquelle ses membres se font plaisir avant de faire de la politique, des “ attaques ” de réunion de gauche au 111° anniversaire de la naissance d&rsquo;Adolf Hitler fêté le 20 avril dernier au restaurant l&rsquo;Alsaco.<br />
C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le propre de cette période post-scission que de voir les jeunes nationalistes se détourner de la politique proprement dite au profit d&rsquo;activités que d&rsquo;aucuns qualifieraient de méta-politique, en particulier internet ou la musique, en l&rsquo;occurrence le Rock Identitaire Français (RIF). Apparu en 1995 avec le premier CD de Vae Victis, le phénomène s&rsquo;appuie actuellement sur une dizaine de groupes. En tant que tel, un seul est vraiment partie prenante de la scène politique organisée, à savoir In Memoriam qui a clairement choisi le camp mégrétiste et dont le meneur Julien Beuzard est également animateur du label Memorial Records, monté par G. Soulas. Les autres essaient de se maintenir au-dessus de la mêlée et gravitent autour du label-association Bleu-Blanc-Rock hébergé par les militants FNJ de Châteauroux. C&rsquo;est ainsi que Bleu-Blanc-Rock était présent à la fois à la fête régionale Ile-de-France du MNR le 23 septembre dernier et aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_6_142" id="identifier_6_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te des Bleu-Blanc-Rouge, organis&eacute;e depuis 20 ans par le FN en septembre.">7</a></sup>, fête nationale du FN le même week-end. Sous l&rsquo;impulsion de Jean-Christophe Bru et Cathie, animateurs du groupe Ile-de-France, l&rsquo;association joue le rôle de fédérateur politique que ne sont plus vraiment en mesure de jouer les organisations de jeunesse du FN et du MNR. Elle contribue ainsi à maintenir des lieux de rencontre pour des jeunes supportant mal les divisions partidaires. Car même si le climat politique s&rsquo;est apaisé à l&rsquo;échelle des militants, il est clair que la division reste à l&rsquo;ordre du jour entre les frères-ennemis du mouvement nationaliste français.</p>
<p><strong><br />
MICROCOSMOS</strong></p>
<p>Du côté du MNR, une première année incertaine a laissé la place à une situation finalement assez claire : Bruno Mégret et les siens ont perdu leur pari. Malgré la qualité des cadres et la capture d&rsquo;une très large majorité d&rsquo;élus FN, le MNR n&rsquo;a pas été en situation de capitaliser le potentiel électoral généré par le FN historique. De fait, non seulement le MNR a réalisé des scores généralement inférieurs à 5% mais en plus il a surtout fait la une par le nombre des défections qui l&rsquo;ont touché, à savoir Marie-Caroline Le Pen et Philippe Olivier mais aussi 24 conseillers régionaux dont entre autres :<br />
- en Aquitaine, Eddy Marsan, qui a crée un nouveau groupuscule intitulé l&rsquo;Alternative Nationale, et R. Taveau, devenu non-inscrit.<br />
- en Rhône-Alpes, trois élus dont Denis de Bouteiller, ex-trésorier du MNR, qui ont crée un groupe “ divers droite ” auquel s&rsquo;ajoute la même démarche à Rilleux-la-Pape, commune de D. de Bouteiller avec quatre conseillers municipaux<br />
- en PACA, J.-C. Tarelli et J.-P. Gost qui ont rejoint le RPF er RPR. On peut également ajouter D. Michel, adjoint de Le Chevallier à Toulon, exclu du MNR pour ses contacts avec le RPF. D. Michel a emmené avec lui un quart de la fédération du Var du MNR, soit 80 personnes !</p>
<p>En outre, le MNR a perdu son groupe au conseil régional Nord-Pas-de-Calais à la suite d&rsquo;une défection. Cela signifie très concrètement la perte de la logistique afférente (bureaux, secrétariat, frais de fonctionnement). Malgré tout, le parti revendique 20000 adhérents&#8230; autant dire un (très) très gros mensonge !</p>
<p>De même, alors qu&rsquo;il s&rsquo;était créé sous le signe du renouveau et de la jeunesse, le MNR semble avoir le plus grand mal à relancer un mouvement réellement dynamique dans la tranche d&rsquo;âge des moins de 25 ans. Le Front de la Jeunesse lancé avec bruit et fracas au printemps 1999 demeure ainsi totalement virtuel. Le MNJ a malgré tout réuni une cinquantaine de ses membres courant octobre de l&rsquo;année dernière à Lyon. Globalement, le mouvement est réduit à l&rsquo;état groupusculaire avec seulement deux ou trois militants pour de nombreux groupes de province. Seule la région parisienne échappe à cette situation mais les antifascistes s&rsquo;en étaient un peu aperçu&#8230; L&rsquo;objectif de la direction du MNJ, à savoir Philippe Schleiter (neveu de Faurisson) et Grégoire Tingaud (transfuge du FNJ), était donc de regonfler les effectifs durant cette année 2000 en visant