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	<title>REFLEXes &#187; Nouvelle Droite (ND)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Le 10 mars 2012, l&#8217;intelligence en danger :: Les Assises de Nationalité-Citoyenneté-Identité</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 14:18:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 10 mars prochain, le Bloc Identitaire (BI) va essayer de réoccuper l’espace médiatique par le biais d’une grande messe prétendument laïciste comme il en a le secret&#8230;Intitulée “La France en danger” et revendiquant sans doute abusivement le terme d”Assises”, cette journée se déroulera comme il y a plus d’un an à l’Espace Charenton, dans le XIIe arrdt de Paris. Particularité : le BI n’en est pas officiellement l’organisateur, ni d’ailleurs Riposte Laïque. En lieu et place, une association, Nationalité-Citoyenneté-Identité (NCI), qui est une émanation du Bloc mais qui permet à celui-ci de ne pas apparaître.</p>
<div id="attachment_2177" style="width: 247px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/02/affiche_natinalite-citoyennete.jpg"><img class="size-medium wp-image-2177" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/02/affiche_natinalite-citoyennete-237x300.jpg" alt="Affiche des assises &quot;Nationalité - citoyenneté - identité&quot;" width="237" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche des assises &laquo;&nbsp;Nationalité &#8211; citoyenneté &#8211; identité&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>NCI est en effet dirigée par Catherine Blein<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_0_482" id="identifier_0_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le tr&eacute;sorier de l&rsquo;association est par ailleurs Philippe Gibelin, ancien cadre du GRECE et longtemps investi dans la DOMUS, local gr&eacute;ciste dans lequel le BI tient son universit&eacute; de rentr&eacute;e depuis deux ans.">1</a></sup> qui est devenue la responsable de la communication du Bloc, en remplacement de Bruno Larebière qui a quitté le BI le printemps dernier. Catherine Blein est une recrue récente du Bloc qu’elle n’a rejoint qu’en 2010 et vient de la droite républicaine. Elle a été, entre autres, cadre du RPR et secrétaire générale de l’association Femme Avenir, fondée dans les années 1960 et d’obédience gaulliste. Elle s’est rapprochée du Bloc par l’entremise de Philippe Millau qui a vite compris tout l’intérêt du cursus de cette militante potentielle. Si elle est aujourd’hui officiellement agricultrice et éleveuse de chevaux, elle a en effet par le passé travaillé avec Thierry Saussez, publicitaire et surtout spécialiste de la communication politique au service de la droite (RPR puis UMP). Philippe Millau l’a donc instituée responsable des relations avec les media du Bloc Identitaire en Bretagne avant qu’elle n’intègre la cellule communication de la campagne présidentielle d’Arnaud Gouillon en compagnie des journalistes d’extrême droite Patrick Cousteau et Pascal Magne. Signe de son ascension dans l’organigramme du BI, c’est elle qui a été chargée de représenter un fantomatique collectif de “Citoyens contre le droit de vote des étrangers”, lancé à l’automne 2011 pour surfer sur l’indignation des militants et sympathisants de droite devant la proposition de campagne du candidat Hollande sur ce sujet. Ce “collectif” qui est une création du BI s’est surtout manifesté par une pétition à signer sur le site <a href="http://www.france-petitions.com/" target="_blank">France-Pétitions</a> qui est également… une création des Identitaires ! Ce site a en effet été conçu durant l’automne 2010 par Fabrice Robert avec l’objectif de récupérer un maximum de contacts mails dans des milieux de droite modérée sensibles aux thèmes des pétitions. France-Pétitions n’offre aucune référence directe, même graphique, au Bloc et sa directrice de publication n’est évidemment qu’un prête-nom. Par contre les pétitions développées sur le site sont largement orientées sur des thématiques identitaires.</p>
<p>On peut évidemment se demander la raison de cette manoeuvre masquée alors que la manifestation s’inscrit clairement dans la démarche identitaire : établir le lien entre nationalité, ethnie et civilisation. À l’évidence ce n’est pas la crainte d’un échec qui est en jeu. Les assises de décembre 2010 avaient réuni pas loin de 1000 spectateurs et celles-ci sont en capacité de faire autant d’entrées. La liste des orateurs est en tout cas là pour le suggérer. Une partie des intervenants viennent de la Nouvelle Droite et sont suffisamment connus pour attirer un public, de Jean-Yves Le Gallou à Henri de Lesquen. Pour ce dernier, la fonction de président de Radio Courtoisie est évidemment un atout supplémentaire. Une autre partie provient des milieux favorables à une “Europe puissance” construite autour de l’axe Paris-Berlin-Moscou. Si Henri de Grossouvre et le Forum Carolus ne sont pas explicitement mentionnés, certains intervenants comme Jean-Claude Empereur en portent les idées. Une partie d’entre eux vient d’ailleurs également de la Nouvelle Droite<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_1_482" id="identifier_1_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut lire la prose de Jean-Claude Empereur dans le num&eacute;ro d&rsquo;octobre-d&eacute;cembre 2011 de la revue &Eacute;l&eacute;ments.">2</a></sup>. Troisième tendance, les orateurs proches de Riposte laïque et des milieux laïco-républicains comme Pierre Cassen. Enfin, deux ou trois intervenants constituent des erreurs de casting potentielles tant leur fiabilité est sujette à caution : c’est le cas d’Omar Ba<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_2_482" id="identifier_2_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Omar Ba s&rsquo;affiche comme un adversaire de l&rsquo;&eacute;migration africaine en Europe &agrave; l&rsquo;instar d&rsquo;&Eacute;mile Bomba et c&rsquo;est &eacute;videmment &agrave; ce titre qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; invit&eacute; &agrave; participer aux Assises du 10 mars. Mais son parcours personnel a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; l&rsquo;objet de nombreuses pol&eacute;miques tant la v&eacute;racit&eacute; de ses &eacute;crits est contest&eacute;e.">3</a></sup> et de Jean-Paul Bourre. Celui-ci a déjà été évoqué dans certains de nos articles ([<a href="http://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-3/">ici</a> par exemple) et le blog Droite(s) Extrême(s) a eu l’aimable obligeance de mettre en ligne quelques photos rigolotes (<a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2012/02/22/un-luciferien-compagnon-de-route-des-identitaires/" target="_blank">là</a>)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_3_482" id="identifier_3_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce site a par ailleurs relay&eacute; des tensions qui existeraient entre Philippe Vardon et le reste de la direction du Bloc. Signe de cette situation selon le blog : le fait que Vardon ne participerait pas aux Assises. Le moins que l&rsquo;on puisse dire est que nous sommes tr&egrave;s circonspects face &agrave; cette &laquo;&nbsp;information&nbsp;&raquo;. Philippe Vardon par le pass&eacute; n&rsquo;a pas plus particip&eacute; aux diff&eacute;rentes assises ou colloques parisiens organis&eacute;s par le Bloc. Par ailleurs il n&rsquo;a jamais cach&eacute; qu&rsquo;un compagnonnage trop marqu&eacute; les milieux la&iuml;cs et r&eacute;publicains lui semblait contre-productif en interne. Enfin il &eacute;tait parfaitement au courant de l&rsquo;orientation des Assises du 10 mars et des orateurs invit&eacute;s. On peut donc se demander dans quelle mesure il n&rsquo;a pas voulu se jouer des auteurs de Droite(s) Extr&ecirc;me(s) en distillant ce qui nous semble &ecirc;tre de fausses pistes.">4</a></sup></p>
<p>La manoeuvre résulte donc plutôt d’une volonté, qui tient du TOC<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_4_482" id="identifier_4_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Trouble Obsessionnel Compulsif.">5</a></sup> en ce qui concerne le BI tant cela devient habituel, de ne pas apparaître pour ratisser large et amener les “républicains” sur les positions ethniques qui sont les siennes. Cela ne trompe évidemment sans doute pas grand-monde dès lors que l’organisation des Assises, de la restauration jusqu’au vestiaire, émane des différentes composantes du Bloc. Mais celui-ci n’aurait pu espérer attirer un panel aussi large, tant parmi les orateurs que dans le public, sur son seul nom et cela lui évite d’être de nouveau associé directement avec des milieux politiques dont l’orientation rend perplexe des fractions non négligeables des différentes structures identitaires, et ce depuis la manifestation dite de “l’apéro saucisson pinard” de juin 2010<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_5_482" id="identifier_5_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La pr&eacute;sence de militants de la LDJ lors des Assises de d&eacute;cembre 2010 que nous relations&nbsp;ici a en particulier &eacute;t&eacute; source de pol&eacute;miques internes m&ecirc;me si une partie des cadres ne discutent pas ce genre d&rsquo;orientations politiques.">6</a></sup>. Par ailleurs la thématique anti-Islam a montré ses limites lors du “<a href="http://reflexes.samizdat.net/14-mai-2011-a-lyon-les-cochons-a-masque-decouvert/">rassemblement des cochons</a>” à Lyon. La manifestation du 10 mars qui est directement pilotée par Philippe Millau et le Bloc Bretagne est donc un exercice à risque pour le BI dans un contexte de doutes et de remise en cause sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.</p>
<p>Mais elle peut à l’inverse s’avérer un bon coup promotionnel pour le livre d’entretiens croisés avec Riposte laïque qui doit sortir chez Xenia à la fin du mois de mars<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_6_482" id="identifier_6_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette petite maison d&rsquo;&eacute;dition suisse a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e par Slobodan Despot, ancien des &eacute;ditions de l&rsquo;Age d&rsquo;Homme. Si le catalogue de Xenia est tr&egrave;s vari&eacute;, on y rel&egrave;ve malgr&eacute; tout l&rsquo;&eacute;dition de po&egrave;mes d&rsquo;Oscar Freysinger, figure de l&rsquo;UDC et du combat contre &laquo;&nbsp;l&rsquo;islamisation&nbsp;&raquo; de la Suisse ou de l&rsquo;ouvrage de Jean Robin sur la &laquo;&nbsp;nouvelle extr&ecirc;me droite&nbsp;&raquo;. S. Despot semble par ailleurs avoir &eacute;t&eacute; pressenti pour intervenir lors des Assises du 10 mars.">7</a></sup>. Ce livre aurait du sortir à l’automne 2010 et constituer une prolongation du coup politique que représentait l’apéro raté du 18 juin précédent. Son plus bel argument mediatique était (est) André Bercoff, en monsieur Loyal d’un pseudo débat. Son estampillage de “gauche” en faisait en effet une prise de guerre de plus pour un BI en pleine dynamique politique. Mais la présence de Bercoff n’était et n’est à vrai dire qu’une fausse surprise. C’est en effet une vieille connaissance de Bruno Larebière qui était à l’époque en phase d’intégration rapide dans le Bloc. Les deux hommes s&rsquo;étant revus en novembre 2008 après de longues années sans se croiser, André Bercoff a proposé en mai 2009 de faire un livre sur les Identitaires, projet qui n’a pas abouti et qui s’est transformé en livre avec Riposte laïque. Ce glissement politique du journaliste s’explique par le point de vue de Bercoff qui est depuis quelques années clairement hostile à l’Islam. Cela a pu se manifester par des participations à la presse d’extrême droite (le <em>Choc du Mois</em> de l&rsquo;été 2009) ou à des colloques divers et variés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_7_482" id="identifier_7_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="De la Guerre sainte &agrave; la guerre des banlieues par exemple, soit un d&eacute;jeuner d&eacute;bat au Fouquet&rsquo;s Barri&egrave;re, organis&eacute; par les journalistes Michel Clerc et Robert Lafont, dont le fac simili est retranscrit int&eacute;gralement dans le n&deg; 227 de f&eacute;vrier 2009 du magazine Entreprendre. Afin de d&eacute;battre de l&rsquo;&eacute;chec de l&rsquo;int&eacute;gration des allochtones musulmans (sic), &eacute;taient convi&eacute;s une fourchette de gens plus ou moins sympathiques : Albin Chalandon, ancien ministre de De Gaulle et Pompidou ; Roland Dumas ; Dominique Jamet, journaliste &agrave; France-Soir et chroniqueur &agrave; Marianne ; B&eacute;atrice Robert, Principale du coll&egrave;ge Edouard Vaillant de Gennevilliers ; Andr&eacute; Bercoff ; Claude de Kermoularia, ancien conseiller de Paul Reynaud, ancien repr&eacute;sentant au Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU sous Mitterrand ; Jean Piat, com&eacute;dien, accessoirement catholique traditionnaliste ; Roumania Ougartchinska, journaliste sp&eacute;cialiste des pays de l&rsquo;est ; Pascal Thomas, r&eacute;alisateur.">8</a></sup>. Les délais qui ont prévalu à la finalisation du livre (les entretiens ont eu lieu fin juillet 2010 !)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_8_482" id="identifier_8_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le livre a par ailleurs du &ecirc;tre remani&eacute; &agrave; cause du d&eacute;part de Bruno Larebi&egrave;re qui a quitt&eacute; le Bloc au printemps 2011.">9</a></sup> et le fait que l’ouvrage n’a pas trouvé preneur chez un grand éditeur français malgré les efforts de Bercoff rendent l’impact du livre fort hypothétique. Le Bloc peut donc espérer que le 10 mars créé un minimum de “buzz” pour que l’ouvrage ne soit pas un vrai flop… L&rsquo;autre intérêt de ces Assises est bien sûr de maintenir une actualité autour du Bloc, en attendant la Convention identitaire 2012 qui devrait se tenir à Paris à l&rsquo;automne prochain et qui ambitionne de récupérer les déçus du FN et de Marine Le Pen à l&rsquo;issue des élections de ce printemps. Tout un défi en soi !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_482" class="footnote">Le trésorier de l&rsquo;association est par ailleurs Philippe Gibelin, ancien cadre du GRECE et longtemps investi dans la DOMUS, local gréciste dans lequel le BI tient son université de rentrée depuis deux ans.</li><li id="footnote_1_482" class="footnote">On peut lire la prose de Jean-Claude Empereur dans le numéro d&rsquo;octobre-décembre 2011 de la revue <em>Éléments</em>.</li><li id="footnote_2_482" class="footnote">Omar Ba s&rsquo;affiche comme un adversaire de l&rsquo;émigration africaine en Europe à l&rsquo;instar d&rsquo;Émile Bomba et c&rsquo;est évidemment à ce titre qu&rsquo;il a été invité à participer aux Assises du 10 mars. Mais son parcours personnel a déjà été l&rsquo;objet de nombreuses polémiques tant la véracité de ses écrits est contestée.</li><li id="footnote_3_482" class="footnote">Ce site a par ailleurs relayé des tensions qui existeraient entre Philippe Vardon et le reste de la direction du Bloc. Signe de cette situation selon le blog : le fait que Vardon ne participerait pas aux Assises. Le moins que l&rsquo;on puisse dire est que nous sommes très circonspects face à cette &laquo;&nbsp;information&nbsp;&raquo;. Philippe Vardon par le passé n&rsquo;a pas plus participé aux différentes assises ou colloques parisiens organisés par le Bloc. Par ailleurs il n&rsquo;a jamais caché qu&rsquo;un compagnonnage trop marqué les milieux laïcs et républicains lui semblait contre-productif en interne. Enfin il était parfaitement au courant de l&rsquo;orientation des Assises du 10 mars et des orateurs invités. On peut donc se demander dans quelle mesure il n&rsquo;a pas voulu se jouer des auteurs de Droite(s) Extrême(s) en distillant ce qui nous semble être de fausses pistes.</li><li id="footnote_4_482" class="footnote">Trouble Obsessionnel Compulsif.</li><li id="footnote_5_482" class="footnote">La présence de militants de la LDJ lors des Assises de décembre 2010 que nous relations <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-assises-internationales-contre-lislamisation-de-leurope-un-diner-de-neocons-pour-le-bloc-identitaire-et-riposte-laique/">ici</a> a en particulier été source de polémiques internes même si une partie des cadres ne discutent pas ce genre d&rsquo;orientations politiques.</li><li id="footnote_6_482" class="footnote">Cette petite maison d&rsquo;édition suisse a été fondée par Slobodan Despot, ancien des éditions de l&rsquo;Age d&rsquo;Homme. Si le catalogue de Xenia est très varié, on y relève malgré tout l&rsquo;édition de poèmes d&rsquo;Oscar Freysinger, figure de l&rsquo;UDC et du combat contre &laquo;&nbsp;l&rsquo;islamisation&nbsp;&raquo; de la Suisse ou de l&rsquo;ouvrage de Jean Robin sur la &laquo;&nbsp;nouvelle extrême droite&nbsp;&raquo;. S. Despot semble par ailleurs avoir été pressenti pour intervenir lors des Assises du 10 mars.</li><li id="footnote_7_482" class="footnote"><em>De la Guerre sainte à la guerre des banlieues</em> par exemple, soit un déjeuner débat au Fouquet&rsquo;s Barrière, organisé par les journalistes Michel Clerc et Robert Lafont, dont le fac simili est retranscrit intégralement dans le n° 227 de février 2009 du magazine <em>Entreprendre</em>. Afin de débattre de l&rsquo;échec de l&rsquo;intégration des allochtones musulmans (sic), étaient conviés une fourchette de gens plus ou moins sympathiques : Albin Chalandon, ancien ministre de De Gaulle et Pompidou ; Roland Dumas ; Dominique Jamet, journaliste à <em>France-Soir</em> et chroniqueur à <em>Marianne</em> ; Béatrice Robert, Principale du collège Edouard Vaillant de Gennevilliers ; André Bercoff ; Claude de Kermoularia, ancien conseiller de Paul Reynaud, ancien représentant au Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU sous Mitterrand ; Jean Piat, comédien, accessoirement catholique traditionnaliste ; Roumania Ougartchinska, journaliste spécialiste des pays de l&rsquo;est ; Pascal Thomas, réalisateur.</li><li id="footnote_8_482" class="footnote">Le livre a par ailleurs du être remanié à cause du départ de Bruno Larebière qui a quitté le Bloc au printemps 2011.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le 14 mai à Lyon, Alerte : propagation de la fièvre porcine !</title>
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		<pubDate>Thu, 05 May 2011 16:34:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le 14 mai prochain devrait avoir lieu à Lyon la &#171;&#160;Marche des cochons&#160;&#187; . Manifestation appelée et organisée par le groupe jeune de la mouvance identitaire lyonnaise &#171;&#160;Rebeyne!&#160;&#187;. Prétendant surfer sur le &#171;&#160;buzz&#160;&#187; internet de leur &#171;&#160;occupation&#160;&#187; du &#171;&#160;Quick hallal&#160;&#187; de Villeurbanne courant 20101, la mouvance identitaire veut transformer l&#8217;essai. Assurément pour eux cette manifestation [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 14 mai prochain devrait avoir lieu à Lyon la &laquo;&nbsp;Marche des cochons&nbsp;&raquo; . Manifestation appelée et organisée par le groupe jeune de la mouvance identitaire lyonnaise &laquo;&nbsp;Rebeyne!&nbsp;&raquo;. Prétendant surfer sur le &laquo;&nbsp;buzz&nbsp;&raquo; internet de leur &laquo;&nbsp;occupation&nbsp;&raquo; du &laquo;&nbsp;Quick hallal&nbsp;&raquo; de Villeurbanne courant 2010<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_0_474" id="identifier_0_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://rebellyon.info/Polemiques-a-propos-des-Quick.html et aussi http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Polemique/Quand-des-porcs-anti-halal-envahissent-le-Quick-Villeurbanne ">1</a></sup>, la mouvance identitaire veut transformer l&rsquo;essai. Assurément pour eux cette manifestation a une importance nationale, et pour s&rsquo;en assurer il suffit de voir la communication faite autour de l&rsquo;évènement : des bus affrêtés de Bretagne, de Paris et Nice, et 500 masques porcins prévus pour l&rsquo;occasion. Après la manifestation parisienne sous l&rsquo;étiquette &laquo;&nbsp;<a href="http://reflexes.samizdat.net/une-autre-jeunesse/">Une Autre Jeunesse</a>&laquo;&nbsp;, les identitaires veulent faire mieux et le choix de Lyon n&rsquo;est pas anodin. Par ailleurs l&rsquo;appel se veut plus large que la simple famille identitaire et nationaliste : une main tendue aux artisans, aux laïcs xénophobes et aux protecteurs des animaux gravitant autour de la Fondation Brigitte Bardot et de la campagne contre l&rsquo; &laquo;&nbsp;Abattage Rituel&nbsp;&raquo;. Ce sera un test de plus pour les identitaires : sont-ils capables de rassembler sur leurs positions au delà de la famille nationaliste et de leurs propres réseaux ?</p>
