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	<title>REFLEXes &#187; Réfléchir &amp; Agir</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>La légion étrangère saute sur Nogent sur Marne</title>
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		<pubDate>Tue, 06 May 2014 19:57:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
		<category><![CDATA[anti-IVG]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite Populaire (NDP)]]></category>
		<category><![CDATA[Parti de la France (PdF)]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>
		<category><![CDATA[Roger Holeindre]]></category>
		<category><![CDATA[Synthèse Nationale (revue)]]></category>

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		<description><![CDATA[LE 11 mai prochain doit avoir lieu a Nogent-sur-Marne dans le 94 une journée d’hommage aux combattants d’Indochine. N’ayant aucune sympathie pour les milieux militaires et leurs commémorations il est fort rare que nous nous exprimions sur le sujet, et les dates des 14 juillet, 11 novembre et autres 8 mai ne nous passionnent guère [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>LE 11 mai prochain doit avoir lieu a Nogent-sur-Marne dans le 94 une journée d’hommage aux combattants d’Indochine.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/affiche_hommage_combattants_Indochine.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1104" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/affiche_hommage_combattants_Indochine-214x300.png" alt="affiche_hommage_combattants_Indochine" width="214" height="300" /></a></p>
<p>N’ayant aucune sympathie pour les milieux militaires et leurs commémorations il est fort rare que nous nous exprimions sur le sujet, et les dates des 14 juillet, 11 novembre et autres 8 mai ne nous passionnent guère en général<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_0_506" id="identifier_0_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est bien entendu que nous parlons l&agrave; des comm&eacute;morations et non des &eacute;v&egrave;nements que ces dates &eacute;voquent. Mais nous n&rsquo;oublions pas non plus, concernant celle du 8 mai, qu&rsquo;elle est aussi le jour des massacres de S&eacute;tif, Guelma et Kherrata la m&ecirc;me ann&eacute;e de 1945.">1</a></sup>. Toutefois il arrive que certaines de ces commémorations retiennent toute notre attention. Ce fût le cas en juin 2012 lors de la manifestation à Paris pour « l’honneur de l’armée française en Algérie » : organisée entre autres par le Cercle National des Combattants (CNC) de Roger Holeindre, l&rsquo;Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l&rsquo;Algérie française (ADIMAD, les anciens de l’OAS) ou encore France Résistante de Pierre Descaves (ex OAS, ex FN, aujourd’hui au Parti de la France de Carl Lang) et soutenue par la Nouvelle Droite Populaire, Synthèse Nationale ou encore le Parti de la France (PdF). Réunissant environ 1000 personnes qui défileront du Rond-point des Champs-Elysées au Trocadéro la manif<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_1_506" id="identifier_1_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Encadr&eacute; par le Service d&rsquo;Ordre du PdF, le SEP, qui r&eacute;alisait l&agrave; sa 1re sortie. Malgr&eacute; la pr&eacute;sence &agrave; sa t&ecirc;te de Jean-Pierre Dellac, ex responsable de la zone grand-est du DPS, aujourd&rsquo;hui d&eacute;c&eacute;d&eacute;, on ne peut pas dire que le r&eacute;sultat &eacute;tait l&agrave;.">2</a></sup> s’était conclue par des prises de paroles où étaient dénoncés pêle-mêle les communistes, les « fellaghas », les traitres.. bref en un mot l’anti-France.</p>
<p>La date du 11 mai prochain s’annonce du même acabit. En effet au delà de la question même du colonialisme et de ses crimes qui nous rendent peu sympathique ce genre d’événement, les 1ers noms de participants et invités annoncés pour cette journée ont de quoi nous faire pâlir.</p>
<p>Tout d’abord cette journée est parrainée par le colonel Jean Luciani. Il y a effectivement toute sa place puisqu’il fut capitaine au 1er BEP (Bataillon Etranger Parachutiste) à Dien Bien Phu, et sera fait prisonnier (par « LE » Viet-Minh comme il est de coutume de dire dans ces milieux). Mais c’est surtout l’homme politique qui nous intéresse dans cette histoire : venant du CNIP (Cercle National des Indépendants et Paysans<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_2_506" id="identifier_2_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="qui servit fr&eacute;quemment de passerelle entre le droite parlementaire et l&rsquo;extr&ecirc;me droite.">3</a></sup>) à Nogent-sur-Marne justement, il rejoint le FN et en devient conseiller régional Ile-de-France de 1992 à 1998. Lors de la scission de 1998 il <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/">choisit</a> Bruno Megret et le MNR et en devient très rapidement le secrétaire régional d’Ile-de-France et le secrétaire départemental du Val-de-Marne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_3_506" id="identifier_3_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="il est m&ecirc;me responsable de la commission de conciliation et de discipline, poste cl&eacute; en ces p&eacute;riodes troubles d&rsquo;apr&egrave;s scission.">4</a></sup>. Il sera candidat MNR à différentes élections jusqu’en 2003, date à partir de laquelle le MNR va connaitre son déclin, ce qui mettra sur la touche le Colonel.</p>
<p>Figurent aussi en bonne place comme invités le « sergent » Roger Holeindre, Popeye pour ses amis, et que l’on ne présentera plus ici tant son parcours est lié à l’histoire de l’extrême droite française (de l’Algérie française et l’OAS au FN en passant par la campagne présidentielle de 1965 de Tixier-Vignancour …aujourd’hui au Parti de la France, chez les nostalgiques du FN d’avant Marine), ou encore le Père Jean-Paul Argouarc&rsquo;h.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Roger_Holeindre_8me_RPC1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2422" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Roger_Holeindre_8me_RPC1.jpg" alt="Des paras du 8me R.P.C. en opération d’infiltration dans les zones tenues par le FLN lors de la guerre d’Algérie. R. Holeindre est au 2nd rang à … l’extrême droite, mais ça on le sait depuis longtemps !" width="600" height="429" /></a></p>
<p>Des paras du 8me R.P.C. en opération d’infiltration dans les zones tenues par le FLN lors de la guerre d’Algérie. R. Holeindre est au 2nd rang à … l’extrême droite, mais ça on le sait depuis longtemps !</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>Le père Argouarc&rsquo;h, à l’inverse de « Popeye », est certainement bien moins connu du grand public mais n’en reste pas moins un sacré personnage :<br />
Fils d’un militaire putschiste il grandit dans une Algérie qui se bat pour son indépendance, s&rsquo;il est trop jeune pour participer au putsch d’Alger il en garde une véritable rancœur. Engagé il choisit les paras, et rejoint le 13e régiment de dragons parachutiste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_4_506" id="identifier_4_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Unit&eacute; des forces sp&eacute;ciales, charg&eacute;e de la recherche du renseignement, notamment lors des op&eacute;rations ext&eacute;rieures, et dont les actions sont d&eacute;finies par le Commandement des op&eacute;rations sp&eacute;ciales (COS).">5</a></sup>. Après l’armée il trouve sa « voie » dans la spiritualité en découvrant le village d’enfants de Riaumont, haut lieu du scoutisme et du catholicisme intégriste sans toutefois être lié directement à la Fraternité Saint-Pie X, et dont il devient l’autorité religieuse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_5_506" id="identifier_5_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour les situer, il suffit de pr&eacute;ciser que le village a quitt&eacute; le mouvement des Scouts d&rsquo;Europe, historiquement li&eacute; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me droite catholique la plus int&eacute;griste, car jug&eacute; trop &laquo; europ&eacute;iste &raquo; et pas assez &laquo; national &raquo;, bref pas assez fran&ccedil;ais !">6</a></sup>. JP Argouarc’h racontera « son » histoire du village de Riaumont dans l’ouvrage <em>Riaumont, Passion et Résurrection</em> préfacé par Jean Raspail et avec une postface de Serge de Beketch, ses deux signatures montrant là l’importance de ce personnage et de ce lieu emblématique pour les traditionalistes.</p>
<div id="attachment_1802" style="width: 137px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Croix_Scouts_de_Riaumont-e337f.png"><img class="size-full wp-image-1802" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Croix_Scouts_de_Riaumont-e337f.png" alt="La Sainte Croix de Riaumont, emblème de l'Institut Sainte-Croix de Riaumont et de son mouvement scout" width="127" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">La Sainte Croix de Riaumont, emblème de l&rsquo;Institut Sainte-Croix de Riaumont et de son mouvement scout</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1803" style="width: 392px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Riaumont_Passion_et_Resurrection-aa857.jpg"><img class="size-full wp-image-1803" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Riaumont_Passion_et_Resurrection-aa857.jpg" alt=" Une couverture à faire trembler de peur les petits enfants la nuit !!" width="382" height="570" /></a><p class="wp-caption-text">Une couverture à faire trembler de peur les petits enfants la nuit !!</p></div>
<p>Notre curé intégriste fait par la suite le lien entre certains milieux militaires (aumônier des scouts paras, il est aussi officieusement l’aumônier de l’Union Nationale de Parachutistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_6_506" id="identifier_6_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le congr&egrave;s annuel de l&rsquo;UNP se tiendra d&rsquo;ailleurs cette ann&eacute;e &agrave; Riaumont justement.">7</a></sup>, et présent lors de nombreuses commémorations ou dépôts de gerbes), les nostalgiques du « bon temps des colonies » et la mouvance catholique intégriste. Il est en effet régulièrement présent aux côtés des mouvements anti-avortement tel que SOS Tout-Petits, il est également invité régulier du Cercle Renaissance de Michel de Rostolan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_7_506" id="identifier_7_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pass&eacute; lui aussi du CNIP au FN, avant de le quitter en 2009.">8</a></sup> ou plus récemment au côté de Civitas lors des Manifs pour Tous.</p>
<div id="attachment_1804" style="width: 484px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Manif_pour_tous_avril_2013.jpg"><img class="size-large wp-image-1804" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Manif_pour_tous_avril_2013-1024x384.jpg" alt="Mon curé chez les poulets (Paris 1er avril 2013 lors de la Manif pour Tous)" width="474" height="177" /></a><p class="wp-caption-text">Mon curé chez les poulets (Paris 1er avril 2013 lors de la Manif pour Tous)</p></div>
<p>C’est tout naturellement qu’il a été ces dernières années régulièrement sollicité pour les messes de funérailles de quelques figures de cette mouvance, tel que Serge de Beketch, ou encore Guy Steinbach<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_8_506" id="identifier_8_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien Camelot du Roi et collaborateur d&rsquo;Aspects de la France revue de l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise, il reste un monarchiste convaincu jusqu&rsquo;&agrave; sa mort en novembre dernier.">9</a></sup>.</p>
<p>Voici donc pour les invités et autres « parrains » de cette journée qui sent bon la vieille France, celle des valeurs chrétiennes et nostalgiques des colonies, et qui devraient en soit nous suffire à nous donner la nausée (pour ne pas dire la gerbe, que l’on déposerait bien volontiers à leurs pieds).</p>
<p class="size-large wp-image-1805">Mais cette petite présentation serait incomplète si on oubliait de préciser qui en sont réellement les organisateurs.<br />
Tout comme pour la manif en soutien à l’armée d’Algérie de juin 2012 (citée précédemment) qui était sous le patronage d’un fumeux <em>Comité de Liaison du Mémorial de l’Honneur Français</em> dirigé en sous main par R. Holeindre et son CNC, la journée du 11 mai est elle organisée par un <em>Collectif pour le Souvenir des Héros d’Indochine</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_9_506" id="identifier_9_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et bien sur, ne pas entendre dans &laquo; h&eacute;ros d&rsquo;Indochine &raquo; le G&eacute;n&eacute;ral Giap et ses hommes.">10</a></sup>.<br />