les lycéens. Il ne semble pas en cet automne 2000 que le mouvement ait atteint son objectif. Alors que la structure avait raflé une bonne partie des jeunes lors de la crise du FN, les élections européennes de l&rsquo;année dernière sont venus en dégoûter une partie qui n&rsquo;est pas revenue. Par ailleurs, une partie des cadres du MNJ ont été intégrés au sein du MNR, ce qui a affaibli la structure jeune. De fait le MNJ semble s&rsquo;orienter sur une action nettement plus culturelle, avec par exemple la pénétration de milieux spécifiques. C&rsquo;est le cas de la JAC chez les jeunes catholiques. Il en va de même pour ce qui est des étudiants. Le congrès du Renouveau Étudiant à Bordeaux en octobre 1999 a été l&rsquo;occasion d&rsquo;affrontements oraux très violents entre les partisans d&rsquo;un rattachement strict au MNR et ceux qui souhaitaient faire du RE le rassemblement étudiant de toute la jeunesse nationaliste étudiante. Ces derniers avaient d&rsquo;ailleurs invité Guillaume Luyt, dirigeant du FNJ à l&rsquo;époque, pour faire contre-poids à Philippe Schleitter, dirigeant du MNJ. La question n&rsquo;a pas été tranchée et en fin de compte, le Renouveau Étudiant n&rsquo;a pas présenté de listes sous son étiquette aux élections du printemps 2000, faute d&rsquo;unité générale. Par contre, le MNR a monté une structure étudiante, l&rsquo;UED (Union des Étudiants de Droite), qui a refusé tout travail unitaire avec le GUD et a fortiori le FNJ. La liste présentée dans l&rsquo;académie de Versailles était menée par Claire Jouët, 26 ans, étudiante en maîtrise d&rsquo;histoire, présidente du RE et future tête de liste dans le XXe arrondissement parisien. Cela a donné lieu à des incidents à la fac de Nanterre lors de collages effectués par des membres du MNJ (coups de feu avec des pistolets à grenaille en particulier). Sur le plan national, présente dans 12 académies, l&rsquo;UED a réalisé 4,08% des voix, dont 6% à Mulhouse, 8,7% à Besançon et 10,7% à Versailles (13,5% à la fac Pasqua). Autant dire que le mouvement a peu de perspectives dans ce secteur.</p>
<p>Le seul secteur un tant soit peu dynamique est finalement celui du combat “ identitaire ” qui prend de plus en plus, et c&rsquo;est logique, les couleurs du racisme ethno-biologique. Portée par l&rsquo;association paganiste Terre &amp; Peuple et Pierre Vial, cette lutte permet au MNR de garder un contact avec les milieux nationalistes les plus radicaux. Le transfert de cadres<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_7_142" id="identifier_7_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple Olivier Chalmel, pass&eacute; de la revue du RE &agrave; celle de Terre &amp; Peuple.
">8</a></sup> et la double adhésion MNR-T&amp;P ont considérablement augmenté la visibilité de l&rsquo;association. Elle publie une revue dont la ligne semble de plus en plus être de marcher sur les brisées du GRECE et de la Nouvelle Droite d&rsquo;autrefois. C&rsquo;est ainsi que <em>Terre &amp; Peuple</em> publie une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em>, la revue du GRECE, sur les traditions populaires européennes. Par ailleurs, P. Vial tente de se placer dans la continuité de ce courant politique en faisant du combat identitaire l&rsquo;axe principal, sinon unique, de la lutte nationaliste des années futures. C&rsquo;était ainsi le thème de sa rencontre nationale annuelle à Paris le 28 mai dernier. Il est aidé en cela par le retour depuis deux ans de Guillaume Faye, “ greciste ” historique, un temps animateur sur Skyrock, et qui vibrionne sur le thème de la “ colonisation de l&rsquo;Europe par les hordes islamiques ” et du combat biologique. Cela devrait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;amener le 9 novembre prochain devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la haine raciale, tout comme son éditeur G. Soulas. Enfin, Terre &amp; Peuple multiplie les débats et autres activités culturelles dans ses différentes implantations régionales, au point que P. Vial envisage la création d&rsquo;une SARL d&rsquo;édition afin de soutenir l&rsquo;effort de diffusion entrepris.</p>
<p>Néanmoins, il semble évident que cela ne suffira pas à sauver le parti. Les quelques dizaines de militant(e)s mobilisés pour le procès de Catherine Mégret en septembre dernier, dont des historiques comme F. Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_8_142" id="identifier_8_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ancien responsable du GUD au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 ; pour plus de pr&eacute;cision, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;51.
