<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>REFLEXes &#187; Novopress</title>
	<atom:link href="https://reflexes.samizdat.net/tag/novopress/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://reflexes.samizdat.net</link>
	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
	<lastBuildDate>Fri, 18 Dec 2015 08:40:56 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.9.2</generator>
	<item>
		<title>Le chemin de Damas de Monsieur C.</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 13:58:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Soral]]></category>
		<category><![CDATA[Axel Loustau]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Larebière]]></category>
		<category><![CDATA[Dieudonné]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Chatillon]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Marie d'Herbais]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Novopress]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Peninque]]></category>
		<category><![CDATA[Riwal]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[Tlass]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[C’est moi le roi de la route, j&#8217;m&#8217;amuse à 200 à l’heure, Je peux faire Paris-Beyrouth, en une demie heure… Les Nonnes Troppo Début juin, le site Égalité et Réconciliation se faisait l’écho du lancement d’un nouveau site, Infosyrie, présenté comme un site de “réinformation” sur les événements syriens dont la réalité serait outrageusement travestie par [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>C’est moi le roi de la route, j&rsquo;m&rsquo;amuse à 200 à l’heure,</em><br />
<em>Je peux faire Paris-Beyrouth, en une demie heure…</em></p>
<p>Les Nonnes Troppo</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Ex-libris-fff60.gif"><img class="alignleft wp-image-1566 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Ex-libris-fff60-300x230.gif" alt="Ex-libris-fff60" width="300" height="230" /></a>Début juin, le site Égalité et Réconciliation se faisait l’écho du lancement d’un nouveau site, <em><a href="http://www.infosyrie.fr/?gclid=CKup5ce03aoCFc0e3wodqD1K6w" target="_blank">Infosyrie</a></em>, présenté comme un site de “réinformation” sur les événements syriens dont la réalité serait outrageusement travestie par les media occidentaux à la solde des États-Unis et, cela va sans dire mais mieux en le disant, d’Israël. A priori rien d’étonnant : ce courant de l’extrême droite nationaliste et ses compagnons de route se sont fait une spécialité de ce type de dénonciation, de la Lybie à la Côte d’Ivoire.</p>
<p>Pour les mêmes raisons, il n’est donc guère surprenant de retrouver derrière ce site l’inévitable Frédéric Chatillon.</p>
<p>Ce n’est en effet pas la première fois que nous sommes amenés à évoquer ce tropisme chatillonesque pour le pays des Alaouites et le Proche-Orient en général. Ce fut le cas il y a quelques années à propos d’un <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">curieux montage</a> politico-policier. Mais cet intérêt a connu depuis quelques années un regain de vitalité dont l’administration du site <em>Info-Syrie</em> n’est qu’une énième manifestation et qui mélange comme toujours affinités politiques et intérêts commerciaux bien compris.</p>
<h3>Les feux de la rampe</h3>
<p>Sur le plan médiatico-politique, les liens entre Frédéric Chatillon et la Syrie ont connu une nouvelle visibilité avec l’implication de l’ancien dirigeant du GUD dans le rapprochement de Dieudonné avec le parti de Jean-Marie Le Pen et l’extrême droite en général. Ce rapprochement, on s’en souvient, est la conséquence de l’influence grandissante de Chatillon auprès de Dieudonné et s’est manifesté en fanfare avec quelques événements médiatisés, parfois à l’insu du plein gré des intéressés.</p>
<div id="attachment_1567" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudonne_Gollnisch_Soral_Mahe_Chatillon_Joly_Dubois.jpg"><img class="wp-image-1567" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudonne_Gollnisch_Soral_Mahe_Chatillon_Joly_Dubois.jpg" alt="Zenith, décembre 2006 : A. Soral, JM Dubois, B. Gollnish, D. Joly, Jany Le Pen, F. Chatillon, G. Mahé, Dieudonné... et les autres " width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Zenith, décembre 2006 : A. Soral, JM Dubois, B. Gollnish, D. Joly, Jany Le Pen, F. Chatillon, G. Mahé, Dieudonné&#8230; et les autres</p></div>
<p><em><br />
</em></p>
<p>La venue de Dieudonné à la Convention présidentielle Bleu Blanc Rouge organisée par le Front national en novembre 2006 dans le cadre de la candidature de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 2007 en est l’élément médiatique fondateur et Chatillon en est à l’origine, même si c’est son épouse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_0_477" id="identifier_0_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous ne ferons aucun commentaire sur des rumeurs r&eacute;centes et d&rsquo;ordre priv&eacute;, m&ecirc;me si elles auront forc&eacute;ment des implications politiques.">1</a></sup>, Marie d’Herbais, qu’on peut alors apercevoir sur les photographies immortalisant l’événement. Mais d’autres épisodes viendront confirmer cette drôle de relation. C’est le cas en particulier du baptême d’une fille de Dieudonné en juillet 2008 par l’abbé Laguerie, ancienne figure de proue de la Fraternité Saint-Pie X et à présent en charge de l’église Saint-Eloi à Bordeaux, avec pour parrain Jean-Marie Le Pen. Chatillon semble alors avoir joué les intercesseurs, une de ses filles ayant pour parrain l’ancien président du FN.</p>
<p>Pour autant la proximité entre Dieudonné et Jean-Marie Le Pen datait d’au moins deux ans puisque M. M’Bala était présent à une soirée du président du FN datant probablement de 2006 à Montretout avec les époux Chatillon.</p>
<p>Le baptême, alors qu’il était avéré, provoqua en tout cas une mise sous pression par Chatillon des journalistes de <em>Minute</em> au courant de l’affaire, l’ancien meneur du GUD étant devenu tout à la fois agent, PR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_1_477" id="identifier_1_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Chatillon a en particulier sauv&eacute; la mise de &ldquo;l&rsquo;artiste&rdquo; le soir du 1er tour de l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d&rsquo;avril 2007 lors de la f&ecirc;te qui se tenait au si&egrave;ge du FN et durant laquelle un petit groupe de hooligans semblait vouloir lui faire un mauvais parti.">2</a></sup> et pygmalion de Dieudonné. Jean-Marie Molitor rapportait ainsi l’épisode, dans un article tout en allusions éclairantes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_2_477" id="identifier_2_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article paru dans le n&deg;2368 de Minute">3</a></sup> : « <em>L’information a beau être archi-confirmée, il faut encore joindre Dieudonné. Bruno Larebière s’en charge, lui laissant un message téléphonique. C’est à partir de là que tout va déraper. Dans l’heure qui suit ce message, alors que notre collaborateur s’apprête à rappeler l’humoriste, c’est Orléans</em> [c’est-à-dire Chatillon. NLDR] <em>qui se manifeste auprès de moi. Il appelle, explique-t-il, de la part de Dieudonné. Celui-ci ne veut pas qu’on parle de ce baptême. C’est une affaire privée. Et surtout, la divulgation de l’information ne peut que nuire à ses intérêts, au moment où il parvient à retrouver un peu de visibilité médiatique. Le ton est d’abord à peu près aimable, puis se fait sec, puis carrément comminatoire. </em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/2008-07_couv_Minute_Dieudo-2-9b01e.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1568" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/2008-07_couv_Minute_Dieudo-2-9b01e.gif" alt="2008-07_couv_Minute_Dieudo-2-9b01e" width="227" height="305" /></a>Orléans téléphone aussi à Bruno Larebière. Deux fois. Tempêtant, exigeant qu’on ne publie pas l’information. Parlant comme s’il s’adressait à l’un de ses employés, si tant est qu’il existe encore des patrons qui osent encore parler comme cela à leurs employés. Essayant enfin de négocier, puisque l’intimidation ne fonctionne pas, jusqu’à ce que Bruno Larebière l’envoie paître […]. Cinq minutes plus tard, la soirée dominicale étant bien avancée, Dieudonné le rappelle enfin. Pour manifester sa colère ? Absolument pas. C’est un homme charmant que nous avons au téléphone. Aimable. Et courtois. […] Ce qu’il souhaite en fait, c’est laisser passer la « polémique » qui ne manquera pas de naître en raison de la personnalité du parrain. Puis il pourra parler de Dieu. À converser avec Dieudonné, qui ne demande rien, ne cherche pas à négocier, comme le très désobligeant intermédiaire, qu’on parle éventuellement du baptême de Plume mais en « omettant » la présence de Jean-Marie Le Pen, on comprend que sa démarche n’a rien à voir avec ce que Orléans a tenté de nous vendre&#8230; Un Orléans qui, excipant de son amitié avec Dieudonné, agissait plus comme s’il avait personnellement à perdre dans cette affaire, tel un dogue défendant son garde-manger, que pour protéger son « ami ». La journée qui suit va le confirmer.</p>
<p>Le lundi 14 juillet en effet, Orléans revient à la charge, encore plus déterminé. Appels et textos se succèdent. Cela devient si étrange que je décide de différer la publication de l’article, le temps de savoir qui manipule qui. L’information, de toute façon, sera publiée. Nous en avons informé, et Orléans, et Dieudonné. Un site d’informations en ligne est au courant. En raison d’échanges de bons procédés réguliers entre nous, et dans la mesure où nous étions au courant depuis mai, il avait été décidé que nous en aurions la primeur mais que, si nous ne publiions pas l’information, ce site serait averti et aurait la voie libre. Le lundi soir donc, à 23 h 55, la dépêche tombe sur le site de Novopress, diffusée par la branche aquitaine de l’agence de presse indépendante<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_3_477" id="identifier_3_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J.-M. Molitor nous sert en l&rsquo;occurrence une aimable gal&eacute;jade, Novopress &eacute;tant rien moins qu&rsquo;une agence de presse et a fortiori ind&eacute;pendante.">4</a></sup>. Son titre : « Dieudonné, un parrain nommé Le Pen ».</p>
<p>La machine médiatique est-elle lancée ? Oui et non. Oui car, le lendemain, la nouvelle est sur la plupart des sites nationalistes. Mais c’est compter, encore une fois, sans Orléans, qui, ajoutant les courriers électroniques à sa panoplie de petit intimidateur déjà bien lourde, « ordonne » à tous ceux qui ont relayé l’information de Novopress de la retirer, n’hésitant pas à contourner ceux qui résistent en faisant intervenir directement auprès de l’hébergeur du site afin qu’il le censure, ou expliquant, histoire de discréditer du même coup, et l’information et l’agence Novopress, qu’il s’agit d’un « canular » ! Durant vingt-quatre heures, l’offensive est sur le point de réussir. Jusqu’à ce que la véracité des faits soit confirmée par Novopress et que « Libération », le mercredi, publie, sans citer bien sûr l’agence de presse, son « scoop » écrit au conditionnel et dégoulinant de fiel. Rage de Orléans, qui fait savoir à qui veut l’entendre qu’il se vengera (de qui ? de quoi ?), tandis que, de son côté, Dieudonné se montre serein&#8230; Comme si, décidément, Orléans avait des intérêts personnels en jeu, du genre de ceux qui mettent sur les nerfs les producteurs de spectacle quand le succès n’est pas garanti ou ceux qui rendent terriblement nerveux ceux qui, espérant un retour sur investissement, se sont portés caution pour la location d’une salle de grande dimension et craignent qu’elle ne soit à moitié vide le jour de la représentation venue. Est-ce de cela qu’il s’agit ?</p>
<p>Avec Orléans, difficile de savoir ce qui le motive. Cela fait plusieurs années que cet ancien dirigeant du GUD, le Groupe Union Défense qui fit tant pour la renommée de la faculté d’Assas et le chiffre d’affaires du rayon barres de fer du BHV, s’active dans l’ombre de l’humoriste ». Cet épisode est sans doute à l’origine d’un incident survenu le 18 juin 2010 lors du rassemblement organisé par le Bloc Identitaire et Riposte Laïque et qui vit Chatillon gifler magistralement Bruno Larebière. Celui-ci, ayant été agressé en tant que journaliste et non en tant que dirigeant identitaire, se réserva alors le droit de porter plainte. Nous ne savons à vrai dire ce qu’il en est advenu de cette éventualité.</p>
<p>On pourrait citer bien sûr d’autres épisodes tout aussi curieux comme ce projet de débat des finalistes du 2ème tour de l’élection présidentielle 2007 animé par Dieudonné, avec la participation de Jean-Marie Le Pen, et avec un spectacle du « comique » en ouverture de soirée.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/soiree_elections_avril2007.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1569" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/soiree_elections_avril2007.jpg" alt="soiree_elections_avril2007" width="600" height="300" /></a></p>
<p>Mais surtout cette présence constante dans l’ombre de Dieudonné va permettre à Chatillon d’élargir son cercle de connaissances à d’autres « parias » médiatiques que nous allons retrouver ci-après, Jacques Vergès ou Roland Dumas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_4_477" id="identifier_4_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui tous deux, et sans surprise, ont r&eacute;pondu aux questions du site Info-Syrie.">5</a></sup>. Par ailleurs elle s’inscrit dans une démarche plus large cherchant à faire bouger les lignes puisqu’à la même époque Chatillon s’investit aux côtés d’Alain Soral dans les projets d’Égalité &amp; Réconciliation, en particulier l’ouverture du Local fin 2007 aux côtés de Philippe Peninque, personnage aux multiples facettes : proche conseiller de Marine Le Pen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_5_477" id="identifier_5_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il semble que Philippe Peninque ait &eacute;t&eacute; pressenti pour devenir SG du FN en septembre 2009 en remplacement de Louis Aliot, &agrave; l&rsquo;instar de trois autres personnalit&eacute;s en l&rsquo;occurrence Michel Guiniot, Jean-Fran&ccedil;ois Jalkh et Steeve Briois. L&rsquo;&eacute;vocation de cette &eacute;ventualit&eacute; par Minute, sans citer d&rsquo;ailleurs les noms des pressentis, valut &agrave; l&rsquo;hebdomadaire un droit de r&eacute;ponse furibard de Jean-Marie Le Pen : &ldquo;Monsieur,
Mis en cause dans un article de votre hebdomadaire du mercredi 23 septembre 2009 consacr&eacute; &agrave; la libert&eacute; de la presse, vous faites &eacute;tat d&rsquo;informations qui sont fausses. [&hellip;] Vous &eacute;crivez, en effet, que le Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral du Front National ignore qu&rsquo;au moins quatre Cadres ont &eacute;t&eacute; approch&eacute;s pour lui succ&eacute;der. Vous admettrez qu&rsquo;il n&rsquo;y a que le Pr&eacute;sident du Front National qui puisse faire de telles d&eacute;marches. Or, je pose &agrave; cette affirmation un d&eacute;menti formel.
Il suffirait pour &eacute;tablir votre bonne foi, qui a peut-&ecirc;tre &eacute;t&eacute; surprise, que vous publiiez les noms, non pas de votre informateur, il est couvert par la confidentialit&eacute; des sources, mais des quatre personnes qui auraient &eacute;t&eacute; sollicit&eacute;es pour occuper le poste de Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral. Peut-&ecirc;tre auriez-vous pu m&rsquo;interroger sur le sujet ?
Sentiments sinc&egrave;res. Jean-Marie LE PEN &raquo;
Pour autant, Peninque semble &ecirc;tre accus&eacute; par certains cadres du parti d&rsquo;avoir ruiner le Front car c&rsquo;est sur ses conseils que Le Pen aurait refus&eacute; de payer Fernand Le Rachinel dans le conflit l&rsquo;opposant &agrave; l&rsquo;ancien imprimeur du FN.">6</a></sup>, ancien dirigeant du GUD dans les années 1970, ancien avocat radié du barreau de Paris à la suite de malversations financières et d’une sombre affaire de passeports et marié à une cadre supérieure de l’Oréal. Philippe Peninque joue par ailleurs un rôle économique important dans la galaxie Chatillon comme nous le verrons ci-après.</p>
<h3>L’Orient compliqué…</h3>
<p>Mais quel rapport entre cette relation soutenue avec Dieudonné et le Proche-Orient ? Durant l’été 2006, Chatillon avait joué les intercesseurs pour un voyage de Dieudonné, Alain Soral, Ahmed Moualek, Marc George et Thierry Meyssan au Liban. Malgré les fanfaronnades des trois sus-cités, le voyage ne débouchera sur rien, sinon quelques rencontres fortuites avec quelques « personnalités » locales mais pas seulement.</p>
<dl id="attachment_1570" class="wp-caption aligncenter">
<dt class="wp-caption-dt">
<div id="attachment_1570" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudo_Jackson_liban_2006.jpg"><img class="wp-image-1570" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudo_Jackson_liban_2006.jpg" alt="Dieudo_Jackson_liban_2006" width="600" height="421" /></a><p class="wp-caption-text">Ici avec Jesse Jackson qui a l&rsquo;air assez dubitatif sur la qualité de son interlocuteur, rencontré par hasard dans les ruines de Beyrouth</p></div>
</dt>
</dl>
<p>Jean-Marie Molitor en rend également compte en ces termes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_6_477" id="identifier_6_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article cit&eacute;.">7</a></sup> : <em>«Eté 2006, quand Dieudonné, l’essayiste Alain Soral, le fondateur du Réseau Voltaire Thierry Meyssan et Ahmed Moualek, président de l’association La Banlieue s’exprime, s’envolent à destination de Damas, la capitale syrienne, pour gagner ensuite le Liban qui vient d’être bombardé par l’aviation israélienne, le voyage n’a été rendu possible que par l’entregent de Orléans. Celui-ci est d’ailleurs de la partie, prenant soin de se tenir à l’écart des photographes. Sauf une fois.<br />
Ce moment d’inattention – ou plutôt cet instant de vantardise<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_7_477" id="identifier_7_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&rsquo;est en fait pas le seul instant, en t&eacute;moignent les photos in&eacute;dites que nous publions ici. D&rsquo;ailleurs, ce ne fut pas le seul instant m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;&eacute;poque puisque quibla.net, un site anim&eacute; par Fausto Guidice, publia &agrave; l&rsquo;&eacute;poque sous le pseudo d&rsquo;Ayman El Kayman une photographie de Chatillon, Dieudonn&eacute; et un cadre du Hezbollah pour mieux d&eacute;noncer les accointances entre Dieudonn&eacute; et l&rsquo;ancien Gudard.">8</a></sup> – va lui coûter cher. Sur cette photo, on le voit poser en compagnie de Soral, Dieudonné et Meyssan, tous assis sur un canapé surmonté des portraits du président syrien Bachar el-Assad et de son père, Hafez el-Assad. Et cette image, qui aurait dû rester une photo souvenir, va être publiée sur le site de La Banlieue s’exprime. Fureur, déjà, de Orléans, qui obtient d’Ahmed Moualek qu’il la retire, mais trop tard. Le mal est fait. Gérant et principal actionnaire d’une société spécialisée dans le conseil en communication, Orléans compte des clients qui n’apprécient ni son apparente complaisance à l’égard du régime syrien, ni son compagnonnage avec des individus qui ont la réputation, plutôt justifiée au demeurant, d’être des antisionistes fervents. Il y perdra un contrat, que l’on dit juteux, avec un « designer » renommé de la place de Paris»</em>.</p>
<div id="attachment_1571" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chatillon_Dieudonne_et_Aoun.jpg"><img class="wp-image-1571 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chatillon_Dieudonne_et_Aoun.jpg" alt="Chatillon_Dieudonne_et_Aoun" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Frédéric Chatillon &#8211; Général Michel Aoun &#8211; Dieudonné</p></div>
<div id="attachment_1572" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/getattachment_017b.jpg"><img class="wp-image-1572 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/getattachment_017b.jpg" alt="Dieudonné - Joseph &quot;Joss&quot; Elise - Frédéric Chatillon" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Dieudonné &#8211; Joseph &laquo;&nbsp;Joss&nbsp;&raquo; Elise &#8211; Frédéric Chatillon</p></div>
<p>Cela n’empêchera pas une partie des mêmes de repartir au Liban et en Syrie en mars 2008 sur le prétexte d’une série de spectacles de Dieudonné organisés par Michel Eleftériadés dans son cabaret à Beyrouth, le Music-Hall<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_8_477" id="identifier_8_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une des principales sc&egrave;ne culturelle de Beyrouth, o&ugrave; se produisent des artistes aussi divers et vari&eacute;s que Bernard Lavilliers, Jane Birkin, les T&ecirc;tes Raides, Gnawa Diffusion&hellip; et Dieudonn&eacute;.">9</a></sup>, suivis d’une virée à Damas.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/getattachment_023.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1573" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/getattachment_023.jpg" alt="getattachment_023" width="474" height="355" /></a></p>
<p>Selon des sources locales, les cinq jours en Syrie comprenant hôtels, chauffeurs et visites touristiques auraient été largement financés par la famille Tlass<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_9_477" id="identifier_9_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le g&eacute;n&eacute;ral Mustapha Tlass, voir&nbsp;ici ou encore &ldquo;Petite le&ccedil;on de dictature Made in Syria&rdquo; dans Der Spiegel, 2005, repris par Le Courrier International, o&ugrave; l&rsquo;on d&eacute;couvre, entre autre, le go&ucirc;t prononc&eacute; pour la d&eacute;coration d&rsquo;int&eacute;rieur du G&eacute;n&eacute;ral puisque dans son salon, au milieu des portraits de famille figure &ldquo; [&hellip;] deux petits dessins &agrave; la craie repr&eacute;sentant des fleurs sauvages, sign&eacute;s&hellip; Adolf Hitler.&rdquo; ">10</a></sup>. Ces liens se manifesteront d’ailleurs par des rencontres avec des membres de la famille, notamment le fils Manaff, devenu à son tour général, et dont des sénateurs ont récemment demandé à ce que ses avoirs soient gelés en France en raison de son implication dans des massacres récent à Baniyas. C’est en effet un très proche de Bachar El-Assad, et il commande actuellement l’unité que Bachar commandait avant sa nomination à la tête de l’État.</p>