Bien que n’ayant aucune existence réelle, puisque l’association n’a ni statuts ni site, elle a néanmoins un porte-parole qui présenta la journée sur Radio-Courtoisie le 23 avril dernier. Et quel porte-parole ! Pas vraiment contemporain de cette époque puisque né en 1969, <a href="http://reflexes.samizdat.net/biographies-rapides-de-certains-militants-cites-dans-les-articles/">Eric Fornal</a> puisque c’est de lui qu’il s’agit, a toutes les qualités requises pour faire le lien entre les générations, et transmettre une certaine idée de la France. Bien que cadre à Pole Emploi, son poste doit lui laisser suffisamment de temps pour militer et de ce côté-là on peut dire que c’est un vrai parcours militant. Il commence tout jeune au FNJ et au CNEP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_10_506" id="identifier_10_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cercle National des Etudiants de Paris, dont la pr&eacute;sidente d&rsquo;honneur n&rsquo;&eacute;tait autre que Marine Le Pen.">11</a></sup>, il est responsable départemental du FNJ dans le Val de Marne et plus tard (en 1997) candidat FN aux législatives dans le même département. Comme tant d’autres, il fait au moment de la scission le choix de Bruno Megret, assez logiquement d’ailleurs puisqu’il se contente ainsi de suivre son autre mentor, Pierre Vial (Eric Fornal est un des responsables de la revue Terre &amp; Peuple). Toujours disponible et plein de vigueur il est aussi un des responsables de la revue <em>Réfléchir et Agir</em> (R&amp;A) sous le pseudonyme d’Eugène Krampon. Nous ne présenterons pas cette revue aux lecteurs de REFLEXes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_11_506" id="identifier_11_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour les d&eacute;buts de la revue cet article paru dans le n&deg; 51 en 1998 : &laquo; Quand on est faf et pr&eacute;tentieux&hellip;, R&eacute;fl&eacute;chir ou Agir il faut choisir ! &raquo;.">12</a></sup> et nous nous contenterons de rappeler leur technique bien particulière de communication, qui a elle seule est sans équivoque.</p>
<div id="attachment_2425" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Pubs_R_A1.jpg"><img class="wp-image-2425" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Pubs_R_A1.jpg" alt="R&amp;A ou la démonstration que l’on peut être nazi et avoir un certain sens de l’humour ! La 1re image est celle d’un CD promo réservé aux seuls abonnés, les veinards. La 2nde du même niveau est une pub pour la revue" width="600" height="477" /></a><p class="wp-caption-text">R&amp;A ou la démonstration que l’on peut être nazi et avoir un certain sens de l’humour ! La 1re image est celle d’un CD promo réservé aux seuls abonnés, les veinards. La 2nde du même niveau est une pub pour la revue</p></div>
<p>Le numéro des 20 ans sortie à l’automne dernier, avec une interview de Robert Ménard annoncé en couverture<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_12_506" id="identifier_12_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais l&agrave; encore est-il besoin de le rappeler, ce brave homme n&rsquo;a rien &agrave; voir avec l&rsquo;extr&ecirc;me droite !!">13</a></sup>, permet à Eugène/Eric de nous rappeler la ligne éditoriale de la revue dans l’édito :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/R_A_20_ans1.jpg"><img class="wp-image-2426 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/R_A_20_ans1.jpg" alt="R_A_20_ans" width="600" height="281" /></a></p>
<p>Au vu de tout cela, avec un tel parrain, des invités et un organisateur de ce niveau là, on sait très précisément à quoi s’attendre pour cette journée. Si on rajoute à cela les réseaux sur lesquels l’information circule (le site de l’ex Œuvre Française <em>Jeune Nation</em>, Radio Courtoisie, les milieux cathos-militaires, les nostalgiques de l’Algérie française..) et l’annonce faite sur l’affiche de la présence de nombreux stands d’éditeurs et de dédicaces d’auteurs, il ne fait aucun doute que cette journée aura le goût des grands barnums de l’extrême droite radicale que sont par exemple les tables rondes de Terre &amp; Peuple ou encore les Journées de Synthèse Nationale. Voila de quoi en intéresser plus d&rsquo;un, notamment chez <em>les Amis de Pierre Sidos</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_13_506" id="identifier_13_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="puisque c&rsquo;est le nouveau nom qu&rsquo;ont choisi les Jeunesses Nationalistes et l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise apr&egrave;s leur dissolution l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re.">14</a></sup> qui seront de sortie dans la capitale ce jour là, puisque le 11 mai est aussi le jour du défilé en l&rsquo;honneur de Jeanne d&rsquo;Arc, défilé où ils ont l&rsquo;habitude de venir renforcer les rangs du service d&rsquo;Ordre de Civitas. Les horaires de ces deux initiatives permettant clairement de basculer de l&rsquo;une à l&rsquo;autre, il y a fort à parier que les rues de Nogent-sur-Marne seront bizarrement <em>occupées</em> dimanche prochain.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_506" class="footnote">Il est bien entendu que nous parlons là des commémorations et non des évènements que ces dates évoquent. Mais nous n’oublions pas non plus, concernant celle du 8 mai, qu’elle est aussi le jour des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata la même année de 1945.</li><li id="footnote_1_506" class="footnote">Encadré par le Service d’Ordre du PdF, le SEP, qui réalisait là sa 1re sortie. Malgré la présence à sa tête de Jean-Pierre Dellac, ex responsable de la zone grand-est du DPS, aujourd’hui décédé, on ne peut pas dire que le résultat était là.</li><li id="footnote_2_506" class="footnote">qui servit fréquemment de passerelle entre le droite parlementaire et l’extrême droite.</li><li id="footnote_3_506" class="footnote">il est même responsable de la commission de conciliation et de discipline, poste clé en ces périodes troubles d’après scission.</li><li id="footnote_4_506" class="footnote">Unité des forces spéciales, chargée de la recherche du renseignement, notamment lors des opérations extérieures, et dont les actions sont définies par le Commandement des opérations spéciales (COS).</li><li id="footnote_5_506" class="footnote">Pour les situer, il suffit de préciser que le village a quitté le mouvement des Scouts d’Europe, historiquement lié à l’extrême droite catholique la plus intégriste, car jugé trop « européiste » et pas assez « national », bref pas assez français !</li><li id="footnote_6_506" class="footnote">Le congrès annuel de l’UNP se tiendra d’ailleurs cette année à Riaumont justement.</li><li id="footnote_7_506" class="footnote">Passé lui aussi du CNIP au FN, avant de le quitter en 2009.</li><li id="footnote_8_506" class="footnote">Ancien Camelot du Roi et collaborateur d’Aspects de la France revue de l’Action Française, il reste un monarchiste convaincu jusqu’à sa mort en novembre dernier.</li><li id="footnote_9_506" class="footnote">Et bien sur, ne pas entendre dans « héros d’Indochine » le Général Giap et ses hommes.</li><li id="footnote_10_506" class="footnote">Cercle National des Etudiants de Paris, dont la présidente d’honneur n’était autre que Marine Le Pen.</li><li id="footnote_11_506" class="footnote">Pour les débuts de la revue cet article paru dans le n° 51 en 1998 : «<a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/"> Quand on est faf et prétentieux&#8230;, Réfléchir ou Agir il faut choisir !</a> ».</li><li id="footnote_12_506" class="footnote">Mais là encore est-il besoin de le rappeler, ce brave homme n’a rien à voir avec l’extrême droite !!</li><li id="footnote_13_506" class="footnote">puisque c&rsquo;est le nouveau nom qu&rsquo;ont choisi les Jeunesses Nationalistes et l&rsquo;Œuvre française après leur dissolution l&rsquo;année dernière.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Quelques croûtons dans la soupe&#8230;</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/quelques-croutons-dans-la-soupe/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Nov 2007 21:56:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alsace d'abord]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Le Digabel]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
		<category><![CDATA[Identitaires]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Vardon]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>
		<category><![CDATA[Terre et Peuple (T&P)]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite à notre article de la semaine dernière, nous avons reçu divers courriers de lecteurs dont deux étaient intéressants dans la mesure où ils pointaient certaines erreurs d&#8217;analyse de notre part. Le premier porte sur les relations entre les Identitaires et ADSAV : «Bonjour, j&#8217;ai lu avec intérêt votre article intitulé &#171;&#160;La soupe au Vardon&#160;&#187;, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à notre <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/">article de la semaine dernière</a>, nous avons reçu divers courriers de lecteurs dont deux étaient intéressants dans la mesure où ils pointaient certaines erreurs d&rsquo;analyse de notre part. Le premier porte sur les relations entre les Identitaires et ADSAV :</p>
<p>«<em>Bonjour,</em></p>
<p>j&rsquo;ai lu avec intérêt votre article intitulé &laquo;&nbsp;La soupe au Vardon&nbsp;&raquo;, je ne me prononcerai pas sur les 99% de l&rsquo;article qui m&rsquo;ont l&rsquo;air plutôt corrects (en terme de sources je veux dire), mais je me permet d&rsquo;émettre un petit bémol sur la partie Bretagne.</p>
<p>J&rsquo;appartiens à l&rsquo;emsav (l&rsquo;ensemble du mouvement culturel, linguistique, et politique breton), et de ce fait je suis amené à cottoyer des gens de toute tendances politiques bretonnes dont des gens d&rsquo;Adsav, et je connais plutôt bien toutes les petites histoire de l&rsquo;emsav, dont certaines d&rsquo;Adsav ou du MRB.</p>
<p>Ce qui est sûr, c&rsquo;est que si les identitaires français n&rsquo;ont pas de section en Bretagne, ce n&rsquo;est pas pour &laquo;&nbsp;ménager&nbsp;&raquo; adsav, ils ont essayé de se mettre en bons termes avec eux, mais adsav mène entre autres croisades celle de la lutte contre la jacobinisme français, et pour adsav, le fn ou les identitaires c&rsquo;est du pareil au même.</p>
<p>Les identitaires se sont ensuite tournés vers le MRB, mais en Bretagne le MRB ne représente plus rien si ce n&rsquo;est son dirigeant Xavier guillemot lui même. Aujourd&rsquo;hui les identitaires veulent donner l&rsquo;impression d&rsquo;être partout, et pour cela ils s&rsquo;associent avec le MRB pour donner cette<br />
impression comme vous le disiez d&rsquo;omniprésence. Le MRB peut être considéré en Bretagne comme la suite du MNR, et donc dans la démarche et l&rsquo;idéologie le &laquo;&nbsp;nissa rebella&nbsp;&raquo; breton. Mais en terme d&rsquo;effectifs et de réussite, comme je le disais cela n&rsquo;a rien à voir.</p>
<p>Adsav a eu une meilleure réussite en Bretagne, en récupérant toutes les forces militantes d&rsquo;autres mouvements, ce qui a coulé le POBL (ancien mouvement indépendantiste breton) et le MRB qui y ont perdu la quasi<br />
totalité de leurs militants. C&rsquo;est cette récupération des militants qui a empêché la création d&rsquo;une section identitaire en Bretagne.</p>
<p>Pour conclure, je dirai donc que votre article ne parlait pas de la Bretagne bien sûr, mais que vous devriez faire attention à cette vision que vous avez des identitaires en Bretagne, il ne faut pas croire qu&rsquo;ils aiment Adsav et<br />
ne font rien pour leur nuire, car si Adsav perdait de la vitesse et donc sa base militante, les identitaires sauteraient sur l&rsquo;occasion pour créer une section en Bretagne. Mais la Bretagne a toujours été et sera toujours une entité à part du reste de la France, il serait inconcevable de créer un groupe se revendiquant de l&rsquo;identité bretonne sans en venir irrémédiablement à l&rsquo;indépendantisme. [...]»</p>
<p>Le deuxième portait plus spécifiquement sur les relations avec Terre &amp; Peuple et la revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. Le lecteur ne l&rsquo;ayant pas souhaité, nous nous abstiendrons de reproduire son courriel mais il indiquait en substance que les relations avec ces deux structures étaient très tendues à cause de l&rsquo;initiative conjointe des Identaires et d&rsquo;Alsace d&rsquo;Abord de lancer une Fédération Identitaire à laquelle ni l&rsquo;association de P. Vial ni la revue du tandem Le Digabel / Fornal n&rsquo;étaient conviées.</p>
<p>Ces deux mises au point corrigent donc certaines approximations éventuelles de notre part.</p>
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		<title>Et vinrent les guerriers&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Oct 2005 13:49:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bouchet]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Sidos]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>
		<category><![CDATA[Terre et Peuple (T&P)]]></category>
		<category><![CDATA[Œuvre française]]></category>