<p><strong>Identitaires = ethno-différencialistes pour une Europe blanche</strong></p>
<p>Dans le corpus de pensée élaboré depuis les années 1970 par la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo;<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_1_474" id="identifier_1_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo; d&eacute;signe un courant politique et id&eacute;ologique repr&eacute;sent&eacute; par deux organisations : le Groupement de Recherche et d&rsquo;Etudes pour la Civilisation Europ&eacute;enne (GRECE) fond&eacute; le 17 janvier 1969 et le Culb de l&rsquo;Horloge apparu en 1974. ">2</a></sup>, un des principaux concepts est celui de l&rsquo;ethno-différencialisme. Il ne s&rsquo;agit plus de catégoriser des groupes humains sur des bases biologico-morphologiques et d&rsquo;en faire une hiérarchie (racisme et racialisme) mais de les appréhender sur des bases ethno-culturelles et sociales. Derrière le maniement du concept complexe, vague et large &laquo;&nbsp;d&rsquo;identité&nbsp;&raquo;, se camoufle la revendication d&rsquo;une homogénéité ethno-culturelle, autrement dit d&rsquo;une France, et dans l&rsquo;optique pan-européenne de cette mouvance, d&rsquo;une Europe blanche, païenne et chrétienne. On peut noter là une différence avec la pensée &laquo;&nbsp;originelle&nbsp;&raquo; gréciste qui critiquait l&rsquo;hégémonie culturelle et spirituelle chrétienne au détriment des cultures et spiritualités païennes (celtes ou scandinaves par exemple)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_2_474" id="identifier_2_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&nbsp;[...] la christianisation de l&rsquo;Europe fut l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement le plus d&eacute;sastreux de toute l&rsquo;histoire advenue &agrave; ce jour, la catastrophe au sens propre du terme.&nbsp;&raquo; Alain de Benoist, principal animateur et id&eacute;ologue de cette mouvance. ">3</a></sup>Pour les identitaires, le combat contre l&rsquo;Islam est un combat contre les musulmans, ni plus ni moins. Le paradigme politique actuel leur laisse un espace politique potentiel conséquent. La droite parlementaire en reprenant à son compte les thèmes &laquo;&nbsp;d&rsquo;identité nationale&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;la place de l&rsquo;Islam&nbsp;&raquo;, par effet de miroir, ne fait que donner du crédit et une certaine légitimité aux thèses et analyses développées depuis 20 ans par les différentes chapelles de la droite nationaliste. L&rsquo; &laquo;&nbsp;hégémonie culturelle&nbsp;&raquo;<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_3_474" id="identifier_3_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Pour la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo;, la prise du pouvoir politique, qui reste l&rsquo;objectif, passe par la conqu&ecirc;te du pouvoir culturel et le combat des id&eacute;es. En d&rsquo;autres termes, arriver &agrave; imposer ses th&eacute;matiques et ses analyses comme bases de d&eacute;bat.">4</a></sup> dans la pensée politique de la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo; semble finir par avoir fonctionné, puisque son but a toujours été d&rsquo;amener la droite gaulliste et libérale à épouser ses thématiques, par l&rsquo;intermédiaire de &laquo;&nbsp;boutiques&nbsp;&raquo; communes comme le Club de l&rsquo;Horloge<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_4_474" id="identifier_4_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce &laquo;&nbsp;club&nbsp;&raquo; d&eacute;veloppe une id&eacute;ologie lib&eacute;rale, nationale et autoritaire ayant avant tout pour vocation l&rsquo;entrisme dans la haute administration : &laquo;&nbsp;Ce dont nous avons besoin, c&rsquo;est d&rsquo;hommes influents ayant leur place dans les sph&egrave;res de d&eacute;cision d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et plus encore dans celles de demain&nbsp;&raquo; Nouvelle Ecole n&deg; 9 (revue proche du GRECE).">5</a></sup>. Le Club de l&rsquo;Horloge ayant eu à Lyon jusque dans les années quatre-vingt-dix une audience allant du Front National aux milieux barristes en passant par le Parti Républicain, et à un moindre niveau l&rsquo;UDF.</p>
<p>Pour les Identitaires, il ne s&rsquo;agit plus de critiquer le métissage à cause du sous-entendu raciste qu&rsquo;il induit, mais de lutter contre le multiculturalisme censé provoquer le délitement des &laquo;&nbsp;identités&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est par cette pirouette dialectique que cette droite radicale entend se défendre de toute pensée raciste (&laquo;&nbsp;100% identité, 0% racisme&nbsp;&raquo;), le mélange des cultures et des peuples conduisant à terme à une disparition de certaines au profit des autres ou à une homogénéisation considérée comme mortifère. Pour que la diversité des cultures et des identités reste possible, il faut construire des murs et des miradors entre elles : chaque terre a son peuple, chaque peuple a sa terre. Pour argumenter sur cette disparition des identités (régionales, nationales et continentales), le musulman tient le rôle de l&rsquo;envahisseur, qui impose son culte et sa culture. <a href="http://www.acrimed.org/article2106.html" target="_blank">Ici Novopress</a>, pseudo &laquo;&nbsp;agence d&rsquo;information indépendante&nbsp;&raquo; a pour mission de relever au quotidien tous les faits divers permettant de mettre à jour la guerre civilisationnelle en cours. Peu importe que tous les faits divers n&rsquo;aient pas de liens tangibles entre eux, le seul fait que ceux sélectionnés dans l&rsquo;actualité locale ou nationale concernent des musulmans, des personnes issues de l&rsquo;immigration ou d&rsquo;origine magrébine, sert de preuve en soi du péril qui nous guetterait. Les méchants musulmans et maghrébins (traduire &laquo;&nbsp;les Arabes&nbsp;&raquo;) d&rsquo;un côté et les gentils Français (traduire &laquo;&nbsp;blancs et non musulmans&nbsp;&raquo;) de l&rsquo;autre. Pour autant coller l&rsquo;étiquette de &laquo;&nbsp;fascistes&nbsp;&raquo; aux identitaires est une approximation politique. D&rsquo;une part, le mot est galvaudé et utilisé à tort et à travers et surtout il ne rend pas compte de la stratégie pernicieuse de la doctrine identitaire. Cela n&rsquo;empêche pas qu&rsquo;individuellement certains identitaires restent inspirés par les doctrines fascistes et néo-fascistes italiennes comme le montre les connexions entre une partie des identitaires français et les néo-fascistes de <a href="http://www.article11.info/spip/Retour-de-brun" target="_blank">Casapound</a>.</p>
<p><strong>Développement local et métapolitique</strong></p>
<p>La stratégie identitaire construite depuis 2003 s&rsquo;axe sur plusieurs aspects. D&rsquo;une part faire parler d&rsquo;elle par des &laquo;&nbsp;hapenning&nbsp;&raquo;, des coups médiatiques ou des &laquo;&nbsp;<a href="http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Politique/Extreme-droite/Apero-rosette-pinard-decryptage-d-un-gros-coup-de-pub-d-extreme-droite" target="_blank">buzz</a>&nbsp;&raquo; sur la toile comme l&rsquo;organisation de l&rsquo; &laquo;&nbsp;<a href="http://rebellyon.info/Communique-de-presse-du-Collectif.html" target="_blank">apéro rosette pinard</a>&nbsp;&raquo; . Ensuite, développer localement plusieurs façades associatives sur des thématiques sociales, culturelles et régionalistes. Enfin, et c&rsquo;est le dernier objectif, porter une voix au niveau national en profitant de la médiatisation autour <a href="http://reflexes.samizdat.net/presidentielle-2012-du-gouillon-dans-la-soupe-aux-vardon/">de la campagne présidentielle</a>. C&rsquo;est le concept de &laquo;&nbsp;métapolitique&nbsp;&raquo; développé par le GRECE et la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo; depuis la fin des années 1960. C&rsquo;est évidemment un défi que s&rsquo;est lancé cette mouvance, et on peut légitimement douter qu&rsquo;eux-même pensent en tirer un résultat dans les urnes, le but n&rsquo;étant pas là. Le Bloc Identitaire, principale organisation adulte de la mouvance du même nom,<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_5_474" id="identifier_5_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" La mouvance identitaire d&eacute;signe plusieurs organisations politiques qui s&rsquo;en r&eacute;clament comme Terre &amp; Peuple ou la Nouvelle Droite Populaire.">6</a></sup>, entend très certainement prendre une place dans le champ politique à droite du Front National, en caressant le rêve d&rsquo;acquérir suffisamment de poids pour pouvoir, au moins localement, négocier des accords électoraux en vu d&rsquo;élections locales. Cette dynamique est déjà enclenchée dans les villes de Nice et d&rsquo;Orange<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_6_474" id="identifier_6_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont le Maire, Jacques Bompard, est pr&eacute;sident de la Ligue du Sud. ">7</a></sup> où leur implantation n&rsquo;est pas anodine.<br />
Dans l&rsquo;optique &laquo;&nbsp;métapolitique&nbsp;&raquo; reprise de la pensée de la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo;, les identitaires construisent depuis leur création une stratégie de développement local d&rsquo;une part et &laquo;&nbsp;d&rsquo;agitation&nbsp;&raquo; culturelle et sociale à travers toute une galaxie d&rsquo; &laquo;&nbsp;associations&nbsp;&raquo; plus ou moins fictives dans le sens où l&rsquo;on retrouve souvent les mêmes personnes aux commandes.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/Lugdunumsuum3-1742f.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1520" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/Lugdunumsuum3-1742f.jpg" alt="Lugdunumsuum3-1742f" width="340" height="475" /></a></p>
<p>A Lyon les identitaires travaillent depuis plusieurs années à développer leur réseau local et à s&rsquo;implanter &laquo;&nbsp;culturellement&nbsp;&raquo;. Du côté culturel stricto sensu, après la courte expérience du &laquo;&nbsp;label&nbsp;&raquo; identitaire lyonnais Voraces productions<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_7_474" id="identifier_7_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="3 concerts organis&eacute;s entre 2006 et 2007 dans une salle lou&eacute;e &agrave; un particulier sur la commune de Planaise non loin de l&rsquo;a&eacute;roport Saint-Exup&eacute;ry. ">8</a></sup> (créé en son temps par Gérald Pichon alias Franck Lancier, monté à Paris depuis 2009), ils se sont recentrés sur le localisme culturel à travers l&rsquo;association Les Petits Lyonnais (appelé aussi Culture Lyon) qui organise depuis trois ans une montée aux flambeaux à Fourvière à l&rsquo;occasion du <a href="http://rebellyon.info/Les-fachos-identitaires-dans-la.html" target="_blank">8 décembre</a>, en développant tout un discours se voulant populaire et critiquant la folklorisation au profit du tourisme et du commerce.</p>
<div id="attachment_1521" style="width: 329px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/petits_lyonnais-8fb27.jpg"><img class="size-full wp-image-1521" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/petits_lyonnais-8fb27.jpg" alt="Le porte parole de l'asso &quot;Les Petits Lyonnais&quot;" width="319" height="285" /></a><p class="wp-caption-text">Le porte parole de l&rsquo;asso &laquo;&nbsp;Les Petits Lyonnais&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>L&rsquo;étape la plus récemment franchie est l&rsquo;ouverture d&rsquo;un local, du nom convenu mais qui fait tellement &laquo;&nbsp;gone&nbsp;&raquo;, <a href="http://rebellyon.info/Un-nouveau-local-extremiste-dans.html" target="_blank">La Traboule</a>, situé dans le quartier Saint-Jean, à deux pas de la Place du Change<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_8_474" id="identifier_8_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ironie de l&rsquo;histoire, le GRECE lyonnais, en prenant au fil des d&eacute;cennies des noms diff&eacute;rents (Cercle Europe, Cercle Galil&eacute;e ou Cercle Henri Vincenot) a toujours &eacute;t&eacute; domicili&eacute; au 3 place du Change dans le 5e arrond de Lyon. ">9</a></sup>. Bien qu&rsquo;officialisé seulement le 13 avril dernier, les identitaires prétendent que son ouverture publique remonte au mois d&rsquo;octobre 2010, ce qui est un mensonge ridicule alors qu&rsquo;il y a encore quelques semaines, il était en pleins travaux. Peut-être confondent-ils les débats privés du Cercle de Précy (énième étiquette locale pour un groupe organisant des débats politico-théoriques) avec le &laquo;&nbsp;public&nbsp;&raquo; ? Plus anecdotique, et très certainement créé pour toucher un public jeune ainsi que les milieux indépendants et hooligans, les identitaires lyonnais ont mis sur pied le &laquo;&nbsp;club&nbsp;&raquo; de sports de combat Lugdunum Torgnole.</p>
<div id="attachment_1522" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/hools_1.jpg"><img class="wp-image-1522" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/hools_1-1024x692.jpg" alt="15 Septembre 2010 à Lyon : Rassemblement en soutien à &quot;Papy Gallinier&quot; organisé par le Bloc Identitaire Lyon, en présence de Fabrice Robert (en costard de profil sur la gauche de la photo) et de Renaud Mannheim leader de Lyon Dissident (sur la droite du cliché avec sa casquette et ses lunettes)" width="600" height="405" /></a><p class="wp-caption-text">15 Septembre 2010 à Lyon : Rassemblement en soutien à &laquo;&nbsp;Papy<br /> Gallinier&nbsp;&raquo; organisé par le Bloc Identitaire Lyon, en présence de<br /> Fabrice Robert (en costard de profil sur la gauche de la photo) et de<br /> Renaud Mannheim leader de Lyon Dissident (sur la droite du cliché avec sa casquette et ses lunettes)</p></div>
<p><em> </em></p>
<p>On peut supposer que la prochaine étape sera la présentation par le Bloc Identitaire Lyonnais d&rsquo;une liste pour les élections municipales de 2014, La Traboule faisant office de local de campagne. Les encouragements à l&rsquo;implantation locale sur le modèle de ce qui s&rsquo;est fait à Nice permettent aux identitaires de voir plus &laquo;&nbsp;grand&nbsp;&raquo;, en tentant de jouer de tout leur poid dans le champ politique d&rsquo;une grande agglomération. La difficulté pour eux sera très certainement l&rsquo;opposition au Front National local, tenu par <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-bonnes-oeuvres-de-bruno-gollnisch/">les troupes</a> de Bruno Gollnisch et l&rsquo;Oeuvre Française, qui correspondent mieux aux tendances catholiques traditionalistes et intégristes très présentes entre Rhône et Saône depuis toujours. Lyon a longtemps été une ville très catholique et le paganisme des nationalistes-révolutionnaires ou des grécistes n&rsquo;a jamais eu forte audience. De plus la structure militante lyonnaise est plutôt faible, bien qu&rsquo;ils se targuent de compter sur une cinquantaine de militants actifs, les identitaires sont menés par un noyau dur de 10 à 15 personnes, comme c&rsquo;est le cas depuis leur création. Le cercle de sympathisants s&rsquo;est élargi mais reste volatile, en témoigne notamment les (plus) jeunes et les hooligans qui se sont depuis plusieurs mois rapprochés de la mouvance néo-nazie.</p>
<p><strong>Le 14 mai prochain : exposition porcine</strong></p>
<p>À la différence de celle de Paris, on peut s&rsquo;attendre à ce que les rangs de la manifestation soient composés d&rsquo;autres chapelles de la droite nationaliste, et notamment des milieux radicaux de manière plus importante. Le potentiel local est non négligeable de ce côté. On peut s&rsquo;attendre à ce que le &laquo;&nbsp;service d&rsquo;ordre&nbsp;&raquo; ait ainsi pour tâche de tenir les rangs et d&rsquo;éviter les dérapages. L&rsquo;avantage des masques de cochons sera de pouvoir dissimuler les têtes d&rsquo;os et d&rsquo;éviter de renvoyer l&rsquo;image d&rsquo;une manifestation de crânes rasés caricaturaux.</p>
<p>L&rsquo;influence qu&rsquo;a prise la mouvance néo-nazie sur l&rsquo;agglomération lyonnaise grâce aux &laquo;&nbsp;activités&nbsp;&raquo; du local Lyon Dissident / Bunker Korps Lyon peut être problématique pour la fine équipe de Rebeyne!. En effet, les camouflés du Blood &amp; Honour Lugdunum, par les nombreux concerts dans leur local, drainent à eux depuis un peu plus d&rsquo;un an tout ce que Lyon compte de jeunes racistes, xénophobes et apprentis nationalistes. Tous ces jeunes se contentent d&rsquo;un folklore fasciste et radical sans grande pensée politique bien établie. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on a pu en voir un certain nombre qui gravitaient autour de Rebeyne! aller se blottir dans les bras tatoués des trentenaires de l&rsquo;association Rock &lsquo;N&rsquo; Gones.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/concertlyon21avrilxg4-0c225.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1523" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/concertlyon21avrilxg4-0c225.jpg" alt="concertlyon21avrilxg4-0c225" width="340" height="511" /></a></p>
<p>Les identitaires lyonnais depuis le début de la mobilisation contre le local Lyon Dissident s&rsquo;en tiennent le plus éloigné possible et n&rsquo;ont apporté aucun soutien officiel, niant toutes relations individuelles ou d&rsquo;organisations. Même s&rsquo;il est vrai qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de relations entre ces deux groupes, les connexions individuelles existent mais restes marginales et concernent surtout les moins de 25 ans. Certains leaders du BKL appellent leurs sympathisants à participer à la manifestation du 14 mai en prenant soin d&rsquo;avoir une tenue vestimentaire passe-partout et de laisser les rangers à la maison.<br />
Que feront-ils le 14 mai ? Comment les identitaires géreront-ils leur présence et l&rsquo;impact qu&rsquo;elle pourrait avoir sur l&rsquo;image qu&rsquo;ils entendent donner d&rsquo;eux-même et de leur évènement ?<br />
Pour conclure, la manifestation terroir (nous attendons avec impatience la campagne pour la défense de la quenelle au brochet&#8230;) promise par les identitaires lyonnais le 14 mai prochain sera l&rsquo;occasion d&rsquo;une démonstration de force nationaliste et xénophobe. En profitant des difficultés socio-économiques les identitaires entendent désigner l’ennemi intérieur responsable de tous les maux : le musulman. Dans le contexte actuel, le travail leur est déjà savamment mâché, de la gauche sociale-démocrate à la droite néo-libérale conservatrice. Outre les contre-manifestations ou rassemblements qui pourront être organisés ce même jour, il est urgent pour les progressistes de renverser les bases même du débat politique.</p>