<div id="attachment_1574" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/diner_tlass_famille.jpg"><img class="size-full wp-image-1574" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/diner_tlass_famille.jpg" alt=" En cie de Manaff Tlass, au centre. Cette photo est très représentative de la place que Thierry Meyssan a du mal à se faire en Syrie et/ou au Liban. Il semblerait que son passé d'homme de gauche, laïc et homosexuel militant ne soit pas forcément un atout aux yeux de tous ses nouveaux amis. Bien isolé en bout de table notre voltairien... Encore moins sympa pour le pauvre Meyssan, même Dieudo ira jusqu'à se moquer de ses orientations sexuelles dans son dernier spectacle &quot;Mahmoud&quot;. On a les amis que l'on mérite !! " width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">En cie de Manaff Tlass, au centre.<br />Cette photo est très représentative de la place que Thierry Meyssan a du mal à se faire en Syrie et/ou au Liban. Il semblerait que son passé d&rsquo;homme de gauche, laïc et homosexuel militant ne soit pas forcément un atout aux yeux de tous ses nouveaux amis. Bien isolé en bout de table notre voltairien&#8230; Encore moins sympa pour le pauvre Meyssan, même Dieudo ira jusqu&rsquo;à se moquer de ses orientations sexuelles dans son dernier spectacle &laquo;&nbsp;Mahmoud&nbsp;&raquo;. On a les amis que l&rsquo;on mérite !!</p></div>
<p><em><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/diner.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1575" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/diner.jpg" alt="diner" width="600" height="450" /></a></em></p>
<p>Michel Eleftériadés est une “personnalité” de Beyrouth. Grec orthodoxe, très proche de Michel Aoun, Eleftériadés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_10_477" id="identifier_10_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Michel Eleft&eacute;riad&eacute;s a une notice wikipedia ">11</a></sup><br />
est un ancien militant du MUR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_11_477" id="identifier_11_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Mouvement Unifi&eacute; des R&eacute;sistances fut un mouvement nationaliste dirig&eacute; par Michel Aoun, compos&eacute; de chr&eacute;tiens, oppos&eacute; &agrave; la fois &agrave; l&rsquo;occupation syrienne du Liban et aux forces libanaises de Samir Geagea. Le Mouvement n&rsquo;existe plus et a &eacute;t&eacute; remplac&eacute; par le Courant Patriotique Libre (CPL), alli&eacute; du Hezbollah.">12</a></sup> et il est en bons termes avec la « résistance » libanaise, comprendre le Hezbollah, sans pour autant travailler avec ce parti ni même être membre du CPL. Il est aussi accessoirement très riche grâce, entre autres, à ses activités de gérant de spectacles dans son cabaret de Beyrouth. L’existence de ce lieu et les moyens financiers qu’Eleftériadès en tire en font un personnage intéressant pour beaucoup de personnes, y compris issues de milieux politiques travaillant sur les questions géopolitiques du Proche-Orient, en particulier la lutte contre les prétentions israéliennes et leurs funestes conséquences. Il est ainsi particulièrement précieux pour Frédéric Chatillon pour les opportunités de contacts libanais qu’il a pu ou qu’il pourrait lui offrir. C’est par exemple chez Michel Eleftériadés que se sont récemment<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_12_477" id="identifier_12_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En avril 2010 apr&egrave;s une conf&eacute;rence internationale de soutien &agrave; la lib&eacute;ration du militant communiste et internationaliste Georges Ibrahim Abdallah, membre des FARL (Fractions Arm&eacute;es R&eacute;volutionnaires Libanaises) emprisonn&eacute; en France depuis 1984 et lib&eacute;rable depuis 2002 (cf&nbsp;blog du Collectif pour la Lib&eacute;ration de Georges Ibrahim Abdallah.">13</a></sup> revus Jacques Vergès<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_13_477" id="identifier_13_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Avocat en France d&rsquo;Anis Naccache.">14</a></sup> et Anis Naccache, personnalité très influente du paysage politique libanais, notamment par ses relations avec le pouvoir iranien. C’est ce dernier aspect qui peut bien évidemment intéresser certaines fractions de l’extrême droite française portant haut leur hostilité à « l’axe américano-sioniste »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_14_477" id="identifier_14_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut rappeler &agrave; ce titre la conf&eacute;rence de l&rsquo;ambassadeur d&rsquo;Iran en France Seyed Mehdi Miraboutalebi au Doux Raisins organis&eacute;e par l&rsquo;hebdomadaire Flash ou encore son interview donn&eacute;e &agrave; R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir. Tout comme les fanfaronnades de Blanrue pr&eacute;tendant avoir &eacute;t&eacute; re&ccedil;u dans cette m&ecirc;me ambassade. Ce qui est s&ucirc;r, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;est rendu en novembre dernier au festival du court-m&eacute;trage et du documentaire de T&eacute;h&eacute;ran en compagnie d&rsquo;Olivier Mukuna (journaliste belge proche de Dieudonn&eacute;), Thierry Meyssan ou encore&nbsp;Claudio Moffa. Blanrue dont on se souvient par ailleurs le r&ocirc;le aupr&egrave;s de Dieudonn&eacute;.">15</a></sup>, dès lors que par le passé, fin 2001, Chatillon avait déjà essayé de rencontrer le cheikh Nasralah, fondateur et responsable du Hezbollah au Liban fin 2001.</p>
<p>En sens inverse, l’influence grandissante de Chatillon auprès de certaines personnalités françaises peut s’avérer intéressante pour Eleftériadés. C’est le cas en particulier de Jacques Vergès<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_15_477" id="identifier_15_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon et d&rsquo;autres individus travaillant habituellement chez Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute; ont en particulier d&eacute;j&agrave; accompagn&eacute; Jacques Verg&egrave;s lors de voyages au Liban, celui redoutant une &laquo; agression sioniste &raquo;. Chatillon semble &eacute;galement jouer ce r&ocirc;le en France puisqu&rsquo;on a pu le voir le 10 mars 2010 &agrave; l&rsquo;&eacute;mission de F. Tadde&iuml;

qui avait pour sujet &laquo; justice internationale ou injustice internationale &raquo;, avec notamment J. Verg&egrave;s et GW Goldnadel.">16</a></sup> et <a href="http://reflexes.samizdat.net/roland-dumas-lami-des-parias/">Roland Dumas</a><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_16_477" id="identifier_16_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Roland Dumas n&rsquo;est depuis longtemps plus trop regardant sur l&rsquo;&eacute;tiquette politique des hommes ou des structures qu&rsquo;il fr&eacute;quente. Ce printemps 2011 l&rsquo;aura ainsi vu accorder trois pages d&rsquo;entretien au journal Flash et surtout participer &agrave; la f&ecirc;te de Radio Courtoisie pour d&eacute;dicacer son livre de m&eacute;moires, flanqu&eacute; d&rsquo;un &ldquo;garde du corps&rdquo; un peu particulier puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait de l&rsquo;ineffable n&eacute;o-nazi Baptiste Coquelle qui travaille pour Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute;, en charge de la s&eacute;curit&eacute; de la f&ecirc;te de la Courtoisie. Ce qu&rsquo;ignorait certainement Roland Dumas. Mais le monde est petit et les co&iuml;ncidences infinies&hellip;">17</a></sup>. En avril dernier, c’est ainsi Frédéric Chatillon qui a joué l’intermédiaire entre ces deux personnages et Michel Eleftériadés, fort désireux de faire valoir ses contacts internationaux et en particulier français pour décrocher un rôle politique au Liban – un poste de ministre par exemple ? – dans le cadre des tractations alors en cours dans le pays du Cèdre. À ce titre, Roland Dumas est bien sûr une figure en or, ex-ministre, ancien président du conseil constitutionnel, et ayant toujours eu d’excellents rapports avec certaines personnalités syriennes proches du régime baassiste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_17_477" id="identifier_17_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Doux euph&eacute;misme, puisque Roland Dumas entretint une relation avec la fille du G&eacute;n&eacute;ral Tlass, Nahed Ojjed, du temps o&ugrave; il &eacute;tait ministre des Affaires Etrang&egrave;res, ce qui pour certains &ldquo;services&rdquo; cr&eacute;a de r&eacute;elles inqui&eacute;tudes. Cette derni&egrave;re, via la Fondation Tlass (bas&eacute; au Lichenstein) proposa de financer un scanner d&rsquo;un montant de huit millions de francs pour l&rsquo;h&ocirc;pital de Sarlat en Dordogne, fief &eacute;lectoral de Dumas. Cette affaire s&rsquo;&eacute;bruitant dans la presse il perdit les &eacute;lections l&eacute;gislatives de 1993 et se vit attribuer le surnom de &laquo; Lion de la Tlass &raquo;. Malgr&eacute; tout il eut le temps d&rsquo;&eacute;tablir via la fille, et surtout via son p&egrave;re Mustapha Tlass, un contact direct avec le Pr&eacute;sident Hafez el Assad qui d&eacute;boucha sur deux rendez-vous officieux. Plus r&eacute;cemment, c&rsquo;est le fils et nouveau maitre de la Syrie Bachar el Assad qui l&rsquo;a invit&eacute; lors de son passage &agrave; Paris. Dans l&rsquo;interview qu&rsquo;il donne ce mois &agrave; Info-Syrie, Dumas &eacute;voque ces entrevues en ces termes : &laquo; J&rsquo;ai obtenu mon premier rendez-vous avec le pr&eacute;sident syrien par l&rsquo;interm&eacute;diaire d&rsquo;un ami commun, ancien camarade de combat d&rsquo;Hafez el-Assad, un g&eacute;n&eacute;ral syrien &raquo; sans toutefois &eacute;voquer le nom de Mustapha Tlass, il n&rsquo;a pas cette pudeur virginale dans ses m&eacute;moires, parlant d&rsquo;un homme &laquo; tr&egrave;s francophile &raquo; qui &laquo; avait du chic et du charme &raquo;. Les esprits pervers tels que le n&ocirc;tre se demanderont tout de m&ecirc;me qu&rsquo;est-ce qui peut amener un homme, &agrave; 1re vue sain d&rsquo;esprit, r&eacute;sistant, fils de r&eacute;sistant fusill&eacute; par les nazis, &agrave; consid&eacute;rer un des principaux pourvoyeurs d&rsquo;&eacute;crits antis&eacute;mites et n&eacute;gationnistes &ndash; par le biais de sa maison d&rsquo;&eacute;dition Dar Tlass sise &agrave; Damas &ndash; comme un ami charmant ?">18</a></sup>.</p>
<p>Ce copinage a cependant des limites. Si Eleftériadés est peu étiquetable au regard des critères politiques occidentaux, ce n’est pas pour autant un « fasciste »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_18_477" id="identifier_18_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il ne manque d&rsquo;ailleurs jamais une occasion de rappeler son pass&eacute; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me gauche, o&ugrave; sa proximit&eacute; avec certains partis communistes, notamment dans l&rsquo;interview qu&rsquo;il donna en avril dernier pour le site Egalit&eacute; &amp; R&eacute;conciliation.">19</a></sup> et on peut supposer que cette rencontre improbable avec l’ancien dirigeant du GUD l’amuse plus qu’autre chose. Par ailleurs il semble se méfier à plusieurs titres du « facho » comme il l’appelle. Il n’a ainsi pas favorisé une quelconque rencontre avec Anis Naccache, parce que celui-ci fait réellement de la politique et aussi sans doute pour des questions de sécurité. L’histoire pluri décennale du GUD fourmille en effet d’anecdotes de barbouzeries et de relations ambigües avec les « services » français. D’ailleurs il est à ce titre assez curieux de noter les liens entre Riwal, la société dirigée par Frédéric Chatillon, et la revue <em>Sentinel</em> dont le créneau est « l’antiterrorisme » et l’analyse des risques géopolitiques. Les numéros de téléphone et fax de la revue (notamment celui pour passer commande d’un numéro ou pour s’abonner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_19_477" id="identifier_19_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="">20</a></sup>) sont en effet au nom de Riwal, ce qui ne laisse guère de doute sur les rapports entre les deux structures ! Tout comme le fameux « Frédéric Castillon » directeur commercial de la revue nous fait étrangement penser, allez savoir pourquoi, à notre spécialiste des pseudonymes foireux « Frédéric Chatillon »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_20_477" id="identifier_20_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sp&eacute;ciale mention au &laquo; Fr&eacute;d&eacute;ric Dalle &raquo; (= Que dalle) de la page &laquo; contacts &raquo; du site Riwal Communications :

Page aujourd&rsquo;hui disparue. Le besoin de discr&eacute;tion se faisant cruellement sentir, les noms ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute;s par les fonctions occup&eacute;es dans l&rsquo;entreprise.">21</a></sup>. Une fois de plus, quel grand écart idéologique entre cette recherche systématique de contacts avec les « mouvements de résistance à l’impérialisme américain » syrien ou libanais, et la participation, même de nature professionnelle, à une revue où l’on retrouve la fine fleur des pseudos spécialistes des « menaces terroristes » et de l’analyse des risques… On pense notamment à Roland Jacquard<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_21_477" id="identifier_21_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sident du fantomatique Observatoire international du terrorisme et pr&eacute;sident du conseil strat&eacute;gique de Sentinel. Lire &agrave; ce sujet le tr&egrave;s document&eacute; Au nom du 11 septembre&hellip; Les d&eacute;mocraties &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve de l&rsquo;antiterrorisme de Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe aux &eacute;ditions La D&eacute;couverte, et plus pr&eacute;cis&eacute;ment le chapitre &laquo;&nbsp;Armer les esprits : le business des &laquo;&nbsp;experts&nbsp;&raquo; &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision fran&ccedil;aise&nbsp;&raquo;.">22</a></sup>, Aymeric Chauprade<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_22_477" id="identifier_22_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur au Coll&egrave;ge interarm&eacute;es, mis &agrave; l&rsquo;&eacute;cart par son ministre de tutelle, c-a-d- la D&eacute;fense, et tout r&eacute;cemment r&eacute;int&eacute;gr&eacute;, occasionnellement collaborateur de l&rsquo;Afrique R&eacute;elle de Bernard Lugan ou encore de la Nouvelle Revue d&rsquo;Histoire de Dominique Venner. Il serait en contacts occasionnels avec une bonne partie de l&rsquo;extr&ecirc;me droite identitaire tout en refusant de manifester le moindre engagement par souci de l&rsquo;impact sur sa r&eacute;putation&hellip;">23</a></sup>, Bernard Carayon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_23_477" id="identifier_23_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien du GUD aujourd&rsquo;hui &agrave; l&rsquo;UMP, tendance droite dure puisqu&rsquo;il a rejoint la Droite Populaire. Il est &eacute;galement sp&eacute;cialiste de l&rsquo;Intelligence &eacute;conomique et c&rsquo;est &agrave; ce titre qu&rsquo;il participe &agrave; la revue.">24</a></sup> et d’autres, tous plus marqués à droite les uns que les autres… Par ailleurs, il se trouve que la sœur de Chatillon est mariée avec un catholique libanais, un Kataëb, membre du bureau politique des Forces Libanaises, ce qui ne milite évidemment pas en sa faveur, même si cela lui assure forcément des contacts sur place.</p>
<p>Enfin le soutien du GUD dirigé par Chatillon aux forces croates contre les Serbes et les Bosniaques au début des années 1990 durant les premières guerres de l’ex Yougoslavie pourrait aussi être un obstacle à de meilleures relations entre F. Chatillon et M. Eleftériadès. Ce dernier fût en effet plutôt proche, voire très proche, des Serbes, alors que du côté gudard, on s’engagea résolument « aux côtés des combattants croates contre les tchetniks ». Ne faisant pas dans la demi-mesure, ils rejoignirent les milices de Dobroslav Paraga du Parti du Droit qui déclarait que la milice HOS « accueille tous ceux qui sont prêts à combattre les communistes et les Serbes ». Parallèlement à l’engagement sur le terrain de certains, le GUD organisa à Paris un meeting « pour la Croatie nationaliste » le 19 décembre 1991, puis envoya une nouvelle délégation du Gud à Zagreb .<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/meeting_croatie_dec1991.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1579" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/meeting_croatie_dec1991.jpg" alt="meeting_croatie_dec1991" width="592" height="807" /></a></p>
<h3>Quand l&rsquo;hiver fut venu…</h3>
<p>Cet intérêt pour la Syrie et le Liban a évidemment un pendant économique car Chatillon et ses proches sont des chefs d’entreprise. Chatillon a créé Riwal Communication en mars 1995 avec un petit capital et trois associés : sa compagne Marie d’Herbais, Axel Loustau qu’on ne présente plus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_24_477" id="identifier_24_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sinon en quelques mots : fils de Fernand Loustau, fondateur de Normandy S&eacute;curit&eacute;, Axel a fait ses premi&egrave;res armes militantes au GUD aux c&ocirc;t&eacute;s de Chatillon. Durant la campagne des r&eacute;gionales de 1992, c&rsquo;est lui en particulier qui assurait la coordination entre Normandy et le GUD pour la fourniture de renforts au service d&rsquo;ordre du FN. Devenu administrateur de Normandy apr&egrave;s la mort de son p&egrave;re, il a &eacute;t&eacute; inqui&eacute;t&eacute; par la police dans le cadre de l&rsquo;enqu&ecirc;te sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de Tribune Juive en 1996. Il a &eacute;galement &eacute;t&eacute; par la suite candidat pour le FN, en particulier aux l&eacute;gislatives de 1997 dans les Hauts-de-Seine. Parall&egrave;lement &agrave; la transformation de Normandy en Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute;, il est devenu actionnaire de la SARL IDeveloppement, cr&eacute;atrice du site iencheres.com en 2001. En janvier 2011, Axel Loustau a revendu une partie de ses parts dans Vend&ocirc;me &agrave; une autre soci&eacute;t&eacute; de s&eacute;curit&eacute;, Colis&eacute;e S&eacute;curit&eacute;, dirig&eacute;e par Nicolas Chazot, devenant ainsi actionnaire minoritaire. Cela n&rsquo;emp&ecirc;che pas d&rsquo;y retrouver comme vigiles certaines figures montantes de la sc&egrave;ne nationaliste parisienne, de Baptiste Coquelle &agrave; S&eacute;bastien Vannier en passant par Alb&eacute;ric d&rsquo;Herbais, fr&egrave;re de Marie ou encore Tony Baroud, l&rsquo;ancien animateur des Jeunesses Libanaises Chr&eacute;tienne &agrave; Paris, aujourd&rsquo;hui reconverti dans le nouveau GUD d&rsquo;Edouard Klein.">25</a></sup> et Virginie Barlemont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_25_477" id="identifier_25_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Proche du GUD lors de ses &eacute;tudes au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, cette fille d&rsquo;un haut cadre du FN a elle-m&ecirc;me &eacute;t&eacute; candidate pour le FN dans la Sarthe dont elle est originaire avant de basculer avec son p&egrave;re dans l&rsquo;aventure m&eacute;gretiste du MNR &agrave; partir de 1999.">26</a></sup>. Mais depuis 1996, la société a connu plusieurs remaniements dans la distribution de son capital, au gré des cessions de parts. Dès 1996, Thomas Lagane remplace V. Barlemont puis des membres de la famille de Frédéric Chatillon intègrent le capital, celui-ci se limitant à Frédéric Chatillon et Axel Loustau à partir de 2005. Le capital de la société est demeuré longtemps le même avant que les deux associés ne se décident à une brutale augmentation en décembre 2009. Il est alors porté à hauteur de 180 000 euros, officiellement pour faire face à des difficultés de trésorerie de la société et amortir l’impact de la crise économique ainsi que pour financer le développement de l’activité sur des créneaux à fort potentiel. Le dernier bilan comptable déposé par la société remontant à 2006, il est bien évidemment difficile de juger de la réalité de ces justifications. Le chiffre d’affaire approchait alors 900 000 euros pour seulement plus de 20 000 euros de bénéfices, ce qui est loin d’être Byzance et signifie que la masse salariale et les frais généraux doivent être plus que conséquents. Par ailleurs les associés ont décidé d’ajouter de nouveaux noms commerciaux en sus des Éditions des Monts d’Arrée : Riwal Communication, Riwal l’Agence, Iona, Ivaos et Taliesin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_26_477" id="identifier_26_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Figure de la mythologie celte, barde et po&egrave;te.">27</a></sup> ainsi que d’étendre à l’étranger l’objet de la société : le conseil en communication, le marketing direct, l’édition de livres et revues. Sans guère de surprise, le premier pays à voir naître une antenne de la société a été… la Syrie ! Riwal Syria est installée à Damas et dirigée par Thiebault El Bakjaji. L’agence affiche déjà quelques références clients, dont bien sûr le ministère syrien du tourisme… Rien d’étonnant donc à ce que Riwal soit à l’origine de certaines campagnes de promotion de ce ministère<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_27_477" id="identifier_27_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir &agrave; ce propos. La correspondante du Minist&egrave;re du Tourisme en contact avec Chatillon s&rsquo;appelle Rania Kardahi, en charge du d&eacute;partement Promotion et c&rsquo;est Riwal qui g&egrave;re le site syrievoyage.fr qui est le site de promotion du Minist&egrave;re du Tourisme syrien depuis 2008.">28</a></sup>, du moins jusqu’aux événements récents survenus dans ce pays.</p>