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		<description><![CDATA[Règle du jeu : l&#8217;extrait qui suit est tiré d&#8217;une petite brochure écrite par Eddy Marsan, Perceval 2003, publiée en novembre 2003 et distribuée dans une petite librairie parisienne. L&#8217;auteur y propose une petite promenade dans le microcosme nationaliste mytho, à travers un récit d&#8217;inspiration médiévale. A vous de reconnaître qui est qui dans ce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Règle du jeu : l&rsquo;extrait qui suit est tiré d&rsquo;une petite brochure écrite par Eddy Marsan, <em>Perceval 2003</em>, publiée en novembre 2003 et distribuée dans une petite librairie parisienne. L&rsquo;auteur y propose une petite promenade dans le microcosme nationaliste mytho, à travers un récit d&rsquo;inspiration médiévale. A vous de reconnaître qui est qui dans ce texte à clé&#8230; Mais rassurez-vous, <em>REFLEXes</em> vous donne la solution à la fin !</strong></p>
<p><em>«Le jour était maintenant largement levé. Il était temps pour Perceval de se diriger vers son destin, pensa-t-il, en riant à grands éclats. Des camarades de combat, perdus de vue depuis longtemps, lui avaient fait signe la veille pour lui donner rendez-vous ce matin même. L&rsquo;air mystérieux des compères avait de prime abord fort surpris Perceval. Celui-ci a une assez nette prédilection pour la netteté, la clarté et ne goûte guère les atmosphères où l&rsquo;étrange prédomine.<br />
Mais, très vite, on lui avait expliqué que des événements graves se préparaient et que des hommes, dans l&rsquo;ombre aujourd&rsquo;hui, mais en pleine lumière très bientôt, allaient agir. Les qualités de Perceval n&rsquo;avaient pas laissé indifférents les membres de la ténébreuse congrégation et il convenait pour le bien de tous et l&rsquo;avenir de l&rsquo;Europe, qu&rsquo;il se joigne à la troupe sauvage et déterminée. [...] Il se rendit donc au rendez-vous.</em></p>
<p>Si on lui avait fixé le lieu, un petit bar de quartier, et précisé que la rencontre se ferait au lever du jour, il ne fût pas surpris de ne voir arriver les trois camarades qu&rsquo;aux alentours de 10h30. Chez ces gens-là, ces hommes d&rsquo;action résolus, entraînés à tous les combats, on se couche généralement tôt pour se lever assez tard. La récupération est une phase essentielle de la vie de héros. Cela est bien connu de tous les spécialistes en la matière.</p>
<p>Ils parlèrent de choses et d&rsquo;autres car, chez ces gens-là, on ne se presse jamais pour aller au but. Perceval, un peu lassé par les banalités sur le temps et les considérations sur les dures contingences de ce monde dédié au veau d&rsquo;or, essaya de parier de choses un peu plus concrètes.</p>
<h3>Fléchir sans Agir</h3>
<p>Enfin mis en confiance, les intraitables militants de la cause nationale en vinrent au but de l&rsquo;entrevue. Ils expliquèrent à Perceval que l&rsquo;action électoraliste ne ménerait jamais à rien. Eux, bien sûr, n&rsquo;avaient pas abandonné le combat et avaient trouvé place dans une structure qui commençait déjà, au détour d&rsquo;une veillée, à poser la question des moyens à employer pour prendre le pouvoir.</p>
<p>Là, c&rsquo;était sûr, ça ne devait pas rigoler. Ils étaient déjà plusieurs dans le clan, au sein duquel on ne pouvait entrer que par cooptation. Cela marchait déjà si fort, quoique ce soit totalement secret, qu&rsquo;ils étaient même sur le point de rencontrer un rédacteur de <em>Fléchir sans Agir</em>, revue bien connue pour la praxis conquérante et offensive qu&rsquo;elle diffuse hardiment. Perceval était convié à la prochaine réunion secrète qui se tiendrait trois jours plus tard, à la tombée de la nuit dans la grande forêt voisine. Un plan lui fut remis car il était entendu qu&rsquo;il s&rsquo;y rendrait seul.</p>
<p>Cela devait correspondre à un premier rite d&rsquo;initiation. Le jour dit, afin de profiter au mieux de cette sortie, Perceval se rendit dans la forêt dès la fin de matinée. En lieu et place d&rsquo;une frondaison sauvage réservée à l&rsquo;élite aventureuse, il trouva des bois clairs, aménagés pour la promenade et le parcours santé des citadins.</p>
<h3>Profession Présideur</h3>
<p>Mais les promenades hasardeuses, sur le mode de l&rsquo;errance, réservent souvent des surprises.</p>
<p>Ainsi, après quelques minutes de marche à peine, tomba-t-il sur un petit groupe d&rsquo;enfants au comportement singulier. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux donnait des ordres sur un mode sévère et les autres faisaient mine d&rsquo;obtempérer en se mettant au garde à vous ou en faisant deux ou trois tractions. Le manège attirait toute l&rsquo;attention de Perceval jusqu&rsquo;à ce que le donneur d&rsquo;ordres ne vint à sa rencontre pour lui demander s&rsquo;il était un espion. Perceval répondit par la négative tout en faisant part de son désir de savoir ce qui se passait là. Le petit garçon, tout fier de l&rsquo;attention portée, répondit alors qu&rsquo;il s&rsquo;entraînait parce qu&rsquo;il avait décidé, lorsqu&rsquo;il serait adulte, de devenir Présideur. En quoi cette profession consiste-t-elle, demanda Perceval ?</p>
<p>&laquo;&nbsp;On est Présideur parce qu&rsquo;on est le meilleur et qu&rsquo;un jour on sera le chef de toute la France, comme Saint Louis. Le plus dur, c&rsquo;est d&rsquo;écrire tout un livre de 30 ou 40 pages où l&rsquo;on donne les mesures exactes de son logo, de ses bannières et autres oriflammes.<br />
Il faut aussi choisir un uniforme pour ses soldats.<br />
Il faut trouver le texte d&rsquo;un chant. Pour l&rsquo;air, on peut reprendre quelque chose de déjà connu.<br />
Après, il faut que les soldats donnent de l&rsquo;argent tous les mois pour que leur Présideur n&rsquo;ait pas besoin de travailler. En échange, on leur met des timbres aux jolies couleurs sur leur carte de membre. Quand tout marche bien, on est logé au dessus du local du groupe et on peut y descendre en pantoufles pour<br />
expliquer comment on présidera bientôt aux destinées de la France éternelle&nbsp;&raquo;. (énigme n°1)</p>
<h3>Une croix plus haute</h3>
<p>Perceval trouvait cette profession très entrichissante et fort utile mais, alors qu&rsquo;il essayait de se rappeler, parmi ses connaissances, qui l&rsquo;ex erçait déjà, il entendit dans le lointain, de puissantes vociférations. Un homme, agrippé en haut d&rsquo;une croix gigantesque, hurlait en leur direction alors celle-là penchait dangereusement et semblait s&rsquo;enfoncer dans le sol :<br />
&laquo;&nbsp;Gnostiques, païens, satanistes, ésotéristes, franc-maçons, sionistes, tarlouzes, drogués, je vous détruirai tous!&nbsp;&raquo;<br />
Ce curieux personnage se faisait appeler saint Plon-Plon. Médecin, il ne s&rsquo;était guère fait de clientèle. Alors, il avait défriché une petite parcelle de terre sur les berges d&rsquo;un étang à moustiques. Tous les dimanches, il dressait cette croix immense qui, immanquablement, s&rsquo;enfonçait dans le sol marécageux, entraînant le saint homme dans la fange malodorante. Il voyait là le résultat d&rsquo;un complot de la Terre entière et du Diable, puisqu&rsquo;aussi bien lui seul détenait encore le message divin. (énigme n°2)</p>
<h3>Une petite boutique</h3>
<p>Continuant son paisible cheminement le long de la rivière, Perceval tomba, entre une baraque à frites et une joyeuse guinguette, sur une petite boutique multiservices. &laquo;&nbsp;Chez Tonton Christian&nbsp;&raquo;, on vendait non seulement de la barbe à papa, mais aussi des autocollants, des livres de la collection &laquo;&nbsp;Ba Be Bi Bo Bu&nbsp;&raquo;, des fascicules nationaux-bolcheviks, des tee-shirts de Che Guevarra ou de la Légion Etrangère, quelques babioles de l&rsquo;ancien empire soviétique, de nombreuses revues satanistes et autres grimoires. Il y avait même un petit corner &laquo;&nbsp;sex shop identitaire&nbsp;&raquo;.</p>
<p>L&rsquo;aimable commerçant tenant la gentille boutique se définissait comme le grand maître de la radicalité et de l&rsquo;ésotérisme. Bientôt, expliqua-t-il à Perceval, il précipiterait moulte guéridons nationaux-bolcheviks à l&rsquo;assaut du pouvoir. Sympathisant avec le promeneur, le sympathique Christian l&rsquo;autorisa à l&rsquo;appeler Le Prince des Ténèbres.</p>
<p>Les rencontres se suivaient mais ne gagnaient pas nécessairement en qualité. Finalement, la ville apparaissait moins polluée que cette charmante forêt. (énigme n°3)</p>
<h3>Le prophète de l&rsquo;Apocalypse</h3>
<p>Maintenant, plus rien ne pouvait l&rsquo;étonner. Il aurait même été surpris de voir surgir quelque personne à peu près &laquo;&nbsp;normale&nbsp;&raquo;, entendez évoluant sur la terre ferme. Effectivement, il n&rsquo;avait pas encore ni tout vu, ni tout entendu. S&rsquo;approchant d&rsquo;une douce colline, il tomba nez à nez avec un nouveau personnage, certainement tout aussi sain que les précédents.</p>
<p>Celui-ci regardait Perceval avec insistance et une marque d&rsquo;inquiétude. L&rsquo;hirsute surgi de nulle part se présenta comme le dissident d&rsquo;une communauté apocalyptique qui campait un peu plus haut. Il entendait bien fonder son propre groupe, plus pur et décidé à attendre encore plus longtemps que tous les autres. Son projet était simple : il proposait aux âmes pures de se retirer du monde pendant au moins un siècle, à toutes fins de se préparer aux durs combats qui s&rsquo;annonçaient.</p>
<p>Cette démarche dynamique était en effet de nature à séduire bien des connaissances de Perceval, décidées à ne point se précipiter trop tôt dans l&rsquo;action. L&rsquo;homme avait lu dans les runes et savait que le ciel s&rsquo;entrouvrirait dans à peine un siècle. Il s&rsquo;agissait donc d&rsquo;être patient. (énigme n°4)</p>
<h3>Un jardin en friche</h3>
<p>Perceval était amusé mais il en eut vite assez. Reparti dans la forêt des extravagances, il s&rsquo;approcha d&rsquo;une clairière, en prenant bien soin de ne pas se montrer. Toutes les intéressantes discussions qu&rsquo;il venait d&rsquo;avoir avaient provoqué en lui quelques maux de tête et il convenait qu&rsquo;il se tînt un temps à l&rsquo;écart des hurluberlus du bois joli.</p>
<p>Devenu spectateur discret, il observa, derrière une clôture pas très droite le manège de gens qu&rsquo;il reconnu très vite. Il s&rsquo;agissait là de l&rsquo;équipe au complet de la revue <em>Fléchir sans Agir</em>. La fine fleur de l&rsquo;intelligentsia identitaire mettait en application dans ce campement les principes dévoilés dans LA revue.</p>
<p>Prônant un retour à la nature sans concession, pour pratiquer une agriculture digne du paléolithique, il s&rsquo;étaient emparés d&rsquo;un lopin de terre à l&rsquo;abandon.</p>
<p>Refusant la mécanisation de l&rsquo;agriculture, ils ne toléraient aucun engin à moteur sur cet espace naturel qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient d&rsquo;ailleurs point trop défriché.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;était, probablement pas le courage qui leur avait manqué. Ils avaient estimé que de vrais guerriers ne devaient subsister que grâce au produit de leur chasse.</p>
<p>En effet, tous étaient richement pourvus en arcs et en flèches, en dagues, en haches et autres masses d&rsquo;armes. Mais, pour tout gibier, Perceval ne les vit prendre pour pour cible que des boites de cassoulet et de lentilles aux saucisses qu&rsquo;ils s&rsquo;acharnèrent, un peu énervés par la résistance du gibier, à ouvrir à grands coups de francisque, car aucun n&rsquo;avait pensé à emmener d&rsquo;ouvre-boîte.</p>
<p>L&rsquo;opération survie de la surhumanité blanche en marche valait le coup d&rsquo;œil. Perceval en fut retourné. (énigme n°5)</p>
<h3>La communauté du Glacier</h3>
<p>Il pensa qu&rsquo;en continuant à gravir la haute colline, elle devait s&rsquo;élever à près de 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, il ne croiserait plus grand monde. À ces altitudes, les héros éprouvent en général un incommodant vertige.</p>
<p>Enfin seul, il observait le manège d&rsquo;écureuils ramassant des glands tombés à terre, lorqu&rsquo;une troupe d&rsquo;hommes revêtus d&rsquo;armures rutilantes déboula sauvagement pour se ruer sur les bestioles et les menacer de leurs glaives étincelants :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Quelle chance tu as eu que nous nous trouvions là, camarade. Notre entreprise courageuse t&rsquo;aura préservé des crocs acérés des bêtes sauvages ! Bienvenue parmi la Communauté du Glacier, frère Européen&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Perceval en avait beaucoup vu déjà mais cette fois-ci il faillit vraiment tomber par terre. Il réfléchit et se dit que, pourtant, nous étions bien loin de la période du carnaval.</p>
<p>Les intrépides guerriers portaient sur leurs casques de chantier une marque singulière. Il lui sembla reconnaître là une araignée stylisée. On lui précisa qu&rsquo;il n&rsquo;en était rien et que cette marque était celle du Poulpe. Mais, seuls les initiés, les membres de la confrérie guerrière avaient l&rsquo;honneur d&rsquo;en connaître la signification.<br />
On amena Perceval jusqu&rsquo;au campement. C&rsquo;était un privilège insigne. On lui montra la table ronde carrelée autour de laquelle des hommes purs dessinaient d&rsquo;ores et déjà l&rsquo;avenir de notre race.<br />