<p>NB : Cet article sera prochainement mis à jour, augmenté, complété, illustré, et publié dans un autre format.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_474" class="footnote"><a href="http://rebellyon.info/Polemiques-a-propos-des-Quick.html" target="_blank">http://rebellyon.info/Polemiques-a-propos-des-Quick.html</a> et aussi<a href="%20http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Polemique/Quand-des-porcs-anti-halal-envahissent-le-Quick-Villeurbanne" target="_blank"> http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Polemique/Quand-des-porcs-anti-halal-envahissent-le-Quick-Villeurbanne</a> </li><li id="footnote_1_474" class="footnote">La &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo; désigne un courant politique et idéologique représenté par deux organisations : le Groupement de Recherche et d&rsquo;Etudes pour la Civilisation Européenne (GRECE) fondé le 17 janvier 1969 et le Culb de l&rsquo;Horloge apparu en 1974. </li><li id="footnote_2_474" class="footnote">&laquo;&nbsp;[...] la christianisation de l&rsquo;Europe fut l&rsquo;évènement le plus désastreux de toute l&rsquo;histoire advenue à ce jour, la catastrophe au sens propre du terme.&nbsp;&raquo; <strong>Alain de Benoist</strong>, principal animateur et idéologue de cette mouvance. </li><li id="footnote_3_474" class="footnote"> Pour la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo;, la prise du pouvoir politique, qui reste l&rsquo;objectif, passe par la conquête du pouvoir culturel et le combat des idées. En d&rsquo;autres termes, arriver à imposer ses thématiques et ses analyses comme bases de débat.</li><li id="footnote_4_474" class="footnote">Ce &laquo;&nbsp;club&nbsp;&raquo; développe une idéologie libérale, nationale et autoritaire ayant avant tout pour vocation l&rsquo;entrisme dans la haute administration : &laquo;&nbsp;Ce dont nous avons besoin, c&rsquo;est d&rsquo;hommes influents ayant leur place dans les sphères de décision d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et plus encore dans celles de demain&nbsp;&raquo; <em>Nouvelle Ecole </em>n° 9 (revue proche du GRECE).</li><li id="footnote_5_474" class="footnote"> La mouvance identitaire désigne plusieurs organisations politiques qui s&rsquo;en réclament comme Terre &amp; Peuple ou la Nouvelle Droite Populaire.</li><li id="footnote_6_474" class="footnote">Dont le Maire, Jacques Bompard, est président de la Ligue du Sud. </li><li id="footnote_7_474" class="footnote">3 concerts organisés entre 2006 et 2007 dans une salle louée à un particulier sur la commune de Planaise non loin de l&rsquo;aéroport Saint-Exupéry. </li><li id="footnote_8_474" class="footnote">Ironie de l&rsquo;histoire, le GRECE lyonnais, en prenant au fil des décennies des noms différents (Cercle Europe, Cercle Galilée ou Cercle Henri Vincenot) a toujours été domicilié au 3 place du Change dans le 5e arrond de Lyon. </li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Quand l&#8217;extrême droite se met en culture</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 16:06:18 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) À la lecture de l’article « Ces jeunes fachos qui peut-être, nous gouverneront&#8230; » (Réflexes n°39), on ne peut qu’être frappé par la rapidité et l’efficacité des implantations frontistes au sein des universités. Créés pour trouver et former les futurs cadres au sein [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-1.jpg"><img class="wp-image-2366 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-1-1024x356.jpg" alt="ED_culture-1" width="600" height="209" /></a><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em> À la lecture de l’article « <a href="http://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/">Ces jeunes fachos qui peut-être, nous gouverneront&#8230;</a> » (<em>Réflexes</em> n°39), on ne peut qu’être frappé par la rapidité et l’efficacité des implantations frontistes au sein des universités. Créés pour trouver et former les futurs cadres au sein d’organisations regroupant toutes les parcelles de la droite et de l’extrême droite, les Cercles Nationaux des Étudiants ont apporté en moins de quatre années plus de cadres au parti qu’il ne pensait lui-même en obtenir ! Comment ne pas s’interroger alors sur les raisons d’une telle réussite ? Comment ne pas tenter d’expliquer cette soudaine facilité lorsque l’on connaît les rivalités qui existent au sein de l’extrême droite ? Si l’ébauche d’une réponse est apportée par le précédent article, l’observation et l’analyse à la loupe des universités concernées semblent vouloir nous donner bien plus d’indications. C’est donc fort logiquement que Lyon et son université, première à avoir créé un Cercle national des Étudiants, sont aujourd’hui sous le feu des projecteurs&#8230;</p>
<h3>Quand la droite fait le lit de l’extrême droite&#8230;</h3>
<p>Rien ne semblait prédestiner une ville calme et prospère comme Lyon à mériter un jour le titre, internationalement connu, de capitale universitaire de l’extrême droite et du négationnisme. Et pourtant les faits parlent d’eux mêmes. Pour n’en citer que quelques-uns, rappelons que l’université Lyon III détient le record de thèses universitaires négationnistes, le record du nombre de professeurs militants d’extrême droite et de droite extrême, un nombre fort élevé de groupes nationalistes en tous genres&#8230; C’est tout d’abord dans les conséquences de Mai 68 , lorsque l’université littéraire et juridique lyonnaise se partage en deux (1973-74) que cette triste histoire commence. Encloses à l’intérieur du même ensemble architectural, Lyon II devient une université rose pâle (majorité socialiste) à peine teintée de rouge, tandis que Lyon III (Jean Moulin !) repeint progressivement ses murs en vert-de-gris ! Seul bastion droitier au milieu d’une « invasion gauchiste », enclave culturelle et idéologique, l’université Jean Moulin devient tout d’abord un lieu de ralliement pour les diverses franges de la droite et de l’extrême droite. L’ennemi commun : le communisme. C’est réellement de 1978 à 1987, que Lyon III, gouvernée d’une main aussi ferme qu’adroite par l’italianisant Jacques Goudet, assisté de la non moins efficace Colette Demaizière<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_0_429" id="identifier_0_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur de Grammaire &agrave; Lyon III, membre du RPR et Doyenne depuis 1989 de la Facult&eacute; de Lettres/Histoire/G&eacute;o. Elle est reconnue comme &eacute;tant l&rsquo;&eacute;minence grise de Goudet.">1</a></sup>, devient le lieu de collusion d’une droite dite classique (convenable, discrète&#8230;) et de l’extrême droite. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-2.jpg"><img class="alignleft wp-image-2368 size-thumbnail" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-2-150x150.jpg" alt="ED_culture-2" width="150" height="150" /></a> L’importance de Goudet dans cette volonté de faire cohabiter dans un même espace de réflexion toutes les franges de la droite et de l’extrême droite est considérable. Ce professeur d’italien avait envoyé en 1965 une « tribune libre » au <em>Monde</em>, dénonçant les dérives de l’Église après Vatican II. Puis au début des années 1970, il devient responsable du SAC (Service d’Action Civique) dans le Rhône, adhère au RPR, crée l’UNI (Union Nationale Inter-universitaire) dans cette même région avec l’aide d’André Decocq, professeur à Assas, responsable de l’UNI et du MIL<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_1_429" id="identifier_1_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. Rapport de la commission&hellip; Tome 1, page 220">2</a></sup>, puis prend en 1973 la direction de la faculté de langues de Lyon III. Cet homme de droite extrême, à la charnière politique entre la droite et l’extrême droite, persuadé de l’importance du combat culturel et partageant nombre de positions et d’actions du Club de l’Horloge, fait tout pour faire prendre en une même mayonnaise toutes les tendances alors présentes. Lorsqu’il arrive à la tête de l’université Jean Moulin en 1978, l’extrême droite a déjà fait sa place. Mais le succès de la politique Goudet, éclatant du moins durant son règne à la présidence de l’université, ne s’est pas obtenu sans le précieux appui de l’administration politique alors en place. Ainsi, Lyon III est l’objet, dès la scission de 1973 et sous toute la présidence de Valery Giscard d’Estaing, d’un favoritisme hors de toute limite. Le meilleur exemple semble être la profusion de crédits et de postes accordés par l&rsquo;ancienne ministre des universités, Alice Saunié-Seïté, à Lyon III dès la scission de 1973. Du mot prêté à Francisque Collomb (maire de Lyon de 1976 à 1989) « Lyon III Jean Moulin est notre université », à la Légion d’honneur attribuée à Goudet par le gouvernement Chirac (1988) et remise par Raymond Barre, jusqu’aux multiples contacts qu’il avait au Ministère de l’Éducation Nationale, c’est l’ensemble de l’establishment droitier qui s’est lancé dans la bataille lyonnaise. Ainsi, les professeurs sont nommés à Lyon III par affinité politique plutôt que pour leur compétence. On comprend mieux alors comment, dans un tel climat amical et complice, l’extrême droite universitaire lyonnaise n’aura aucun mal à asseoir chaque jour davantage son pouvoir, son influence et ses idées sur l’université, à tisser des réseaux de plus en plus larges et efficaces vers l’exterieur et à assurer sa pérennité pour de longues années. Quand on lui permet de s’installer, elle s’enracine !</p>
<h3>Grandeur et décadence du GRECE : 1973 &#8211; 1988</h3>
<p>Lorsque l’on parle de l’implantation de l’extrême droite en milieu culturel dans les années 1970, facilitée par la complicité de l’administration de droite en place, on ne peut être étonné de la présence d’un cercle local du Groupe de Recherche sur la Civilisation Européenne (GRECE), d’un cercle local du Club de l’Horloge&#8230; donc de la Nouvelle Droite (ND) ! C’est effectivement une fois de plus le cas ici où, fortement implanté depuis 1969 à Lyon grâce principalement à Pierre Vial, le GRECE a joué au sein de Lyon III (Cercle Galilée) le rôle principal jusqu’en 1988. Personnage fondamental dans le développement de la ND aussi bien nationalement que régionalement, Vial n’est pour rien dans l’implantation du GRECE sur Lyon III puisqu’il n’y est nommé qu’en 1987 en tant que professeur d’histoire médiévale. Cette implantation est plutôt à mettre à l’actif de ce que l’on pourrait appeler « la troïka indo-européenne » composée de Jean Varenne, Jean-Paul Allard et Jean Haudry. Véritablement obsédés par la question des origines puisqu’il apparaît comme « une priorité politique que de justifier la notion d’identité française et européenne en remontant à nos racines indo-européennes » (Pierre Vial), ces trois hommes sont devenus des « spécialistes » de la civilisation indo-européenne. Ainsi, Haudry est professeur de linguistique et de sanskrit à Lyon III, ancien doyen de la faculté de lettres, directeur d’étude à l’École Pratique des Hautes Études, il est au comité de patronage de <em>Nouvelle École</em> en 1974-75, au Club de l’Horloge, participe à <em>Elemente</em>, revue de la nouvelle droite italienne avec Sigir Hinle, Alain de Benoist et Guillaume Faye. Il préside le 13ème colloque du GRECE en décembre 78, collabore à <em>Sol Invictus</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_2_429" id="identifier_2_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Revue d&rsquo;&eacute;tudes traditionnelles, &ldquo;Soleil invaincu&rdquo; est d&rsquo;orientation &eacute;volo-gu&eacute;nonienne melant d&rsquo;ancien SS comme L&eacute;on Colas et des membres de la nouvelle droite (Haudry-Christian Bouchet, Jean R&eacute;my, Christian J. Guyonvarc&rsquo;h&hellip;">3</a></sup>), aux Après-midi du Livre organisé par le Cercle Horizons<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_3_429" id="identifier_3_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ex Cercle Cadoudal, ce cercle organise des conf&eacute;rences et des manifestations o&ugrave; se retrouvent les tendances les plus oppos&eacute;es notamment lors de l&rsquo;Apr&egrave;s-midi du Livre de Droite &agrave; laquelle assistent 600 personnes environ. B&eacute;n&eacute;ficiant d&rsquo;un stand &agrave; la f&ecirc;te des Bleu-Blanc-Rouge tout en &eacute;tant mentionn&eacute; dans Le Figaro, Le Matin de Paris, National Hebdo, Lectures fran&ccedil;aises, Le Choc du Mois&hellip; Ce cercle est largement &ldquo;respect&eacute;&rdquo;.">4</a></sup>, participe à la maison d’édition Le Porte Glaive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_4_429" id="identifier_4_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Maison d&rsquo;&eacute;dition dans la mouvance de la ND, elle publie sous la direction de R&eacute;gis Boyer des ouvrages de litt&eacute;rature classique du Nord, une collection &ldquo;Patrimoine de l&rsquo;Europe&rdquo; dirig&eacute;e par Jean-Paul Allard qui couvrait seulement l&rsquo;Europe nordique et germanique. La plus &eacute;tonnante production de ces &eacute;ditions est &ldquo;R&eacute;volution / Contre-R&eacute;volution&rdquo;, actes d&rsquo;un colloque organis&eacute;, au sein de Lyon III en Mai 1989, par le Centre d&rsquo;Histoire et d&rsquo;Analyse Politique de l&rsquo;universit&eacute;. Cf REFLEXes 39">5</a></sup>&#8230; Toujours prêt à faire plus, comme on peut s’en rendre compte, pour la promotion des idées de la nouvelle droite jusqu’à ce qu’elles deviennent culturellement hégémoniques, Haudry a posé les premières pierres de normalisation et d’institutionnalisation des thèses du GRECE en milieu universitaire. Il publie tout d’abord en 1979 un premier Que Sais-Je intitulé <em>L’indo-européen</em>, puis crée en 1981 au sein de Lyon III, l’Institut d’études indo-européennes et publie un autre Que Sais-Je sur <em>Les Indo-européens</em> dont la conclusion est un « mini-traité de racisme nordiciste » (P.A. Taguieff). Toujours prêt à faire plus pour la collaboration de toutes les parcelles de la droite et de l’extrême droite grâce à la position centrale qu’il occupe à cheval sur toutes les organisations et au sein de Lyon III sur deux départements (voir tableau), Haudry est une pièce stratégique dans l’architecture lyonnaise. Jean-Paul Allard est quant à lui professeur de langues à Lyon III Président du GRECE lyonnais (Cercle Galilée), directeur de « Patrimoine de l’Europe » aux Editions Le Porte Glaive, alors que Jean Varennne est un spécialiste de Sanskrit et de civilisation indienne, également collaborateur au <em>Figaro Magazine</em> à partir de 1977, directeur de <em>Panorama des idées actuelles</em> édité par le GRECE et devient en 1984 président national du GRECE après Roger Lemoine. Ces trois hommes très respectés au sein de l’université, développent avec l’aide de professeurs, de chercheurs de Lyon III membres du Club de l’Horloge<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_5_429" id="identifier_5_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On citera : Denis-Clair Lambert (Professeur d&rsquo;&eacute;conomie politique), Jules Monnerot (Premier Pr&eacute;sident du Conseil Scientifique du FN, d&eacute;missionnaire en ao&ucirc;t 1990">6</a></sup>), de l’UNI, du CNIP&#8230; et la participation non moins active de groupes nationalistes révolutionnaires ou de sectes (voir encadré), toutes sortes de colloques et activités culturelles toujours couverts par une bonne dose d’intellectualisme. Ainsi, après la création de l’Institut d’études indo-européennes, véritable centre de formation néo-droitier, on a vu naître au fil des ans, le Centre d’histoire et d’analyse politique dirigé par Demotz<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_6_429" id="identifier_6_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur d&rsquo;Histoire du Moyen-Age &agrave; Lyon III">7</a></sup>, le Centre d’études linguistiques Jacques Goudet, ainsi qu’une association étudiante, Aurore<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_7_429" id="identifier_7_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette association loi 1901 d&eacute;pendante administrativement de Lyon III, organise des bourses aux livres et des conf&eacute;rences-d&eacute;bats. Pr&eacute;sid&eacute; par le tr&egrave;s c&eacute;l&egrave;bre Bernard Notin, elle est tr&egrave;s proche du GRECE mais sait &eacute;galement s&rsquo;ouvrir vers la droite classique comme le d&eacute;montre la pr&eacute;sence d&rsquo;Henri-Christian Giraud, r&eacute;dacteur en chef au Figaro-Magazine et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Institut d&rsquo;&eacute;tudes de la d&eacute;sinformation &agrave; un colloque d&rsquo;Aurore sur &laquo; Les rapports entre De Gaulle et les communistes &raquo;.">8</a></sup>. Véritables chapelles idéologiques au sein de l’université, il en ressort nombre de livres, de thèses et conférences proposés aux étudiants comme base de recherche ou de cours. Ce sont également des lieux de rencontre et de débat avec des intervenants, de sensibilité politique différente, extérieurs à la faculté. Royalistes, catholiques intégristes, nationalistes révolutionaires, néo-droitiers, révisionnistes et gaullistes se côtoient ainsi de colloque en colloque. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-3.jpg"><img class="size-medium wp-image-2369 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-3-212x300.jpg" alt="ED_culture-3" width="212" height="300" /></a> Cette stratégie d’implantation préconisée par la nouvelle droite peu intéressée dans un premier temps par le pouvoir et préférant rendre hégémonique la pensée néo-droitière, développe en réseaux, des cercles de pensée, des clubs, et investi le milieu associatif et culturel de la fac, des autres facs8 puis progressivement de la ville. Appliquant par là même une stratégie défendue ardemment par Alain de Benoist qui dénonçant les «structures rigides et opaques du centre» a su contribuer à rendre les structures de la «périphérie» suffisamment souples afin que puissent s’estomper les barrières entre militants et sympathisants, entre partisans convaincus et simples compagnons de route, entre membres de la droite, de l’extrême droite voire même de gauche&#8230; Cette stratégie parfaitement adaptée au milieu universitaire et des grandes écoles de par le fait qu’elle dépasse l’engagement politique et se situe au niveau de la reflexion intellectuelle sur l’histoire, le social, la culture, la politique, etc. Ainsi, dès mai 68 puis sous le règne de Goudet à la présidence de l’université et de Francisque Collomb à la mairie de Lyon, la «nouvelle droite» renforcée par la peur suscitée par la gauchisante université Lyon II, a su profiter d’hommes comme Goudet, à la charnière de la droite républicaine et de l’activisme, sachant séduire et rassurer la bourgeoisie locale. Laissant ainsi se déployer les foyers nationalistes et fascistes tout en donnant des gages au gaullisme, il s’est organisé, institutionnalisé, un foyer intellectuel, un lieu de réflexion et d’analyse composé principalement de professeurs mais aussi de personnels administratifs de la fac. Ce foyer, quant à lui, a su laisser dans chacune de ses activités (ou actions) une place à ces hommes ou femmes de la droite qui luttent à son côté. Ainsi, l’ancienne ministre des universités, Alice Saunié-Seïté et Jacques Goudet, interviennent à un colloque du Club de l’Horloge en mars 1983. Il faut dire que le thème, «Quelle Université pour la France ? Guérir du socialisme», les interressait tout particulièrement ! Considérée tout d’abord comme un pôle anticommuniste, capable de faire contrepoids sur le plan idéologique aux débordements de la pensée subversive, la nouvelle droite, convaincue très tôt du fait que «le marxisme sera bientôt entrainé dans un interminable mouvement de reflux», se présente non plus comme un rempart au communisme mais bien plutôt comme une alternative. Cette influence grandissante de la nouvelle droite à Lyon III, accompagnée du sentiment d’impunité auquel elle semble s’être très bien habituée, relayée par les nombreux réseaux qu’elle a su et pu lier dans les autres sphères culturelles ainsi que l’imprégnation des esprits qui en découle lui assurent un avenir radieux&#8230; Mais l’émergence du Front national qui attire, dès 1983, bon nombre de néo-droitiers met un frein au développement de la nouvelle droite. Et lorsqu’en 1985 à Nantes, sous la direction de Jean-Claude Rivière, universitaire nantais, fondateur du GRECE et membre de Nouvelle École depuis 1968, Henri Roques, digne descendant de Faurisson, qui présenta et soutint une thèse mettant en doute la réalité des chambres à gaz obtint mention «très bien», le scandale éclata, le futur s’assombrit encore davantage. La thèse fut annulée par Devaquet et pour la première fois un membre du GRECE se retrouvait démis de ses fonctions pour un an et mis à la disposition du Centre National d’Enseignement à distance (CNED) ! Il semble tout de même important de noter que ce jury était présidé par Jean Haudry en personne accompagné de Jean-Paul Allard, tous deux professeur à Jean Moulin, et qu’il ne furent nullement inquiétés ! Serait-on mieux couvert à Lyon qu’à Nantes&#8230;? Cet «incident», ombre de l’objectif néo-droitier, entame notablement sa notoriété, son institutionnalité et marquera ainsi une première perte significative de son influence, de son impunité. Mais les problèmes du GRECE ne font que commencer puisque Goudet quitte trois ans plus tard la présidence pour une retraite bien méritée, Franscisque Collomb est remplacé par Michel Noir et les appuis deviennent de plus en plus rares. Le Club de l’Horloge, autre composante de la nouvelle droite, semble le plus affecté par ces départs. Il faut dire que l’initiateur et premier dirigeant du Club lyonnais n’est autre qu’Yvan Chiaverini, directeur de cabinet de Francisque Collomb. Chiaverini est encore un exemple de ces hommes de droite, prêts a tout pour