<p>L’augmentation de capital s’est faite par apport de fonds personnels de Frédéric Chatillon et par intégration d’une nouvelle associée, au demeurant salariée de la société, Sighild Blanc. Née en 1982, Mlle Blanc n’est évidemment pas issue de la même génération militante que les anciens qui travaillent à Riwal, Chatillon ou Jildaz Mahé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_28_477" id="identifier_28_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fils d&rsquo;un journaliste c&eacute;l&egrave;bre de Paris-Match, qui fut un proche d&rsquo;Occident et prit des responsabilit&eacute;s dans un groupuscule Pour une Jeune Europe (cr&eacute;&eacute; lors de la scission d&rsquo;Occident par une faction oppos&eacute; &agrave; Alain Robert), puis participa &agrave; la cr&eacute;ation d&rsquo;Ordre Nouveau &agrave; contre coeur. Jildas est responsable du FNJ Paris au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 et intervenant &agrave; ce titre au grand meeting unitaire des &eacute;tudiants nationalistes &agrave; Paris le 30 novembre 1993 m&ecirc;me s&rsquo;il est d&eacute;j&agrave; un compagnon de route de Chatillon et du GUD. Rapidement rep&eacute;r&eacute; sur Paris I en Histoire, &laquo;bani&raquo; de Tolbiac en 1994 lors de sa deuxi&egrave;me ann&eacute;e de DEUG, il semble s&rsquo;&ecirc;tre reconverti en Droit. On le retrouve aux c&ocirc;t&eacute;s de Chatillon dans diverses initiatives politiques, d&rsquo;UDVS en 1998 &agrave; la PR de Soral au retour du voyage en Palestine fin ao&ucirc;t 2006 et lors de l&rsquo;invitation aux 59e journ&eacute;es de d&eacute;dicace de Science-Po d&eacute;but d&eacute;cembre 2006. Il n&rsquo;est cependant pas pour autant l&rsquo;ombre du grand Fred puisqu&rsquo;il ne suit que de loin certaines options de son camarade et patron.">29</a></sup>Mais on la retrouve comme directrice artistique dans toutes les activités de la société depuis le début des années 2000 et comme compagnon de route de certaines initiatives politiques des années 2000. Entre autres, elle participe à l’élaboration du Crazypack en 2003-2004, un emballage amovible pour paquet de cigarette pouvant servir de support publicitaire pour lequel Riwal reçoit une récompense de la profession. Ce travail est d’ailleurs accompli avec la collaboration de Gauthier Guillet dont nous avons déjà été amenés à parler par le passé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_29_477" id="identifier_29_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Apr&egrave;s&nbsp;l&rsquo;&eacute;pisode de 1996, Guillet fut un compagnon de route des M&eacute;gret sur Vitrolles, comme &eacute;lu municipal et adjoint &agrave; l&rsquo;urbanisme. Mais auparavant, les auteurs des Rats maudits rapportent comment il aurait &eacute;t&eacute; sauv&eacute; d&rsquo;une agression gauchiste par des militants iraniens &ndash; toujours l&rsquo;Iran ! &ndash; mais partisans du Shah. C&rsquo;&eacute;tait en 1982 ! Sighild Blanc a &eacute;galement travaill&eacute; en tant que directrice artistique avec une autre vieille connaissance de Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon, Erick Bonnier, photographe et directeur litt&eacute;raire des &eacute;ditions Encres d&rsquo;Orient qui comme leur nom l&rsquo;indique &eacute;ditent des ouvrages sur le Proche-Orient. Elles viennent en particulier de publier un ouvrage de Mohamed Siffaoui, journaliste alg&eacute;rien aux m&eacute;thodes controvers&eacute;es et dont on peut dire qu&rsquo;il est proche des milieux &ldquo;n&eacute;o-cons&rdquo;.">30</a></sup>. En 2005, elle est directrice de publication de <em>The Monde</em>, pastiche du quotidien du soir qui brocarde très largement la politique américaine et les positions souvent atlantistes du journal<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_30_477" id="identifier_30_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sighild Blanc a depuis laiss&eacute; sa place &agrave; Caroline H&eacute;naff, ancienne &ldquo;journaliste&rdquo; sur M6 et conaissance d&rsquo;Alain Soral, P.-E. Blanrue ainsi que de l&rsquo;&eacute;quipe de Riwal bien &eacute;videmment.">31</a></sup>. Mais on la retrouve également dans le bureau de l’association Envie de rêver, fondée en octobre 2007 par Serge Ayoub et qui marquait son retour sur la scène publique.</p>
<p>Cependant c’est évidemment son rôle dans la revue <em>Cigale</em> qui est le plus intéressant. <em>Cigale</em> est un mensuel gratuit distribué dans les boulangeries parisiennes depuis mars 2006. Son directeur de publication était alors Jildas Mahé et la société éditrice Dolmen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_31_477" id="identifier_31_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dolmen est une soci&eacute;t&eacute; don&rsquo;t l&rsquo;activit&eacute; principale d&eacute;clar&eacute;e est le conseil pour les affaires et la gestion, domicili&eacute;e au 39 rue Vineuse dans le XVIe arrdt de Paris mais qui a un statut de groupement de droit priv&eacute; non dot&eacute; de la personnalit&eacute; morale et qui n&rsquo;est pas inscrit au registre du commerce, ce qui emp&ecirc;che toute consultation publique des statuts. Cela n&rsquo;emp&ecirc;che pas pour des observateurs un peu attentifs de retrouver sa trace dans des activit&eacute;s politiques r&eacute;centes comme la publication de Au Front ou dans certaines activit&eacute;s de Riwal comme la fabrication du Crazy Pack.">32</a></sup> avant que ce rôle ne soit transféré à Taliesin. Se présentant comme un gratuit touche-à-tout, <em>Cigale Magazine</em> brouille les pistes en mélangeant habilement des univers différents. Dans les personnes qui éditent et participent au magazine tout d’abord. Une bonne partie de l’équipe, sans préjuger de leurs opinions politiques, ne présente pas d’engagement passé connu. Mais ce n’est pas le cas de tous et on reconnaît bien là la patte de Riwal. Taliesin a été fondée en août 2006 avec un petit capital de 10 000 euros par des associés qu’il n’est absolument pas étonnant de retrouver là : Jildas Mahé O’Chinal (245 parts), F. Chatillon (235), Françoise Cocault<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_32_477" id="identifier_32_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&egrave;re de Jildas Mah&eacute; O&rsquo;Chinal et d&eacute;j&agrave; associ&eacute;e par le pass&eacute; avec lui dans des SARL, en particulier Auto Net, dissoute en 2000.">33</a></sup> (25), Alain Lefebvre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_33_477" id="identifier_33_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Alain Lefebvre, n&eacute; en 1947, est un ancien militant de la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants Nationalistes (FEN) et &agrave; ce titre il contribuait aux Cahiers Universitaires, le journal du mouvement. En 1968, il compte parmi les membres fondateurs du GRECE et il participe tout naturellement &agrave; l&rsquo;aventure du Figaro magazine avec Alain de Benoist et d&rsquo;autres &laquo; grecistes&raquo;. En 1983, il fonde l&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&egrave;re Magazine hebdo alors qu&rsquo;il dirige le groupe Media qui comprend des titres aussi divers que l&rsquo;Officiel protection-s&eacute;curit&eacute;, dont il devient directeur de la r&eacute;daction avec Serge Ferrand comme r&eacute;dacteur en chef, ou La Tribune parlementaire et L&rsquo;Histoire magazine. Il s&rsquo;est &eacute;galement int&eacute;ress&eacute; &agrave; l&rsquo;univers de la publicit&eacute; en collaboration avec le journaliste Christian Blachas, animateur de l&rsquo;&eacute;mission Culture-Pub. En juillet 2009, l&rsquo;Express  a &eacute;voqu&eacute; un d&icirc;ner ayant eu lieu chez lui en compagnie d&rsquo;Albert Spaggiari et Marc-Edouard Nabe.">34</a></sup> (20), Riwal (10) et P. Peninque (465). Ce dernier est d’ailleurs désigné gérant de la société. En décembre 2008, il accepte de céder son poste à Christophe Collet «<em>… en raison du projet de développement d’une télévision sur Internet accessible sur le téléphone mobile, secteur dont il est un expert reconnu.</em> » L’opération s’accompagne d’une augmentation de capital et c’est une société danoise, Mulvaney’s Ejendomme ApS, qui n’est qu’une filiale d’une SEP dirigée par Peninque, Artec, qui devient actionnaire majoritaire en rachetant les parts de Jildas Mahé, F. Chatillon, Riwal et Peninque lui-même.<br />
En juin 2009, la société continue à se développer en faisant entrer dans son capital un fonds d’investissement nommé Octans Investissements SCA, domicilié 39 rue Vineuse ainsi que trois nouveaux actionnaires. Le capital social de Taliesin est dorénavant de 100 000 € réparti entre Françoise Cocault, Alain Lefebvre, Mulvaney’s Ejendomme, Christophe Collet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_34_477" id="identifier_34_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En f&eacute;vrier 2011, Christophe Collet c&egrave;de ses parts &agrave; la soci&eacute;t&eacute; BIRDEE (dont il est le g&eacute;rant !! et au capital de 299.017,50 &euro;).">35</a></sup>, Eric Le Gall, Alexis Sainte Marie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_35_477" id="identifier_35_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre de la r&eacute;daction de Cigale. Il a r&eacute;alis&eacute; un entretien avec Alain de Benoit pour le Cigale d&rsquo;octobre 2009, mais qui n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; publi&eacute;e.">36</a></sup>, Guy Thion de la Chaume et Octans Investissements. Dirigée par Philippe Nguyen-Cong-Duc<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_36_477" id="identifier_36_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette soci&eacute;t&eacute; de Philippe Nguyen-Cong-Duc Philippe brasse &eacute;norm&eacute;ment d&rsquo;argent (on parle en millions d&rsquo;euros). Un exemple : cette soci&eacute;t&eacute; au capital de 2.868.570 &euro; dont il est le dirigeant et qui porte un nom assez &eacute;vocateur non ? :&laquo; M. NGUYEN-CONG-DUC Philippe est n&eacute;(e) le 31.01.1958 et est president de la soci&eacute;t&eacute; COMPAGNIE EUROPEENNE DE LUXE ET TRADITION OU CELT SAS. &raquo;">37</a></sup>, cette société est à distinguer d’Octans Gestion, dont l’adresse est la même, mais qui est dirigée par Philippe Peninque<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_37_477" id="identifier_37_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Philippe Peninque est investi dans de tr&egrave;s nombreuses soci&eacute;t&eacute;s. L&rsquo;une d&rsquo;elles &eacute;tait une soci&eacute;t&eacute; immobili&egrave;re du nom de SCI La Rumine. Il y &eacute;tait associ&eacute; avec un autre ancien du GUD des ann&eacute;es 1974 76 du nom de Lionel Queudot qui dirigeait entre autre une fiduciaire en suisse. Son nom a &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute; dans l&rsquo;affaire du faux passeport de Sirven puisque c&rsquo;est lui qui aurait achet&eacute; un vrai passeport &agrave; un ancien camarade, ex-gudard et ex-membre de l&rsquo;&eacute;quipe de Bob Denard. C&rsquo;est avec ce passeport que Sirven se serait enfui aux Philippines.
">38</a></sup>. On retrouve d’ailleurs celle-ci dans l’augmentation récente de capital de la <em>Lettre Sentinel</em>, son directeur Christophe Boucher justifiant son choix par le fait que Octans Gestion “partage notre [la Lettre Sentinel. NDLR] vision du long terme comme nos objectifs éditoriaux”. On ne saurait mieux dire. Le 39 rue Vineuse et le 36 rue Scheffer sont décidemment un tout petit monde…</p>
<p>Dans l’équipe de rédaction, certains profils sont tout aussi marqués. On y retrouve Françoise Cocault sous le nom de Françoise Lemoine comme directrice de la rédaction après avoir travaillé plus de vingt ans au <em>Figaro</em> mais également son fils Jildaz dans les différents postes possibles, de directeur de la publication à simple collaborateur<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_38_477" id="identifier_38_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Depuis ce printemps 2011, l&rsquo;OURS du magazine a vu dispara&icirc;tre tous les noms des personnes que nous citons &agrave; l&rsquo;exception de Fran&ccedil;oise Lemoine qui demeure directrice de la r&eacute;daction.">39</a></sup>. Le rédacteur en chef est par ailleurs depuis le numéro un Christian Rol<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_39_477" id="identifier_39_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf note pr&eacute;c&eacute;dente, ce qui a peut-&ecirc;tre un rapport avec la sortie de l&rsquo;ouvrage de Maxime Brunerie.">40</a></sup>. Ancien de Troisième Voie et du GRECE, son dernier fait d’armes est d’avoir co-écrit le livre de “mémoires” de Maxime Brunerie, livre qui a soulevé quelques légitimes <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/05/14/maxime-brunerie-un-livre-ambivalent/" target="_blank">interrogations</a><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_40_477" id="identifier_40_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un vieux fond d&rsquo;&eacute;ducation chr&eacute;tienne nous poussera &agrave; faire preuve de charit&eacute; envers le pr&eacute;facier de l&rsquo;ouvrage, l&rsquo;ineffable Bourseiller, qui a rat&eacute; une fois de plus l&rsquo;occasion de ne pas se ridiculiser.">41</a></sup>. Mais on croise aussi, le temps de quelques numéros, d’autres figures connues. C’est le cas par exemple d’Alexandre Parmentier, qui fut en charge de la publicité et qui a fréquenté les groupuscules radicaux parisiens depuis le début des années 2000 : Unité Radicale, Jeunesses Identitaires… Il est d’ailleurs le compagnon de Marie-Céline Bruneaut, ancienne militante et candidate du MNJ-MNR, du FN mais aussi des JI et du Bloc Identitaire. D’une génération bien antérieure, on peut citer Minh Tran Long qui avec son frère Yann militait à la fin des années 1970 à la FANE avant de s’engager dans la Légion Étrangère et qui a assuré une chronique NTIC dans <em>Cigale</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_41_477" id="identifier_41_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sous la signature du &ldquo;v&eacute;n&eacute;rable Minh tran Long&rdquo;.">42</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Cigale_Minh_Tran_Long.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1580" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Cigale_Minh_Tran_Long-1024x296.jpg" alt="Cigale_Minh_Tran_Long" width="474" height="137" /></a></p>
<p>Le contenu est à <a href="http://www.cigalemag.com/magazine/index.htm" target="_blank">l’avenant</a>. Bien sûr, <em>Cigale</em> parle de beaucoup de choses, sans que l’on puisse noter une quelconque orientation politique et ses animateurs ne manqueront pas de le faire remarquer. C’est un gratuit qui est là pour récolter des recettes publicitaires et assurer des publi-reportages soignés et gratifiants pour les entreprises concernées ou les lieux évoqués. Disons-le tout net : le but est atteint et <em>Cigale</em> est une excellente démonstration du savoir-faire de Riwal en terme de communication.<br />
Cependant il n’est guère difficile pour un lecteur averti de déceler, au fil des numéros, des petites manifestations de l’ancrage politique des concepteurs de <em>Cigale</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Cigale_Michel_Elefteriades_1_.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1581" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Cigale_Michel_Elefteriades_1_-1024x475.jpg" alt="Cigale_Michel_Elefteriades_1_" width="474" height="219" /></a><br />
Parmi de multiples exemples : articles réguliers sur l’actualité de la Fondation Bardot qui figure depuis longtemps dans les références clients de Riwal Communication et dont la fondatrice clame depuis aussi longtemps son amitié pour Jean-Marie Le Pen, promotion de lieux emblématiques comme le domaine de Grand’Maisons<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_42_477" id="identifier_42_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Domaine des Yvelines qui est la propri&eacute;t&eacute; de catholiques traditionnalistes et qui sert de lieu d&rsquo;accueil pour une multitude de r&eacute;unions d&rsquo;extr&ecirc;me droite depuis une bonne d&eacute;cennie, de Renaissance Catholique &agrave; Terre &amp; Peuple en passant par &Eacute;galit&eacute; &amp; R&eacute;conciliation.">43</a></sup> à Villepreux ou de produits très tendances tel que « Pur Rosée » de Didier Sicot<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_43_477" id="identifier_43_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sicot dirigeait auparavant une boite de s&eacute;curit&eacute; Body S&eacute;curit&eacute; Priv&eacute;e et a &eacute;t&eacute; incarc&eacute;r&eacute; au moment de l&rsquo;affaire Elf- Sirven pour vol de scell&eacute;es &agrave; la brigade financi&egrave;re ; il organise deux voyages d&rsquo;Alfred Sirven en France alors qu&rsquo;il est recherch&eacute; et a &eacute;t&eacute; l&rsquo;ancien garde du corps de Loic Le Floc Prigent et Christine Deviers Joncour maitresse de Dumas.">44</a></sup>, publicité pour la société spécialisée dans l’événementiel Crossroads, fondée et dirigée par Minh Tran long déjà cité ci-dessus, ou un projet internet fumeux de Michel Eleftériadés, nowheristan.org.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/cover_108-fe9b3.jpg"><img class="alignleft wp-image-1582" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/cover_108-fe9b3.jpg" alt="cover_108-fe9b3" width="200" height="274" /></a>Et numéro spécial sur la Syrie en 2008. Bien sûr, là aussi, Cigale a déjà évoqué de très nombreuses destinations touristiques. Mais ce numéro dithyrambique sur la Syrie ne sort pas de nulle part et peu de numéros du magazine ont été aussi complets sur une proposition de voyage…</p>
<h3>Et la politique bordel ?</h3>
<p>Quel commentaire politique peut-on faire sur tous ces éléments factuels ? À l’évidence, il est difficile de cerner un projet clair à partir de toutes ces initiatives mélangeant politique, show-bizness et intérêts financiers. Surout lorsqu’on rajoute d’autres éléments comme la proximité jamais démentie entre Chatillon, ses amis et Marine Le Pen.<br />
Chatillon n’est pas un idéologue et s’il est souvent présenté comme un NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_44_477" id="identifier_44_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationaliste-R&eacute;volutionnaire">45</a></sup> par des journalistes ou des « spécialistes de l’extrême droite », il n’en conserve apparemment qu’un nombre limité de fondamentaux : aversion affichée envers le monde juif et admiration toute aussi évidente pour certains régimes politiques nationalistes et socialistes européens des années 1930<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_45_477" id="identifier_45_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Outre Les rats maudits, les &eacute;ditions des Monts d&rsquo;Arr&eacute;e publi&egrave;rent &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque une plaquette sur la r&eacute;publique sociale italienne, c&rsquo;est-&agrave;-dire le dernier r&eacute;duit mussolinien, appel&eacute;e r&eacute;publique de Salo.">46</a></sup>. Il se trouve que le régime baasiste réunit ces deux dimensions même si l’idéologie baasiste n’est plus depuis longtemps qu’un aimable folklore politique à la “Potemkine”<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_46_477" id="identifier_46_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Auquel Chatillon n&rsquo;est pas le seul &agrave; se r&eacute;f&eacute;rer, en t&eacute;moigne cet&nbsp;article estival de Christian Bouchet.">47</a></sup>. Les liens avec la famille Tlass font le reste… En France, cette farouche hostilité à Israël et à la judéité en général est sans doute la seule ligne politique un tant soit peu constante de la bande à Chatillon depuis les années 1990. Cela explique sa présence dans des manifestations comme celle contre l’intervention israélienne à Gaza en janvier 2009 ou un intérêt récurrent pour la question du révisionnisme, d’<a href="http://reflexes.samizdat.net/politique/">UDVS</a> créée avec Roger Garaudy au procès de Dieudonné pour contestation de crimes contre l’humanité en présence des frères Faurisson.</p>
<div id="attachment_1583" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudonne_Chatillon_Loustau_Skandrani.jpg"><img class="size-full wp-image-1583" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudonne_Chatillon_Loustau_Skandrani.jpg" alt="Janvier 2009, manif pour Gaza durant l’opération &quot;Plomb durci&quot;, F. Chatillon et A. Lousteau accompagnent Dieudo et Ginette Skandrani lors d’une très brève apparition dans le cortège du Collectif Cheick Yassine, les seuls suceptibles de les accueillir, et surtout de laisser le micro à Dieudonné comme le fit Nelly Leboucher, l’épouse convertie du gourou du collectif Abdelhakim Sefrioui. " width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Janvier 2009, manif pour Gaza durant l’opération &laquo;&nbsp;Plomb durci&nbsp;&raquo;, F. Chatillon et A. Lousteau accompagnent Dieudo et Ginette Skandrani lors d’une très brève apparition dans le cortège du Collectif Cheick Yassine, les seuls suceptibles de les accueillir, et surtout de laisser le micro à Dieudonné comme le fit Nelly Leboucher, l’épouse convertie du gourou du collectif Abdelhakim Sefrioui.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1584" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chatillon_Dieudonne_et_Faurisson.jpg"><img class="size-full wp-image-1584" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chatillon_Dieudonne_et_Faurisson.jpg" alt="2009, théâtre de la Main d’Or : Chatillon, Dieudo et Faurisson, à qui l’ont vient certainement d’expliquer que cette photo n’existe pas et que cette rencontre n’a jamais eu lieu !!" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">2009, théâtre de la Main d’Or : Chatillon, Dieudo et Faurisson, à qui l’ont vient certainement d’expliquer que cette photo n’existe pas et que cette rencontre n’a jamais eu lieu !!</p></div>
