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	<title>REFLEXes &#187; Rock Identitaire Français (RIF)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (7) Chapitre V : Une mouvance hétéroclite, des fanzines à Internet</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 07:53:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Identitaire Français (RIF)]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte initialement publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll Le RIF, ce n’est pas que de la musique, c’est également toute une mouvance. Les fanzines - L‘Épervier Le premier numéro de cette revue est paru à l’automne 1996 et a d’emblée honoré le Scalp d’un dossier recensant les différents moyens d’expression et manifestations [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Texte initialement publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll</strong></p>
<p>Le RIF, ce n’est pas que de la musique, c’est également toute une mouvance.</p>
<h3>Les fanzines</h3>
<p>- <em> <strong>L‘Épervier</strong> </em></p>
<p>Le premier numéro de cette revue est paru à l’automne 1996 et a d’emblée honoré le Scalp d’un dossier recensant les différents moyens d’expression et manifestations du groupe antifasciste. Elle est alors dirigée par une figure du petit milieu nationaliste et catholique intégriste castelroussin, Paul Thore, qui, bien qu’il soit né en 1973, a déjà un solide passé derrière lui. Longtemps pilier du FNJ sur Châteauroux, il lui prend quelques velléités d’indépendance. Aussi la revue se présente-t-elle alors comme éditée par des membres de la Fédération Nationale Catholique, basée à Châteauroux, et qui se voulait le lieu de regroupement des mouvements, groupes et bonnes volontés adhérant à la Charte d’Action National-Catholique. Par la suite, cette fédération est devenue la Ligue Nationale Catholique et nous a alors offert l’occasion de ricaner un bon coup : sa présentation était en effet quasiment intégralement copiée sur celle du réseau antifasciste No Pasaran, ce qui était un comble pour des « purs et durs » comme les militants de Châteauroux. Les moyens de la revue sont au début assez frustes mais, plein de ressources, Thore a monté par la suite avec sa femme et sa mère une association permettant de servir de relais aux activités du petit groupe sur Châteauroux et dont l’objet social est de « <em>favoriser les échanges d’idées populaires et culturelles</em> ».<br />
Cela permet ainsi de mettre sur pied une boutique de VPC, Para Bellum, qui diffuse autocollants et patchs divers, dont le blason de la division SS Charlemagne, et d’assurer le contact postal de Bleu Blanc Rock, dont Paul Thore est le président, comme on l’a vu précédemment.</p>
<p>À l’image de ses animateurs, le journal affiche dès le début une très grande ouverture d’esprit puisque Paul Thore adopte alors le pseudonyme de « G. Rézon » pour remplir sa tâche de rédacteur en chef et que les revues ou librairies considérées comme amies sont quasiment strictement sélectionnées sur leur orientation catholique. Les quelques structures non catholiques sont alors stigmatisées par un « p » entre parenthèses, pour bien signifier leur orientation païenne. Thore envoie d’ailleurs une lettre gratinée à <em>Réfléchir &amp; Agir</em> en 1998 pour signifier à l’équipe qui anime cette revue que les membres de <em>L’Épervier</em> ne collaborent qu’avec « <em>des païens intelligents qui respectent la foi de leurs camarades catholiques</em> » et qu’ils ne veulent « <em>rien avoir à faire avec des abrutis qui ont un esprit malsain souvent dans un corps malsain !</em> » L’orientation outrageusement intégriste de <em>L’Épervier</em> conduit également la revue à exclure clairement du combat musical les courants qu’elle juge antichrétiens. C’est ainsi le cas du black metal<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-7/#footnote_0_459" id="identifier_0_459" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&Eacute;pervier n&deg;5, printemps 2000.">1</a></sup> : «<em> Il n’y a pas de parcours type, de profil spécifique pour devenir sataniste, cependant il existe certains points communs parmi les personnes qui se laissent tenter par le satanisme. À l’heure actuelle, le plus grand recruteur de serviteurs de Satan, c’est incontestablement le Black Metal, ce style musical a conquis une part de notre jeunesse et l’a transformée en petits démons en puissance qui ne rêvent que d’accomplir les sacrifices, les tortures et les meurtres que chantent leurs groupes cultes ! Heureusement peu passent aux actes, et la trouille de se faire pincer les dissuade encore. Cependant, leurs esprits sont entièrement acquis à la cause de Satan et les plus courageux (ou les plus fous) passent à l’acte et commettent les crimes les plus odieux. On se souvient du prêtre assassiné en Alsace de 36 coups de couteau ou des profanations des tombes chrétiennes de Toulon. Dans tous ces cas, les adolescents qui furent interpellés expliquèrent qu’ils étaient sous l’emprise d’une force irrésistible lorsqu’ils ont commis leurs forfaits et qu’ils ne pouvaient se contrôler&#8230;<br />
Mais alors question : Qu’est ce qui plaît tellement aux jeunes Européens dans le Black Metal ? Apparemment, ce qui plaît, c’est le côté rebelle du Black Metaleux. En effet, être sataniste aujourd’hui, dans notre bonne vieille démocratie pourrie, c’est à la fois rebelle et sans danger ! On s’habille en noir, on porte des croix à l’envers, des pentacles, souvent les cheveux longs ; on pratique la magie, le spiritisme ; on effraie les mamies dans la rue et en plus c’est légal, on ne risque rien !!! Le rebelle sans risque ! Les petits blancs trouillards et dégénérés qui pullulent ont trouvé le mouvement qui leur convenait. Face à toutes les humiliations et toutes les injustices dont sont victimes les jeunes blancs, il est beaucoup plus facile d’être un rebelle satanique qu’un rebelle nationaliste ! […] En conclusion, nous devons prendre très au sérieux la menace satanique qui pèse sur notre jeunesse et notamment dans le mouvement nationaliste. Le libéralisme satanique et l’individualisme satanique sont en totale contradiction avec la doctrine nationaliste qui est anti-libérale et solidaire. Il n’y a pas de place chez nous pour les égoïstes et les vaniteux, qu’ils aillent à Wall Street ou à Tel-Aviv, ils trouveront des gens comme eux !</em> ».<br />
Dans le sixième numéro de <em>L’Épervier</em>, c’est au tour du groupe RAC Durandal d’être attaqué pour ses paroles antichrétiennes.<em> L’Épervier</em> est bien sûr tout autant fâché avec une partie de la famille RIF, à savoir Memorial Records. Les coups de bec sont ainsi légion, tel ce commentaire sur l’album <em>En Palestine</em> d’In Memoriam : « <em>Voici le CD tant attendu qui devait être gratuit. Ce CD devait être offert avec le numéro spécial d’un magazine autrefois nationaliste et dont la haine anti-catholique systématique nous oblige à taire le nom. Bref, quoi qu’il en soit, le 3 titres a vu le jour mais il n’est pas gratuit puisqu’il vaut 40 francs. L’événement majeur de ce CD, c’est l’arrivée dans le groupe d’un deuxième chanteur-compositeur. Nous nous réjouissons de l’arrivée de Xavier</em> [Schleiter. NDLR] <em>dans le groupe car il a su donner un sens plus politique aux textes du groupe ! Musicalement, c’est toujours du bon rock français ; pour ça, on n’a jamais dit le contraire…</em> ». Dans toutes les adresses disponibles à la fin de la revue, on ne trouvait d’ailleurs pas l’adresse de la librairie de Gilles Soulas, ni le contact de Memorial Records. <em>L’Épervier</em> était distribué à Paris à la Licorne bleue, la librairie tenue par Thierry Dreschmann, concurrent de Gilles Soulas dans le petit monde de la librairie faf.</p>
<p>Si l’équipe existe toujours, <em>L’Épervier</em> ne paraît plus depuis 2001 du fait de divers ennuis judiciaires liés en particulier à la diffusion d’autocollants extrêmement agressifs et tombant sous le coup « d’incitation à la haine raciale ». Pour autant, Paul Thore est toujours actif : il est toujours investi dans le RIF (le nouvel an 2004 de BBR en témoigne) et il a ouvert depuis juillet 2001 avec l’aide de sa femme et de son frère Miquel (qui est par ailleurs le batteur d’Insurrection) un café-concert, la Taverne Saint-Georges, située à Saint-Maur (36). Outre des concerts variés et donc entre autres de RIF, la Taverne sert de « cantine » à l’Institut d’Histoire des Identités nationales et régionales, fondé en 2002 à Saint-Marcel (36) par Francis Bergeron, un vieux militant solidariste.</p>
<p>- <em> <strong>Fier de l’Être</strong> </em></p>
<p>Cette revue a été fondée par Stéphane Wulleman durant l’été 1998. Cependant, suite à des ennuis professionnels, ce dernier n’apparaît plus ni comme éditorialiste ni comme directeur de publication de la revue depuis le printemps 2002. Elle ne porte pas spécifiquement sur le RIF mais lui accorde une couverture assez importante, et Jean-Christophe Bru y participe régulièrement.<em> Fier de l’Être</em> a toujours essayé d’avoir une dimension plus importante qu’un simple support d’opinion. Cela s’est par exemple traduit par l’organisation d’un concert le 31 mars 2001 dans l’Essonne avec Elendil, Kaiserbund et Le Ksan, ainsi que par des « journées identitaires » qui se sont tenues le 2 novembre 2002 et le 29 novembre 2003, toujours dans l’Essonne. Ces dernières se présentent comme des petites répliques de la Fête de l’Identité et des Libertés de Gilles Soulas. On y trouve de fait aussi bien des stands de la presse « amie » (<em>Rivarol</em> par exemple) que des stands d’organisations politiques (Jeunesses identitaires). Seule différence : les recalés de la FIL ont le droit d’y être, ce qui est le cas de Pit Records par exemple. La Maison de l’Identité et son conseil organisateur de vingt membres essaient en effet généralement d’éliminer les participants les plus ouvertement nazifiants. <em>Fier de l’Être</em> n’a pas ces scrupules et invite donc toutes les structures avec lesquelles Stéphane Wulleman entretient de bons rapports, ce qui est pourtant loin d’être évident puisque le personnage est ombrageux.</p>
<p>Cependant, le succès n’est pas toujours au rendez-vous, et le concert de mars 2001 rassembla ainsi moins d’une centaine de personnes. Cet échec relatif peut sans doute s’expliquer par le prix assez élevé de l’entrée et le fait qu’In Memoriam, bien que programmé, annula sa participation pour diverses raisons. L’année d’après, alors que In Memoriam était de nouveau programmé pour jouer pour la première Fête de l’Identité, le concert ne fut guère plus heureux puisque le groupe proposa un concert acoustique car il ne pouvait se produire en formation complète. Mais la sonorisation déficiente et la mauvaise humeur des organisateurs contribuèrent à rendre l’ambiance de la prestation détestable. De fait, il n’y a rien eu d’organisé, musicalement parlant, lors de la fête de novembre 2003. Cependant, l’intérêt de la revue ne s’arrête pas au RIF, et l’on a ainsi pu voir la sœur de Stéphane Wulleman donner un coup de main pour un concert RAC à la mi-octobre 2003 en louant une salle à Cerny (91), là où <em>Fier de l’Être</em> avait organisé son concert en 2001. Mais le secret ayant été éventé par le Scalp, l’opération est tombée à l’eau. <em>Fier de l’Être</em> s’est également associée à Thierry Dreschmann, le gérant de la Licorne bleue, pour organiser une journée annuelle de conférences, la première ayant eu lieu en juin dernier à Paris. Placées sous le signe de « l’identitaire », ces rencontres proposent des intervenants qui sont les porte-voix de cette mouvance : Guillaume Faye ou Christophe Picard alias Henri de Fersan par exemple.</p>
<p>Bien implantée dans l’Essonne, la petite équipe de <em>Fier de l’Être</em> se veut à la confluence de différents courants nationalistes, et la revue a donc essayé de rester neutre à l’égard de la scission du FN en janvier 1999. Mais cette neutralité n’a pas été du goût du FN, et Stéphane Wulleman a failli se faire casser la figure par le DPS et le FNJ à la sortie des BBR 1999 où il vendait son journal. L’année suivante, il n’a pas été plus heureux, puisque le FN lui a opposé une fin de non-recevoir à sa demande d’autorisation de vendre <em>Fier de l’Être</em> dans l’enceinte des BBR. Cela l’a amené à afficher clairement son soutien au MNR à la fin de l’année 2000 et à militer pour ce parti dans l’Essonne. Wulleman a d’ailleurs toujours pu compter sur la collaboration de l’équipe du MNJ 95 regroupé autour de la revue <em>L’Avant-Garde</em>. Mais il s’est peu à peu éloigné du parti de Bruno Mégret, et dès le printemps 2002, la rupture est très claire dans les colonnes de la revue. Cela ne l’empêche d’ailleurs pas d’être toujours persona non grata auprès du FN comme en témoigne cette lettre ouverte à Jean-Marie Le Pen publiée durant l’été 2002<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-7/#footnote_1_459" id="identifier_1_459" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fier de l&rsquo;&Ecirc;tre n&deg;19, &eacute;t&eacute; 2002.">2</a></sup> : « <em>Monsieur Jean-Marie Le Pen, Fier de l’Être, comme vous le savez certainement, est un journal politique, culturel et patriote qui existe depuis l’été 1998. Indépendante d’esprit, libre de parole et militant activement pour la cause nationale, notre rédaction est composée d’hommes et de femmes dévouées aux idées nationales, toutes tendances confondues. Par conséquent, comment expliquez-vous le fait que vous nous ayez accordé un entretien et que vos sbires (val d’oisiens, monsieur Dubois en tête) n’aient pas toléré notre présence à l’occasion de votre meeting parisien du 3 juin. Pourtant, nous comptons parmi nos abonnés plusieurs responsables du FN, dont trois secrétaires départementaux.<br />
Sachez aussi, pour information, que j’ai activement milité, à titre personnel, pour vous à l’occasion du second tour. Mais suite à mon exclusion, écœuré, je vous retire mon soutien comme vous m’avez retiré le vôtre. D’autres voix suivront, n’en doutez pas.</em> » C’est également à ce moment que <em>Fier de l’Être</em> adopte une ligne de plus en plus raciste avec une chronique pseudo-satirique, <em>Le Maghrébin libéré</em>, outrageusement anti-arabe, ainsi qu’une bande dessinée du même acabit, <em>France 2031</em>. De fait, le journal s’inscrit de plus en plus ouvertement dans la mouvance identitaire.</p>
<p>- <strong> <em>Tribune musicale</em> </strong></p>
<p>Ce fanzine était une bouture de <em>Fier de l’Être</em> ; il a donc été créé par l’inoxydable Stéphane Wulleman, avec la collaboration d’une petite équipe dans laquelle on retrouvait, entre autres, l’inévitable Aude Bertrand ou Cédric H., alias « Cedob ». Chaque trimestre, la revue publiait interviews, nouvelles diverses et présentation des scènes musicales européennes. <em>Tribune musicale</em> organisait aussi des concours avec CD à gagner. Mais la scène RIF étant petite, on pouvait toujours reconnaître à peu près les mêmes figures. Ainsi, pour le concours du deuxième numéro où il s’agissait de reconnaître sur une photo l’actrice de porno Laure Sinclair posant avec le chanteur de Vae Victis, l’un des trois gagnants était un certain Maxime de Courcouronnes. Le lecteur averti aura, bien entendu, reconnu sans peine Maxime Brunerie, alias &laquo;&nbsp;Maxou&nbsp;&raquo;, alias Max la Menace.</p>
<p>Mais lassé de ce qu’il estimait être un manque de soutien de la part du public RIF et à la suite de différents conflits avec l’équipe de BBRock, Wulleman a fini par en arrêter l’édition à l’automne 2001. Ces désaccords sont particulièrement perceptibles dans le sixième numéro du fanzine<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-7/#footnote_2_459" id="identifier_2_459" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune musicale n&deg;6, &eacute;t&eacute; 2001.">3</a></sup> où les habituelles informations concernant Bleu Blanc Rock sont remplacées par le commentaire suivant : « <em>Suite à un différend relationnel (étranger au cadre éditorial), l’association et ses poulains ne souhaitent plus faire part de leurs informations par notre biais. En conséquence, pour les seuls nantis d’Internet, le mieux est donc désormais de s’adresser à www.BBR ou encore de puiser sur leur site officiel les renseignements qu’ils voudront bien y faire figurer. Nous vous tiendrons bien entendu au courant si la situation évolue, en espérant que le RIF n’en sorte pas affaibli et que pour certains d’entre vous, cela n’équivale pas en pratique à une exclusion.</em> » Quelques pages plus loin, le journal ajoute la question faussement naïve d’un lecteur dans la rubrique courrier : « <em>J’aimerais vous poser une question : pourquoi vous n’êtes pas cités sur le site de Bleu Blanc Rock ?</em> », ce à quoi le fanzine rétorque : « <em>Pour la réponse, nous vous conseillons d’aller questionner les responsables de l’association BBR…</em> » Question d’un lecteur d’autant plus « faux cul » qu’elle est signée Guillaume D. (91), ce qui fait irrésistiblement penser à Guillaume Duchesne, déjà rencontré ci-dessus et militant très proche de <em>Fier de l’Être</em> et de Stéphane Wulleman.</p>
<p>- <em> <strong>Quartier libre</strong> </em></p>
<p>Le dernier arrivé est <em>Quartier libre</em>, qui se veut fanzine culturel et essaie de sortir du ghetto nationaliste en ouvrant ses colonnes à d’autres acteurs culturels tout en assurant la promotion des groupes et écrivains nationalistes ou identitaires. Ce trimestriel a été lancé en décembre 2001 et s’appuie sur une association, Libro, fondée en septembre 2001 par Thibaut Baladier et Guillaume Rousset, deux militants très actifs de la mouvance nationaliste culturelle. Thibaut Baladier est plus connu sous son pseudonyme de Xavier Eman et l’on peut voir sa signature dans de multiples publications nationalistes depuis 1998, de <em>Jeune Résistance</em> à <em>Éléments</em> en passant par <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ou <em>Fier de l’Être</em>. Pourtant, le jeune homme se pique par ailleurs de littérature et de respectabilité. Il a durant un temps gagné sa vie en étant l’assistant parlementaire d’une députée européenne UMP du sud de la France, Françoise de Veyrinas, et il participe sous son vrai nom à la revue <em>Bordel</em>. Il s’agit d’une revue « branchée » dirigée par Stéphane Million, qui bénéficie de l’appui de Frédéric Beigbeder. Quant à Guillaume Rousset, c’est le frère de Sylvain Rousset, du site internet <em>Le Coq gaulois</em>.</p>
<p>La revue essaie d’être ouverte à des références culturelles non spécifiquement nationalistes et c’est ainsi que des groupes de rock français tels Louise attaque ou Autour de Lucie peuvent côtoyer une interview d’Ile-de-France ou d’In Memoriam. Le magazine est relativement ambitieux de par l’usage de la quadrichromie et son nombre de pages, d’autant plus que la qualité de réalisation n’est pas au rendez-vous, en particulier en ce qui concerne les illustrations et autres BD qui émaillent le journal. Cela explique peut-être le succès plus que relatif de cette initiative, qui rencontre un écho limité, comme le reconnaît lui-même Thibaud Baladier dans diverses interviews<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-7/#footnote_3_459" id="identifier_3_459" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fier de l&rsquo;&Ecirc;tre n&deg;21, janvier-avril 2003.">4</a></sup>.</p>
<p>L’équipe s’est toujours efforcée de rester neutre au sein de la mouvance nationaliste, en particulier dans le conflit FN / MNR. Cela lui a permis d’être en bons termes avec tout le monde et de pouvoir être présente à la Fête de l’Identité et des Libertés organisée par Gilles Soulas le 9 novembre 2002, à laquelle participaient énormément d’anciens militants du MNR, tout en fêtant son premier anniversaire le 12 octobre 2002 avec une cinquantaine de jeunes nationalistes d’étiquettes diverses au Forum Jeunesse, le local parisien du FNJ. Le dernier numéro de <em>Quartier libre</em>, consacré à la mouvance italienne, montre cependant qu’elle se rapproche de plus en plus des Identitaires.</p>
<h3>Internet</h3>
<p>Les possibilités offertes par la Toile mondiale ont bien évidemment été exploitées au maximum par les acteurs du RIF. Mais ce moyen d’expression prend du temps et n’échappe pas aux foudres de la justice. C’est ainsi que l’un des premiers sites assurant la promotion du rock nationaliste, <em>Le Lion des Flandres</em>, a assez rapidement disparu, dès 2000, pour avoir diffusé les <em>Carnets de Turner</em>, ce qui valut une garde-à-vue et des ennuis judiciaires à son animateur, Alexis W., et ce qui semble l’avoir définitivement découragé de recommencer. Malgré tout, les sites personnels se sont multipliés et la plupart des sites jeunes nationalistes ont une ouverture sur le RIF, soit sous forme de MP3 à télécharger, soit sous forme de liens avec des sites RIF. Il n’était donc pas question de tous les recenser ni d’en faire une chronique exhaustive. Nous n’évoquerons donc dans cet ouvrage que les sites qui nous semblent majeurs, par leur importance ou parce qu’ils ont été pionniers dans ce domaine.</p>
<p>- <em> <strong>Memorial Rds</strong> </em></p>
<p>Le label éponyme s’est doté fin 2001 d’un site globalement bien fait et qui sert de vitrine commerciale à l’écurie Memorial et à ses proches. En sont ainsi clairement exclus les groupes de l’écurie BBRock comme Kaiserbund ou Fraction, ce dernier groupe ne bénéficiant même pas d’un lien internet vers son site. Le but du site est évidemment commercial et un effort particulier a été développé sur le paiement sécurisé.</p>
<p>- <em> <strong>BBRock</strong> </em></p>
<p>Cette association s’est également dotée d’un site internet qui illustre à merveille la stratégie d’infiltration et de dissimulation de Bleu Blanc Rock. En effet, l’internaute ignorant n’y trouve pas d’éléments susceptibles de lui indiquer réellement la véritable orientation politique de BBR. D’autre part, la présentation de groupes extérieurs à la mouvance permet au site d’attirer des internautes fans de ces groupes et ayant simplement tapé leur nom dans un moteur de recherche. En revanche ne figurent pas sur ce site de pages spécifiques consacrées aux autres groupes de RIF ne faisant pas partie de l’écurie BBR.</p>
<p>- <em> <strong>Le Coq gaulois</strong> </em></p>
<p>Lancé en mai 1999, c’est sans doute le plus vieux site internet existant et assurant la promotion du RIF sur la Toile. Enregistré sous l’identité « Le Coq gaulois, 88, rue de Vichy 75018 Paris », le site est en fait animé à Lyon par Sylvain Rousset, qui militait au MNJ lorsque cette structure existait encore. L’hébergeur du site a longtemps été le portail Liberty Web dont le propriétaire était l’Américain David Osborne qui accueillait une majeure partie des sites extrémistes sionistes comme SOS-Racaille. Alors que les sites de BBRock et de Memorial Records jouent la carte de l’ambiguïté en ne mettant pas en avant le caractère nationaliste et xénophobe des groupes de la mouvance RIF, le <em>Coq gaulois</em> joue au contraire la plus parfaite transparence et affiche clairement la couleur politique, que ce soit dans certaines rubriques ou durant un temps sur son forum. Cela correspond évidemment à une approche qui se veut plus clairement politique que ce qui peut être mis en œuvre par les labels de RIF. Cela a déjà conduit le <em>Coq gaulois</em> à être plusieurs fois en conflit avec BBRock malgré un indéniable succès quant aux connexions. C’est ainsi que les photographies et les MP3 de Vae Victis et Ile-de-France ont disparu du site dans le courant de l’année 2001. Cela tient sans doute en partie au contenu de son forum sur lequel les provocations étaient extrêmement fréquentes, en particulier contre BBRock. Le site du Coq gaulois entretient cependant de très bons rapports avec d’autres éléments de la mouvance identitaire comme <em>Fier de l’Être</em>.</p>
<p>- <strong>Liberté Diffusion</strong></p>
<p>C’est une petite liste de diffusion électronique lancée en octobre 2001, qui assure la promotion de tout ce qui peut sortir au sein de la mouvance nationaliste au sens large, puisque Liberté Diffusion rend également compte de l’actualité internet du MPF. La liste compte plusieurs centaines d’abonnés, mais combien de militants antifascistes parmi eux ?</p>
<p>- <strong>Canal RIF</strong></p>
<p>Lancé au printemps 2001, ce site veut être une radio en ligne consacrée strictement au RIF. Outre la diffusion de morceaux, Canal RIF organisait durant un temps une tribune libre hebdomadaire avec un invité de la mouvance RIF.</p>
<h3>Bande dessinée</h3>
<p>La plus emblématique et la pionnière en la matière est sans doute Aude Bertrand, alias « Aragorn », qu’on a déjà pu voir à l’œuvre dans le domaine musical avec Elendil et Brixia. Ses petits personnages, en l’occurrence des petits bonshommes à cagoule noire désignés sous le terme de lutins, sont apparus en 1994-1995 dans le journal du FNJ Paris, <em>Première Ligne</em>, sous la forme de petits comic-strips ou de « cabochons ». Intitulés alors parfois « <em>Les militants maudits</em> », ces lutins racontent les mésaventures que peuvent rencontrer les militants nationalistes, et cela n’est pas sans nous rappeler les rats noirs de Jack Marchal dans <em>Alternative</em>, les petits vikings de « la bande à Balder » qu’on pouvait trouver dans <em>Balder</em>, la revue animée par Emmanuel Ratier dans les années 1970 ou même le petit keupon dessiné par Tapage pour la mouvance libertaire et antifasciste à la fin des années 1980.<br />
Mais « Aragorn » a suscité quelques vocations au talent relativement réduit qui ont débouché sur une revue, <em>Per-Fax</em>, parue en octobre 2002 dont le premier numéro a pour titre <em>Les petits Mickeys en botte de saut</em> et un site internet, <em>Agitea</em>. Le tout bénéficie évidemment du soutien logistique (boîte postale et compte courant bancaire) de Son Liberté puisque Aude Bertrand est partie prenante du projet et que l’équipe est sensiblement la même que celle de <em>Quartier libre</em>.</p>
<p>Cependant, sauf très grosse surprise, cela ne devrait pas connaître un développement significatif tant les dessins sont puérils et militants. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la mouvance des jeunes nationalistes essaie de se doter d’un fanzine de BD. Ce fut le cas en 1989 avec <em>Corsaire</em> qui ne sortit que deux numéros, le premier sur l’image de l’extrême droite dans la BD et le deuxième sur Tintin. Si on veut remonter encore plus loin, on peut également signaler la célèbre revue <em>Bédésup</em> fondée en 1979 et dirigée par Jean-Claude Faur, alias Didier Lefort. Mais cet ancien militant FN, aujourd’hui disparu, ne se consacrait pas seulement aux dessinateurs nationalistes.</p>
<p>D’une façon générale, nombreux sont les journaux nationalistes à avoir utilisé ce type de support pour faire passer leurs idées, en particulier dans la mouvance nationaliste-révolutionnaire. Ce fut ainsi le cas du <em>Choc du Mois</em> mais aussi de <em>Tribune nationaliste</em>, la revue du PNFE, avec les planches dessinées par Sergueï pour l’album <em>Douce France</em>, ou encore de <em>Napalm Rock</em>, fanzine NR de rock qui consacra d’ailleurs un numéro complet à la BD. Mais l’ensemble demeure très loin de la qualité déployée en son temps par Jack Marchal et a fortiori de celle d’un artiste « professionnel » comme Dimitri, alias Guy Mouminoux, alias Guy Sajer. Cet ancien très jeune &laquo;&nbsp;Malgré nous&nbsp;&raquo;, bien qu’il ne milite plus depuis la fin de la guerre, a toujours gardé contact avec le milieu nationaliste, ce qui explique ses illustrations de couverture pour les éditions Gergovie, aujourd’hui disparues, ou ses dédicaces à la librairie La Licorne bleue.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_459" class="footnote"><em>L’Épervier</em> n°5, printemps 2000.</li><li id="footnote_1_459" class="footnote"><em>Fier de l’Être</em> n°19, été 2002.</li><li id="footnote_2_459" class="footnote"><em>Tribune musicale</em> n°6, été 2001.</li><li id="footnote_3_459" class="footnote"><em>Fier de l’Être</em> n°21, janvier-avril 2003.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (6) Chapitre IV : Les acteurs du RIF : les labels</title>
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		<pubDate>Sat, 15 May 2010 23:09:50 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Rock Identitaire Français (RIF)]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte initialement publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll La mouvance RIF est tout sauf unifiée. C’est un patchwork de structures plus ou moins concurrentes qu’il nous faut envisager séparément. Chaque acteur de cette mouvance a en effet sa propre définition de ce qu’est le RIF, certains contestant même la pertinence de ce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Texte initialement publié en 2004 dans le livre <em>Rock Haine Roll</em> </strong></p>
<p>La mouvance RIF est tout sauf unifiée. C’est un patchwork de structures plus ou moins concurrentes qu’il nous faut envisager séparément. Chaque acteur de cette mouvance a en effet sa propre définition de ce qu’est le RIF, certains contestant même la pertinence de ce terme. Pas de charte ou de valeurs communes donc, ni a fortiori de stratégie.</p>
<h3>MEMORIAL RECORDS (MR)</h3>
<p>C’est historiquement le premier vrai label de RIF. Son statut est à l’origine associatif, sous la forme d’une association loi 1901 déposée en août 1997 et dont le président est Julien Beuzard. Ce dernier est rejoint en octobre 1998 par Fabrice Lauffenburger, qui devient secrétaire de l’association. Le label dans sa forme associative a un but clairement identifié : être une structure capable de financer le groupe In Memoriam.</p>
<p>Memorial Records devient une structure commerciale en janvier 1998 lorsque Julien Beuzard, Mattias Bricage et Arnault Ducret s’associent à Gilles Soulas pour monter une SARL. Gilles Soulas est un vieux militant nationaliste mais il n’est apparu sous les feux de la rampe que lorsque <em>L’Événement du Jeudi</em> du 17 avril 1997 a signalé dans un petit article que le fonds de commerce de la librairie néofasciste parisienne l’Æncre était à vendre et que le seul acheteur déclaré était la Société Européenne de Diffusion et d’Édition (SEDE). Or la SEDE, qui est-ce ? Deux « vieux » militants de l’extrême droite, à savoir Gilles Sereau et Gilles Soulas. Nés respectivement en 1959 et 1955, les deux Gilles ont milité soit au FN pour le premier, soit au PFN pour le second. En effet, Gilles Soulas a fait ses premières armes au sein du Front de la Jeunesse, la structure de jeunesse du GUD et du PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_0_458" id="identifier_0_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, fr&egrave;re ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les ann&eacute;es 1970.">1</a></sup>, et est d’ailleurs parti combattre au Liban par cette filière en 1975 tout comme il a été candidat de ce parti aux élections européennes de 1979 sur la liste Union française pour l’Eurodroite. Passé au FN après la disparition du PFN, tout comme un certain nombre d’autres militants, il devient permanent du FN en 1985 et est candidat aux élections régionales de 1986 à Paris. On le retrouve ensuite comme membre de l’équipe de Serge Martinez aux municipales de 1989, avant que son nom apparaisse moins dans l’actualité du mouvement nationaliste. Mais outre la SEDE, Soulas gagne alors sa vie grâce aux minitels dits « de charme », qu’on appellerait tout simplement ou moins hypocritement des minitels de cul ! Et, circonstance aggravante d’un point de vue néo-fasciste, de cul parfois homosexuel !! Grâce à une société à titre personnel créée en 1992, PromoFrance Organisation, Soulas exploite alors la misère sexuelle de ses contemporains par le biais des 36.15 FAF (Femme A Femme), FEF, DAM, FUREUR, SORTI, COR, GROMAGO, DESTYN, DECIBEL, MATRI, KSTING. Comme l’indiquent les intitulés de ces services, Soulas vise large et n’exploite pas que le « charme ». Il compte aussi sur l’astrologie, les services matrimoniaux, etc. Mais en homme prévoyant, il a également développé une autre société, de composition et photogravure, LP communications, dont l’objectif principal est la publicité pour les services minitels évoqués ci-dessus. Soulas contribue ainsi, à son échelle, à alimenter ces campagnes d’affichage sauvage qui donnent une « image-dégradante-de-la-femme-comme-épouse-et-comme-mère ». Il a officiellement abandonné cette activité télématique fin 1998, déclarant à la commission d’enquête parlementaire sur le DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_1_458" id="identifier_1_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le DPS : service d&rsquo;ordre du Front national ou garde pr&eacute;torienne ? Commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire pr&eacute;sid&eacute;e par Guy Hermier et enregistr&eacute;e &agrave; la pr&eacute;sidence de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale le 26 mai 1999.">2</a></sup> « <em>qu’elle n’était plus rentable. Par ailleurs, certains articles de journaux<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_2_458" id="identifier_2_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entre autres REFLEXes. Cf. n&deg;52, l&rsquo;article intitul&eacute; &laquo; Gilles Soulas, faf de petite vertu &raquo;.">3</a></sup> avaient annoncé que nous faisions de la télématique rose, ce qui a fait fuir nombre de nos clients</em> ». Soulas tire cependant toujours une partie de ses revenus par le biais de la société Conseil Promotion Service, qui fait de l’affichage essentiellement politique.</p>