">9</a></sup>, et la misère qui suintait de la fête du MNR le 23 septembre montrent que tout n&rsquo;est question que de délai.</p>
<p><strong>POLICE DE LA PENSEE<br />
</strong></p>
<p>Côté FN, il est évident que la crise a très largement dégradé la situation du parti. Depuis deux ans, Jean-Marie Le Pen a consacré une bonne partie de son énergie à poursuivre les scissionnistes de sa vindicte, doublée d&rsquo;un certain nombre de procédures judiciaires. C&rsquo;est ainsi par exemple que le FN Rhône-Alpes a récupéré ses locaux à Lyon en chassant P. Vial du poste de gérant de la SCI qui est propriétaire des lieux ou que <em>Français d&rsquo;Abord</em> a diffusé des informations rigolotes sur J.-Y. Le Gallou, à savoir qu&rsquo;il serait marié avec la fille d&rsquo;un ancien waffen-SS, qu&rsquo;il serait négationniste, qu&rsquo;il aurait fraudé pour ses indemnités européennes, etc. À noter que le FN sort globalement vainqueur de ses bras de fer judiciaires avec le MNR, Le Pen demeurant ainsi le seul président légal du parti par décision de la Cour d&rsquo;Appel de Paris qui confirme le jugement de mai 1999 (B. Mégret s&rsquo;est porté en cassation). On peut d&rsquo;ailleurs considérer avec le recul que le FN, quoique groggy, sort vainqueur du conflit avec l&rsquo;équipe Mégret. La crise a été absorbée et tant bien que mal, le parti a reconstitué un encadrement digne de ce nom. Les BBR 2000 le montrent aisément : si la superbe d&rsquo;avant scission est bien perdue, le FN a retrouvé une position centrale. Cela l&rsquo;amène d&rsquo;ailleurs à commettre de lourdes erreurs d&rsquo;appréciation puisque ces BBR ont été la scène d&rsquo;une véritable chasse aux sorcières contre tout imprimé semblant faire l&rsquo;apologie du IIIe Reich ou émanant des “ félons ”. C&rsquo;est ainsi que le stand de la librairie de la Licorne bleue a été expulsé ou que celui de <em>National-Hebdo</em> a du retirer certains livres.</p>
<p>L&rsquo;autre point de friction est venu de l&rsquo;un des corps de doctrine du FN, à savoir le caractère multiconfessionnel et “ multiracial ” de la France. Le MNR s&rsquo;est en effet emparé des déclarations de Samuel Maréchal et Farid Smahi au printemps 1999 pour mener une campagne agressive sur le thème “ le FN se rallie au système et accepte l&rsquo;immigration ” avec mailing de J.-Y. Le Gallou, etc. Le FN ne fait ainsi pourtant que rester dans une ligne idéologique qui a toujours été la sienne, à savoir que l&rsquo;appartenance à la nation se faisait par le sang ou par le mérite, en dehors de toute considération ethno-biologique. Ce point de vue était le résultat de l&rsquo;attachement de la vieille extrême droite au passé colonial français, ce qui n&rsquo;est plus le cas des tenants du “ combat identitaire ”. Le congrès du FN à Paris du 28 au 30 avril de cette année n&rsquo;a semble-t-il pas permis d&rsquo;évacuer le problème. Cette situation perdure alors même que le congrès était censé mettre à jour le programme du FN, à savoir les <em>300 mesures pour la renaissance de la France</em> éditée en 1993 (seul un <em>Argumentaire du Patriote</em> est venu le dépoussiérer un peu). D&rsquo;autre part, ce congrès n&rsquo;a apporté aucune modification de fond quant à la composition de l&rsquo;équipe dirigeante. On peut juste noter le poids grandissant des catholiques intégristes et de l&rsquo;équipe de Bernard Anthony. Celui-ci est en effet le grand vainqueur au sein du FN de la fin du “ compromis nationaliste ” qui voyait cohabiter des courants politiques dont le seul point commun était l&rsquo;attachement affiché à la nation et l&rsquo;hostilité à l&rsquo;égalité sociale. Le principal de Bernard Anthony demeure le tandem Chrétienté Solidarité et l&rsquo;AGRIF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_9_142" id="identifier_9_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association contre le &ldquo; racisme anti-fran&ccedil;ais &rdquo; cr&eacute;&eacute;e par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intent&eacute; une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&hellip; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurp&eacute;. L&rsquo;AGRIF tire pr&eacute;texte d&rsquo;une histoire &ldquo; dr&ocirc;le &rdquo; racont&eacute;e par K. Zero dans T&eacute;l&eacute; Z : &ldquo; un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;&eacute;paule. Le patron demande : &ldquo; tu l&rsquo;as trouv&eacute; o&ugrave; cet animal ? &rdquo; et le perroquet de r&eacute;pondre : &ldquo; en Afrique ! &rdquo;. Pouf, pouf&hellip; Rappelons &agrave; ceux et celles int&eacute;ress&eacute;(e)s K. Zero et son fr&egrave;re poss&egrave;dent un solide pass&eacute; de petits nazis.">10</a></sup>. Celle-ci poursuit sa politique d&rsquo;influence au sein du FN et a passé l&rsquo;année dernière un accord avec<em> Français d&rsquo;Abord</em> pour suivre le “ racisme anti-français ” et soutenir toutes les personnes acceptant d&rsquo;aller en justice. L&rsquo;AGRIF n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plus seule sur ce terrain puisque le MNR a lancé un numéro de téléphone contre le “ racisme anti-français ” et un Observatoire de l&rsquo;islamisation de la France.</p>