<p>On aura bien sûr beau jeu de nous opposer la présence de Chatillon et de ses amis à une multitude de manifestations, les dernières en date étant par exemple celles du 9 mai 2010 avec Axel Loustau ou le 8 mai 2011<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_47_477" id="identifier_47_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jildaz Mah&eacute; y &eacute;tait seul, la petite bande ayant s&eacute;v&egrave;rement arros&eacute; l&rsquo;anniversaire d&rsquo;Axel Loustau sur une p&eacute;niche la veille au soir&hellip;">48</a></sup>, ou encore l’apéro saucisson-pinard du 18 juin 2010 ou la manifestation de l’Autre Jeunesse, c’est-à-dire les ex-Jeunesses Identitaires le 23 octobre 2010. Mais si cette très courte liste peut sembler incohérente, elle ne fait que refléter une autre constante de Chatillon, Loustau et cie, qui est d’essayer d’être la référence occulte de tout ce qui se monte ou se déroule sur Paris. Cette prétention n’est pas usurpée puisque les années 2000 ont vu défiler auprès de Chatillon et Loustau tout ce que Paris a vu se créer comme nouveaux mouvements droitistes, des Jeunesses Identitaires<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_48_477" id="identifier_48_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Exemple, la soir&eacute;e des Lambdas au printemps 2009 qui &eacute;tait pr&eacute;sent&eacute; en interne comme &laquo; une soir&eacute;e de Gala destin&eacute;e &agrave; pr&eacute;senter les militants identitaires &agrave; nos soutiens (financiers ou autres) et aux anciens afin de r&eacute;colter quelques menus argents &raquo;. Mais il y eut &eacute;galement un petit nombre de rencontres lors de repas entre les &laquo; Anciens &raquo; et les dirigeants des JI Paris, Ga&euml;tan Bertrand en particulier.">49</a></sup> au néo-GUD en passant par Pro Patria<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_49_477" id="identifier_49_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le petit groupe NR se r&eacute;unissait dans le sous-sol d&rsquo;un local de Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute; dans le XVIe arrdt de Paris">50</a></sup>. Ce qui était recherché auprès des « Anciens » comme ils sont appelés n’était d’ailleurs pas tant la caution politique que les moyens financiers et matériels dont dispose la fine équipe. Mais toutes ces tentatives ont en général fait long feu, les « Anciens » rechignant à soutenir ce qu’ils ne contrôlent pas totalement.</p>
<p>Ce tropisme pour le Proche-Orient de la clique Chatillon engage-t-il politiquement Marine Le Pen ? La réponse est évidemment oui et non, la réciproque étant également vraie. Si Chatillon est un ami de la présidente du FN et un prestatire de services<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_50_477" id="identifier_50_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il semble &eacute;vident que les perspectives &eacute;lectorales de Marine Le Pen suffisent &agrave; expliquer la pr&eacute;sence renforc&eacute;e de Riwal dans l&rsquo;orbite de la pr&eacute;sidente du FN car ce sont &eacute;galement des perspectives financi&egrave;res. Cela justifie largement de passer sur des d&eacute;saccords politiques. Gageons qu&rsquo;au gr&eacute; des sondages positifs, le FN va redevenir un p&ocirc;le attractif pour une grande partie des militants d&rsquo;extr&ecirc;me droite.">51</a></sup>, il n’en est pas un conseiller et une partie non négligeable des orientations du FN ne correspond pas à ses choix personnels. Pour autant, cela n’exclut pas une influence ponctuelle comme a pu le montrer la création du matériel de propagande de la campagne 2007 et l’orientation générale de celle-ci. D’ailleurs au congrès de Tours en janvier dernier, Riwal avait installé ses bureaux au deuxième étage du bâtiment utilisé par le parti pour ses débats. Chatillon aime avant tout être près de ce qui brille, tout en ayant l’impression de tirer les ficelles. Cela explique largement ce grand écart apparent entre la proximité avec le FN marinisé et ses options politiques.<br />
Par ailleurs, si Chatillon n’est pas un conseiller de Marine Le Pen, Philippe Peninque en est un. C’est lui qui s’est par exemple chargé ces dernières années des manœuvres d’approche en direction des milieux susceptibles de travailler avec la future présidente du FN, comme le 19 octobre 2009 lorsqu’il a appelé Fabrice Robert pour lui proposer de le rencontrer car selon lui, il n&rsquo;y avait plus que Marine et le Bloc Identitaire, soit des « gens intelligents en rupture avec l&rsquo;extrême-droite », ce qui imposait qu&rsquo;à terme, un accord politique soit conclu entre le Bloc et Marine Le Pen, en particulier pour s&rsquo;entendre localement pour des élections&#8230; Difficile de croire, étant donnée la proximité entre Frédéric Chatillon et Philippe Peninque, que les deux hommes n’échangent pas de points de vue politiques.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Le_pirate_vous_salue_bien-4-c4541.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1585" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Le_pirate_vous_salue_bien-4-c4541.jpg" alt="Le_pirate_vous_salue_bien----4-c4541" width="234" height="283" /></a></p>
<p>Les mois à venir nous diront si les amitiés syriennes de Frédéric Chatillon sont devenues plus qu’une anecdote pour une direction du FN aspirant à autre chose qu’au rôle dans lequel le fondateur du FN s’est complu à demeurer et dont le barnum chatillonesque est une manifestation parmi d’autres.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_477" class="footnote">Nous ne ferons aucun commentaire sur des rumeurs récentes et d’ordre privé, même si elles auront forcément des implications politiques.</li><li id="footnote_1_477" class="footnote">Chatillon a en particulier sauvé la mise de “l’artiste” le soir du 1er tour de l’élection présidentielle d’avril 2007 lors de la fête qui se tenait au siège du FN et durant laquelle un petit groupe de hooligans semblait vouloir lui faire un mauvais parti.</li><li id="footnote_2_477" class="footnote">Article paru dans le n°2368 de <em>Minute</em></li><li id="footnote_3_477" class="footnote">J.-M. Molitor nous sert en l’occurrence une aimable galéjade, Novopress étant rien moins qu’une agence de presse et a fortiori indépendante.</li><li id="footnote_4_477" class="footnote">Qui tous deux, et sans surprise, ont répondu aux questions du site Info-Syrie.</li><li id="footnote_5_477" class="footnote">Il semble que Philippe Peninque ait été pressenti pour devenir SG du FN en septembre 2009 en remplacement de Louis Aliot, à l’instar de trois autres personnalités en l’occurrence Michel Guiniot, Jean-François Jalkh et Steeve Briois. L’évocation de cette éventualité par <em>Minute</em>, sans citer d’ailleurs les noms des pressentis, valut à l’hebdomadaire un droit de réponse furibard de Jean-Marie Le Pen : “<em>Monsieur,<br />
Mis en cause dans un article de votre hebdomadaire du mercredi 23 septembre 2009 consacré à la liberté de la presse, vous faites état d’informations qui sont fausses. […] Vous écrivez, en effet, que le Secrétaire Général du Front National ignore qu’au moins quatre Cadres ont été approchés pour lui succéder. Vous admettrez qu’il n’y a que le Président du Front National qui puisse faire de telles démarches. Or, je pose à cette affirmation un démenti formel.<br />
Il suffirait pour établir votre bonne foi, qui a peut-être été surprise, que vous publiiez les noms, non pas de votre informateur, il est couvert par la confidentialité des sources, mais des quatre personnes qui auraient été sollicitées pour occuper le poste de Secrétaire Général. Peut-être auriez-vous pu m’interroger sur le sujet ?<br />
Sentiments sincères. Jean-Marie LE PEN</em> »<br />
Pour autant, Peninque semble être accusé par certains cadres du parti d&rsquo;avoir ruiner le Front car c&rsquo;est sur ses conseils que Le Pen aurait refusé de payer Fernand Le Rachinel dans le conflit l’opposant à l’ancien imprimeur du FN.</li><li id="footnote_6_477" class="footnote">Article cité.</li><li id="footnote_7_477" class="footnote">Ce n’est en fait pas le seul instant, en témoignent les photos inédites que nous publions ici. D’ailleurs, ce ne fut pas le seul instant même à l’époque puisque <em>quibla.net</em>, un site animé par Fausto Guidice, publia à l’époque sous le pseudo d&rsquo;Ayman El Kayman une photographie de Chatillon, Dieudonné et un cadre du Hezbollah pour mieux dénoncer les accointances entre Dieudonné et l’ancien Gudard.</li><li id="footnote_8_477" class="footnote">Une des principales scène culturelle de Beyrouth, où se produisent des artistes aussi divers et variés que Bernard Lavilliers, Jane Birkin, les Têtes Raides, Gnawa Diffusion… et Dieudonné.</li><li id="footnote_9_477" class="footnote">Sur le général Mustapha Tlass, voir <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">ici</a> ou encore “<em>Petite leçon de dictature Made in Syria</em>” dans <em>Der Spiegel</em>, 2005, repris par <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2005/03/10/petite-lecon-de-dictature-made-in-syria" target="_blank"><em>Le Courrier International</em></a>, où l’on découvre, entre autre, le goût prononcé pour la décoration d’intérieur du Général puisque dans son salon, au milieu des portraits de famille figure “ […]<em> deux petits dessins à la craie représentant des fleurs sauvages, signés… Adolf Hitler.</em>” </li><li id="footnote_10_477" class="footnote">Michel Eleftériadés a une notice <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_%C3%89l%C3%A9ft%C3%A9riad%C3%A8s" target="_blank">wikipedia</a> </li><li id="footnote_11_477" class="footnote">Le Mouvement Unifié des Résistances fut un mouvement nationaliste dirigé par Michel Aoun, composé de chrétiens, opposé à la fois à l’occupation syrienne du Liban et aux forces libanaises de Samir Geagea. Le Mouvement n’existe plus et a été remplacé par le Courant Patriotique Libre (CPL), allié du Hezbollah.</li><li id="footnote_12_477" class="footnote">En avril 2010 après une conférence internationale de soutien à la libération du militant communiste et internationaliste Georges Ibrahim Abdallah, membre des FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises) emprisonné en France depuis 1984 et libérable depuis 2002 (cf <a href="http://liberonsgeorges.over-blog.com" target="_blank">blog</a> du Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah.</li><li id="footnote_13_477" class="footnote">Avocat en France d’Anis Naccache.</li><li id="footnote_14_477" class="footnote">On peut rappeler à ce titre la conférence de l’ambassadeur d’Iran en France Seyed Mehdi Miraboutalebi au Doux Raisins organisée par l’hebdomadaire <em>Flash</em> ou encore son interview donnée à <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. Tout comme les fanfaronnades de Blanrue prétendant avoir été reçu dans cette même ambassade. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’est rendu en novembre dernier au festival du court-métrage et du documentaire de Téhéran en compagnie d’Olivier Mukuna (journaliste belge proche de Dieudonné), Thierry Meyssan ou encore <a href="http://reflexes.samizdat.net/proces-dieudonne-faurisson-la-cour-des-miracles-negationnistes/">Claudio Moffa</a>. Blanrue dont on se souvient par ailleurs le rôle auprès de Dieudonné.</li><li id="footnote_15_477" class="footnote">Frédéric Chatillon et d’autres individus travaillant habituellement chez Vendôme Sécurité ont en particulier déjà accompagné Jacques Vergès lors de voyages au Liban, celui redoutant une « agression sioniste ». Chatillon semble également jouer ce rôle en France puisqu’on a pu le voir le 10 mars 2010 à l’émission de F. Taddeï<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chat_Tadei__10mars2010.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1576" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chat_Tadei__10mars2010.jpg" alt="Chat_Tadei__10mars2010" width="425" height="246" /></a><br />
qui avait pour sujet « justice internationale ou injustice internationale », avec notamment J. Vergès et GW Goldnadel.</li><li id="footnote_16_477" class="footnote">Roland Dumas n’est depuis longtemps plus trop regardant sur l’étiquette politique des hommes ou des structures qu’il fréquente. Ce printemps 2011 l’aura ainsi vu accorder trois pages d’entretien au journal <em>Flash</em> et surtout participer à la fête de Radio Courtoisie pour dédicacer son livre de mémoires, flanqué d’un “garde du corps” un peu particulier puisqu’il s’agissait de l’ineffable néo-nazi Baptiste Coquelle qui travaille pour Vendôme Sécurité, en charge de la sécurité de la fête de la Courtoisie. Ce qu’ignorait certainement Roland Dumas. Mais le monde est petit et les coïncidences infinies…</li><li id="footnote_17_477" class="footnote">Doux euphémisme, puisque Roland Dumas entretint une relation avec la fille du Général Tlass, Nahed Ojjed, du temps où il était ministre des Affaires Etrangères, ce qui pour certains “services” créa de réelles inquiétudes. Cette dernière, via la Fondation Tlass (basé au Lichenstein) proposa de financer un scanner d’un montant de huit millions de francs pour l’hôpital de Sarlat en Dordogne, fief électoral de Dumas. Cette affaire s’ébruitant dans la presse il perdit les élections législatives de 1993 et se vit attribuer le surnom de « Lion de la Tlass ». Malgré tout il eut le temps d’établir via la fille, et surtout via son père Mustapha Tlass, un contact direct avec le Président Hafez el Assad qui déboucha sur deux rendez-vous officieux. Plus récemment, c’est le fils et nouveau maitre de la Syrie Bachar el Assad qui l’a invité lors de son passage à Paris. Dans l’interview qu’il donne ce mois à <em>Info-Syrie</em>, Dumas évoque ces entrevues en ces termes : « J’ai obtenu mon premier rendez-vous avec le président syrien par l’intermédiaire d’un ami commun, ancien camarade de combat d’Hafez el-Assad, un général syrien » sans toutefois évoquer le nom de Mustapha Tlass, il n’a pas cette pudeur virginale dans ses mémoires, parlant d’un homme « très francophile » qui « avait du chic et du charme ». Les esprits pervers tels que le nôtre se demanderont tout de même qu’est-ce qui peut amener un homme, à 1re vue sain d’esprit, résistant, fils de résistant fusillé par les nazis, à considérer un des principaux pourvoyeurs d’écrits antisémites et négationnistes – par le biais de sa maison d’édition Dar Tlass sise à Damas &#8211; comme un ami charmant ?</li><li id="footnote_18_477" class="footnote">Il ne manque d’ailleurs jamais une occasion de rappeler son passé à l’extrême gauche, où sa proximité avec certains partis communistes, notamment dans l’interview qu’il donna en avril dernier pour le site Egalité &amp; Réconciliation.</li><li id="footnote_19_477" class="footnote"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/sentinel_commande.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1578" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/sentinel_commande.jpg" alt="sentinel_commande" width="600" height="849" /></a></li><li id="footnote_20_477" class="footnote">Spéciale mention au « Frédéric Dalle » (= Que dalle) de la page « contacts » du site Riwal Communications :<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Riwal_l_equipe-2.gif"><img class="alignleft wp-image-1577" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Riwal_l_equipe-2.gif" alt="Riwal_l_equipe-2" width="600" height="206" /></a><br />
Page aujourd’hui disparue. Le besoin de discrétion se faisant cruellement sentir, les noms ont été remplacés par les fonctions occupées dans l’entreprise.</li><li id="footnote_21_477" class="footnote">Président du fantomatique <em>Observatoire international du terrorisme</em> et président du conseil stratégique de <em>Sentinel</em>. Lire à ce sujet le très documenté <em>Au nom du 11 septembre… Les démocraties à l’épreuve de l’antiterrorisme</em> de Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe aux éditions La Découverte, et plus précisément le chapitre &laquo;&nbsp;Armer les esprits : le business des &laquo;&nbsp;experts&nbsp;&raquo; à la télévision française&nbsp;&raquo;.</li><li id="footnote_22_477" class="footnote">Professeur au Collège interarmées, mis à l’écart par son ministre de tutelle, c-a-d- la Défense, et tout récemment réintégré, occasionnellement collaborateur de l’<em>Afrique Réelle</em> de Bernard Lugan ou encore de la <em>Nouvelle Revue d’Histoire</em> de Dominique Venner. Il serait en contacts occasionnels avec une bonne partie de l’extrême droite identitaire tout en refusant de manifester le moindre engagement par souci de l’impact sur sa réputation&#8230;</li><li id="footnote_23_477" class="footnote">Ancien du GUD aujourd’hui à l’UMP, tendance droite dure puisqu’il a rejoint la Droite Populaire. Il est également spécialiste de l’Intelligence économique et c’est à ce titre qu’il participe à la revue.</li><li id="footnote_24_477" class="footnote">Sinon en quelques mots : fils de Fernand Loustau, fondateur de Normandy Sécurité, Axel a fait ses premières armes militantes au GUD aux côtés de Chatillon. Durant la campagne des régionales de 1992, c’est lui en particulier qui assurait la coordination entre Normandy et le GUD pour la fourniture de renforts au service d’ordre du FN. Devenu administrateur de Normandy après la mort de son père, il a été inquiété par la police dans le cadre de l’enquête sur la tentative d’attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996. Il a également été par la suite candidat pour le FN, en particulier aux législatives de 1997 dans les Hauts-de-Seine. Parallèlement à la transformation de Normandy en Vendôme Sécurité, il est devenu actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001. En janvier 2011, Axel Loustau a revendu une partie de ses parts dans Vendôme à une autre société de sécurité, Colisée Sécurité, dirigée par Nicolas Chazot, devenant ainsi actionnaire minoritaire. Cela n’empêche pas d’y retrouver comme vigiles certaines figures montantes de la scène nationaliste parisienne, de Baptiste Coquelle à Sébastien Vannier en passant par Albéric d’Herbais, frère de Marie ou encore Tony Baroud, l’ancien animateur des Jeunesses Libanaises Chrétienne à Paris, aujourd’hui reconverti dans le nouveau GUD d’Edouard Klein.</li><li id="footnote_25_477" class="footnote">Proche du GUD lors de ses études au début des années 1990, cette fille d’un haut cadre du FN a elle-même été candidate pour le FN dans la Sarthe dont elle est originaire avant de basculer avec son père dans l’aventure mégretiste du MNR à partir de 1999.</li><li id="footnote_26_477" class="footnote">Figure de la mythologie celte, barde et poète.</li><li id="footnote_27_477" class="footnote"><a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2009/12/18" target="_blank">Voir à ce propos</a>. La correspondante du Ministère du Tourisme en contact avec Chatillon s’appelle Rania Kardahi, en charge du département Promotion et c’est Riwal qui gère le site <em>syrievoyage.fr</em> qui est le site de promotion du Ministère du Tourisme syrien depuis 2008.</li><li id="footnote_28_477" class="footnote">Fils d’un journaliste célèbre de <em>Paris-Match</em>, qui fut un proche d&rsquo;Occident et prit des responsabilités dans un groupuscule Pour une Jeune Europe (créé lors de la scission d&rsquo;Occident par une faction opposé à Alain Robert), puis participa à la création d&rsquo;Ordre Nouveau à contre coeur. Jildas est responsable du FNJ Paris au début des années 1990 et intervenant à ce titre au grand meeting unitaire des étudiants nationalistes à Paris le 30 novembre 1993 même s&rsquo;il est déjà un compagnon de route de Chatillon et du GUD. Rapidement repéré sur Paris I en Histoire, «bani» de Tolbiac en 1994 lors de sa deuxième année de DEUG, il semble s’être reconverti en Droit. On le retrouve aux côtés de Chatillon dans diverses initiatives politiques, d&rsquo;UDVS en 1998 à la PR de Soral au retour du voyage en Palestine fin août 2006 et lors de l’invitation aux 59e journées de dédicace de Science-Po début décembre 2006. Il n&rsquo;est cependant pas pour autant l&rsquo;ombre du grand Fred puisqu&rsquo;il ne suit que de loin certaines options de son camarade et patron.</li><li id="footnote_29_477" class="footnote">Après <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">l’épisode de 1996</a>, Guillet fut un compagnon de route des Mégret sur Vitrolles, comme élu municipal et adjoint à l’urbanisme. Mais auparavant, les auteurs des Rats maudits rapportent comment il aurait été sauvé d’une agression gauchiste par des militants iraniens – toujours l’Iran ! – mais partisans du Shah. C’était en 1982 ! Sighild Blanc a également travaillé en tant que directrice artistique avec une autre vieille connaissance de Frédéric Chatillon, Erick Bonnier, photographe et directeur littéraire des éditions Encres d’Orient qui comme leur nom l’indique éditent des ouvrages sur le Proche-Orient. Elles viennent en particulier de publier un ouvrage de Mohamed Siffaoui, journaliste algérien aux méthodes controversées et dont on peut dire qu’il est proche des milieux “néo-cons”.</li><li id="footnote_30_477" class="footnote">Sighild Blanc a depuis laissé sa place à Caroline Hénaff, ancienne “journaliste” sur M6 et conaissance d’Alain Soral, P.-E. Blanrue ainsi que de l’équipe de Riwal bien évidemment.</li><li id="footnote_31_477" class="footnote">Dolmen est une société don’t l’activité principale déclarée est le conseil pour les affaires et la gestion, domiciliée au 39 rue Vineuse dans le XVIe arrdt de Paris mais qui a un statut de groupement de droit privé non doté de la personnalité morale et qui n’est pas inscrit au registre du commerce, ce qui empêche toute consultation publique des statuts. Cela n’empêche pas pour des observateurs un peu attentifs de retrouver sa trace dans des activités politiques récentes comme la publication de Au Front ou dans certaines activités de Riwal comme la fabrication du Crazy Pack.</li><li id="footnote_32_477" class="footnote">Mère de Jildas Mahé O’Chinal et déjà associée par le passé avec lui dans des SARL, en particulier Auto Net, dissoute en 2000.</li><li id="footnote_33_477" class="footnote">Alain Lefebvre, né en 1947, est un ancien militant de la Fédération des Étudiants Nationalistes (FEN) et à ce titre il contribuait aux <em>Cahiers Universitaires</em>, le journal du mouvement. En 1968, il compte parmi les membres fondateurs du GRECE et il participe tout naturellement à l’aventure du <em>Figaro magazine</em> avec Alain de Benoist et d&rsquo;autres « grecistes». En 1983, il fonde l&rsquo;éphémère <em>Magazine hebdo</em> alors qu&rsquo;il dirige le groupe Media qui comprend des titres aussi divers que l’<em>Officiel protection-sécurité</em>, dont il devient directeur de la rédaction avec Serge Ferrand comme rédacteur en chef, ou <em>La Tribune parlementaire</em> et <em>L&rsquo;Histoire magazine</em>. Il s’est également intéressé à l’univers de la publicité en collaboration avec le journaliste Christian Blachas, animateur de l’émission Culture-Pub. En juillet 2009, <em>l’Express </em> a évoqué un dîner ayant eu lieu chez lui en compagnie d’Albert Spaggiari et Marc-Edouard Nabe.</li><li id="footnote_34_477" class="footnote">En février 2011, Christophe Collet cède ses parts à la société BIRDEE (dont il est le gérant !! et au capital de 299.017,50 €).</li><li id="footnote_35_477" class="footnote">Membre de la rédaction de <em>Cigale</em>. Il a réalisé un entretien avec Alain de Benoit pour le <em>Cigale</em> d’octobre 2009, mais qui n’a jamais été publiée.</li><li id="footnote_36_477" class="footnote">Cette société de Philippe Nguyen-Cong-Duc Philippe brasse énormément d’argent (on parle en millions d’euros). Un exemple : cette société au capital de 2.868.570 € dont il est le dirigeant et qui porte un nom assez évocateur non ? :« M. NGUYEN-CONG-DUC Philippe est né(e) le 31.01.1958 et est president de la société COMPAGNIE EUROPEENNE DE LUXE ET TRADITION OU CELT SAS. »</li><li id="footnote_37_477" class="footnote">Philippe Peninque est investi dans de très nombreuses sociétés. L’une d’elles était une société immobilière du nom de SCI La Rumine. Il y était associé avec un autre ancien du GUD des années 1974 76 du nom de Lionel Queudot qui dirigeait entre autre une fiduciaire en suisse. Son nom a été évoqué dans l’affaire du faux passeport de Sirven puisque c&rsquo;est lui qui aurait acheté un vrai passeport à un ancien camarade, ex-gudard et ex-membre de l&rsquo;équipe de Bob Denard. C&rsquo;est avec ce passeport que <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/faux-passeport-vrais-complices_492579.html" target="_blank">Sirven se serait enfui aux Philippines</a>.<br />