<p>Comment expliquer l’intervention directe de Soulas dans un secteur a priori encore peu porteur comme le RIF ? Ce n’est évidemment pas pour l’amour du rock qu’on le retrouve embarqué dans cette histoire. Mais le RIF est alors au cœur d’une opération de séduction menée en direction de la jeunesse par les différents courants du FN, avec des résultats variables il est vrai. De fait, il faut rapprocher l’apparition de Memorial Records de celle de DEFI, Diffusion des Éditeurs Français Indépendants : cette SARL de 50 000 francs est officiellement créée en janvier 1997 par l’association des Éditions nationales, présidée par Bruno Mégret, dont la principale activité est l’édition des ouvrages écrits par des cadres frontistes, dont Mégret au premier chef. DEFI s’est lancée dans la vente par correspondance, et son catalogue, <em>Durandal</em>, est un bon recueil de tout ce qui se fait à l’extrême droite, des livres d’Emmanuel Ratier aux disques de RIF en passant par les bijoux celtiques de la Mélusine. Or les personnes qui font vivre DEFI sont bien représentatives de cette génération de militants qui, contrairement à la précédente, n’est pas obligée d’investir la droite parlementaire pour se reconvertir et qui a clairement choisi le camp mégretiste : le gérant de DEFI est Damien Bariller<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_3_458" id="identifier_3_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Damien Bariller a adh&eacute;r&eacute; au FN en 1987. Responsable FNJ sur Aix d&egrave;s 1988, il entre au comit&eacute; central du FN d&egrave;s 1990 et devient directeur de cabinet de Bruno M&eacute;gret. La d&eacute;cennie 1990 l&rsquo;a vu occuper diverses responsabilit&eacute;s au sein du FN et participer aux diff&eacute;rentes &eacute;lections sur Aix. Il a tout naturellement suivi Bruno M&eacute;gret lors de la scission fin 1998 et il est devenu un cadre du MNR, tout en &eacute;tant directeur de la communication de Vitrolles. Il a quitt&eacute; le MNR en 2002 apr&egrave;s les &eacute;lections l&eacute;gislatives.">4</a></sup>, lieutenant de longue date de Mégret né en 1966, et le responsable des ventes est Philippe Schleiter<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_4_458" id="identifier_4_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Philippe Schleiter a bien &eacute;videmment lui aussi suivi M&eacute;gret lors de la scission de 1998, devenant le directeur national du MNJ et cadre dirigeant du MNR. Il a abandonn&eacute; ce dernier parti en 2002, apr&egrave;s les &eacute;lections l&eacute;gislatives.">5</a></sup> (dit Philippe Sevran), né en 1972 et à l’époque coordinateur national du Renouveau étudiant. Par ailleurs, le catalogue <em>Durandal</em> est élaboré par Riwal Communication, que les fidèles lecteurs de la revue <em>REFLEXes</em> <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">connaissent bien</a> et qui est une véritable pépinière d’anciens militants du GUD. Cette offensive en direction de la jeunesse se traduit également alors par le coup de pouce donné à <em><a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/">Réfléchir &amp; Agir</a></em> par Soulas. Son implication correspond ainsi à une démarche très précise de satellisation de la jeunesse nationaliste et de ses éléments les plus dynamiques et radicaux autour de la mouvance de Mégret. Memorial Records, pour sa part, démarre avec un capital de 50 000 francs, ce qui est correct pour une structure de cette taille.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Promesses_MR_2000-01539.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1459" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Promesses_MR_2000-01539.jpg" alt="Promesses_MR_2000-01539" width="489" height="709" /></a></p>
<p>Si la structure a réussi à assurer la pérennité de ses activités, elle a malgré tout connu quelques échecs. C’est ainsi que le projet de boutique Memorial Records sur Paris est finalement tombé à l’eau alors que son adresse rue Pernety (XIVème arrondissement) circulait déjà. La perspective d’ennuis liés au commerce des librairies nationalistes, le risque de voir la boutique devenir la cible de dégradation ont finalement convaincu Soulas d’abandonner ce projet. Il en est allé de même avec la revue <em>Entre Terre &amp; Lumière</em> (ETEL) pourtant annoncée à grand bruit dès le printemps 2002 et sur internet à partir de septembre de la même année<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_5_458" id="identifier_5_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Message internet post&eacute; sur le forum du Coq gaulois, 19 septembre 2002">6</a></sup> :<br />
« <em>Bonjour,<br />
un nouveau magazine communautaire intitulé Entre Terre &amp; Lumière paraîtra le 9 novembre. De qualité professionnelle, sa périodicité sera quadrimestrielle pour la première année puis trimestrielle si tout va bien. Son contenu est politico-culturel et son tirage de 1000 exemplaires pour 32 à 36 pages.</em> »<br />
L’équipe de ETEL était censée être composée de membres d’In Memoriam, mais aussi du webmestre du label, du frère de Julien Beuzard ou de compagnons de route comme Olivier Aimon, un proche de Maxime Brunerie jusqu’au fatidique mois de juillet 2002. Il semble que des querelles internes aient torpillé le projet. Memorial Records devait également se développer avec une filiale en Suisse sous l’impulsion du même Olivier A., mais la tentative d’attentat menée par Brunerie contre Jacques Chirac le 14 juillet 2002 et la pression policière qui s’en ait suivi semblent l’avoir poussé à mettre entre parenthèses son implication dans ce milieu tant sur le plan musical que militant.</p>
<p>Si, par l’intermédiaire d’In Memoriam, les dirigeants de Memorial Records attaquent régulièrement Fraction et BBRock pour des paroles trop proches du RAC, cela ne les empêche pas de vendre bon nombre de CD RAC sur leur site comme Evil Skin, gentiment présenté comme un groupe oi français, ou le CD pirate des Tolbiac’s Toads. Leur site, très professionnel, s’est associé à celui du Coq gaulois au cours de l’année 2001 2002 pour le forum de discussion.</p>
<h3>BLEU BLANC ROCK, OU BBROCK (OU ENCORE BBR)</h3>
<p>Cette association a été fondée fin 1998 par Paul Thore, Fabrice Robert et Jean-Christophe Bru dans le but de « promouvoir l’art populaire et non-conformiste ». L’équipe s’est en partie remaniée avec le retrait de Bru qui a été remplacé par Thibaud Lamy en novembre 2001. C’est d’ailleurs à cette occasion que l’association a également changé de nom. Quoique l’appellation Bleu Blanc Rock ne soit pas très originale en soi, on peut se demander si ses fondateurs ne sont pas aller la pêcher dans le bulletin <em>Le Lansquenet</em>, journal lié au FNJ Aix à sa fondation en 1997 et qui avait dans chacun de ses numéros une tribune Bleu Blanc Rock consacrée au RIF.</p>
<p>Le label a peu à peu agrégé autour de lui une partie des groupes de RIF et a joué la carte de la mouvance, chaque membre ou groupe-membre affichant une solidarité sans faille avec l’ensemble de BBR, au moins en public.<br />
Malgré les apparences et en particulier malgré l’orientation RAC de certains groupes (Fraction ou Insurrection pour ne citer qu’eux), ce label s’est créé sur une stratégie d’ouverture qui a pris dès le début une tournure relativement agressive envers les autres acteurs du RIF comme en témoigne cette réponse donnée à une question de la revue <em>Tribune musicale</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_6_458" id="identifier_6_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune musicale n&deg;2, &eacute;t&eacute; 2000">7</a></sup> :</p>
<p>« <em>- <strong>Tribune musicale</strong> : Pourquoi Bleu Blanc Rock ?<br />
- <strong>BBR</strong> : Avant le lancement de l’aventure Bleu Blanc Rock, personne ne se souciait vraiment de faire sortir le rock identitaire du “ ghetto ”. Les politiques parlaient du “ RIF ” dans leurs journaux internes, les labels placés sous leur coupe affirmaient soutenir le RIF… mais au fond tout ce beau monde ne songeait qu’à récupérer les groupes. Il était nécessaire de lancer une structure indépendante et à but non lucratif qui travaille avec les militants au développement du rock identitaire.</em> ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Tract_BBR_anti-PACS-97f52.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1460" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Tract_BBR_anti-PACS-97f52.jpg" alt="Tract_BBR_anti-PACS-97f52" width="354" height="528" /></a></p>
<p>Cette stratégie a pris deux formes. D’une part, le label visait à diffuser au maximum le RIF hors de son milieu, y compris à perte financièrement parlant. Par le passé, BBR a ainsi été à l’initiative d’une cassette audio et d’un CD à prix coûtant, <em>Antimondial</em>, afin de diffuser le RIF. Il est néanmoins difficile d’évaluer son impact, au sein de la scène faf, comme du côté du grand public. On peut cependant émettre l’hypothèse que de ce côté, le résultat est très limité. Il semble malgré tout que la cassette ait dépassé les 5000 exemplaires diffusés. Le CD compilation, en tout cas, a fait réagir, et pas forcément dans le sens que le label attendait. Figurait en effet parmi la quinzaine de groupes y ayant participé un groupe du Havre, L’FIJ. Or, celui-ci ne s’étant pas particulièrement renseigné sur BBRock, dut rapidement protester du fait que sa bonne foi avait été abusée par BBRock. On put ainsi rapidement lire sur son site, à la place du forum, le message suivant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_7_458" id="identifier_7_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous n&rsquo;avons supprim&eacute; qu&rsquo;une toute petite partie des fautes d&rsquo;orthographes qui &eacute;maillaient cette r&eacute;ponse. NDLR.">8</a></sup> : « <em>Nous avons dû fermer le livre d’or et le forum car de nombreuses personnes se sont crues bon de nous faire parvenir des messages xénophobes, antisémites, racistes et fascistes sur notre site. En effet, fin 2001, nous avons participé à une compile dont le thème était les effets de la mondialisation sur les pays pauvres, il s’est avéré que l’association à l’origine de ce projet est une association à caractère extrémiste et nationaliste. Bref, nous nous sommes fait avoir ainsi que d’autres groupes havrais, et cette association vend et distribue dans la France entière des compiles Anti mondial dont nous figurons parmi une quinzaines de groupes à tendances fascistes.<br />
À l’heure actuelle, nous recevons tous les jours des messages extrémistes et des menaces, nous sommes par conséquent obligé de fermer non pas le site, mais le forum et le livre d’or.<br />
Nous sommes vraiment catastrophés et dégoutés de ce qui se passe en France et sur notre site, nous continuerons à nous battre contre le F.N, contre Le Pen et contre tous ceux qui s’opposeront à nous dans cette lutte qui est l’extermination des fâchos. Ce sont des mots durs pour des brutes qui subsistent dans beaucoup de pays malheureusement.<br />
Le groupe et le crew de L’FIJ étant composé de différentes origines nous sommes sincèrement écœurés que des personnes insultent notre dignité et celle de nos bons et loyaux visiteurs. Nous sommes profondément désolés pour vous, et espérons que cette situation changera très vite. C’est pourquoi avec la collaboration d’autres collectifs de musique et associations du havre, nous avons décidé il y a déjà quelques temps de faire un dossier d’enquête sur l’association BBROCK mis en cause dans ce dossier, ainsi que le Coq gaulois pour avoir diffusé des messages violents, nazis et fâchos.<br />
Information judiciaire : Maître Dumel avocat à la cour, rendra un dossier complet de la situation pour l’atteinte et le préjudice porté à vous, nous et notre dignité, aux juges des affaires culturelles de Rouen, que nous remercions pour sa collaboration et son travail. Nous vous informerons des suites de cette affaire merci de votre fidélité ainsi que de votre compréhension, car il est expressément clair que nous sommes contre le FN.<br />
Nous vous remercions. L’FIJ.</em> »</p>
<p>De fait, la stratégie de BBRock se heurte généralement très vite aux limites du ghetto nationaliste qui correspondent grosso modo aux valeurs portées par une grande partie de son public : hitlérisme rampant, antisémitisme et fascination pour les crimes de masse qui vont avec, peur obsessionnelle du métissage… Pour autant, l’analyse menée par BBRock sur la potentialité d’un véritable développement d’un courant musical identitaire n’est pourtant pas fausse. Elle rejoint en effet diverses enquêtes journalistiques menées ces dernières années et en particulier celle publiée dans <em>Le Monde</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_8_458" id="identifier_8_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Monde, 27 mai 2002">9</a></sup> par Philippe Broussard en mai 2002 à la suite du premier tour des élections présidentielles. Le journaliste y soulignait l’importance de cette frange de la jeunesse française blanche touchée par le racisme anti-arabe mais ne militant pas pour autant dans les rangs de la droite extrême ou ultra. Une jeunesse portant un réflexe et un repli identitaires qui ne disent pas leur nom. Malgré cette pertinence d’analyse de la part du label BBRock, la stratégie qu’il développe n’est pourtant pas foncièrement cohérente puisqu’elle essaie de jouer sur deux tableaux : elle essaie à la fois de sortir du milieu RIF tout en s’appuyant sur celui-ci. L’explication tient évidemment à l’aspect financier des choses : le public RIF est un public captif qui assure à n’importe quelle production de ce courant des retombées financières minimum. Il en serait tout autrement si BBRock jouait complètement la carte de l’infiltration musicale et de l’anonymat : les risques financiers seraient alors maximum. Voilà pourquoi BBRock préfère donc jouer la sécurité, ce qui limite de fait et heureusement ses capacités d’impact.</p>
<p>Toujours dans cette perspective d’ouverture, BBR avait lancé en 2001 la création de cellules BBR dans toute la France, pour promouvoir le RIF. L’idée était bonne dans la mesure où cela permettait une gestion plus locale de la promotion et de la diffusion, et donc une extension de ces dernières. L’expérience démarra bien avec la création de deux cellules, l’une à Paris animée par Maxime Brunerie, et l’autre à Rennes avec Sylvain Averty<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_9_458" id="identifier_9_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant du FNJ devenu dirigeant du MNJ en Bretagne (Rennes) ; &eacute;galement militant d&rsquo;Unit&eacute; radicale et du GUD Rennes, il a &eacute;t&eacute; candidat du MNR aux &eacute;lections l&eacute;gislatives de juin 2002 en Bretagne.">10</a></sup> et Bertrand Miedan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_10_458" id="identifier_10_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est lui aussi un ancien militant du FNJ, mais en r&eacute;gion parisienne ; il a suivi le m&ecirc;me parcours que Sylvain Averty, &eacute;tant simplement suppl&eacute;ant aux l&eacute;gislatives 2002.">11</a></sup>. C’est cette dernière qui s’est avérée la plus active avec la mise sur pied de deux concerts en 2001, le premier en mars avec Insurrection et le deuxième en octobre avec Bagadou Stourm (groupe RAC breton) Fraction et Kaiserbund. Les deux cellules sortaient également un petit bulletin photocopié, <em>Roazhon Rock</em> à Rennes et <em>Musiques d’ici</em> à Paris. Mais l’expérience a rapidement tourné court, les Bretons rencontrant l’hostilité non feinte d’une partie de la mouvance nationaliste bretonne : la cellule bretonne arrête ses activités fin 2001.</p>
<p>D’autre part, outre le fait de sortir le RIF du ghetto nationaliste, Fabrice Robert a toujours eu la prétention de faire de BBRock un moyen de communication pour amener une partie de la jeunesse aux idées NR à travers la musique, voire de s’adresser à des militants anti¬mondialisation « sincères » mais trompés par les « infâmes gauchistes » et de les convaincre. Ceci explique toute la rhétorique sur la « nouvelle alternative », développée ici sous la plume de Thibaud Lamy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_11_458" id="identifier_11_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;28, automne 2002.">12</a></sup> :<br />
« <em>Aujourd’hui, les vrais punks, rebelles et anticonformistes, ce sont les groupes identitaires. […] Le nouveau rock alternatif, qui a pris son envol il y a près de dix ans avec la création de Vae Victis, considéré par beaucoup comme les précurseurs de ce que beaucoup ont appelé à tort le rock identitaire français se porte bien. […] Écologie, régionalisme, défense des identités, anti-mondialisation et lutte sociale, les groupes de rock identitaire sont là, prêts à de nouveaux combats, engagés dans une nouvelle alternative, déterminés et bien vivants.</em> » Cela a pu donner à BBRock un certain ton gauchisant qui ne doit évidemment tromper personne : cela s’inscrit tout à fait dans la stratégie développée par BBRock, qui vise à essayer de donner une image policée de lui-même. Mais autant dire que sur ce plan, la démarche est peu cohérente, aussi bien par la promotion du groupe Insurrection que par celle de Regnum Æternam dont la pochette de l’album est, rappelons-le, une photo de soldats nazis.</p>
<h3>SON LIBERTE</h3>
<p>Ce label associatif a principalement sorti les disques de Basic Celtos et de Brixia : il constituait donc le support de la micro-galaxie Elendil. L’équipe de Son Liberté était investie dans BBRock avant que les embrouilles des années 1999-2000 les amènent à prendre leurs distances. L’association Son Liberté existait bien avant l’apparition du RIF et, comme c’est relativement fréquent dans ces milieux-là, la structure a été reprise par les membres de ces groupes. Ces derniers avaient par ailleurs sorti leurs premiers albums sur un petit label indépendant, MC Records. Ils étaient alors diffusés par la SERP, ce qui n’est pas étonnant, puisque MC Records signifie Marie-Caroline Records, du nom de la fille de Jean-Marie Le Pen qui gérait la SERP lors de ses dernières années d’existence. Son Liberté a, de fait, toujours plus ou moins essayé de se tenir en dehors des conflits internes au milieu RIF, sans forcément y parvenir en raison de la personnalité de Jack Marchal.<br />
Ce label avait lancé une petite liste de VPC appelé « Zone d’Œuf », apparemment pas très active. Il semblerait que Son Liberté soit en train de cesser ses activités.</p>
<h3>MUSIQUE &amp; TRADITION (M&amp;T)</h3>
<p>Ce label est basé sur Lyon ; sa région et il a été créé en février 1998 par Sébastien Blanchard et Frédéric F. dans le but de « promouvoir les artistes et écrivains attachés au respect du patrimoine culturel européen ». Si tous les deux sont de jeunes militants nationalistes, Sébastien Blanchard est plus connu comme militant du GUD Lyon. Il fut en effet condamné en septembre 1998 par le tribunal correctionnel de Lyon à cinq mois de prison avec sursis pour violences et menaces contre trois militantes de l’UNEF. Il est en outre membre d’un groupe de hard-core nationaliste révolutionnaire (NRHC), Ultimatum, qui a deux albums à son actif. Cela explique que Musique &amp; Tradition n’ait pas produit et diffusé que du RIF et qu’on puisse y retrouver des groupes RAC comme Chevrotine ou 9ème Panzer Symphonie ainsi que des groupes suprémacistes blancs américains comme RaHoWa ou Bound for Glory, par exemple. L’association a pu compter sur l’aide et l’infrastructure de l’imprimerie Saint-Joseph, créée en 1981 et dirigée par Pascal Marion. Ce dernier est un cadre lyonnais du FN qui a déjà été candidat pour le parti, sans être sectaire pour autant. Proche des milieux catholiques nationalistes, il imprime par exemple le journal de l’Œuvre française à Lyon, <em>Jeune Nation</em>. Musique &amp; Tradition pouvait de fait être considéré comme proche du FN et passait d’ailleurs par le groupe FN au conseil régional pour ses envois postaux. Mais il a essayé de maintenir une certaine neutralité, et on a ainsi pu voir un stand M&amp;T au Conseil national du MNJ les 9 et 10 octobre 1999 à Lyon. L’association a été officiellement dissoute en février 2001, mais elle continue ses activités.</p>
<h3>PIT RECORDS</h3>
<p>Ce label, fondé en 1994 par Olivier Garnier et Frédéric P. dans l’Essonne, n’est pas à proprement parler un label RIF. C’est un label clairement RAC, qui, à l’occasion, a sorti des groupes comme Fraction Hexagone, Vae Victis ou Traboules Gones. D’ailleurs, Garnier a un bon passé de bonehead derrière lui, même s’il n’a plus la boule à zéro. Il a en effet animé dans sa prime jeunesse le fanzine <em>After Shave</em>, lancé en 1993, et qui publie des interviews des groupes nazi-skins de l’époque. Mais Garnier réfléchit également et il milite au sein du Renouveau étudiant sur Paris dans ces années 1990. Pourtant, malgré ce passé, son label n’a pas bonne réputation dans le petit milieu RIF. Tout d’abord, Garnier traîne derrière lui une belle réputation de voleur, et pas que dans le milieu du RIF. Nombreux sont ses clients qui n’ont jamais reçu leur commande ou des produits de mauvaise qualité. D’ailleurs la sortie de la compilation Bleu Blanc Rock fut un temps retardée pour cause de problèmes d’argent avec Pit Records. Ensuite, son sens du marketing le pousse régulièrement à orner les pochettes des groupes d’images de SS, sans que les groupes revendiquent leur appartenance au nazisme, ce qui fait désordre dans la quête de respectabilité et de discrétion que recherchent certains groupes RIF. Cela n’empêche pas Garnier d’être pourtant régulièrement invité, comme lors de la dernière journée identitaire organisée par <em>Fier de l’Être</em> en novembre 2003.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_458" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, frère ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les années 1970.</li><li id="footnote_1_458" class="footnote">Le DPS : service d’ordre du Front national ou garde prétorienne ? Commission d’enquête parlementaire présidée par Guy Hermier et enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai 1999.</li><li id="footnote_2_458" class="footnote">Entre autres REFLEXes. Cf. n°52, l’article intitulé « Gilles Soulas, faf de petite vertu ».</li><li id="footnote_3_458" class="footnote">Damien Bariller a adhéré au FN en 1987. Responsable FNJ sur Aix dès 1988, il entre au comité central du FN dès 1990 et devient directeur de cabinet de Bruno Mégret. La décennie 1990 l’a vu occuper diverses responsabilités au sein du FN et participer aux différentes élections sur Aix. Il a tout naturellement suivi Bruno Mégret lors de la scission fin 1998 et il est devenu un cadre du MNR, tout en étant directeur de la communication de Vitrolles. Il a quitté le MNR en 2002 après les élections législatives.</li><li id="footnote_4_458" class="footnote">Philippe Schleiter a bien évidemment lui aussi suivi Mégret lors de la scission de 1998, devenant le directeur national du MNJ et cadre dirigeant du MNR. Il a abandonné ce dernier parti en 2002, après les élections législatives.</li><li id="footnote_5_458" class="footnote">Message internet posté sur le forum du Coq gaulois, 19 septembre 2002</li><li id="footnote_6_458" class="footnote"><em>Tribune musicale</em> n°2, été 2000</li><li id="footnote_7_458" class="footnote">Nous n’avons supprimé qu’une toute petite partie des fautes d’orthographes qui émaillaient cette réponse. NDLR.</li><li id="footnote_8_458" class="footnote"><em>Le Monde</em>, 27 mai 2002</li><li id="footnote_9_458" class="footnote">Ancien militant du FNJ devenu dirigeant du MNJ en Bretagne (Rennes) ; également militant d’Unité radicale et du GUD Rennes, il a été candidat du MNR aux élections législatives de juin 2002 en Bretagne.</li><li id="footnote_10_458" class="footnote">C’est lui aussi un ancien militant du FNJ, mais en région parisienne ; il a suivi le même parcours que Sylvain Averty, étant simplement suppléant aux législatives 2002.</li><li id="footnote_11_458" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°28, automne 2002.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (5) Chapitre III : Les acteurs du RIF : les groupes</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 22:43:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Vardon]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Identitaire Français (RIF)]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte initialement publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll La mouvance du RIF est à la fois numériquement nombreuse et réduite. Nombreuse puisque l’on a compté jusqu’à plus d’une dizaine de groupes musicaux en activité et quatre ou cinq labels assurant la promotion de ce courant. Mais le fait que certains groupes ne [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Texte initialement publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll</p>
<p>La mouvance du RIF est à la fois numériquement nombreuse et réduite. Nombreuse puisque l’on a compté jusqu’à plus d’une dizaine de groupes musicaux en activité et quatre ou cinq labels assurant la promotion de ce courant. Mais le fait que certains groupes ne soient que des boutures de groupes déjà existants et que les animateurs des labels soient par ailleurs bien souvent eux-mêmes musiciens ramène finalement le nombre d’acteurs réels de ce courant à une vingtaine d’individus, ce qui est somme toute assez peu et tend d’ailleurs encore à diminuer.</p>
<h3>Vae Victis</h3>
<p>Comme on l’a vu précédemment, Vae Victis est le groupe que l’on peut qualifier de pionnier du RIF. Si le premier line-up est donc structuré autour de Thibaud Lamy (batterie), Jean-Christophe Bru (guitare et chant) et sa femme Cathie Mollius (basse) ainsi que François Montagne comme deuxième guitariste, la formation est remaniée dès 1996 avec le remplacement du couple Bru par deux autres musiciens dont Fabrice Lauffenburger (guitare). Ce dernier n’arrive pas par hasard puisqu’il est un proche de Jean-Chritophe avec qui il a participé au skinzine <em>One law for them</em> ainsi qu’au groupe Ultime Assaut. Sa maîtrise d’instruments traditionnels multiples s’avère décisive pour le groupe. Le line-up a encore changé par la suite, et le groupe a définitivement arrêté ses tribulations en 2002.</p>
<p>La perspective du groupe était simple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_0_454" id="identifier_0_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune musicale n&deg;2, &eacute;t&eacute; 2000">1</a></sup> : «<em> Le but était de mettre notre passion musicale au service de notre engagement politique. Le rock, phénomène culturel jeune et populaire par excellence, est un très bon moyen de toucher la jeunesse française abrutie et endormie par les bobards de l’éducation “ nationale ” et des médias. Peu de personnes de nos idées ont réellement saisi l’importance du combat culturel qui, contrairement aux gesticulations électoralistes ou groupusculaires, s’inscrit sur un long terme. Les débats sur le sexe des anges et les querelles de chapelles, ce n’est pas notre truc. C’est même presque criminel à l’heure de la colonisation de l’Europe. Il faut absolument bouger là où on ne nous attend pas : la musique, la BD, internet, le théâtre… En bref, faire de l’agit-prop.</em> » Vae Victis est également sans doute le groupe de RIF à avoir le plus clairement affiché son « admiration » pour le rock alternatif des années 1980 tout en en contestant les choix politiques, cela va sans dire : « <em>Nous avons toujours été fascinés par les groupes de rock alternatif des années 1980 et par leur mode de fonctionnement. Même si le message qu’ils divulguaient n’était pas le nôtre, nous avons toujours considéré leur démarche comme sincère et véritable (du moins au début, avant qu’ils ne passent sur NRJ). Aujourd’hui ils ont tous été récupérés et sont largement diffusés par le système quoi qu’ils en disent. Les seuls alternatifs sont aujourd’hui les groupes de RIF</em> »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_1_454" id="identifier_1_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ibid.">2</a></sup>. Ce point de vue est tout entier contenu dans cet extrait d’une interview de décembre 1997<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_2_454" id="identifier_2_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="National Hebdo, semaine du 11 d&eacute;cembre 1997.">3</a></sup> : « <em>Face au désert musical actuel, nous avons voulu créer un nouveau style qui regroupe des musiciens qui pourraient s’identifier aux Béruriers Noirs des années 1980.</em> »</p>
<p>Ces références ne sont qu’à moitié surprenantes, dans la mesure où les premiers membres de Vae Victis avaient une formation plus nationaliste-révolutionnaire que simplement nationaliste. Ainsi, avant de s’engager dans la LIED<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_3_454" id="identifier_3_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ligue Ind&eacute;pendante des &Eacute;tudiants de Droite, fond&eacute;e en 1989 sur Rouen, qui servit de base &agrave; la cr&eacute;ation du Renouveau &eacute;tudiant.">4</a></sup> à la fin des années 1980 et au début des années 1990, Thibaud Lamy a été un militant actif de Troisième Voie en Normandie. Cela n’empêche pas le groupe d’être l’un des rares, avec Insurrection, à afficher clairement son catholicisme, alors que ses premiers membres, lorsqu’ils étaient dans la scène skinhead avec Ultime Assaut, avaient des textes plutôt tournés vers le paganisme. Cette orientation catholique a sans doute fait beaucoup pour permettre la timide reconnaissance du RIF par les milieux nationalistes plus âgés.</p>
<h3>Ile-de-France</h3>
<p>Comme nous l’avons vu précédemment, Ile-de-France est une « scission » de Vae Victis qui a longtemps fonctionné en duo avec Jean-Christophe Bru et Cathie, sa femme. Le troisième membre du groupe était une boîte à rythmes. Ils ont néanmoins été rejoints ensuite par Thibault Lamy, l’ancien batteur de Vae Victis. Cette structure relativement restreinte a sans doute permis au groupe de garder une certaine neutralité dans les querelles internes du RIF.</p>
<p>Ile-de-France est le groupe qui a toujours affiché le plus clairement sa volonté de sortir de la mouvance nationaliste pour diffuser ses idées, le vecteur musical n’étant considéré que comme le plus efficace dans cette perspective. Ce parti pris est très clair dans une interview donnée par les membres du groupe au fanzine <em>Quartier libre</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_4_454" id="identifier_4_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quartier libre n&deg;3, juin 2002. Pour une pr&eacute;sentation de ce fanzine, se reporter au chapitre V sur la mouvance RIF">5</a></sup>, en juin 2002 :</p>
<p>« <em> <strong>- Quartier libre</strong> <strong>: Vous avez toujours revendiqué une volonté d’ouverture vers divers nouveaux horizons, une envie de jouer devant des publics différents, de dépasser le cadre strictement “ politisé ”, mais cette ambition n’est-elle pas inéluctablement vouée à l’échec quand on connaît la vigilance hystérique de la “ police de la pensée ” ?</strong><br />
- Ile-de-France : Depuis la création de Vae Victis, début 1993, l’ouverture est au cœur de notre démarche. Peut-on se satisfaire d’animer une culture de ghetto ? Le premier concert de Vae a eu lieu dans une MJC de banlieue. Le premier concert d’IDF en 1995 a eu lieu également dans une MJC de banlieue. En 1996, Fraction arrivait en finale d’un tremplin rock et jouait devant plus de mille jeunes dans le théâtre antique d’Orange… […] Il y a quelques jours, un responsable de Ras L’Front s’en vantait encore [de l’exclusion du tremplin rock du Gibus en 1999. NDLR] dans les colonnes du <em>Monde</em> : “ <em>Quand un groupe de Rock identitaire français arrive en quart de finale d’un concours de chant, nous alertons le directeur de la salle et s’il n’entend pas, nous manifestons</em> ”… La preuve que ce sont les actions “ ouvertes ” qui inquiètent l’ennemi.</em> »</p>
<p>De fait, non seulement Ile-de-France a participé à un tremplin rock « grand public » le 12 février 2000 devant une salle remplie de fans nationalistes, ce qui devait lui permettre de concourir en finale le vendredi 14 avril 2000 au Gibus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_5_454" id="identifier_5_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le concert fut annul&eacute; sous la pression des antifascistes. Les spectateurs nationalistes partirent se cacher pr&egrave;s de la Fac de Jussieu, o&ugrave; le groupe se produisit sous la pluie au bord de la Seine.">6</a></sup>, mais le groupe n’a jamais hésité à jouer dans des fêtes populaires, des bars ou même dans la rue. Ils ont ainsi joué pour la fête de la musique avec Vae Victis le 21 juin 2000 dans le XVe arrondissement, sous le métro Glacière ou sur une péniche parisienne en février 2001.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Ile_de_France.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1422" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Ile_de_France.jpg" alt="Ile_de_France" width="659" height="349" /></a><br />
Ils auraient également fait la première partie de Lio durant l’été 2000 et joué sous d’autres noms dans des milieux ouverts. Depuis 2002, leur actualité scénique est cependant plus que réduite pour cause de maternité.</p>