banaliser l’extrême droite. Ainsi tout au long de sa carrière auprès du maire, il a permis et facilité l’organisation des activités du Club de l’Horloge ou du GRECE. L’apogée de sa stratégie semble atteinte un jour de mars 1982, où enfin il réussit à réunir, dans un diner-débat organisé par des horlogers et des grécistes, Charles Beraudier, Francisque Collomb et Raymond Barre! Malgré cela, le groupement de recherche lyonnais accueille avec joie (1987-1988), le retour de Jacques Marlaud d’Afrique du Sud et l’arrivée de Pierre Vial, Bernard Notin, Georges Pinault (Goulven Pernaod) au sein de l’université. Le groupe lyonnais composé alors de sept militants de pointe atteint un record national en la matière. Mais cet apport ne se mesure pas uniquement quantitativement mais également qualitativement. En effet, Jacques Marlaud séjourna durant plus de quinze ans en Afrique du Sud tout en étant rattaché à l’université Lyon III (!), présida en 1977 à Johannesbourg un cercle du GRECE dénommé Cercle Villebois-Mareuil et fut correspondant de Nouvelle École en Afrique du Sud. La puissance de ce maître de conférence en Infocom au sein du GRECE se mesure au regard du fait que dès son retour en France en 1988, il a immédiatement été nommé à la présidence du GRECE, remplaçant ainsi Jean Varenne. Pierre Vial accède enfin à l’université Jean Moulin en tant que professeur d’histoire médiévale. Ce ténor de la remise à jour sur papier glacé des thèses inégalitaires, déterministes, néo-paganistes tendance celte et germaine, a une longue histoire de militant qu’il serait trop long de détailler. Notons tout de même qu’il fit son éducation politique à travers le Dictionnaire du Militant édité en 1965 par Europe-Action et rédigé par son compagnon de toujours Dominique Venner. Il pouvait y apprendre entre autres à la lettre S : «&#8230;prenons par exemple, sous-développés : notion iréelle d’après laquelle l’incapacité des peuples de couleur à résoudre par eux-mêmes les problèmes de l’existence, proviendrait du sous-développement technique. Une observation réelle des choses permet de constater que le sous-développement technique est dû à une sous capacité de ces peuples. A notre contact, ils n’ont rien appris sinon à revendiquer, à profiter et à nous haïr». Pour Vial tout est alors dit. Cependant après son échec au sein du Mouvement nationaliste du Progrès aux législatives de 1967, il décide que la bonne voie pour la prise du pouvoir politique, c’est tout d’abord la reconquête du pouvoir culturel, le combat des idées, bref la stratégie métapolitique. Encore étudiant, il commence par être le directeur de publication d’une revue lyonnaise ronéotypée intitulée Socialisme européen (n°1 fin 1967), domiciliée au 3 place du Change à Lyon. Mais il n’y reste que peu de temps. Dès la création du GRECE en 1969, il deviendra successivement un des responsables de ses multiples antennes, membre du comité de rédaction de Nouvelle École, président de l’Union régionale du lyonnais, membre du conseil d’administration du GRECE et de la commission des traditions, membre fondateur de la SARL des Editions Copernic et principal porteur de parts avec Jean-Claude Valla, il en sera d’ailleurs le premier gérant (1976). Il participe en 1975 à la création du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse (NOTE). Directeur de la revue Eléments, auteur de deux ouvrages édités par le GRECE : Pour une renaissance culturelle et Les solstices en collaboration avec Jean Mabire. En 1978, c’est enfin la consécration puisqu’il accède au poste de secrétaire général du groupement et y reste jusqu’en 1984. Lorsqu’il arrive à Lyon III, il est toujours place du Change et est alors président du cercle Henri Vincennot. Bien qu’ayant entretenu des rapports privilégiés de 1983 à 1986 avec le Mouvement Nationaliste Revolutionnaire(MNR) en compagnie d’Alain de Benoist et Guillaume Faye, Vial saura se forger au sein de Lyon III, une image de «personnalité respectueuse de la démocratie et très compétente dans son travail». On n’en doute pas ! Quant à Pinault et Notin (voir Réflexes n°39), «militants de choc», ils vont, une fois de plus, montrer clairement ce qui se cache derrière le métapolitique du GRECE&#8230; <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-4.jpg"><img class="wp-image-2370 size-large alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-4-218x1024.jpg" alt="ED_culture-4" width="218" height="1024" /></a> Cet apport en militants de pointe, constituant par là même la plus grosse unité gréciste qu’une université eut jusqu’alors comptée, aurait certainement pu permettre au GRECE de réagir. Mais cette réaction ne verra jamais le jour car comme lors de l’emergence du Front national dans les années 1983 (qui avait attirée par sa nouveauté bon nombre de néo-droitiers, venus principalement du Club de l’Horloge, en quête d’une vie politique) le second souffle du FN après la mort de Jean Pierre Stirbois, va décimer les rangs du groupement. Ajoutez à cela les «exploits» des nouveaux révisionnistes lyonnais, Pinault, Lugan et Notin (voir encadré), on comprend mieux encore comment le groupe lyonnais va perdre au fil des ans ses principaux militants, Jean Haudry et Pierre Vial en tête. Ce dernier, militant acharné, jusque-là persuadé du bien fondé du combat métapolitique mené par le Groupement et qui déclarait dix ans plus tôt : «c’est dans les forêts celtiques que nous allons chercher nos modèles», semble avoir, l’effet Le Pen aidant, perdu le Nord ! Pourtant, cet agrégé d’histoire né en 1944, affichait quatre ans plus tôt sa sympathie pour tous les mouvements révolutionnaires, Che Guevara, bande à Baader, Brigades rouges et se disait «prêt à [se] battre et à mourir dans l’espoir de changer un monde insupportable» ! La même année (1984), il déclarait : «Monsieur Le Pen pose bien les bonnes questions simplement nous n’avons pas exactement les mêmes réponses que lui» (cité par Taguieff, cf Les droites radicales et nationales en France p 791). Mais les évènements et bouleversements qui surviennent dès 1988 au sein de l’université, redistribuent les cartes. Ainsi, les plus partisans du combat métapolitique vont rejoindre au fur et à mesure les horlogers (Club de l’Horloge), qui attirés dès 1983 par le parti frontiste forment alors l’essentiel de l’armature de son conseil scientifique et montrent qu’il est possible de continuer à influencer la société, former l’élite de demain tout en menant un combat politique au sein d’un parti.   Ainsi, dès 1988, les trois quarts du groupe lyonnais tentent de garder un pied dans chaque organisation, menant ainsi le combat sur plusieurs niveaux. Mais la double appartenance (GRECE + autre) a été interdite par Vial lorsqu’il était secrétaire général du groupement. Ainsi, après de vives explications, le 25 Mars 1991, Vial démissionne en invitant dans une lettre ses compagnons de toujours «à quitter la chapelle idéologique marginalisée et fière de l’être (GRECE) pour le rejoindre, afin d’être une force d’implusion donnant une armature idéologique à un mouvement populiste (FN)». Cette démission ou plutôt cette exclusion vient mettre un terme aux relations conflictuelles qui opposaient les membres tentés par les sirènes nationalistes (Vial, Varenne, Haudry, Notin&#8230;) et les partisans du «métapolitique maintenu» (A. de Benoist, J. Marlaud). C’est alors l’éclatement. Varenne, Haudry, Allard et Notin suivent leur chef charismatique et vénéré, Pierre Vial, pour prendre place dans l’organigramme du parti. Rappelons que Vial est conseiller régional Rhones-Alpes, conseiller municipal de Villeurbanne, membre du Comité central du FN, de la direction générale, du centre d’études et argumentaires. Alors qu’Haudry, Varenne, Lugan et Notin participent ou ont participé à la formation des cadres du FN, soit en participant aux journées de formation organisées par le Centre d’Études et Argumentaires et le Conseil scientifique, soit en écrivant des articles dans diverses revues dites théoriques. Ainsi, Vial, Varenne et Haudry sont actuellement membre du comité de patronage d’Identité, revue du conseil scientifique du FN. Après de longues années d’hégémonie et de grands services rendus, le groupement lyonnais, dont Vial est le principal créateur et Varenne, Haudry, Notin et Allard les principaux animateurs, se retrouve en moins de dix ans aussi bas qu’il était vingt ans plus tôt. Même si les réseaux du GRECE restent efficients comme en témoignent les colloques encore organisés à Lyon III, ou la création en 1989 de la «nouvelle droite jeunesse», le FN grapille doucement mais sûrement dans le capital gréciste. Lorsqu’au mois de septembre 1991 on apprend l’ouverture d’un nouveau local du Front national à Lyon au 3 de la Place du Change, en lieu et place des locaux du GRECE depuis sa création, on mesure la mesquinerie de Vial. Lorsque Colette Demaizière nomme Bruno Gollnish à la présidence de l’université de langues de Lyon III alors qu’il n’est là que depuis un an, on mesure mieux son influence, son pouvoir. Certes ce pouvoir est aujourd’hui au service du FN et les relations entre les anciens grécistes et les convaincus du combat métapolitique semblent très envenimés. Mais n’etait-ce pas là qu’une apparence ? En effet, au delà d’un désaccord sur l’immigration et l’abandon du combat métapolitique pour un combat politique, les valeurs des anciens grécistes restent proches de celles de la nouvelle droite. Leur travail d’endoctrinement idéologique au sein des universités reste le même. Depuis vingt ans, ils travaillent, militent, forment, réflechissent, écrivent&#8230; en toute impunité, dans un silence qui fait parfois frémir, sans jamais perdre de vue l’idéal européen qui est le leur avec tout ce que cela comporte (voir encadré). Lyon III s’est construite sur toutes les franges de la droite et de l’extrême droite, avec toutes les divergences que cela comporte et ce n’est pas un désaccord de stratégie qui va rompre l’unité légendaire de Lyon III, qui va ternir l’image que l’on se fait ici du mot «collaboration»&#8230; Bien au contraire, le FN, le GRECE, L’UNI, Nouvelle Acropole, les cathos intégristes, les révisos et autres négationnistes en tout genre, Aurore, La Librairie de France, les charmants défenseurs des petits animaux style Brigitte Bardot, continuent, tous ensemble ou presque, main dans la main à endoctriner la future élite lyonnaise. C’est alors que l’importance du groupement n’apparait plus comme un critère pour juger de sa force, de son influence car les valeurs et l’idéal politique de personnages comme Vial n’ont pas changé en changeant d’étiquette politique. Comment pourrait on croire que l’homme «fort, viril, aryen» n’est plus un modele pour Vial et ses amis ? L’essentiel de l’objectif néo-droitier semble donc être réalisé : Lyon III est pour longtemps maintenant un laboratoire, un lieu d’échange, de rencontre, d’alliance, de recrutement pour l’extrême droite. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-5.jpg"><img class="wp-image-2371 size-large alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-5-299x1024.jpg" alt="ED_culture-5" width="299" height="1024" /></a> L’histoire de l’université Lyon III, Jean Moulin éclaire donc d’un jour nouveau, les facilités d’implantation du Front national au sein de cette université. Partant d’un combat commun contre le communisme, la droite aura permis à l’extrême droite de trouver un fort point d’ancrage, de développer ses idées, de tisser des réseaux qu’elle ne peut aujourd’hui plus arrêter. Après le GRECE et le Club de l’Horloge, c’est aujourd’hui le Front national qui récupère les fruits de cette reconquête de l’université. Ainsi, lorsque Carl Lang et Jean-Marie Le Pen décident la création de Cercle national des Étudiants sur toutes les universités, regroupant toutes les parcelles de la «droite nationaliste» afin de trouver les futurs cadres du parti frontiste, c’est au regard de ce qui se pratique dans ce qui est aujourd’hui, son laboratoire, Lyon III. Lorsque Degrave, leader du groupe frontiste lyonnais dit «qu’il faut repérer, dans un premier temps, les gauchistes puis prendre contact avec le personnel enseignant et administratif de l’université», il ne fait que répéter clairement ce que toute l’extrême droite lyonnaise sait déjà et met en oeuvre depuis plus de 20 ans. Il n’a d’ailleurs pas besoin de nommer les professeurs puisque tout le monde les connaît, les reconnaît depuis longtemps. L’implantation frontiste sur Lyon, menée par Bruno Gollnish, Pierre Vial, jean Varenne, Jean Haudry&#8230;tous professeurs à Lyon III, s’appuie sur les réseaux tissés par la nouvelle droite depuis 1973 et l’expérience de ces professeurs. Le FN est aujourd’hui le porte-drapeau de l’extrême droite lyonnaise et de sa force impulsive, tout comme l’était la nouvelle droite hier. Mais au delà d’une simple passation de pouvoir ponctuée de quelques mouvements d’humeurs qui pourraient laisser croire à une réelle séparation, il s’agit peut-être de la naissance d’une force centrifuge. En effet, au regard de l’évolution et de la redistribution des pouvoirs au sein de l’université et de la ville, le nombre de professeurs et de militants d’extrême droite ou de droite extrême, tout comme la profusion de revues et matériaux théoriques, colloques, universités d’été&#8230; est aujourd’hui considérable. Les contributions apportées par Lyon III «à l’effort de guerre» entrepris par l’extrême droite pour reconquerir le pouvoir, est plus que jamais conséquent. Les appuis au sein de la droite classique existent toujours et le nouveau président de l’université Jean Moulin, Pierre Vialle (à ne pas confondre avec Pierre Vial) continue de marcher sur les traces de Goudet. Malgré la montagne d’articles de presse parus sur cette université lors des «exploits» de Notin, Lugan, Pinault, ou lors de la parution de thèses antisémites comme celle d’Abdelhamid Bdioui, rien ne semble avoir changé ! Bien au contraire, comme peuvent l’illustrer les déclarations d’un bras droit de Michel Noir, ex-doyen de la faculté de droit de Lyon III, Serge Guinchard, à Libération Lyon : «Les supposés rapports de Lyon III à l’extrême droite sont notablement exagérés». Mais tous les euphémismes du monde ne nous feront pas oublier que cette université, modèle au sein de la droite et l’extrême droite, en perpétuelle ébulition brune, est aujourd’hui capable d’être une force hétérogène, proposant un éventail de sensibilités et d’engagements politiques, une véritable machine à sensibiliser, à attirer des jeunes, à former des militants, des cadres, des nationalistes, des fascistes&#8230; Article publié initialement en octobre 1993</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_429" class="footnote">Professeur de Grammaire à Lyon III, membre du RPR et Doyenne depuis 1989 de la Faculté de Lettres/Histoire/Géo. Elle est reconnue comme étant l’éminence grise de Goudet.</li><li id="footnote_1_429" class="footnote">Cf. Rapport de la commission&#8230; Tome 1, page 220</li><li id="footnote_2_429" class="footnote">Revue d’études traditionnelles, “Soleil invaincu” est d’orientation évolo-guénonienne melant d’ancien SS comme Léon Colas et des membres de la nouvelle droite (Haudry-Christian Bouchet, Jean Rémy, Christian J. Guyonvarc’h&#8230;</li><li id="footnote_3_429" class="footnote">Ex Cercle Cadoudal, ce cercle organise des conférences et des manifestations où se retrouvent les tendances les plus opposées notamment lors de l’Après-midi du Livre de Droite à laquelle assistent 600 personnes environ. Bénéficiant d’un stand à la fête des Bleu-Blanc-Rouge tout en étant mentionné dans <em>Le Figaro</em>, <em>Le Matin de Paris</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Lectures françaises</em>, <em>Le Choc du Mois</em>&#8230; Ce cercle est largement “respecté”.</li><li id="footnote_4_429" class="footnote">Maison d’édition dans la mouvance de la ND, elle publie sous la direction de Régis Boyer des ouvrages de littérature classique du Nord, une collection “Patrimoine de l’Europe” dirigée par Jean-Paul Allard qui couvrait seulement l’Europe nordique et germanique. La plus étonnante production de ces éditions est “Révolution / Contre-Révolution”, actes d’un colloque organisé, au sein de Lyon III en Mai 1989, par le Centre d’Histoire et d’Analyse Politique de l’université. Cf REFLEXes 39</li><li id="footnote_5_429" class="footnote">On citera : Denis-Clair Lambert (Professeur d’économie politique), Jules Monnerot (Premier Président du Conseil Scientifique du FN, démissionnaire en août 1990</li><li id="footnote_6_429" class="footnote">Professeur d’Histoire du Moyen-Age à Lyon III</li><li id="footnote_7_429" class="footnote">Cette association loi 1901 dépendante administrativement de Lyon III, organise des bourses aux livres et des conférences-débats. Présidé par le très célèbre Bernard Notin, elle est très proche du GRECE mais sait également s’ouvrir vers la droite classique comme le démontre la présence d’Henri-Christian Giraud, rédacteur en chef au <em>Figaro-Magazine</em> et secrétaire général de l’Institut d’études de la désinformation à un colloque d’Aurore sur « Les rapports entre De Gaulle et les communistes ».</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:11:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l&#8217;Idiot International et le Choc du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg"><img class="wp-image-2481 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg" alt="nazbol-convergence" width="600" height="174" /></a>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, <em>le Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme <em>l&rsquo;Idiot International</em> et <em>le Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n&rsquo;hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu&rsquo;en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?</p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l&rsquo;activisme de l&rsquo;OAS et de l&rsquo;échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la liberté &#8211; Mouvement nationaliste du progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_0_294" id="identifier_0_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962), sorte de &laquo; Que faire ? &raquo; des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l&rsquo;intérêt d&rsquo;une stratégie culturelle, métapolitique sur l&rsquo;action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d&rsquo;apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l&rsquo;avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l&rsquo;extrême droite, à travers ce qui allait devenir la Nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d&rsquo;élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d&rsquo;étude pour la civilisation européenne) comme une structure «extrêmement souple et diversifiée», avec à sa tête une direction dont le «rôle interne serait celui d&rsquo;une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l&rsquo;obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d&rsquo;autres hommes.» En effet, pour reprendre le pouvoir, l&rsquo;extrême droite se doit de sortir de son isolement. La Nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme <em>le Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l&rsquo;Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d&rsquo;une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_1_294" id="identifier_1_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que «la Nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s&rsquo;annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, Gus Dorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_2_294" id="identifier_2_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup>.La Nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_3_294" id="identifier_3_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la Nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d&rsquo;ordre libertaires critiquant la société de consommation et l&rsquo;idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_4_294" id="identifier_4_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d&rsquo;affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l&rsquo;opposition droite / gauche et faire apparaître de nouvelles «convergences périphériques», «combattant l&rsquo;univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_5_294" id="identifier_5_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<p><strong>Convergences idéologiques ?<br />