<p>Pour ce qui est des jeunes, le bilan n&rsquo;est pas plus vaillant qu&rsquo;au MNJ puisque le FNJ a changé deux fois de directeur national en deux ans. En 1999, S. Maréchal a en effet passé la main à Guillaume Luyt, issu des milieux royalistes et “ maréchaliste ” pur crin. Celui-ci, très contesté par les radicaux à ses débuts, a réussi à remettre le FNJ dans un certain ordre de bataille, en particulier à Paris et en région parisienne. Ceci étant, il a accompagné une très nette radicalisation du mouvement sous influence du GUD. La liste commune Union Des Étudiants Nationalistes présentée au printemps 2000 a permis un rapprochement notable et le FNJ reprend peu ou prou les thèmes gudards : “ pour un ordre nouveau et national, le FNJ cogne et passe ”, etc&#8230; De la même façon, les gudards sont familiers du local parisien du FNJ, Forum Jeunesse. Cela a amené tout naturellement G. Luyt à quitter son mandat lors du congrès du FN en avril à partir du moment où il n&rsquo;était plus dans la ligne officielle du parti. Remplacé par un pur lepéniste, Erwan Le Gouëllec, il laisse un FNJ dont l&rsquo;avenir est incertain, coincé entre son parti de tutelle et l&rsquo;anti-islamisme radical de la jeunesse nationaliste.</p>
<p><strong><br />
DEVINE QUI VIENT DINER CE SOIR ?</strong></p>
<p>Le bilan montre donc que les journalistes et le monde médiatique en général est allé vite en besogne en décrétant la mort du mouvement nationaliste français. Car c&rsquo;est à une véritable mort médiatique que l&rsquo;on a pu assister à partir du moment où l&rsquo;extrême droite n&rsquo;a plus été un thème porteur. Les journaux ont réduit la couverture attribuée au FN ou MNR et certains journalistes se sont même reconvertis dans d&rsquo;autres domaines comme Renaud Dely de <em>Libération</em> par exemple. Il en est de même dans le domaine de l&rsquo;édition, le FN ayant été pendant longtemps un moyen commode de faire de l&rsquo;argent. L&rsquo;ensemble des media oscille à présent entre le constat de “ la décrispation de la société française à l&rsquo;égard de l&rsquo;immigration ” et l&rsquo;inusable thème de la “ lepénisation des esprits ”. Mais on ne peut qu&rsquo;être fort sceptique devant cette affirmation que le FN perdant la bataille politique aurait gagnée celle des idées. La société française n&rsquo;a hélas pas besoin d&rsquo;un parti nationaliste pour être globalement hostile aux populations immigrées, notamment celles issues d&rsquo;Afrique du Nord. De fait, c&rsquo;est ce sentiment qui a généré les succès du FN et c&rsquo;est cette position qui perdure après l&rsquo;affaiblissement du parti de J.-M. Le Pen. C&rsquo;est un fait que la démagogie officielle sur les réussites “ Black-Blanc-Beur ” ne peut éliminer. On constate d&rsquo;ailleurs la même situation dans d&rsquo;autres pays d&rsquo;Europe : c&rsquo;est le refus de voir en face l&rsquo;épouvantable misère sociale du Sud et la crispation sur un niveau de vie exagérément élevé qui poussent les opulentes sociétés européennes à soutenir le processus de l&rsquo;Europe forteresse, quelle que soit la couleur du parti qui le porte mais avec une préférence pour ceux qui affichent clairement la couleur. La scission du FN a certes montré que ce parti, contrairement à l&rsquo;image projetée depuis des années, était un parti comme les autres. Mais lorsque ce fait, décevant et déroutant pour de très nombreux militants, aura été digéré, qui peut prédire l&rsquo;avenir ? Les infâmes magouilles financières des partis “ démocrates ” empêchent-elles le système politique d&rsquo;exister et les Français d&rsquo;y adhérer ?</p>
<p>De fait, les élections municipales de 2001 seront capitales pour envisager l&rsquo;évolution possible du nationalisme français. Elles seront en particulier capitale pour la survie du MNR. B. Mégret a ainsi commencé à rapatrier ses troupes sur Vitrolles et la région marseillaise. F.-X. Sidos, neveu du führer de l&rsquo;Oeuvre française, a été engagé comme responsable des services techniques de la ville, Gérard Le Vert, chef du DPA<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_10_142" id="identifier_10_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.">11</a></sup>, devenant un moment responsable de la sécurité avant de démissionner, en remplacement de Patrick Bunel, engagé par Elf-Aquitaine pour assurer la sécurité des installations en Malaisie ! Damien Bariller, un des lieutenants de Mégret a lui aussi été salarié par la ville. Bref, Vitrolles devient le fort Chabrol du MNR&#8230; Une convention sur les élections municipales a eu lieu à Paris en mars 2000 et le MNR a investi 430 têtes de liste, ce qui représente un nombre plus qu&rsquo;honorable. Reste à savoir dans quelle mesure ces têtes parviendront à monter des listes, a fortiori avec la loi sur la parité. On peut déjà estimer sensibles ces difficultés par le fait que les listes seront ouvertes aux non-adhérents du MNR, que tous les adhérents sont considérés comme des candidats potentiels et qu&rsquo;il manque en cet automne 2000 50 candidats au MNR pour les seuls arrondissements de Paris.<br />
Le FN, dopé par l&rsquo;aide étatique de 41 millions de francs et un nombre supérieur d&rsquo;adhérents devrait avoir moins de difficulté même si la création d&rsquo;une “ bourse aux candidats ” montre que les temps sont durs.<br />