Perceval dit que la table avait déjà dû beaucoup servir car, par endroits, la mosaïque manquait. On lui rétorqua qu&rsquo;elle venait d&rsquo;être carrelée par la Salamandre. C&rsquo;était le nom totemnique du bras gauche du chef messianique. Bien qu&rsquo;artisan dans le bâtiment, depuis à peine 30 ans, le bras gauche n&rsquo;était pas encore au fait du dosage adéquat pour la confection du ciment, mais il était de bonne volonté. Ses hôtes offrirent à Perceval, dans un ciboire en étain, un de ces vins biologiques qui vous font regretter, la canette de Kronenbourg.<br />
Il apprécia cependant le geste. Il ne s&rsquo;ennuyait pas mais s&rsquo;excusa auprès de ses nouveaux amis. Un rendez-vous très urgent, auprès d&rsquo;une autre héroïque compagnie, ne lui permettait malheureusement pas de prolonger sa visite au campement de ces hommes d&rsquo;acier et de glace. Il le regretta bien. (énigme n°6)</p>
<p>Redescendant à grandes enjambées la colline, il prit en main le plan que lui avaient remis les camarades de la société secrète avant, finalement, de le replier et de l&rsquo;enfoncer bien au fond de sa poche.</p>
<p>Il n&rsquo;avait plus grande envie d&rsquo;honorer son rendez-vous. Il en avait certes vu et entendu assez pour ce jour. Il n&rsquo;avait plus alors qu&rsquo;une hâte : rallier au plus<br />
vite la grand ville et essayer d&rsquo;y rencontrer des femmes et des hommes de ce monde.»</p>
<p>Solution :<br />
- énigme n°1 : tout le monde aura reconnu le groupuscule de l&rsquo;OEuvre Française et son présideur à vie Pierre Sidos, qui habite au-dessus du local du groupe rue Caillaux dans le XIIIe arrdt de Paris.<br />
- énigme n°2 : le personnage décrit n&rsquo;est autre que Philippe Ploncard d&rsquo;Assac qui traque les infiltrations maçonniques, sataniques et gnostiques dans le nationalisme français et a pour principale caractéristique de vouer aux gémonies certaines figures de ce milieu, tel Serge de Beketch, Alain de Benoist ou d&rsquo;autres.<br />
- énigme n°3 : trop facile ! C&rsquo;est évidemment de Christian Bouchet qu&rsquo;il s&rsquo;agit et de ses tendances ésotérico-nationalo-bolchéviques. Quant à la collection BA-BE-BI etc, il s&rsquo;agit de la collection B.A.-BA de Pardès.<br />
- énigme n°4 : plus difficile&#8230; Après quelques hésitations, <em>REFLEXes</em> suppose qu&rsquo;il s&rsquo;agit de Christophe Picard alias Henri de Fersan qui prône depuis des années la constitution de communautés rurales blanches pouvant servir de bases de reconquête de l&rsquo;Europe contre &laquo;&nbsp;l&rsquo;invasion allogène&nbsp;&raquo;.<br />
- énigme n°5 : facile ! Là aussi, ce n&rsquo;est pas du jeu ! Qui n&rsquo;a pas reconnu <em>Réfléchir &amp; Agir</em>, fameuse revue animée par Eric Fornal et Laurent Le Digabel depuis Toulouse et dont tout lecteur de <em>REFLEXes</em> connaît l&rsquo;histoire ?<br />
- énigme n°6 : plus dur ! Il fallait reconnaître la bannière Grand Sud de Terre &amp; Peuple, animée par le carreleur José Perruga, ancien du FN et du MNR. Le poulpe est un des symboles du Languedoc. Il fallait y penser !</p>
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		<title>Gros plan sur Eric Rossi</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:59:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Rossi]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR)]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié à l&rsquo;automne 1998</p>
<p>Bien qu&rsquo;âgé de seulement une trentaine d&rsquo;années, ce vieux militant a une carrière bien remplie. Dans une interview au fanzine NR Napalm Rock (n°3) il retrace son itinéraire politique. «Sympathisant du FN en 1982, adhérent et militant actif entre 1983 et 1985, j&rsquo;en suis exclu pour mon appartenance revendiquée au mouvement skinhead. Membre du Klan, un groupe de skins parisiens en 1986-1987 puis un des animateurs des Jeunesses nationalistes révolutionnaires entre 1987 et 1989, alors ralliées au mouvement Troisième Voie de Malliarakis. J&rsquo;ai pris progressivement et logiquement mes distances avec ces skinheads parisiens, à la fois violence stérile et plus intéressés par leur image médiatique (muscu, gros bras et têtes vides) et les délires nocturnes que par l&rsquo;action politique militante. J&rsquo;ai pris le temps de réfléchir&#8230; Je suis depuis plusieurs années en contact régulier avec les appareils militants nationalistes et surtout beaucoup de jeunes militants autonome. J&rsquo;ai lancé le bulletin Réfléchir &amp; Agir à la rentrée 1993.» Curieusement, Rossi omet quelques-uns de ses faits d&rsquo;armes : oubli ou mémoire sélective ? Tâchons de la lui rafraîchir.</p>
<p>Eric Rossi a également fréquenté en 1985 le Kop de Boulogne, et s&rsquo;y est fait remarqué avec quelques-uns de ses copains, à tel point que sa photo fera la une du Nouvel Observateur, et qu&rsquo;elle servira à de nombreux journaux à chaque fois que les «supporters» du PSG feront parler d&rsquo;eux. Si Rossi préfère ne pas mentionner cet épisode, c&rsquo;est qu&rsquo;il entretenait à l&rsquo;époque de très bonnes relations avec certains services de la Préfecture de Police de Paris, ce qui explique certainement la mansuétude de cette dernière vis-à-vis des activités des skins du PSG. En échange de quoi les RG purent se constituer à l&rsquo;époque un superbe fichier de crânes rasés, avec nom, adresse et activités politiques. Rossi confiera d&rsquo;ailleurs à un journaliste allemand des détails sur les protections policières dont il bénéficiait alors. Mais tout a un temps, et le 28 mai 1988, il est arrêté à Brest en possession d&rsquo;un fusil à pompe, à la suite d&rsquo;un concert skin organisé par le label Rebelles européens, et il est condamné à trois mois de prison ferme.</p>
<p>Ce sont certainement ces péripéties et leurs conséquences qui décidèrent Rossi à quitter le mouvement skin pour faire de la politique autrement.<br />
Il mit malgré tout à profit son expérience pour entreprendre un travail universitaire critique sur «la mouvance nationaliste radicale».<br />
Ce travail a abouti à un mémoire de maîtrise intitulé «Jeunesse française des années 1980-1990 : la tentation néo-fasciste» et présenté à l&rsquo;université Paris II (Panthéon-Assas). Cette enquête, intéressante parce que vécue de l&rsquo;intérieur, montre bien, à travers l&rsquo;exemple skinhead, comment l&rsquo;emprise des idées nationalistes s&rsquo;effectue sur des franges diverses de la jeunesse par l&rsquo;action des groupuscules, et s&rsquo;alimente notamment par le jeu des médias. Dans sa conclusion, l&rsquo;étudiant Rossi explore les diverses voies qui s&rsquo;offrent demain à cette jeunesse radicale nationaliste :</p>
<p>1) La crise sociale politique et économique s&rsquo;atténue, ce qui implique que l&rsquo;afflux de jeunes militants en direction des groupes constitués se tarit petit à petit ;</p>
<p>2) La crise s&rsquo;accentue, mais la mouvance nationaliste ne s&rsquo;homogénéise pas, la structuration des groupes reste faible, le «potentiel» que représentent les jeunes nationalistes est perdu ;</p>
<p>3) La crise s&rsquo;accentue et les groupes se fédèrent pour capter, canaliser et gérer idéologiquement ces jeunes.<br />
L&rsquo;étudiant Rossi rejoint alors le militant Rossi quand il écrit : «Ainsi il conviendrait de s&rsquo;interroger sur la capacité évidente d&rsquo;une partie des jeunes nationalistes à abandonner le coup de poing pour diffuser le message par la parole et la plume. La maturité pourrait devenir alors plus dangereuse même si elle ne concerne qu&rsquo;une minorité de ces jeunes, convaincue du bien-fondé de son action et de l&rsquo;irréversibilité du phénomène.» Dans son mémoire, Rossi n&rsquo;oubliait pas de consacrer un chapitre aux jeunes antifascistes et au développement des groupes antifas, principalement au SCALP / REFLEX, n&rsquo;hésitant pas pour cela à nous contacter pour nous demander des infos, pensant peut-être que nous l&rsquo;avions oublié&#8230;</p>
<p><strong>Eric Rossi en quelques dates :<br />
</strong><br />
1982<br />
Sympathisant Front national</p>
<p>1983-1985<br />
Adhérent et militant actif du Front national. Participe au Kop de Boulogne</p>
<p>1985<br />
Exclu du FN pour appartenance revendiquée au mouvement skinhead</p>
<p>1986-1987<br />
Membre du Klan, un groupe de skins parisiens</p>
<p>1987-1989<br />
Arrêté le 28 mai 1988 en possession d&rsquo;un fusil à pompe, à la suite d&rsquo;un concert skin.<br />
Animateur des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR)</p>
<p>1990<br />
Entame un travail universitaire sur «la mouvance nationaliste radicale»</p>
<p>1993<br />
Lance <em>Réfléchir &amp; Agir</em></p>
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		<title>Quand on est faf et prétentieux&#8230;, Réfléchir ou Agir il faut choisir !</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[David Warlet]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Rossi]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Soulas]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>

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		<description><![CDATA[À l'origine un fanzine apparu en octobre 1993, Réfléchir &#038; Agir se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l'extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d'ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d'un groupe particulier ou d'un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l&rsquo;origine un fanzine apparu en octobre 1993, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l&rsquo;extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d&rsquo;ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d&rsquo;un groupe particulier ou d&rsquo;un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.<br />
</strong><br />
Publié à l&rsquo;automne 1998</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-779" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg" alt="Reflechir_Agir_1993_-44383" width="242" height="337" /></a><em>Réfléchir &amp; Agir</em>, conçu comme un outil de propagande et de formation à la fois intellectuelle, idéologique, physique et spirituelle, est destiné selon ses auteurs à former une « élite nationaliste » d&rsquo;où seront issus les cadres du mouvement nationaliste de demain. On peut ainsi y trouver une tentative d&rsquo;élaboration d&rsquo;une culture jeune d&rsquo;extrême droite, par le biais d&rsquo;articles sur les penseurs dont ils s&rsquo;inspirent, tels José Antonio Primo de Rivera, Julius Evola, les écrivains Drieu La Rochelle, Céline, Rebatet, Ernst Jünger&#8230; Un « esprit sain » allant de pair avec un corps sain, on trouve également dans la revue des articles sur les arts martiaux et les sports de combat. La musique (surtout Oï-Rock Against Capitalism ou industrielle type Laibach) n&rsquo;est pas oubliée, même si <em>R&amp;A</em> la considère surtout comme un moyen de faire passer un message politique.<br />
Mais c&rsquo;est surtout la critique du système américain qui intéresse les rédacteurs de la revue, qui se définit comme « nationaliste-révolutionnaire, socialiste et européenne ». Elle cherche à rassembler les jeunes militants nationalistes déçus par les différents groupuscules d&rsquo;extrême droite et leurs dysfonctionnements (rivalités de personnes, culte du chef, activisme verbal&#8230;), et qui, en marge du FN, sont attirés par ce mouvement, mais le jugent trop conservateur ou réactionnaire. Cependant, <em>R&amp;A</em> estime que le FN est incontournable : « <em>Il demeure une tribune d&rsquo;expression, un mouvement carrefour dont nous ne pourrons nous passer et certainement notre principal moyen d&rsquo;action</em> ». L&rsquo;objectif du journal est donc de permettre à ces jeunes militants d&rsquo;influencer le FN de l&rsquo;intérieur, en premier lieu au sein du FNJ et de Renouveau étudiant. Cette stratégie doit beaucoup à l&rsquo;expérience et à la réflexion du principal animateur de la revue, Eric Rossi.</p>
<h3>La prêche dans le désert</h3>
<p>En dépit du fait que l&rsquo;étiquette « fanzine skinhead » ait longtemps collé à <em>Réflechir &amp; Agir</em>, l&rsquo;audience de la revue a très vite dépassé le cercle habituel de ce genre de revues : son tirage se maintient à 300 exemplaires (400 pour les derniers numéros), contre une moyenne constatée de 50 à 200 exemplaires pour les autres titres. L&rsquo;essentiel des lecteurs est concentré sur Paris et sa région, mais <em>R&amp;A</em> est également diffusé en Provence, dans le Sud-Ouest et en Alsace-Lorraine, avec un noyau d&rsquo;une trentaine de lecteurs par région. À ses débuts, on trouvait ce journal au Darklords et à la Librairie française, puis, suite à la fermeture de ces deux lieux, à l&rsquo;Æncre et à la Joyeuse Garde. Des membres et des sympathisants de <em>R&amp;A</em> se se sont chargés de le distribuer à la fac d&rsquo;Assas et à Sciences Po.<br />