</strong></p>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l&rsquo;abandon du clivage droite / gauche pour lui préférer la notion d&rsquo;un «centre» et de «périphérie», le premier étant constitué par «l&rsquo;idéologie dominante», la seconde regroupant «tous ceux qui n&rsquo;acceptent pas cette idéologie». (Ceci étant une copie / adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud). Cette intervention aurait été des plus banales si elle n&rsquo;avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d&rsquo;une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_6_294" id="identifier_6_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">7</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>l&rsquo;Idiot international</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la «recomposition du paysage intellectuel français». Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_7_294" id="identifier_7_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">8</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>l&rsquo;Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu&rsquo;au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d&rsquo;une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_8_294" id="identifier_8_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op. cit.">9</a></sup>. Enfin, en mai dernier, <em>l&rsquo;Idiot</em> publie l&rsquo;appel «Vers un Front national» de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose «une politique autoritaire de redressement du pays» rassemblant là encore «les gens de l&rsquo;esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise &#8211; et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde [...] sous les ordres de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que «la destruction précipitée de la vieille gauche n&rsquo;ouvre sur rien de neuf, à l&rsquo;intérieur du champ.» Il faut donc en sortir «pour forger une nouvelle alliance», un «front» regroupant «Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes», un nouveau front pour «un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d&rsquo;expression de J-P Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que «ces idées ne sont pas celles de la CGT», qu&rsquo;elle les combat «même de toutes [ses] forces». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_9_294" id="identifier_9_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par l&rsquo;Idiot international&raquo;, communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L&rsquo;anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l&rsquo;extrême droite et l&rsquo;extrême gauche, l&rsquo;Amérique se retrouve accusée de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l&rsquo;ensemble de la planète. L&rsquo;écroulement du «communisme» et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<p><strong>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchevisme<br />
</strong></p>
<p>Il est donc certain qu&rsquo;un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l&rsquo;Amérique, le «sionisme international» et la social-démocratie mais celui-ci n&rsquo;a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l&rsquo;organisation Lutte du peuple, fondée par des scissionnistes d&rsquo;Ordre nouveau, se réclamait du national-bolchevisme et employait «un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_10_294" id="identifier_10_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op.cit.">11</a></sup>. Aujourd&rsquo;hui, le mouvement Nouvelle résistance est l&rsquo;expression politique de ce courant et tente lui aussi de «mettre en oeuvre une ligne stratégique» de «front anti-système»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_11_294" id="identifier_11_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle r&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchevisme. Les amitiés du groupe Nouvelle résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchevisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La «haine» contre l&rsquo;Occident, et Eltsine qui «brade» la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchevique), un des correspondants de Nouvelle résistance en Russie, qui se félicite de la «révolution russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l&rsquo;aile gauche et les néo-monarchistes l&rsquo;aile droite». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_12_294" id="identifier_12_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle r&eacute;sistance.">13</a></sup></em>) lors d&rsquo;un voyage au mois d&rsquo;août 1992 dont l&rsquo;objectif était de tisser des liens avec l&rsquo;opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l&rsquo;année 1992 et se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l&rsquo;instar de <em>Krisis</em> en France, a «introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l&rsquo;univers rouge-brun et a pour mot d&rsquo;ordre la recherche d&rsquo;une troisième voie nationale et russe». Quant à l&rsquo;antisémitisme de ce journal, il faut d&rsquo;après lui ne pas en exagérer la teneur. C&rsquo;est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l&rsquo;on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n&rsquo;est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l&rsquo;armée. Staline est réhabilité et l&rsquo;on voit dans différentes revues d&rsquo;extrême droite (<em>Lutte du Peupl</em>e ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au «petit père des peuples». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait J-P Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l&rsquo;instar de J-P Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d&rsquo;un côté, le grand frère soviétique de l&rsquo;autre&#8230; Le «Collectif communiste des travailleurs des médias» (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l&rsquo;un de ses membres (en l&rsquo;occurrence Marc Cohen), et qui vise «à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l&rsquo;hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international.» Il est bien connu que les pays de l&rsquo;Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement bruns-rouges est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le «scoop» journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les «compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik» a pour but de démontrer que «le communisme est vraiment pourri puisqu&rsquo;il n&rsquo;hésite pas à s&rsquo;allier au fascisme» et accessoirement «qu&rsquo;extrême gauche et extrême droite, c&rsquo;est pareil». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s&rsquo;intitulant <em>Les ennemis du système</em> (voir <em>REFLEXes</em> n°31). De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l&rsquo;extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l&rsquo;immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu&rsquo;il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<p><strong>L&rsquo;arbre cache-t-il une forêt ?<br />
</strong></p>
<p>Ceux qui mettent tant d&rsquo;empressement à dénoncer la convergence entre les rouges et les bruns oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la Nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l&rsquo;été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l&rsquo;isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l&rsquo;autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karenooh, collaborateur assidu (qui se prétend libertaire), ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d&rsquo;un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.<br />
La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l&rsquo;idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s&rsquo;agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s&rsquo;en vont combattre en Bosnie ou en Croatie «contre le dépeçage de ces territoires» par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et seraient prêts à «faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes» ; il ne resterait plus aujourd&rsquo;hui que deux façons d&rsquo;être : soit du côté de ceux qui «acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_13_294" id="identifier_13_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74, op. cit.">14</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n&rsquo;est pas question d&rsquo;avoir des rapports avec l&rsquo;extrême droite ou la Nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la Nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l&rsquo;Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur ont indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l&rsquo;occurrence la «gauche caviar» &#8211; pour s&rsquo;associer avec le choléra, comme l&rsquo;appelle de tous ses voeux J-P Cruse n&rsquo;est pas un choix. Les marges de manoeuvre pour la fondation d&rsquo;une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s&rsquo;agrandissent et c&rsquo;est là-dessus qu&rsquo;espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l&rsquo;ordre établi en sont d&rsquo;autant plus nécessaires.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_294" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le rédacteur de l&rsquo;essai <em>Pour une critique positive</em> (1962), sorte de « <em>Que faire ?</em> » des nationalistes.</li><li id="footnote_1_294" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue <em>Vouloir</em>.</li><li id="footnote_2_294" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_294" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_294" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_7_294" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_8_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op. cit.</li><li id="footnote_9_294" class="footnote">«À propos d&rsquo;un article publié par <em>l&rsquo;Idiot international</em>», communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op.cit.</li><li id="footnote_11_294" class="footnote">cf. <em>REFLEXes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_12_294" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_13_294" class="footnote">Article de D. Barney dans <em>Éléments</em> n°74, op. cit.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Indymedia et les fachos maudits</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:16:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le mouvement anti-globalisation en Russie est aussi bizarre que peut l&rsquo;être la situation politique dans le pays en général, et il soulève des questions politiques sans fin à propos des concepts de droite et de gauche en Russie. Il montre aussi particulièrement bien pourquoi, quand on parle de l&rsquo;extrême droite russe, on doit inévitablement y inclure certains groupes communistes. La chute de l&rsquo;Union soviétique a provoqué beaucoup de changement et de confusion, pour aboutir à une situation dans laquelle un parti révolutionnaire, après 70 ans de pouvoir absolu, est devenu la force politique la plus conservatrice, prête à se battre par tous les moyens pour garder ses privilèges, y compris en encourageant la haine ethnique.<br />
La guerre froide a laissé des traces visibles dans la mentalité de ceux qui se situent dans la zone «brun-rouge» (l&rsquo;espace politique dans lequel gauche et droite ont tendance à se confondre), allant de la paranoïa nationaliste à la haine brute et chauvine contre les Américains. Contre cette tendance, les espoirs de changement démocratique dans la Russie post-soviétique ont souvent été liés aux réformes libérales et à la stabilité économique. Ces contrastes politiques expliquent partiellement pourquoi le mouvement anti-globalisation en Russie a trouvé des admirateurs autant chez les rouges-bruns qu&rsquo;au sein de groupes d&rsquo;extrême gauche, dans le sens occidental du mot.<br />
Les «anti-globalisation» russes ont fait leur entrée médiatique internationale à Gênes cet été, mais la délégation différait de ses homologues européens par sa composition : elle incluait en effet des militants du RKRP (un parti raciste, homophobe et ultra-stalinien), un ancien blanchisseur d&rsquo;argent de Eltsine et un bruyant supporter du très fasciste Parti National-Bolchevik (NBP). Des journaux bruns-rouges tels que Novy Petersburg ont rapporté la «glorieuse participation» de la délégation russe à Gênes, tout en couvrant de mépris les protestataires occidentaux.</p>
<h3>La Nouvelle Droite prend du galon</h3>
<p>Ces journaux représentent les cuivres de l&rsquo;orchestre, mais il existe une autre tendance qui serait même fascinée par le «processus d&rsquo;anti-globalisation» : La Nouvelle Droite. Les fans russes d&rsquo;Alain de Benoist ont depuis longtemps rêvé d&rsquo;une stratégie globale d&rsquo;union géopolitique entre la Russie et l&rsquo;Europe, la légendaire «Eurasie», ou «l&rsquo;empire continental de Dublin à Vladivostok».<br />
La rhétorique néo-droitière à propos d&rsquo;une supposée confrontation idéologique Eurasia / États-Unis, et le respect que prône la Nouvelle Droite pour les valeurs nationales et l&rsquo;identité la rapprochent de certaines tendances anti-impérialistes du mouvement anti-globalisation. De même, son acceptation tacite d&rsquo;une coopération avec des activistes non issus de l&rsquo;extrême droite donne à la Nouvelle Droite l&rsquo;opportunité d&rsquo;infiltrer et de pénétrer les mouvements progressistes. Cette stratégie du caméléon a déjà porté ses fruits en permettant à des intellectuels néo-droitiers de se prétendre «indépendants» et d&rsquo;accéder à des positions importantes au sein de l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat russe en tant que consultants, conseillers, etc.<br />
Ainsi, Alexandre Douguine, un des créateurs, idéologue et ancien co-dirigeant du NBP, et avec lui son groupe Arctogaia et son magazine <em>Elementy</em> sont un cas d&rsquo;école des méthodes de la Nouvelle Droite russe. Douguine est un nationaliste étroit, mais il présente un large spectre de vues de l&rsquo;extrême droite occidentale à ses disciples. Au départ simple idéologue du national-bolchevisme, qui rêve «d&rsquo;unir tous les ennemis d&rsquo;une société ouverte», il est devenu récemment conseiller en géopolitique du président de la Douma, le Parlement russe.</p>
<h3>Douguine s&rsquo;incruste</h3>
<p>Son influence, ainsi que celle de la Nouvelle Droite, est plus envahissante que ce que l&rsquo;on croit généralement. Ainsi, en décembre 2000 a été créé le centre de média indépendant Indymedia Russie. Contrairement aux autres sites Indymedia qui combattent pour l&rsquo;égalité sociale, le site russe contenait des chroniques de Douguine, des articles extraits du magazine ultra-nationaliste Zavtra, ainsi que des sorties sur les «médias juifs» et autres camelotes nationaliste et fasciste. Le site est édité par Vladimir Videmman (alias Gusman), qui habite à Berlin et travaille pour la BBC. Il a annoncé la création du nouveau site sur celui de Douguine, Arctogaïa, avec une invitation à coopérer. Confronté au collectif des rédacteurs antifascistes d&rsquo;Indymedia, Videmman a énergiquement rejeté ce qu&rsquo;il a qualifié de «censure» et déclaré que l&rsquo;unique façon pour pouvoir «se battre de manière correcte», c&rsquo;était que la participation active dans les débats sur le web soit plus importante. Des échanges sur la participation et l&rsquo;infiltration de l&rsquo;extrême droite dans le mouvement anti-globalisation sont régulièrement menés dans le forum du site. Ce collectif des rédacteurs antifascistes est composé de militants russophones issus de divers pays.<br />
En avril 1999, Videmman a participé à une conférence de Synergies Européennes (SE), une faction dissidente de la Nouvelle Droite d&rsquo;Alain de Benoist conduite par Robert Steuckers, lui-même fasciste belge étroitement et ouvertement lié à des groupes fascistes et nazis dans toute l&rsquo;Europe. Lors d&rsquo;une conférence de SE sur le thème «L&rsquo;axe Berlin-Moscou : opportunités et problèmes de l&rsquo;Europe», Videmman a présenté un exposé publié par la suite dans la revue Hagal et dans sa propre publication <em>Imperativ</em>. Cette intervention avait été à l&rsquo;origine préparée pour le comité géopolitique de la Douma.<br />
<em>Imperativ</em> publie aussi des articles de sommités de l&rsquo;extrême droite allemande tels que Reinhold Oberlercher et Josef Schüsslburner, qui écrivent aussi pour les revues fascistes <em>Staatsbriefe</em> et <em>Criticon</em>, Wolfgang Strauss, soi-disant spécialiste de la «question russe», et le fameux revanchard nazi Rigolf Hennig. Leur présence est entièrement en accord avec la perspective d&rsquo;<em>Imperativ</em> : les collaborateurs russes de la revue, comme Alexei Mitrofanov, du Parti libéral démocrate de Jirinovski, ou comme Douguine, tentent de prouver la nécessité historique d&rsquo;une union géopolitique russo-germanique.<br />
Mais Videmman ne se limite pas à ces cercles : dans une interview accordée à la revue pro-nazie <em>L&rsquo;Héritage des Ancêtres</em> en 1999, il se présentait comme un traditionaliste, explorant le «rôle spécifique des peuples nordiques» et cherchant à démontrer l&rsquo;unité de l&rsquo;Allemagne et de la Russie contre l&rsquo;ennemi communé, les États-Uunis. <em>L&rsquo;Héritage des Ancêtres</em> a également publié des écrits racistes sur l&rsquo;eugénisme et des «études raciales».<br />
En écrivant sur les événements de Gênes, Douguine a combiné son délire anti-mondialisation avec une admiration fervente pour Poutine, suggérant même bizarrement que Poutine était venu à Gênes comme espion !</p>
<h3>Les antifascistes veillent</h3>
<p>La manipulation d&rsquo;Indymedia Russie par la Nouvelle Droite n&rsquo;est pas une surprise pour les antifascistes russes. Dans un pays au paysage et à la structure politiques aussi complexes que la Russie, l&rsquo;idée d&rsquo;un mouvement anti-globalisation comme plate-forme ouverte avec liberté d&rsquo;expression illimitée donne seulement de l&rsquo;espace à l&rsquo;extrême droite pour noyer les voix des activistes antifascistes de l&rsquo;anti-globalisation.<br />
Indymedia en Allemagne et en Colombie ont imposé la censure pour protéger leur site des discours de haine et des idéologies totalitaires ; mais d&rsquo;autres, (comme les parents spirituels d&rsquo;Indymedia aux États-Unis) continuent naïvement de considérer toute forme de censure comme une attaque contre l&rsquo;un des principes les plus importants qui existent, la liberté d&rsquo;expression. Bruyamment critiqué par des activistes d&rsquo;Indymedia très concernés par la diffusion sur le site des idées d&rsquo;extrême droite, Videmman s&rsquo;est déclaré prêt à démissionner en tant qu&rsquo;éditeur, proclamant qu&rsquo;il avait été «profondément blessé» par ces «accusations absurdes». Il a même envoyé les mots de passe du site au collectif des rédacteurs russophones reprenant l&rsquo;édition Indymedia et a juré de ne plus y revenir. Un problème subsiste toutefois : les mots de passe ne peuvent être changés ou donnés que par le collectif Indymedia basé aux États-Unis, et dans le conflit, ce dernier a pris parti pour «ceux qui pensent que la liberté d&rsquo;expression passe avant tout».<br />
Aujourd&rsquo;hui, pour les antifascistes russes, la prochaine étape du combat passe par le contrôle des clefs et des mots de passe qui doivent être changés. Certes, Videmman est parti, mais le fait qu&rsquo;il garde des copies des codes lui confère un pouvoir de nuisance et d&rsquo;intervention sur le site que le nouveau collectif n&rsquo;est pas prêt à accepter.<br />
Cette histoire est symptomatique de la situation russe et le débat qu&rsquo;il ouvre dépasse de loin Indymedia. Le nouveau collectif russophone a gagné une bataille sur le thème «pas de liberté de parole pour les fascistes», mais il semble que leur choix ne soit pas celui de tout le monde dans les cercles du mouvement antiglobalisation.</p>