</li><li id="footnote_38_477" class="footnote">Depuis ce printemps 2011, l&rsquo;OURS du magazine a vu disparaître tous les noms des personnes que nous citons à l&rsquo;exception de Françoise Lemoine qui demeure directrice de la rédaction.</li><li id="footnote_39_477" class="footnote">Cf note précédente, ce qui a peut-être un rapport avec la sortie de l&rsquo;ouvrage de Maxime Brunerie.</li><li id="footnote_40_477" class="footnote">Un vieux fond d’éducation chrétienne nous poussera à faire preuve de charité envers le préfacier de l’ouvrage, l’ineffable Bourseiller, qui a raté une fois de plus l’occasion de ne pas se ridiculiser.</li><li id="footnote_41_477" class="footnote">Sous la signature du “vénérable Minh tran Long”.</li><li id="footnote_42_477" class="footnote">Domaine des Yvelines qui est la propriété de catholiques traditionnalistes et qui sert de lieu d’accueil pour une multitude de réunions d’extrême droite depuis une bonne décennie, de Renaissance Catholique à Terre &amp; Peuple en passant par Égalité &amp; Réconciliation.</li><li id="footnote_43_477" class="footnote">Sicot dirigeait auparavant une boite de sécurité Body Sécurité Privée et a été incarcéré au moment de l’affaire Elf- Sirven pour vol de scellées à la brigade financière ; il organise deux voyages d’Alfred Sirven en France alors qu’il est recherché et a été l&rsquo;ancien garde du corps de Loic Le Floc Prigent et Christine Deviers Joncour maitresse de Dumas.</li><li id="footnote_44_477" class="footnote">Nationaliste-Révolutionnaire</li><li id="footnote_45_477" class="footnote">Outre <em>Les rats maudits</em>, les éditions des Monts d’Arrée publièrent à la même époque une plaquette sur la république sociale italienne, c’est-à-dire le dernier réduit mussolinien, appelée république de Salo.</li><li id="footnote_46_477" class="footnote">Auquel Chatillon n’est pas le seul à se référer, en témoigne cet <a href="http://www.infosyrie.fr/contributeurs/un-francais-dit-ce-quil-vient-de-voir-en-syrie/" target="_blank">article estival</a> de Christian Bouchet.</li><li id="footnote_47_477" class="footnote">Jildaz Mahé y était seul, la petite bande ayant sévèrement arrosé l’anniversaire d’Axel Loustau sur une péniche la veille au soir…</li><li id="footnote_48_477" class="footnote">Exemple, la soirée des Lambdas au printemps 2009 qui était présenté en interne comme « <em>une soirée de Gala destinée à présenter les militants identitaires à nos soutiens (financiers ou autres) et aux anciens afin de récolter quelques menus argents</em> ». Mais il y eut également un petit nombre de rencontres lors de repas entre les « Anciens » et les dirigeants des JI Paris, Gaëtan Bertrand en particulier.</li><li id="footnote_49_477" class="footnote">Le petit groupe NR se réunissait dans le sous-sol d&rsquo;un local de Vendôme Sécurité dans le XVIe arrdt de Paris</li><li id="footnote_50_477" class="footnote">Il semble évident que les perspectives électorales de Marine Le Pen suffisent à expliquer la présence renforcée de Riwal dans l’orbite de la présidente du FN car ce sont également des perspectives financières. Cela justifie largement de passer sur des désaccords politiques. Gageons qu’au gré des sondages positifs, le FN va redevenir un pôle attractif pour une grande partie des militants d’extrême droite.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;apéro saucisson-pinard au rassemblement du 18 juin : retour sur une manipulation réussie du Bloc Identitaire</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 25 Jun 2010 11:50:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Del Valle]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Gitakos]]></category>
		<category><![CDATA[Bloc Identitaire (BI)]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Larebière]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Klein]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Chatillon]]></category>
		<category><![CDATA[Guillaume Faye]]></category>
		<category><![CDATA[Novopress]]></category>
		<category><![CDATA[Odile Bonnivard]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Cassen]]></category>
		<category><![CDATA[Projet Apache]]></category>
		<category><![CDATA[Riposte Laïque]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Ayoub (Batskin)]]></category>
		<category><![CDATA[Volkisch]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Le buzz connu sous le nom d’apéro saucisson et pinard à la Goutte d’Or ayant débouché sur un rassemblement Place de l’Étoile et les différentes réactions qu’il a suscité ayant été publiées, on peut enfin tenter un bilan de cette opération médiatique. - Consternation. C’est évidemment le premier mot qui vient à l’esprit quand on [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le buzz connu sous le nom d’apéro saucisson et pinard à la Goutte d’Or ayant débouché sur un rassemblement Place de l’Étoile et les différentes réactions qu’il a suscité ayant été publiées, on peut enfin tenter un bilan de cette opération médiatique.</p>
<p>- <strong>Consternation</strong>. C’est évidemment le premier mot qui vient à l’esprit quand on voit la facilité avec laquelle le Bloc Identitaire a su manipuler les media, sous toutes leurs formes, qu’il soit « anciens » &#8211; la presse – ou « nouveaux » – Internet. Non pas que nous ayons la moindre illusion sur le professionnalisme d’une bonne partie de la CSP « journaliste » mais nous aurions pu attendre un minimum de curiosité ou de méfiance concernant la drôle de figure de « Sylvie François » avec ses références culturelles d’une autre époque. Dès le <a href="http://reflexes.samizdat.net/facebook-nouveau-terrain-de-jeu-de-lextreme-droite-identitaire/">31 mai</a>, nous émettions des doutes sur la réalité de l’initiatrice de l’apéro. Si nous n’attendions pas que notre article soit lu par le Tout-Paris médiatique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/#footnote_0_463" id="identifier_0_463" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous avons bien trop d&rsquo;humilit&eacute; pour cela. R&eacute;flexes est un petit site avec 15 000 &agrave; 20 000 connections uniques par mois, soit une goutte d&rsquo;eau dans l&rsquo;oc&eacute;an de la Toile.">1</a></sup>, du moins pouvions nous espérer que les journalistes intéressés par cette affaire poussent un peu plus loin l’enquête que ce que Bruno Larebière et Fabrice Robert voulaient bien leur servir en pâture. Par exemple sur l’impossibilité de rencontrer la dénommée «Sylvie François» ou encore sa présence continuelle en province. En lieu et place, rien. Pas un doute, pas une remise en cause à l’exception du blog d’<a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/06/09/apero-geant-goutte-dor-les-identitaires-et-riposte-laique-font-manip-commune/" target="_blank">Abel Mestre et Caroline Monnot</a> qui développait l’idée d’un pseudonyme et de un ou deux <a href="http://www.agoravox.fr/actualites/actu-en-bref/article/de-quoi-sylvie-francois-est-elle-76951" target="_blank">papiers</a> à la veille de la manifestation du 18 juin. On ne peut qu’applaudir devant la maestria de Larebière qui à l’évidence connaît bien le milieu professionnel qui est le sien et qu’il a donc pu manipuler à qui mieux mieux. Le Bloc n’aura eu qu’à sortir de son béret une militante sachant s’exprimer dans les media, ce qui n’est pas hors de sa portée. Même si nous ne savons pas qui a endossé ce rôle, certaines pouvaient parfaitement le faire comme Hélène Richard-Saint-André, militante normande, membre de la direction du Bloc, Isabelle Crépin, militante du Nord ou même Suzanne Collas, militante parisienne du Projet Apache et intervenante sur Novopress sous divers pseudonymes. Comme un buzz chasse l’autre, il n’y aura évidemment aucun retour critique de ces journalistes sur leur propre travail et la porte est donc grande ouverte à une nouvelle manipulation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/#footnote_1_463" id="identifier_1_463" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La manipulation est d&eacute;cidemment une seconde nature chez les Identitaires comme nous l&rsquo;&eacute;voquions&nbsp;ici.">2</a></sup>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/06/Identitaires1806.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1472" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/06/Identitaires1806.jpg" alt="Identitaires1806" width="600" height="271" /></a></p>
<p>- <strong>Exaspération</strong>. C’est évidemment le deuxième mot qui vient à l’esprit quant on voit la façon dont ont été travesties les motivations originelles de « l’apéro » au profit du discours que les Identitaires et leurs idiots utiles « néo-cons » ont voulu diffuser. Soyons clairs et brefs : les militants qui animent le collectif REFLEX sont issus d’un courant politique qui a toujours revendiqué le devoir de blasphème<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/#footnote_2_463" id="identifier_2_463" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour reprendre ironiquement le titre d&rsquo;un ouvrage de Pierre Gripari, un temps revendiqu&eacute; par la Nouvelle Droite.">3</a></sup>. Les religions, et singulièrement les religions dites monothéistes, sont pour nous des idéologies de la soumission et de la fatalité sociale qui en tant que telles nous consternent. L’Islam, comme orthopraxie, c’est-à-dire comme religion de la Loi qui exige de ses fidèles une religiosité basée sur des rituels exigeants et des interdits pesants, n’échappe donc évidemment pas à la règle<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/#footnote_3_463" id="identifier_3_463" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous n&rsquo;entrerons pas dans le d&eacute;bat Islam mod&eacute;r&eacute; / Islamisme qui est un non-sens conceptuel. Une religion est toujours une totalit&eacute; dans laquelle certains fid&egrave;les pour diverses raisons font un tri et n&rsquo;appliquent pas tous les principes ou pr&eacute;ceptes. Cela n&rsquo;&ocirc;te rien &agrave; la nocivit&eacute; intrins&egrave;que de l&rsquo;id&eacute;ologie religieuse.">4</a></sup>. Cependant, pour plagier une boutade célèbre, peut-on tout blasphémer ? La réponse est évidemment oui. On peut porter le blasphème contre n’importe quelle religion… Mais pas avec n’importe qui ! Or « l’apéro » n’était pas un geste de critique anti-religieuse, c’était une opération de communication menée par l’extrême droite, en l’occurrence les Identitaires, pour tester le support Facebook et accroître leur notoriété à peu de frais grâce à l’effet buzz. Cet aspect des choses étant masqué, cela a permis aux Identitaires d’embringuer de pseudo-laïcs comme caution de « gauche » et surtout à certains de développer un discours ahurissant sur la prétendue islamisation du XVIIIe arrdt de Paris dans lequel il ne serait plus possible de trouver un morceau de cochon et un verre de gros rouge qui tache. C’est en particulier le cas des seconds couteaux du discours identitaire, du type Ivan Rioufol ou Eric Zemmour qui ont, à peu de frais, escamoté la nature réelle de la manifestation en la transformant en une simple revendication de respect de la légalité laïque face au débordement de fidèles musulmans le vendredi midi rue Myrha. Quand on sait qu’Eric Zemour a rencontré <a href="http://reflexes.samizdat.net/portrait-guillaume-faye/">Guillaume Faye</a> par l’entremise d’<a href="http://reflexes.samizdat.net/portrait-alexandre-del-valle/">Alexandre Del Valle</a> il y a de cela un an et demi, cela en dit évidemment long sur l’épaisseur qui sépare cet excité cathodique des Identitaires. Nous sommes bien face à des individus qui jouent consciemment le rôle d’idiots utiles de l’idéologie identitaire, se croyant plus malins que les dirigeants de ce qu’ils considèrent sans doute comme un groupuscule parmi d’autres. Ils ont été en cela bien épaulés par le crétinisme de certains journalistes, en particulier de France Info insistant sur le fait que l’apéro serait « discriminatoire » car reposant sur une « viande interdite aux juifs et aux musulmans ». Tout était donc fait pour choquer le citoyen lambda peu informé de l’affaire et ne comprenant pas les tenants et aboutissants de la manipulation.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/06/DSC00245-639b4.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1473" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/06/DSC00245-639b4.jpg" alt="DSC00245-639b4" width="600" height="388" /></a></p>
<p>- <strong>Perplexité</strong>. C’est évidemment le troisième mot qui vient à l’esprit quand on constate au final les points marqués par le Bloc dans cette affaire. Ce ne sont pas tant les organisations ralliées pour l’occasion qui posent problème – une galaxie de sous-groupuscules souveraino-gaullistes et de « laïcs » autoproclamés dont le nombre de militants n’excède pas une division papale – que la possibilité ainsi acquise de se revendiquer parti de « droite populiste » et de faire oublier le fondement raciste ethno-différencialiste du Bloc. Doit-on le rappeler : les Identitaires sont pour une Europe blanche car, à l’instar de tout le courant <a href="http://reflexes.samizdat.net/terre-peuple-quand-les-gaulois-sont-dans-la-peine/">volkisch</a>, ils considèrent que le sang porte la culture, ce qui se traduit en termes choisis par « l’identité ethno-culturelle ». Les individus issus de la communauté juive et qui, aveuglés par une haine née de l’autre communauté de la Méditerranée, croient trouver dans les Identitaires de nouveaux alliés auraient quelque raison d’y réfléchir plus de 3 secondes. Les déclarations de Fabrice Robert se revendiquant de la République et de la laïcité &#8211; rapportées par ailleurs <a href="http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/apero-cochonailles-pique-nique-la-france/" target="_blank">ici</a> &#8211; confirment simplement que le président du Bloc Identitaire est prêt à toutes les contorsions idéologiques pour développer son organisation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/#footnote_4_463" id="identifier_4_463" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; moins que l&rsquo;atmosph&egrave;re de vendredi soir l&rsquo;ait amen&eacute; &agrave; des d&eacute;clarations inconsid&eacute;r&eacute;es et d&eacute;passant sa pens&eacute;e, ce qui ne serait pas une premi&egrave;re comme en t&eacute;moignent certaines saillies pass&eacute;es. Par ailleurs, il est &agrave; noter que l&rsquo;on peine ainsi de fait &agrave; distinguer le discours des Identitaires de celui du FN dans sa version Marine Le Pen sur cette question.">5</a></sup>. Il est en cela bien aidé par les autres courants de l’extrême droite nationaliste dont les <a href="http://www.contre-info.com/une-autre-analyse-sur-laperitif-de-la-goutte-dor-et-le-bloc-identitaire#more-5246" target="_blank">attaques</a> aident le Bloc a démontrer sa pseudo-rupture avec ce courant.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/06/DSC00250-7c275.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1474" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/06/DSC00250-7c275.jpg" alt="DSC00250-7c275" width="600" height="338" /></a></p>
<p>Heureusement, le Bloc est encore loin du compte. Certes la foule était nombreuse vendredi dernier mais sa diversité était très relative, d’<a href="http://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/">Alexandre Gitakos</a> à <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-pieds-dans-le-plat/">Odile Bonnivard</a> en passant <a href="http://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/">Edouard Klein</a>, soit une infinité de nuances droitières au final. Il n’y certes pas eu d’incident majeur<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/#footnote_5_463" id="identifier_5_463" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les seuls accrochages sont en effet les algarades initi&eacute;es par Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon et Serge Ayoub et d&eacute;j&agrave; rapport&eacute;es sur le blog d&rsquo;Abel Mestre et Caroline Monnot, sur lesquelles nous ne nous &eacute;tendrons donc pas.">6</a></sup> mais des tensions étaient palpables entre certaines composantes, en particulier de la part de hools dont la référence majeure semble être devenue l’English Defense League, à travers la Ligue 732. Le « grand rassemblement populiste » appelé de ses vœux par les Identitaires n’est donc pas exactement à la veille de se matérialiser. Surtout le raout du 18 juin ne dit rien en lui-même sur la capacité de mobilisation du Bloc à partir de Facebook. Nous persistons en effet à penser que la tenue de l’apéro dans le XVIIIe aurait tourné à la bérézina. La « réunion festive » aurait sans doute réuni infiniment moins de résistants saucissonneurs que les courageux manifestants de la place de l’Étoile et les 50 « apaches » que comptent les Identitaires sur Paris<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/#footnote_6_463" id="identifier_6_463" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il y a bien une section du Bloc en Ile-de-France mais elle rest&eacute;e totalement absente de la mobilisation pr&eacute;c&eacute;dent le 18 juin, tant m&eacute;diatique que sur le terrain.">7</a></sup> n’auraient pas été capables d’encadrer une telle manifestation à haut risque d’affrontement.<br />
Bref, il va falloir suivre de très près ce qui va suivre ce qui s’identifie finalement à un test.</p>
<p>Au fait, pas la queue de cheval d’une Sylvie François n’était évidemment visible vendredi soir. Étonnant non ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_463" class="footnote">Nous avons bien trop d’humilité pour cela. Réflexes est un petit site avec 15 000 à 20 000 connections uniques par mois, soit une goutte d’eau dans l’océan de la Toile.</li><li id="footnote_1_463" class="footnote">La manipulation est décidemment une seconde nature chez les Identitaires comme nous l&rsquo;évoquions <a href="http://reflexes.samizdat.net/manipulation-les-identitaires-connaissent-la-recette/">ici</a>.</li><li id="footnote_2_463" class="footnote">Pour reprendre ironiquement le titre d’un ouvrage de Pierre Gripari, un temps revendiqué par la Nouvelle Droite.</li><li id="footnote_3_463" class="footnote">Nous n’entrerons pas dans le débat Islam modéré / Islamisme qui est un non-sens conceptuel. Une religion est toujours une totalité dans laquelle certains fidèles pour diverses raisons font un tri et n’appliquent pas tous les principes ou préceptes. Cela n’ôte rien à la nocivité intrinsèque de l’idéologie religieuse.</li><li id="footnote_4_463" class="footnote">À moins que l’atmosphère de vendredi soir l’ait amené à des déclarations inconsidérées et dépassant sa pensée, ce qui ne serait pas une première comme en témoignent certaines saillies passées. Par ailleurs, il est à noter que l&rsquo;on peine ainsi de fait à distinguer le discours des Identitaires de celui du FN dans sa version Marine Le Pen sur cette question.</li><li id="footnote_5_463" class="footnote">Les seuls accrochages sont en effet les algarades initiées par Frédéric Chatillon et Serge Ayoub et déjà rapportées sur le blog d’Abel Mestre et Caroline Monnot, sur lesquelles nous ne nous étendrons donc pas.</li><li id="footnote_6_463" class="footnote">Il y a bien une section du Bloc en Ile-de-France mais elle restée totalement absente de la mobilisation précédent le 18 juin, tant médiatique que sur le terrain.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/de-lapero-saucisson-pinard-au-rassemblement-du-18-juin-retour-sur-une-manipulation-reussie-du-bloc-identitaire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Facebook, nouveau terrain de jeu de l&#8217;extrême droite identitaire ?</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/facebook-nouveau-terrain-de-jeu-de-lextreme-droite-identitaire/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/facebook-nouveau-terrain-de-jeu-de-lextreme-droite-identitaire/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 31 May 2010 11:29:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bloc Identitaire (BI)]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Larebière]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Identitaires]]></category>
		<category><![CDATA[Novopress]]></category>
		<category><![CDATA[Odile Bonnivard]]></category>
		<category><![CDATA[Parti de la France (PdF)]]></category>
		<category><![CDATA[Solidarité Des Français (SDF)]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Depuis quelques jours, l’annonce d’un « apéro géant » agite Facebook et les milieux politiques radicaux, nationalistes et identitaires d’un côté, antifascistes de l’autre. Il s’agit en effet d’un événement se présentant comme suit : « Apéro géant Saucisson et pinard à La Goutte d&#8217;Or ! Description : • Parce que La Goutte d&#8217;Or tire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques jours, l’annonce d’un « apéro géant » agite Facebook et les milieux politiques radicaux, nationalistes et identitaires d’un côté, antifascistes de l’autre. Il s’agit en effet d’un événement se présentant comme suit :</p>