Les appels répétés de <em>R&amp;A</em> à l&rsquo;unité militante n&rsquo;ont pas empêché la revue d&rsquo;être ignorée voire attaquée par ses concurrents. Certains, comme le PNF, trouvent la revue trop « irrespectueuse », d&rsquo;autres, comme l&rsquo;Œuvre française, n&rsquo;ont même pas répondu aux demandes d&rsquo;entretien, jugeant la revue « inintéressante ». Côté skinhead, la coupure est définitive après la prise de position de <em>R&amp;A</em> concernant l&rsquo;assassinat de Brahim Bouaram par trois skinheads en marge du défilé du Front national le 1er mai 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_0_83" id="identifier_0_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut lire dans l&rsquo;&eacute;dito du num&eacute;ro 11 : &laquo;aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment &agrave; d&rsquo;anciens skinheads ayant pu d&eacute;crocher d&rsquo;un milieu peu prolifique (sic), notre bulletin refuse d&rsquo;&ecirc;tre assimil&eacute; &agrave; ce type d&rsquo;individus, l&acirc;ches, abrutis, faibles et sans personnalit&eacute;. Au risque de d&eacute;plaire, il pr&eacute;f&egrave;re condamner pour s&rsquo;en d&eacute;marquer d&eacute;finitivement.&raquo;">1</a></sup>.<br />
Quant au FN, c&rsquo;est l&rsquo;indifférence complète. Ce n&rsquo;est que par l&rsquo;intermédiaire de contacts personnels avec des responsables du FNJ Paris et un responsable FNJ de l&rsquo;Oise, Laurent Isoré, que <em>R&amp;A</em> a pu avoir une petite place au village FNJ lors des BBR 1994 et 1996. Pour ce qui est du Renouveau Étudiant (RE), le syndicat étudiant ne répond à aucune sollicitation du fanzine (il le fera néanmoins dans la nouvelle série). C&rsquo;est assez étonnant quand on sait que RE prône le rassemblement de tous les étudiants nationalistes, mais J-M. Le Pen, lors du Congrès de Caen en octobre 1995, n&rsquo;a-t-il pas déclaré « qu&rsquo;il fallait rompre avec le folklore, la nostalgie, l&rsquo;activisme » ? Pour le PNFE, les relations se bornent à des échanges de publicité et à des invitations à leurs réunions (mal fréquentées et peu discrètes, la police y assistant).</p>
<h3>Rapprochement avec NR</h3>
<p>Seule la tentative de rapprochement avec Nouvelle Résistance a semblé réussir dans un premier temps, avec des interviews croisées dans leurs publications respectives : une de Bouchet dans <em>R&amp;A</em> n°10, une de Rossi dans <em>Napalm Rock</em> n°3, des pubs pour <em>R&amp;A</em> dans <em>Lutte du Peuple</em> et <em>L&rsquo;Avant-Garde combattante</em>. Fin 1995, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> propose la création d&rsquo;un « pôle de coordination de la presse non-conformiste » et <em>Lutte du Peuple</em> donne son accord pour participer aux réunions préparatoires. Deux réunions ont eu lieu, l&rsquo;une le 26 janvier, l&rsquo;autre le 3 février 1995, mais elles n&rsquo;ont débouché sur rien de concret.</p>
<p>En fin de compte, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ne peut guère compter à cette époque que sur un petit réseau de soutien composé de quelques groupes et fanzines, dont :<br />
• <em>Combat</em>, la revue du Mouvement Nationaliste Populaire (MNP) de Marseille dirigé par Éric Legendre, qui devient <em>Imperium</em> début 1997 ;<br />
• <em>Sound of Hammer</em>, un skinzine de Bourges réalisé par Sébastien Legentil ;<br />
• <em>Ravens Chat</em>, un fanzine spécialisé dans la musique industrielle, éditée par Jean-Pierre Tabone, de Toulouse ;<br />
• <em>Napalm Rock</em>, de l&rsquo;Aixois Grégory Ombrouck ;<br />
• <em>Muninn</em>, revue de l&rsquo;association YGGDRASILL, basée à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et dirigée par Marc d&rsquo;Ana, alias Alexandre Del Valle ;<br />
• des revues paganisantes proches du GRECE.</p>
<h3>Une nouvelle formule</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-780" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg" alt="fanzine_reflechir_agir2-f3f4d" width="236" height="344" /></a>Début 1996, dans une lettre d&rsquo;information interne, l&rsquo;équipe du fanzine tire le bilan de ses activités après la parution de 13 numéros. L&rsquo;équipe décide alors de lancer une nouvelle formule, un magazine plus conséquent, plus « professionnel », qui continuera à s&rsquo;appeler <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. « <em>Au plus fort de notre développement, une partie de l&rsquo;ancienne équipe a décidé de se retirer&#8230; Une nouvelle équipe arrive, professionnelle et aguerrie pour mettre la technique et une logistique au service de notre politique.</em> (&#8230;) <em>Nous résisterons aux pressions de notre camp qui essaie tantôt de limiter notre impact, tantôt de nous récupérer pour nous étouffer&#8230;</em> <em>(&#8230;) et après l&rsquo;annonce de la sortie d&rsquo;une nouvelle formule, les pressions voire les menaces se sont multipliées pour nous dissuader. D&rsquo;aucuns se sont chargés de faire courir des bruits haineux de toutes sortes pour nous discréditer. Il est bien consternant, une fois de plus, de constater que les coups les plus retors sont orchestrés à l&rsquo;intérieur même de cette mouvance</em>&#8230;». Comme on peut le voir, la naissance du magazine (52 pages, 1500 exemplaires, impression offset, le tout pour un investissement initial de plus de 10 000 francs) s&rsquo;est fait dans la douleur. Les jalousies et les rancunes étant assez fortes dans ce milieu, certains groupes rivaux ont rappelé les liens entre Rossi et certains services policiers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_1_83" id="identifier_1_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise s&rsquo;est ainsi fait une sp&eacute;cialit&eacute; de la mise en fiches, r&eacute;guli&egrave;rement r&eacute;actualis&eacute;es : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants Nationalistes de Nice dans les ann&eacute;es 1960.">2</a></sup>. D&rsquo;autres n&rsquo;ont pas caché leurs ricanements ; les CHS en particulier affirmaient la même ambition de s&rsquo;extraire du milieu skinhead : « <em>Toute personne ayant lu une fois ce fanzine se rendra compte de cette mythomanie. <em>R&amp;A</em> ne fait rien si ce n&rsquo;est rester légal en adoptant une idéologie FN. (&#8230;) Inutile de signaler que nous ne supportons pas <em>R&amp;A</em>, de toutes façons ils ont toujours donné la parole et fait de la pub à nos ennemis du mouvement. Notre rancune est tenace&#8230;</em>».</p>
<p>De plus, des dissensions sont apparues au sein-même de l&rsquo;équipe du journal. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la troisième fois depuis ses débuts que la revue connaît des départs dus à des divergences politiques et au mode de fonctionnement. C&rsquo;est cette fois la nouvelle répartition des fonctions à l&rsquo;intérieur du groupe qui en est la cause, certains n&rsquo;ayant pas accepté la place prépondérante occupée par les nouveaux arrivants. En définitive, l&rsquo;équipe se compose d&rsquo;une vingtaine de personnes, en majorité parisiennes, à laquelle s&rsquo;ajoutent quatre ou cinq collaborateurs réguliers en Province.</p>
<h3>Un directeur de publication au passé chargé</h3>
<p>Pour avoir une existence légale, <em>R&amp;A</em> nouvelle formule s&rsquo;est dotée d&rsquo;un directeur de publication, David Warlet. Cet individu n&rsquo;est pas un inconnu pour le petit monde de l&rsquo;extrême droite&#8230; Ni pour nous.<br />
Son nom a été associé au Château du Corvier, une propriété achetée par le gérant de la librairie néo-nazie Ogmios et qui fut utilisée pour des réunions politiques, notamment celles du PNFE. Pour acheter le château, Dominique Larrieu monta en juin 1988 une société immobilière, SNC Le Corvier, dont David Warlet (avec Catherine Joris, la copine de Larrieu, et un certain Bernard Joseph) était l&rsquo;un des associés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_2_83" id="identifier_2_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="f. REFLEXes n&deg;41, &laquo;La vie de ch&acirc;teau de l&rsquo;extr&ecirc;me droite&raquo;, p.8">3</a></sup>. Mais ce n&rsquo;est pas la seule affaire immobilière de l&rsquo;extrême droite dans laquelle Warlet se retrouve impliqué. À la même époque, en février 1988, Warlet fonde une SARL de promotion immobilière intitulée FREYA et domiciliée 24 rue du Pont, à Brunoy (91). Il y est associé une nouvelle fois à Catherine Joris et à un certain Frédéric Durand. Warlet, qui en est le gérant, ne doit pas être très doué pour les affaires, puisqu&rsquo;en février 1989, le tribunal de commerce met sa société en redressement judiciaire simplifié avant de prononcer sa liquidation judiciaire un mois plus tard. Les ennuis de Warlet ne font pourtant que commencer, puisqu&rsquo;en juillet 1993, le tribunal de commerce de Corbeil-Essonnes prononce la faillite personnelle de Warlet pour une durée de 10 ans et le condamne à supporter l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif de la société à hauteur de 200 000 francs : en clair, Warlet ne peut plus gérer de société pendant dix ans et doit sortir vingt plaques de sa poche pour éponger les dettes de sa SARL. Aussi Warlet a-t-il dû très vite trouver de l&rsquo;argent (nous verrons comment) puisqu&rsquo;en novembre 1995 il dépose les statuts d&rsquo;une nouvelle société, la SARL des éditions Babylonia, qui a pour objet « l&rsquo;édition de livres et de magazines, la diffusion de livres sous toutes ses formes et la réalisation de travaux dont saisie, mise en page, traduction, entrant dans le cycle de production de l&rsquo;édition ». Pour ce faire, il s&rsquo;est associé à Jawad Bashara, un Irakien naturalisé Français il y a plus de vingt ans, né en 1955 à Babylone, qui se déclare journaliste et cinéaste. Ancien militant du PC irakien ayant fui la répression de Saddam Hussein, réfugié en France, il fréquente la mouvance palestino-syrienne. Warlet ne pouvant plus assurer de gestion, c&rsquo;est la femme de Bashara, Ayida Hourieh, de nationalité syrienne, qui est nommée au poste de gérante. Ce petit groupe comprend également un homme très discret, Al Sadi Walhab, habitant à Bruxerolles (86). Grâce à des contacts en Syrie où il se rend assez souvent, Bashara trouve des financements pour éditer plusieurs livres, notamment celui qu&rsquo;il écrit en collaboration avec David Warlet, <em>Critique de la Raison juive occidentale</em>, qu&rsquo;il traduit en arabe pour les éditions Dar al Mada, basées à Damas. Ce sont d&rsquo;ailleurs ses traductions qui lui permettent de vivre.</p>
<h3>Intérêt pour le monde arabe</h3>
<p>Mais qu&rsquo;est-ce qui a permis ce rapprochement entre un militant d&rsquo;extrême droite français et un opposant à Saddam Hussein, proche de la Syrie et de certains milieux palestiniens et qui se considère marxiste ? Tout d&rsquo;abord, on assiste depuis une quinzaine d&rsquo;années à une récupération par une partie de l&rsquo;extrême droite de thèmes chers à l&rsquo;extrême gauche, notamment la lutte contre l&rsquo;impérialisme, le soutien aux peuples en voie de libération et l&rsquo;antisionisme, d&rsquo;où un intérêt marqué pour le monde arabe en général et pour le combat du peuple palestinien en particulier. Cet intérêt s&rsquo;accompagne de la reconnaissance de la dimension méditerranéenne de l&rsquo;Europe et de la volonté pour certains de construire un axe euro-arabe. Par ailleurs, l&rsquo;apparition de l&rsquo;islamisme radical poussent certains de ces groupes français à envisager des alliances de circonstance contre des ennemis communs (États-Unis, Israël).</p>
<p>Ensuite, Warlet fournit quant à lui, dans le mauvais livre de Jean-Paul Bourre <em>Les Profanateurs</em> une explication beaucoup moins politique mais plausible : revenant sur l&rsquo;épisode du château du Corvier, il avoue que celui-ci a servi de camouflage à une opération de la DGSE en direction du milieu des réfugiés irakiens anti-Saddam Hussein. L&rsquo;opération aurait été facilitée par Dominique Larrieu qui entretenait des liens étroits avec la DGSE par l&rsquo;intermédiaire de son père qui est colonel dans un régiment de parachutistes et fournit des éléments au service action de la DGSE. Mais Larrieu jouait sur plusieurs fronts, entretenant également des liens très étroits avec l&rsquo;attaché de l&rsquo;ambassade d&rsquo;Iran de l&rsquo;époque, le célèbre Gordji. Par son intermédiaire, l&rsquo;Iran finança plusieurs publications éditées par la nébuleuse Ogmios ; Larrieu fut même invité en Iran, sur le front de guerre Iran-Irak notamment, d&rsquo;où il rapporta quelques « souvenirs » qui furent retrouvés chez lui au cours d&rsquo;une perquisition. Warlet explique que « <em>la manipulation de la DGSE consistait à créer une fausse opposition irakienne en utilisant un Irakien réfugié, Mahadi Sad. Le chateau du Corvier devait abriter cette soit-disante opposition, qu&rsquo;on allait motiver politiquement pour ensuite la vendre à Saddam en signe de bonne volonté</em> ». Effectivement, à l&rsquo;époque, la France expulsa vers l&rsquo;Irak deux réfugiés anti-Saddam Hussein. On comprend mieux alors l&rsquo;impunité dont bénéficia le château et la librairie de Larrieu de la part du ministre de l&rsquo;Intérieur Pierre Joxe durant cette période. Il fallut que des militants du PNFE commettent un attentat contre un foyer Sonacotra pour que tombent les « protections » de Larrieu. Ce dernier fut finalement condamné pour faillite frauduleuse peu de temps après : il est aujourd&rsquo;hui « grillé » au sein de la mouvance néo-nazie française, qui le considère comme un escroc et une « grosse balance », dixit Me Delcroix, avocat d&rsquo;extrême droite. Il s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui réfugié dans son château de Nadège (toujours la folie des grandeurs !) en Creuse. Curieusement, son compagnon à l&rsquo;époque, David Warlet, qui était donc au courant de la manipulation, a refait surface fort opportunément&#8230; Après sa condamnation en 1993, Warlet fit le tour de ses connaissances pour voir s&rsquo;il serait possible de l&rsquo;« arranger ». Qui est alors intervenu ?</p>