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		<title>Les pets &amp; la plume</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:08:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l'enjeu en considérant qu'avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L'extrême droite n'échappe pas à cette règle, d'autant plus qu'elle est, à l'instar d'autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l&rsquo;enjeu en considérant qu&rsquo;avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L&rsquo;extrême droite n&rsquo;échappe pas à cette règle, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle est, à l&rsquo;instar d&rsquo;autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_0_201" id="identifier_0_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;importance de cette question est &eacute;vidente comme en t&eacute;moigne la conf&eacute;rence organis&eacute;e par la revue autrichienne d&rsquo;extr&ecirc;me droite Zur Zeit le 10 novembre dernier avec la cr&egrave;me de l&rsquo;extr&ecirc;me droite europ&eacute;enne et autour du th&egrave;me &laquo;Les m&eacute;dias &amp; les droites&raquo;.">1</a></sup>.</strong></p>
<p>Cet état de fait s&rsquo;est renforcé depuis la scission du FN fin 1998 et nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de dénoncer cette situation qui nous paraît fort dangereuse. Nous allons donc essayer de dresser un panorama tout aussi rapide que non exhaustif du Paysage Communicant Fasciste (PCF) pour constater, si besoin en était, que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est pas morte et qu&rsquo;elle communique encore&#8230;<br />
De ce PCF, nous avons volontairement exclu les royalistes dans leurs différentes versions organisées, même si de nombreux militants nationalistes peuvent se définir comme maurrassiens, tout autant que les catholiques dans leur non moins très grande variété. Ce n&rsquo;est pas par manque d&rsquo;intérêt, et J.-Y. Camus et René Monzat en leur temps<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_1_201" id="identifier_1_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France, PUL, 1992.">2</a></sup> s&rsquo;y sont essayés. Mais mis à part certains titres de presse que nous signalerons, cette communication fonctionne en circuit fermé, en particulier quand il s&rsquo;agit de la multitude de petits bulletins traditionalistes ou intégristes, schismatiques ou ralliés à Popaul II. Or c&rsquo;est la communication ouverte à la société (ou du moins celle qui fait vœu de l&rsquo;être) qui nous intéresse. De la même façon, mises à part quelques exceptions, nous n&rsquo;avons pas travaillé sur le fond c&rsquo;est-à-dire sur le discours porté par cette communication. Nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de le faire, nous l&rsquo;aurons encore dans le futur. Nous allons donc nous attacher à la forme de cette communication et ce en trois volets : la presse et l&rsquo;édition, puis les lieux de diffusion et enfin le créneau de l&rsquo;identitaire.</p>
<h3>Ne pas prendre les canards du führer pour des enfants du Bon Dieu</h3>
<p>Il est souvent dit que la culture anarchiste est une culture de l&rsquo;écrit. Ce constat s&rsquo;applique parfaitement au courant nationaliste, même si cette communication écrite est particulièrement protéiforme. Elle s&rsquo;appuie sur un bloc dur de structures directement liées au mouvement militant. C&rsquo;est en particulier le cas de la presse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_2_201" id="identifier_2_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs int&eacute;ress&eacute;s &agrave; des ouvrages traitant de ce point. &Agrave; titre de rappel, Rivarol a &eacute;t&eacute; fond&eacute; en 1951, Minute en 1962, Pr&eacute;sent en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, National Hebdo en 1984.">3</a></sup> : <em>Minute</em>, <em>Présent</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Rivarol</em>. Il est globalement de bon ton d&rsquo;entendre les responsables de cette presse se plaindre : de l&rsquo;ostracisme de la «grande presse», des embûches de l&rsquo;État, des procès des «lobbies», des difficultés financières&#8230;</p>
<p>Or, force est de constater que cette presse nationaliste diffusée en kiosque ne se porte pas si mal que cela. Tout du moins qu&rsquo;elle ne se porte pas plus mal que toute autre presse politique, en particulier d&rsquo;extrême gauche, et même pas plus mal que la «grande presse» centriste si on tient compte du fait qu&rsquo;elle n&rsquo;a que fort peu accès aux recettes publicitaires. C&rsquo;est en effet toute la presse politique qui est en crise en France et les journaux nationalistes, hebdomadaires ou quotidiens, n&rsquo;échappent pas à la règle. Il n&rsquo;en reste pas moins vrai que le créneau est étroit et que toute nouvelle tentative de création est plus ou moins vouée à l&rsquo;échec. Ce fut particulièrement le cas du <em>Français</em>, quotidien lancé en octobre 1994 et dirigé par Philippe Colombani, transfuge de <em>Présent</em>. Ses initiateurs avaient pourtant des ambitions modestes : maquette claire, rubriques classiques, des articles au ton plus mesuré que ceux de <em>Minute</em> ou de <em>National Hebdo</em>, pas de reportages ni d&rsquo;enquêtes, aucune recherche du sensationnel. Officiellement, Colombani annonçait vouloir faire le quotidien d&rsquo;une «vaste force politique nationale et populaire», des «cinq millions de personnes, qui, à droite, ont refusé l&rsquo;esprit de système» en votant, lors du scrutin européen pour les listes Le Pen, Villiers et Goustat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_3_201" id="identifier_3_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Candidat des chasseurs cette ann&eacute;e-l&agrave;.">4</a></sup>. Or s&rsquo;il se plaçait incontestablement à droite du <em>Figaro</em>, <em>Le Français</em> n&rsquo;a pas donné de signes tangibles de sa volonté de rassemblement. L&rsquo;équipe du journal était proche du Front national et plusieurs rédacteurs venaient du mensuel <em>Le Choc du Mois</em>. La société éditrice, Carnix<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_4_201" id="identifier_4_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a &eacute;t&eacute; accus&eacute;e par Le Pen d&rsquo;&ecirc;tre une des bases du complot m&eacute;gretiste.">5</a></sup>, était une SA au capital de 1 500 000 francs où on trouvait des actionnaires proches de la Nouvelle Droite (ND) et de Bruno Mégret. Les préoccupations politiques et culturelles du journal faisaient écho, sans ostentation, à celles de la ND. C&rsquo;était net en matière de géopolitique avec de nombreux articles opposant Europe et Occident ou présentant les pays arabes comme des alliés incontournables de l&rsquo;Europe. Mais on y trouvait également des entretiens avec Jean Mabire, Michel Marmin ou Dominique Venner. Le problème était sans doute là, à savoir que <em>Le Français</em>, en étant un instrument de communication et d&rsquo;influence aux mains d&rsquo;une équipe liée à Bruno Mégret, s&rsquo;est coupé l&rsquo;herbe sous le pied. Jean-Marie Le Pen a tenu à préciser dès le début qu&rsquo;il n&rsquo;était en rien engagé dans cette aventure et <em>Présent</em> a réagi très négativement au lancement d&rsquo;un autre quotidien sur le créneau très étroit du lectorat lepéniste. En moins de deux ans, <em>Le Français</em> disparaissait des kiosques.</p>
<p>On a pu encore une fois vérifier le rôle indirect du FN dans la presse nationaliste avec les conséquences de la crise de 1998. Sentant le danger d&rsquo;être entraînés dans une guerre de clans commercialement suicidaire, les différents journaux ont essayé de se tenir au-dessus de la mêlée. Le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est qu&rsquo;ils n&rsquo;y sont pas parvenus, Le Pen ne leur en laissant pas la possibilité. 1999 a ainsi été une annus horribilis : <em>National Hebdo</em> a connu une hémorragie de lecteurs et de rédacteurs, en particulier son rédacteur en chef Martin Peltier, passé aux mégretistes. <em>Présent</em> est passé à 4 pages et a licencié du personnel, la diffusion en kiosque semblant être tombée de 3000 à 1200 exemplaires et les abonnés de 7000 à 4000 environ. Le besoin de liquidités (environ un million de francs !) l&rsquo;a amené à vendre un immeuble de sa filiale Difralivre pour regonfler son capital. L&rsquo;hostilité du FN s&rsquo;est en effet traduite par des gestes de malveillance comme la consigne transmise aux militants de se désabonner, le refus de louer un stand aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_5_201" id="identifier_5_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bleu-Blanc-Rouge : f&ecirc;te annuelle du FN.">6</a></sup> 99 ou même l&rsquo;édition d&rsquo;un pastiche intitulé <em>Pesant</em> par l&rsquo;équipe du journal <em>Béret Baguette</em>. Le quotidien n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs toujours pas cité comme «presse amie» par le FN. <em>Minute</em>, appartenant au vieux routier nationaliste Gérard Penciolleli depuis 1993, a quant à lui carrément déposé le bilan en avril 1999. Même si cette situation n&rsquo;est pas directement imputable à la crise du FN, celle-ci n&rsquo;a évidemment rien amélioré. Cette liquidation judiciaire fut l&rsquo;occasion pour une partie de la rédaction de laver son linge sale en public par le biais d&rsquo;un pastiche de quatre pages, <em>Un Faux Minute</em>, dans lequel étaient dévoilées les frasques politico-financières de Penciolleli et ses liens avec les Renseignements généraux. L&rsquo;équipe attaquait également Nicolas Miguet, escroc notoire qui sans attendre la décision du tribunal de commerce avait essayé de faire main basse sur le titre. Cela n&rsquo;a pas empêché le tribunal de désigner Catherine Barnay comme repreneur, malgré ses liens connus avec Penciolleli et un passé de militante néo-fasciste particulièrement chargé. L&rsquo;hebdomadaire vivote donc de nouveau depuis janvier 2000, d&rsquo;abord sur abonnement et à présent en kiosque. Le seul à avoir tiré son épingle du jeu est finalement <em>Rivarol</em>. Non seulement le vieil hebdomadaire a récupéré une partie du lectorat des autres titres, mais il apparaît de nouveau comme le porte-voix le plus radical de la droite nationaliste, ce qui n&rsquo;est pas usurpé&#8230; Le titre a de fait fêté ses 50 années d&rsquo;existence début 2001. Dans ce contexte, certains journalistes dont Martin Peltier et François Brigneau ont cru pouvoir essayer d&rsquo;atteindre la viabilité économique en remplaçant le papier par l&rsquo;électronique. Intitulé <em>Le Quotidien de France</em>, ce projet devait prendre la forme d&rsquo;un quotidien diffusé sur Internet par abonnement. Las ! Le montant prohibitif de cet abonnement, plus de 900 francs, n&rsquo;a convaincu que&#8230; neuf courageux lecteurs et après quelques semaines d&rsquo;activités en 2000, le projet a avorté.</p>
<p>Mais ce secteur de la presse de kiosque n&rsquo;est sans doute pas le principal support de la communication nationaliste. Car en matière d&rsquo;écrit, celle-ci est surtout portée par une myriade de bulletins et de revues, indépendantes ou militantes, pour lesquelles l&rsquo;abonnement est vital. On retiendra entre autres pour les principales <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> de Serge de Beketch, <em>Jeune Nation</em> du groupe homonyme lyonnais, <em>Reconquête</em> de Chrétienté-Solidarité, <em>Jeune Résistance</em> et <em>Résistance !</em> d&rsquo;Unité Radicale (UR), <em>Le Chêne</em> du MNR, <em>Français d&rsquo;Abord</em> du FN, <em>Éléments</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_6_201" id="identifier_6_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le r&eacute;dacteur en chef depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, Charles Champetier, a &eacute;t&eacute; d&eacute;barqu&eacute; du GRECE en fin d&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il &eacute;tait in&eacute;vitable qu&rsquo;il soit &eacute;limin&eacute; comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.">7</a></sup> du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_7_201" id="identifier_7_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupement de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne, fond&eacute; en 1968 et longtemps principal repr&eacute;sentant de la Nouvelle Droite en France.">8</a></sup> auxquelles il faudrait rajouter tous les bulletins de moindre envergure comme <em>Fier de l&rsquo;être</em> (région parisienne), <em>L&rsquo;Épervier</em> (Châteauroux) ou les fanzines, boneheads en particulier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_8_201" id="identifier_8_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 nouvelle s&eacute;rie.">9</a></sup>. Cette presse est souvent fragile et repose très largement sur l&rsquo;engagement humain et financier de ses rédacteurs. <em>Jeune Résistance</em> a ainsi connu depuis un an un gain qualitatif lié à l&rsquo;injection de fonds par ses concepteurs et quelques généreux donateurs.<br />
C&rsquo;est également le cas de la dernière sortie en date, <em>Relève politique</em>, lancée et animée par Christophe Dungelhoeff.</p>
<h3>Papier gâché</h3>
<p>Le deuxième gros secteur de la communication nationaliste est l&rsquo;édition. Celle-ci repose sur un nombre limité de structures, en général assez fragiles. Deux font exception : Faits &amp; Documents et Deterna. La première n&rsquo;est plus à présenter pour les lecteurs assidus de <em>REFLEXes</em>. Cette maison d&rsquo;édition a été créée et dirigée par Yann Moncomble jusqu&rsquo;à sa mort en 1990 et reprise par Emmanuel Ratier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_9_201" id="identifier_9_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. suppl&eacute;ment M&eacute;faits et Documents dans ce num&eacute;ro de REFLEXes.">10</a></sup>. Elle permet à ce dernier d&rsquo;approfondir ce qui constitue son fonds de commerce et qu&rsquo;il développe déjà dans sa lettre confidentielle homonyme : la dénonciation des Juifs et des francs-maçons. Indépendant, Ratier a relativement bien manœuvré lors de la crise du FN. Bien que touché lui aussi par une certaine désaffection du public et un taux de réabonnement en baisse, il a réussi à retrouver sa situation d&rsquo;avant la crise. Présent chaque année aux BBR, il a également retrouvé sa rubrique dans <em>National Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. La mort récente d&rsquo;Henri Coston (voir portrait ci-dessous) vient évidemment à point nommé pour consolider son monopole des «informations confidentielles». Il semblerait par ailleurs qu&rsquo;il ait réussi à placer deux de ses livres en traduction arabe en&#8230; Syrie. L&rsquo;éditeur est les Éditions DarTlass, obscure petite maison d&rsquo;édition si elle n&rsquo;appartenait au très antisémite général Tlass qui est ministre de la défense syrien et dont les liens avec l&rsquo;extrême droite (en particulier certains gudards) sont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_10_201" id="identifier_10_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="anciens Cf. REFLEXes n&deg;51.">11</a></sup>. Les deux livres sont bien sûr consacrés au pouvoir occulte des organisations juives. Il s&rsquo;est également associé en 2000 aux directeurs de <em>National Hebdo</em> (Jean-Claude Varanne), du <em>Libre Journal de la France courtoise</em> (Serge de Beketch), de <em>Rivarol</em> (Camille Galic) et de <em>Monde &amp; Vie</em> (Claude Giraud) pour exiger que le gouvernement revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de francs à <em>L&rsquo;Humanité</em> (et un effacement de la dette de 13 millions de francs). Les cinq directeurs réclament aussi le rétablissement de l&rsquo;aide de 700 000 francs à Présent, supprimée par Jack Lang depuis 1997.</p>
<p>L&rsquo;autre pôle est la maison Randa, dont le principal fleuron est Deterna. Né en 1960, Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa du nom de son père Peter Randa, est l&rsquo;un des piliers de l&rsquo;édition nationaliste comme auteur et comme éditeur. Cela fait en effet 20 ans qu&rsquo;il compense un talent médiocre par une activité débordante, parfois dans certaines maisons d&rsquo;édition commerciales comme les Presses de la Cité et la collection Fleuve Noir qui éditait déjà son père. Parmi une tripotée de romans SF et policiers dont il ne revendique plus vraiment la paternité pour certains<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_11_201" id="identifier_11_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est le cas de L&rsquo;assassin sentimental paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la tr&egrave;s grande litt&eacute;rature.">12</a></sup>, ses fleurons restent <em>Poitiers demain</em> et <em>Apocalypse Yankee</em> qui imaginent des conflits sanglants dans lesquels les Européens finissent toujours par gagner. Doté d&rsquo;une morale simple, Randa présente la même simplicité politique. Interrogé en 1989 dans <em>Alternative</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_12_201" id="identifier_12_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Titre repris &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 par Roland Helie et qui &eacute;tait dans les ann&eacute;es 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.">13</a></sup> sur les raisons de la sortie le 20 avril de la même année de la réédition <em>d&rsquo;Apocalypse Yankee</em>, il déclarait : «Oh comme ça, pour le centenaire [d'Adolf Hitler, ndlr]». Après avoir animé l&rsquo;Æncre et le magazine «satirique» <em>Pas de panique à bord !</em> puis s&rsquo;être fâché avec Gilles Soulas, il a lancé les éditions Deterna qui lui permettent de diffuser tous les auteurs dont il est proche : Jean Mabire, Roland Gaucher, Philippe Gauthier, Jean-Paul Bourre, Jacques Borde alias Yag Bazhdid&#8230; et ses propres «œuvres». Il a également essayé de relancer une revue généraliste, <em>Dualpha</em>, dans laquelle on retrouve exactement les mêmes auteurs et dont l&rsquo;intérêt et le prix étaient tels qu&rsquo;elle s&rsquo;est arrêtée cet été pour devenir un site Internet.</p>
<p>Mais il existe une multitude d&rsquo;autres petites structures travaillant sur des créneaux étroits et donc fragiles. On peut citer les Éditions de L&rsquo;Homme Libre, animées par William Bonnefoy, qui, après une année 2000 sans publication, ont sorti quatre ouvrages dont l&rsquo;orientation est assez simple : racialiste, antisémite et nostalgique du nazisme. Malin comme un singe, le caractériel Bonnefoy a pris la peine de doter l&rsquo;un de ces livres, <em>Avant qu&rsquo;Hitler ne vienne</em> de Rudolf Von Sebottendorff, d&rsquo;un avertissement hilarant qui a beaucoup fait rire le petit milieu néo-nazi : «<em>Nous vivons en des temps malheureusement marqués par un retour des idées nauséabondes qui ont failli emporter l&rsquo;Europe au siècle dernier. Des esprits malfaisants [il parle de lui ! ndlr], issus du ventre fécond d&rsquo;où est déjà sortie la bête immonde, tentent à nouveau de nous faire croire aux bienfaits du nationalisme et des théories fumeuses sur l&rsquo;inégalité des races. Voilà pourquoi il est nécessaire de rappeler à des esprits ouverts comment ces théories ont vu le jour et quels contenus et idéologies répugnants les caractérisent. Le livre proposé contient, dans sa dimension criminelle et inhumaine un contenu pédagogique incontestable. L&rsquo;ignominie des théories proposées, l&rsquo;incohérence des raisonnements politiquement incorrects, leur caractère sinistre et aberrant frapperont tous les cerveaux normalement constitués et même les autres. [...] Félicitons-nous, alors que les nazis brûlaient les livres interdits par leur fanatisme politique que la démocratie soit suffisamment courageuse et forte pour tolérer la diffusion d&rsquo;un tel livre</em>.» Dans la même orientation, il y a également les éditions lyonnaises Irminsul créées par Lionel Bosserelle. Ce dernier est également le gérant d&rsquo;Irminsul Diffusion dont le nom commercial est la Librairie Lyonnaise et qui a été lancée en 1997 avec l&rsquo;aide de Denis de Bouteiller. La dernière publication d&rsquo;Irminsul est un album souvenir sur les Waffen SS écrit par Jean Mabire et vendu 1500 francs. Ce livre aurait dû être édité par les éditions des frères Prost, les Éditions Gergovie, si elles n&rsquo;avaient pas déposé le bilan en septembre 2000. Issus d&rsquo;une famille faf de faf, Grégory et Karl s&rsquo;étaient spécialisés dans la publication d&rsquo;anciens Waffen SS comme Louis Levast ou d&rsquo;anciens Malgré-Nous comme Roger Mouminou alias Guy Sajer alias Dimitri, l&rsquo;auteur de la BD <em>Le Goulag</em>. Bien qu&rsquo;ayant essayé de relancer l&rsquo;entreprise avec ce qui ressemble furieusement à un prête-nom, les deux frères ont jeté l&rsquo;éponge et ainsi confirmé la mauvaise réputation commerciale de la famille (en cas de faillite, les auteurs publiés peuvent s&rsquo;asseoir sur leurs droits d&rsquo;auteurs).</p>