<p>L’autre caractéristique du groupe est de cultiver une posture ouvriériste qui n’est pas sans rappeler la mouvance skinhead. C’est le résultat d’un engagement très clair dans la mouvance nationaliste-révolutionnaire, ce que traduit l’affirmation selon laquelle le groupe ne serait pas et n’aurait jamais été « de droite », faisant sien le slogan « Ni droite, ni gauche ! » La thématique générale du groupe s’en ressent puisque la mondialisation constitue l’un des thèmes privilégiés des chansons du groupe, en particulier dans son dernier album (paru au printemps 2002) <em>Non à la dictature planétaire</em>, mais également dans le précédent, <em>Franc-parler</em> (décembre 1998). L’allure générale aussi va dans ce sens : c’est habillés en bleu de travail que les membres du groupe ont participé au concert de la fête de la musique déjà évoqué précédemment. Cela vaut au groupe d’être suspecté par ses petits camarades de tendances crypto-marxistes, d’autant plus que certaines chansons ou interviews expriment une hostilité non dissimulée envers le nazisme. Il est d’ailleurs assez amusant, avec le recul, de lire leur jugement sur le courant identitaire tel que le groupe l’exprimait en 1998<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_6_454" id="identifier_6_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;9, janvier-f&eacute;vrier 1998.">7</a></sup> : « <em>Le terme d’identité est à manier avec prudence. C’est bien si tu pars d’une démarche sincère de ressourcement. Hélas, le trip identitaire se résume souvent à une stérile autosatisfaction : Raoul est étudiant mais il se prend pour un viking !</em> ». Autant dire que ce jugement garde à nos yeux toute sa pertinence !!!</p>
<p>Enfin, on peut relever comme dernière caractéristique du groupe ses bons rapports avec les autres scènes européennes, qu’elles soient polonaise comme le montrent les articles et interviews (voir l’interview parue dans Narodowa Scena Rockowa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_7_454" id="identifier_7_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="en mars 2000.">8</a></sup> par l’entremise d’Adam Gwiazda<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_8_454" id="identifier_8_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Militant d&rsquo;origine polonaise du GUD Paris dans les ann&eacute;es 1990 qui a pu faire occasionnellement le lien avec la sc&egrave;ne polonaise.">9</a></sup>) ou italienne, comme en témoignent le concert du 6 février 2000 à Turin avec Zetazeroalfa ou le mini-CD réalisé avec ce même groupe en 2001.</p>
<h3>Kaiserbund</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Kaiserbund-74102.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1423" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Kaiserbund-74102.jpg" alt="Kaiserbund-74102" width="197" height="197" /></a>Le groupe s’est formé en 1999 sur la base d’un duo composé de Fabrice Lauffenburger, déjà cité, et d’Éric Rouxel, vieux militant de la mouvance nationaliste-révolutionnaire. Kaiserbund produit une musique que l’on peut qualifier d’électronique au sens large, avec une utilisation massive de samples. La passion d’Éric Rouxel pour les années 1930-1940 se ressent fortement tant dans la thématique générale du groupe que dans l’image que ce dernier renvoie. Cette orientation est d’ailleurs relativement contradictoire avec les positions politiques de Fabrice Lauffenburger, qui clame haut et fort sa volonté de s’affranchir de références historiques comme le fascisme et le nazisme ou même le pétainisme, qu’il juge politiquement contre-productives et dépassées.</p>
<p>Le groupe a fait sa première apparition publique en 1999 pour un solstice d’été en Normandie, et a un album à son actif, <em>Euromatrice type 1.7</em>, ainsi qu’une participation médiocre à une compilation de Memorial Records. L’orientation musicale du groupe fait que ses concerts ont été peu nombreux (Essonne et Bretagne en 2001, Bruxelles en 2002 entre autres) et qu’ils peuvent facilement se transformer en animation DJ, comme à une Fête de l&rsquo;Identité en 2002.</p>
<h3>Fraction</h3>
<p>RIF ou pas RIF ? Laissons le groupe se présenter lui-même<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_9_454" id="identifier_9_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sent, 29 mars 2000.">10</a></sup> dans une interview publiée par <em>Présent</em>, &laquo;&nbsp;Au baroud dans le R.I.F. – Rencontre avec le groupe “ Fraction ”&nbsp;&raquo; mais qui n’est qu’une reprise abrégée d’un entretien publié dans <em>Tribune musicale</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_10_454" id="identifier_10_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune musicale n&deg;1, printemps 2000.">11</a></sup> :</p>
<p>« <strong>- Tribune musicale : Pourquoi avoir enlevé le mot “ hexagone ” à votre nom ?</strong><br />
- Fraction : Le groupe est né en 1994 d’une volonté de diffuser un “ nationalisme révolutionnaire ” au sein de la jeunesse.<br />
À cette époque, en France, la scène musicale nationaliste était partagée entre des groupes skins au message souvent marginal et des productions un peu ringardes aux yeux de la jeunesse. Nous voulions développer un message radical et contestataire tout en restant en phase avec la réalité. Il s’agissait de dénoncer l’arrogance de l’impérialisme américain et du sionisme international, le capitalisme apatride, le métissage institutionnalisé et la corruption généralisée. Le mot Fraction symbolise toujours aussi bien l’esprit du groupe. Nous nous considérons comme faisant partie de cette “ minorité combattante ” qui a déclaré la guerre au Nouvel Ordre mondial et à tous ses avatars.</p>
<p><strong>- TM : Pourquoi avoir supprimé le mot hexagone ?</strong><br />
- Fraction : Fraction a progressivement évolué vers un style beaucoup plus métal tout en subissant quelques changements dans le line-up. Le groupe est donc bien différent aujourd’hui même si l’engagement militant et les motivations politiques restent identiques à celles du début.</p>
<p><strong>- TM : Le fait d’avoir eu un procès pour le texte d’une chanson du premier album vous a-t-il obligés à vous autocensurer ?</strong><br />
- Fraction : Nous n’avons finalement pas été poursuivis devant les tribunaux. Rappelons que nous avons été mis en examen pour “ complicité de provocations non suivies d’effets à des atteintes volontaires à la vie et à l’intégrité de la personne pour avoir participé à l’élaboration de la chanson « Une balle » ”. Nous avions alors été convoqués dans le bureau du juge Valat, le même qui a poursuivi Garaudy et Le Pen (pour le “ point de détail ”). Nous avons toujours perçu cette chanson comme une métaphore destinée à exprimer un cri de colère contre ce que nous combattons. Finalement, malgré une campagne de presse rondement menée, les poursuites ont été stoppées grâce à l’intervention de notre avocat, Me Delcroix<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_11_454" id="identifier_11_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est l&rsquo;un des principaux, sinon le plus connu, des avocats nationalistes et r&eacute;visionnistes, longtemps militant FN puis MNR.">12</a></sup>, qui avait repéré un vice de procédure. Si les magistrats ont dû s’incliner, nous ne sommes pas à l’abri de nouvelles poursuites. En effet, tout nouveau pressage est susceptible de faire naître une nouvelle prescription. Nous sommes donc plus ou moins condamnés à abandonner la production de l’album <em>Rejoins nos rangs</em>. Il est clair que nous ne baissons pas les bras. Fraction cherchera toujours à répondre à l’attente de son public… <strong>D’ailleurs, il suffit d’écouter la production suivante, <em>Le fléau</em>, pour se rendre compte que Fraction a du mal à mettre de l’eau dans son vin. Outre la reprise de “ Une balle ” en version live, nous avions tenu à remercier les médias qui avaient indirectement assuré la promotion de notre groupe tout en saluant Philippe Douste-Blasy, alors ministre de la culture, pour son “ vibrant hommage ”. Un exemplaire du CD avait d’ailleurs été adressé au cabinet du maire de la ville de Lourdes. Une preuve que Fraction sait se montrer reconnaissant…</strong><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_12_454" id="identifier_12_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce passage avait &eacute;t&eacute; expurg&eacute; de l&rsquo;interview publi&eacute;e par Pr&eacute;sent mais figurait dans Tribune musicale">13</a></sup>. Aujourd’hui, s’il n’y a aucune autocensure, Fraction écrit des textes moins provocateurs mais tout aussi radicaux. Peut-être le signe d’une certaine maturité.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Fraction_II_verso_-ae3ff.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1424" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Fraction_II_verso_-ae3ff.jpg" alt="Fraction_II_verso_-ae3ff" width="354" height="298" /></a><br />
<strong>- TM : Politiquement, voyez-vous une solution pour l’avenir de notre pays ?</strong><br />
- Fraction : Nous sommes bien évidemment très pessimistes pour l’avenir et il faut bien se rendre compte que la scission du Front a déboussolé nombre de militants sincères. Mais il est interdit, encore plus aujourd’hui qu’hier, de baisser les bras. Pour notre part, nous agissons au sein d’Unité radicale, une structure née de l’alliance entre le GUD, Jeune Résistance et les Cercles Résistance. Le but de cette fédération est de structurer la tendance radicale et extra-parlementaire du mouvement national en France. En proposant des revues, en présentant des colloques de la radicalité, en organisant de grandes campagnes nationales, Unité radicale agit à la fois sur le terrain politique et culturel. Il est également parfois nécessaire de rappeler à la chienlit gauchiste que s’autoproclamer résistant comporte quelques risques&#8230;</p>
<p><strong>- TM : Fraction est sur beaucoup de compilations. C’est une reconnaissance envers les personnes qui se bougent ou tout simplement pour vous le fait d’être présents partout où vous pouvez ?</strong><br />
- Fraction : Il est vrai que Fraction est récemment apparu sur plusieurs compilations. Nous sommes très sollicités et c’est plutôt encourageant pour nous. Certaines initiatives nous semblent très intéressantes comme celles consistant à aider les militants politiques incarcérés. En outre, si le fait d’être souvent présents sur les productions musicales est une bonne façon d’accentuer la visibilité d’un groupe, nous ne cherchons absolument pas à être partout. Les productions doivent répondre à certains critères d’éthique et de qualité et nous nous voyons parfois dans l’obligation de refuser.</p>
<p><strong>- TM : Après la sortie de Le son d’histoire, vous allez sûrement remonter sur scène. Avez-vous des contacts pour jouer ?</strong><br />
- Fraction : Oui, nous avons déjà plusieurs propositions pour la France mais les plans les plus concrets viennent paradoxalement d’Europe (Italie, Espagne, Slovaquie, Allemagne). Il va donc falloir reprendre les répétitions sérieuses pour assurer la promotion de notre nouvel album.»<br />
Comme on peut le constater l’interview est à la fois assez complète et assez édulcorée…</p>
<p>Le groupe est né en août 1994 de la fusion de deux groupes RAC, Septembre noir, dans lequel officie Fabrice Robert et dont le nom est un hommage au groupe palestinien responsable du meurtre des athlètes israéliens aux jeux de Munich, et FreiKorps<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_13_454" id="identifier_13_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo; Corps francs &raquo;. Organisations paramilitaires et nationalistes allemandes, actives en 1918-1919 contre les soul&egrave;vements et mouvements r&eacute;volutionnaires du type spartakiste.">14</a></sup>. Il s’appelle alors Fraction Hexagone, évolue entre oï et hard-core et fait partie de la scène RAC, même s’il revendique alors pour ce sigle un autre sens que Rock Against Communism : pour eux, RAC signifie Rock Against Capitalism<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_14_454" id="identifier_14_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;1, septembre 1995.">15</a></sup>. Fabrice Robert met à cette époque sur pied un discours qui ne variera plus, en apparence plein de bon sens (l’immigration est un drame humain) mais en réalité toujours fixé sur les mêmes obsessions (l’invasion étrangère, la pureté ethnique) comme le montre ses déclarations à <em>Réfléchir &amp; Agir</em> en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_15_454" id="identifier_15_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir, n&deg;0, nouvelle s&eacute;rie, printemps 1996.">16</a></sup> : « <em>Le véritable danger à l’heure actuelle vient du capitalisme apatride qui cherche à effacer les frontières pour mieux imposer la dictature de la loi du marché. Il faut savoir que s’il y a immigration et métissage en Europe, cela est dû essentiellement aux capitalistes qui ont déporté des populations entières pour avoir à leur disposition de la main d’œuvre corvéable à merci</em> ». Ce n’est qu’à partir de 1998, et à l’occasion d’un changement de musiciens, que certains membres de Fraction Hexagone réfléchissent à un repositionnement du groupe et affirment leur appartenance à la scène RIF naissante.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Proces_Fration-3ff41.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1425" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Proces_Fration-3ff41.jpg" alt="Proces_Fration-3ff41" width="472" height="378" /></a><br />
Les ennuis judiciaires que connaît alors le groupe n’y sont peut-être pas totalement étrangers. En 1998, NTM rencontre en effet quelques problèmes avec la chanson « Nique la police ». Une campagne de presse s’organise pour défendre le groupe et certains journalistes citent alors le groupe Fraction Hexagone et la chanson « Une balle » à titre de comparaison. Cette affaire donne une publicité inespérée au groupe. La chanson est interdite et Fraction Hexagone fait circuler une lettre qu’ils ont adressée à Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Culture. Jacques Bompard<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_16_454" id="identifier_16_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Maire FN d&rsquo;Orange depuis 1995.">17</a></sup> et André-Yves Beck<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_17_454" id="identifier_17_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant de Troisi&egrave;me Voie puis de Nouvelle R&eacute;sistance, devenu depuis 1995 le charg&eacute; de communication de la municipalit&eacute; d&rsquo;Orange et le gendre de monsieur le maire.">18</a></sup> publient alors un communiqué de soutien dans lequel le passage suivant est assez explicite : « <em>Tout au plus peut-on parler de langage de banlieue et d’expression spontanée et un peu vive de la colère des jeunes Français face à leur exclusion</em> ». Le FN avait pourtant refusé que le groupe joue ce morceau lors du concert des BBR 1996, trouvant sans doute les paroles plus que « un peu vives ». Mais si la publicité est réelle, le confinement dans un ghetto provocateur aussi.</p>
<p>Le groupe atténue alors son image RAC et met en avant l’appellation hard-core nationaliste-révolutionnaire. On s’attend en toute logique à l’apocalypse sonore vue la définition du style musical. À l’écoute, c’est surtout du metal soft : les paroles renvoient parfois aux belles années du RAC en France, avec des groupes comme Bunker 84 ou Kontingent 88. Les chansons dénoncent tour à tour l’islamisation de l’Europe, les « collabos du système » et l’américanisation de la société. Ce dernier point n’empêche pas cependant le groupe de s’habiller et de prendre la pose comme n’importe quel groupe de hard-core américain.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Flyer_NRHC.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1426" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Flyer_NRHC.jpg" alt="Flyer_NRHC" width="591" height="294" /></a><br />
Rebaptisé Fraction, le groupe s’est stabilisé avec l’arrivée de Philippe Vardon qui ne devient le chanteur de Fraction qu’à partir de l’album <em>Le son d’histoire</em> en 1999.<br />
La musique n’est pas totalement étrangère à Vardon puisqu’auparavant, il officiait comme chanteur dans d’autres groupes de hard-core faf et niçois, Légitime Défense devenu Résistance début 1998. Ce dernier groupe était composé de militants d’Unité radicale et malgré sa brève durée d’existence, cette formation a eu le temps de jouer pour le solstice d’été 1998 près de Nice avec le groupe de Black Metal Gorgon. De fait, le style metal de Le son d’histoire est sans doute en partie dû à la présence de l’ex-guitariste de Gorgon, lui aussi passé à Fraction.</p>
<p>Côté activités, Fraction est sans doute avec In Memoriam le groupe qui affiche le plus beau tableau de chasse. Pour ce qui est des concerts, la plupart ont bien évidemment été organisés par des structures boneheads, en France ou à l’étranger, en particulier dans les premières années : citons par exemple le festival RAC de 1994 à Bordeaux avec Razor’s Edge (Royaume-Uni) et ADL 122 (Espagne) ou, la même année, le concert de Bourges avec Jeune Garde, groupe RAC emmené par une figure locale du mouvement skinhead, Sébastien Legentil, qui est devenu plus tard un responsable d’Unité radicale. Les deux exceptions principales sont des initiatives liées au Front national : les BBR 1996 qui constituent pour Fraction l’un des meilleurs souvenirs et le tremplin rock à Orange en juin 1996 où le groupe est arrivé deuxième. À cette occasion, Fraction a d’ailleurs été programmé sur une antenne locale de Skyrock sous le nom de Moloko Velocet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_18_454" id="identifier_18_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En r&eacute;f&eacute;rence au film Orange m&eacute;canique de Stanley Kubrick.">19</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Tremplin_rock_Orange-ae894.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1427" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Tremplin_rock_Orange-ae894.jpg" alt="Tremplin_rock_Orange-ae894" width="295" height="425" /></a>L’utilisation de ce nom d’emprunt résultait d’un constat évident fait par le groupe et décrit par Fabrice Robert dans <em>Jeune Résistance</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_19_454" id="identifier_19_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;4, octobre 1996.">20</a></sup> : « <em>Il est vrai que nous avons surtout joué dans des concerts organisés par et pour des skins. Or la flicaille est toujours à l’affût pour tenter d’annuler ce genre de manifestation. Désormais, nous pensons qu’il est stérile de se limiter à jouer devant un public composé en majorité de convaincus. Nous cherchons à apparaître dans des lieux publics pour nous faire entendre par des gens qui ne partagent pas totalement notre vision des choses, cela nous le faisons sous le nom de Moloko Velocet.</em> » Cela étant, le groupe n’a plus jamais renouvelé l’expérience.</p>
<p>Fraction est également l’un des groupes qui a le plus de disques à son actif. C’est en effet un peu l’électron libre de la scène RIF car il profite à la fois de la scène RIF, mais aussi de la scène RAC. Ainsi, malgré son « recentrage », il peut jouer avec les groupes des deux scènes, mais aussi participer à des compilations sur des labels RAC, comme pour la compilation en soutien aux prisonniers sortie en 1998 et sur laquelle figuraient Skuld, groupe RAC du Sud-Ouest, Elsass Korps, groupe RAC alsacien et la 9ème Panzer Symphonie, déjà citée précédemment, ou celle prévue en hommage à Légion 88 sur le label Street Fighting Records<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_20_454" id="identifier_20_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Label RAC anim&eacute; par Micha&euml;l Bellet dans l&rsquo;Ouest de la France.">21</a></sup>. D’ailleurs, les premiers pas musicaux du groupe ont été sortis par Pit Records, et le groupe revendique totalement ses anciennes productions : <em>Yankees go home</em> (cassette démo de janvier 1995), titres enregistrés pour la compilation <em>France explosion</em> n°1 de mai 1995 et enfin les deux dernières productions sous le nom de Fraction Hexagone, <em>Rejoins nos rangs</em> en octobre 1996 et <em>Le fléau</em> en septembre 1997. <em>Le son d’histoire</em> contient d’ailleurs un titre fantôme qui n’est rien d’autre que la reprise d’une chanson de Nouvelle Croisade, un groupe RAC des années 1980, intitulée « Gardien de l’ordre ».<br />
Cette situation n’est évidemment pas du goût de tout le monde, la plupart des groupes RIF essayant de ne pas se mélanger à la scène RAC qui pourrait effrayer les nouveaux venus. Mais Fraction n’en a cure, et le dernier CD du groupe, <em>Reconquista</em>, continue sur la même lancée.</p>
<p>Une dimension importante du groupe est qu’il a toujours eu des activités politiques connexes. Dans la formation initiale, trois des membres étaient militants de Nouvelle Résistance et Fabrice Robert, qui était l’un des trois, en est le meilleur exemple. Né en 1971, il commence à militer à Nice à 16 ans pour le FN puis assez rapidement pour Troisième Voie. Il est arrêté en 1991 pour distribution de tracts négationnistes et bombages sur les murs du lycée Masséna ; lors d’une perquisition à son domicile, la police saisit à cette occasion des portraits de Hitler et de Mussolini, des croix gammées, des insignes de division SS, etc. Il est condamné pour cette affaire à 10 000 francs d’amende par le TGI de Nice, mais comme on peut s’en douter, cela ne refroidit pas son engagement nationaliste-révolutionnaire. Il suit la scission de Troisième Voie qui donne Nouvelle Résistance, et il entre au bureau exécutif de cette organisation lors du deuxième congrès de l’organisation en août 1995, tout en étant conseiller municipal FN de La Courneuve (93). Au sein de Nouvelle Résistance, il lance le bulletin <em>Jeune Résistance</em> en 1995 qui sert de point d’appui à la mise sur pied en 1998 d’Unité radicale, suite à la scission survenue au sein de Nouvelle Résistance entre les militants favorables à un rapprochement avec le FN et ceux qui y sont hostiles. À partir de 2000, Unité radicale se rapproche du MNR de Bruno Mégret et Fabrice Robert fait partie des militants radicaux qui prennent des responsabilités au sein du parti mégrétiste : il devient ainsi responsable du MNR à Nice. C’est en particulier lui qui organise le congrès du parti à Nice fin février 2002. La tentative d’assassinat de Maxime Brunerie, militant d’UR, contre Jacques Chirac amène la rupture avec le MNR et la dissolution d’Unité radicale, qui se transforme alors en Jeunesses identitaires puis en Bloc identitaire en 2003. Fabrice Robert en est évidemment le président et demeure bassiste de Fraction Hexagone puis Fraction.</p>
<p>Assez curieusement, le groupe a préféré taire ses accointances avec Nouvelle Résistance au début. C’est ainsi que dans le premier numéro de <em>Jeune Résistance</em>, Fabrice Robert déclarait que, tout en étant NR, les membres du groupe « [n’étaient] encartés nulle part », ce qui était évidemment un pieux mensonge. Les formations suivantes ont poursuivi dans cette démarche : actuellement, outre Fabrice Robert, Philippe Vardon est le dirigeant des Jeunesses identitaires après avoir connu depuis 1998 un itinéraire comparable à celui de son aîné. Malgré cette évolution de plus en plus racialiste, le logo du groupe reste une roue crantée au sein de laquelle se trouve un marteau et une épée, c’est-à-dire un logo inspiré de celui du Front noir des frères Strasser<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_21_454" id="identifier_21_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les fr&egrave;res Strasser, chefs des SA (Sections d&rsquo;Assaut), dirigeaient l&rsquo;un des courants de l&rsquo;aile gauche du NSDAP. &Agrave; ce titre, ils sont souvent cit&eacute;s en exemple par les NR.">22</a></sup>. En outre, en bon groupe nationaliste-révolutionnaire, Fraction n’hésite pas à citer le sous-commandant Marcos et Che Guevara comme des figures politiques susceptibles de les influencer. Mais certaines déclarations du groupe peuvent être encore plus originales. Ainsi, à une question du fanzine naziskin allemand <em>Neue Ordnung</em> de l’hiver 2000<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_22_454" id="identifier_22_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Neue Ordnung n&deg;2, hiver 1999-2000.">23</a></sup> leur demandant ce que le groupe pensait de Jacques Chirac, la réponse fut : « Er ist ein Sklave von ZOG » ce que tout un chacun, même non germaniste, aura réussi à traduire par « C’est un esclave de ZOG », c’est-à-dire un esclave du « gouvernement d’occupation sioniste », c’est-à-dire, pour être encore plus clair, des Juifs. Opinion totalement empreinte de modération, cela va sans dire.</p>
<h3>AION</h3>
<p>Ce groupe est un duo dont seul Laurent Steiner est encore en France. Comme on l’a vu dans le chapitre sur les origines du RIF, il a été lancé au début des années 1990. Mais mise à part la participation à la première compilation <em>Nouvelles Musiques européennes</em>, il faut attendre 1999 pour que Aion sorte un album complet, produit par Memorial Records. Aion produit une musique assez éclectique qui va de la cold-wawe au néo-folk, ces deux types de musiques constituant d’ailleurs leurs références. La thématique générale du groupe est à la fois païenne et futuriste et n’est pas sans rappeler, dans un autre domaine, l’expérience de l’association L’Art s’affiche<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_23_454" id="identifier_23_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association lanc&eacute;e au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 dans le but d&rsquo;organiser artistes graphistes et architectes de la mouvance nationaliste. &Agrave; partir de 1993, l&rsquo;Art s&rsquo;affiche a en particulier mis sur pied une exposition annuelle &agrave; Paris. Sa derni&egrave;re apparition date de f&eacute;vrier 1999, au meeting du Front de la Jeunesse.">24</a></sup> dont Aion était très proche et qui fut d’ailleurs à l’origine des illustrations de certains CD de RIF, comme ceux de Vae Victis par exemple.<br />
De par son style musical et sa structure, le groupe se produit très peu en concert, l’un des rares exemples étant le concert de Nancy organisé le 31 octobre 1998 par le FNJ et le Renouveau étudiant nancéen dont on a vu précédemment que Laurent Steiner en faisait d’ailleurs partie. Aion jouait donc chez lui et les groupes purent alors compter sur la logistique de la Librairie lorraine de Jean-Marie Cuny. Normal : son fils Clément était alors secrétaire départemental du FNJ qui était de fait co-organisateur de la petite soirée.<br />
Depuis 1999, le groupe n’a rien sorti, sinon un morceau pour la compilation <em>Antimondial</em> de Bleu-Blanc-Rock.</p>
<h3>Elendil</h3>
<p>Le groupe s’est formé à l’origine sous la forme d’un duo rejoint par la suite par Nicolas Mirkovic à la batterie, Jack Marchal à la guitare et la fille de ce dernier, Ariane, à la basse. Le groupe tire son nom de l’épopée de Tolkien dont la chanteuse, Aude Bertrand<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_24_454" id="identifier_24_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. le paragraphe sur la BD dans le chapitre V sur la mouvance RIF">25</a></sup> , est fan. Cela constitue d’ailleurs l’un des points de rapprochement avec le milieu NR et musical italien avec lequel Marchal a gardé de très nombreux contacts. Les groupes italiens sont en effet les premiers à avoir fait une telle utilisation de l’univers créé par Tolkien. Ces liens expliquent qu’Elendil ait joué autant de fois en Italie et ait pu participer aux compilations sorties par le label Perimetro malgré une certaine confidentialité en France. Le groupe n’a sorti en effet qu’un album et un mini-album chez Memorial Records ainsi que des morceaux sur des compilations de RIF.<br />
Relativement en marge du milieu de par son style et la personnalité de Marchal, il l’est aussi par sa lucidité sur les limites de la mouvance dans laquelle il s’inscrit comme en témoigne cette interview parue dans <em>Fier de l’Être</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_25_454" id="identifier_25_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fier de l&rsquo;&Ecirc;tre n&deg;14, avril-mai 2001.">26</a></sup> :</p>
<p>« <em> <strong>- Fier de l’Être : Selon vous, qu’est-ce qui pourrait encore manquer au RIF pour qu’il attire plus de monde en France et ailleurs ?</strong><br />
- Elendil : Que ce soit pas les mêmes qui fassent tout ! Les musiciens des groupes RIF sont producteurs, diffuseurs, agents marketing, vendeurs… Si les mecs qui écoutent du RIF étaient plus militants et moins consommateurs on n’en serait pas là ! En général ils pensent plus à graver les disques qu’à trouver des moyens de relayer la musique et donc… leurs idées !</em> »<br />
Elendil a officiellement cessé d’exister durant l’été 2001.</p>
<h3>Brixia</h3>
<p>C’est sans doute le groupe le plus modéré de la scène RIF, fondé en 1998 autour de la chanteuse du groupe, Aude Bertrand. Comme le dit le label BBRock, on peut sans aucun problème faire écouter du RIF à son cousin gauchiste grâce à Brixia, les textes étant peu politisés et la musique très soft, à la limite de l’insipide. Aude Bertrand est pourtant une vieille militante du FN et FNJ et on pouvait d’ailleurs la voir en 1995 parmi les onze portraits de la « Z carte » du FNJ, gadget de propagande lancé par Samuel Maréchal. Elle était alors présentée comme « artiste peintre en 1ère année de doctorat ».<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Brixia.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1428" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Brixia.jpg" alt="Brixia" width="600" height="353" /></a><br />
Ce groupe a fait peu de concerts, bien qu’il ait fait partie du voyage en avril 1999 avec Basic Celtos et In Memoriam à Belgrade. Sa discographie est d’ailleurs très limitée. Brixia a pourtant réussi à faire passer un de ses morceaux sur les ondes de la radio rock Ouï FM à Paris et il avait même postulé au concours de l’Eurovision pour représenter la France. Il est clair que c’est sans doute le groupe affichant le plus clairement ses références aux Cranberries, groupe irlandais dont la chanteuse Dolorès O’Riordan ne rate jamais une occasion de dire tout le bien qu’elle pense des « valeurs traditionnelles ».</p>
<h3>Basic Celtos</h3>
<p>Si Basic Celtos s’inscrit bien dans la mouvance RIF, c’est pourtant un groupe à part puisqu’il se veut un groupe de rap identitaire. Le projet initial de la part de ces militants était clairement de diffuser une musique susceptible d’intéresser les petits Blancs écoutant Fun Radio mais qui soit porteuse d’un message politique identitaire. Le groupe adoptait en cela une posture d’avant-garde telle qu’elle était définie dans un vieux numéro de <em>Réfléchir &amp; Agir</em> et telle que le groupe lui-même la définissait en 1999<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_26_454" id="identifier_26_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;15, mars-avril 1999.">27</a></sup> : « <em>Aujourd’hui le rap représente 20% du marché jeune. Est-ce que les fafs vont être les seuls à ne pas être de la partie ? Quand dans les années 1970, les jeunes s’initient au rock, les fafs en étaient encore à la guitare sèche et aux chants de marins… Il aura fallu attendre quasiment trente ans pour qu’on esquisse le début d’une scène de rock identitaire en France. Pour développer une véritable contre-culture, il faut être des précurseurs et pas des suiveurs.</em> » Le moins que l’on puisse dire est que cette stratégie a subi un feu nourri de critiques en tout genre de la part du milieu nationaliste, et très vite les membres de Basic Celtos ont affirmé ne pas faire du rap, mais plutôt de la fusion, avec des guitares tirant sur un style metal-indus comme peut le faire le groupe allemand Rammstein<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_27_454" id="identifier_27_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les jeunes fafs sont fascin&eacute;s par le groupe de metal indus allemand Rammstein. Pourtant, ce groupe n&rsquo;a rien &agrave; voir avec l&rsquo;extr&ecirc;me droite. Certains membres de Rammstein faisaient partie du groupe punk FeellingB, dont l&rsquo;album fut produit par Division Nada, le label de l&rsquo;ancien chanteur des B&eacute;rurier Noir. Les seules raisons qui peuvent expliquer la fascination des fafs pour Rammstein sont leur musique tr&egrave;s martiale et le fait qu&rsquo;ils chantent en allemand. De l&agrave; &agrave; rappeler quelques souvenirs &agrave; certains, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas.">28</a></sup>. Une bonne partie de l’énergie du groupe s’est alors dispersée à essayer de convertir une partie du public nationaliste plutôt rétif et au moins à se faire accepter. Basic Celtos a pourtant pu produire et diffuser son premier mini-CD grâce à la SERP. Il faut dire que lorsque le groupe s’est formé et a commencé à être connu, les ondes étaient occupées par « La Tribu de Dana », une chanson du groupe Manau basée sur le sample d’une chanson traditionnelle bretonne popularisée par Alan Stivell. D’ailleurs, le CD de Basic Celtos a été présenté à cette époque par Thierry Ardisson dans l’émission « Tout le monde en parle » : Ardisson a même comparé Basic Celtos au groupe Manau, ce qui leur a permis de tenter de faire leur promotion vers l’extérieur, principalement dans des forums de rap ; mais ils ont rapidement été découverts.</p>