<h3>Un succès de librairie</h3>
<p>On le voit, Rossi a choisi de drôles d&rsquo;associés pour sa revue, puisque non seulement David Warlet était directeur de publication de <em>R&amp;A</em>, mais celui-ci était tapé, maquetté et domicilié à l&rsquo;adresse des Éditions Babylonia, Jardin Boieldieu à Puteaux (92).<br />
Si, dans un premier temps, l&rsquo;association a semblé fonctionner (un n°0 vendu au défilé du FN le 1er mai 1996, suivi d&rsquo;un n°1 la même année), les problèmes se sont rapidement accumulés. Surtout d&rsquo;ordre financier, ils sont dus au non-règlement de centaines d&rsquo;exemplaires des deux premiers numéros par des dépositaires ou à des commandes impayées, pour un total de plusieurs milliers de francs. La librairie l&rsquo;Æncre, en particulier, refuse de payer ses factures datant de novembre 1996. R&amp;A appelle alors au boycott de la librairie : peine perdue, car celle-ci ferme pour faillite, réouvrant ses portes en avril 1997 sous le nom de « Librairie Nationale », avec à sa tête un ancien du GUD, Gilles Soulas, reconverti dans le minitel rose 3615 FAF (authentique !) et adhérent du FN. L&rsquo;époque où R&amp;A saluait, dans son n°12, un des actionnaires et vendeur de l&rsquo;Æncre, Thierry Dreschmann, semble bien loin ! Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois qu&rsquo;on ne paye pas à Rossi et à ses copains des exemplaires du journal. Déjà, en 1994, Ayoub avait « oublié » de leur régler une centaine d&rsquo;exemplaires lors de la fermeture du Darklord. On ne peut décidément faire confiance à personne&#8230;</p>
<h3>Enflés par le FN et le GRECE</h3>
<p>Au cours de l&rsquo;été 1996, la direction du FNJ avait reçu trois représentants de <em>R&amp;A</em> afin de « normaliser et officialiser » leurs rapports, et «d&rsquo;éviter ainsi le “parasitage” de leurs réunions». La direction du FNJ avait alors assuré à l&rsquo;équipe de <em>R&amp;A</em> la mise à disposition d&rsquo;un espace pour les BBR 1996. Rossi et ses amis avaient donc investi dans la location d&rsquo;un stand et dans du matériel. Le jour de la fête, point de place, mais la DPS, qui les vira des BBR, avec pour seule explication le fait que « leur revue n&rsquo;était d&rsquo;aucun intérêt » et diffusait « une idéologie d&rsquo;un autre âge ».<br />
Même scénario au colloque du GRECE, où les organisateurs, après leur avoir promis un stand, leur ont refusé au dernier moment (idem pour la lettre d&rsquo;E. Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>).<br />
Seule l&rsquo;association de Pierre Vial, Terre et Peuple, a accueilli la revue lors d&rsquo;une conférence à Paris le 14 octobre 1996. Le Renouveau Étudiant les a également reçu lors de son congrès annuel à Poitiers, où deux représentants de <em>R&amp;A</em> sont intervenus à la tribune pour présenter leur publication et leurs objectifs. Dans la salle étaient présents Yvan Blot, Pierre Vial, mais aussi Bruno Mégret (il est vrai qu&rsquo;il adore la jeunesse&#8230;). Il semble clair que <em>Réfléchir &amp; Agir</em> s&rsquo;est trouvée mêlée aux luttes d&rsquo;influence qui secouent le FN. La revue le paye durement : le n°2 de la nouvelle série est en effet resté bloqué presque deux mois pour cause d&rsquo;incapacité financière.<br />
Par ailleurs, l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre <em>Tribune Juive</em> ajoute à ces difficultés financières des problèmes judiciaires. Sur commission rogatoire du juge Bruguière, la Section Anti-Terroriste (SAT) du Parquet de Paris interpelle Rossi, Warlet, Bashara et sa femme, et perquisitionne au siège des éditions Babylonia (saisissant des disquettes) ainsi qu&rsquo;à celui de la société ASHTAR Film, dirigée par Bashara. À l&rsquo;occasion de cette affaire, Rossi a eu la confirmation que la police intercepte (et ce depuis longtemps) le courrier envoyé aux différentes adresses de la revue (l&rsquo;ancienne adresse personnelle d&rsquo;Éric Rossi à Courbevoie, la BP 31 de Soisy-sur-Seine ainsi que l&rsquo;adresse de Babylonia à Puteaux).</p>
<h3>Le temps du bilan</h3>
<p>Au printemps 1998, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> vient de publier son numéro 4. Fragilisée par les importants problèmes financiers qu&rsquo;elle a connus, l&rsquo;équipe annonce qu&rsquo;elle a fait le ménage et tente de faire le bilan. C&rsquo;est surtout sur le plan politique que l&rsquo;échec se révèle patent. Sa stratégie de contacts étroits avec le Front national a en grande partie échoué ; il est clair que le parti de Jean-Marie Le Pen ne trouve aucun intérêt à satelliser cette revue et ce groupe trop indépendant idéologiquement et politiquement. L&rsquo;expansion du FN fait qu&rsquo;il est devenu aujourd&rsquo;hui hégémonique, ne laissant guère de place aux autres mouvements, et encore moins aux groupuscules. Gardant intacte toute leur arrogance, les animateurs de la revue essaient de faire croire à leur anticonformisme, multiplient les perspectives d&rsquo;action (pseudo-infiltrations en particulier) et tressent dans le même temps une couronne de lauriers au père de l&rsquo;apartheid sud-africain et à son système ultra-répressif. <em>Réfléchir &amp; Agir</em> a finalement un mérite : elle prouve par les faits que le naturel réactionnaire revient toujours au galop chez ceux qui prétendent s&rsquo;en détacher.<br />
Nous n&rsquo;avons définitivement pas la même définition de l&rsquo;anticonformisme que tous ces petits messieurs&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_83" class="footnote">On peut lire dans l&rsquo;édito du numéro 11 : «<em>aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment à d&rsquo;anciens skinheads ayant pu décrocher d&rsquo;un milieu peu prolifique</em> (sic), <em>notre bulletin refuse d&rsquo;être assimilé à ce type d&rsquo;individus, lâches, abrutis, faibles et sans personnalité. Au risque de déplaire, il préfère condamner pour s&rsquo;en démarquer définitivement</em>.»</li><li id="footnote_1_83" class="footnote">L&rsquo;Œuvre française s&rsquo;est ainsi fait une spécialité de la mise en fiches, régulièrement réactualisées : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la Fédération des Étudiants Nationalistes de Nice dans les années 1960.</li><li id="footnote_2_83" class="footnote">f. <em>REFLEXes</em> n°41, «La vie de château de l&rsquo;extrême droite», p.8</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Christian Bouchet : Docteur Jeckyll ou Mister Hyde</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 14:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bouchet]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Thiriart]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Ordre nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>
		<category><![CDATA[Troisième Voie]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne compte plus le nombre d'articles, brèves et ragots ayant Christian Bouchet pour figure centrale. Ce succès s'explique très largement par l'implication militante du personnage au sein de la nébuleuse nationaliste depuis quelques décennies ; pourtant, la politique n'est pas son seul terrain d'action. Il en est un, nettement plus discret, dans lequel il est tout autant impliqué, celui de l'occultisme et du petit monde des sociétés secrètes. Cet univers suscitant des articles plus délirants les uns que les autres, il mérite qu'on essaie d'y comprendre quelque chose...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>On ne compte plus le nombre d&rsquo;articles, brèves et ragots ayant Christian Bouchet pour figure centrale. Ce succès s&rsquo;explique très largement par l&rsquo;implication militante du personnage au sein de la nébuleuse nationaliste depuis quelques décennies ; pourtant, la politique n&rsquo;est pas son seul terrain d&rsquo;action. Il en est un, nettement plus discret, dans lequel il est tout autant impliqué, celui de l&rsquo;occultisme et du petit monde des sociétés secrètes. Cet univers suscitant des articles plus délirants les uns que les autres, il mérite qu&rsquo;on essaie d&rsquo;y comprendre quelque chose&#8230;<br />
</strong></p>
<p>Cette passion ne date pas d&rsquo;hier. Durant l&rsquo;automne 1982, Bouchet fonde la société Aleister Crowley ; il édite depuis cette époque la revue Thelema à laquelle s&rsquo;est jointe une société d&rsquo;édition, les Éditions du Chaos. Ces différentes structures visent la diffusion des enseignements d&rsquo;Aleister Crowley, né en 1875 en Angleterre et fils d&rsquo;un grand brasseur dont il a hérité la fortune à l&rsquo;âge de 12 ans. Grâce à cet argent, Crowley a étudié et a voyagé. Il s&rsquo;est très rapidement immergé dans les structures ésotériques britanniques dont la plus célèbre est l&rsquo;Ordre Hermétique de l&rsquo;Aube Dorée (la Golden Dawn<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_0_80" id="identifier_0_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Dont faisait &eacute;galement partie le po&egrave;te irlandais Yeats comme le rappelle Bouchet dans une note de lecture publi&eacute;e dans la revue Sol Invictus, dirig&eacute;e par Christophe Levalois. Sol Invictus n&deg;1, printemps-&eacute;t&eacute; 1987 ">1</a></sup>, branche dissidente de la Rose-Croix) et a fondé en 1907 sa propre société : l&rsquo;Astrum Argentinum (AA).</p>
<p>Codifiés, ses pratiques et préceptes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_1_80" id="identifier_1_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Dont le principal est &laquo;Fais Ce Que Voudras Sera Toute La Loi&raquo; qui est &eacute;galement la devise da l&rsquo;abbaye de Th&eacute;l&egrave;me (Thelema : volont&eacute; libre) d&eacute;crite par Rabelais dans Gargantua. ">2</a></sup> sont rassemblés dans Le Livre de la Loi, texte fondateur du «thélèmisme» et véritable bible des disciples de Crowley. Celui-ci assurait en avoir reçu le contenu lors d&rsquo;un voyage au Caire en 1904, voyage au cours duquel lui serait apparu l&rsquo;esprit Aiwass. Se présentant à ses débuts comme une Golden Dawn rénovée, l&rsquo;ordre de l&rsquo;AA déboucha sur une communauté fondée à Cefalu en Sicile en 1920, l&rsquo;Abbaye de Thélème, dont Crowley est le grand maître sous la dénomination de «Grande Bête 666». Il s&rsquo;y adonne à sa «Magick sexuelle», système essayant de réaliser la synthèse de toutes les sources de sagesse depuis la plus haute antiquité et qui lui vaut l&rsquo;estime de divers courants maçonniques, dont l&rsquo;Ordo Templi Orientis. Cet ordre avait été fondé en 1895 par l&rsquo;industriel autrichien Karl Kellner. Crowley l&rsquo;intégra en 1912. Finalement, les Thélémites furent expulsés d&rsquo;Italie par le régime fasciste en 1923 après le décès d&rsquo;un membre de «l&rsquo;abbaye» empoisonné par de l&rsquo;eau impropre à la consommation. Crowley mourut en 1947 mais son influence lui survit largement.</p>
<p><strong>Un itinéraire spirituel logique&#8230;</strong></p>
<p>C&rsquo;est vers l&rsquo;âge de 15 ans et sous l&rsquo;influence de son oncle maternel passionné de sciences occultes et de mystiques orientales que Christian Bouchet s&rsquo;est initié à cet univers. Il a en particulier découvert le tantrisme, ce qui l&rsquo;a logiquement amené à lire les textes de Julius Evola. Il a fait un séjour d&rsquo;un an en Inde au cours duquel il a approfondi sa maîtrise du yoga tantrique. Revenu en France, il a soutenu une thèse de doctorat en ethnologie à Paris VII sur Aleister Crowley dont l&rsquo;œuvre lui avait été révélée par les écrits d&rsquo;Evola le concernant, ainsi qu&rsquo;un mémoire d&rsquo;Histoire sur le même personnage. Il devient aussi membre de plusieurs sociétés magiques issues de l&rsquo;enseignement de Crowley, dont notamment l&rsquo;une des branches de l&rsquo;Ordre du Temple d&rsquo;Orient (OTO). Depuis la mort d&rsquo;Aleister Crowley, celui-ci s&rsquo;est en effet scindé en six branches principales ainsi qu&rsquo;en mouvements dérivés. Il existe alors en particulier la loge Agape, qui comprend l&rsquo;OTO à laquelle s&rsquo;intéresse Christian Bouchet, l&rsquo;Étoile d&rsquo;Argent et l&rsquo;Église Gnostique Catholique (EGC). Ces trois noms reprennent des dénominations déjà utilisées du temps de Crowley, aussi bien l&rsquo;OTO que l&rsquo;AA, l&rsquo;EGC (fondée par le mage Papus avant la Première Guerre mondiale) et la Loge Agape (fondée par l&rsquo;Anglais Wilfred Smith à Pasadena (USA) en 1936).</p>