Ainsi, moins que jamais le relâchement de la résistance à la pourriture nationaliste est-il à l&rsquo;ordre du jour !</p>
<p>Paru dans REFLEXes n°2, automne 2000</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_142" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen, qui connu son heure de gloire à la fin des années 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et défraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.</li><li id="footnote_1_142" class="footnote">Dirigée par Yvan Benedetti. Il a été perquisitionné le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. À noter également la perquisition subie à son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;éditeur Dargaud. Celle-ci vise le détournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tiré d&rsquo;Astérix dans lequel on voit Astérix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et candélabre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signalé la disparition du dossier GUD de Nice.</li><li id="footnote_2_142" class="footnote">Renouveau Étudiant, structure étudiante du FN avant scission, dont la majorité des membres a choisi B. Mégret et qui est globalement morte lors de la scission.</li><li id="footnote_3_142" class="footnote">Sympathisant de l&rsquo;Œuvre Française, décédé en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-américaine.</li><li id="footnote_4_142" class="footnote">Militant néo-nazi emprisonné pour un attentat raciste dans les années 1980.</li><li id="footnote_5_142" class="footnote">Se reporter pour plus de détail à <em>REFLEXes</em> n°52.</li><li id="footnote_6_142" class="footnote">Fête des Bleu-Blanc-Rouge, organisée depuis 20 ans par le FN en septembre.</li><li id="footnote_7_142" class="footnote">Par exemple Olivier Chalmel, passé de la revue du RE à celle de Terre &amp; Peuple.<br />
</li><li id="footnote_8_142" class="footnote"> Ancien responsable du GUD au début des années 1990 ; pour plus de précision, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°51.<br />
</li><li id="footnote_9_142" class="footnote">Association contre le “ racisme anti-français ” créée par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intenté une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&#8230; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurpé. L&rsquo;AGRIF tire prétexte d&rsquo;une histoire “ drôle ” racontée par K. Zero dans Télé Z : “ un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;épaule. Le patron demande : “ tu l&rsquo;as trouvé où cet animal ? ” et le perroquet de répondre : “ en Afrique ! ”. Pouf, pouf&#8230; Rappelons à ceux et celles intéressé(e)s K. Zero et son frère possèdent un solide passé de petits nazis.</li><li id="footnote_10_142" class="footnote">Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>RIFifi à Vitrolles</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2002 07:54:33 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans sa lutte pour la conquête du terrain culturel, l&rsquo;extrême droite s&rsquo;est découvert un nouveau vecteur, le Rock rebaptisé Identitaire Français (RIF). Depuis un an, une demi douzaine de groupes émergent, qui se revendiquent de ce courant musical. Dans un premier temps, seul le courant national-révolutionnaire, représenté par Nouvelle Résistance (l&rsquo;organisation de Christian Bouchet) s&rsquo;intéressait à ce mouvement. Il était pour eux un porte-voix du mouvement nationaliste en direction de la jeunesse. Mais très vite, certains au sein du Front national se sont rendu compte de l&rsquo;intérêt qu&rsquo;il y avait à contrôler un tel mouvement.</p>
<p>L&rsquo;intérêt pour ce type de rock n&rsquo;est pas innocent, il permet de développer une culture de droite en direction des jeunes, mais il peut aussi permettre de créer des structures amies et donc de faire travailler des militants à temps partiel ou à plein temps. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ont été réactivés les anciens réseaux du GUD. Cette stratégie s&rsquo;inscrit aussi dans le cadre de la prise de pouvoir des mégrétistes au sein du Front national qui s&rsquo;appuient sur la frange jeune proche des NR contre un FNJ «maréchalisé».</p>
<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en octobre 1998, la mairie de Vitrolles annonce dans son bulletin municipal la tenue d&rsquo;un concert de rock identitaire pour le 7 novembre au Stadium avec Vae Victis, In Memoriam et Île de France.</p>
<p>Cette initiative n&rsquo;a pas immédiatement déclenché l&rsquo;enthousiasme de toute l&rsquo;équipe municipale. L&rsquo;image qui colle au rock d&rsquo;extrême droite (skin, baston, bras tendus et apologie de la race blanche&#8230;) effrayait certains qui pensaient que ce concert risquait de donner une image de la mairie trop marquée. C&rsquo;est Mégret et son bras droit Fayard qui ont fait le forcing pour que le concert ait lieu. On verra ainsi qu&rsquo;à chaque stade de l&rsquo;organisation de ce concert ce sont des proches de Mégret que l&rsquo;on retrouve.</p>