<p>Basic Celtos doit beaucoup à son batteur, Nicolas Mirkovic, dit « Darko », mais la formation a vu défiler d’autres militants célèbres comme Yvain Pottiez par exemple. Ce Normand a en effet maintes fois défrayé la chronique, que ce soit comme militant du GUD au début des années 1990 où il fut plusieurs fois inculpé pour violences volontaires, en particulier contre des journalistes, ou comme professionnel de la « sécurité » et garde du corps. Il a en particulier été contractuel à la mairie de Vitrolles sous l’équipe Mégret et servait de garde du corps à madame le maire. Il a également été impliqué dans ce cadre pour des violences commises contre des grévistes en novembre 1995. Cette activité professionnelle l’a amené à la limite de la barbouzerie puisqu’il semble qu’il aurait dû faire partie de l’opération de mercenariat montée par Bernard Courcelles en 1999 au Congo. S’il semble s’être un peu éloigné de l’activisme politique, il continue néanmoins son activité professionnelle.</p>
<p>D’autres musiciens RIF ont également donné un coup de main à Basic Celtos comme Julien Beuzard. Le groupe a d’ailleurs participé à deux concerts à Belgrade en avril 1999, organisés par le biais de responsables MNR et avec la participation de Brixia et In Memoriam, ce qui contraste avec le faible nombre de ses prestations en France.<br />
Basic Celtos fait partie de ceux qui réfutent la notion de RIF, considérant que c’est plus une étiquette qu’un véritable mouvement.</p>
<h3>In Memoriam</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/T-Shirt_pirate-6588d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1429" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/T-Shirt_pirate-6588d.jpg" alt="T-Shirt_pirate-6588d" width="166" height="283" /></a>Ce groupe s’est formé en 1995 sur Assas à l’initiative de Julien Beuzard et avec l’aide entre autres d’Aude Bertrand ou de Jean-Michel C. Il a connu dès le début un certain nombre de remaniements, s’enrichissant en particulier de la collaboration de l’ancien bassiste du groupe Skarface, et s’est stabilisé depuis 2000 autour de six membres dont les plus actifs sont Julien Beuzard comme chanteur et guitariste, Mattias Bricage pour les chœurs, Xavier Schleiter pour le chant et Richard Pareti à la batterie. Depuis cet automne 2003, le line-up a cependant encore changé suite à un conflit entre Xavier Schleiter, Richard Pareti d’une part et Julien Beuzard d’autre part qui a provoqué le départ des deux premiers et s’est manifesté par la commercialisation (par Schleiter et Pareti) d’un t-shirt pirate vendu en juin 2003 par la boutique London Style<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_28_454" id="identifier_28_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&eacute;l&egrave;bres boutiques parisiennes de v&ecirc;tements anglais marqu&eacute;s &laquo; skinheads &raquo; comme les marques Lonsdale ou Fred Perry et dont le patron est un sympathisant de la mouvance nationaliste.">29</a></sup> dont le patron est un proche de Schleiter.</p>
<p>In Memoriam présente des caractéristiques très particulières, aussi bien dans la vision que ce groupe peut avoir de la mouvance RIF que dans ses rapports avec les autres acteurs de cette mouvance. Il est sans doute celui qui est le moins volontariste dans la perspective de sortir du ghetto nationaliste, privilégiant la construction d’une communauté homogène pouvant à terme servir de pôle de diffusion des idées nationalistes. Cette vision des choses s’exprime parfaitement dans une interview donnée par Julien Beuzard au fanzine <em>Fier de l’Être</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_29_454" id="identifier_29_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fier de l&rsquo;&Ecirc;tre, n&deg;20, automne 2002.">30</a></sup> à l’automne 2002 :</p>
<p>« <em>- <strong>Fier de l’Être : Ile-de-France a participé à un tremplin rock au Gibus, Vae Victis a joué dans les rues de Paris pour la fête de la musique… Le Rock identitaire semble sortir de la mouvance nationaliste. Peux-tu nous en expliquer les raisons ? Quels sont vos projets à ce sujet ?</strong><br />
- Julien Beuzard : Tout ça c’est très bien mais concrètement, qu’est-ce que ça apporte ? Je me le demande. Tu sais, il fut un temps où In Memo passait en radio et on était distribué chez Leclerc Hypermedia et autres temples dédiés à la consommation, on jouait à la fête de la musique, mais tout ça c’est un peu du vent, franchement, car à terme, on est de toute façon grillé et ça épuise à la longue. Autant se concentrer sur des projets qui portent et qui apportent. IDF au Gibus s’est fait balancer par des bolchos qui ont fait pression sur l’organisation et du coup ils se sont fait sortir. Le résultat ne donne pas envie de renouveler l’expérience. Nous, nous avons une vision plutôt communautariste ! Je m’explique : nous voulons faire de notre communauté de pensée une communauté musicale, culturelle, économique… Pour cela notre communauté se doit d’être attrayante pour attirer de nouveaux individus. Ça ne passe pas forcément par une stratégie d’ouverture au “ monde ” qui implique souvent compromissions et reniements mais par une stratégie de séduction. Si on ne le fait pas, c’est la communauté qui crève car la France se craquèle et se communautarise de plus en plus. […] Pour revenir à ta question, je crois en fait qu’un groupe musical identitaire, sous un nom bidon, peut, avec des textes un peu plus soft, percer sans trop de difficultés et si ce groupe déclarait un jour sur Canal + ou M6 qu’il adhère à des valeurs fortes et des idées saines et s’il présentait sa conception de la vie, ça aurait l’effet d’une bombe atomique, bien plus efficace que le RIF en soi. C’est une question à laquelle on réfléchit.</em> »<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Photo_IM_2-2ed64.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1430" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Photo_IM_2-2ed64.jpg" alt="Photo_IM_2-2ed64" width="340" height="230" /></a><br />
Cette vision des choses explique une bonne partie des choix du groupe comme la création de Memorial Records, le lancement maintes fois annoncé d’une revue intitulée <em>Entre Terre &amp; Lumière</em> (ETEL), la présence à son répertoire de certaines chansons faisant clairement référence au folklore faf français et ayant vocation à servir « d’hymnes », comme C9M<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_30_454" id="identifier_30_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est-&agrave;-dire Comit&eacute; du 9 Mai, chanson en hommage &agrave; S&eacute;bastien Deyzieu, militant nationaliste qui trouva la mort en tombant d&rsquo;un toit lors d&rsquo;une manif du GUD et des JNR en 1994.">31</a></sup>, ou la multiplication des concerts organisés dans le cadre de « journées identitaires ». Les ambitions du groupe ont d’ailleurs toujours été supérieures à celles des autres groupes de RIF en terme de promotion commerciale. Par le passé, In Memoriam annonçait ainsi la sortie imminente d’un DVD du concert de Lyon qui avait eu lieu en avril 2000, mais les fans n’ont rien vu venir. Ces perspectives expliquent sans doute en grande partie la situation de « splendide isolement » relatif du groupe qui a toujours été clairement opposé au gravage et à la copie de ses CD, contrairement à la politique menée par BBRock. Cela vient sans doute de la double casquette d’une partie du groupe, qui est à la fois dans In Memoriam et dans le label Memorial Records et a donc des impératifs de vente.</p>
<p>Cette volonté d’être attrayant a également poussé le groupe à lisser et à modérer son image, ce qui a pu prendre des tournures un peu ridicules comme lors de la première Fête de l’Identité et des Libertés à Paris le 9 novembre 2002 lorsque Gilles Soulas, grimpé sur la scène, tentait d’obtenir du public qu’il évite tout geste déplacé (au hasard : bras tendus par exemple…) en vue de l’enregistrement d’un DVD. Le projet ne devrait d’ailleurs pas aboutir car la salle Wagram a refusé d’autoriser l’utilisation de son image, ce qui semble évidemment avoir largement torpillé le projet.<br />
Pourtant certaines chansons viennent ternir cette image qui se veut modérée comme « La colonne », présente sur le dernier album <em>Persona non grata</em> et dont <em>Jeune Résistance</em> nous apprend<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_31_454" id="identifier_31_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;29, hiver 2002.">32</a></sup> qu’il s’agit en fait d’un chant de marche de la Jeunesse hitlérienne, composée par Herbert Napiersky en 1933. Il s’intitulait alors « Es dröhnet der Marsch der Kolonne ». Assez perfidement, le même magazine avait d’ailleurs demandé au groupe quelques mois auparavant s’il ne craignait pas pour son image avec cette reprise d’une « marche militaire chantée en allemand ». Ce à quoi Xavier Schleiter avait répondu benoîtement et sans rire : «<em> “ La Colonne ” n’est pas une marche militaire mais plutôt un chant traditionnel. Il est encore repris aujourd’hui par de nombreux mouvements scouts européens. C’est une chanson que j’apprécie particulièrement, d’autant plus que je la chantais lorsque j’allais marcher en montagne, sac au dos avec quelques camarades</em> ». Ce mythe de la « chanson scout » était d’ailleurs à cette époque assumé par le groupe puisque c’est la réponse qu’il fournissait à une question similaire du Coq gaulois sur l’origine de la chanson<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_32_454" id="identifier_32_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Interview d&rsquo;In Memoriam publi&eacute;e sur le site du Coq gaulois d&eacute;but octobre 2002.">33</a></sup>. Mais entraîné par sa mythomanie, Julien Beuzard ne pouvait s’empêcher d’ajouter : « <em>Je crois qu’il a été écrit par un chef scout contemporain</em> » (sic !!!). C’est évidemment une façon de voir les choses. Il est vrai que les Jeunesses hitlériennes et les organisations scouts ont au moins le short en commun… D’ailleurs, le public des concerts du groupe ne s’y trompe pas et s’obstine à être pour les trois-quarts composé de boneheads que leurs mauvaises manières et leur enthousiasme débridé poussent parfois à tendre le bras et à crier de retentissants saluts allemands !</p>
<p>Loin de son image prétendument modérée, In Memoriam est également avec Fraction et Insurrection le groupe le plus engagé dans l’action politique de terrain. Plusieurs de ses membres ont un solide passé de militants derrière eux, que ce soit dans la mouvance GUD du milieu des années 1990, au FNJ à la même époque, au FN puis au MNR ou au MNJ<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_33_454" id="identifier_33_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement National de la Jeunesse, mouvement de jeunesse du MNR de Bruno M&eacute;gret.">34</a></sup>. À titre d’exemple et encore dernièrement, Julien Beuzard a été candidat dans la 4ème circonscription du Pas-de-Calais pour les élections législatives de juin 2002 sous l’étiquette Droit de Chasse, une association satellite lancée par le MNR dans le milieu des chasseurs et qui a maintenant rompu avec lui. Mattias Bricage, qui a pour sa part milité au FNJ puis MNJ, était candidat dans les Hauts-de-Seine sous la même étiquette que Beuzard. Xavier Schleiter, militant lui aussi du MNR jusqu’en 2002, après avoir été candidat pour le FN aux élections législatives de 1997<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_34_454" id="identifier_34_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il a alors eu droit &agrave; divers papiers dans la &laquo; presse du Syst&egrave;me &raquo;, en particulier VSD.">35</a></sup>, est le frère de Philippe Schleiter, l’ancien directeur national du MNJ. Par ailleurs, comme on l’a vu précédemment, In Memoriam n’a pas hésité à aller jouer en avril 1999 à Belgrade contre les raids de l’OTAN en Serbie. C’est ainsi que quelques jours plus tard, pour le défilé du MNR le 1er mai, on pouvait voir les jeunes militants du MNJ défiler avec les cibles utilisées par la population serbe pendant les bombardements.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Affiche_Vitrolles-bb294.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1431" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Affiche_Vitrolles-bb294.jpg" alt="Affiche_Vitrolles-bb294" width="472" height="679" /></a><br />
De fait, In Memoriam est sans doute le groupe qui, avec Fraction, a le plus tourné en concert depuis sa première prestation à Châteauroux en mai 1996, avec parfois des résultats ne correspondant pas tout à fait à ce qui était espéré, que la faute en incombe à leurs adversaires antifascistes ou à son propre milieu… Notre mauvais esprit aidant, voici un petit aperçu de ces soirées mémorables !<br />
Commençons par les problèmes à imputer aux autorités ou aux adversaires politiques du groupe. Ainsi en 1998, Mémorial Records tente de renouveler l’expérience du Club Dunois dans le XIIIème arrondissement pour la date du 9 mai, mais le concert qui devait voir jouer Ile-de-France, Vae Victis et In Memoriam est annulé. Cette date n’a en effet pas été choisie au hasard : il s’agit de la commémoration de la mort de Sébastien Deyzieu. Ce militant proche de l’Œuvre française est en effet mort le 9 mai 1994 en tombant d’un toit, poursuivi par la police alors qu’il participait à une manifestation contre l’impérialisme américain organisée le 8 mai à l’appel des JNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_35_454" id="identifier_35_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesses Nationalistes R&eacute;volutionnaires, structure skinhead dirig&eacute;e &agrave; cette &eacute;poque par Serge Ayoub alias Batskin.">36</a></sup>, du GUD et du FNJ. Or les noms des groupes commencent à circuler dans les milieux antifascistes et le projet ne passe pas inaperçu. Les menaces de violences liées à une éventuelle contre-manifestation décident alors le Club à annuler le concert, la mairie de Paris intervenant également dans ce sens. Memorial Records a d’ailleurs attaqué les responsables du théâtre en justice pour rupture unilatérale du contrat de location, mais le label a été débouté. Il a eu malgré tout la consolation d’attirer l’attention de la presse, et <em>Libération</em> a consacré un article au phénomène RIF.</p>
<p>La même année, en octobre, la mairie de Vitrolles annonce dans son bulletin municipal la tenue d’un concert de rock identitaire pour le 7 novembre au Stadium avec Vae Victis, In Memoriam et Ile-de-France. Cette initiative, qui a été lancée dès juillet 1998, n’a pas immédiatement déclenché l’enthousiasme de toute l’équipe municipale. L’image qui colle au rock d’extrême droite (skin, baston, bras tendus et apologie de la race blanche…) effraie en effet certains membres de l’équipe municipale, qui pensent que ce concert risque de donner une image trop marquée de la mairie. Mais Bruno Mégret et son bras droit Hubert Fayard font le forcing pour que le concert ait lieu et il a effectivement lieu. Sa préparation s’avère simplement un peu plus difficile que prévu…<br />
Courant juillet, des contacts sont donc pris entre la mairie de Vitrolles et une société parisienne que l’on commence à bien connaître, puisqu’il s’agit de Memorial Records. Les deux parties tombent rapidement d’accord et trois groupes sont envisagés : In Memoriam, Vae Victis et Ile-de-France, le tout pour un montant de 80 000 francs (dont 30 000 francs de frais de transport en avion pour 27 personnes, 11 000 francs pour la sécurité et 14 400 francs de cachet). La boîte de sécurité chargée du concert est Ambassy Sécurité, dont le dirigeant est Gilles Sereau, qui n’est autre que l’associé de Gilles Soulas à la librairie l’Æncre. L’un des autres fondateurs d’Ambassy est Michel Schneider, un nationaliste-révolutionnaire ami des ultranationalistes serbes et russes, qui a longtemps été militant FN avant d’animer la revue <em>Nationalisme &amp; République</em>. Sereau a lui-même été candidat du Front national et Ambassy a plusieurs fois assuré la sécurité pour des manifestations du FN. Il n’est donc pas étonnant que cette boîte décroche le contrat, d’autant plus qu’elle possède une antenne à Aix-en-Provence. À la mairie de Vitrolles, on voit les choses en grand : on prévoit de mettre à la disposition du public des cars au départ de Paris, Lyon, Nice et Toulouse ; le prix d’entrée au concert est faible et attractif : 50 francs. Le but est évidemment d’attirer un maximum de spectateurs, en particulier hors du milieu nationaliste. Au service culturel, on parle même de plusieurs milliers de jeunes.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Contrat_MR_1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1432" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Contrat_MR_1.jpg" alt="Contrat_MR_1" width="591" height="836" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Contrat_MR_2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1433" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Contrat_MR_2.jpg" alt="Contrat_MR_2" width="474" height="720" /></a><br />
La réalité fut heureusement moins rose. Tout d’abord, la FNAC refuse de prendre les billets du concert en location. En outre, l’affichage est inexistant, sauf à Vitrolles, et les cars prévus n’ont pas été remplis. Les deux cars de Paris, en particulier, n’ont pas pris la route. La promotion fonctionne donc à l’envers, et pas grand-monde n’a envie de travailler sur un tel concert. Clou du spectacle, une charge explosive détruit l’installation électrique de la salle louée, le Stadium, dans la nuit du 29 octobre 1998, la rendant inutilisable pour le concert. L’attentat est d’abord revendiqué au nom du groupe FTP, puis démenti quelques heures plus tard. Il est finalement attribué à ce groupe. Évidemment, Bruno Mégret se pose immédiatement en victime et annonce que le concert aura quand même lieu.<br />
Mais les ennuis des organisateurs ne sont pas finis. La mairie décide en effet que le concert doit se passer sur le parking du Stadium et veut donc installer un chapiteau. Le problème est que les candidats ne se bousculent pas pour louer leur matériel, et seule une entreprise de Géménos, Azur Chapiteaux, finit par accepter. Reste le problème de la sonorisation car, là encore, aucune entreprise ne semble décidée à participer, tout étant officiellement loué. Ainsi arrive le jour du concert, et à quatre heures de l’après midi, les organisateurs n’ont toujours pas de sono et les balances ne sont pas faites. En désespoir de cause, la mairie décide de se servir de la sono de la salle des fêtes de Vitrolles et envoie donc une équipe d’employés municipaux la chercher. Là encore, un fâcheux contretemps survient lorsqu’ils veulent démarrer le camion puisque l’antivol a été cassé et que le camion ne veut pas partir. La mission de récupération ayant tout de même été menée à bien et les balances expédiées en quatrième vitesse, la soirée peut commencer.<br />
La zone autour du concert est quadrillée d’une part par la police nationale et par la police municipale, d’autre part par Ambassy mais aussi par la sécurité du Stadium ce qui entraîne quelques tensions. Ces derniers semblent en effet trop métissés au responsable du concert qui demande alors au chef de la sécurité du Stadium de relever ses vigiles trop « bronzés » du parking pour éviter tout problème. Le responsable de la sécurité promettant de lui éclater personnellement la tête s’il arrive quoi que ce soit à un de ses gars, l’autre préfère ne pas insister.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Tract_Lansquenet_concert_Vitrol-5902c.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1434" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Tract_Lansquenet_concert_Vitrol-5902c.jpg" alt="Tract_Lansquenet_concert_Vitrol-5902c" width="354" height="500" /></a>Sur le parking, il y a peu de voitures, et encore moins de voitures immatriculées en dehors de la région, en l’occurrence deux de Seine-Saint-Denis, et une bande de skinheads lyonnais au drapeau tricolore. À l’entrée du chapiteau, les appareils photos sont interdits et l’équipe de France 2 qui voulait filmer le concert est refoulée. Tous les journalistes sont obligés de présenter leur carte de presse, de décliner leur nom et le titre de leur journal. C’est ainsi qu’une journaliste de <em>L’Humanité</em> se fait bousculer par quelques courageux sous le regard impassible d’Ambassy et d’Yvain Pottiez, déjà cité précédemment et à qui cela a dû rappeler quelque chose.<br />
À l’intérieur, au regard des moyens déployés, c’est le désert : pas plus de 300 personnes et parmi elles, de nombreux représentants de la municipalité, certains mêmes ceints de leur écharpe tricolore. D’autres, plus âgés, sont juste là pour accompagner leur progéniture. Parmi les plus jeunes, on peut alors reconnaître des militants aixois, regroupés autour de Damien Leclère, le responsable local du Renouveau étudiant, Grégory Ombrouck et ses acolytes de <em>Impact</em>, ex-<em>Napalm Rock</em>, les Niçois de Fraction Hexagone, accompagnés de leurs copines et quelques Italiens. Fraction Hexagone demande alors à jouer, d’autant plus qu’une partie du public leur est largement acquis, mais le staff de Memorial refuse. Ils ont juste droit à quelques dédicaces de la part des groupes sur scène. Dans la salle même, l’ambiance est froide, les plus excités étant les skins de Lyon qui n’arrêtent pas de lever le bras. Les organisateurs calment leur ardeur intempestive et trop politiquement incorrecte.</p>
<p>La soirée s’étire jusqu’à deux heures, devant un public de plus en plus clairsemé. Ils ne sont qu’une centaine à tout casser à la fin.<br />
Le concert a donc été un bide et un crash financier : il a coûté 150 000 francs, en comptant les groupes, la location du chapiteau, les groupes électrogènes, les sonorisateurs et les techniciens. Or il n’a réussi à attirer qu’environ 300 personnes (en comptant le fort contingent de conseillers municipaux), ce qui fait 500 francs de coût par entrée payante, pour seulement 50 francs d’entrée. Si, pour Memorial, l’opération est plutôt positive d’un point de vue financier, elle laisse un goût amer à la municipalité. C’est la dernière fois qu’elle se risque à organiser une manifestation de ce type…</p>
<p>In Memoriam n’est pas forcément plus chanceux à l’étranger : cela ne lui est d’ailleurs pas réservé puisque Fraction Hexagone a parfois connu les mêmes mésaventures. Le groupe est ainsi invité fin juin 2002 à Cologne (Allemagne) pour participer à un concert organisé par la revue <em>Signal</em> et le label identitaire IDM (Identität Durch Musik), équivalent allemand de Memorial Records. Les autres groupes prévus (Nordwind, Ekil et Von Thronstahl) étaient allemands. Mais le concert n’a pas eu lieu. Lorsqu’ils arrivent, les Français tombent en effet directement dans une contre-manifestation antifasciste, et le quartier est bouclé par les forces de l’ordre. Échappant malgré tout aux incidents, le groupe en est quitte pour rentrer à Paris.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Journee_identitaire_normande-25a17.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1435" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Journee_identitaire_normande-25a17.jpg" alt="Journee_identitaire_normande-25a17" width="252" height="472" /></a>Ce type de situation est malgré tout extrême. Trois mois plus tard, le 14 septembre, In Memoriam doit jouer au Havre dans le cadre d’une journée identitaire normande organisée par Thomas Hélène et Laurence Grandvallet, deux étudiants de l’École Supérieure de Commerce du Havre proches du MNR et du Mouvement normand. Ces derniers entendaient rééditer une manifestation qui s’était correctement déroulée le 19 mai 2001 et qui comportait déjà un concert d’In Memoriam. Las, l’activisme local des antifas et les pressions exercées par la préfecture, par le biais des Renseignements généraux, aboutit à l’annulation du concert prévu dans la ville-même. Mais la France n’est pas l’Allemagne, et le concert a eu lieu au prix d’une petite délocalisation dans la propriété d’un cadre local du MNR. L’assistance fut simplement moins nombreuse que prévu, avec une cinquantaine d’entrées payantes.</p>
<p>Cependant, une partie des problèmes rencontrés par In Memoriam par le passé a pu venir précisément du milieu politique du groupe ! Ainsi, le 11 octobre 2000, In Memoriam et les Troubles Makers sont prévus à l’Oscar Wilde, à Paris, bar bien connu des milieux nationalistes pour accueillir les hooligans du PSG. Une fois encore, l’action des milieux antifascistes permet l’annulation du concert. Les groupes se rabattent alors sur un bar tenu par un sympathisant de l’extrême droite, dans le XVème arrondissement. Hélas, depuis décembre 1999, le groupe est en conflit avec la mouvance Bleu-Blanc-Rock et Unité radicale. Ce concert permet donc aux militants du GUD de régler certains contentieux avec des membres du MNJ. Résultat : la police arrive pour remettre de l’ordre et en profite pour faire un contrôle d’identité des 200 personnes présentes ce soir-là, ce qui contribue à diviser encore un peu plus le milieu militant parisien. Cela se concrétise le 23 septembre 2001 alors qu’In Memoriam joue alors en compagnie de Dernier Rempart pour la fête du MNR à la salle Equinoxe dans le XVème arrondissement. Cette fois encore, la soirée est émaillée d’incidents entre militants après que Gaëtan Dirand, responsable du GUD, a lancé son verre de bière à la tête de Philippe Schleiter. Cette fois-ci, les gudars présents dans la salle se font jeter, perdant ainsi le match retour de l’affrontement d’octobre 2000.</p>
<p>Le 8 mars 2002, In Memoriam est invité par l’Œuvre française Lorraine et joue à Brouderdorff, près de Sarrebourg, malgré l’absence de son deuxième chanteur, messire Schleiter. Comme d’habitude la salle est remplie de boneheads venus de tout l’est de la France. Si le concert se déroule sans incidents, l’après-concert est « musclé ». Cinq skinheads revenant du concert agressent au pistolet 6.35 mm un passant d’origine turque à Sarrebourg. Arrêtés peu après, les deux plus violents passent en procès à Metz début avril 2002 et sont condamnés à un an de prison ferme pour l’un et à trois mois pour l’autre. Assez curieusement, In Memoriam et même l’Œuvre française ne sont pas cités par la presse locale, qui rapporte pourtant l’agression et signale simplement le fait que les accusés revenaient d’un concert « nationaliste ». L’appartenance de l’un des deux, Pierre Hilgert, à la mouvance néo-nazie, en l’occurrence la Lotheringen Korps, est pourtant particulièrement bien mise en lumière par le tribunal lors de l’audience.</p>
<p>Ces problèmes à répétition avec son propre milieu politique viennent sans doute en partie du fait que les relations d’In Memoriam avec une partie de la scène RIF se sont lentement dégradées à partir de 1999, ce dont le groupe a eu d’ailleurs parfaitement conscience et qu’il traduisait par la réponse laconique suivante faite lors d’une interview accordée à <em>Fier de l’Être</em> en 2000 :<br />
« <em>- Avez-vous des projets de concerts avec d’autres groupes de RIF ou d’autres groupes à l’étranger ?<br />
Dans l’état actuel des choses, il nous paraît difficile de jouer avec d’autres groupes de Rock identitaire français autres que Elendil, Brixia, Kaiserbund, Aion et Basic Celtos pour la bonne et simple raison que les autres groupes n’expriment pas pour le moment un vif intérêt à jouer en notre compagnie…</em> ». Le groupe confirmait d’ailleurs cette vision des choses en décembre 2001 dans <em>Quartier libre</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_36_454" id="identifier_36_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quartier libre n&deg;1, d&eacute;cembre 2001.">37</a></sup> : « <em>Il faut dire qu’au début du RIF, tous les groupes étaient soudés, avaient la volonté de bosser ensemble… Aujourd’hui il n’y a plus cette dynamique donc moins d’émulation… Mais rien n’est jamais définitif</em> ».</p>
<p>Cette mauvaise presse chez certains acteurs de la scène RIF s’explique en partie par le fait qu’In Memoriam a toujours joué assez personnel malgré de grandes déclarations sur le RIF. Ils ont ainsi bien souvent été les seuls à jouer lors de soirées nationalistes. Il faut ajouter à cela certaines rancœurs liées aux liens très étroits unissant In Memoriam à la mouvance mégretiste, ce qui, par le passé, a pu se traduire par un soutien au groupe sous la forme de propositions de concert, en particulier lors des fêtes parisiennes du MNR. De même, In Memoriam a également reçu de l’argent de l’association Aurore en 1999 pour l’album <em>Paris-Belgrade</em>, cette dernière association regroupant les anciens du Renouveau étudiant, mouvement dans lequel Julien Beuzard militait. Or, ce coup de pouce n’a pas forcément été du goût de tous les adhérents de l’association.</p>
<p>De la même façon, In Memoriam ne possède pas non plus de très bonnes relations avec les skinheads, leur reprochant bien souvent de n’être que des provocateurs sans cervelle. Une partie des skins le leur rend bien d’ailleurs comme en témoigne ce petit commentaire désabusé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_37_454" id="identifier_37_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fier de l&rsquo;&Ecirc;tre n&deg;21, janvier-avril 2003.">38</a></sup> de Lionel Guého, batteur du groupe RAC Celtic Cross : « <em>En concert, quand tu joues avec des stars, il est impossible de fraterniser avec des mecs qui te prennent de haut. Si ce n’est en plus la jalousie de certains, les ragots… Nous avons joué avec quelques groupes de RIF, rares sont les formations qui gardent les pieds sur terre ! Ces gens sont malsains ! Je fais, nous faisons de la musique pour le plaisir, pour faire passer un message et non pour flatter notre égo.</em> »</p>
<h3>La Firme</h3>
<p>Ce groupe a longtemps été une bouture de deux autres groupes de RIF, en l’occurrence In Memoriam et Dernier Rempart. Il permettait surtout à Julien Beuzard et Richard Pareti de jouer d’autres instruments que ceux qu’ils pratiquent habituellement dans In Memoriam, et à Laurent Martini, fan de musique électro-indus, de se frotter à un autre style, plus pop. Follement provocateur, le groupe peut se targuer d’avoir écrit une chanson homophobe délicatement intitulée « Gaystro-entérite », dont l’idée serait venue à Paretti de la façon suivante<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_38_454" id="identifier_38_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fier de l&rsquo;&Ecirc;tre n&deg;16, automne 2001.">39</a></sup> : « <em>Gaystro a été écrite une nuit où j’ai appris que des homosexuels traînaient dans le milieu et que je leur avais serré la main sans le savoir ! Ça m’a énervé et le lendemain, je me suis tapé une gastro-entérite ! C’est drôle non ?</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_39_454" id="identifier_39_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tr&egrave;s&hellip; Un vrai comique troupier le Richard ! NDLR.">40</a></sup> ». Depuis l’automne 2003, la composition du groupe a changé mais sans que ce dernier trouve vraiment les moyens de parvenir à quelque chose de définitif. Il a par contre changé son fusil d’épaule suite à sa rupture avec Julien Beuzard en entrant en contact avec Bleu-Blanc-Rock.</p>
<h3>Dernier Rempart</h3>
<p>Ce groupe s’est fondé sous la forme d’un trio originaire de l’Essonne. Son nom vient peut-être d’une chanson d’un des premiers groupes skins nationalistes parisiens, les Bootboys. Leur seul et unique disque, <em>Soldats politiques</em>, est sorti sur Street Fighting Records, un label RAC. Dernier Rempart a par ailleurs fait peu de concerts, les plus connus étant une prestation dans un pub de l’Essonne en janvier 2001 avec Ile-de-France, et une autre pour le MNR en septembre 2001 avec In Memoriam, ainsi qu’un ou deux concerts RAC, en Bourgogne en particulier.<br />
La célébrité du groupe vient en fait et surtout des mésaventures de son batteur intrépide, Guillaume Duchesne. Ce militant du MNR et candidat pour ce parti aux législatives de juin 2002 dans la 11ème circonscription des Yvelines, faisait en effet partie des 14 personnes qui ont agressé le curé de la basilique Saint-Denis le 15 septembre 2002, en représailles de l’accueil d’immigrés clandestins dans la basilique. Or si les 14 personnes ont été identifiées et entendues par la police, seules quatre, dont Duchesne, ont été arrêtées. Même si les faits qui leur étaient reprochés étaient relativement légers, le tribunal correctionnel de Bobigny a eu la main assez lourde, et Duchesne a écopé de 500 euros d’amende pour complicité dans l’agression. Ceci dit, le pauvre Guillaume était déjà célèbre avant cette affaire grâce à la rubrique régulière que lui consacrait <em>Fier de l’Etre</em> en 2002.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Campagne_Guillaume_D.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1436" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Campagne_Guillaume_D.jpg" alt="Campagne_Guillaume_D" width="591" height="386" /></a><br />
Le magazine se moquait gentiment de lui en rappelant ses faits d’armes militants. On peut prendre comme exemple le fait d’être présenté comme ancien électeur de Charles Pasqua par une publication du MNR avec ce commentaire qui lui était attribué<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_40_454" id="identifier_40_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fier de l&rsquo;&Ecirc;tre n&deg;19, &eacute;t&eacute; 2002">41</a></sup> : « <em>Aux Européennes, j’ai voté Pasqua et je me sens trahi. Pour moi, la probité est une valeur essentielle tout comme la souveraineté de la France. Je veux un homme neuf et intègre comme Mégret</em> ».</p>