<p>« <em> <strong>Apéro géant Saucisson et pinard à La Goutte d&rsquo;Or !<br />
</strong></em></p>
<p>Description :<br />
• Parce que La Goutte d&rsquo;Or tire son nom du vin blanc qu&rsquo;on y produisait ;<br />
• Parce que la rue Myrha et d&rsquo;autres artères du quartier sont occupées, particulièrement le vendredi, par des adversaires résolus de nos vins de terroir et de nos produits charcutiers ;<br />
• Parce que la nécessité de la lutte contre l&rsquo;alcoolisme, mise en évidence par Emile Zola, qui avait situé à La Goutte d&rsquo;Or son célèbre roman L&rsquo;Assomoir, ne doit pas conduire à une solution aussi extrémiste que la prohibition ;</p>
<p>Parisiens de souche, provinciaux de Paris, Parisiens exilés et amis de la capitale française dans tous les pays, rejoignez-nous ! »</p>
<p>Cette présentation étant assez absconse, elle n’a au début que moyennement attiré l’attention des uns et des autres jusqu’à ce que la pseudo agence de presse des Identitaires, <em>Novopress</em>, éclaire un peu mieux l’initiative par le biais d’une « interview » de l’initiatrice du projet par Bruno Larebière, mise en ligne le 27 mai dernier. On y apprend en effet qu’une « Sylvie François », habitant le XVIIIème arrondissement, aurait décidé, toute seule, comme une grande, de lancer cette idée d’apéro pour lutter contre la « <em>prohibition islamique</em> » qui régnerait à la Goutte d’Or et qu’elle serait ouverte à tous les soutiens, promettant que tout se passerait bien.</p>
<p>Fort bien. C’est évidemment peu dire que nous ne croyons pas un traître mot de cette fable. Depuis la montée en puissance des plateformes de partage vidéo et des réseaux sociaux, « faire le buzz », c’est-à-dire créer l’événement, est devenu l’un des moyens privilégiés de faire de la politique avec peu de moyens. À ce petit jeu, les Identitaires sont devenus champions, masquant ainsi par le biais de la Toile une faiblesse chronique dans le monde réel. Il nous semble donc évident que cette initiative d’apéro géant à la Goutte d’Or émane du Bloc Identitaire.<br />
Quelques éléments nous permettent d’avancer cette hypothèse :</p>
<p>-<strong>La thématique</strong> : même si les Identitaires sont loin d’avoir le monopole charcutier, la thématique cochonne est devenue l’un de leurs arguments récurrents. Rappelons à ce titre la soupe animée par Odile Bonnivard et l’association SDF depuis plus de 6 ans. Même si Mme Bonnivard et son mari sont fâchés avec les Identitaires depuis 2 ou 3 ans et que ceux-ci ne peuvent plus se prévaloir de cette expérience, il n’en demeure pas moins qu’ils y ont été associés durant les premières années.</p>
<p>-<strong>L’origine</strong> : qui est « Sylvie François » ? Une personne réelle, un ectoplasme ? Une jeune femme prenant l’initiative de lancer ce type de projet y aurait sans doute réfléchi à deux fois alors que la pression des autorités sur les « apéros géants » s’est considérablement accentuée depuis 15 jours et que ce projet a donc toutes les chances d’être interdit. À moins que ce ne soit réellement le but, nous y reviendrons ci-dessous. Mais il y a donc de toute façon peu de chances qu’un individu normalement constitué se lance seul dans une telle embrouille.</p>
<p>-<strong>Le site de médiatisation extérieur à Facebook</strong> : <em>Novopress</em> est tout sauf indépendant. Le site émane du Bloc Identitaire et est animé par Bruno Larebière qui est membre de la direction du Bloc Identitaire. Aucun autre site n’a relayé l’information et à l’évidence l’initiative n’émane pas des milieux de la Nouvelle Droite Populaire ou du Parti De la France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/facebook-nouveau-terrain-de-jeu-de-lextreme-droite-identitaire/#footnote_0_461" id="identifier_0_461" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&ecirc;me si on retrouve des militants de tel ou tel groupe dans les profils ayant rejoint le groupe, comme Thomas Joly (PDF) ou Baptiste Coquelle (GUD).">1</a></sup>. La seule structure citée est Riposte Laïque mais cela ne fait que confirmer l&rsquo;éventuelle implication du Bloc Identitaire puisque le compagnonage de la structure autrefois de gauche avec l&rsquo;extrême droite est un fait de plus en plus avéré. Par ailleurs, « Sylvie François » sera l’invitée du Journal de l’Identité sur Radio Courtoisie vendredi prochain, journal qui est parfois animé par Larebière. Le monde est petit !</p>
<p>Quel peut être l’intérêt du Bloc Identitaire de ne pas apparaître à ce stade du projet alors que le groupe est friand de médiatisation ? À l’évidence, Fabrice Robert et ses camarades ont compris qu’une politisation trop précoce pourrait faire peur à un réseau social dont l’engagement n’est pas évident. Il est donc plus intéressant pour eux de voir quelle tournure va prendre l’événement. Or deux scenarii sont possibles :</p>
<p>-<strong>Soit la préfecture de police interdit l’apéro</strong> pour un éventuel risque de « trouble à l’ordre public » et dans ce cas le Bloc pourra hurler au scandale sans avoir engagé d’autres moyens qu’une campagne médiatique très légère, peu coûteuse et très rentable en terme d’image. C’est sans doute le scénario souhaité car le Bloc a-t-il les moyens d’assumer un risque de confrontation physique dans le XVIIIe arrondissement de Paris ? De notre point de vue, la réponse est non et la préfecture ferait donc un magnifique cadeau à l’extrême droite en interdisant la manifestation.</p>
<p>-<strong>Soit la préfecture n’interdit pas</strong> et dans ce cas l’apéro peut se tenir. Les organisateurs seront alors devant un choix cornélien. S’ils renoncent par crainte des conséquences d’un débordement, l’échec est cinglant et ils seront largement déconsidérés. Le Bloc n’étant pas apparu comme initiateur du projet, il n’en subira pas les retombées. S’ils ne renoncent pas, l’apéro doit se tenir et de son succès ou de son échec dépend le bilan final en terme de réussite politique. Le Bloc peut alors faire le choix de revendiquer ou pas l’initiative.</p>
<p>Il est donc finalement très difficile de pronostiquer ce qui va se passer et nous saurons le 4 juin de quoi il en retourne.<br />
Dans tous les cas, cette affaire prouve, s’il en était besoin, que l’extrême droite identitaire a très bien compris les tenants et les aboutissants des nouvelles formes d’utilisation d’Internet et en particulier des réseaux sociaux. Ce type de mobilisation devrait donc se multiplier même si rien ne prouve qu&rsquo;une ebullition militante sur Facebook puisse se transformer en autre chose qu&rsquo;un pshiiit dans le monde réel. A suivre avec attention donc&#8230;</p>
<p>La suite, <a href="http://reflexes.samizdat.net/apero-identitaire-a-la-goutte-dor-les-serviettes-tombent/">ici</a> !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_461" class="footnote">Même si on retrouve des militants de tel ou tel groupe dans les profils ayant rejoint le groupe, comme Thomas Joly (PDF) ou Baptiste Coquelle (GUD).</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/facebook-nouveau-terrain-de-jeu-de-lextreme-droite-identitaire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Identitaires, Bloc Identitaire, Jeunesses Identitaires : La soupe aux Vardon</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 09 Nov 2007 15:47:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bloc Identitaire (BI)]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Gaëtan Bertrand]]></category>
		<category><![CDATA[Guillaume Luyt]]></category>
		<category><![CDATA[Identitaires]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesses Identitaires (JI)]]></category>
		<category><![CDATA[Nice]]></category>
		<category><![CDATA[Novopress]]></category>
		<category><![CDATA[Odile Bonnivard]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Roudier]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Vardon]]></category>
		<category><![CDATA[Richard Roudier]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Comme nous l'avions fait le mois dernier pour Terre &#038; Peuple, l'article qui suit tentera un coup de projecteur sur les Identitaires à quelques jours d'une Convention annoncée avec moult tapage sur Internet. Cependant, difficile d’être exhaustif sans être très long et donc très vite pénible en ce qui concerne cette mouvance qui a beaucoup changé en quatre ans, d'autant que la trinité Jeunesses Identitaires - Bloc Identitaire - Les Identitaires complique un exposé clair des choses. Nous ne prétendons donc que donner un aperçu si possible synthétique, réservant un approfondissement de certains aspects dans d'autres articles à venir.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comme nous l&rsquo;avions fait le mois dernier pour Terre &amp; Peuple, l&rsquo;article qui suit tentera un coup de projecteur sur les Identitaires à quelques jours d&rsquo;une Convention annoncée avec moult tapage sur Internet. Cependant, difficile d’être exhaustif sans être très long et donc très vite pénible en ce qui concerne cette mouvance qui a beaucoup changé en quatre ans, d&rsquo;autant que la trinité Jeunesses Identitaires &#8211; Bloc Identitaire &#8211; Les Identitaires complique un exposé clair des choses. Nous ne prétendons donc que donner un aperçu si possible synthétique, réservant un approfondissement de certains aspects dans d&rsquo;autres articles à venir.</strong></p>
<h3>Pour essayer de faire simple…</h3>
<p>Les Identitaires sont nés lors de la réunion à Salon-de-Provence les 29 et 30 août 2002 d’une quinzaine de militants ex-Unité Radicale (UR), ex-MNR et FN. Parmi ces 15 figurent Fabrice Robert, Philippe Vardon, Guillaume Luyt mais aussi <a href="http://reflexes.samizdat.net/derniere-minute/">André-Yves Beck</a> , les <a href="http://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/">Roudier père et fils</a> ainsi que des militants extérieurs de passage comme d&rsquo;anciens gudards. Sort de cette réunion le projet des Jeunesses Identitaires (JI) confiées à Philippe Vardon et officiellement lancée le 19 septembre 2002 ainsi qu’une association n’ayant pas vocation organisationnelle, les Identitaires. L’accent est alors mis sur l’absence de participation de Robert et Luyt aux JI pour éviter une procédure pour reconstitution de ligue dissoute, menace latente suite à la <a href="http://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/">dissolution d’Unité Radicale</a>. La nécessité d’intégrer des « adultes »se traduit ensuite par la création du Bloc Identitaire (BI) lancé les 05 et 06 avril 2003 et dont le bureau national est alors le suivant : Fabrice Robert (président), Guillaume Luyt (vice-président), Philippe Vardon (vice-président), Jean-Baptiste Santamaria (secrétaire national), Arnaud Menu (secrétaire administratif), Marie-Céline Bruneaut alias Marie Bérénice (déléguée à l’action sociale), Christophe Praturlon (délégué à l’action rurale), Yvan Lajeanne, alias Yvan Walgenwitz (délégué à l’action culturelle), soit un panel de militants venant d’UR, du MNR et du FN. L’ensemble se veut à la fois hiérarchie et réseau. À savoir : chaque groupe local jouit d’une très grande autonomie dans la gestion de ses adhérents, de ses réunions et activités. Il doit cependant relayer les campagnes nationales et diffuser le matériel lui aussi national. Chapeautant ce fédéralisme, on trouve les trois dirigeants historiques qui s’appuient éventuellement sur des structures collégiales comme le bureau national des JI mais qui en fait décident pour l’essentiel tous seuls des orientations stratégiques des Identitaires. S’il semble avoir permis un relatif développement des Identitaires, ce fonctionnement a tout de même montré des limites comme on a pu le voir avec l’affaire du 09 mai 2004 à Paris. La contre-manifestation Scalp-CNT a en effet poussé les dirigeants du Bloc et des JI à faire pression sur les militants parisiens pour qu’ils n’organisent pas la manifestation traditionnelle du 09 alors que l’édition 2003 avait vu Philippe Vardon et Guillaume Luyt mener les troupes. Une majeure partie des militants ayant refusé le diktat niçois a donc quitté les JI et menacé d’entraîner le Bloc parisien avec elle. Voyant que le Bloc risquait de perdre un groupe majeur sur le plan national, Fabrice Robert a alors décidé d’autoriser la constitution d’un BI d’Ile-de-France regroupant tout le monde, jeunes comme vieux, autour d’Odile Bonnivard et en autonomie avec le Bloc national. Les JI Paris se sont alors reconstituées avec d’autres militants autour de Gaëtan Bertrand.</p>
<p>Au niveau structuration, le Bloc Identitaire était censé être dirigé par un bureau national élargi intégrant des cadres de toute la France. La lourdeur du dispositif et son caractère virtuel amenèrent Fabrice Robert et Guillaume Luyt à décider lors des <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-maire-dorange-defie-le-chef-du-fn/">journées de l’Esprit Public à Orange en septembre 2004</a> une concentration des organes dirigeants dans un comité directeur qui réunissait, outre les deux pré-cités, Philippe Vardon et Jean-Baptiste Santamaria. Les tâches d’administration devaient être réparties entre plusieurs chargés de mission nationaux ce qui ne semble pas être le cas et la direction est largement opaque. D’une façon générale, le Bloc se résume essentiellement à ses groupes de Nice et Paris. Il semble évidemment avoir des contacts ailleurs : Savoie, Dauphiné, région lyonnaise, Languedoc… Mais cela ne se concrétise pas par un militantisme de terrain et les mêmes réunions de « prise de contact » sont annoncées régulièrement. Il en va de même des JI, dont la carte militante est en mutation constante, avec un turn-over très important. Les premiers cadres issus du MNR ont largement laissé leur place à de nouveaux militants comme à Lyon où Vivien Gitton, ancien cadre FNJ puis MNJ et premier dirigeant des JI lyonnaises, a été remplacé par Gérald Pichon, alias Franck Lancier, en 2005. Actuellement, la multiplication des blogs JI donne l’impression que l’organisation est présente partout. En fait, on peut limiter la présence réelle des JI à Nice, la région parisienne, la Lorraine, la région lyonnaise, le Dauphiné, la Franche-Comté, le Nord et le Languedoc, même si des contacts existent dans le grand Ouest par exemple. Le Nord est symptomatique de ce développement en accordéon. L’accumulation d’ennuis judiciaires y a brisé la dynamique qui existait dans cette région et qui avait vu les JI animer l’actualité nationaliste locale avec l&rsquo;association Flandre Identité. En Alsace, l’accord local avec Alsace d’Abord a poussé les JI et le Bloc à ne pas tenter de lancer de structure locale, même s’il a existé un groupe local en 2002 dirigé par Pierre Muller et Clément Lebrun et que Jeune Alsace semble une émanation des JI. Mais Lebrun a rejoint le Renouveau Français et le premier semble avoir pris du recul avec l’activisme. Le changement récent de direction qui voit Philippe Vardon céder sa place à une direction collégiale pour mieux se consacrer à son destin niçois (sa boutique de fringues en clair) ne devrait pas fondamentalement modifier la situation dès lors que cette équipe est composée de militants déjà anciens de l&rsquo;organisation.</p>
<p>L’organisation de l’ensemble demeure donc celle d’un tout petit groupe politique, voire par certains aspects d’un groupuscule : pas de direction collégiale élue en congrès ou convention, pas de permanent, des locaux limités à Nice, dont la « Maioun », un local de 50 m2 de surface, inauguré le 30 avril 2004 avec une soixantaine de personnes et qui est en fait l’ancien local des BSN, un club de supporters niçois. Il est situé derrière la librairie du Paillon gérée par Benoît Loeuillet, ce qui fait de ce quartier une petite base arrière des Identitaires puisqu&rsquo;on y trouve également entre autres la boutique de Vardon.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Orientation idéologique</h3>
<p>Les Identitaires comme leur nom l’indique s’inscrivent dans une perspective de défense de l’identité, en l’occurrence européenne. Cela donne-t-il une doctrine cohérente et facilement définissable ? La réponse est sans ambiguité négative. Le seul point qu’on peut affirmer est que le BI a rompu avec le nationalisme-révolutionnaire historique pour n’en garder que l’attachement à cette fameuse dimension européenne. Pour le reste, le phénomène identitaire s’alimente à une conception raciale de l’identité européenne entendue comme identité blanche, dans la vieille lignée völkisch de la révolution conservatrice allemande, la dimension religieuse en moins puisque les différentes structures se déclarent aconfessionnelles, ce en quoi les Identitaires diffèrent de Terre &amp; Peuple. Cela n’empêche pas une partie des dirigeants (Vardon, Robert, les Roudier pour ne citer qu’eux) d’affirmer leur préférence païenne en participant ou même organisant des solstices d’été ou d’hiver. Mais les JI ou le Bloc comptent ou ont compté également des responsables chrétiens comme Nicolas Demade dans le Nord ou Gaëtan Bertrand à Paris. Cette orientation générale se trouve mélangée à une valorisation des racines régionales et d’un certain solidarisme social. Mais la doctrine n’est absolument pas unifiée et elle varie beaucoup selon le passé des militants. Il en va ainsi de l’anti-américanisme, certaines voix s’étant élevées par le passé pour soutenir la position de Guillaume Faye qui définit les USA comme un adversaire mais l’Islam comme un ennemi. La lecture schmittienne de la politique voulant que l’on définisse son ennemi pour le combattre, cela signifie que le combat anti-musulman est donc prioritaire. À l’inverse, certains militants comme Guillaume Luyt continuent de considérer que les USA demeurent l’anti-modèle absolu et qu’ils doivent être dénoncés comme tels.</p>
<p>Dès leur création, les Identitaires sont néanmoins parvenus à se mettre d’accord sur une ligne internationale résumée par le slogan « Ni keffieh, ni kippa », c’est-à-dire une position de neutralité affichée à l’égard du conflit proche-oriental et donc de ses répercutions en Europe et en France. Ce choix a sans doute été plus tactique que véritablement politique tant certains dirigeants avaient derrière eux des années de soutien verbal à la cause palestinienne. Mais il est évident que cela a éliminé un motif de discorde interne et a permis aux Identitaires de desserrer une source de pression politique et d’ennuis judiciaires. Étant donné l’évolution générale d’une partie de la communauté juive, en particulier dans sa composante jeune, on peut même se demander si cela n’aboutirait pas à terme à des rapprochements inimaginables il y a encore quelques années<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/#footnote_0_323" id="identifier_0_323" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;association SDF a ainsi utilis&eacute; les services d&rsquo;un avocat connu pour sa proximit&eacute; avec la LDJ, lors de ses d&eacute;m&ecirc;l&eacute;s avec le Pr&eacute;fet de Paris en 2006, David Dassa-Le Deist">1</a></sup> .</p>
<p>Ceci étant, les thématiques développées par les Identitaires demeurent très pauvres. Certes Novopress, <em>ID magazine</em> et quelques militants brouillent les pistes en s’intéressant à des thématiques réservées jusqu’à présent aux milieux anticapitalistes de gauche et à quelques individus issus de la Nouvelle Droite (Alain de Benoist en particulier) comme la décroissance par exemple. Mais cela se limite à quelques individus et une analyse un peu poussée de leurs textes montre une focalisation quasi-monomaniaque sur l’immigration extra-européenne et l’islam. C’est particulièrement vrai pour les JI qui ne produisent quasiment rien qui ne soit pas dans la thématique de la « lutte anti-racailles ».</p>
<p>Finalement l&rsquo;incantation identitaire permet de masquer l&rsquo;absence de propositions dans le domaine poilitque, économique ou social, tout étant résumé dans le slogan «les Nôtres avant les autres». Restent les tirades d&rsquo;autosatisfaction de Fabrice Robert croyant avoir imposé le terme identitaire dans le débat public alors que l&rsquo;inflation récente d&rsquo;un mot déjà utilisé il y a une quinzaine d&rsquo;années témoigne simplement d&rsquo;un contexte de crispation des identités face à la mondialisation économique et culturelle en cours.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Positionnement</h3>
<p>De 2002 à 2006, les Identitaires se plaçaient officiellement en complémentarité du FN. Les dirigeants avaient tiré au moins un enseignement de leur expérience malheureuse du MNR : rien ne servait d’attaquer le FN frontalement. Cela s’est particulièrement vu dans un numéro de <em>Jeune Résistance</em> consacré aux 30 ans du FN. Il valaitt mieux pour les Identitaires tenir un discours d’apaisement et d’unité en se renforçant pour être prêt lorsque s’ouvrirait la succession de Jean-Marie Le Pen au sein du FN. Il est évident que les Identitaires pariaient alors sur un éclatement du FN et donc sur la récupération d’une partie de l’appareil FN pour peu que le BI ne soit plus une organisation folklorique. Le temps leur était compté dans cette stratégie et les Identitaires ont tout fait pour se respectabiliser. À partir de 2003, le BI a donc multiplié les prises de contact avec les «conservateurs» du FN par le biais d’André-Yves Beck qui avait suivi le Bloc plutôt que Christian Bouchet. Cela s’était de prime abord avéré payant : simples invités des premières journées de l’<a href="http://reflexes.samizdat.net/tempete-dans-un-verre-dorangeade/">Esprit Public à Orange en 2003</a>, les dirigeants du Bloc étaient officiellement invités les 21 et 22 mai 2004 puis fin août de la même année. Guillaume Luyt était ainsi intervenu à ce titre et avait d’ailleurs fait une piètre prestation. Les Identitaires semblaient alors appliquer la stratégie des fourmis face à un insecte prédateur plus gros : plutôt que de l’affronter directement, elles entraient dedans et elles le vidaient de sa substance&#8230; Cette stratégie semblait même payante dans certains départements. Ainsi dans les Alpes de Haute-Provence, tout le bureau de la fédération FN ayant démissionné en février 2004 avait pris contact avec le Bloc, entraînant sans doute avec lui quelques adhérents FN du département. Mais depuis 2005 la situation a évolué et pas forcément dans le sens voulu par les Identitaires. Jacques Bompard a rejoint Philippe de Villiers et le MPF, mettant un terme aux espoirs niçois d’alliance régionale avec les milieux frontistes dissidents. Le Bloc a bien donné l’impression d’être intéressé par cette évolution mais il semble que cela n’ait été qu’une initiative mal contrôlée de Guillaume Luyt. Par ailleurs l’évolution du Front et la prise de contrôle progressive de l’appareil par le clan de Marine Le Pen a brouillé singulièrement les perspectives puisque ce n’est un secret pour personne que la fille Le Pen ne porte pas les radicaux dans son cœur. Les Identitaires ont donc affiché de plus en plus ouvertement une position concurrente du FN, concurrence manifestée par leur participation aux élections cantonales puis législatives en 2006-2007 sur Nice.</p>