<p>Dans ces divers groupes, on pratique la «magie sexuelle» chère à Crowley ainsi que l&rsquo;expérimentation des hallucinogènes (champignons notamment).<br />
En novembre 1993, une enquête du journaliste de <em>L&rsquo;Événement du Jeudi</em> Serge Faubert éclaire quelque peu cette nébuleuse de sociétés maçonniques à laquelle participe Bouchet, en particulier le Groupe de Thèbes, fondé par Rémi Boyer. Celui-ci se veut une structure rassemblant les principaux responsables de sociétés maçonniques ou occultes ayant une certaine importance en France. Derrière le Groupe, on trouve un deuxième cercle, encore plus discret, le Cercle d&rsquo;Alexandrie. Bouchet s&rsquo;y trouve en bonne compagnie mystique et politique puisqu&rsquo;il y côtoie J.-P. Giudicelli<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_2_80" id="identifier_2_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Giudicelli semble &eacute;galement &ecirc;tre le dirigeant d&rsquo;une petite secte lucif&eacute;rienne, MYRIAM, fond&eacute;e par Bertrand De Cressac de la Bachelerie, ancien collaborationniste. ">3</a></sup>, ancien d&rsquo;Ordre Nouveau (ON) et Troisième Voie (TV), Georges Magne de Cressac, organisateur d&rsquo;une conférence de Robert Faurisson à Limoges en septembre 1987, J.-M. d&rsquo;Asembourg, proche du russe Alexandre Douguine, responsable du Front national bolchevique et de la Nouvelle Droite russe, et même un ancien des Brigades rouges, Paolo Fogagnolo, qui affirme avoir vu la Vierge à la suite d&rsquo;une grève de la faim en prison et veut «sensibiliser les foules au fait que le communisme révolutionnaire doit être conjugué à la sacralité spirituelle, comme l&rsquo;était le christianisme à ses débuts». Suite à ce dossier, le Groupe de Thèbes est dissous mais C. Bouchet n&rsquo;en continue pas moins ses activités mystiques, puisqu&rsquo;il a participé entre autres au colloque organisé à Paris en février 1996 par la revue ésotérique L&rsquo;Originel. Il y a côtoyé des représentants du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_3_80" id="identifier_3_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne. ">4</a></sup>, des animateurs des revues Réfléchir &amp; Agir, Combat, Muninn, Antaïos et également Arnaud d&rsquo;Apremont, de son vrai nom Arnaud Dupont, ancien du GRECE et associé de Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa, lui-même ancien du GRECE et ancien responsable de la librairie parisienne l&rsquo;Æncre, animateur de la revue Secrets &amp; sociétés, consacrée à ces thèmes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_4_80" id="identifier_4_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ne sont &eacute;voqu&eacute;es dans ce court article que les personnes ayant un rapport direct avec Bouchet. Il est &eacute;vident qu&rsquo;un article plus complet sur le sujet devrait comporter des allusions &agrave; des hommes comme le n&eacute;o-nazi musulman Claudio Mutti, le pa&iuml;en Christophe Levallois, des groupes comme la communaut&eacute; de Theilh&egrave;de ou des r&eacute;f&eacute;rences philosophico-occultistes comme J. Evola. ">5</a></sup>. Il est d&rsquo;ailleurs clair que l&rsquo;action de l&rsquo;ex-Groupe de Thèbes se poursuit sous forme de rencontres, d&rsquo;organisation de colloques et de participation à des publications.</p>
<p><strong>&#8230; mais un itinéraire honteux ?</strong></p>
<p>L&rsquo;enquête de Serge Faubert, pourtant datée de 1993, continue à servir de référence pour tous les dossiers consacrés au sujet. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on retrouve une partie de ses informations dans les communiqués de presse diffusés par le PCN en 1996 après la scission survenue au sein de NR, et dans le dossier réalisé par l&rsquo;équipe de la revue <em>Golias</em> sur «l&rsquo;internationale satanique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_5_80" id="identifier_5_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Golias n&deg;51, nov.-d&eacute;c. 1996.">6</a></sup>. Christian Bouchet y a opposé un vigoureux démenti<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_6_80" id="identifier_6_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il a &eacute;galement d&eacute;menti les affirmations de la Lettre du R&eacute;seau Voltaire n&deg;102 concernant l&rsquo;implication &eacute;ventuelle des nationalistes-r&eacute;volutionnaires dans les incidents survenus dans le sud-est de la France depuis quelques ann&eacute;es (profanation de Carpentras, incendie criminel du temple ma&ccedil;onnique d&rsquo;Orange). R&eacute;futant toute appartenance au courant satanique, Bouchet pr&eacute;cisait : &laquo;Je n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; mis en cause dans l&rsquo;enqu&ecirc;te judiciaire sur la profanation du cimeti&egrave;re de Carpentras. Je n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; en contact avec la police ou avec un juge concernant cette d&eacute;plorable affaire.&raquo; (in La Lettre du R&eacute;seau Voltaire, 11 f&eacute;v. 1997">7</a></sup>), publié en mars-avril 1997, dans lequel il affirmait : «Je ne suis pas un sataniste pour la bonne raison que je suis athée et qu&rsquo;en conséquence je ne crois ni en dieu ni au diable, ni dans les anges ni dans les démons. Je ne suis pas le (ou l&rsquo;un des) responsables de l&rsquo;Ordo Templi Orientis. Si j&rsquo;ai fréquenté cette organisation (comme j&rsquo;ai aussi fréquenté la Golden Dawn, les martinistes, les obédiences maçonniques égyptiennes, etc.), si j&rsquo;ai participé à ses réunions, cela a été dans le cadre de mes études (j&rsquo;ai en effet effectué une maîtrise d&rsquo;histoire et un doctorat d&rsquo;ethnologie sur Aleyster Crowley et ses disciples) et dans une optique “d&rsquo;ethnologie participative et d&rsquo;immersion”. Rien de plus. J&rsquo;ajouterai que l&rsquo;OTO n&rsquo;est absolument pas une structure sataniste mais une organisation initiatique fort classique dont les rituels et la pratique s&rsquo;apparentent étroitement à la maçonnerie, et dont la majeure partie des membres sont d&rsquo;ailleurs maçons. Crowley lui-même n&rsquo;était pas sataniste et sa pensée relève du gnosticisme». Cette réponse appelle certains commentaires, aussi bien quant à l&rsquo;intérêt porté par Crowley et Bouchet à l&rsquo;ésotérisme luciférien<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_7_80" id="identifier_7_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. Aleister Crowley, &laquo;Hymne &agrave; Satan&raquo;, in Thelema volume I n&deg;2 et J. Mousseau, &laquo;Un compagnon de Lucifer : Aleister Crowley&raquo;, in Thelema volume I n&deg;3.">8</a></sup> qu&rsquo;au regard de l&rsquo;implication de ce dernier au sein de l&rsquo;OTO.</p>
<p>En ce qui concerne Crowley, il est certain qu&rsquo;une grande partie de ses déclarations satanistes étaient faites pour «choquer le bourgeois». Certaines appellations étaient directement issues de sa conception du monde. Il en va ainsi de son auto-dénomination de Grande Bête 666. Crowley considérait en effet avoir atteint un degré de magicien tel qu&rsquo;il puisse se considérer Maître Thérion, Bête de l&rsquo;Apocalypse annonciatrice d&rsquo;une nouvelle période («éon»). Il est évident que de telles affirmations ne pouvaient qu&rsquo;entretenir la confusion sur son engagement sataniste supposé. les analyses de J. Evola dans Masques et visages du spiritualisme contemporain et de Massimo Introvigne dans son Enquête sur le satanisme nous semblent extrêmement convaincantes sur le cas Crowley : l&rsquo;occultisme du mage anglais n&rsquo;avait guère besoin de s&rsquo;embarrasser d&rsquo;un satanisme de pacotille dont la principale caractéristique est selon Evola «un plaisir pour la perversion en tant que telle», ce qui n&rsquo;était pas le cas de Crowley à l&rsquo;évidence.<br />
Il en va tout autrement de l&rsquo;intérêt porté par Bouchet à l&rsquo;ésotérisme. Les communiqués du PCN ont été extrêmement clairs et précis à ce propos, même s&rsquo;il nous faut garder une grande prudence à l&rsquo;égard des assertions de ce groupuscule, qui peuvent n&rsquo;être qu&rsquo;une vulgaire vengeance étant donné que Bouchet est l&rsquo;un de ceux qui ont révélé l&rsquo;existence d&rsquo;une cassette vidéo vendue en Allemagne, dans laquelle on pouvait assister aux exploits sexuels du petit Duce du PCN, Luc Michel et que des membres du PCN issus de NR multiplient les procès contre Bouchet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_8_80" id="identifier_8_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. le &laquo;Droit de r&eacute;ponse&raquo; de l&rsquo;association Nouvelle R&eacute;sistance &agrave; la fin de cet article.">9</a></sup>. Néanmoins il est sorti suffisamment d&rsquo;éléments de l&rsquo;ombre à l&rsquo;occasion des profanations de Toulon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_9_80" id="identifier_9_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ces profanations ont quelque peu perturb&eacute; le petit milieu musical nationaliste-r&eacute;volutionnaire et pa&iuml;en militant, au point que la revue marseillaise Combat, l&rsquo;un des fleurons de ce courant, s&rsquo;est sentie oblig&eacute;e de pr&eacute;ciser en en-t&ecirc;te d&rsquo;un dossier consacr&eacute; au groupe de black-m&eacute;tal Burzum (n&deg;31) : &laquo;&Agrave; la suite de l&rsquo;incident d&eacute;testable survenu &agrave; Toulon et des amalgames tentants [sic] qui pourraient en r&eacute;sulter, la r&eacute;daction tient &agrave; pr&eacute;ciser que la pr&eacute;sentation de groupes Black-M&eacute;tal ne signifie en aucun cas un soutien &agrave; des pratiques sataniques que nous tenons pour un christianisme invers&eacute;. Notre optique est pa&iuml;enne seulement et strictement; seule la musique et le renouveau qu&rsquo;elle apporte nous int&eacute;resse. Le satanisme est le symbole de l&rsquo;avilissement d&rsquo;une jeunesse gav&eacute;e de bonne moralit&eacute; chr&eacute;tienne. Il ne peut pas &ecirc;tre, il n&rsquo;est pas une alternative.&raquo; Quand les rats (noirs) quittent le navire&hellip;">10</a></sup> et Aix pour que des recoupements soient possibles. Bouchet n&rsquo;est pas le premier à utiliser cet argument d&rsquo;»ethnologie participative» et son activité ésotérique dépasse largement ce qui est nécessaire pour des études de ce type. Il affirmait d&rsquo;ailleurs il y a deux ans dans la revue Murmures d&rsquo;Irem : «Quant à moi, pour conclure, je ne fais quasiment aucune différence entre mon engagement politique et mon engagement occultiste. J&rsquo;ai la conviction que l&rsquo;un et l&rsquo;autre participent à un engagement plus vaste et réellement existentiel».</p>
<p>Par ailleurs, les liens entre occultisme et nationalisme sont pour le moins anciens. C&rsquo;était par exemple le cas de la société fondée en mars 1908 par l&rsquo;Allemand Guido von List et qui réunissait des militants nationalistes, pangermanistes, occultistes (théosophistes) et antisémites. List lui-même conçut un projet impérial qui s&rsquo;appuyait sur un assujettissement impitoyable des non-Aryens aux Aryens.</p>
<p>Ces conceptions politico-mystiques s&rsquo;inscrivaient dans un vaste mouvement de pensée dont les nazis ont hérité au début des années 1920 via la Société Thulé issue du Germanenorden. Le fascisme italien a d&rsquo;ailleurs eu la plus grande part de sympathie des occultistes européens des années 1920. Quant à l&rsquo;OTO du début du siècle, il est issu de la fusion typiquement allemande entre héritage templier et rites maçonniques déviants. De fait, comme le souligne Bouchet dans son droit de réponse à Golias, l&rsquo;OTO était un ordre templier calqué sur la franc-maçonnerie. Néanmoins, la proximité spirituelle avec d&rsquo;autres ordres comme l&rsquo;Ordo Novi Templi fondé en 1907 comme une association aryenne d&rsquo;aide mutuelle, avec le but de promouvoir la conscience raciale par la recherche généalogique et héraldique, les concours de beauté et la fondation de communautés racistes dans les régions sous-développées du monde, fait de l&rsquo;OTO un ordre occultiste bien plus proche, de façon anachronique, des préoccupations du Reichführer SS Himmler que de celles des petits chanteurs à la croix de bois. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs bien en cela que les engagements politique et ésotérique de Christian Bouchet sont intéressants : ils montrent l&rsquo;attachement spirituel à des courants religieux profondément réactionnaires, basés sur un aristocratisme sans faille et un pseudo anticapitalisme qui a bien du mal à masquer une haine farouche de l&rsquo;égalité sociale.</p>
<p><strong>Ne parlons que de ce qui fâche !</strong></p>
<p>Au singulier parcours de Bouchet mêlant à la fois politique et occultisme s&rsquo;ajoute un certain nombre de questions sur le rôle et l&rsquo;itinéraire de Nouvelle Résistance. Tant sur le plan politique que sur celui des relations internationales, NR a accumulé les volte-face et le double langage.</p>