<p>C&rsquo;est courant juillet que des contacts sont pris entre la mairie de Vitrolles et une société parisienne intitulée Memorial Records. C&rsquo;est elle qui produit et diffuse les groupes qui se revendiquent du RIF. Ses principaux animateurs sont Julien Beuzard, le gérant et Mathias Bricage, le directeur administratif et financier. Mais en fait le principal patron n&rsquo;est autre que Gilles Soulas, un pilier de l&rsquo;extrême droite activiste française. C&rsquo;est l&rsquo;un des propriétaires de la librairie néo-nazie l&rsquo;AEncre. Cet ancien du Front de la Jeunesse, branche jeune du PFN et du GUD, s&rsquo;est reconverti dans un business très lucratif : le minitel rose. On le retrouve derrière (c&rsquo;est le cas de le dire) le 3615 FAF (<strong>Femme aime Femme</strong>) mais aussi des minitels moins marqués comme 3615 Castings et le 3615 Boukin. Dans la galaxie Mégret, il joue un rôle important, un rôle de financier, mais il a aussi pour tâche de mettre au service de ce dernier ses anciens camarades du GUD aujourd&rsquo;hui bien installés. Il lui faut aussi récupérer dans l&rsquo;orbitre mégrétiste les NR comme la revue <em>Réflechir et Agir</em> qui est domiciliée par la société qui gère l&rsquo;AEncre. Depuis la scission du FN, Soulas est élu au conseil national et responsable du service d&rsquo;ordre de Mégret, rôle qui n&rsquo;est pas usurpé puisqu&rsquo;il est allé combattre en son temps avec les Phalanges chrétiennes au Liban.</p>
<p>Memorial Records et la mairie tombent rapidement d&rsquo;accord et trois groupes sont proposés : In Memoriam, Vae Victis et Île de France, le tout pour un montant de 80 000 francs (dont 30 000 francs de frais de transport en avion pour 27 personnes, 11 000 francs pour la sécurité et 14 400 francs de cachet). La boîte de sécurité chargée du concert est Ambassy Sécurité domiciliée 84 rue de Wattignies dans le douzième à Paris. À sa tête, on trouve un certain M. Serreau qui n&rsquo;est autre que l&rsquo;associé de Soulas à la librairie l&rsquo;AEncre. L&rsquo;autre fondateur d&rsquo;Ambassy est Michel Schneider, un nationaliste révolutionnaire ami des ultranationalistes serbes et russes qui est le bras droit de Jean-Jacques Susini à Marseille, chargé par Le Pen de faire la chasse au Mégret&#8230; Serreau a été candidat du Front national et Ambassy a plusieurs fois assuré la sécurité pour des manifestations du FN. Il est intéressant de noter que le contrat est signé entre Memorial et la Sarl GG Organisation, représentée par Michel Gaudin. Or dans l&rsquo;orbitre de Mégret, il existe une autre société GG Conseil, qui a contribué en 1994 pour 67 000 francs au budget du Front national, ce qui en faisait le deuxième contributeur après Plastic Omnium<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rififi-a-vitrolles/#footnote_0_34" id="identifier_0_34" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;50">1</a></sup>.</p>
<p>À la mairie de Vitrolles, on voit les choses en grand, on prévoit de mettre à la disposition du public des cars au départ de Paris, Lyon, Nice et Toulouse ; le prix d&rsquo;entrée du concert est faible (50 francs). Le but est d&rsquo;attirer un maximum de spectateurs. Au service culturel, on parle même de plusieurs milliers de jeunes. La réalité sera heureusement moins rose. Tout d&rsquo;abord, la FNAC refuse de prendre les billets du concert en location, l&rsquo;affichage est inexistant sauf à Vitrolles. Les cars prévus ne seront jamais remplis (les deux cars de Paris ne prendront pas la route). La pub fonctionne à l&rsquo;envers, personne n&rsquo;a envie de bosser sur un tel concert.</p>
<p>Dans la nuit du 29 octobre 1998, une charge explosive détruit l&rsquo;installation électrique de la salle louée (le Stadium), la rendant inutilisable pour le concert. L&rsquo;attentat est d&rsquo;abord revendiqué au nom du groupe FTP puis démenti quelques heures plus tard. Pour les enquêteurs, l&rsquo;opération s&rsquo;apparente à une opération «menée par des professionnels» à l&rsquo;inverse des autres attentats de ce groupe.</p>
<p>Or le Stadium s&rsquo;est trouvé être un enjeu électoral durant la campagne des municipales, Mégret en faisant le symbole du gaspillage de l&rsquo;argent public de l&rsquo;ancien maire PS Jean-Jacques Anglade. Dans les tracts de Mégret, le Stadium était comparé à la pierre noire de la Mecque (dont il a la forme), un lieu destiné aux «Arabes et aux pédés». De plus, le contrat d&rsquo;exploitation liant la mairie à la société en charge de gérer le Stadium arrivait à expiration. On peut se poser beaucoup de questions sur les auteurs et les motivations de cet attentat. Évidemment, Mégret se pose en victime et annonce que le concert aura quand même lieu. Mais ses ennuis ne sont pas finis. La mairie décide que le concert se passera sur le parking du Stadium et veut installer un chapiteau. Comme par hasard, les candidats ne se bousculent pas pour louer leur matériel. Seule une boîte de Géménos, Azur Chapiteaux, accepte. Reste le problème de la sono, là encore aucune boîte de matériel de sononorisation, tout semble loué. Le jour du concert à quatre heures de l&rsquo;après midi, toujours pas de sono et les balances ne sont pas faites.</p>