<p>Toujours sur le même créneau, on trouve l&rsquo;association éditrice Les Amis de la Culture Européenne animée par Éric Fornal et fondée par Franck Petit, dont le fonds d&rsquo;édition est essentiellement composé des livres de l&rsquo;ancien Waffen SS Robert Dun et des romans d&rsquo;Éric Lhomme alias Erik Robert, qui tire son inspiration de la situation, bien réelle, du peuple Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indo-européenne vivant dans le nord Pakistan. Plus généralistes, on peut citer les éditions Godefroy de Bouillon proches du FN et animées par Richard Haddad ou les éditions Rémi Perrin du nom de son propriétaire. Plus militantes, il existe les auto-éditions de Christophe Picard alias Henri de Fersan, qui s&rsquo;est spécialisé sur le «racisme anti-Français» et dont le dernier livre est largement inspiré, à la limite du plagiat, des écrits d&rsquo;Emmanuel Ratier. Enfin le FN et le MNR se sont chacun dotés d&rsquo;une maison d&rsquo;édition. Le FN d&rsquo;avant la scission pouvait en effet compter sur les Éditions nationales mais celles-ci sont passées dans le camp des «félons». Quatre de ses jeunes cadres, Philippe Rouger, Thomas Lagane, Louis Alliot et Guillaume Vouzellaud, ont donc lancé une SARL de presse, les éditions Objectif France, qui diffusent la littérature FN, comme Crime contre le FN par exemple, petit ouvrage antimégretiste écrit par Xavier Cheneseau alias François Delancourt. De son côté le MNR n&rsquo;est pas demeuré en reste et s&rsquo;est doté des éditions Cité-Liberté, nom commercial de la SARL Publi-Sites.</p>
<p>Mais le tableau de la communication nationaliste ne serait pas complet si on n&rsquo;évoquait pas d&rsquo;autres outils comme Radio Courtoisie dont la présentation n&rsquo;est plus à faire, les conférences diverses et variées dont la majeure partie se fait à Paris à la Société d&rsquo;Encouragement à l&rsquo;Industrie Nationale (SEIN), les tracts et autocollants anonymes comme celui provenant de l&rsquo;équipe de l&rsquo;<em>Épervier</em> et dont nous avons déjà parlé dans <em>No Pasaran</em> (cf. ci-dessous) ou les multiples petites structures de communication comme Riwal de Frédéric Châtillon. Le même s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs doté d&rsquo;une autre structure, petite SARL de presse, Unité et Développement d&rsquo;une Vision Symphonique, fondée avec Thomas Lagane, Jildaz Mahé O&rsquo;Chinal et&#8230; Roger Garaudy ! Il est assez amusant de constater que les initiales de la SARL UDVS conviennent tout à fait à un autre sigle comme Union et Défense des Victimes du Sionisme par exemple&#8230; Union et Défense des Victimes du Sionisme qui était le sigle utilisé pour signer les «mystérieuses» grandes affiches apparues en région parisienne en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_13_201" id="identifier_13_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">14</a></sup>. Mais tout ceci n&rsquo;est évidemment que pure coïncidence !</p>
<h3>Les «idiots utiles»</h3>
<p>Cependant, malgré toute cette richesse de publication, certains lecteurs ou lectrices pourraient nous objecter avec raison que cela ne touche que deux nazis trois rasés et que c&rsquo;est donc leur accorder beaucoup d&rsquo;importance. L&rsquo;objection est valable et a d&rsquo;ailleurs été moult fois prononcée. Aussi faut-il nous pencher sur les «idiots utiles». On sait que cette expression fut utilisée par Lénine (un tel mépris ne pouvait d&rsquo;ailleurs venir que de lui !) pour désigner les compagnons de route intellectuels du parti bolchevik puis communiste. Cette notion peut parfaitement s&rsquo;appliquer à un certain nombre de structures qui de façon plus ou moins volontaire servent la soupe aux auteurs nationalistes et donc à leurs idées. Quoi de mieux en effet pour sortir du ghetto que d&rsquo;utiliser des maisons d&rsquo;édition peu ou pas connotées ?</p>
<p>La principale à jouer ce rôle est depuis quelques années l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. C&rsquo;est à l&rsquo;origine une petite maison d&rsquo;édition suisse, fondée en 1966 par un dissident yougoslave ayant fui le régime communiste : Vladimir Dimitrijevic. Pendant 30 ans, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme a fait un énorme travail de diffusion de la littérature slave contemporaine, souvent méconnue du fait des dictatures communistes d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. Puis l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme dérive lentement à partir du début des années 1990 vers un soutien sans faille au nationalisme grand-serbe à la faveur de la guerre civile yougoslave et avec l&rsquo;objectif officiel de «rétablir la vérité». Longtemps proche des catholiques traditionalistes en France, Dimitrijevic se rapproche alors de tous ceux qui affichent leur soutien aux Serbes ou leur opposition à l&rsquo;Islam. Cette orientation se confirme lors du conflit au Kosovo et des bombardements massifs menés par l&rsquo;OTAN en Serbie. De fait, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme est à présent la principale maison d&rsquo;édition de la Nouvelle Droite française, en particulier de sa branche «greciste»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_14_201" id="identifier_14_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du GRECE.">15</a></sup> (Alain de Benoist, Arnaud Guyot-Jeannin, Jean-Claude Albert-Weil, Eric Werner) mais également du courant païen emmené par le Belge Christopher Gerard, proche de la ND dans ses différentes versions (GRECE, Terre &amp; Peuple, Synergies européennes). Gerard est d&rsquo;ailleurs à présent directeur de collection au sein de l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. L&rsquo;antenne française de l&rsquo;éditeur attire enfin autour d&rsquo;elle des personnages fantasques comme Jean Parvulesco, ancien dissident roumain, longtemps proche du GRECE après avoir côtoyé l&rsquo;OAS dans les années 1960 et les milieux nationalistes-révolutionnaires dans les années 1970, ou encore Patrick Gofman, ancien de l&rsquo;OCI passé au nationalisme. Par ailleurs la librairie parisienne est devenue un diffuseur zélé d&rsquo;autres productions comme les livres de Guillaume Faye parus à l&rsquo;Æncre (voir portrait ci-dessous). L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme contribue ainsi à banaliser un petit milieu qui profite de son caractère prestigieux pour toucher un public qui sinon lui échapperait. Le GRECE a en effet ses propres éditions, les éditions du Labyrinthe, mais leur aire d&rsquo;influence ne dépasse guère celle du GRECE, c&rsquo;est-à-dire de moins en moins de monde, et la technique du coucou est donc bien plus rentable pour peu que les auteurs aient un minimum de talent (comme c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le cas).</p>
<p>Autre tactique rentable : prendre carrément le contrôle d&rsquo;une structure existante d&rsquo;apparence neutre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a fait Philippe Randa avec les Éditions Didro. Celles-ci sont une petite structure fondée en 1994 qui édite des revues diffusées en kiosque, traitant essentiellement d&rsquo;Histoire. Composées de plusieurs titres de collection : <em>Boulevard du Crime</em>, <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Aventures de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Le Journal de l&rsquo;Insolite</em> et <em>Dossiers secrets de l&rsquo;Histoire</em> (ces derniers sont dirigés par le Français d&rsquo;origine tunisienne Philippe Aziz, ami de Philippe Randa), les publications gérées par Jacky Perroy permettent à Randa de placer ses écrits et ses amis. <em>Boulevard du Crime</em> est en effet constituée chaque mois par les romans policiers de l&rsquo;auteur Philippe Randa et de son père, ce qui en fait un produit très bon marché pour le rédacteur en chef Philippe Randa. Dans <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em> et le <em>Journal de l&rsquo;Insolite</em>, on retrouve des signatures connues du petit monde «randanien» déjà entrevues précédemment : Jean-Paul Bourre, Henri de Fersan, Guillaume Faye, David Gattegno, Bruno Favrit, Micheline de Peyrebonne, Nicolas Gauthier, Jean-Jacques Matringhem, Christian Bouchet entre autres. Ces monuments de sous-littérature ne servent pas forcément en soi à diffuser des idées même si ces auteurs mettent un malin plaisir à tout placer sur le même plan en ce qui concerne la deuxième guerre mondiale ou si «l&rsquo;insolite» surfe sur un certain racolage, quitte à inventer certaines informations. En revanche, ces collections ont un but alimentaire indéniable et y parviennent car le créneau historique en kiosque se porte assez bien. Sans rouler sur l&rsquo;or, les éditions Didro sont bénéficiaires et complètent leur chiffre d&rsquo;affaire par de la VPC dans laquelle on retrouve les ouvrages publiés par les éditions Deterna et Dualpha. On n&rsquo;est jamais aussi bien servi que par soi-même !</p>
<p>Dernier moyen pour se faire connaître : publier une collection grand public assez anodine pour entrer dans les circuits de diffusion tout en véhiculant une vision du monde spécifique. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont fait les éditions Pardès avec la collection B.A.-BA. Fondée en 1982 par Georges Gondinet, cette maison d&rsquo;édition occupe le créneau assez étroit de la pensée traditionnelle sous tous ses aspects : politique, ésotérique, philosophique, sexuelle&#8230; Même si certains auteurs comme Julius Evola ont un succès qui ne se dément pas chez une fraction du public nationaliste, il est certain que ce type de littérature n&rsquo;est pas susceptible de toucher les masses. Pardès a donc eu l&rsquo;idée de génie de sortir une collection de vulgarisation, à un prix modéré et avec une présentation attrayante tant dans la maquette que dans l&rsquo;iconographie. Cela a donné la collection B.A.-BA : il s&rsquo;agit d&rsquo;une soixantaine de titres qu&rsquo;on peut trouver n&rsquo;importe où et en particulier dans les FNAC. Les thèmes sont tout aussi variés que les auteurs : <em>Les Fées</em>, <em>Les Lutins</em>,<em> La Diététique</em>, <em>Les Templiers</em>, <em>Le Yi King</em>, <em>Les Indo-Européens</em>, etc. Si un certain nombre d&rsquo;auteurs n&rsquo;ont jamais fait parler d&rsquo;eux, on retrouve plusieurs signatures connues pour leur engagement militant dans les sphères nationalistes ou néo-fascistes: Christian Bouchet, Bernard Marillier (militant d&rsquo;UR), Jean-Paul Bourre, David Gattegno, les époux d&rsquo;Apremont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_15_201" id="identifier_15_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf REFLEXes n&deg;51">16</a></sup>, Thierry Jolif, Jean-Paul Ronecker, etc. Au-delà d&rsquo;une certaine neutralité affichée, ces synthèses de qualité inégale diffusent une vision du monde qui ne se caractérise pas par un amour immodéré de l&rsquo;égalité sociale ou de la démocratie libérale. Comme en plus la collection marche bien, c&rsquo;est tout bénéfice pour ces auteurs. La même description pourrait être faite avec les éditions normandes Heimdal, présentes par le passé aux BBR et qui élargissent leur créneau militaria par deux publications diffusées en kiosque : <em>39-45 magazine</em> et <em>Moyen-Age</em>.</p>
<p>Mais un panorama des «idiots utiles» ne saurait prétendre être un tant soit peu complet si on n&rsquo;y ajoutait toutes ces petites maisons d&rsquo;édition droitières qui publient à intervalles plus ou moins réguliers des auteurs nationalistes militants : les éditions Grancher chez qui on retrouve Jean Mabire, Dominique Venner, Thierry Bouzard ou Jean-Paul Ronecker ; les éditions Jean Curutchet, très «Algérie Française» ; Jean Picollec Éditeur chez qui on retrouve Roland Gaucher, Philippe Randa ou des personnages plus flous comme Roland Jacquard ; Guy Trédaniel Éditeur sur le créneau ésotérico-païen ; les éditions des Scyrtes enfin, fondées par le fils de Dominique de Roux et qui ont contribué à lancer Alexandre Del Valle (voir portrait ci-dessous). Enfin on pourrait ajouter à ces éditeurs tous les auteurs qui, à l&rsquo;instar de Gérard de Villiers (le père de SAS) ou Xavier Raufer, véhiculent des thématiques servant objectivement l&rsquo;extrême droite. Toutes ces structures suppléent donc au principal handicap de la communication nationaliste qui est la faible visibilité extérieure au milieu militant et sympathisant.</p>
<p>Mais on ne saurait finir sans faire une remarque évidente : quid de l&rsquo;audiovisuel ? Il sautera en effet aux yeux du lecteur que nous n&rsquo;avons évoqué comme vecteurs de communication que les supports écrits. Cela s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il faut bien constater que l&rsquo;extrême droite est globalement exclue de toute intervention autre qu&rsquo;écrite. Aussi peut-on s&rsquo;interroger sur le rôle de personnages comme Michel Houellebecq ou Bertrand Burgalat. Il n&rsquo;est pas question ici d&rsquo;affirmer que ces deux personnages sont des militants nationalistes puisque ce n&rsquo;est pas le cas. Mais on peut rappeler un certain nombre d&rsquo;éléments troublants. Il est connu que Bertrand Burgalat a été dans les années 1980 un cadre dirigeant du MNR de Jean-Gilles Malliarakis puis de Troisième Voie lorsque le MNR s&rsquo;est agrégé au GUD. Il en a été le représentant à Assas et s&rsquo;occupait de la presse du mouvement. Christophe Bourseiller dressait de lui en 1989 ce portrait complaisant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_16_201" id="identifier_16_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La mouvance n&eacute;ofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier Terre &amp; Peuple. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est d&eacute;solidaris&eacute; de la d&eacute;marche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqu&eacute; Houellebecq en justice pour obsc&eacute;nit&eacute;.">17</a></sup> : <em>«“Je ne suis pas quelqu&rsquo;un de droite et je ne me suis jamais considéré comme quelqu&rsquo;un de droite”. Venant d&rsquo;un des responsables du mouvement Troisième Voie, ces paroles ont quelque chose de surprenant. Mais celui qui les prononce est sans doute l&rsquo;un des plus brillants militants d&rsquo;extrême droite jusqu&rsquo;ici rencontrés. Allons bon ! Bertrand est d&rsquo;extrême droite mais pas de droite. Il appartient à un courant politique en plein développement [on reconnaît là la qualité d'analyse de Bourseiller ! ndlr] qu&rsquo;on pourrait appeler “nationaliste-révolutionnaire de gauche”. Âgé de 25 ans, Bertrand a toutes les caractéristiques du “branché”. Élégant, cultivé, il connaît par cœur les moindres raffinements du rock alternatif et tous les lieux nocturnes de la capitale. Le contraire du fasciste de base. Il habite chez ses parents, dans un gigantesque appartement bourgeois du XVIIe arrdt de Paris. [...] Cet ancien écologiste a rejoint le MNR en 1982. Mais aujourd&rsquo;hui Bertrand milite moins. Il mène une carrière professionnelle dans les milieux du rock</em>.» Burgalat semble en effet avoir abandonné toute activité politique au début des années 1990 et a reconnu son engagement lors d&rsquo;une interview des Inrockuptibles, en considérant que c&rsquo;était une erreur de jeunesse. Il s&rsquo;est reconverti dans l&rsquo;easy listening et son label Tricatel marche du feu de Dieu. Soit. Nous ne pouvons malgré tout nous empêcher d&rsquo;être sceptiques devant cet abandon total de convictions et nous ne serions pas surpris si un jour on apprenait que Burgalat est toujours sympathisant NR et qu&rsquo;il aide financièrement ses anciens amis&#8230; Surtout lorsque c&rsquo;est vers lui que Michel Houellebecq se tourne lorsqu&rsquo;il veut pousser la chansonnette. Houellebecq qui exècre le monde arabe et l&rsquo;Islam et peut être considéré par ses provocations comme l&rsquo;un de ceux qui actuellement fait le plus pour banaliser des points de vue racistes rebaptisés abusivement «politiquement incorrects». Ce n&rsquo;est donc pas pratiquer l&rsquo;amalgame que d&rsquo;exprimer toute notre perplexité face à ces deux personnages qui ont sans doute bien plus en commun que leur simple activité d&rsquo;artistes. Un rôle d&rsquo;idiots utiles par exemple ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_201" class="footnote">L&rsquo;importance de cette question est évidente comme en témoigne la conférence organisée par la revue autrichienne d&rsquo;extrême droite <em>Zur Zeit</em> le 10 novembre dernier avec la crème de l&rsquo;extrême droite européenne et autour du thème «Les médias &amp; les droites».</li><li id="footnote_1_201" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 1992.</li><li id="footnote_2_201" class="footnote">Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs intéressés à des ouvrages traitant de ce point. À titre de rappel, <em>Rivarol</em> a été fondé en 1951, <em>Minute</em> en 1962, <em>Présent</em> en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, <em>National Hebdo</em> en 1984.</li><li id="footnote_3_201" class="footnote">Candidat des chasseurs cette année-là.</li><li id="footnote_4_201" class="footnote">Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a été accusée par Le Pen d&rsquo;être une des bases du complot mégretiste.</li><li id="footnote_5_201" class="footnote">Bleu-Blanc-Rouge : fête annuelle du FN.</li><li id="footnote_6_201" class="footnote">Le rédacteur en chef depuis le début des années 1990, Charles Champetier, a été débarqué du GRECE en fin d&rsquo;année dernière. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il était inévitable qu&rsquo;il soit éliminé comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.</li><li id="footnote_7_201" class="footnote">Groupement de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne, fondé en 1968 et longtemps principal représentant de la Nouvelle Droite en France.</li><li id="footnote_8_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°1 nouvelle série.</li><li id="footnote_9_201" class="footnote">Cf. supplément <em>Méfaits et Documents</em> dans ce numéro de REFLEXes.</li><li id="footnote_10_201" class="footnote">anciens Cf. <em>REFLEXes</em> n°51.</li><li id="footnote_11_201" class="footnote">C&rsquo;est le cas de <em>L&rsquo;assassin sentimental</em> paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la très grande littérature.</li><li id="footnote_12_201" class="footnote">Titre repris à la fin des années 1980 par Roland Helie et qui était dans les années 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.</li><li id="footnote_13_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_14_201" class="footnote">Du GRECE.</li><li id="footnote_15_201" class="footnote">Cf <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_16_201" class="footnote">La mouvance néofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier <em>Terre &amp; Peuple</em>. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est désolidarisé de la démarche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqué Houellebecq en justice pour obscénité.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Notes de lecture</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 17:04:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Guillaume Faye]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite (ND)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>

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		<description><![CDATA[Le courant dit de «Nouvelle Droite» (ND) est depuis trente ans l’objet de multiples fantasmes, plus ou moins exprimés et plus ou moins vifs. Mais cela fait bien longtemps que ce courant a quitté l’espace de la polémique et de l’influence politique pour se replier sur une vie organisationnelle faite de colloques et de publications. Celles-ci abondent il est vrai, et les quelques titres que nous indiquons dans cette note de lecture en sont un témoignage. Mais un témoignage de quoi, sinon des déchirements qui traversent ce courant, au point qu’on ne saurait plus parler de la Nouvelle Droite qu’au pluriel ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>A. de Benoist et Ch. Champetier, Manifeste pour une renaissance européenne, GRECE, 2000</p>
<p>Alain de Benoist, Dernière année. Notes pour conclure le siècle, L’Age d’Homme, 2001</p>
<p>Guillaume Faye, L’Archéofuturisme, L’AEncre, 1999</p>
<p>Guillaume Faye, La colonisation de l’Europe. Discours vrai sur l’immigration et l’Islam, L’AEncre, 2000</p>