<h3>Insurrection</h3>
<p>Ce groupe a été fondé en 1998 à Châteauroux par trois militants du FNJ managés par une figure locale du militantisme extrême droitier, nationaliste et catholique, Paul Thore ; il s’est appuyé sur la mouvance du magazine <em>L’Épervier</em>. Paul Thore a également écrit la plupart des paroles du groupe.</p>
<p>Insurrection n’est pas séparable de son environnement et du militantisme politique qui constituent un microcosme très particulier et lui impriment son style. Cela se ressent dans l’idéologie du groupe qui reste assez confuse. Insurrection revendique un catholicisme virulent, et à travers certaines chansons, un royalisme ultra comme dans la chanson « Contre-Révolution ». Cette orientation correspond aux références politiques de cette petite mouvance, dont la majeure partie est très proche de la Garde franque, une structure regroupant des militants du FNJ, mais hors FNJ, sur une base nationale-catholique. Le site internet de la Garde permet d’ailleurs de télécharger le deuxième disque du groupe, <em>Honneur et Fidélité</em>. Mais dans le même temps, Insurrection multiplie les références à des mouvements ou à des idéologies fort éloignées du national-catholicisme. La chanson « Honneur et Fidélité » renvoie ainsi directement à la Légion et au-delà immanquablement au nazisme. Difficile en effet de faire oublier que « Mon Honneur s’appelle Fidélité » était la devise des SS. Il en est de même des nombreuses références à quelques figures de la mouvance nationaliste ultra comme Vincent Reynouard<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_41_454" id="identifier_41_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant n&eacute;o-nazi investi dans le n&eacute;gationnisme historique depuis plus de 15 ans et r&eacute;cemment condamn&eacute; &agrave; de la prison ferme par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour des &eacute;crits sur Oradour-sur-Glane.">42</a></sup> ou Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_42_454" id="identifier_42_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant n&eacute;o-nazi condamn&eacute; &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 &agrave; la prison &agrave; perp&eacute;tuit&eacute; pour un attentat manqu&eacute; contre un caf&eacute; immigr&eacute; en Normandie. Se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;3.">43</a></sup>. Toujours dans le même cadre de référence à certaines expériences du passé, le premier album d’Insurrection était de nature à combler les nostalgiques de Vichy avec la reprise de « Maréchal nous voilà ». Enfin, dans une autre chanson intitulée « Les Rats Noirs », le groupe rend hommage au GUD, plutôt réputé pour ses références brunes. Ce grand fourre-tout a d’ailleurs valu à Insurrection cette critique discrètement ironique de <em>Rivarol</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_43_454" id="identifier_43_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rivarol, semaine du 4 avril 2002.">44</a></sup> : « <em>On aime ou l’on n’aime pas le “ rock identitaire ”, mais on ne peut pas lui dénier sa spécificité : musique et paroles également agressives, son poussé au maximum, violences d’impitoyables percussions, tout là-dedans est volontairement fruste et brut de décoffrage, et les pochettes des disques montrent des garçons certainement doux et gentils dans la vie courante mais qui se forcent à prendre, le temps de la photo, l’air de grands méchants loups.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Insurrection_2-0dc42.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1437" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Insurrection_2-0dc42.jpg" alt="Insurrection_2-0dc42" width="142" height="142" /></a>Ce disque [Honneur &amp; Fidélité. NDLR] n’échappe pas à la règle, mais la surprise vient de la bannière sous laquelle se présentent ses auteurs : là où l’on imaginerait de farouches néo-païens primitivistes, on trouve des adeptes de la monarchie, qui réclament non pas Thor ou Odin, mais Dieu et le roy, avec un Y. Il est vrai que le l’Y ne s’entend pas dans la musique et la dentelle Pompadour n’est pas au rendez-vous. Les thèmes abordés par les chansons sont d’ailleurs communs à tous les nationalismes, sans éviter l’outrance qui est la règle de ce jeu musical : l’attaque contre les flics “ ripoublicains ” oublie que le flic de base en lutte contre les voyous est plus près de nous que de ses ministres ! […] Les limites d’un disque comme celui-ci sont celles du genre : loin de l’invention mélodique qui a fait le succès du rock traditionnel, cette musique ne donne pas envie de frétiller sur une piste de danse ou de chantonner en épluchant les légumes. Son succès est freiné par le refus de séduire et certains disques sont plus proches du chœur parlé que de la danse. Rythme parlé, paroles simplistes : mon dieu, ce rock ne serait-il pas plutôt du rap ? Dans toute guerre, les adversaires combattent avec les mêmes armes… Mais la victoire – musicale pour commencer – est à celui qui sait en tirer l’effet le plus large. C’est la grâce qu’il faut souhaiter à tous les rockeurs identitaires.</em> »</p>
<p>De la même façon, Insurrection est sans doute musicalement parlant l’un des groupes les plus durs de la mouvance, avec des influences et donc des paroles qui renvoient directement au RAC. Le groupe n’hésite d’ailleurs pas à faire des reprises de groupes skinheads et sur le dernier album on trouve ainsi une chanson de Nouvelle Croisade, « Tu aimeras ». Comme Nouvelle Croisade était le groupe à l’origine d’Ultime Assaut, où, comme on l’a vu précédemment, officiaient les futurs membres de Vae Victis et lle-de-France, tout ça reste dans un petit milieu. Du coup, c’est peu dire qu’Insurrection ne fait pas l’unanimité dans la scène RIF. Ses MP3 furent retirés du site du Lion des Flandres, et Insurrection n’a pas de page internet sur le site du Coq gaulois, ce dernier considérant que ce n’est pas un groupe de RIF, et les autres groupes craignant que la présence d’Insurrection à leurs côtés ne les crament définitivement. Insurrection prend d’ailleurs tout ce petit milieu de très haut en n’hésitant pas à attaquer des « camarades »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_44_454" id="identifier_44_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;28, automne 2002.">45</a></sup> :<br />
« <em>À l’époque de la création d’Insurrection, les nouveaux venus au sein de la famille RIF étaient Brixia et Basic Celtos… Pour nous, faire du rock identitaire voulait dire faire du rock nationaliste sans provocation mais sans rien renier non plus !!! Face à un groupe de rap et un groupe de variété dont les paroles ne veulent rien dire, nous voulions affirmer que la relève du RIF, ce n’était pas ça ! Dès le début, Insurrection a affiché haut et fort ses convictions nationalistes et catholiques radicales ! […] Plusieurs groupes de gauche de la région de Châteauroux nous ont même proposé de jouer avec nous !!! Avis à certains groupes ringards parisiens dont c’est le rêve depuis des années…</em> » Les susdits « groupes ringards », à savoir Brixia, Basic Celtos mais aussi sans doute Elendil ou In Memoriam, auront bien entendu apprécié…</p>
<p>Ce profil explique qu’Insurrection évolue dans deux sphères bien précises et également bien limitées. Il joue en effet assez souvent sur invitation du Front National de la Jeunesse, comme par exemple à l’université d’été de l’organisation en juillet 2001 dans le château du CNC, à Neuvy-sur-Barangeon dans le Cher, ou le 22 février 2003 à Paris dans le local du FNJ 75, le Forum Jeunesse. L’autre occasion de se produire en public lui est fourni par son propre milieu avec l’étiquette Bleu-Blanc-Rock et dans le milieu bonehead avec des concerts RAC. On peut ainsi citer en vrac les concerts à Châteauroux (ce qui est la moindre des choses…) organisés par la LNC<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_45_454" id="identifier_45_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ligue Nationale Catholique.">46</a></sup> ou BBRock ainsi que ceux qui ont eu lieu à Rennes grâce à la cellule locale BBR qui équivaut grosso modo au GUD Roazhon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_46_454" id="identifier_46_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="GUD Rennes.">47</a></sup>. On peut ainsi citer le concert du 3 mars 2001 à Rennes qui a rassemblé une cinquantaine de personnes, le concert du 14 avril 2001 à Châteauroux, le concert du 25 août 2001 en Suisse avec Fraternité blanche (groupe RAC du Nord), Panzerjäger (groupe RAC également originaire du Nord) et Durandal (groupe metal de la région parisienne), ou encore le concert du 9 novembre 2002 à Rennes avec Fraternité blanche, Panzerjäger, Bagadou Stourm (groupe RAC breton) et Regnum Æternam. Bien sûr, ces fréquentations contredisent parfaitement les professions de foi du groupe, telle celle publiée par <em>Jeune Résistance</em> en 2002<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_44_454" id="identifier_47_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;28, automne 2002.">45</a></sup> :<br />
« <em>Lorsque nous avons créé Insurrection, nous avions plusieurs objectifs : tout d’abord ne pas tomber dans le trip NS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_47_454" id="identifier_48_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="NS pour National-Socialiste.">48</a></sup> et / ou skinhead. Nous n’avons personnellement rien contre les skins ou les NS, d’ailleurs certains d’entre eux sont beaucoup plus politiques et beaucoup plus militants que bien des donneurs de leçons en la matière ! Nous avons juste fait le choix politique de ne pas reprendre à notre compte des étendards qui effraient trop nos contemporains…</em> » Mais la cohérence n’est peut-être pas la première qualité de ce groupe ?</p>
<h3>Regnum Æternam</h3>
<p>Basé à Châteauroux et faisant donc partie de l’écurie BBRock, ce groupe développe une musique qu’il qualifie lui-même de « métal identitaire ». Il a fait sa première apparition publique lors d’un concert organisé le 14 avril 2001 à Châteauroux par la petite équipe de <em>L’Épervier</em> mais il a également joué pour le FNJ. C’est relativement normal, puisque Émeric Gervais qui en fait partie est un militant actif du FNJ : on peut d’ailleurs voir sa chevelure de fan de black-metal « traîner » dans les manifestations de l’organisation de jeunesse du FN. Plus que par l’originalité de sa musique ou l’importance de sa biographie, Regnum Æternam est surtout célèbre dans le petit milieu RIF pour le caractère hautement provocateur de la pochette de son unique album, sorti chez Pit Records. On y voit en effet des soldats de la Waffen SS s’apprêtant à se lancer à l’assaut. Ce style de pochette faisant directement référence au nazisme est assez courant de la part de ce label qui y voit un excellent moyen de vendre sa camelote. En tout état de cause, cette apologie rampante du nazisme colle assez bien avec la démarche du groupe qui, à l’instar d’Insurrection, n’a jamais hésité à jouer avec des groupes RAC, comme le 9 novembre 2002 à Rennes par exemple ou le 30 novembre 2002 à Bourges avec Lemovice, un groupe RAC de Limoges.</p>
<h3>Le Ksan</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Le_Ksan-f9eb7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1438" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/02/Le_Ksan-f9eb7.jpg" alt="Le_Ksan-f9eb7" width="236" height="332" /></a>De son vrai nom Fabien Gaudry, ce musicien nancéen est en fait un « homme orchestre » jouant de la variété. Il se produisait auparavant sous le nom de Docteur Petit dans le même style musical, mais un médecin portant le même nom l’obligea à en changer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_48_454" id="identifier_49_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune musicale n&deg;3, automne 2000.">49</a></sup>. En tant que tel, le personnage a peu de réalisations à son actif avec seulement une démo et deux concerts en 2001 : le 31 mars avec Elendil et Kaiserbund dans l’Essonne et en avril pour la fête de Jeanne d’Arc à Domrémy en Lorraine lors de la journée organisée à cette occasion par le MNR. Sa prestation lui valut ce commentaire désobligeant (mais justifié ?) de <em>France-Soir</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/#footnote_49_454" id="identifier_50_454" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="France-Soir, lundi 14 mai 2001.">50</a></sup> : « Un jeune Lorrain, Ksan, est venu donner de la voix. Sur une musique qui oscille entre la techno et la bourrée lorraine, il décline les idées de Mégret d’une voix de canard malade : “ Prends garde à toi France chérie, des gens s’installent sans ton avis ”, “ Notre identité c’est d’être Français, notre lien sacré une terre, un peuple, une culture ” ». Il faut dire que le style développé par le « Ksan » ne semble pas avoir convaincu grand-monde dans le petit milieu RIF, ce qui explique son absence des projets collectifs comme le CD <em>Antimondial</em> de BBR.</p>
<p>À cette liste, il faudrait encore ajouter tous les groupes n’ayant fait qu’une éphémère apparition dans le milieu RIF : Windspies, Thyl, un groupe flamand, dont plusieurs membres étaient issus du groupe bonehead de la fin des années 1980, ou encore Jong Wacht, qui était produit par Gaël Bodilis du label Rebelles Européens. Le bassiste de ce groupe, Arnaud Pattin, activiste de Troisième Voie à Lille dans les années 1980, se rendit « célèbre » par sa participation passive à l’assassinat du SDF Patrick Le Mauff le 1er octobre 1988. On pourrait encore citer Hacktivist, un groupe de metal indus censé révolutionner l’année 1999, Calvatronic, groupe éphémère formé autour de Jack Marchal, dont la courte existence s’est résumée à un concert organisé sous le patronage de BBR en Normandie pour le solstice d’été 1999. Il y aurait aussi les groupes situés en marge du RIF, soit parce qu’ils arrivèrent trop tôt, soit parce qu’ils n’éprouvèrent pas le besoin de s’inscrire dans cette démarche comme Korma, un groupe de rock gaélique nationaliste lyonnais qui a existé de 1993 à 1997.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_454" class="footnote"><em>Tribune musicale</em> n°2, été 2000</li><li id="footnote_1_454" class="footnote">ibid.</li><li id="footnote_2_454" class="footnote"><em>National Hebdo</em>, semaine du 11 décembre 1997.</li><li id="footnote_3_454" class="footnote">Ligue Indépendante des Étudiants de Droite, fondée en 1989 sur Rouen, qui servit de base à la création du Renouveau étudiant.</li><li id="footnote_4_454" class="footnote"><em>Quartier libre</em> n°3, juin 2002. Pour une présentation de ce fanzine, se reporter au chapitre V sur la mouvance RIF</li><li id="footnote_5_454" class="footnote">Le concert fut annulé sous la pression des antifascistes. Les spectateurs nationalistes partirent se cacher près de la Fac de Jussieu, où le groupe se produisit sous la pluie au bord de la Seine.</li><li id="footnote_6_454" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°9, janvier-février 1998.</li><li id="footnote_7_454" class="footnote">en mars 2000.</li><li id="footnote_8_454" class="footnote">Militant d’origine polonaise du GUD Paris dans les années 1990 qui a pu faire occasionnellement le lien avec la scène polonaise.</li><li id="footnote_9_454" class="footnote"><em>Présent</em>, 29 mars 2000.</li><li id="footnote_10_454" class="footnote"><em>Tribune musicale</em> n°1, printemps 2000.</li><li id="footnote_11_454" class="footnote">Il est l’un des principaux, sinon le plus connu, des avocats nationalistes et révisionnistes, longtemps militant FN puis MNR.</li><li id="footnote_12_454" class="footnote">Ce passage avait été expurgé de l’interview publiée par <em>Présent</em> mais figurait dans <em>Tribune musicale</em></li><li id="footnote_13_454" class="footnote">« Corps francs ». Organisations paramilitaires et nationalistes allemandes, actives en 1918-1919 contre les soulèvements et mouvements révolutionnaires du type spartakiste.</li><li id="footnote_14_454" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°1, septembre 1995.</li><li id="footnote_15_454" class="footnote"><em>Réfléchir &amp; Agir</em>, n°0, nouvelle série, printemps 1996.</li><li id="footnote_16_454" class="footnote">Maire FN d’Orange depuis 1995.</li><li id="footnote_17_454" class="footnote">Ancien militant de Troisième Voie puis de Nouvelle Résistance, devenu depuis 1995 le chargé de communication de la municipalité d’Orange et le gendre de monsieur le maire.</li><li id="footnote_18_454" class="footnote">En référence au film <em>Orange mécanique</em> de Stanley Kubrick.</li><li id="footnote_19_454" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°4, octobre 1996.</li><li id="footnote_20_454" class="footnote">Label RAC animé par Michaël Bellet dans l’Ouest de la France.</li><li id="footnote_21_454" class="footnote">Les frères Strasser, chefs des SA (Sections d&rsquo;Assaut), dirigeaient l’un des courants de l&rsquo;aile gauche du NSDAP. À ce titre, ils sont souvent cités en exemple par les NR.</li><li id="footnote_22_454" class="footnote"><em>Neue Ordnung</em> n°2, hiver 1999-2000.</li><li id="footnote_23_454" class="footnote">Association lancée au début des années 1990 dans le but d’organiser artistes graphistes et architectes de la mouvance nationaliste. À partir de 1993, l’Art s’affiche a en particulier mis sur pied une exposition annuelle à Paris. Sa dernière apparition date de février 1999, au meeting du Front de la Jeunesse.</li><li id="footnote_24_454" class="footnote">Cf. le paragraphe sur la BD dans le chapitre V sur la mouvance RIF</li><li id="footnote_25_454" class="footnote"><em>Fier de l’Être</em> n°14, avril-mai 2001.</li><li id="footnote_26_454" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°15, mars-avril 1999.</li><li id="footnote_27_454" class="footnote">Les jeunes fafs sont fascinés par le groupe de metal indus allemand Rammstein. Pourtant, ce groupe n&rsquo;a rien à voir avec l&rsquo;extrême droite. Certains membres de Rammstein faisaient partie du groupe punk FeellingB, dont l&rsquo;album fut produit par Division Nada, le label de l&rsquo;ancien chanteur des Bérurier Noir. Les seules raisons qui peuvent expliquer la fascination des fafs pour Rammstein sont leur musique très martiale et le fait qu&rsquo;ils chantent en allemand. De là à rappeler quelques souvenirs à certains, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas.</li><li id="footnote_28_454" class="footnote">Célèbres boutiques parisiennes de vêtements anglais marqués « skinheads » comme les marques Lonsdale ou Fred Perry et dont le patron est un sympathisant de la mouvance nationaliste.</li><li id="footnote_29_454" class="footnote"><em>Fier de l’Être</em>, n°20, automne 2002.</li><li id="footnote_30_454" class="footnote">C’est-à-dire Comité du 9 Mai, chanson en hommage à Sébastien Deyzieu, militant nationaliste qui trouva la mort en tombant d’un toit lors d’une manif du GUD et des JNR en 1994.</li><li id="footnote_31_454" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°29, hiver 2002.</li><li id="footnote_32_454" class="footnote">Interview d’In Memoriam publiée sur le site du Coq gaulois début octobre 2002.</li><li id="footnote_33_454" class="footnote">Mouvement National de la Jeunesse, mouvement de jeunesse du MNR de Bruno Mégret.</li><li id="footnote_34_454" class="footnote">Il a alors eu droit à divers papiers dans la « presse du Système », en particulier <em>VSD</em>.</li><li id="footnote_35_454" class="footnote">Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, structure skinhead dirigée à cette époque par Serge Ayoub alias Batskin.</li><li id="footnote_36_454" class="footnote"><em>Quartier libre</em> n°1, décembre 2001.</li><li id="footnote_37_454" class="footnote"><em>Fier de l’Être</em> n°21, janvier-avril 2003.</li><li id="footnote_38_454" class="footnote"><em>Fier de l’Être</em> n°16, automne 2001.</li><li id="footnote_39_454" class="footnote">Très… Un vrai comique troupier le Richard ! NDLR.</li><li id="footnote_40_454" class="footnote"><em>Fier de l’Être</em> n°19, été 2002</li><li id="footnote_41_454" class="footnote">Ancien militant néo-nazi investi dans le négationnisme historique depuis plus de 15 ans et récemment condamné à de la prison ferme par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour des écrits sur Oradour-sur-Glane.</li><li id="footnote_42_454" class="footnote">Ancien militant néo-nazi condamné à la fin des années 1980 à la prison à perpétuité pour un attentat manqué contre un café immigré en Normandie. Se reporter à <em>REFLEXes</em> n°3.</li><li id="footnote_43_454" class="footnote"><em>Rivarol</em>, semaine du 4 avril 2002.</li><li id="footnote_44_454" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°28, automne 2002.</li><li id="footnote_45_454" class="footnote">Ligue Nationale Catholique.</li><li id="footnote_46_454" class="footnote">GUD Rennes.</li><li id="footnote_47_454" class="footnote">NS pour National-Socialiste.</li><li id="footnote_48_454" class="footnote"><em>Tribune musicale</em> n°3, automne 2000.</li><li id="footnote_49_454" class="footnote"><em>France-Soir</em>, lundi 14 mai 2001.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (4) Chapitre II : La naissance 1993-1998</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jan 2010 14:03:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Identitaire Français (RIF)]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte original publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll Le RIF s’élabore à partir de deux initiatives différentes. Il y a, d’une part, au tout début des années 1990 et dans la région nancéenne, deux ou trois groupes fanatiques de cold-wave qui commencent à produire une musique que l’on peut qualifier de nationaliste [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Texte original publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll</p>
<p>Le RIF s’élabore à partir de deux initiatives différentes. Il y a, d’une part, au tout début des années 1990 et dans la région nancéenne, deux ou trois groupes fanatiques de cold-wave qui commencent à produire une musique que l’on peut qualifier de nationaliste même si elle est surtout marquée par la philosophie et le paganisme européens : LSVB, Bainfile et AiΩn.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/LSVB-896a6.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1409" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/LSVB-896a6.jpg" alt="LSVB-896a6" width="295" height="292" /></a>Sortent de ce courant deux albums, <em>Poètes maudits</em> et <em>Nouvelles musiques européennes</em>, produits par l’association-label Nouvelle Europe Musiques. L’ensemble ne passe pas inaperçu et est assez bien reçu par les structures militantes, en particulier celles de la mouvance du Renouveau étudiant, telle <em>Nouvelle Université</em>. Ce n’est évidemment guère étonnant puisque Laurent Steiner, qui est à la fois membre de LSVB et de AiΩn, est alors militant du syndicat universitaire frontiste après être passé par Troisième Voie. Mais il n’y aura qu’un seul rescapé : Aion.<br />
Voici comment se présentait lui-même le label Nouvelle Europe Musiques à la fin de 1993<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/#footnote_0_452" id="identifier_0_452" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nouvelle Universit&eacute;, novembre / d&eacute;cembre 1993, n&deg;1-2">1</a></sup> :</p>
<p>« <em> <strong>Nouvelle Université : Quels sont vos sources musicales, en tant que groupe et en tant que musiciens individuels ?</strong><br />
- Nouvelle Europe Musiques : Nos sources sont très diverses. D’abord parce que le disque représente trois groupes, donc trois tendances avec chacun leur style propre. Nos inspirations émanent surtout du rock et de la pop européenne des 15 dernières années : Dead Can Dance, Cocteau Twins, Laibach.</em></p>
<p><strong>- NU : Pourrait on vous cataloguer comme nouveau underground post gauchiste ?</strong><br />
- NEM : Underground ? Pourquoi pas, on peut mettre dans ce terme tout ce que l’on veut. De toute façons, avant d’être reconnu, un groupe est toujours underground.<br />
Post gauchiste ? En fait les étiquettes nous importent peu. À chacun la liberté de juger ce que nous faisons.</p>
<p><strong>- NU : À qui s’adresse votre musique ?</strong><br />
- NEM : Notre musique s’adresse d’abord à ceux qui se donnent la peine de l’écouter. Sur ce registre, nous ne sommes pas sectaires.</p>
<p><strong>- NU : Donnez vous des concerts ?</strong><br />
- NEM : Étant donné la relative jeunesse de notre groupe et nos manques de moyens, ce n’est pas encore en projet.</p>
<p><strong>- NU : Vos rapports avec d’autres groupes : Laibach, Death in June ?</strong><br />
- NEM : Néant</p>
<p><strong>- NU : Vous affichez clairement une identité européenne combinée à un avant-gardisme technique qui vous rapproche sans doute du futurisme ?</strong><br />
- NEM : Contrairement à Marinetti, je préfère la Victoire de Samothrace à l’automobile. Le Futurisme est séduisant par certains aspects, mais que reste t il de la musique et du manifeste de Balilla Pratella ? Malheureusement pas grand chose.</p>
<p><strong>- NU : Mais les racines de vos rythmes sont elles bien européennes ?</strong><br />
- NEM : Nos racines musicales sont résolument européennes et, qu’on se le dise une fois pour toutes, l’Afrique n’a jamais inventé le rythme. Des musiciens de la Grèce antique en passant par les troubadours et les trouvères du Moyen-Age, ils ont tous utilisé le tambour (ce vénérable ancêtre de la boîte à rythme). La musique évolue comme toutes choses.</p>
<p><strong>- NU : Pourquoi ne pas chercher de l’inspiration dans la musique populaire traditionnelle ?</strong><br />
- NEM : Notre démarche est différente. La musique traditionnelle est très bien représentée, il est inutile pour nous de refaire ce qui a déjà été fait. »</p>
<h3>Nos ancêtres les Gaulois</h3>
<p>La deuxième branche du futur RIF naît avec le premier vrai groupe à pouvoir être estampillé ainsi, à savoir Vae Victis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/#footnote_1_452" id="identifier_1_452" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il existait un groupe de rock alternatif nomm&eacute; Vae Victis, pr&eacute;sent sur une compilation sortie en 1983 et intitul&eacute;e Cascades 82. Le squatt des Cascades &eacute;taient un haut lieu de la musique alternative, o&ugrave; se sont produits des groupes comme les B&eacute;rurier Noir.">2</a></sup>, dont le projet mûrit à partir de 1992, voit le jour en août 1993 et sort rapidement une démo trois titres, <em>Résistance gaélique</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/VaeCD1-bdcbc.jpg"><img class="alignleft wp-image-1411" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/VaeCD1-bdcbc.jpg" alt="VaeCD1-bdcbc" width="100" height="100" /></a>Si tous les membres du groupe sont des militants proches du FN, par exemple membres de syndicats étudiants frontistes, au moins l’un des musiciens n’est pas un inconnu : il vient de la scène bonehead. Né en 1972 et bassiste du groupe, Jean Christophe Bru a en effet animé le skinzine<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/#footnote_2_452" id="identifier_2_452" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fanzine skinhead nationaliste.">3</a></sup> <em>One law for them</em> et il a été le parolier du groupe Ultime Assaut, groupe RAC de la banlieue parisienne fondé en décembre1988, qui enregistra un album pour le label Rebelles Européens<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/#footnote_3_452" id="identifier_3_452" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Premier label skinhead nationaliste en France, fond&eacute; par Ga&euml;l Bodilis en 1987 &agrave; Brest et qui a produit une bonne partie des groupes nazi skins des ann&eacute;es 1980.">4</a></sup>. On retrouve d’ailleurs certains titres d’Ultime Assaut comme « Les cosaques » au répertoire de Vae Victis. La formation est complétée par Cathie Mollius pour le chant, François Montagne comme deuxième guitare et Thibaud Lamy pour la batterie.</p>
<p>Vae Victis connaît alors une lente maturation qui débouche enfin sur ce qu’on peut considérer comme l’acte fondateur du RIF, à savoir la parution en septembre 1995, lors de la fête des BBR, de son premier CD éponyme comportant onze titres et qui définit le style qui sera celui du groupe durant quelque temps : un mélange plus ou moins inspiré de rock soft et de musiques traditionnelles, en particulier gaéliques. Pour ce disque, Vae Victis a pu compter sur la SERP, le label de Jean Marie Le Pen. L’ensemble, sans être mauvais, est malgré tout un peu mièvre et une partie du groupe, en l’occurrence Jean-Christophe Bru et sa femme Cathie, le quitte pour fonder Ile-de-France. Vae Victis se dote alors d’une nouvelle formation et sort un CD quatre titres à l’automne 1996, qui se veut plus énergique. La thématique en revanche ne change pas, et le groupe sacrifie à l’hommage obligatoire à Clovis. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/VaeCD2-1ddfc.jpg"><img class="alignright wp-image-1412" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/VaeCD2-1ddfc.jpg" alt="VaeCD2-1ddfc" width="100" height="100" /></a><br />
Il reste très lié au milieu bonehead, puisqu’il participe à <em>France Explosion</em> n°1, une compilation sortie par le label RAC Pit Records<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/#footnote_4_452" id="identifier_4_452" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. le chapitre 4 sur les labels du RIF">5</a></sup>. Son deuxième album est d’ailleurs édité par le même label. La musique et les paroles n’ont pourtant pas grand-chose à voir avec la scène RAC proprement dite et le contraste est saisissant avec les autres groupes figurant sur la compilation, à savoir Baygon Blanc, groupe RAC formé en 1993, 9ème Panzer Symphonie, groupe RAC de l’Essonne formé en 1989 et Fraction Hexagone. Cette dernière formation commence alors à peine à être connue puisqu’elle est née en août 1994 de la fusion de deux groupes RAC niçois, Septembre noir et Freikorps. Le groupe est donc pleinement ancré dans la scène skinhead, même s’il essaie de changer la signification du terme RAC.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Elendil_3-91805.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1413" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Elendil_3-91805.jpg" alt="Elendil_3-91805" width="250" height="236" /></a></p>
<p>Enfin, on peut ajouter à cette liste de la première génération du RIF le groupe Elendil qui avait alors une existence fantomatique dans l’orbite du FNJ pour lequel ils auraient dû jouer à l’université d’été 1995. Mis à part Fraction Hexagone, tout ce petit monde se retrouve alors au sein d’une association, La muse à l’oreille, qui regroupait les musiciens et professionnels de la musique, proches du FN et produits ou distribués par la SERP. Aussi bien le Docteur Merlin que les Chœurs Mont-Joie Saint Denis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/#footnote_5_452" id="identifier_5_452" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe de chanteurs catholiques reprenant les chansons traditionnelles fran&ccedil;aises et nationalistes : ils existent toujours. Des petits chanteurs &agrave; la croix de fer en quelque sorte !">6</a></sup> en faisaient ainsi partie. La notion de rock français ou de RIF, pour Rock Identitaire Français, commence à être utilisée : elle est appelée à connaître un certain succès en permettant d’effectuer une distinction bien nette avec la mouvance skinhead.</p>
<h3>Saint-Cloud nous voilà !</h3>
<p>Les BBR 1996 témoignent du succès de la greffe au sein du jeune public nationaliste puisqu’un concert y est organisé où se produisent Aion, Vae Victis, Ile-de-France et Fraction Hexagone. Le leader de ce dernier groupe, Fabrice Robert, déclare alors au <em>Monde</em> : «<em> Le FN se dit sans doute qu’il faut vivre avec son temps, que les jeunes n’écoutent pas seulement des chants militaires. Mais n’allez pas croire que le Front était heureux de nous accueillir ! Comme nous sommes païens, les intégristes ont tout fait pour nous empêcher de jouer. Après un mois et demi de négociations, ça s’est arrangé. Le Front nous a refusé « Une Balle » parce que les journalistes n’auraient retenu que ça. Nous avons enflammé le public ! Il y avait des skins, des jeunes fafs, des mecs du GUD et même des petites bourgeoises en jupette qui avaient le poing tendu ! Tout le monde était content, sauf les cathos…</em> » Ce à quoi Serge Martinez répond : « <em>Si j’en juge par ce qu’ils racontent, ils ont peut-être attrapé la grosse tête, le syndrome Madonna ! Pour nous, il s’agissait de groupes de hard rock ; ils n’étaient pas habillés comme des skins. Nous essayons de contenter tous les publics. Le rêve de Jean-Marie Le Pen serait d’inviter les Irlandais des Cranberries !</em> » Loin de ces chamailleries, ce concert est relativement inespéré pour ces groupes de rock dont l’expérience est somme toute limitée : Ile-de-France en est alors à son deuxième concert, Vae Victis à son cinquième et Fraction approche de la dizaine grâce à sa fréquentation des concerts RAC.</p>