<p>C&rsquo;est bien sûr le cas à l&rsquo;égard du FN. Alors que NR s&rsquo;est construite sur une ligne d&rsquo;opposition systématique au discours droitiste de Malliarakis et à l&rsquo;intégration de celui-ci dans l&rsquo;orbite frontiste, elle a peu à peu modifié ses attaques contre le FN en ne visant plus que certaines tendances du courant lepéniste, à savoir les catholiques intégristes. Dès le deuxième congrès tenu à Valenciennes en août 1995, André-Yves Beck (devenu depuis attaché de communication du maire FN d&rsquo;Orange Jacques Bompard<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_10_80" id="identifier_10_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;47">11</a></sup>) avait déposé une motion au nom de la région Rhône-Alpes qui prônait une politique de rapprochement avec certains secteurs du FN. Le renvoi d&rsquo;ascenseur a d&rsquo;ailleurs été efficace puisqu&rsquo;à l&rsquo;occasion de la polémique autour de la bibliothèque d&rsquo;Orange, on a pu apprendre que la mairie achetait régulièrement des livres et revues à l&rsquo;ARS (Association Recherche &amp; Solidarité), structure de VPC dirigée par Bouchet au profit de NR. Le pas final a été franchi avec la scission de l&rsquo;été 1996 qui a vu une partie des militants claquer la porte et s&rsquo;avérer très bavards sur la vie interne de l&rsquo;organisation. L&rsquo; ex-NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_11_80" id="identifier_11_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est-&agrave;-dire tous les militants rassembl&eacute;s autour de la revue R&eacute;sistance !, de la revue Jeune R&eacute;sistance et Fabrice Robert et enfin de l&rsquo;Appel des 31 pour l&rsquo;unit&eacute; des nationalistes r&eacute;volutionnaires.">12</a></sup> n&rsquo;est donc plus maintenant qu&rsquo;un satellite du FN ; cela ne vient pas pour autant effacer l&rsquo;aspect trouble de certaines activités passées ou liens sur le plan international. En cela, NR est bien l&rsquo;héritière des structures nationalistes-révolutionnaires des années 1970 qui ont toujours entretenu d&rsquo;excellents rapports avec les barbouzes d&rsquo;État. Déjà en 1973-1974, l&rsquo;Organisation Lutte du Peuple (OLP) dans laquelle militait Bouchet avait passé des accords avec le SAC pour lutter en commun contre les «gauchistes».</p>
<p>En 1975, c&rsquo;est la DST qui établissait des contacts avec les Cahiers du Centre de Documentation politique et universitaire, organe d&rsquo;une fraction des nationalistes-révolutionnaires où l&rsquo;on retrouvait des anciens de l&rsquo;OLP (Yves Bataille, Yannick Sauveur) et qui était dirigé par Michel Schneider. Plus près de nous, on connaît la filière des militants d&rsquo;extrême droite qui allaient se battre en pays Karen et que l&rsquo;on retrouvait par la suite dans des structures barbouzardes comme celle de Bob Denard. Eux aussi travaillaient pour certains services de renseignement. Dans une interview à Réfléchir &amp; Agir, Christian Bouchet, décrivant son itinéraire politique, avouait sans mal qu&rsquo;il «avait rejoint l&rsquo;OLP en 1973 et n&rsquo;avait plus quitté le courant pro-Thiriart et nationaliste-révolutionnaire depuis, même s&rsquo;il avait participé à diverses infiltrations qui sont l&rsquo;une des actions caractéristiques des groupes partisans de Thiriart», le même Thiriart dont la collaboration avec les services de renseignements occidentaux dans les années 1960 et 1970 est avérée.<br />
Décidément, la propension de certains militants politiques à lécher les bottes de ceux qui nous oppriment sera toujours pour nous un sujet inépuisable de curiosité et d&rsquo;étonnement&#8230;</p>
<p><strong>Droit de réponse<br />
de l&rsquo;association-Loi de 1901 «NOUVELLE RÉSISTANCE» (NR)<br />
au bimestriel <em>REFLEXes</em>,<br />
</strong><br />
NOTA : Dire que ce droit de réponse nous a bien fait rigoler serait malhonnête : il nous a seulement bien fait ricaner&#8230; Rustres que nous sommes ! Nous avons osé mettre le bout du nez dans l&rsquo;univers impitoyable des nationalistes-révolutionnaires français où tout n&rsquo;est que fiel et procès&#8230; Inutile, pensons-nous, de préciser que nous ne publions des extraits de cette lettre que pour l&rsquo;édification de nos lecteurs.<br />
Pauvre Christian Bouchet ! En but à la concurrence féroce et à la hargne de P. Pissier dans le domaine ésotérique, le voilà traîné en justice pour utilisation illégale de nom d&rsquo;association.<br />
Mais qu&rsquo;il se rassure, le PCN aura bientôt droit à un petit missile de notre part. Patience et longueur de temps&#8230;</p>
<p><em>Le 27 janvier 1998</em></p>
<p>Mis en cause dans des articles intitulés respectivement «Comme un indien métropolitain» et «Zik et Zina &#8211; Quand la musique fait boum», publiés dans l&rsquo;édition de décembre 1997 du bimestriel Réflexes, le bureau légal de l&rsquo;association «NOUVELLE RÉSISTANCE» (NR) tient à apporter les rectificatifs suivants :</p>
<p>1° L&rsquo;association-Loi de 1901 «NOUVELLE RÉSISTANCE» est la seule détentrice légale de sa dénomination statutaire et son bureau est le seul à pouvoir parler en son nom.</p>
<p>2° Christian Bouchet a été exclu dans les formes légales, par la majorité des membres, de l&rsquo;association en septembre 1996.</p>
<p>3° Depuis cette date, il continue à prétendre parler au nom de l&rsquo;association. Il fait pour ce chef l&rsquo;objet de plusieurs plaintes avec constitutions de parties civiles dont les instructions sont en cours à Bobigny et à Nantes, pour abus de biens sociaux, escroqueries et utilisation illégale de la dénomination légalement protégée d&rsquo;une association déposée en préfecture. [...]</p>
<p>4° En juillet 1996, NR a été secouée par une première crise qui a vue la sortie du mouvement de son aile progressiste au congrès d&rsquo;Alençon. En septembre 1996, la majorité des membres du bureau de NR a décidé d&rsquo;exclure C. Bouchet, A.-Y. Beck, F. Robert, G. Ombrouck et plusieurs autres cadres pour collaboration avec le FN. [...]. Le mouvement a en outre décidé de fusionner avec le réseau français du Parti Communautaire National-européen (PCN), dans lequel la plupart des Groupes de base et Fédérations de NR se sont intégrés. L&rsquo;immense majorité des militants de NR ont approuvé ce choix, qui implique une stratégie offensive contre l&rsquo;extrême droite en Europe comme en France. Un quarteron d&rsquo;exclus continuant dans un but de provocation médiatique à utiliser en toute illégalité la dénomination de l&rsquo;association. [...]</p>
<p>5° Depuis octobre 1996, de nombreux militants de NR sont des cadres actifs de la structure francophone, active en France, Belgique et Suisse, du PCN, spécialisée dans la lutte contre l&rsquo;extrême droite, le Collectif Résistance Européenne &#8211; Europaïsche Widerstand.</p>
<p>6° NR ne cautionne donc nullement la stratégie pro-FN de Bouchet et de ses amis, pas plus que les liens avec les mouvances néonazies, skins, satanistes et autres, que nous avons été les premiers à dénoncer.</p>
<p>Pour le bureau,<br />
Fabrice Beaur</p>
<p>V</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_80" class="footnote"> Dont faisait également partie le poète irlandais Yeats comme le rappelle Bouchet dans une note de lecture publiée dans la revue Sol Invictus, dirigée par Christophe Levalois. <em>Sol Invictus</em> n°1, printemps-été 1987 </li><li id="footnote_1_80" class="footnote"> Dont le principal est «Fais Ce Que Voudras Sera Toute La Loi» qui est également la devise da l&rsquo;abbaye de Thélème (Thelema : volonté libre) décrite par Rabelais dans <em>Gargantua</em>. </li><li id="footnote_2_80" class="footnote"> Giudicelli semble également être le dirigeant d&rsquo;une petite secte luciférienne, MYRIAM, fondée par Bertrand De Cressac de la Bachelerie, ancien collaborationniste. </li><li id="footnote_3_80" class="footnote">Groupe de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne. </li><li id="footnote_4_80" class="footnote">Ne sont évoquées dans ce court article que les personnes ayant un rapport direct avec Bouchet. Il est évident qu&rsquo;un article plus complet sur le sujet devrait comporter des allusions à des hommes comme le néo-nazi musulman Claudio Mutti, le païen Christophe Levallois, des groupes comme la communauté de Theilhède ou des références philosophico-occultistes comme J. Evola. </li><li id="footnote_5_80" class="footnote">Golias n°51, nov.-déc. 1996.</li><li id="footnote_6_80" class="footnote">Il a également démenti les affirmations de la Lettre du Réseau Voltaire n°102 concernant l&rsquo;implication éventuelle des nationalistes-révolutionnaires dans les incidents survenus dans le sud-est de la France depuis quelques années (profanation de Carpentras, incendie criminel du temple maçonnique d&rsquo;Orange). Réfutant toute appartenance au courant satanique, Bouchet précisait : «Je n&rsquo;ai jamais été mis en cause dans l&rsquo;enquête judiciaire sur la profanation du cimetière de Carpentras. Je n&rsquo;ai jamais été en contact avec la police ou avec un juge concernant cette déplorable affaire.» (in La Lettre du Réseau Voltaire, 11 fév. 1997</li><li id="footnote_7_80" class="footnote">cf. Aleister Crowley, «Hymne à Satan», in Thelema volume I n°2 et J. Mousseau, «Un compagnon de Lucifer : Aleister Crowley», in Thelema volume I n°3.</li><li id="footnote_8_80" class="footnote">cf. le «Droit de réponse» de l&rsquo;association Nouvelle Résistance à la fin de cet article.</li><li id="footnote_9_80" class="footnote">Ces profanations ont quelque peu perturbé le petit milieu musical nationaliste-révolutionnaire et païen militant, au point que la revue marseillaise Combat, l&rsquo;un des fleurons de ce courant, s&rsquo;est sentie obligée de préciser en en-tête d&rsquo;un dossier consacré au groupe de black-métal Burzum (n°31) : «À la suite de l&rsquo;incident détestable survenu à Toulon et des amalgames tentants [sic] qui pourraient en résulter, la rédaction tient à préciser que la présentation de groupes Black-Métal ne signifie en aucun cas un soutien à des pratiques sataniques que nous tenons pour un christianisme inversé. Notre optique est païenne seulement et strictement; seule la musique et le renouveau qu&rsquo;elle apporte nous intéresse. Le satanisme est le symbole de l&rsquo;avilissement d&rsquo;une jeunesse gavée de bonne moralité chrétienne. Il ne peut pas être, il n&rsquo;est pas une alternative.» Quand les rats (noirs) quittent le navire&#8230;</li><li id="footnote_10_80" class="footnote">cf. REFLEXes n°47</li><li id="footnote_11_80" class="footnote">C&rsquo;est-à-dire tous les militants rassemblés autour de la revue Résistance !, de la revue Jeune Résistance et Fabrice Robert et enfin de l&rsquo;Appel des 31 pour l&rsquo;unité des nationalistes révolutionnaires.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 47 – Octobre-Novembre 1995</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Nov 1995 14:29:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alain Perez]]></category>
		<category><![CDATA[Charlemagne Hammer Skins (CHS)]]></category>
		<category><![CDATA[David Lane]]></category>
		<category><![CDATA[Faisceaux actions nationales européens (FANE)]]></category>
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		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier "Tod" Devalez]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>

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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Extreme droite : Skinhead ou le Le Pen prolétariat (page 3) Busimess : Y’en a qu’une, c’est la tune (page 8) Reflex étranger : Kurdistan : voir Dyarbakir… pour y croupir ? (page 11) Suède : Expo (page 14) Grande-Bretagne : Searchlight (page 16) Allemagne : Antifa Info Blatt (page 17) [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1995/11/ReflexesNum47-10-11-1995.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2031" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0047-736x1024.jpg" alt="Reflexes0047" width="600" height="834" /></a><strong><em>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</em></strong></p>
<p style="text-align: left;">
<p><strong><em>SOMMAIRE :</em></strong></p>
<p>Extreme droite :</p>
<p><strong>Skinhead ou le Le Pen prolétariat (</strong>page 3<strong>)</strong></p>
<p>Busimess :</p>
<p><strong>Y’en a qu’une, c’est la tune (</strong>page 8)</p>
<p>Reflex étranger :</p>
<p><strong>Kurdistan : voir Dyarbakir… pour y croupir ? (</strong>page 11)</p>
<p><strong>Suède : Expo (</strong>page 14)</p>
<p><strong>Grande-Bretagne : Searchlight (</strong>page 16)</p>
<p><strong>Allemagne : Antifa Info Blatt (</strong>page 17)</p>
<p>Réflexion :</p>
<p><strong>Architecture &amp; citoyenneté (</strong>page 19)</p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>Métro, boulot, bobo ! (</strong>page 22)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 24)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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