<p>Guillaume Faye, Pourquoi nous combattons. Manifeste de la résistance européenne, L’AEncre, 2001</p>
<p>Pierre Vial, Une terre, un peuple, Éd. Terre &amp; Peuple, 2000</p>
<p>Arnaud Guyot-Jeannin, Aux sources de la droite, L’Age d’Homme, 2000</p>
<p>&amp; Le courant dit de «Nouvelle Droite» (ND) est depuis trente ans l’objet de multiples fantasmes, plus ou moins exprimés et plus ou moins vifs. Mais cela fait bien longtemps que ce courant a quitté l’espace de la polémique et de l’influence politique pour se replier sur une vie organisationnelle faite de colloques et de publications. Celles-ci abondent il est vrai, et les quelques titres que nous indiquons dans cette note de lecture en sont un témoignage. Mais un témoignage de quoi, sinon des déchirements qui traversent ce courant, au point qu’on ne saurait plus parler de la Nouvelle Droite qu’au pluriel ? Car il y a bien aujourd’hui trois ND. La première, la plus connue, maintient derrière Alain de Benoist l’apparence d’une existence bien remplie avec deux publications, Éléments et Nouvelle École, un colloque et un banquet annuels, une organisation de jeunesse, une propriété communautaire et une activité éditoriale dynamique. Mais ces éléments font de moins en moins illusion par rapport à une évolution très claire : le GRECE mérite de moins en moins l’appellation de «Nouvelle Droite». C’est une situation que l’on pouvait percevoir dans les travaux de P.-A. Taguieff et qui est flagrante dans le petit manifeste publié à l’occasion du colloque 2000 de l’organisation comme dans les derniers thèmes traités par Éléments. Est-ce le souci de devenir respectable comme l’en accusent ses dissidents et ceux qu’elle a déçus ? Si tel était le cas, cela traduirait une erreur grossière d’analyse sur la façon dont fonctionne le petit monde médiatico-intellectuel parisien et français, peu enclin à réintégrer dans ses rangs des moutons noirs de longue date. Mais cette évolution correspond sans doute plus exactement à l’évolution personnelle d’Alain de Benoist, tant il est vrai que celui-ci demeure le seul maître à bord d’une structure qui lui est entièrement assujettie. On peut ainsi sans doute appliquer à Alain de Benoist une citation d’Ernst Jünger reprise dans Dernière année : «Le temps rend spectateur. On prend ses distances. Notamment avec l’histoire et la politique. C’est le cas de chaque homme intelligent.» Le discours du GRECE est de plus en plus «universitaire», c’est-à-dire descriptif et analytique sans vocation pratique, et cela explique largement le fait que toute polémique ait disparu. Le GRECE et ses dirigeants ne produisent plus que des points de vue sur le monde tel qu’il est, Alain de Benoist en étant la manifestation vivante avec son dernier ouvrage de «notes» qui fait la part belle aux aphorismes. Mais fait-on de la politique avec des «bons mots», aussi justes et excellents soient-ils ?</p>
<p>Alors que reste-t-il de la ND ? Il y a tout d’abord le courant emmené entre autres par Robert Steuckers, à savoir Synergies européennes, issu d’une scission du GRECE et d’une excommunication par Alain de Benoist au début de la décennie 1990 dont nous étions alors fait l’écho dans REFLEXes. Contrairement aux désirs d’Alain de Benoist, Synergies européennes a réussi à se maintenir mais en se délocalisant largement hors de l’espace francophone puisque l’essentiel des activités de la structure se font dans les pays de langue germanique et en Italie. Synergies Européennes a malgré tout un solide point d’appui en France avec la petite équipe regroupée autour de Laurent Schang à Metz.</p>
<p>Mais il y a surtout tout le courant emmené par Guillaume Faye et Pierre Vial, c’est-à-dire deux membres certes historiques du GRECE, mais en rupture avec celui-ci depuis le milieu des années 1980. L’itinéraire des deux hommes n’est pas identique. Alors que Pierre Vial quittait le GRECE pour s’engager au Front national et essayer d’influencer celui-ci, Guillaume Faye quittait l’espace politique pour tenter des expériences n’ayant qu’un lien très approximatif avec ses engagements antérieurs : films X, radio libre (Skyrock en l’occurrence)… Cependant leur discours est actuellement le même et touche le même milieu nationaliste radicalisé. Quels en sont les quelques éléments structurants ? Selon eux, rien dans notre monde européen occidental actuel n’est destiné à durer encore longtemps. Tout se désagrège pour aboutir à une convergence des catastrophes dont les deux principales sont d’une part la ruine écologique de notre environnement et d’autre part la disparition du «socle ethno-biologique» de la population européenne par submersion des populations immigrées extra-européennes. Faye diagnostique donc la possibilité d’une guerre ethnique en Europe d’ici 2010 ou 2020, guerre qui permettra la «Reconquista», c’est-à-dire l’expulsion hors d’Europe de toutes les populations considérées comme non européennes. À terme, l’objectif devra être la constitution d’un espace eurosibérien vivant en autarcie et n’ayant que le strict minimum de relations avec les autres espaces de civilisation, en particulier musulman. Diable ! Avons-nous des arguments à opposer à ce schéma général ? En ce qui concerne le simple diagnostic des périls, certes non. Il est clair que le capitalisme mondialisé est en train de creuser la tombe d’un monde qui a permis la vie humaine (et la vie tout court d’ailleurs) pendant quelques millénaires. Tous les théoriciens communistes du siècle dernier n’ont jamais pronostiqué un autre futur. Mais le remède ethnique proposé par Faye et le courant nationaliste radical, à défaut d’être acceptable, est-il nouveau ? Bien sûr que non. Il n’est innovant que par rapport aux vieilles références du nationalisme français par la rupture qu’il entend promouvoir avec le cadre de l’État-nation et par la clarté de l’argument raciste. Faye reprend le raisonnement ethno-différencialiste là où le GRECE l’avait laissé. C’est sans doute cette captation d’héritage qui explique la vigueur de la polémique survenue l’année dernière entre les trois courants de la ND. En effet, alors que le retour de Guillaume Faye en 1997 s’était plutôt bien déroulé et qu’un meeting commun avait encore lieu fin 1999, l’année 2000 a vu les anciens compagnons s’étriper par le biais d’articles et d’ouvrages acerbes. Ce sont Alain de Benoist et Charles Champetier traitant Faye de raciste dans une publication italienne (accusation parfaitement justifiée si le racisme consiste à interpréter le monde par une analyse de race). Ce sont Pierre Vial et Guillaume Faye attaquant les intellectuels parisiens (entendre : Alain de Benoist et Charles Champetier) dans leurs ouvrages respectifs. Malgré la présence de Terre &amp; Peuple et de la Librairie nationale de Gilles Soulas au colloque 2001 du GRECE, il est clair que tout ce petit monde est sur des bases relativement irréconciliables. Ce qui est en soi plutôt amusant car des scissions, des excommunications, des attaques personnelles, cela ne vous rappelle rien ? Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est du trotskisme ! ! !</p>
<p>Jean-Luc Marret,</p>
<p>Techniques du terrorisme, PUF, 2000</p>
<p>&amp; Autant le dire tout de suite, lire ce livre, c’est économiser du temps. Il n’y a en effet nulle nécessité de dépasser la première page de l’introduction qui comporte un intertitre qui résume l’ensemble de l’ouvrage : «Faire du neuf avec du vieux». Car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on n’apprend rien qu’on ne sache déjà dans cet inventaire des «techniques du terrorisme». Ce qui n’est guère étonnant dans la mesure où l’auteur fait partie de l’écurie Raufer. Qui ne connaît Xavier Raufer ? Ancien d’Occident puis d’Ordre nouveau, Christian de Bongain (puisque tel est son vrai patronyme) a collaboré dans les années 1970 à de multiples revues néofascistes comme Défense de l’Occident de Maurice Bardèche ou Est &amp; Ouest de Georges Albertini avant, dans les années 1980, de trouver un créneau porteur : le «terrorisme» et les violences sociales.</p>
<p>Cela nous a valu des quantités d’ouvrages affligeants comme Terrorisme : maintenant la France ? (1982), Sur la violence sociale (1983), Le cimetière des utopies (1986), La nébuleuse : le terrorisme du Moyen-Orient (1987), Les superpuissances du crime : enquête sur le narco-terrorisme (1993), etc. Signalons néanmoins à sa décharge qu’il n’était pas le seul à ce moment-là à faire de l’argent sur ce thème. C’était également le cas de plumitifs comme Roland Jacquard (Les dossiers secrets du terrorisme ou La longue traque d’Action directe) ou Charles Villeneuve (Histoire secrète du terrorisme). Cela marchait d’ailleurs tellement bien que certains, dont d’ailleurs Roland Jacquard, imaginaient de créer des bases de données payantes sur le «terrorisme» avec déjà la rubrique «techniques»! Las, l’époque ayant bien changé, il a fallu se reconvertir. Xavier Raufer est aujourd’hui directeur d’études au Centre de recherche sur les menaces criminelles contemporaines de Paris II – Assas et chargé de cours à l’Institut de criminologie de Paris.</p>
<p>Occupant solidement le créneau , il a été propulsé directeur de collection aux PUF sur le thème de la criminalité internationale. Cette collection étant l’une des seules à traiter le sujet de façon variée et relativement complète (mafias diverses et variées, délinquance financière internationale, criminalité informatique…) et faisant donc autorité, Jean-Luc Marret aurait bien voulu que son ouvrage en fasse partie. L’auteur est après tout docteur en sciences politiques et chargé de cours à Paris XIII. Mais malgré ce superbe pedigree, il n’a eu droit qu’à un strapontin et se retrouve donc dans la collection Défense &amp; Défis nouveaux, moins connue et donc moins rentable mais toute autant dirigée par Xavier Raufer ! À la lecture du livre (car nous avons dépassé la première page de l’introduction malgré tout !), on comprend mieux pourquoi. Comment peut-on honnêtement prétendre traiter «du» terrorisme et des techniques du «terrorisme» sans aligner les poncifs et enfoncer les portes ouvertes ? Mystère. Mais si vous ne vous posez pas la question, vous apprendrez avec ce livre que le «terrorisme» utilise les attentats à la bombe, les assassinats, les enlèvements et les détournements d’avion ! Et pas le lavage de cerveau ? Non, car pour l’abrutissement, il suffit de lire ce livre. Et ça, ce n’est pas un avis de «Docteur en sciences politiques» !</p>
<p>En bref…</p>
<p>&amp; Nous aurions voulu les lire car ils ont l’air «excellents» (mais le temps nous joue des tours !) :</p>
<p>Du côté des nationalistes :</p>
<p>o Éric Werner, L’après-démocratie,</p>
<p>L’Age d’Homme, 2001</p>
<p>o Martin Peltier, J’ai choisi la bête immonde,</p>
<p>ICM (auto-édition), 2000</p>
<p>Et aussi, par d’autres auteurs :</p>
<p>o Norman G. Finkelstein, L’industrie de l’holocauste, La Fabrique, 2000</p>
<p>o Bertrand Warusfel, Contre-espionnage &amp; Protection du secret. Histoire, droit et organisation de la sécurité nationale en France, Lavauzelle, 2000</p>
<p>&amp; Nous aurions voulu ne pas les lire mais la bêtise et l’orgueil sont toujours captivants à observer.</p>
<p>Amnistia.net</p>
<p>Les enquêtes</p>
<p>interdites, la revue.</p>
<p>Au secours ! Non content de squatter un site internet, Didier Daeninckx et ses petits amis paranoïaques éditent à présent une version papier de leurs délires. «Grands reportages», «enquêtes exclusives», la revue est égale à la modestie de son mentor et principal animateur. Ne comptez pas par contre apprendre la seule chose intéressante, à savoir en quoi les «enquêtes» de amnistia.net seraient interdites, ce n’est pas dit dans l’histoire. Si vous tenez malgré tout vraiment à mettre le nez dans cette boursouflure, consultez le site internet, c’est gratuit !</p>
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		<title>REFLEXes Numéro 44 – Hiver 1994</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 1994 08:44:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jalons]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite (ND)]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe de Villiers]]></category>

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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Immigration : Roms : Histoire de lieux communs (page 4) Droite extrême : A propos de Jimmy Goldsmith (page 6) De Villiers : le vicomte à dormir debout (page 8) Livret Etranger : République Tchèque : des tchèques en blanc et brun (page 11) Waffen SS : passé recomposé [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum44-Hiver1994.pdf"><img class="aligncenter wp-image-1852" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum44-Hiver1994-718x1024.jpg" alt="ReflexesNum44-Hiver1994" width="600" height="855" /></a><strong><em>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</em></strong></p>
<p><strong><em>SOMMAIRE :</em></strong></p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>Roms : Histoire de lieux communs (</strong>page 4<strong>)</strong></p>
<p>Droite extrême :</p>
<p><strong>A propos de Jimmy Goldsmith </strong>(page 6)</p>
<p><strong>De Villiers : le vicomte à dormir debout </strong>(page 8)</p>
<p>Livret Etranger :</p>
<p><strong>République Tchèque : des tchèques en blanc et brun (</strong>page 11)</p>
<p><strong>Waffen SS : passé recomposé (</strong>page 13)</p>
<p><strong>Rwanda : la solution finale (</strong>page 16)</p>
<p><strong>Allemagne : l’antifa de Göttingen (</strong>page 17)</p>
<p><strong>Palestine : des négociations ? quelles négociations ? (</strong>page 19)</p>
<p><strong>Afrique du Sud : « oublions le passé » (</strong>page 24)</p>
<p><strong>Searchlight / SRA (</strong>page 25/26)</p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>Police : l&rsquo;arme au poing </strong>(page 27)</p>
<p>Nouvelle droite :</p>
<p><strong>A propos de l&rsquo;affaire Watzal-Korinman&#8230;  (</strong>page 30<strong>)</strong></p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 33)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>REFLEXes Numéro 43 – Eté 1994</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Aug 1994 14:22:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Antony (Romain Marie)]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Carl Lang]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Cornilleau]]></category>
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		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Dominique Larrieu]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Chevallier]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Gallou]]></category>
		<category><![CDATA[Jean_Claude Martinez]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Nicoud]]></category>
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		<category><![CDATA[Nouvelle Droite (ND)]]></category>
		<category><![CDATA[Ogmios]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Touvier]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Steuckers]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; (cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Immigration : UV Préfecture : spécial étudiants étrangers (page 4) Extrême droite : Le nouveau catalogue des 3 fafs (page 6) Mémoire : Touvier : compte-rendu du procès (page 8) Extrême droite : Le Front National après les européennes, l’œil de Strasbourg (page 11) Reflex [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1994/08/ReflexesNum43-Ete-1994.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2024" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0043-716x1024.jpg" alt="Reflexes0043" width="600" height="857" /></a><em><strong>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</strong></em></p>
<p style="text-align: left;">
<p><em><strong>SOMMAIRE :</strong></em></p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>UV Préfecture : spécial étudiants étrangers </strong>(page 4)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Le nouveau catalogue des 3 fafs (</strong>page 6<strong>)</strong></p>
<p>Mémoire :</p>
<p><strong>Touvier : compte-rendu du procès </strong>(page 8)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Le Front National après les européennes, l’œil de Strasbourg (</strong>page 11)</p>
<p><strong>Reflex Europe</strong></p>
<p><strong>Espagne : l’auberge espagnole (</strong>page 13)</p>
<p><strong>Les résultats de l’extrême droite aux élections européennes (</strong>page 16)</p>
<p><strong>Allemagne : les fils de Rudolf baissent (</strong>page 18)</p>
<p><strong>Italie : interview de Nero non Solo, groupe antiraciste italien (</strong>page 20)</p>
<p><strong>Angleterre : le BNP à 8%, le bon faf près de chez vous (</strong>page 22)</p>
<p>Justice :</p>
<p><strong>Paolo, persécuté par les lois fascistissime </strong>(page 25)</p>
<p>Répression :</p>
<p><strong>Sécurité ? CIP EU !  (</strong>page 27<strong>)</strong></p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>Sécurité et ordre social (suite)  (</strong>page 29<strong>)</strong></p>
<p><strong>Pour la police : objectif immigration zéro </strong><strong>(page 32)</strong></p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 34)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>REFLEXes Numéro 41 – Janvier 1994</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-41-janvier-1994/</link>
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		<pubDate>Wed, 05 Jan 1994 14:15:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Sanders]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Gollnisch]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Cornilleau]]></category>
		<category><![CDATA[Club de l’Horloge]]></category>
		<category><![CDATA[Faisceaux actions nationales européens (FANE)]]></category>
		<category><![CDATA[Faits & Documents]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Dominique Larrieu]]></category>
		<category><![CDATA[Jean_Claude Martinez]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Faci (Michel Leloup)]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR)]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite (ND)]]></category>
		<category><![CDATA[Ogmios]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>
		<category><![CDATA[Tristan Mordrel]]></category>
		<category><![CDATA[Union nationale inter-universitaire (UNI)]]></category>

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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Extrême droite : L’invasion dans les facs (page 4) PNFE : la vie de château de l’extrême droite (page 8) La nouvelle droite en sandales (page 10) Le NSDAP-AO a l’assault de l’Europe (page 12) Reflex Etranger : Blood &#38; Honour : les orphelins du sang [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1994/01/ReflexesNum41-01-1994.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2015" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0041-691x1024.jpg" alt="Reflexes0041" width="600" height="888" /></a><em><strong>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</strong></em></p>
<p style="text-align: left;">
<p><em><strong>SOMMAIRE :</strong></em></p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>L’invasion dans les facs </strong>(page 4)</p>
<p><strong>PNFE : la vie de château de l’extrême droite (</strong>page 8<strong>)</strong></p>
<p><strong>La nouvelle droite en sandales </strong>(page 10)</p>
<p><strong>Le NSDAP-AO a l’assault de l’Europe </strong>(page 12)</p>
<p>Reflex Etranger :</p>
<p><strong>Blood &amp; Honour : les orphelins du sang et de l’Europe </strong>(page 19)</p>
<p><strong>Brème, laboratoire de l’extrême droite (</strong>page 21<strong>)</strong></p>
<p><strong>Les élections en Italie  (</strong>page 23<strong>)</strong></p>
<p><strong>L’Europe forteresse se construit à l’Est </strong>(page 25)</p>
<p><strong>Searchlight : la violence porte un sacré coup à l’image du BNP </strong>(page 29)</p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>Défendre la multiculturalité et la citoyenneté </strong>(page 36)</p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>MétroPolice : la sécurité dans les transports </strong>(page 38)</p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>Aperçu du dispositif déployé contre les étrangers </strong>(page 41)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 43)</p>
<p>Musique :</p>
<p><strong>Interview de Kochise </strong>(page 46)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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