<p>Ce mouvement en formation stimule d’autres vocations. La même année en effet, des étudiants d’Assas créent In Memoriam et le nouveau groupe sort une cassette démo intitulée <em>Anthologie</em> début 1997. Bien que militants nationalistes à la faculté d’Assas, ils n’appartiennent pas tous au GUD même s’ils évoluent dans sa mouvance. Le recrutement est d’ailleurs large puisque le saxophoniste du groupe à cette époque n’est autre que ZIP, musicien qui joua avec Skarface<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/#footnote_6_452" id="identifier_6_452" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cr&acirc;ne pas t&rsquo;es chauve ! n&deg;l fanzine SHARP. !">7</a></sup><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/In_Memoriam_I-ace4e.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1414" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/In_Memoriam_I-ace4e.jpg" alt="In_Memoriam_I-ace4e" width="315" height="314" /></a>Malgré les incidents qui avaient émaillé la fin du concert des BBR 1996, In Memoriam bénéficie de l’infrastructure FN et peut jouer aux BBR 1997. Le bon accueil du public et l’envie de s’émanciper de la SERP amènent deux membres du groupe, Julien Beuzard et Mathias Briccage, à fonder le label Mémorial Records fin 1997. Ce dernier récupère les groupes RIF de l’époque, en particulier Ile-de-France et Elendil, et sort une compilation intitulée <em>Sur les terres du RIF</em>. Entre temps, le terme Rock Identitaire Français a été officiellement utilisé pour des tracts annonçant un concert organisé au Club Dunois à Paris dans le treizième arrondissement. On peut considérer que le mouvement est lancé !</p>
<h3>Le RIF, kesako ?</h3>
<p>Qu’est-ce que le RIF ? On pouvait en trouver à une époque sur une page personnelle Internet la définition fourre-tout suivante : « <em>Le RIF est national, européen, identitaire, historique, rebelle, contestataire, révolutionnaire, indépendant, actif, indomptable, fier, libertaire, social, politique, idéaliste, radical, écologique, ethnocentriste… Le rock identitaire est précurseur en ce qu’il annonce la nouvelle donne de la politique française et européenne. Le clivage droite-gauche est dépassé. Il faut opposer les gens en fonction du clivage identitaire-mondialiste. La notion d’identité est partout. Les thèmes des soirées sont de plus en plus basées sur des considérations ethniques. […] Le rock identitaire a la possibilité de réussir la mission qu’il s’est assigné car le débat politique n’existe plus et la notion d’ethnie est au centre de bien des revendications.</em> »<br />
On pourrait bien sûr consacrer quelques lignes à démentir précisément certains de ces points. Mais le seul intérêt de cette énumération à la Prévert est de démontrer si besoin en était que le RIF est avant tout une démarche politique. C’est en fonction d’un certain nombre de buts politiques que la musique est utilisée en tant que vecteur culturel, sans doute le plus immédiatement accessible et également le plus facile à mettre en œuvre. La même démarche est d’ailleurs celle qui préside à la tentative d’investissement du milieu BD et dessins.</p>
<p>Sans aller jusqu’à faire l’honneur de qualifier cette démarche de « gramsciste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/#footnote_7_452" id="identifier_7_452" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du responsable communiste italien Antonio Gramsci (1891-1937), qui consid&eacute;rait qu&rsquo;une conqu&ecirc;te politique du pouvoir ne pouvait r&eacute;ussir qu&rsquo;en &eacute;tant accompagn&eacute;e d&rsquo;une conqu&ecirc;te des repr&eacute;sentations culturelles.">8</a></sup> de droite », notion qui est une tarte à la crème des mouvements néo-droitiers, elle témoigne malgré tout de l’intuition de la part des musiciens de RIF que l’action politique ne peut faire l’économie d’un investissement du domaine culturel (au sens large du terme, et en particulier dans sa dimension médiatique !) pour espérer infléchir l’inconscient collectif. Or l’orientation générale de la culture européenne est, depuis la fin de la guerre, largement cosmopolite, dans le sens historique du terme, tout en balançant entre identité et universalisme. Les groupes de RIF ont donc entrepris de peser sur le premier terme contre le deuxième. Pour autant, cela ne signifie pas que tous aient eu la même façon d’appréhender les choses et nous verrons par la suite que comme toutes les étiquettes, celle du RIF correspond assez mal à ce qu’elle est censée regrouper. Cependant, le fait que la mouvance RIF se soit déchirée sur des questions de stratégies auxquelles ont pu s’ajouter des différends personnels montre malgré tout que la dimension politique du phénomène prime sur la dimension musicale, ce qui ne pouvait manquer de le confiner à un espace très restreint.</p>
<p>Vers le <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/">chapitre I</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_452" class="footnote"><em>Nouvelle Université</em>, novembre / décembre 1993, n°1-2</li><li id="footnote_1_452" class="footnote">Il existait un groupe de rock alternatif nommé Vae Victis, présent sur une compilation sortie en 1983 et intitulée <em>Cascades 82</em>. Le squatt des Cascades étaient un haut lieu de la musique alternative, où se sont produits des groupes comme les Bérurier Noir.</li><li id="footnote_2_452" class="footnote">Fanzine skinhead nationaliste.</li><li id="footnote_3_452" class="footnote">Premier label skinhead nationaliste en France, fondé par Gaël Bodilis en 1987 à Brest et qui a produit une bonne partie des groupes nazi skins des années 1980.</li><li id="footnote_4_452" class="footnote">Cf. le chapitre 4 sur les labels du RIF</li><li id="footnote_5_452" class="footnote">Groupe de chanteurs catholiques reprenant les chansons traditionnelles françaises et nationalistes : ils existent toujours. Des petits chanteurs à la croix de fer en quelque sorte !</li><li id="footnote_6_452" class="footnote"><em>Crâne pas t&rsquo;es chauve !</em> n°l fanzine SHARP. !</li><li id="footnote_7_452" class="footnote">Du responsable communiste italien Antonio Gramsci (1891-1937), qui considérait qu’une conquête politique du pouvoir ne pouvait réussir qu’en étant accompagnée d’une conquête des représentations culturelles.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (3) Chapitre I : Avant le RIF&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jan 2010 09:53:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
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		<category><![CDATA[Rock Identitaire Français (RIF)]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte original publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll. Depuis son apparition et pendant une période relativement longue, les milieux nationalistes ont vu dans le rock plusieurs (bonnes) raisons de le rejeter. Tout d’abord cette musique venait des Etats-Unis, véhiculait une certaine colère et exprimait les sentiments de révolte de la jeunesse. Cette [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Texte original publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Notes-faf.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1397" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Notes-faf.jpg" alt="Notes-faf" width="600" height="252" /></a></p>
<p>Depuis son apparition et pendant une période relativement longue, les milieux nationalistes ont vu dans le rock plusieurs (bonnes) raisons de le rejeter. Tout d’abord cette musique venait des Etats-Unis, véhiculait une certaine colère et exprimait les sentiments de révolte de la jeunesse. Cette musique, comme le jazz à son arrivée en France, était finalement assimilée à une nouvelle forme de perversion créée par les Noirs. Cette appréhension des choses n’a pas fondamentalement évolué et certains réseaux de l’extrême droite la plus traditionnelle conservent cette vision passéiste, refusant catégoriquement de jouer ou même d’écouter du rock, sous toutes ses formes ; c’est le cas en particulier des milieux catholiques traditionnalistes et le meilleur exemple de cette attitude est représenté par Radio Courtoisie, qui préfère diffuser de la musique classique et des chants traditionnels plutôt que de faire la moindre concession à la modernité. Ces courants y voient d’ailleurs toujours pour une partie d’entre eux la musique du Diable, ce qui n’était cependant pas le cas de la majorité de l’extrême droite, pour qui il ne s’agissait pas au départ d’accusation de satanisme, mais plutôt d’un refus d’accepter une nouvelle forme d’expression venue d’un pays majoritairement considéré comme socialement décadent. La principale accusation sera ainsi longtemps celle de favoriser la consommation de drogues en tout genre, la perversion sexuelle et de vouloir préparer la révolution.</p>
<p>Les accusations de manipulations mentales, de messages subliminaux à la gloire de Satan ne sont apparues que dans les années 1970, soit plus de 15 ans après l’apparition du rock. Elles ont visé des noms célèbres du Rock : les Beatles avec l’album blanc rebaptisé par certains milieux catholiques <em>Devil’s White Album</em>, les Rolling Stones, Led Zeppelin, AC/DC, Black Sabbath… Les articles affirmant le contraire sont alors extrêmement rares et tout aussi rarement pertinents. On peut citer à titre d’exemple un papier paru dans le numéro 63 de <em>Notre Europe</em>, journal officiel des Faisceaux Nationalistes Européens (ex-FANE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_0_448" id="identifier_0_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La F&eacute;d&eacute;ration d&rsquo;Action Nationale et Europ&eacute;enne, fond&eacute;e en 1966, fut &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970 la principale structure n&eacute;o-nazie fran&ccedil;aise. Dissoute en septembre 1982, elle parvint &agrave; se survivre quelques ann&eacute;es sous la forme des FNE.">1</a></sup>) en mars 1984 dans lequel l’auteur se livrait à une étude apologétique du Hard-Rock et du Heavy Metal en détaillant toute la symbolique des groupes et en finissant par cette considération préremptoire : « <em>Une chose paraît encore plus importante (et cela dérange les critiques qui descendent le metal) : les rituels hard, la pluie de décibels et l’atmosphère apocalyptique s’inspirent directement d’une vision du monde très germanique. Mieux, ils font penser à l’époque où l’Allemagne était national-socialiste !</em> ».</p>
<p>Cette situation contraste avec la place accordée au rock dans l’extrême gauche. Une partie des militants et dirigeants de ce courant, plus à l’écoute de la jeunesse, ont su en effet rapidement s’associer à cette nouvelle forme d’expression pour diffuser leur message. Bien avant Trust et la vague punk, des groupes de rock en France ont affiché leurs opinions, tels Red Noise et Komintern ou encore Barricade. Ces groupes étaient directement issus de Mai 68 et revendiquaient leur influence marxiste.<br />
Mais au delà du rock, il faut bien constater que dans les années 1970 et même 1980, les nationalistes n’ont pas beaucoup de relais dans le monde musical, et ce y compris dans la chanson et la variété. Il existait bien des chansonniers qui pouvaient avoir un écho à l’extrême droite, bien souvent à cause de textes réactionnaires mais à part Pierre Dudan et ses chansons <em>Sainte Jehanne</em> ou <em>Les fachos</em>, l’histoire a oublié leur nom. Pierre Dudan n’est d’ailleurs pas connu pour ces titres que l’on peut fort bien oublier et qui furent diffusés par la SERP, label de Jean-Marie Le Pen, mais pour être l’auteur-compositeur de l’inoubliable <em>Le petit café au lait au lit</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Les_Ricains.bmp"><img class="alignleft size-large wp-image-1399" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Les_Ricains.bmp" alt="Les_Ricains" width="1" height="1" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Les_Ricains.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1402" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Les_Ricains.jpg" alt="Les_Ricains" width="172" height="171" /></a>Au niveau du grand public, Michel Sardou à cette époque fut pendant un temps associé à tort ou à raison à l’extrême droite. Il faut dire que les paroles de ses chansons n’étaient pas particulièrement progressistes. Un des paroliers de Michel Sardou mais aussi de Gilbert Bécaud à cette époque s’appelait Pierre Delanoë, célèbre parolier de la musique française, mais aussi militant d’extrême droite. Les concerts de Sardou dans le début des années 1970 étaient protégés par des cars de CRS. Un jour les militants de la LCR ont accueilli les spectateurs à Toulouse sous une haie de bras tendus suite à des chansons comme <em>Ne m’appelez plus jamais France</em>, <em>Je suis pour</em> [la peine de mort. NDLR], mais aussi Les Ricains. Malgré cela, Michel Sardou niera toujours avoir une quelconque sympathie pour l’extrême droite, se définissant plutôt comme un anarchiste de droite<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_1_448" id="identifier_1_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter &agrave; cet &eacute;gard &agrave; l&rsquo;ouvrage de Pascal Ory sur ce sujet. Un chapitre est consacr&eacute; &agrave; Michel Sardou.">2</a></sup>, ne se reconnaissant pas dans la gauche. Il faut croire que le mythe n’a pas complètement disparu puisque le magazine <em>Tribune Musicale</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_2_448" id="identifier_2_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune Musicale n&deg;4 hiver 2000. Pour ce qui est de cette revue, se reporter au chapitre concernant la mouvance RIF.">3</a></sup> lui consacrera un article à propos de l’album <em>Français</em>.<br />
Quoique moins connu, un autre chanteur relativement célèbre à l’époque, aux textes très réactionnaires, fut aussi assimilé mais cette fois avec raison à l’extrême droite. Il s’agit de Philippe Clay (ancien préfet de police !), dont la chanson <em>Mes Universités</em> attaquait les mouvements de Mai 68.</p>
<p>Cependant peu de relais ne signifie pas aucun.</p>
<h3>Les pionniers de la variété faf dans les années 1980</h3>
<p>Les années 1980 vont voir émerger quelques artistes revendiquant clairement leur engagement à droite de la droite.<br />
Le plus connu est à l’époque Jean-Pax Méfret. Chanteur d’origine pied-noire, ce journaliste sort son premier album en 1980. Intitulé <em>Vous allez me traiter de réac’</em>, cet opus témoigne de ce qui sera l’orientation de Jean-Pax Méfret durant toute sa carrière avec des titres comme <em>Le chanteur de l’Occident</em>, <em>La Sibérie</em>, <em>Goulag</em>, <em>Les démagos</em>.<br />
Les thèmes principaux de la plupart de ses chansons seront l’anticommunisme et la nostalgie de l’empire. Suivront les albums <em>Faits divers</em>, <em>Combats-Algérie</em>, <em>Ni rouge ni mort</em>, etc. Jean-Pax sera distribué par la SERP mais aussi par Veronica SA, petite SARL animée par Gérald Penciolelli, ancien d’Ordre Nouveau et pivot longtemps incontournable de la presse nationaliste (<em>Le Choc du Mois</em>, <em>Minute</em>). Les années 1990 et le reflux communiste entraîneront une certaine traversée du désert pour le chanteur de l’Occident qui préférera alors se consacrer au journalisme – au sein du <em>Figaro</em> &#8211; et à l’écriture, avec par exemple une biographie de Bastien-Thiry. Cela n’empêche pas la sortie de compilations comme <em>Les années froides</em>… ou <em>Algérie nostalgie</em>, éditées en 1996 par une petite maison d’édition pied-noire ou encore un coffret de deux CD édité fin 2003 et reprenant quasiment tous ses titres. Cette dernière compilation est d’ailleurs distribuée par la SARL DPF basée à Chiré-en-Montreuil et qui est largement impliquée dans le courant catholique intégriste nostalgique de l’Algérie Française.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/DSC_0040_web-3-90744.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1403" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/DSC_0040_web-3-90744.jpg" alt="DSC_0040_web-3-90744" width="551" height="385" /></a></p>
<p>La deuxième figure de la chanson nationaliste est Christophe Lespagnon, alias Docteur Merlin, chirurgien dentiste et longtemps militant FN, dont le répertoire puise son inspiration dans les thèmes de la Nouvelle Droite et du paganisme européen. Ses premiers albums s’intitulent <em>Païen</em>, <em>Le vent mauvais</em>, <em>Persiste et signe</em> ou encore <em>Europe</em>, qui sort au milieu des années 1980 et est édité par la SERP qui le présente alors de la façon suivante : « <em>Un nouveau talent de la chanson engagée… à droite. Le Docteur Merlin chante tout haut ce que vous pensez tout bas ! Et aborde dans ses textes tous les thèmes qui nous tiennent à cœur</em> ». L’un des titres les plus « célèbres » est celui d’un 45T, <em>Ahmed</em>, aux paroles discrètement racistes différencialistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_3_448" id="identifier_3_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le racisme ethno-diff&eacute;rentialiste a &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute; par la Nouvelle Droite dans les ann&eacute;es 1970. Il consiste &agrave; refuser le m&eacute;tissage au nom de la n&eacute;cessaire richesse des cultures humaines et donc &agrave; remplacer les vieux arguments racistes de sup&eacute;riorit&eacute; par de nouveaux concepts apparemment plus respectueux des autres.">4</a></sup> et sera suivi de quelques autres, comme <em>Enchanté !</em> avec des titres de chansons qui parlent d’eux-mêmes : <em>Y’a bon la sécu</em>, <em>Budapest</em>, <em>La gégène</em>, etc. Le dernier album en date est <em>Soleil de pierre</em>, sorti au milieu des années 1990 et dont les chansons ont été écrites par Maurice Rollet, « greciste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_4_448" id="identifier_4_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre du Groupement de Recherche et d&rsquo;&Eacute;tude sur la Civilisation Europ&eacute;enne (GRECE) fond&eacute; en 1969.">5</a></sup>» historique et administrateur de la Domus Europa, propriété située dans les Bouches-du-Rhône dont les activités sont celles de cette mouvance.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Docteur_Merlin-526e2.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1404" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Docteur_Merlin-526e2.jpg" alt="Docteur_Merlin-526e2" width="250" height="250" /></a><br />
Ne délaissant pas le côté militant, Christophe Lespagnon suivra la scission mégrétiste de 1999 et entrera d’ailleurs au Conseil National du Mouvement National avant de s’en éloigner comme beaucoup d’autres. Il gravite à présent dans cette mouvance ethno-identitaire dont l’une des manifestations est la Maison de l’Identité de Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_5_448" id="identifier_5_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Portrait dans le chapitre sur les labels du RIF.">6</a></sup>. Le Docteur Merlin fit d’ailleurs un petit concert pour la 1ère Fête de l’Identité et des Libertés le 09 novembre 2002<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_6_448" id="identifier_6_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour un compte-rendu de la 1&egrave;re FIL, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;5.">7</a></sup>. On peut encore le voir se produire à droite ou à gauche (plus rarement à gauche quand même !), au restaurant parisien La Mère Agitée par exemple, dont la propriétaire est très proche de l’association Terre et Peuple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_7_448" id="identifier_7_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association politique-culturelle fond&eacute;e en 1995 par Pierre Vial, ancien du GRECE et alors cadre important du FN, et revendiquant une orientation religieuse pa&iuml;enne et de la mouvance identitaire.">8</a></sup>. Ses premiers albums ont par ailleurs été réédité par Musique &amp; Tradition l’année dernière, ce qui témoigne de l’attachement fidèle d’une partie du public nationaliste, y compris dans sa composante jeune, à ce chanteur. Docteur Merlin aura d’ailleurs droit à une interview dans <em>Jeune Résistance</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_8_448" id="identifier_8_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;7, juin-juillet 1997. Jeune R&eacute;sistance a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e en 1995 par certains jeunes militants de Nouvelle R&eacute;sistance.">9</a></sup>, pourtant habituellement plus portée sur le rock hard-core.</p>
<p>À ces deux lascars, on peut ajouter Jean-Paul Gavino dont le registre est encore plus précis puisqu’il s’adresse quasiment exclusivement au public rapatrié d’Algérie comme en témoigne la liste de ses albums : <em>Moi je suis né pied-noir</em> (1984), <em>Méditerranée</em> (1986), <em>Nostalgies</em> (1989), <em>Le Drapeau</em> (1992), <em>Notre-Dame de Santa-Cruz</em> (1994), <em>Le dernier pied-noir</em> et <em>Couleurs de la vie</em> (1996), etc. Le dernier en date s’intitule <em>Résistances</em> et bénéficie du soutien du FN. Il faut dire que les 13 chansons qui le composent se veulent plus « généralistes » que par le passé. Jean-Paul Gavino sans être un militant FN n’a d’ailleurs jamais caché sa sympathie pour le parti de Jean-Marie Le Pen, jouant en particulier lors de fêtes des Bleu-Blanc-Rouge<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_9_448" id="identifier_9_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te annuelle du FN, qui s&rsquo;est longtemps d&eacute;roul&eacute;e en r&eacute;gion parisienne. Elle ne se tient plus depuis 2002, la mairie de Paris louant la pelouse de Reuilly &agrave; d&rsquo;autres activit&eacute;s. Elle a &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par des f&ecirc;tes r&eacute;gionales.">10</a></sup> (BBR) ou dans des municipalités frontistes comme Vitrolles lorsque cette commune était administrée par les époux Mégret. Il bénéficie par ailleurs du soutien inconditionnel de figures de la mouvance nationaliste comme le journaliste de <em>Présent</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_10_448" id="identifier_10_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quotidien national-catholique fond&eacute; en 1984.">11</a></sup> Alain Sanders.</p>
<p>Signe malgré tout de la misère artistique de la scène nationaliste dans les années 80 et même 90, le Front National sera obligé d’organiser des concerts de sosies de chanteurs, comme Michel Sardou et Mylène Farmer ! Il parviendra une fois à faire jouer Daniel Guichard alors en pleine traversée du désert mais le chanteur sera rapidement obligé de s’expliquer devant le concert de protestations.</p>
<h3>Les rebelles du rock du temps jadis</h3>
<p>Des groupes de Hard Rock ont pu faire référence au nazisme et au fascisme, mais plus par provocation et par bêtise que par réelle motivation politique. De façon non exhaustive, on peut ainsi évoquer Brian Jones se déguisant en SS alors qu’il était guitariste des Rolling Stones. Ou Lou Reed sculptant des croix gammées dans ses cheveux en 1974. Ou encore toutes les provocations de Sid Vicious ou de Siouxie durant la vague punk de la fin des années 1970. Cela s’est encore vu il y a six ans avec les déclarations tapageuses du chanteur de Kula Shaker, Crispian Mills, au magazine <em>NME</em> en mars 1997 : « H<em>itler savait plus de choses qu’il n’en a laissé paraître. Les nazis ont étudié le Veda, les Saintes Écritures, le Graal. Ils versaient aussi dans la magie et tout ça. J’aimerais être entouré sur scène de grandes svastikas flamboyantes !</em> ». Mills revint par la suite sur ses déclarations mais il n’en reste pas moins que son entourage était alors composé de personnalités issues de la mouvance nationaliste britannique comme Marcus MacLaine, ancien responsable du mouvement de jeunesse du National Front, ou William Cooper, éditeur antisémite américain. Cependant ce type d’exemple est toujours demeuré assez marginal dans la scène grand public, a fortiori en France.</p>
<p>Il n’en va pas de même dans la scène militante. Si, comme nous le verrons par la suite, l’appellation Rock Identitaire Français est assez récente et correspond à une scène musicale bien particulière, les expériences associant rock et idéologie nationaliste ne datent pas du RIF. Bien sûr, le Rock nationaliste s’est propagé en masse avec l’arrivée du RACR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_11_448" id="identifier_11_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ock Against Comrnunism. Appellation donn&eacute;e aux groupes et concerts de skins et militants d&rsquo;extr&ecirc;me droite &agrave; la fin des ann&eacute;es 70 en Angleterre. Par extension, le terme RAC d&eacute;signera tout groupe ou concert d&rsquo;extr&ecirc;me droite par la suite.">12</a></sup> en Europe et l’émergence de la scène skinhead d’extrême droite au début des années 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_12_448" id="identifier_12_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme nous avons pu le pr&eacute;ciser en introduction, nous ne traiterons pas de cette sc&egrave;ne dans le pr&eacute;sent ouvrage. Les lecteurs ou lectrices curieux se reporteront aux num&eacute;ros de REFLEXes dans lesquels nous avons abord&eacute; le sujet et au livre B&ecirc;tes et m&eacute;chants, &Eacute;ditions REFLEX.">13</a></sup>. Mais quelques personnes avaient tenté l’expérience de ce mélange explosif dès les années 1970. Il y avait ainsi eu en Allemagne un groupe nommé Ragnarock<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_13_448" id="identifier_13_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce nom renvoie &agrave; la mythologie nordique et d&eacute;signe la fin du monde et la mort des dieux.">14</a></sup> et le groupe Janus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_14_448" id="identifier_14_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Personnage de la mythologie romaine &agrave; double visage.">15</a></sup> en Italie. En France on peut dire que le premier vrai disque de rock de la mouvance nationaliste est l’œuvre de Jack Marchal et d’Olivier Carré. Ils se sont rencontrés en militant dans le même milieu et les deux hommes sont alors des figures de la scène nationaliste radicale. Ayant rejoint le [GUD-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article372] peu de temps après sa création, Marchal est en effet le père de la bande dessinée des fameux rats noirs qui vont devenir l’animal totem des gudards. Il s’engage ensuite tout naturellement au sein d’Ordre Nouveau, de <em>Faire Front</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_15_448" id="identifier_15_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Journal lanc&eacute; en 1973 par les militants ayant refus&eacute; l&rsquo;int&eacute;gration d&rsquo;Ordre Nouveau dans le Front National. Il servira de base pour la cr&eacute;ation du Parti des Forces Nouvelles en 1974.">16</a></sup> puis du Parti des Forces Nouvelles. Il finira par rejoindre le FN au milieu des années 1980 tout en gardant un œil sur les initiatives universitaires. On pourra ainsi voir sa signature dans <em>Nouvelle Université</em>, la revue du Renouveau Étudiant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_16_448" id="identifier_16_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Syndicat &eacute;tudiant li&eacute; au FN fond&eacute; en 1990 et qui s&rsquo;est dissous en 1999.">17</a></sup> dans la première moitié des années 1990. Olivier Carré pour sa part a commencé à militer à Ordre Nouveau alors qu’il était encore lycéen. En 1973, il participe à la relance du GUD sur Assas et va se trouver incorporé grâce à ses indéniables talents artistiques dans le projet <em>Alternative</em>, c’est-à-dire une revue emblématique de l’esprit GUD quoique n’étant pas directement liée à ce groupe<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_17_448" id="identifier_17_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par la suite, Olivier Carr&eacute; rejoint le GRECE en 1981 et se rapproche de Guillaume Faye avec lequel il participe au concept Avant-Guerre, groupe d&rsquo;expression artistique qui produisit en particulier des &eacute;missions de radio dans les ann&eacute;es 1983-1984. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; dans un accident de moto en 1994.">18</a></sup>. Les deux hommes s’y retrouvent et leurs illustrations vont largement contribuer au relatif succès d’<em>Alternative</em>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Science_et_violence-70588.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1405" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Science_et_violence-70588.jpg" alt="Science_et_violence-70588" width="298" height="487" /></a><br />
Le disque, puisque c’est tout de même ce qui nous intéresse, s’intitule <em>Science &amp; Violence</em> et est réalisé à Rome en 1979. Outre Jack Marchal (guitare, et tous les autres instruments) et Carré (chant), le groupe sans nom compte Mario Ladich (batterie), membre de Janus. Marchal ayant dessiné la pochette de l’album <em>Al Maestrale</em> et discuté musique avec le militant italien, les trois hommes se mettent d’accord pour tenter quelque chose. Cela donne un album dont la musique est plus proche de Led Zeppelin que de Bunker 84. Mais qui est mieux placé que Jack Marchal pour l’évoquer ? Ce qu’il fait dans un long entretien datant de 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_18_448" id="identifier_18_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pas d&rsquo;Panique &agrave; Bord &ndash; Europe Nouvelles n&deg;11-12, f&eacute;vrier 1996">19</a></sup> et dans lequel nous pouvons retenir les propos suivants, sur le rock et la musique en général :</p>
<p>« <em>- <strong>Europe Nouvelles : Question qui concerne aussi la sous-culture juvénile droitiste : n’as-tu pas animé un groupe de rock, il y a une quinzaine d’années, et publié un disque ?</strong><br />
- Jack Marchal : C’est drôle que tu me parles de cela ! je croyais que cette vieille affaire était classée&#8230; Et puis, je n’aime pas beaucoup mêler l’esthétique et le politique. Rien ne m’ennuie autant que de devoir dire du bien, sous prétexte qu’ils sont « de chez nous », d’un mauvais artiste ou d’un écrivain détestable&#8230; Alors, oui, bon, j’ai fait avec quelques amis, en 1979, un 33 t qui n’était pas si mal dans son contexte, et que je trouve affreusement médiocre aujourd’hui – ne seraient-ce quelques passages, quand même. L’album est épuisé, fort heureusement.</em></p>
<p><strong>- EN : Il y a eu une floraison de groupes de rock nationaliste en Europe, à ce moment-là ?</strong><br />
- JM : N’exagérons rien. En Allemagne et plus encore en Italie (surtout dans le Nord) on a vu se manifester une série de groupes d’inspiration folk, à guitares sèches, qui faisaient un travail souvent d’une superbe qualité. Le rock proprement dit était représenté par le groupe Janus à Rome, réuni autour du batteur Mario Ladich. En Allemagne, il y avait Ragnarock, basé autour de Stuttgart, et dont le chef était le chanteur et organiste Dietmar Lohrmann. Et en France, il y a eu autour de moi un groupe sans nom, à géométrie variable, où tournaient un demi-douzaine de camarades, relevant tous plus ou moins de la mouvance GUD, d’ailleurs. Trois groupes dans trois pays, c’était peu pour faire une école mais j’étais aussi bien en relation avec Janus (c’est son leader qui a tenu la batterie sur mon disque, enregistré en Italie) qu’avec les types de Ragnarock qui étaient et restent des amis personnels.</p>
<p>- <strong>EN : Que sont devenus ces trois groupes ?</strong><br />
- JM : Ils ont eu une histoire parallèle : ils se sont formés vers 1977, ont fait quelques concerts diversement appréciés et des enregistrements autoproduits où voisinent le pire et le plus ou moins bon, en chantant dans leur propre langue des textes qu’ils ne risquaient pas d’entendre ailleurs, et ont disparu du côté de 1982 sans laisser de postérité.</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>D’où vient cette simultanéité ?</strong><br />
- JM : Il y a une raison, d’ordre économique. Avant 1977, disposer d’un matériel décent et de moyens d’enregistrement corrects n’était guère à la portée d’amateurs. Après 1982, la sophistication des technologies d’enregistrement numérique, la multiplication des stations FM et l’introduction, du compact-disc ont haussé à l’extrême les exigences de qualité du son et remis la musique sous le contrôle du secteur professionnel. Mais entre les deux, il y a eu une fenêtre de quelques années de liberté. D’autant que le rock était en train de s’émietter entre quantité de courants et de styles. Tout paraissait alors ouvert, tout devenait possible.</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>C’est du reste dans cette même période 1977-1982 qu’ont éclos successivement le punk, la disco, et surtout la new wave. Alors, pourquoi ne pas faire du rock avec des textes militants exprimant notre sensibilité ?</strong><br />
- JM : Nous avons été quelques-uns à en avoir l’idée, au même moment. L’esprit du temps s’y prêtait. Tout un climat avait été préparé par l’irruption d’un rock américain explicitement sudiste, par l’imagerie gothico-runique des formations de hard-rock, par les coquetteries verbales de stars comme David Bowie qui disait souhaiter un gouvernement d’extrême droite en Angleterre.. Dans ce pays, un groupe appelé les Cortinas s’était taillé un joli succès avec son tube « I Wanna Be A Fascist Dictator ». En 1977, Eric Clapton, le héraut du blues britannique, avait fait scandale en souhaitant publiquement le rapatriement des immigrés &#8211; ça lui a d’ailleurs coûté quelques années au purgatoire des médias.<br />