<p>En désespoir de cause, la mairie décide de se servir de la sono de la salle des fêtes de Vitrolles et envoie une équipe d&rsquo;employés municipaux la chercher. Là encore, il y a un contretemps lorsqu&rsquo;ils veulent démarrer le camion, l&rsquo;antivol a été cassé et le camion ne veut pas partir. Après ces nombreux contretemps et une balance expédiée en quatrième vitesse, la soirée commence. La zone autour du concert est quadrillée d&rsquo;une part par la police nationale, par la police municipale mais aussi par la sécurité du Stadium. Ces derniers semblent trop métissés aux yeux du responsable du concert qui demande au chef de la sécu du Stadium de relever ses vigiles trop «bronzés» du parking. Le responsable de la sécu promet de lui éclater personnellement la tête s&rsquo;il arrive quoi que ce soit à un de ses gars. Du coup l&rsquo;autre préfère ne pas insister. Sur le parking, il y a peu de voitures, et encore moins de voitures immatriculées en dehors de la région (deux de la Seine-Saint-Denis et une bande de skins lyonnais au drapeau tricolore).</p>
<p>À l&rsquo;entrée du chapiteau, les appareils photos sont interdits, l&rsquo;équipe de France 2 qui voulait filmer le concert est refoulée. Tous les journalistes sont obligés de présenter leur carte de presse, de décliner leur nom et le titre de leur journal. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une journaliste de <em>L&rsquo;Humanité</em> se fait bousculer par quelques courageux sous les yeux impassibles de la sécu d&rsquo;Ambassy et d&rsquo;Yvain Pottiez, un contractuel à qui la chasse aux journalistes a dû rappeler des souvenirs.</p>
<p>À l&rsquo;intérieur, c&rsquo;est le désert, pas plus de 300 personnes à vue de nez, et parmi elles pas mal de représentants de la municipalité, certains mêmes ceints de leur écharpe tricolore. D&rsquo;autres plus âgés accompagnent leur progéniture. Parmi les plus jeunes, on pouvait reconnaître des fachos aixois regroupés autour de Damien Leclère, responsable de Renouveau étudiant, Ombruck et ses acolytes de <em>Impact</em> (la revue qui remplace <em>Napalm Rock</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rififi-a-vitrolles/#footnote_0_34" id="identifier_1_34" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;50">1</a></sup>, les Niçois de Fraction Hexagone accompagnés de leurs copines, quelques Italiens. Le bide complet. Fraction Hexagone demande à jouer, mais le staff de Memorial refuse. Ils ont juste droit à quelques dédicaces de la part des groupes sur scène. Question stands, peu de choses, à part la boutique grenobloise Terres Celtiques. Question ambiance, c&rsquo;est froid. Les plus excités sont les skins de Lyon, qui n&rsquo;arrêtent pas de lever le bras mais on calme rapidement leur ardeur intempestive, trop politiquement incorrecte. La soirée s&rsquo;étire jusqu&rsquo;à deux heures du matin, devant un public de plus en plus clairsemé. Ils ne sont qu&rsquo;une centaine à tout casser à la fin.</p>
<p>Le concert a été un bide et un crash financier, il a coûté 150 000 francs en comptant les groupes, la location du chapitau, les groupes électrogènes, les sonorisateurs et les techniciens. Il n&rsquo;a réussi à attirer que 300 personnes (en comptant le fort contingent de conseillers municipaux), ce qui fait <strong>500 (15 000) francs par entrée payante (50 francs)</strong>. Un concert de rock nazi subventionné à 90% est un bel exemple de gestion mégrétiste. Pour le RIF, l&rsquo;opération financière est plutôt positive (80 000 francs) mais politiquement il se sont compromis avec Mégret. Ce n&rsquo;est peut être pas le cheval idéal&#8230;</p>
<h3>Ce qu&rsquo;en ont dit les intéressés&#8230;</h3>
<p>Pas de surprise. Pour la municipalité de Vitrolles, le concert du 07 novembre a bien sûr été un pur succès et a attiré près d&rsquo;un millier de jeunes de Vitrolles et de ses environs. Son <em>Bulletin municipal</em> lui consacre une page entière, dont une large partie consiste en un descriptif des groupes musicaux participants. Ce communiqué triomphal est évidemment de bonne guerre. Las ! Il était démenti peu de temps après par un petit article dans <em>Français d&rsquo;Abord</em> qui montrait un peu plus de lucidité dans sa présentation de la soirée. Le nombre de participants était ramené à 300, le concert s&rsquo;était «étiré de 21 heures à 2 heures du matin». Restait «le courage de Catherine Mégret, Gilles Soulas et des groupes musicaux invités», confrontés aux «sabotages au sein des services techniques de la ville où sévissent encore quelques syndicalistes zélés et allergiques au verdict du suffrage universel». Sans doute des gens qui ne savent pas reconnaître la vraie kultur et la bonne musique&#8230;</p>
<p>Par ailleurs, <em>Le Lansquenet</em>, magazine du Renouveau Etudiant aixois, a consacré une page au concert, sur un ton dithyrambique cela va de soi. Ne se posant aucune question sur l&rsquo;origine de l&rsquo;attentat, l&rsquo;auteur de l&rsquo;article entonne le traditionnel refrain de la persécution et du courage des nationalistes. Mais c&rsquo;est une chanson que l&rsquo;on connaît&#8230;</p>
<h3>RIF &amp; boneheads</h3>