<p>Le Bloc ou les JI ont donc été obligés de se débrouiller tout seuls, en partenariat avec des mouvements partageant certains points de doctrine ou de tactique avec eux. C’est le cas en Bretagne avec Adsav ou en Alsace avec Alsace d’Abord. Dans les deux cas, les Identitaires ont renoncé à créer des sections locales susceptibles de nuire à ces mouvements très proches idéologiquement et qui lui renvoie « l’ascenseur » par le biais de Novopress par exemple ou de la soupe identitaire à Strasbourg. Par ailleurs certains militants jouent le rôle de « passerelle » comme Fabrice Lauffenburger en Alsace ou Dominique Lambert en Bretagne. Ailleurs les Identitaires sont globalement en bons termes avec Terre &amp; Peuple (certains cadres ont la double casquette comme Yvan Lajeanne en Franche-Comté) ou la revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em> (on y retrouve Yvan Lajeanne ou Alexandre Faria à Toulouse), ainsi qu’Europae Gentes de Frédéric Pichon et l’Action Française Étudiante à Paris ou encore le Club de la Cité de Patrice Zehr et Alain-Christian Fragny à Nice. Ayant affirmé leur vocation européenne, les Identitaires se devaient également d’essayer de développer des relations internationales, essentiellement à destination des pays francophones : Belgique, Suisse, Québec. C’est évidemment en Belgique avec Nation que le travail a été le plus fructueux. Des militants belges sont fréquemment présents en France et Fabrice Robert est déjà plusieurs fois monté à Bruxelles pour des conférences. Nation a d’ailleurs relayé certaines campagnes, en particulier celle anti-Sniper en essayant de faire interdire le concert de Tournai début avril 2004 et en faisant annuler ceux de Bruxelles (25 avril) et Liège (30 avril). Fabrice Robert ou Philippe Vardon ont également fait plusieurs fois le déplacement en Suisse pour y travailler avec feu l’Avant-Garde ou constituer les JI Romandies, structure identitaire romande.</p>
<p>Mais hors de l’espace francophone, ils ont également établi des liens avec la Serbie par le biais de Tomislav Sunic, vieux contact du GRECE en Croatie. Par ailleurs, les Identitaires de Flandre &#8211; Hainaut ont de nombreux contacts avec les Flamands belges, en particulier le NSV de Gand. Des JI ont ainsi participé par le passé à la Zongfeest d’Anvers. Enfin le tableau ne serait pas complet si nous n’évoquions pas des rapports cordiaux avec le BNP britannique ou le NPD allemand même si cette dernière structure demeure très marquée par le passé allemand… C&rsquo;est cependant avec les milieux néo-fascistes romains que ces contacts sont les plus poussés et réguliers, le camp d&rsquo;été des JI ayant d&rsquo;ailleurs eu lieu cette anée dans la capitale italienne..</p>
<h3>De l&rsquo;associatif</h3>
<p>De la même façon, les Identitaires essaient depuis leur création d’occuper le terrain extra-politique par la création ou le maintien d’associations satellites intervenant sur des créneaux très précis :</p>
<p>• la solidarité avec les « prisonniers européens » (comprenons : les militants blancs emprisonnés pour faits de violence) avec le Comité d’Entraide des Prisonniers Européens (CEPE) animé par Richard Roudier ; cette structure a fait parler d’elle depuis l&rsquo;année dernière en reprenant la campagne pour la libération de Michel Lajoye qui avait été soutenu par Unité Radicale. C&rsquo;est en particulier le CEPE qui a géré les conditions de sortie de M. Lajoye (logement, travail).</p>
<p>• l’aide juridique aux victimes avec l’Association des Victimes de Violence, de Discrimination et de Spoliation (AVVDS) animée par Philibert Lepy ; un drôle de personnage ce Philibert Lepy, avocat du militant islamiste David Courtailler et qui a également récemment défendu Guillaume Labonne, le jeune homme ayant tiré à la carabine à plomb contre une école maternelle du XXe arrondissement de Paris. On regrettera malgré tout son remplacement de dernière minute par Frédéric Pichon lors du procès de &laquo;&nbsp;Vincennes&nbsp;&raquo; (voir sur <a href="http://solidarite.samizdat.net" target="_blank">le site du SRA</a>), en effet ses attendus où il reclamait un complément d&rsquo;enquête sur l&rsquo;existence d&rsquo;un groupe de combat formé de miliciens armés en ayant fait rire plus d&rsquo;un.</p>
<p>• la solidarité avec les sans-abris avec l’association Solidarité Des Français (SDF) qui n’est plus à présenter. Lancée le 5 janvier 2004 à côté de la gare de l’Est, cette soupe est portée par la volonté d’ un couple de militants ex-FN et ex-MNR, les Bonnivard et nous avons déjà eu l’occasion d’en parler. SDF a été rejoint à Nice par Soulidarieta, dirigée par Dominique Lescure, et en Alsace par la soupe identitaire de Chantal Spieler. Une soupe est également annoncée par les JI Marseille.</p>
<p>• le soutien scolaire avec le projet Scholanet.</p>
<p>• le combat régionaliste avec l’Union des Pays Normands (UPN) de Virginie Binet et David Fulara, l’association Parcours d’Europe de Bruno Favrit, Richard Roudier ou Damien Tignard qui édite Montségur, l’association Lo Gripet de Olivier Roudier, Flandre Identité de Nicolas Demade et Xavier Fruleux dans le Nord ou encore Culture, Identités et Traditions d’Europe (CITE) à Nice, dont le but était de monter un festival occitan à Villefranche-sur-Mer ainsi que Nissa Rebela, en campagne pour les législatives de juin 2007. Sur ce créneau, le dernier né est le «collectif» Peuples-Identités-Cultures Occitanie, emmené par les inévitables Roudier et qui a fait une apparition frappante en 2006 lors d&rsquo;une manifestation pour la défense de la langue d&rsquo;Oc.</p>
<p>• l’ouverture d’un « local de quartier » avec la Maioun à Nice et l’association Union Familles Solidarité (UFS) présidée par l’avocat José-Marie Bertozzi, défenseur de militants d’Unité Radicale en 2002, figure locale du Club de l’Horloge et du MNR. Un autre local du même type était envisagé dans le Doubs sous le nom de la Cabiotte mais le projet ne semble pas encore avoir abouti.</p>
<p>• la solidarité avec la Serbie avec Solidarité Kosovo dans laquelle on retrouve Philippe Vardon mais également Arnaud Gouillon (alias Arnaud Borella), Gaëtan Bertrand ou encore Nicolas Mirkovic, ancien militant du MNJ et surtout membre du groupe de RIF Elendil au début des années 2000.</p>
<p>• la musique avec le label et distributeur Alternative-s, basé à Nice et qui a pris la suite de Bleu Blanc Rock, trop éclaboussé par la mise en cause dans l’affaire Brunerie puis l’<a href="http://reflexes.samizdat.net/tiiiiiimber/">affaire de Châteauroux</a>.<br />
Il faudrait ajouter à cette liste des associations locales comme l’association de paintball franc-comtoise Vobera de Yvan Lajeanne ou l’association « culturelle » Paris Fierté.</p>
<p>Cette toile associative peut sembler tout à fait cohérente et a de quoi impressionner mais il faut lui apporter deux bémols. Tout d’abord certaines associations semblent en coma prolongé (Flandre Identité, Scholanet, AVVDS) ou détachées du Bloc Identitaire (UPN). Par ailleurs cela ne semble pas directement profiter au BI ou aux JI. En effet certaines de ces associations ont un impact certain et jouent un rôle polarisateur. C’est le cas bien évidemment des soupes identitaires à Paris ou Strasbourg dans lesquelles s’investissent des militants issus des différentes familles nationalistes, y compris du FN. Ces soupes reçoivent d’ailleurs un écho favorable chez les partisans de Bruno Gollnisch qui était lui-même physiquement présent à la « soupe européenne » de février 2006 à Paris. C’est également le cas de Solidarité Kosovo qui a un certain écho dans la communauté serbe de Paris ou de la campagne du CEPE en faveur de Michel Lajoye qui a permis de toucher certaines figures d’extrême droite, jusqu’au mic-mac de la signature d’Alexandre Del Valle. Cependant, paradoxalement, les Identitaires font tout pour faire apparaître ces associations comme indépendantes. Ainsi Solidarité Kosovo est présentée comme une «association d’étudiants grenoblois qui n’auraient pas supporté de voir la situation réservée à la communauté serbe du Kosovo après la mise sous tutelle de cette province serbe par l’ONU». Or l’association a directement été créée de façon informelle en 2004 par des militants des JI, Arnaud Gouillon dirigeant effectivement cette structure depuis Grenoble et ayant par exemple été impliqué dans les violences commises par des militants JI à Nice le 3 avril 2005. Il est par ailleurs le gestionnaire de la BP de l’association située à Jarrie (38). Il en va de même avec Alternative-s, présentée comme un label indépendant et est en fait gérée par l’un des musicien du groupe Fraction qui là aussi n’est plus à présenter. Cette stratégie de dissimulation trouve sans doute son origine dans deux motivations n’ayant qu’un rapport indirect : d’une part la crainte d’une nouvelle dissolution, toujours latente et qui a été redynamisée par les menace de Dominique de Villepin au printemps 2005 ; d’autre part la volonté de draguer large, au delà de l’habituel cercle d’influence des Identitaires, en gommant le côté partisan de ces structures.</p>
<p>Cette stratégie a évidemment un coût politique : le Bloc ne bénéficie que fort peu d’éventuelles retombées positives de ces actions dans le champ associatif. Les réactions publiques du FN en sont un bon exemple, passant d’une attitude conciliante à une hostilité affichée. Il a par exemple soutenu le Bloc dans l’affaire de la soupe populaire parisienne lorsque celle-ci a connu ses premiers ennuis avec la Préfecture de Police de Paris. Mais Le Pen a également dénoncé le Bloc comme un mouvement d’extrême droite fin août 2004 lors de la polémique sur l’Université d’été d’Orange et on sait que Marine Le Pen ne rate pas une occasion d’exprimer son hostilité au mouvement. Localement, le passé mégrétiste des Identitaires continue d’ailleurs de faire grincer des dents, d’où certaines prises de position très hostiles de responsables du FN. Il va dans cette perspective être particulièrement intéressant de suivre l&rsquo;évolution électorale des Identitaires sur Nice et sa région, en particulier pour les prochaines municipales de mars 2008, et de voir l&rsquo;attitude du FN localement.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Un activisme débridé ?</h3>
<p>L’activisme identitaire a pris plusieurs formes. La plus évidente est celle de n’importe quel groupe politique (manifestations, collages, etc) et se trouve être plutôt le fait des JI. Les JI et le Bloc ont par ailleurs développé des activités internes de cohésion comme les camps d’été JI. A la suite du premier qui avait eu lieu à Lodève en août 2003 dans la propriété d’Olivier Roudier, chaque été a vu la tenue d’un camp, dans des zones géographiques diverses (Dauphiné, arrière-pays niçois ou Luxembourg cette année), réunissant d’une petite trentaine à une petite soixantaine de participants selon les années. Le camp 2005 a fait l’objet d’un petit film transformé en DVD dont le seul intérêt est de nous montrer Guillaume Luyt dans une (ré)interprétation brillante du rôle de Jean-Claude Dusse. Les meetings publics (Lille, Lyon) ont globalement la même vocation que les camps même s’il n’y en a pas eu depuis celui de 2004 à Lyon (si on excepte un petit meeting à Orléans en octobre 2006), sans doute suite aux affrontements qu’il avait entraîné avec des opposants antifas. On peut ajouter à ces activités internes l’organisation régulière de raids de pleine nature, en Lorraine et Franche-Comté essentiellement.</p>
<p>Mais les Identitaires se sont surtout fait connaître par un activisme virtuel débridé, avec une multiplication les deux ou trois premières années de campagnes Internet et un « harcèlement démocratique » sur le modèle de ce qui a pu être fait par le passé par les organisations «démocratiques» du type Ras L’Front ou LDH :</p>
<p>- campagne Sniper : elle n’est plus à présenter puisqu’elle a fait l’objet d’articles de presse et d’une <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-vs-sniper/">brève sur le site de REFLEXes</a>. Rappelons simplement qu’elle a démarré en mars 2003, permettant au BI de ridiculiser le FNJ qui était à l’origine de cette campagne sans avoir rien obtenu, et qu’elle a abouti à l’annulation des 20 dates de la tournée 2004 du groupe. Elle a surtout permis au BI de se rapprocher de structures amies (Alsace d’Abord, Mouvement Régionaliste de Bretagne) mais également hostiles (AGRIF).</p>
<p>- campagne Battisti : lancée sur le Net, cette campagne a rapidement été relayée sur le terrain et en particulier à Paris, avec diffusion de tracts dans le quartier de Battisti, harcèlement d’une librairie soutenant l’écrivain, perturbation du conseil municipal du IXe arrdt le soir de la délibération sur le soutien à Battisti. Le BI a également pris contact avec des responsables politiques italiens d’Alliance Nationale et a sans doute obtenu des moyens financiers dans ce cadre.</p>
<p>- campagne Binazon : campagne menée contre ce militant immigrant sans-papiers particulièrement actif en 2003-2004 et qui s’est tué accidentellement dans son pays d’origine.</p>
<p>Depuis deux ans, le Bloc a largement diminué l’importance de ce lobbying virtuel. Cela ne signifie pas que les Identitaires ont disparu de la Toile, au contraire. Internet est constitutif de l’existence des Identitaires puisque les sites ont constitué la base de repli des futurs Identitaires après la dissolution d’UR et il est évident qu’ils se sont montré particulièrement inventifs dans ce domaine en comprenant qu’il fallait copier la démarche de contre-information de l’extrême-gauche. Outre les sites des Identitaires et du Bloc Identitaire (celui des JI sur le plan national est en déshérence depuis trois ans), les « zids » ont surtout développé une multitude de blogs et une pseudo-agence de presse indépendante. Fondée en collaboration avec des militants belges, elle s’est d’abord appelée altermedia, ce qui était particulièrement bien trouvé pour intoxiquer certains internautes non avertis. À l’automne 2004, les divergences politiques et techniques sur la gestion d’altermedia ont poussé les Identitaires à rompre les relations avec le militant belge qui gérait le serveur informatique et les ont amené à lancer novopress. Un temps hébergés par le BNP, les Identitaires ont ensuite acquis leur propre serveur Internet. Novopress se veut fondamentalement différent d’altermedia. L’interface graphique a été largement élaborée par Gaëtan Bertrand et se veut « moderne ». Le contenu est quant à lui « neutre », appliquant sur Internet la ligne générale du « Pas d’ennemis à droite ! ». On retrouve donc des communiqués de toutes les organisations de la droite nationaliste (FN, MPF, AF, Europae Gentes, Chrétienté-Solidarité, Esprit Public) si on excepte celles directement concurrentes des Identitaires comme le Renouveau Français. Celle ligne a pu prêter à confusion sur les intentions du Bloc Identitaire, contribuant encore plus à troubler une orientation politique déjà fort opaque. À cela vient s’ajouter l’intérêt marqué de certains animateurs de novopress, dont Thibaud Baladier alias Pierre Chatov, pour des théories estampillées de gauche comme la décroissance, ou pour des personnalités polémiques (Alain Soral, Kemi Seba), ce qui finit de brouiller les pistes. Cette polyphonie politique permet évidemment aux Identitaires de ratisser large et d’occuper une place bien supérieure à leur poids réel, tout en multipliant les contacts. À de multiples égards, novopress concrétise en France des orientations largement à l’œuvre en Italie avec les « milieux non-conformes », c’est-à-dire la mouvance militante héritière du néo-fascisme des années 1970. La même remarque pourrait s’appliquer à un blog comme Zentropa qui assure la liaison virtuelle de cet axe Rome-Paris-Quebec, étant alimenté en textes et photos par des militants identitaires de ces trois espaces, dont l’inévitable Thibaud B. La participation des uns et des autres à la radio Internet Radio Bandiera Nera depuis septembre s&rsquo;inscritdans le même processus.</p>
<p>C’est sans doute cette frénésie virtuelle qui a contribué à donner l’impression fallacieuse que les Identitaires se développaient. La fable du bœuf et de la grenouille revisitée en quelque sorte…</p>
<p>Le support papier n’est pas oublié puisque les Identitaires ont maintenu une revue papier avec <em>ID</em>. Ce magazine a pris la suite de <em>Jeune Résistance</em>, au titre trop marqué et trop associé à Unité Radicale, en fusionnant au printemps 2005 avec <em>Quartier Libre</em> (France), <em>Devenir</em> (Belgique) et <em>Franc-Parler</em> (Quebec) permettant théoriquement à la revue d’acquérir une dimension francophone identitaire et d’économiser des frais inutiles. En fait, <em>ID</em> s’avère en fait assez pauvre sur le plan du contenu, surtout lorsque l’on songe qu’elle est censée réaliser la synthèse des quatre revues qui la précédaient…</p>
<p>Enfin, dernière opération de communication en date, les JI Paris ont monté un groupe de rock qui aurait été qualifié « groupe de RIF » il y a encore deux ou trois ans, à savoir Hôtel Stella. Emmenée par Gaëtan Bertrand au chant et bénéficiant de l’expérience de Richard Paretti de feu In Memoriam, la petite troupe ne devrait sans doute pas tarder à tomber dans les mêmes travers que leurs prédécesseurs et que nous analysions dans <em>Rock Haine Roll</em>.</p>
<p>Si les Identitaires se sont révélés de bons communicants à défaut d’être de bons organisateurs, il faut malgré tout souligner qu’ils ont été largement servis par les media grand public, qu’ils prennent la forme de la presse écrite ou de la télévision. Ils ont en effet accordé une couverture inespérée au BI en relayant ses coups médiatiques ou ses activités et en particulier la soupe populaire au cochon. Cela a commencé dès 2003 avec l’affaire Dantec, c’est-à-dire le soutien accordé par l’écrivain au Bloc Identitaire par rapport à une dénonciation de l’islamisation de la France et s’est poursuivi avec la soupe au cochon ou l’affaire Battisti. De son côté, le BI a développé une politique systématique de droit de réponse qui s’est avérée payante puisqu’il en a obtenu un certain nombre.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Une révolution culturelle ?</h3>
<p>Les Identitaires ont construit tout leur discours sur la thématique de la rupture militante : rupture avec les « vieilles lunes » de l’extrême droite, avec le « folklore »… Il faut entendre par là que les Identitaires voulaient purger leurs rangs des militants néo-nazis ou provocateurs qui composaient l’essentiel des troupes d’Unité Radicale avant la dissolution de l’été 2002. Ils y sont globalement parvenus grâce à l’intégration à leurs débuts de nombreux militants du MNR ou du MNJ moins marqués que ceux militant auparavant à UR et par la mise au second plan d’activités annexes assez révélatrices comme le groupe Fraction. Cela ne signifie pas pour autant que les Identitaires, et en particulier la branche jeune, ait cessé d’être une structure d’extrême droite radicale. Cela se traduit par la proximité maintenue avec certains milieux a priori peu fréquentables, en particulier skinheads. Certains militants ont derrière eux un solide passé dans cette mouvance comme Mickael Perry, animateur du fanzine <em>Militant Blanc</em> devenu <em>Le Glaive</em> alors qu’il habitait Salon de Provence en 1995-1996, proche du PNFE à cette époque et poursuivi en tant que militant JI pour incitation à la haine raciale et condamné par le TC d’Épinal le 04 janvier 2005 à 1 mois de prison avec sursis et à des amendes et dommages et intérêts au profit de la LICRA. Mais d’autres plus jeunes ont rejoint les JI comme Mickaël Moustier, un temps responsable JI sur Aix, animateur du fanzine skinhead <em>No one like us</em>, membre du groupe RAC Frontline puis Hais et fiers depuis deux ans. Par ailleurs des militants JI ont déjà été largement impliqués dans des violences multiples contre des étudiants de gauche (Grenoble, Toulouse, Lyon, Paris), des personnes d’origine immigrée ou même d’autres militants nationalistes, à <a href="http://reflexes.samizdat.net/nice-ville-interdite/">Nice en particulier</a>. L’évolution du FN et le positionnement racial des Identitaires ne peut d’ailleurs que leur attirer des militants lassés d’une certaine modération. L’attaque violente à laquelle se sont livrés des militants identitaires des JI et proches de la revue <em>Montségur</em> lors d’une manifestation occitane le 18 mars 2006 à Béziers montre en tout cas que la violence demeure une des armes politiques envisagées par cette mouvance.</p>
<p>Pour conclure très provisoirement, on peut considérer que les Identitaires sont parvenus à ce qu’on pourrait appeler un moment clé de leur évolution. Fondés en 2002, le mouvement n’a pas réussi à devenir plus qu’un gros groupuscule dont l’activité forcenée de quelques uns masquent l’inaction de beaucoup d’autres. L&rsquo;évolution récente montre que le BI ou les JI comptent à présent sur une récupération des déçus du Front pour se relancer, en coopération avec un milieu hétéroclite dont la journée de <em>Synthèse Nationale</em> a montré un aperçu. Il n’est pas dit que le pari aboutisse tant la mouvance identitaire est très loin de pouvoir leur offrir une structure d’accueil. Les Identitaires ou l’histoire de la grenouille raciste qui se rêvait plus grosse que le bœuf national-populiste…</p>
<p>Publié le 09 novembre 2007</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_323" class="footnote">L&rsquo;association SDF a ainsi utilisé les services d&rsquo;un avocat connu pour sa proximité avec la LDJ, lors de ses démêlés avec le Préfet de Paris en 2006, David Dassa-Le Deist</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>2007, l&#8217;année des idiots utiles ?</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/2007-lannee-des-idiots-utiles/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/2007-lannee-des-idiots-utiles/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Jan 2007 00:42:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Soral]]></category>