De plus, on l’a un peu oublié, le milieu des années 70 avait vu s’affirmer un peu partout en Europe des rocks indigènes, s’exprimant en langue locale, ce qui leur donnait ipso facto une coloration identitaire, bien qu’ils soient fréquemment très à gauche. En France, cette vague nous a donné entre autres Téléphone et Taxi-Girl. En Italie, en Suède, il y a eu des groupes totalement fabuleux à cette époque, mais qui sont restés confinés à leur aire linguistique. La seule vraie percée a été réussie en 1975 par Kraftwerk, avec son Autobahn, innovation absolue sur tous les plans : premier rock 100% électronique de l’histoire, premier hit &#8211; pardon schlager &#8211; international chanté en allemand, par le premier groupe à remettre à la mode les cheveux courts&#8230; Kraftwerk a été une révolution esthétique presque aussi fondamentale que celle commise dix ans plus tôt par les Beatles.</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Et pourquoi Janus, Ragnarock, toi, n’avez vous pas cherché à continuer ?</strong><br />
- JM : Ce que nous voulions faire, nous l’avions fait une bonne fois ; après, ç’aurait été du rabâchage. Les slogans mis en musique, ça va un moment, mais ça lasse vite ! Une autre raison : les groupes anglais, qui ronronnaient un peu depuis plusieurs années, se sont remis à être terriblement créatifs, à en être écoeurants ! Pink Floyd nous a asséné son chef-d’oeuvre (et chant du cygne) The Wall, tandis qu’on assistait à l’essor d’Orchestral Manœuvre in the Dark, Depeche Mode, Ultravox, Simple Minds…<br />
Il devenait beaucoup plus excitant d’écouter là musique des autres que d’essayer d’en faire soi-même !</p>
<p>-<strong> EN :</strong> <strong>Pour le public de droite dans son ensemble, le rock était en soi plutôt suspect.</strong><br />
- JM : C’est vrai que, longtemps, a régné l’équation rock = cheveux longs = gauchistes + drogués. Ce n’était pas mon point de vue, et pour cause, puisque j’ai fait du rock avant de faire de la politique. J’avais 16 ans quand j’ai pour la première fois participé à un groupe, dans une petite ville de Normandie ; nous faisions les fêtes de notre collège, des boums en ville, même des kermesses paroissiales&#8230; C’était en 1963, on commençait juste à découvrir les Beatles sur les radios anglaises. Ce n’est que trois ans plus tard, à Paris, que j’ai rejoint Occident. C’était alors le seul mouvement nationaliste où écouter et apprécier les Rolling Stones était considéré comme normal ; dans les organisations concurrentes, c’était un motif d’exclusion ! En ce sens, on peut dire que le rock, au même titre que la BD, a eu sa part dans la formation de la culture GUD dont nous parlions. Parmi les adhérents d’Occident, et plus encore Ordre Nouveau, il y a eu un nombre étonnant de producteurs, DJs, organisateurs de concerts, ingénieurs du son etc., mais on était dans une situation schizophrène : s’il était admis entre nous que le rock faisait partie de notre univers, il était impensable d’en faire état dans nos publications. Le tabou n’a été levé qu’en 1972-1973.</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Un tel cheminement pourrait-il se reproduire aujourd’hui avec, disons, le rap ?</strong><br />
- JM : Ça ne peut pas être mis sur le même plan. Le rock’n’roll stricto sensu est un genre américain très défini, situé au confluent de la country music et du jazz de danse (swing, boogie etc.). Sur cette base somme toute sommaire, dans les années 60, essentiellement sous l’impulsion des Beatles, un monde foisonnant s’est mis à bourgeonner dans tous les sens, jusqu’à phagocyter l’ensemble des styles musicaux faisant appel à des instruments amplifiés et à l’électronique. On s’est alors trouvé en panne de définitions : on a parlé de pop music, de rock music, sans réussir à embrasser toute l’étendue de cette musique multiforme. Elle constituait dans les années 70 un faisceau de genres en plein devenir. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, c’est la quasi-totalité de la musique populaire qui se trouve annexée aux courants issus du rock.<br />
La-dedans, le rap représente juste un sous-embranchement, un cul-de-sac de l’évolution, une niche régressive, un genre terriblement stéréotypé, comme toutes les musiques noires…</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Tu dénies toutes racines noires au rock ?</strong><br />
- JM : Et même au jazz ! Qu’on me trouve, dans les musiques traditionnelles africaines, quelque chose qui ressemble même de loin au ragtime ou au blues : ça n’existe pas. Les rythmes du jazz primitif, on les trouve déjà tout armés dans les opérettes anglo-saxonnes du XIXe siècle ! Autant il est exact que les Noirs ont donné de magnifiques interprètes au jazz, plus rarement au rock, autant il est vrai que toutes les phases de son évolution ont été impulsées par des Blancs. C’est comme ça !</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Comment réagis-tu quand on te dit que le rock actuel, et ce qui en découle, est facteur de déracinement culturel ?</strong><br />
- JM : C’est vrai mais c’est faux, parce que la musique aura toujours forcément valeur de discriminant tribal, et, osons le dire, racial.<br />
Chaque grande aire culturelle possède ses propres modes, ses propres gammes, etc. : il y a une musique jaune, commune à toute la civilisation chinoise, Viet-Nam et Japon compris, il y a une musique indienne, une musique arabo-islamique, et une musique occidentale, ou européenne. Et c’est à peu près tout.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Marchal_et_Italie-5132f.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1406" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Marchal_et_Italie-5132f.jpg" alt="Marchal_et_Italie-5132f" width="205" height="295" /></a>Ces musiques sont irréductibles les unes aux autres. Et elles ne sont pas égales entre elles, c’est l’évidence. L’évolution a consacré la supériorité d’une culture musicale particulière, d’apparition récente, cristallisée aux XIIIe-XlVe siècles entre Paris, Londres, les Flandres et la Champagne. Que le substrat celtique de ces régions ait joué un rôle là-dedans, c’est une hypothèse plausible. C’est en tout cas dans cet espace qu’a eu lieu la révolution polyphonique qu’a été mise au point initialement la musique tonale, monorythmique, qu’ont eu lieu les débuts de l’harmonie et du contrepoint. Cette musique a connu ses plus belles floraisons en Allemagne et en Italie, elle s’est étendue à toute l’Europe, et toutes les cultures d’Europe lui ont apporté quelque chose, de la Russie à <em>l’Espagne, de la Tchéquie à la Norvège. C’est la musique de la civilisation européenne (pas chrétienne : la polyphonie n’a pu s’affirmer que dans une société en voie de laïcisation, en réaction contre l’Eglise et sa monophonie grégorienne issue des mélopées proche-orientales). Cette musique est en train de conquérir le globe.<br />
Mais on me fait bien rire, avec le concept de world music, de “musiques métissées”.<br />
C’est néant. Tout ce qu’il y a, c’est une musique tonale européenne ornée ça et là d’inflexions qui font couleur locale, rien d’autre. Ça peut donner des combinaisons pittoresques, sans plus. Ce prétendu syncrétisme musical exerce un effet de déracinement, oui, mais pas sur nous. La pop anglo-indienne, le rock de Hong-Kong et le raï nord-africain éveillent la commisération, en tant que témoignages de l’effondrement de cultures torpillées par la modernité.</em></p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Et le rock, dans tout cela ?</strong><br />
- JM : Il s’inscrit dans le courant général de la musique occidentale, et se trouve au plus près de ce qui est peut-être sa source celtique première. Mais c’est vrai qu’il est plus que jamais une marchandise, une industrie hautement capitalistique, et qu’il consacre l’impérialisme de la langue anglaise. S’il n’y avait que dans ce domaine &#8230;<br />
Tout ce que nous pouvons faire, c’est exercer notre choix dans le meilleur de l’offre mise à notre disposition, en laissant parler nos inclinations ataviques. Et là, je ne me fais guère de soucis. Il suffit de voir le public qui s’écrase aux concerts des nouveaux groupes britanniques qui font la musique la plus spécifiquement européenne (Blur, Oasis, Cast, etc.) : son homogénéité raciale évoque celle d’un meeting du FN ! On peut faire à peu près la même observation avec la techno. La musique, quelle qu’elle soit, restera toujours le plus puissant des marqueurs ethniques.</p>
<p>- <strong>EN : La montée en puissance des mouvements nationaux en Europe n’est-elle pas de nature à susciter un regain de rock droitiste ?</strong><br />
- JM : Il y a certes la musique Oï, mais il faut aimer. Il y a des années qu’elle me fatigue&#8230; En France, le groupe Vae Victis a sorti un CD d’une très belle qualité, qui pourrait bien faire école. Et dans le genre chanteur à guitare, il y a en Allemagne l’ami Frank Rennecke, qui est tout simplement pourri de talent, et de courage. S’il avait consenti à donner dans le politiquement correct, je ne doute pas qu’il serait une star de premier plan dans son pays. »</p>
<p>Jack Marchal demeure de fait une référence incontournable quoique souvent décriée du rock nationaliste en France. C’est pour cette raison qu’il a par exemple été l’invité du FNJ 75 en octobre 2003 pour prononcer une conférence sur le RIF.<br />
Pour compléter ces propos, notons que quelques années plus tard, au début des années 80, des militants du GUD Paris ont enregistré un 45 tours resté orphelin. Par ailleurs, des groupes comme Indochine auront un public nationaliste, en raison de certaines chansons comme « L’Aventurier » ou de propos provocateurs.<br />
Mais cela n’ira pas bien loin.</p>
<h3>Dur, dur d&rsquo;être un rocker (faf) !</h3>
<p>Globalement les jeunes natios de cette époque sont plutôt tournés vers la musique new wave et la scène électro-industrielle qui monte. Il a même existé un groupe faf de new wave, Force de Frappe<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_19_448" id="identifier_19_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un autre groupe a adopt&eacute; ce nom dans les ann&eacute;es 1990. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un groupe RAC de l&rsquo;Essonne.">20</a></sup>, mais il n’a pas laissé énormément de traces. Les années 1980 et le début des années 1990 ont donc été très dures pour le militant nationaliste voulant écouter du rock sans tomber dans le RAC et le milieu skinhead. Il est alors obligé de se rabattre sur les valeurs sûres de la musique nationaliste déjà rencontrées ci-dessus, Docteur Merlin et Jean-Pax Méfret, mais il faut bien avouer que tout ça n’est pas très rock’n’roll. Il existe bien encore des groupes nationalistes en dehors des groupes skins, mais il s’agit de formations le plus souvent basées à l’étranger comme Laibach (fort prisé par les cadres de Troisième Voie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_20_448" id="identifier_20_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement nationaliste-r&eacute;volutionnaire des ann&eacute;es 1980 dirig&eacute; par Jean-Gilles Malliarakis et qui a donn&eacute; naissance &agrave; Nouvelle R&eacute;sistance en 1991.">21</a></sup> et par Bertrand Burgalat en particulier).<br />
Ce groupe slovène émerge à la fin des années 1980 porteur d’une image de groupe « totalitaire » à cause de ses choix politique-esthétiques. La réflexion du groupe porte en effet avant tout sur la condition des hommes face à l’héritage du totalitarisme bureaucratique, qu’il soit stalinien ou hitlérien, et sur les techniques artistiques à utiliser pour provoquer une réaction des masses. Laibach est alors le groupe le plus sulfureux d’une scène appelée à se développer dans les années 1990, la musique électro-industrielle.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/0292-laibach_021-1c9d7.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1407" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/0292-laibach_021-1c9d7.jpg" alt="0292-laibach_021-1c9d7" width="300" height="212" /></a></p>
<p>Ce concept lancé au milieu des années 1970 par l’artiste américain Monte Cazazza est à nettement séparer du bruitisme dont l’un des représentants français le plus célèbre est <a href="http://www.myspace.com/aerobruitisme" target="_blank">Jean-Marc Vivenza</a>, basé à Grenoble, longtemps militant à Troisième Voie puis à Nouvelle Résistance. La musique qu’il produit depuis des années n’est pas assimilable à du rock, n’est d’ailleurs pas de la musique et ne prétend pas en être. Le bruitisme est en effet basé sur les travaux de Luigi Russolo qui en a défini les concepts dans un ouvrage intitulé <em>Art des Bruits</em> et publié en 1913. Vivenza se place dans une perspective qui est celle du futurisme historique et n’est donc pas susceptible d’être écouté par un public habitué à retrouver ses références pop ou rock. En outre, ces dernières années, Vivenza s’est surtout investi dans la philosophie en animant à Grenoble le Pôle philosophique Hélios, proche de Synergies Européennes et en publiant quelques ouvrages, parfois chez de « grands éditeurs » comme Albin Michel. S’il est le plus connu, Vivenza n’est d’ailleurs pas le seul animateur de cette scène et l’on pourrait citer également Philippe Laurent sur le même créneau.</p>
<p>Il y aura malgré tout quelques expériences assez curieuses durant ces années, comme la collaboration entre William Sheller et le groupe skinhead nationaliste Tolbiac’s Toads. Le groupe participera au titre &laquo;&nbsp;L’Empire de Toholl” sur l’album <em>Univers</em> du chanteur. Il y aura également un projet de 45 tours, mais il ne sera jamais finalisé et le groupe sera simplement figurant dans un clip du chanteur. Mais on en revient toujours au même constat que la scène rock française est tout sauf nationaliste ce qui désole une partie de la mouvance militante comme en témoigne cet article du magazine <em>[Réfléchir &amp; Agir-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article83]</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_21_448" id="identifier_21_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir n&deg;11, &eacute;t&eacute; 1995. La revue a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e en 1993 par [&Eacute;ric Rossi-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], ancien skinhead &eacute;tudiant &agrave; la facult&eacute; de Droit d&rsquo;Assas sur des bases nationalistes-r&eacute;volutionnaires. Elle a depuis maintes fois chang&eacute; d&rsquo;&eacute;quipe. Pour plus d&rsquo;informations, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;51 et REFLEXes n&deg;4 (nouvelle s&eacute;rie).">22</a></sup> : « <em>Il convient de souligner l’importance de la musique comme vecteur de diffusion de nos idées et comme pilier d’une contre-culture à construire. Or malgré quelques groupes phares comme Skrewdriver pour le RAC ou comme Death In June ou Laibach pour le courant electro-industriel, n’y trouvant pas leur compte, les jeunes nationalistes se sont souvent rattachés à d’autres courants musicaux en y perdant par là-même une quelconque substance politique et idéologique. Certains chanteurs ou groupes nationalistes, très clairvoyants ont engagé dès la fin des années 80 un effort remarquable de diversification. Oï, RAC, hard rock, industriel, électro-techno, rockabilly, country, folk… Beaucoup de styles nouveaux que les nationalistes auraient du investir dès qu’ils constituaient des modes en chargeant les rythmes et les mélodies de paroles ouvertement nationalistes, européennes…</em><br />
<em>Dans les années 80, le rock alternatif avait constitué le principal moyen de séduction de la jeunesse mis en place par le Parti Socialiste et le néfaste Jack Lang, sponsor officiel des Bérurier Noir, Mano Negra et autres groupes de rap, ce rock alternatif était le vecteur principal du message antiraciste et du combat contre le Front National Il était mort avec le vieillissement de ses leaders, le développement et l’installation du Front National dans le paysage politique et les défaites successives du Parti Socialiste.<br />
Du côté des nationalistes, pour peu que l’on ne soit pas toujours en retard d’une mode, la musique doit être notre arme principale auprès de nos éléments les plus jeunes. Il ne s’agit pas de se rallier à la mode, au délire consumériste, mais de comprendre la société pour la convaincre par les moyens auxquels elle s’est habituée. Il ne s’agit pas d’être branché mais de rechercher l’efficacité. Non le rock n’est pas une invention satanique. Il est un moyen d’expression chez les jeunes.<br />
Il faut bien en prendre acte, particulièrement en France, le rock ne peut plus être apolitique, chargé initialement d’un message de contestation anti-système, il a largement débordé de ce cadre depuis. Le rock est engagé et les modes sont récupérées, alors il convient de se placer à l’avant-garde et de ne pas récupérer une mode lorsqu’elle n’intéresse plus personne.[…] Se situer à l’avant-garde, c’est exercer selon son domaine et ses capacités un travail de recherche, d’innovation, d’adaptation, ici des courants musicaux</em> ».</p>
<p>Comme on le voit, l’auteur de ces lignes tirait des conséquences que le RIF allait mettre en pratique.</p>
<p>Vers <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-2/">l&rsquo;introduction 2004</a><br />
Vers le <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/">chapitre II</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_448" class="footnote">La Fédération d’Action Nationale et Européenne, fondée en 1966, fut à la fin des années 1970 la principale structure néo-nazie française. Dissoute en septembre 1982, elle parvint à se survivre quelques années sous la forme des FNE.</li><li id="footnote_1_448" class="footnote">Se reporter à cet égard à l’ouvrage de Pascal Ory sur ce sujet. Un chapitre est consacré à Michel Sardou.</li><li id="footnote_2_448" class="footnote"><em>Tribune Musicale</em> n°4 hiver 2000. Pour ce qui est de cette revue, se reporter au chapitre concernant la mouvance RIF.</li><li id="footnote_3_448" class="footnote">Le racisme ethno-différentialiste a été élaboré par la Nouvelle Droite dans les années 1970. Il consiste à refuser le métissage au nom de la nécessaire richesse des cultures humaines et donc à remplacer les vieux arguments racistes de supériorité par de nouveaux concepts apparemment plus respectueux des autres.</li><li id="footnote_4_448" class="footnote">Membre du Groupement de Recherche et d’Étude sur la Civilisation Européenne (GRECE) fondé en 1969.</li><li id="footnote_5_448" class="footnote">Portrait dans le chapitre sur les labels du RIF.</li><li id="footnote_6_448" class="footnote">Pour un compte-rendu de la 1ère FIL, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°5.</li><li id="footnote_7_448" class="footnote">Association politique-culturelle fondée en 1995 par Pierre Vial, ancien du GRECE et alors cadre important du FN, et revendiquant une orientation religieuse païenne et de la mouvance identitaire.</li><li id="footnote_8_448" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°7, juin-juillet 1997. Jeune Résistance a été lancée en 1995 par certains jeunes militants de Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_9_448" class="footnote">Fête annuelle du FN, qui s’est longtemps déroulée en région parisienne. Elle ne se tient plus depuis 2002, la mairie de Paris louant la pelouse de Reuilly à d’autres activités. Elle a été remplacée par des fêtes régionales.</li><li id="footnote_10_448" class="footnote">Quotidien national-catholique fondé en 1984.</li><li id="footnote_11_448" class="footnote">ock Against Comrnunism. Appellation donnée aux groupes et concerts de skins et militants d&rsquo;extrême droite à la fin des années 70 en Angleterre. Par extension, le terme RAC désignera tout groupe ou concert d&rsquo;extrême droite par la suite.</li><li id="footnote_12_448" class="footnote">Comme nous avons pu le préciser en introduction, nous ne traiterons pas de cette scène dans le présent ouvrage. Les lecteurs ou lectrices curieux se reporteront aux numéros de <em>REFLEXes</em> dans lesquels nous avons abordé le sujet et au livre <em>Bêtes et méchants</em>, Éditions REFLEX.</li><li id="footnote_13_448" class="footnote">Ce nom renvoie à la mythologie nordique et désigne la fin du monde et la mort des dieux.</li><li id="footnote_14_448" class="footnote">Personnage de la mythologie romaine à double visage.</li><li id="footnote_15_448" class="footnote">Journal lancé en 1973 par les militants ayant refusé l’intégration d’Ordre Nouveau dans le Front National. Il servira de base pour la création du Parti des Forces Nouvelles en 1974.</li><li id="footnote_16_448" class="footnote">Syndicat étudiant lié au FN fondé en 1990 et qui s’est dissous en 1999.</li><li id="footnote_17_448" class="footnote">Par la suite, Olivier Carré rejoint le GRECE en 1981 et se rapproche de Guillaume Faye avec lequel il participe au concept Avant-Guerre, groupe d’expression artistique qui produisit en particulier des émissions de radio dans les années 1983-1984. Il est décédé dans un accident de moto en 1994.</li><li id="footnote_18_448" class="footnote"><em>Pas d’Panique à Bord – Europe Nouvelles</em> n°11-12, février 1996</li><li id="footnote_19_448" class="footnote">Un autre groupe a adopté ce nom dans les années 1990. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un groupe RAC de l&rsquo;Essonne.</li><li id="footnote_20_448" class="footnote">Mouvement nationaliste-révolutionnaire des années 1980 dirigé par Jean-Gilles Malliarakis et qui a donné naissance à Nouvelle Résistance en 1991.</li><li id="footnote_21_448" class="footnote"><em>Réfléchir &amp; Agir</em> n°11, été 1995. La revue a été fondée en 1993 par [Éric Rossi-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], ancien skinhead étudiant à la faculté de Droit d’Assas sur des bases nationalistes-révolutionnaires. Elle a depuis maintes fois changé d’équipe. Pour plus d’informations, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°51 et <em>REFLEXes</em> n°4 (nouvelle série).</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (2) Introduction de 2004</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 14:31:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Identitaire Français (RIF)]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll Une vingtaine de musiciens, des CD vendus à 1000 ou 2000 exemplaires, des concerts dont le public oscille autour de 150 personnes et n’excède jamais les 300, une couverture médiatique plus que minimale&#8230; Pourquoi faire un livre sur le Rock Identitaire Français (RIF) ? Pourquoi [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Texte publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/couv-f31b0.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1393" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/couv-f31b0.jpg" alt="couv-f31b0" width="320" height="444" /></a></p>
<p>Une vingtaine de musiciens, des CD vendus à 1000 ou 2000 exemplaires, des concerts dont le public oscille autour de 150 personnes et n’excède jamais les 300, une couverture médiatique plus que minimale&#8230; Pourquoi faire un livre sur le Rock Identitaire Français (RIF) ? Pourquoi risquer de faire la promotion involontaire d’un phénomène marginal qui ne sort le plus souvent de l’anonymat que dans la rubrique « faits divers » ? Nous savons parfaitement que ces questions nous seront posées, parce qu’elles le sont régulièrement et ce depuis que le groupe REFLEX existe et qu’il publie la revue du même nom. Nous n’entendons pas les esquiver.</p>
<p>La volonté de produire un ouvrage sur le sujet résulte en fait d’un double intérêt. D’une part, il répond à notre souci essentiel, en tant que militants politiques libertaires et antifascistes, qui est de connaître nos adversaires. Nous avons toujours annoncé clairement notre démarche à ce sujet, que ce soit dans nos écrits ou par le simple slogan « Connaître ses ennemis pour mieux les combattre ! ». Bien évidemment nous ne sommes pas les premiers à écrire sur le RIF. Ras L’Front a déjà publié une petite brochure sur le RIF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-2/#footnote_0_450" id="identifier_0_450" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur les terres du Rock Identitaire Fran&ccedil;ais, apprenez &agrave; combattre les fascistes qui chantent, printemps 2002, remis &agrave; jour en 2003">1</a></sup>, un groupe antifasciste strasbourgeois a fait de même<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-2/#footnote_1_450" id="identifier_1_450" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Guitares et manches de pioches, brochure du CUVED de Strasbourg, septembre 2001">2</a></sup>, quelques articles ont déjà paru par le passé dans la grande presse (dont le dernier en date est un papier dans le magazine branché <em>Technikart</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-2/#footnote_2_450" id="identifier_2_450" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Technikart n&deg;80, &laquo; FN Academy: qui sont les rockers qui font danser l&rsquo;extr&ecirc;me droite ? &raquo;, mars 2004.">3</a></sup>) et il existe quelques sites Internet portant sur ce thème. Mais force est de constater que tout ceci ne nous convenait guère. Soit le travail était trop sommaire, soit les journalistes n’avaient pas le recul nécessaire pour mettre tous les éléments du sujet en relation, soit nous étions à l’origine d’une grande partie des informations, comme c’est le cas pour la brochure des camarades strasbourgeois. De fait, notre livre n’a pas la prétention d’être exhaustif sur le sujet, loin s’en faut, d’autant plus que nous ne pouvions publier toutes les informations en notre possession. Nous pensons cependant faire en partie le tour de ce qui peut être dit et doit être su sur cette question.</p>
<p>Cette volonté d’être à la fois précis et synthétique explique notre choix délibéré de ne pas inclure le RAC (Rock Against Communism), autrement dit le mouvement néo-nazi skinhead dans cette étude. Bien sûr, comme nous aurons l’occasion de le voir par la suite, il existe des liens entre les deux phénomènes et la musique RAC bénéficie toujours d’une audience respectable qui lui permet de produire CD et concerts. Mais les démarches sont globalement antinomiques et justifient qu’on les distingue. En outre, notre revue <em>REFLEXes</em> a déjà publié de nombreux articles sur ce sujet, qui sont consultables sur Internet, et il existe une synthèse sous la forme d’un chapitre dans <em>Bêtes et méchants</em>, le livre sur la jeunesse nationaliste que nous avons écrit et édité il y a de cela deux ans.</p>
<p>D’autre part, au delà de l’aspect militant de la question, le RIF est en lui même un sujet intéressant. C’est en effet la deuxième tentative, après le rock alternatif libertaire des années 1980, de lancer un mouvement politico culturel qui s’adresse spécifiquement à la jeunesse et revendique cette double dimension militante et culturelle. Mais c’est également le deuxième échec, et ce pour des raisons qui ne sont pas similaires. Une grande partie des personnes qui composaient les groupes de rock alternatif étaient des musiciens avant d’être des militants. Les « majors » musicales n’ont donc guère eu de mal à les réintégrer dans le circuit commercial dès que leur engagement a faibli au tout début des années 1990, avec des fortunes diverses bien entendu. Ce phénomène a marqué l’arrêt de mort d’un courant qui commençait largement à tourner en rond en terme de perspectives, et qui avait souvent atteint l’âge où l’on se pose un certain nombre de questions sur son avenir. Dans le cas du RIF, on verra dans les pages qui suivent que ses promoteurs les plus actifs ont toujours été des militants avant d&rsquo;être des musiciens et, élément aggravant, des militants nationalistes, voire néo fascistes. Il n&rsquo;était donc pas question pour ce courant politico musical d&rsquo;espérer pouvoir s&rsquo;appuyer sur le réseau d&rsquo;organisateurs indépendants et de MJC qui ont assuré le développement du rock alternatif dans les années 1980. La prétention des acteurs du RIF à se poser en nouvelle alternative n&rsquo;a pu masquer leur discours politique et le RIF est rapidement devenu un ghetto rassurant et mortifère. Cet échec est aujourd&rsquo;hui consommé, et dix ans après les premières apparitions de Vae Victis ou Fraction Hexagone, il est temps d&rsquo;en faire le bilan.</p>
<p>Nous avons adopté pour cet ouvrage un plan relativement simple qui a consisté à faire le panorama de ce qui existait avant le RIF en terme de musique engagée dans le courant nationaliste puis à balayer les différents aspects de ce courant culturel : origines, groupes, labels, supports de promotion. Nous avons également tenu à envisager la réception du RIF dans les milieux nationalistes car son accueil plus que mitigé explique sans doute en partie l&rsquo;échec de cette initiative. Enfin, il nous fallait revenir sur la situation de courants analogues dans certains pays d’Europe, puisque les groupes français ont toujours entretenu des contacts privilégiés avec certaines scènes, comme la scène italienne par exemple. Autant dire que nous n&rsquo;avons aucunement la prétention d&rsquo;avoir été originaux dans notre étude : cette démarche a déjà été développée par d&rsquo;autres. En revanche, nous avons la prétention d&rsquo;avoir été, dans la mesure du possible, objectifs. Pour ce faire, nous nous sommes largement appuyés sur des citations directes d&rsquo;acteurs du RIF, référencées et si possible non coupées, extraites généralement de publications de ce milieu. Ces références sont aisément vérifiables. Seuls les commentaires et les analyses que nous en tirons peuvent être qualifiées de subjectives, mais nous touchons là à l&rsquo;essence même des écrits politiques et donc à notre liberté d&rsquo;interprétation. Pour ces raisons, nous nous sommes interdits dans la mesure du possible tout commentaire qualitatif concernant ces groupes. Certains ont pu produire une musique de mauvaise qualité, d&rsquo;autres ont pu démontrer qu&rsquo;ils avaient un niveau musical plus que correct. Dans tous les cas, il ne nous semblait pas opportun d&rsquo;essayer de dénigrer ce courant musical sur ce plan, car tous les goûts sont dans la nature. En outre, le rock alternatif des années 1980 n&rsquo;était pas toujours franchement de qualité&#8230;</p>
<p>Nous avons donc essayé de garder une approche strictement politique du phénomène, considérant qu&rsquo;il se discréditait de lui même par ses orientations idéologiques. Pour les mêmes raisons, étant parfaitement conscients de l&rsquo;opprobre qui couvre avec raison le mouvement nationaliste, nous avons préféré maintenir une discrétion relative sur certaines personnes ayant joué un rôle dans le développement du RIF mais qui semblent avoir suspendu leurs activités. Cela explique que certains noms se résument à une initiale. Nous n&rsquo;avons par ailleurs cité que les noms des figures de premier plan, les figures secondaires étant laissées totalement dans l&rsquo;anonymat.<br />
Un dernier point nous semble important à préciser : les auteurs de ce livre ne sont pas des journalistes et le revendiquent. Nous sommes des militants engagés, et nous espérons simplement que le résultat de notre travail politique soit jugé intéressant, utile et rigoureux par tous ceux qui sont engagés dans la lutte antifasciste. Cela explique que nous restions dans l&rsquo;anonymat car toute autre démarche ne serait que pure vanité et égocentrisme de notre part. Les lignes qui suivent sont donc assumées par tout le réseau No Pasaran, dans sa diversité mais aussi son unité dans la lutte anti autoritaire dont le combat antifasciste n&rsquo;est que l&rsquo;une des multiples dimensions.</p>
<p>Vers <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-1/">l&rsquo;avertissement 2010</a><br />
Vers le <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/">chapitre I</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_450" class="footnote"><em>Sur les terres du Rock Identitaire Français, apprenez à combattre les fascistes qui chantent</em>, printemps 2002, remis à jour en 2003</li><li id="footnote_1_450" class="footnote"><em>Guitares et manches de pioches</em>, brochure du CUVED de Strasbourg, septembre 2001</li><li id="footnote_2_450" class="footnote"><em>Technikart</em> n°80, « FN Academy: qui sont les rockers qui font danser l&rsquo;extrême droite ? », mars 2004.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (1) Avertissement de 2010</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 14:30:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Against Communism (RAC)]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Identitaire Français (RIF)]]></category>