<p>Non moins sans surprise, le FN-MN oppose le gentil RIF à la musique de brute skinhead, dénonçant lors du concert une «campagne de presse mensongère amalgamant musique skinhead et RIF». Il faut dire que depuis un Premier mai de triste mémoire qui vit l&rsquo;assassinat d&rsquo;un homme d&rsquo;origine marocaine par des boneheads, les relations entre ces derniers et les FNs se sont pour le moins distendus&#8230; De fait, à première vue, peu de rapports entre les gentils Vae Victis, leur princesse gauloise et leurs «chansons évoquant la terre ancestrale, les épopées lyriques et épiques de nos aïeux» et les affreux de la 9°Panzer Symphonie, boneheads de la région parisienne dont on retrouve l&rsquo;humour pince-sans-rire dans le fanzine <em>Engrenage infernal</em>. Pourtant, on retrouve ces deux groupes sur une compilation de 1995, France explosion vol.1, en compagnie d&rsquo;autres lascars. Mais la concurrence musicale est rude et face à une scène bonehead qui reprend du poil de la bête, le RIF a intérêt à marquer sa différence. Le créneau «rock dur» étant occupé par les groupes Oï ou RAC, les groupes de RIF essayent de profiter du regain d&rsquo;intérêt pour la musique d&rsquo;inspiration celtique en mélangeant certains accords. Mails il est évident que le soutien qu&rsquo;ils rencontrent au sein de la jeunesse nationaliste est avant tout idéologique, plus que qualitatif. Le RIF profite des réseaux de distribution mis en place par les FNs et joue la carte de l&rsquo;ouverture en se moquant éperdument du soutien bonehead. Il n&rsquo;est pas évident que celui-ci soit dupe longtemps&#8230;</p>
<h3>Encadré de l&rsquo;édition papier</h3>
<p>Tout passe par le service culturel de la mairie ; à sa tête se trouve Brigitte Marandat, déléguée à la culture. C&rsquo;est une militante de longue date, sa famille aussi. On retrouve des membres de la famille dans l&rsquo;OAS dans les années 1960, puis au PFN dans les années 1970. <strong>Les deux frères</strong> ont vécu les beaux jours du Groupe Union Droit : Bernard, le docteur, était responsable du GUD à la faculté de médecine de Marseille. Il intègre vite le Front national quand celui-ci devient porteur et il s&rsquo;occupe un temps du FNJ. Avec l&rsquo;âge et les diplômes, il devient le responsable du Cercle National Santé Phocéa, une structure FN créée en direction du monde médical, <strong>longtemps en sommeil</strong>. Il est actuellement conseiller municipal de Marseille. Au moment de la scission, il a choisi Mégret, et il était présent au congrès de Marignane. Il est un des maillon essentiels dans la stratégie municipale de Mégret, comme responsable des Cercles Marseille Renouveau, une structure destinée à faire passer le message mégrétiste chez les décideurs économiques de la ville. Son frère Jacques était lui responsable du GUD à la faculté de droit d&rsquo;Aix-en-Provence. En 1976, à la sortie d&rsquo;un cinéma sur le cours Mirabeau il se retrouva nez à nez avec un responsables des JC locaux qui lui mit un coup de tête et l&rsquo;envoya à l&rsquo;hôpital. Le GUD national décida de le transformer en martyr et décréta une journée d&rsquo;action à Assas le 9 avril 1976.</p>
<p>Aux côtés de Mme Marendat, on trouve Sandrine Lagardère, qui présente la particularité de porter en pendentif une croix celtique. Toujours dans l&rsquo;organisation du concert, il y a Yves Bovero, président de l&rsquo;association Marseille Liberté, association qui servait à recueillir les chèques pour la création de la SCI Liberté 13. Cette SCI était chargée d&rsquo;acquérir le nouveau siège du Front national pour les municipales de 2001. Avec la scission, les fonds se sont taris et il n&rsquo;est plus question de SCI pour le moment.</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_34" class="footnote"><em>cf.</em> <em>REFLEXes</em> n°50</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 52 – Mai 1999</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 1999 14:36:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Soulas]]></category>
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		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Extrême droite : Gilles Soulas, Faf de petite vertu (page 3) Extrême droite : Rock identitaire, RIFifi à Vitrolles (page 7) Répression : Oubli direct: mise au point (page 11) Antimilitarisme : Reinventer le pacifisme (page 13) Interview avec Indree Michel La crise de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1999/03/ReflexesNum52-03-1999.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2037" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0052-721x1024.jpg" alt="Reflexes0052" width="600" height="851" /></a><em><strong>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</strong></em></p>
<hr />
<p><em><strong>SOMMAIRE :</strong></em></p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Gilles Soulas, Faf de petite vertu (</strong>page <strong>3)</strong></p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Rock identitaire, RIFifi</strong> <strong>à</strong> <strong>Vitrolles (</strong>page 7)</p>
<p>Répression :</p>
<p><strong>Oubli direct: mise au point (</strong>page 11)</p>
<p>Antimilitarisme :</p>
<p><strong>Reinventer le pacifisme (</strong>page 13)</p>
<p><strong>Interview avec Indree Michel</strong></p>
<p><strong>La crise de l&rsquo;armement (</strong>page 16)</p>
<p>Guerre en ex-Yougoslavie</p>
<p><strong>Le drame attendu du Kossovo (</strong>page 18)</p>
<p><strong>Dernière minute (</strong>page 21)</p>
<p><strong>Les rescapés de Srebrenica (</strong>page 22)</p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>Transports en commun</strong></p>
<p><strong>RATP </strong>: <strong>la meilleure façon de réprimer (</strong>page 24)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 29)</p>
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