		<category><![CDATA[Dieudonné]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Jildaz Mahé O'Chinal]]></category>
		<category><![CDATA[Kemi Seba]]></category>
		<category><![CDATA[Novopress]]></category>
		<category><![CDATA[Renouveau Français (RF)]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Posté le 1er janvier 2007 En ce 31 décembre, il est sans doute temps de faire un petit bilan de ce qui aura constitué la principale actualité de l&#8217;extrême droite française cet automne : l&#8217;affaire Dieudonné-Soral-Kemi Seba. Notre analyse ne prétend pas être exacte puisqu&#8217;il est évident que certains points demeurent obscurs. Néanmoins on peut [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 1er janvier 2007</p>
<p>En ce 31 décembre, il est sans doute temps de faire un petit bilan de ce qui aura constitué la principale actualité de l&rsquo;extrême droite française cet automne : l&rsquo;affaire Dieudonné-Soral-Kemi Seba. Notre analyse ne prétend pas être exacte puisqu&rsquo;il est évident que certains points demeurent obscurs. Néanmoins on peut commencer à émettre une opinion sur la polémique.</p>
<p>Écartons tout d&rsquo;abord un point évident : cette affaire ne se résume pas à une simple collusion d&rsquo;antisémites. Certes l&rsquo;hostilité à la figure du Juif est largement partagée à des degrés divers par ses acteurs. Mais elle ne constitue pas à nos yeux un élément d&rsquo;explication valable et efficace. Si on excepte le cas Seba, elle est tout au plus un point de connivence et le CRIF ne joue que le rôle d&rsquo;adversaire commun contre lequel il est facile de s&rsquo;entendre. Les vrais motifs sont à chercher ailleurs et n&rsquo;ont pas forcément grand-chose de commun aux différents acteurs considérés.</p>
<p>Du côté du FN, l&rsquo;intérêt de cette polémique est évident. Cela fait plus de trente ans que le parti est isolé sur une scène politique qui est parvenue à contourner ses quatre millions d&rsquo;électeurs. Cet isolement s&rsquo;est reproduit dans la sphère médiatique et intellectuelle dans laquelle le FN est un parti de pestiférés : pas ou peu de figures de premier plan pour le soutenir, pas de mouvement d&rsquo;opinion pour propager une autre image que celle forgée par ses adversaires et par les provocations de son vieux chef. La vieille garde pouvait se satisfaire de cette situation qui sentait bon la pureté doctrinale et l&rsquo;absence de compromis. Mais cette génération lâche prise peu à peu et ceux qui les remplacent aspirent manifestement à sortir de l&rsquo;enclavement. Il n&rsquo;y a que les vrais nationalistes pour préférer la défaite sur des idées à la victoire par compromis. Or le FN n&rsquo;est pas (ou n&rsquo;est plus ?) nationaliste. Jean-Marie Le Pen a toujours diffusé un discours axé sur le slogan « Un drapeau, trois couleurs » à forte teneur nationaliste coloniale dont le principal point fort était la « préférence nationale ». Il y a vingt ans, cette revendication pouvait encore être interprétée comme « raciale » puisque la part de la population française issue de l&rsquo;immigration extra-européenne n&rsquo;excédait sans doute pas les 10%. À présent que cette part a dépassé les 20% toutes origines confondues, la revendication de la « préférence nationale » ne peut plus être comprise comme la défense intransigeante de la « race blanche » mais comme un slogan protectionniste et néo-intégrationniste déjà en vigueur dans d&rsquo;autres démocraties libérales. L&rsquo;affiche de campagne qui a fait polémique au sein du FN ne vient finalement qu&rsquo;entériner ce fait et l&rsquo;on peut supposer qu&rsquo;elle est plutôt bien reçue par l&rsquo;électorat FN à défaut de l&rsquo;être par certains militants. La majeure partie des sympathisants FN n&rsquo;a en effet sans doute jamais vraiment compris l&rsquo;ostracisme qu&rsquo;elle subissait et aspire donc clairement à être réintégrée dans la sphère politique nationale. Toute stratégie permettant d&rsquo;atteindre ce but est forcément acceptée par ces personnes, quelles que soient les formes prises et les personnes la menant, a fortiori si elles portent le nom du vieux patron ou qu&rsquo;elles ont une certaine aura. Le FN n&rsquo;est pas l&rsquo;opposition au système mais l&rsquo;opposition du système, à l&rsquo;instar de l&rsquo;extrême gauche finalement.</p>
<p>Du côté d&rsquo;Alain Soral, il y a évidemment une parfaite compréhension de cette situation associée à des intérêts personnels eux aussi bien compris. Nous ne savons pas si Alain Soral est ou n&rsquo;est pas marxiste. Il revendique généralement cette filiation idéologique avec arrogance et sur un ton pontifiant. Pour autant il n&rsquo;y a pas de raisons de mettre en doute ses convictions nationales-républicaines. Il ne serait pas le premier à établir l&rsquo;équation « nation française = république française » puisque cette formule est le principe fondateur de la première république renouvelé avec la troisième du nom. Son discours intégrationniste est donc parfaitement cohérent même si s&rsquo;y ajoute sans doute le secret désir de voir le système politique actuel se gripper. Il se trouve que le FN est sans doute le seul parti actuellement à pouvoir porter ce discours pour plusieurs raisons : d&rsquo;une part toutes celles que l&rsquo;on a vues précédemment et que l&rsquo;équipe de Marine Le Pen incarne parfaitement, d&rsquo;autre part la faiblesse structurelle et intellectuelle du FN &#8211; peu de militants, encore moins de cadres &#8211; qui en fait un parti à prendre, pour peu que le prétendant ait un peu de charisme et de sens médiatique. Alain Soral réunit ces deux qualités et l&rsquo;ascendant qu&rsquo;il a pris dans le parti en quelques semaines a évidemment de quoi ébouriffer les plus fidèles des cadres lepénistes. À titre personnel, Soral n&rsquo;a sans doute pas à se plaindre de son changement de situation. Certes il a déjà été agressé trois fois par des individus dont on peut supposer qu&rsquo;ils étaient proches ou militants de l&rsquo;extrême droite juive et loin de nous l&rsquo;idée de prendre cela pour de l&rsquo;esbroufe. Cependant, une simple comparaison entre son statut d&rsquo;avant glissement vers le FN et celui d&rsquo;après est assez évocateur. Avant, Soral n&rsquo;était qu&rsquo;un sociologue de gauche parmi des dizaines d&rsquo;individus du même acabit, ne sortant d&rsquo;un relatif anonymat que par des prises de position tapageuses contre le « lobby homosexuel » ou les « féministes ». Maintenant, Soral est largement connu et ses livres se vendent. Certes il n&rsquo;est plus invité à certains endroits mais est-ce bien important pour lui ?</p>
<p>Du côté de Dieudonné, la situation est plus confuse. Nous ne pensons pas qu&rsquo;il se soit rallié au FN stricto sensu, contrairement à la voie choisie par Alain Soral. Par contre plusieurs éléments ont sans doute joué en faveur du rapprochement entre le comique et le parti frontiste. Il y a tout d&rsquo;abord la volonté de dynamiter le système politique actuel en substituant, pour reprendre ses propres termes, la « <em>vraie gauche</em> » (lui) et la « <em>vraie droite</em> » (le FN) au jeu des partis de gouvernement. Dieudonné n&rsquo;ayant que fort peu de perspectives d&rsquo;atteindre ce but, il a sans doute misé sur le FN pour atteindre ce but dans la mesure où une victoire électorale de Jean-Marie Le Pen serait le seul événement capable de provoquer une crise de régime et une paralysie du système, en dehors d&rsquo;une révolution sociale bien improbable actuellement. Il sait très bien qu&rsquo;en dédiabolisant le FN, il devient une propagande vivante pour ce parti. Dans le même temps, les liens avec les kemites ne sont pas rompus comme en témoigne la présence de Kemi Seba au spectacle de Dieudonné du 18 décembre dernier et cela contribue évidemment à accentuer les traits antisémites et communautaristes noirs de Dieudonné.<br />
Ensuite on peut sans doute voir dans ce rapprochement la connivence des parias qui n&rsquo;a rien d&rsquo;exceptionnel si on songe à ce qui peut se passer en prison entre adversaires politiques.<br />
Enfin il y a le rôle joué par Marc Robert, assistant de Dieudonné et ancien militant du FN. C&rsquo;est par exemple lui qui a sollicité la première interview de Dieudonné sur Novopress, point de départ d&rsquo;un rapprochement visible avec l&rsquo;extrême droite militante. Gageons qu&rsquo;il a largement influencé l&rsquo;évolution récente de Dieudonné.</p>
<p>Du côté de Chatillon et de ses amis, le soutien à Dieudonné et Soral et les contacts approfondis avec ces deux figures ne peut se comprendre que par la personnalité même de Frédéric Chatillon qui a toujours aimé cultiver le « non-conformisme » et qui a par ailleurs un point de vue politique foncièrement antisémite. En même temps, il faut toujours garder à l&rsquo;esprit que Chatillon est un proche de Marine Le Pen, même si cette amitié n&rsquo;interfère sans doute pas dans les positions politiques des uns et des autres. Cela facilite malgré tout les contacts et une certaine convergence de points de vue, en particulier par rapport au rôle d&rsquo;Alain Soral. Celui-ci aimant le scandale et la polémique, cela ne peut que plaire à d&rsquo;anciens gudards ayant gardé toute leur fraîcheur comme en témoignent les effets de manche de Chatillon, Jildaz Mahé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/2007-lannee-des-idiots-utiles/#footnote_0_287" id="identifier_0_287" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rappelons pour ceux de nos lecteurs qui auraient rat&eacute; des &eacute;pisodes ou qui auraient la flemme de chercher sur le site que Jildaz Mah&eacute; O&rsquo;Chinal, n&eacute; en 1972, est accessoirement le fils d&rsquo;un ancien journaliste de Paris-Match pass&eacute; &agrave; T&eacute;l&eacute; 7 jours et surtout un ancien militant du FNJ et du GUD au d&eacute;but et milieu des ann&eacute;es 1990.">1</a></sup> et les autres le 02 décembre dernier à Science-Po.</p>
<p>Du côté des groupuscules, c&rsquo;est comme toujours la course à l’échalote. Les Identitaires ont été globalement cohérents puisqu&rsquo;ils ne se sont pas particulièrement engagés dans le soutien aux trois larrons. L&rsquo;essentiel des contacts s&rsquo;est fait par Novopress dont la mythologie identitaire veut que ce soit une « agence de presse » indépendante. Novopress n&rsquo;est bien sûr indépendante que dans la mesure où ses rédacteurs identitaires n&rsquo;engagent pas le mouvement en diffusant telle ou telle information ou interview. Novopress a ainsi mis en ligne des interviews de Dieudonné, Kemi Seba et Alain Soral sans que le Bloc Identitaire puisse être impliqué et les journalistes qui se sont risqués dans cette voie se sont cassés les dents comme en témoigne l&rsquo;anecdote du procès de Kemi Seba le 18 septembre 2006 où le journaliste de l&rsquo;AFP vit un militant identitaire là où il n&rsquo;y avait qu&rsquo;un militant du RF, Charles-Alban Scheppens, s&rsquo;emmêlant laborieusement les pinceaux entre le FN et le RF : <a href="http://www.dailymotion.com/visited/search/uejf%2B%2B%2Btribu%2Bk/video/xep98_uejfkemi-seba-le-180906" target="_blank">http://www.dailymotion.com/visited/search/uejf%2B%2B%2Btribu%2Bk/video/xep98_uejfkemi-seba-le-180906</a>.<br />
Par contre le Bloc a bien sûr directement essayé de profiter de l&rsquo;évolution du FN pour réaffirmer sa différence et sa ligne politico-ethnique, d&rsquo;où des attaques directes contre le parti de Jean-Marie Le Pen sur les différents sites du mouvement.</p>
<p>La cohérence n&rsquo;a par contre pas été le fort du Renouveau Français, engagé sur tous les fronts sans qu&rsquo;on puisse y deviner une quelconque ligne directrice. Des militants du RF ont en effet été présents à toutes les apparitions de Kemi Seba, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des meetings ou du procès. Ces contacts sont logiques puisque les deux mouvements sont sur des positions farouchement antisémites et hostiles à tout métissage. Par contre le RF a dans le même temps assuré la protection rapprochée d&rsquo;Alain Soral, en particulier lors de la dédicace à Sciences-Po le 02 décembre dernier et là tout devient plus obscur. Quel intérêt de protéger une « personnalité » aussi marquée politiquement dans le sens de l&rsquo;intégration républicaine alors que le FN lui-même ne le fait pas officiellement ? Bon prince, Soral ne rate à présent jamais une occasion de saluer l&rsquo;esprit de « chevalerie » et la droiture des milieux catholiques traditionalistes. Cela ne modifie cependant en rien ses options politiques personnelles. Certains esprits un peu tortueux pourraient bien sûr y voir la volonté du mouvement contre-révolutionnaire et catholique de se positionner par rapport aux enjeux internes du FN dans les mois à venir et donc de marquer des points par rapport au courant « mariniste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/2007-lannee-des-idiots-utiles/#footnote_1_287" id="identifier_1_287" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Le courant des partisans de Marine Le Pen.">2</a></sup> ». Mais on entrerait là dans des calculs assez échevelés étant données les dernières prises de position du FN sur l&rsquo;avortement, positions qui sont celles que Marine Le Pen a toujours défendu. Nous nous contenterons donc de voir dans le soutien du RF à Soral un activisme débridé et le plaisir d&rsquo;être là où les choses se passent. Cela ne dénote évidemment pas un sens politique aiguë.</p>
<p>Sauf surprise de taille, le gros de la polémique est sans doute passé. Deux hirondelles ne font pas le printemps et le ralliement ou le rapprochement de Soral et Dieudonné avec le FN ne semble pas devoir annoncer un désenclavement en profondeur du FN. Ils sont malgré tout le symptôme que la question du FN ne peut plus être abordée et comprise comme il y a 10 ans ou même comme en 2002. À chacun d&rsquo;en tirer des éléments de réflexion et d&rsquo;action.</p>
<p>PS : Dans une de ses interviews récentes, Alain Soral a cru bon de prétendre que le FN attirait à lui les milieux les plus divers et que d&rsquo;anciens militants d&rsquo;Action Directe étaient ainsi présents aux BBR 2006. Il n&rsquo;est jamais inutile de rappeler que cette affirmation est évidemment une grosse couillonnade. Les militants ainsi évoqués par le sociologue et dont Gilles C. est la principale figure n&rsquo;ont en effet jamais fait partie d&rsquo;Action Directe. Ils étaient certes partie prenante jusqu&rsquo;au début des années 1980 d&rsquo;une mouvance autonome qui a pu alimenter l&rsquo;organisation de lutte armée en militants mais ces derniers sont connus et Gilles C. et ses camarades n&rsquo;en faisaient pas partie. Ils ne peuvent donc pas être considérés comme des compagnons de la défunte Joelle Aubron et des militants d&rsquo;AD encore emprisonnés, de Jean-Marc Rouillan à Régis Schleicher en passant par Nathalie Méningon ou Georges Cipriani.</p>
<p>Pour autant, Soral n&rsquo;est pas totalement responsable de son affirmation erronée puisqu&rsquo;il se trouve que ce sont ces anciens activistes eux-mêmes, et en particulier Gilles C., qui se sont construit une légende d&rsquo;activisme armé. La vérité ne pouvant souffrir d&rsquo;être travestie, elle est ainsi rétablie et nous laissons Gilles et ses amis hanter les couloirs de la mouvance nationaliste, de BBR en solstices de Terre &amp; Peuple. À titre préventif, nous pouvons aussi rappeler à d&rsquo;éventuels journalistes alléchés par le syndrome de la « collusion des extrêmes » que certains de leurs confrères étaient déjà tombés dans le panneau en 1999 lorsque Benoît Fleury et ses petits camarades du GUD avaient fait paraître un pseudo appel à soutien à AD dans la revue <em>Jusqu&rsquo;à nouvel ordre</em>. Inutile donc de nous resservir le même plat.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_287" class="footnote">Rappelons pour ceux de nos lecteurs qui auraient raté des épisodes ou qui auraient la flemme de chercher sur le site que Jildaz Mahé O&rsquo;Chinal, né en 1972, est accessoirement le fils d&rsquo;un ancien journaliste de Paris-Match passé à Télé 7 jours et surtout un ancien militant du FNJ et du GUD au début et milieu des années 1990.</li><li id="footnote_1_287" class="footnote"> Le courant des partisans de Marine Le Pen.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/2007-lannee-des-idiots-utiles/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Soral en dédicace chez Ratier</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/soral-en-dedicace-chez-ratier/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/soral-en-dedicace-chez-ratier/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Jun 2006 09:12:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Soral]]></category>
		<category><![CDATA[Altermédia]]></category>
		<category><![CDATA[Dieudonné]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Ratier]]></category>
		<category><![CDATA[Facta]]></category>
		<category><![CDATA[Ginette Hess-Skandrani]]></category>
		<category><![CDATA[Novopress]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Samedi 24 juin, Alain Soral dédicaçait son nouveau livre à la librairie Facta, librairie d&#8217;Emmanuel Ratier situé dans le 9ème arrondissement. Si Alain Soral s&#8217;est fabriqué depuis plusieurs années une image de provocateur invétéré, choisir la librairie d&#8217;un militant d&#8217;extrême droite et antisémite notoire pour lieu de dédicace pouvait sembler curieux. Mais en observant de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi 24 juin, Alain Soral dédicaçait son nouveau livre à la librairie Facta, librairie d&rsquo;Emmanuel Ratier situé dans le 9ème arrondissement. Si Alain Soral s&rsquo;est fabriqué depuis plusieurs années une image de provocateur invétéré, choisir la librairie d&rsquo;un militant d&rsquo;extrême droite et antisémite notoire pour lieu de dédicace pouvait sembler curieux. Mais en observant de plus près Soral depuis plusieurs mois, on découvre qu&rsquo;il a multiplié les contacts avec les éléments les plus folkloriques de l&rsquo;extrême droite française. Il avait ainsi donné une interview à « Rebellion », fanzine national-bolchevik de Toulouse en 2005. Il était ensuite passé à la soupe des identitaires à Montparnasse en janvier 2006. Enfin en juin il est invité sur radio Courtoisie (le 17) et signe l&rsquo;appel des 25 : appel pour la libération de l&rsquo;apprenti terroriste et militant néo nazi Michel Lajoye, aux côtés de Fabrice Robert et Richard Roudier du Bloc Identitaire, Gilles Soulas propriétaire de la Librairie Nationale&#8230; En choisissant de signer son ouvrage à la librairie Facta, il a choisi de s&rsquo;allier au fils spirituel d&rsquo;Henri Coston, l&rsquo;homme qui voyait des juifs et des francs-maçons partout, Emmanuel Ratier (pour un portrait complet du personnage, voir le pastiche « <a href="http://reflexes.samizdat.net/portrait-emmanuel-ratier-printemps-2002/">Méfaits et Documents</a>- » sur le site REFLEXes). L&rsquo;annonce de la séance de dédicaces fut reprise aussi bien par Novopress qu&rsquo;Altermedia, preuve que Soral semble avoir de plus en plus de relais et de soutiens chez les fafs, en tout cas au niveau des leaders. Car force est de constater que le public présent ce samedi, mis à part quelques énergumènes repérables à des dizaines de mètres, était composé pour l&rsquo;essentiel de lecteurs de Soral. Lecteurs qui ont eu tout le loisir de découvrir le genre de livres vendus par Ratier, tant il fallait patienter dans l&rsquo;escalier amenant au premier étage où se trouvait l&rsquo;écrivain. Mais visiblement le bobo amateur de Soral ne semblait pas choqué par tous ces livres à la gloire des waffen SS, d&rsquo;Hitler ou toutes ces curieuses revues parlant de racines identitaires. Parmi les clients de la librairie il y eu même quelques célébrités, puisque qu&rsquo;on jurerait bien y avoir reconnu Francesco Condemi, membre du Bureau de campagne pour la présidentielle 2007 de Dieudonné (au côté de Ginette Hess-Skandrani, exclue récemment des Verts en raison de ses affinités avec les négationnistes, et collaboratrice régulière de «La Gazette du Golfe et des banlieues», périodique de Serge Thion) et réalisateur du film «Etat de guerre » (film documentaire avec Th. Meyssan, Dieudonné, P.M. Gallois, espèce de «blouguiboulga» conspirationniste). Il était venu sans doute en ami, passer le bonjour à Soral, puisque celui-ci est un proche de Dieudo depuis l&rsquo;expérience «Euro-palestine» (liste aux européennes de 2004 sur laquelle il devait figurait avec Dieudonné, voir à ce sujet le communiqué de rupture d&rsquo;Europalestine/CAPJPO &laquo;&nbsp;<a href="http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=1410" target="_blank">Dieudonné sur une pente très glissante</a>&laquo;&nbsp;). Le même Dieudonné qui s&rsquo;était déjà illustré au mois de mai en donnant une interview au mensuel d&rsquo;extrême droite le Choc du Mois. Décidément tout ce petit monde n&rsquo;est pas très regardant sur ses fréquentations. L&rsquo;ambiance était malgré tout quelque peu tendue. La faute à une possible descente de la LDJ, qui s&rsquo;était à nouveau illustrée quelques jours plus tôt en attaquant une réunion publique de l&rsquo;AFPS au CICP. Soral ayant déjà été la cible d&rsquo;une agression de leur part lors d&rsquo;une séance de dédicace en septembre 2004 (à la librairie AU PAYS DE COCAGNE à Paris), on pouvait penser qu&rsquo;avec la personnalité du maître des lieux en plus, cela leur faisait 2 bonnes raisons de s&rsquo;offrir une petite visite surprise. Il n&rsquo;en fut rien. Enfin malgré tout, nous ne sommes pas passés loin du drame quand une dame, embarrassée, demanda à acheter l&rsquo;encyclopédie politique française (autre publication d&rsquo;E. Ratier), « celle avec les pseudonymes des juifs ! » et à rencontrer Emmanuel Ratier. Ce dernier, sans doute par timidité, s&rsquo;éclipsa alors dans l&rsquo;arrière boutique, et la vieille dame fut toute déçue d&rsquo;apprendre que son idole n&rsquo;était, dixit le vendeur : « qu&rsquo;un collectif d&rsquo;auteurs ». <em>Posté le 28 juin 2006</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/soral-en-dedicace-chez-ratier/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