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		<description><![CDATA[Les différents chapitres portant sur le rock identitaire français publiés sur ce site l&#8217;ont d&#8217;abord été en 2004 dans le livre Rock Haine Roll publié par les éditions No Pasaran. Nous les publions en ligne à titre d&#8217;archives. Cela signifie concrètement qu&#8217;ils sont publiés tels qu&#8217;ils ont été écrits sans ajouts, ni modifications, avec leurs [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les différents chapitres portant sur le rock identitaire français publiés sur ce site l&rsquo;ont d&rsquo;abord été en 2004 dans le livre <em>Rock Haine Roll</em> publié par les éditions No Pasaran. Nous les publions en ligne à titre d&rsquo;archives. Cela signifie concrètement qu&rsquo;ils sont publiés tels qu&rsquo;ils ont été écrits sans ajouts, ni modifications, avec leurs défauts et leurs hypothèses. Certaines se sont vérifiées, d&rsquo;autres non. À l&rsquo;heure où une petite scène rock issue de l&rsquo;extrême droite semble se reconstituer à côté de l&rsquo;inoxydable scène RAC<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-1/#footnote_0_451" id="identifier_0_451" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rock Anti Communiste domin&eacute; par les groupes skinheads n&eacute;o-nazis.">1</a></sup>, ces informations nous semblent utiles pour comprendre les tentatives des différentes obédiences nationalistes et identitaires pour s&rsquo;implanter dans ce mouvement culturel.</p>
<p>Vers l&rsquo;<a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-2/">introduction 2004</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_451" class="footnote">Rock Anti Communiste dominé par les groupes skinheads néo-nazis.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>MP 88 : quand les fafs chantent le web&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:13:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bleu-Blanc-Rock (BBR)]]></category>
		<category><![CDATA[Coq gaulois]]></category>
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		<description><![CDATA[Le web a attiré toutes les tendances de l&#8217;extrême droite française sans pour autant réussir à toujours en tirer profit. Qu&#8217;en est-il dans le domaine musical ? On a vu apparaître ces dernières années une pléiade de sites spécialisés sur le Rock Identitaire Français (RIF) ou le Rock Against Communism (RAC), des sites de groupes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le web a attiré toutes les tendances de l&rsquo;extrême droite française sans pour autant réussir à toujours en tirer profit. Qu&rsquo;en est-il dans le domaine musical ? On a vu apparaître ces dernières années une pléiade de sites spécialisés sur le Rock Identitaire Français (RIF) ou le Rock Against Communism (RAC), des sites de groupes musicaux (Fraction Hexagone, 9e Panzer Symphonie pour les plus anciens, Basic Celtos, Brixia, Elendil pour les plus récents), des labels ou distributeurs (rock en stock, Bleu Blanc Rock), des pages perso&#8230;<br />
qu&rsquo;en est-il réellement ?</strong></p>
<p>Dans le domaine musical, l&rsquo;utilisation d&rsquo;Internet par l&rsquo;extrême droite s&rsquo;est développée avec l&rsquo;apparition du RIF et s&rsquo;est surtout accentuée ces deux dernières années. Si, jusque dans les années 1997-1998, la musique nationaliste en France tournait principalement autour du RAC, se caractérisant par une musique puissante voire violente (oï ou hard-core) et suivie par un public composé de boneheads primaires et de néo-nazis dégénérés, ces dernières années furent plus axées sur la création et le développement du RIF, censé être plus «présentable». Les deux scènes ayant beaucoup de mal à se côtoyer, on a eu le plaisir d&rsquo;assister pendant quelques années à différentes embrouilles entre les anciens, partisans d&rsquo;une ligne dure, et la nouvelle tendance ne rêvant que de télé et de radio. C&rsquo;est dans ce contexte mouvementé que s&rsquo;est développé Internet pour eux.<br />
Si la question principale est de savoir si l&rsquo;activité sur Internet est bien le reflet de leur présence sur le terrain, on peut sans difficulté répondre par l&rsquo;affirmative. La pauvreté de la scène musicale faf (si on peut parler de scène) est semblable à celle de leur présence sur Internet. En effet le bilan après quelques années n&rsquo;est pas brillant. Les concerts réunissent rarement plus d&rsquo;une centaine de personnes, tournent autour d&rsquo;une dizaine de groupes, il n&rsquo;existe pas ou peu de fanzines sur la musique, bref, malgré tous les efforts pour rendre plus «fréquentables» leurs concerts et plus abordable leur musique (puisque maintenant la musique identitaire comprend aussi bien du rock que de la techno, de la variété, voire même du rap), le RIF n&rsquo;a pas réussi à s&rsquo;attirer un nouveau public ni à augmenter le nombre de ses concerts.</p>
<h3>Le roi des animaux</h3>
<p>Pourtant l&rsquo;outil Internet n&rsquo;a pas été négligé, et rapidement, plusieurs acteurs du milieu RIF s&rsquo;y sont intéressés. Parmi les sites plus anciens et les mieux faits dans ce domaine figurait le Lion des Flandres, site disparu depuis le début de l&rsquo;année 2001, probablement suite à la mise en lien des <em>Carnets de Turner</em> (publication interdite, ce qui déclencha l&rsquo;ouverture d&rsquo;une instruction judiciaire), l&rsquo;adresse renvoya un moment sur le site du groupe RIF Elendil, puis finalement sur celui du Gud Lille. Depuis le Lion semble s&rsquo;être mis au vert.<br />
On trouvait sur le site du Lion des Flandres ce qui constituera la composition classique d&rsquo;un site RIF, à savoir :<br />
- une description des groupes RIF avec photos, textes, fichiers MP3, discographie et interviews, les groupes RAC, trop marqués, étant souvent oubliés ;<br />
- l&rsquo;actualité musicale : sortie de K7, CD, démos des groupes, comptes rendus de concerts ayant eu lieu, publications liées au RIF ou en parlant ;<br />
- une liste de diffusion contrôlée : annonce des mises à jour du site, des dates de concerts ;<br />
- une liste de liens vers des sites «amis», souvent très complète ;<br />
- parfois, pour les sites les plus complets, des éditoriaux ou autres textes sortis de la mouvance NR.<br />
Le Lion des Flandres fut certainement un pionnier sur Internet dans le domaine du RIF.</p>
<h3>Les deux pieds dedans</h3>
<p>Depuis deux ans environ sont apparus ceux qui vont devenir les nouvelles références en matière de RIF sur Internet : le Coq gaulois (en mai 1999) et Bleu Blanc Rock (en mars 2001).<br />
Le Coq gaulois, d&rsquo;abord hébergé sur Angelfire, qu&rsquo;il quitta début 2001 suite à un «problème de déontologie», est maintenant propriétaire de son nom de domaine depuis mai 2001. Il l&rsquo;a acheté à l&rsquo;étranger, ce qui permet de ne pas déclarer son identité ou d&rsquo;en déclarer une fausse, en l&rsquo;occurrence Jean Dupont résidant 88 rue de Vichy à Paris (on notera l&rsquo;humour très particulier du webmestre).<br />
Ce site assez bien fait et mis à jour mensuellement est animé par une seule personne qui se fait appeler le Coq gaulois. Présent depuis longtemps dans tous les concerts fafs, il n&rsquo;hésite pas à faire des aller-retour dans toute la France et fait un peu figure d&rsquo;ancien dans le microcosme du RIF. Il suit aussi de près l&rsquo;évolution d&rsquo;Unité Radicale (UR) et autres «mouvement de jeunesse» (on a pu le voir cette année au 1er mai d&rsquo;UR directement débarqué de son fief lyonnais), le but étant d&rsquo;amener un maximum de jeunes nationalistes autour de la musique.<br />
Comme sur celui du Lion des Flandres, on trouve sur son site un descriptif de tous les groupes RIF de la scène actuelle : Aion, Basic Celtos, Brixia, Elendil, In Memoriam, Kaiserbund, le Ksan, Vae Victis&#8230;<br />
Il est aussi le seul à s&rsquo;être ouvert à l&rsquo;étranger avec des liens vers des groupes espagnols (Celtica, Estirpe Imperial), suédois (Hel, Ultima Thule), italiens (Lon-dinium SPQR, Sottofasciasemplice, Zetazeroalfa), allemand (Carpe Diem), québécois (Trouble Makers) et slovène (Laibach). La plupart peuvent être commandés chez Memorial Record à Paris.<br />
Le site du Coq gaulois est malgré tout beaucoup plus complet que celui du Lion des Flandres ou d&rsquo;autres sites musicaux puisqu&rsquo;on y trouve aussi des rubriques «Lectures», «Tribunes Libres» et «Fanzines» : dans la première, on retrouve les derniers ouvrages d&rsquo;auteurs d&rsquo;extrême droite, avec un lien vers l&rsquo;Orphéon (ancien bimestriel où l&rsquo;on peut lire les signatures de Roland Gaucher ou Jean Mabire et dont les sujets de prédilection sont l&rsquo;islam et l&rsquo;immigration ou la Seconde Guerre mondiale et les Waffen SS) ; dans la seconde rubrique, des tribunes libres de Philippe Schleiter, directeur national du MNJ, de Marguerite Bastien ou de Georges-Pierre Tonnelier du FNB (Front Nouveau de Belgique) ou encore de Guillaume Luyt, membre du comité directeur d&rsquo;UR et animateur de la CoordiNation, par ailleurs ancien directeur national du FNJ ; et enfin côté fanzine, il n&rsquo;y a plus que <em>Fier de l&rsquo;Être</em> (de la banlieue sud parisienne) à figurer sur le site depuis la disparition de <em>Tribune musicale</em> (éphémère revue consacrée au RIF, dont seul six numéros sont parus courant 2000-2001). Enfin, annoncé pour le mois d&rsquo;octobre sur le site, un nouveau magazine «culturel», <em>Quartier libre</em> (proche du MNJ, à la même adresse que Mémorial Records), n&rsquo;est toujours pas sorti.<br />
Quatre autres rubriques complètent le site sans briller par leur contenu : elles n&rsquo;ont quasiment jamais été mises à jour depuis l&rsquo;ouverture du site. L&rsquo;une s&rsquo;appelle «Quelques interrogations légitimes» : elle fait le tour des questions racistes les plus primaires ; l&rsquo;autre regroupe des «propos politiquement incorrects» (ceux de Chirac sur le bruit et l&rsquo;odeur ou ceux de Rocard sur toute la misère du monde que l&rsquo;on ne peut accueillir, bref, rien de bien neuf), la troisième nous dévoile «quelques infos sur F. Mitterrand», là encore pas de scoop, la jeunesse française de Mitterrand ayant déjà fait couler beaucoup d&rsquo;encre. La dernière rubrique, la plus risible, nous rappelle notre «culture nationale», à savoir le coq gaulois, la Marseillaise et le drapeau tricolore : pauvre de nous !<br />
Bizarrement, le forum du site ne figure pas sur la page d&rsquo;accueil mais dans une sous-rubrique du chapitre consacrée au RIF, comme pour axer les discussions autour de la musique et éviter tous risques de considérations politiques de bas étage. On retrouve dans ce forum tous les acteurs du milieu musical d&rsquo;extrême droite actuel, des groupes musicaux au simple spectateur, tout ce petit monde débattant des grandes questions existentielles de la scène RIF : comment sortir de l&rsquo;isolement médiatique, comment réussir l&rsquo;union autour du RIF après la scission FN-MNR, doit-on investir tous les styles musicaux au risque de se couper d&rsquo;une partie du public (celui qui a le bras tendu n&rsquo;étant pas toujours compatible avec la recherche de respectabilité)&#8230;<br />
Depuis quelques mois, le site du Coq gaulois organisait également un concours RIF où l&rsquo;on pouvait gagner les CDs de nos groupes détestés, malheureusement la réactivation du plan Vigipirate l&rsquo;a contraint à suspendre le jeu, car il n&rsquo;est plus possible actuellement d&rsquo;expédier par la poste des colis anonymement, et le webmestre se refuse à divulguer son identité. À noter aussi dans la série parano sa page d&rsquo;accueil, sur laquelle, si l&rsquo;on clique sur l&rsquo;écusson du Coq, apparaît le dessin d&rsquo;une personne que l&rsquo;on cherche à faire parler et qui déclame «Mais puisque j&rsquo;vous dis que je ne sais pas qui c&rsquo;est le coq gaulois !!!». Aurait-il honte de ses opinions, ou bien de la musique qu&rsquo;il écoute (ou qu&rsquo;il vante en tout cas) ?<br />
Une liste de liens vient compléter le site avec une trentaine d&rsquo;adresses, pour moitié consacrées à la musique, pour le reste à des organisations politiques (FNJ, MNJ, FNB) et autres associations militantes (AGIR, Unité radicale, Nation française).<br />
Depuis peu figure sur sa page d&rsquo;accueil un lien direct avec Canal RIF, une radio via Internet créée au début de l&rsquo;été qui diffuse des concerts (comme le concert d&rsquo;In Memoriam à Vitrolles en novembre 1998) ou qui donne des «cartes blanches» à des groupes (Aion en septembre et Basic Celtos en octobre). Le site n&rsquo;est pas assez ancien pour en voir réellement l&rsquo;utilité, mais cela a au moins le «mérite» de combler une lacune puisque même sur Radio Courtoisie, le RIF n&rsquo;a pas réussi à faire son entrée. Malgré le soutien du Coq gaulois, le webmestre a l&rsquo;air de se plaindre du manque d&rsquo;auditeurs.</p>
<h3>BBR, ach gross Filou</h3>
<p>Bleu Blanc Rock, l&rsquo;autre site de référence sur le RIF, est la vitrine de l&rsquo;association du même nom. Créée fin 1998 par Fabrice Robert d&rsquo;Unité radicale, membre du groupe Fraction (ex-Fraction Hexagone), par Jean-Christophe Bru du groupe Ile-de-France et par Paul Thore du fanzine L&rsquo;Épervier, l&rsquo;association a ouvert son site en mars 2001 sous l&rsquo;impulsion de Fabrice Robert (déjà webmestre du site d&rsquo;Unité radicale).<br />
L&rsquo;association prétend avoir pour but «de diffuser le rock indépendant anti-mondialiste auprès du grand public», c&rsquo;est du moins ce qu&rsquo;il dit dans une interview qu&rsquo;on peut lire actuellement sur leur site. À l&rsquo;ouverture du site, la même interview en ligne parlait de «diffuser le rock nationaliste», ce qui n&rsquo;est pas exactement la même chose.<br />
Il faut reconnaître qu&rsquo;ils ont su faire évoluer leur discours au vu de l&rsquo;actualité internationale&#8230; comme le montre l&rsquo;exemple suivant, qui pourrait s&rsquo;intituler «Comment dissimuler un bon gros nationaliste derrière un gentil manifestant anti-mondialisation» et qui rappelle la tentative d&rsquo;action des militants d&rsquo;Unité radicale lors du grand ballet anti-mondialisation de Millau au mois de mai 2001. À la même époque, et durant plusieurs mois, la page d&rsquo;accueil du site BBR était un édito intitulé «Le rock n&rsquo;est pas une marchandise». La volonté clairement affichée d&rsquo;infiltrer les luttes anti-mondialisation (mais aussi les campagnes anti-MacDo ou les luttes écolos) pour y apporter, doucement mais sûrement, un discours nationaliste et identitaire, se ressent sur chaque page du site. On y parle davantage de rock anti-système que de rock nationaliste ou identitaire. Les liens annoncés sur la page d&rsquo;accueil sont dans la droite ligne de cette stratégie de récupération. Le premier lien à inaugurer cette rubrique, appelée «Actualité sur le web» fut le site d&rsquo;Indymédia France (voir capture d&rsquo;écran ci-dessus), agence de presse alternative créée à l&rsquo;occasion du contre-sommet de Seattle en 1999 et qui a depuis couvert tous les sommets (Prague, Göteborg, Gênes). Menacé d&rsquo;une plainte par l&rsquo;animateur d&rsquo;Indymédia, le lien a été supprimé (ou plutôt archivé) et remplacé successivement par une autre agence de presse alternative : le Maquis de Paname, puis par les écolos d&rsquo;Earth First, eco-warriors américains.<br />
L&rsquo;actualité musicale reste dans le même esprit, s&rsquo;y retrouvent chroniqués des groupes clairement antifascistes comme Assassin, Rage againt The Machine, Parabellum ou Tryo (chacun dans un style musical différent), permettant ainsi à la fois d&rsquo;avancer masqué derrière des groupes qui servent à leur insu de caution, mais aussi et surtout de figurer dans les moteurs de recherche lorsque l&rsquo;on tape un nom de groupe : le fan inconditionnel est ainsi attiré, de même que le groupe lui-même qui, souvent, vérifie son nom sur les moteurs de recherche. Dans le même temps, leur catalogue de distribution est des plus explicites puisqu&rsquo;il ne comprend que des groupes RIF, commandables à l&rsquo;adresse de l&rsquo;association à Châteauroux.</p>
<h3>Pour vivre heureux, vivons cachés</h3>
<p>Avec une présentation de leur activité militante (plus que pauvre) et des «outils» mis à la disposition des militants (autocollants, affiches, K7), les animateurs du site ne laissent rien paraître de leurs réelles activités, comme la présence du webmestre du site, Fabrice Robert, aux Assises d&rsquo;Unité radicale le 22 mai 2001 à Paris (intervention intitulée «Investir le champ culturel et les nouveaux médias») ou aux Rencontres nationalistes à Bruxelles le 6 octobre, organisées par les animateurs de la revue Devenir et du groupe politique Nation (sur «La presse nationaliste, perspectives, espoir», Robert intervenant pour parler de son rôle de webmestre). Aucune allusion non plus au stand qu&rsquo;ils ont tenu aux BBR (pour Bleu Blanc Rouge, cette fois ci), la fête annuelle du Front national à Paris, stand où l&rsquo;on pouvait se tenir informés sur le prochain concert organisé par le GUD Bretagne à Mordelles avec Bagadou Stourm, Reconquista et Fraction (toujours avec l&rsquo;inévitable Fabrice Robert). D&rsquo;ailleurs, ce concert ne fut même pas annoncé sur le site, comme tous les autres concerts du genre d&rsquo;ailleurs, car sinon le vernis «rock anti-système / anticapitaliste / anti-mondialistion» risquerait de se craqueler pour révéler le vrai visage de cette musique.<br />
Toutefois, nos petits amis du RIF semblent faire des émules puisque vient d&rsquo;apparaître un lien vers un site de musique identitaire allemande : IDM.</p>
<h3>Et la concurrence ?</h3>
<p>Bizarrement absent d&rsquo;Internet jusqu&rsquo;à présent, Mémorial Records, l&rsquo;autre label du RIF, devrait avoir ouvert son site au mois de décembre, mais rien de bien neuf n&rsquo;est annoncé : news, groupes, forum, MP3, vidéo, tout cela en écoutant Canal Rif.<br />
Du côté des groupes, pratiquement tous ont leur site, mais peu d&rsquo;entre eux cherchent à l&rsquo;exploiter : pas de mise à jour, aucune info, pas de forum&#8230; À noter quand même l&rsquo;exemple de Basic Celtos (rap / fusion) qui, depuis quelque temps, tente de squatter les forums musicaux pour annoncer son dernier album. Ils ont presque réussi avec le site de rap les Rapaces, mais cela a finalement produit l&rsquo;effet inverse, puisque les rappeurs ont découvert la supercherie et ont mis en ligne sur leur site un dossier sur Basic Celtos avec différentes interviews du groupe ne laissant aucun doute sur leurs opinions.<br />
Voilà donc le paysage actuel du web musical faf en France ; après quelques années de travail sur ce média, on pourrait dire que la boucle est bouclée. La tentative de dissimulation derrière un discours anti-&#8230;tout par certains ou bien la recherche (presque la quête) de respectabilité avec la mise en avant de musique plus abordable pour d&rsquo;autres n&rsquo;ont finalement rien apporté de plus à ce jour au milieu de la musique d&rsquo;extrême droite.</p>
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		<title>Le fil identitaire</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:10:21 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&rsquo;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&rsquo;est pas innocente. La notion présente en effet des avantages politiques tout autant qu&rsquo;idéologiques. Les avantages les plus évidents sont sur la neutralité du terme. Il est en effet peu connoté et ne renvoie pas de prime abord aux «heures les plus sombres de notre histoire» comme diraient nos chers démocrates. Contrairement au mot nationalisme qui est associé dans l&rsquo;imaginaire européen à la violence et à la fermeture aux autres, «identitaire» est plutôt dans l&rsquo;air du temps. Il évoque le «terroir», les «racines», le «ressourcement», bref toutes ces notions qui sont la base du marketing commercial depuis une dizaine d&rsquo;années et que l&rsquo;on retrouve dans de nombreuses publicités télévisées. Et à qui reprocherait-on de vouloir avoir une identité ?<br />
Par ailleurs, le terme correspond également assez bien à l&rsquo;évolution idéologique d&rsquo;une fraction du courant nationaliste français, à savoir tous ceux pour qui le combat prioritaire et légitime n&rsquo;est plus tant dans la défense de la nation française que dans celle du peuplement blanc européen. Cela englobe Terre &amp; Peuple, Unité radicale dans une certaine mesure mais également toute une série de petites structures qui font passer le combat culturel avant le combat purement militant. L&rsquo;étiquette de «nationalistes européens» leur conviendrait bien mais elle n&rsquo;est pas très parlante et peut prêter à confusion. Aussi le terme d&rsquo;identitaire leur va-t-il à merveille, ce que Jean Mabire traduisait parfaitement à la dernière table ronde de Terre &amp; Peuple début octobre en recommandant d&rsquo;abandonner définitivement le terme de nationaliste, trop ambigu. En outre l&rsquo;adoption du mot traduit parfaitement le repli politique prôné par ses utilisateurs. Au début du Contrat social, Rousseau établit une distinction importante entre agrégation et association. Pour lui, la société ne saurait être le résultat d&rsquo;une multitude d&rsquo;individus poursuivant chacun des buts particuliers mais d&rsquo;une association d&rsquo;individus s&rsquo;unissant par un acte volontaire. Il allait en cela contre certains auteurs libéraux comme Bernard Mandeville qui considérait que le bien commun provenait de la réalisation des biens individuels. Pour lui, la volonté générale, indispensable à toute société, ne saurait jaillir de la multitude et de l&rsquo;agrégation. Or il faut bien constater que le système capitaliste a «réussi» en deux siècles dans les pays européens à substituer l&rsquo;agrégation à l&rsquo;association, tant par la diffusion de valeurs individualistes et hédonistes que par des mouvements migratoires nationaux dans un premier temps et internationaux dans un deuxième temps. Le développement de la thématique «identitaire» dans une partie du courant nationaliste n&rsquo;est donc finalement pas si éloignée que cela dans sa démarche de la thématique «républicaine» dans d&rsquo;autres courants politiques, chevènementistes en particulier. Ces thématiques visent à retourner à un âge d&rsquo;or de la vie en société, quand tout le corps social, pour hétérogène qu&rsquo;il soit, avait une véritable volonté générale, qu&rsquo;elle soit politique ou ethnique.</p>
<h3>Mer &amp; Poulpe</h3>
<p>C&rsquo;est donc cette thématique que l&rsquo;on retrouve dans <em>Terre &amp; Peuple &#8211; La revue</em> qui marche de plus en plus sur les brisées du GRECE ancienne mouture. On y trouve une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em> sur les traditions populaires européennes. Il est d&rsquo;ailleurs à noter que la revue multiplie les hommages et clins d&rsquo;œil au GRECE, que ce soit avec un compte rendu élogieux des derniers numéros d&rsquo;<em>Éléments</em>, en particulier celui consacré à l&rsquo;Europe, ou des encarts consacrés au château de Roquefavour (Ventabren), propriété du GRECE, à partir duquel M. Rollet, «greciste» historique, anime le bulletin <em>L&rsquo;Âtre</em>. Mais c&rsquo;est aussi la thématique des premiers ouvrages publiés par la nouvelle SARL de presse lancée par Pierre Vial, les Éditions de la Forêt. Mais il existe bien d&rsquo;autres structures diffusant ce type de discours du «retour aux racines» :<br />
- journaux «enracinés» comme le bulletin <em>Alternative Europe</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_0_205" id="identifier_0_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancienne scission alsacienne de Nouvelle R&eacute;sistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment &laquo;militants europ&eacute;ens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se d&eacute;velopper pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe f&eacute;d&eacute;rale des r&eacute;gions, o&ugrave; la conscience identitaire europ&eacute;enne sera affirm&eacute;e face &agrave; l&rsquo;imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain et face &agrave; l&rsquo;immigration extra-europ&eacute;enne&raquo;.">1</a></sup> ou le trimestriel <em>Utlagi </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_1_205" id="identifier_1_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implant&eacute; en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.">2</a></sup>, <em>Montségur </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_2_205" id="identifier_2_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute; en 2000 de la r&eacute;union des anciennes &eacute;quipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (St&eacute;phane Par&eacute;d&eacute;, responsable MNJ et UR &agrave; N&icirc;mes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isol&eacute;s">3</a></sup> ou <em>Le Lansquenet </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_3_205" id="identifier_3_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les r&eacute;dacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule &eacute;tant traditionnellement hostile &agrave; l&rsquo;antifascisme.">4</a></sup> à Aix, <em>Gwenn Ha Du</em> en Bretagne ou <em>Solaria</em> en Alsace, trimestriel animé par Jean-Christophe Mathelin et rattaché à la Maison du Soleil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_4_205" id="identifier_4_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommand&eacute; aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.">5</a></sup> (centre d&rsquo;études solaires) à Diedendorf ;<br />
- petites maisons d&rsquo;édition comme le Veilleur de Proue, affiliée au Mouvement de la Jeunesse Normande (MJN, lié au Mouvement normand dont le président est Didier Patte, ancien membre de Nouvelle Résistance) et qui éditent des brochures de paganisme nordique;<br />
- ateliers artisanaux comme l&rsquo;Atelier de l&rsquo;Elfe ou l&rsquo;Atelier des Léopards d&rsquo;Or à Remiremont ou les «boutiques d&rsquo;artisanat enraciné» comme Lou Paradou à Nice ou Terres celtiques à Grenoble. Cette boutique animée par de vieux militants NR grenoblois déjà à l&rsquo;œuvre du temps de la revue <em>Noir &amp; Rouge</em> se veut à la fois pôle de diffusion de vêtements (surplus, T-Shirts mytho, fringues skinheads), de bibelots pour «décorer son petit bunker» (sic) (emblèmes médiévaux, fanions nazis, etc.), de livres et de CDs, de boissons et enfin d&rsquo;armes (matraques, poings américains&#8230;) et pôle de regroupement NR autour de l&rsquo;association La Bagaude. D&rsquo;après eux, tout cela ne vaut pas «une charge de panzers au petit matin» mais apparemment ils s&rsquo;en contentent&#8230; Le gérant-propriétaire Christian Mollier ainsi que d&rsquo;autres militants MNR de l&rsquo;Isère ont d&rsquo;ailleurs été poursuivis l&rsquo;année dernière pour l&rsquo;attaque d&rsquo;un meeting sur l&rsquo;immigration algérienne en novembre 1999. Même si le tribunal correctionnel a été obligé d&rsquo;abandonner les accusations de coups et blessures, port d&rsquo;armes, en raison de l&rsquo;imprécision des témoignages, les inculpés ont été jugés pour «entrave concertée à la liberté de réunion» et surtout pour «incitation à la haine raciale» pour divers slogans. Ils ont été condamnés les uns et les autres à des amendes, à des peines de prison avec sursis (10 mois) et à la privation de leurs droits civiques (5 ans). Le lâchage par le MNR a aussitôt poussé Mollier dans les bras du FN, ce qui a valu de nouvelles poursuites au responsable local de ce parti, Georges Theil, pour des propos négationnistes.</p>
<h3>L&rsquo;Oreille cassée</h3>
<p>On ne saurait conclure ce bref panorama sans un mot sur le bien nommé Rock Identitaire Français. Le RIF apparaît en tant que tel avec le groupe Vae Victis, monté par des militants du Renouveau étudiant en 1993. Brocardée à ses débuts, l&rsquo;expérience finit par s&rsquo;avérer concluante et suscite la création d&rsquo;autres groupes, sans pour autant qu&rsquo;il y ait de ligne politico-musicale bien claire et sans même que la notion de RIF constitue autre chose qu&rsquo;une définition par défaut. Nationaliste, le RIF rassemble tous ceux qui veulent sortir du ghetto bonehead et essayer de faire de la musique un média militant comme a pu l&rsquo;être le rock alternatif pour le milieu libertaire à la fin des années 1980. De l&rsquo;extérieur, le pari semble réussi. Deux labels, Memorial Records et Bleu-Blanc-Rock, parviennent à produire une dizaine de groupes comme Aion (Lorraine, musique indus), Basic Celtos (région parisienne, fusion), Brixia (région parisienne, rock), Elendil (région parisienne, rock), Fraction (PACA, metal), Ile-de-France (région parisienne, rock), In Memoriam (région parisienne, rock), Kaiserbund (région parisienne, musique indus), Vae Victis (région parisienne, rock), Insurrection (Châteauroux, rock limite RAC). Chaque label a une démarche spécifique qui lui permet d&rsquo;exploiter un créneau. Dans le cas de Memorial Records, la démarche est clairement commerciale puisque le label est une SARL montée avec l&rsquo;aide de Gilles Soulas. Memorial s&rsquo;appuie essentiellement sur In Memoriam, les membres étant les mêmes : Julien Beuzard, Matthias Briccage ou Xavier Schleiter. Lié de façon militante au MNR, In Memoriam bénéficie de fait de ce créneau. Bleu-Blanc-Rock est clairement plus militant et rassemble à présent les deux tiers des groupes. Lancé en 1998 par Fabrice Robert, Jean-Christophe Bru et Paul Thore entre autres, BBR a adopté dès le début une politique de promotion du RIF visant clairement à en faire un outil politique, copiant en cela la démarche des Italiens du groupe Zetazeroalfa, avec qui ils ont des liens très étroits. Le principal support a été une cassette-compilation vendue 10 francs et qui a été diffusée à 5000 exemplaires, lors de fêtes de la musique par exemple. Souhaitant rééditer l&rsquo;expérience, le label s&rsquo;apprête à faire la même chose avec un CD-Rom vendu deux euros et centré sur la lutte contre la mondialisation. BBR a par ailleurs mis en place un site Internet efficace qui pratique la tactique du «cheval de Troie». Le site chronique en effet des groupes non nationalistes, voire d&rsquo;extrême gauche, ce qui lui permet d&rsquo;apparaître dans les sélections des moteurs de recherche lors de recherches portant sur ces groupes, et de toucher ainsi un public qui lui aurait totalement échappé. Enfin, le label a mis en place des relais locaux, en général une ou deux personnes, pompeusement appelés «cellules militantes». Mais en creusant un peu, on peut s&rsquo;apercevoir que le bilan de l&rsquo;expérience est heureusement moins positif. D&rsquo;une part, faute de stratégie bien définie, le RIF reste confiné à un petit public et, pire pour ses promoteurs, à un public largement bonehead ! Celui-ci compose en effet une bonne part du public des concerts. Le constat vaut aussi pour les musiciens qui sont sur la brèche depuis quelques années et ne sont finalement qu&rsquo;une bonne quinzaine. On retrouve en effet Julien Beuzard, Fabrice Lauffenburger ou Thibaud Lamy dans plusieurs groupes à la fois. D&rsquo;autre part, le milieu est très divisé et multiplie les embrouilles internes, en particulier entre les musiciens d&rsquo;In Memoriam et les autres. Enfin, la politique de confinement des antifascistes a porté ses fruits en empêchant le RIF de devenir cet outil politique que voulaient en faire ses promoteurs. On peut rappeler à titre d&rsquo;exemple l&rsquo;affaire du Podium Rock du Gibus au printemps 2000. Ayant franchi en douce la première élimination qui avait vu l&rsquo;élimination de 120 groupes sur 200, Ile-de-France comptait faire de même pour la deuxième. Finalement, cette deuxième compétition a eu lieu sans eux à la suite des pressions exercées sur le Gibus et de l&rsquo;annonce d&rsquo;un rassemblement à côté de la salle. Même si le groupe et ses fans se sont réfugiés sous un pont avec un groupe électrogène, la manœuvre a échoué. Néanmoins, il est évident que la neutralité du terme identitaire ne peut que permettre ce type de tentative et il serait bien étonnant qu&rsquo;on n&rsquo;assiste pas dans les années à venir à des tentatives de prise de contact avec des organisateurs de spectacle ou des groupes non nationalistes, mais séduits par la thématique identitaire et antimondialisation. Après tout, il existe déjà des activités de ce type dans le domaine intellectuel. C&rsquo;est le cas des conférences annuelles de la revue <em>Politica Hermetica</em> publiée par L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme, ou du festival européen des mythes et légendes de Carcassonne, dont le vice-président est Christophe Levalois, proche du GRECE et fidèle alter ego d&rsquo;Arnaud Guyot-Jeannin dans le cercle Sol Invictus. Comme quoi tout est tristement possible&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_205" class="footnote">Ancienne scission alsacienne de Nouvelle Résistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment «militants européens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se développer pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe fédérale des régions, où la conscience identitaire européenne sera affirmée face à l&rsquo;impérialisme américain et face à l&rsquo;immigration extra-européenne».</li><li id="footnote_1_205" class="footnote">Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implanté en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.</li><li id="footnote_2_205" class="footnote">Né en 2000 de la réunion des anciennes équipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (Stéphane Parédé, responsable MNJ et UR à Nîmes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isolés</li><li id="footnote_3_205" class="footnote">Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les rédacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule étant traditionnellement hostile à l&rsquo;antifascisme.</li><li id="footnote_4_205" class="footnote">Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommandé aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Tiiiiiimber !</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Apr 2004 11:43:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 26 avril 2004</p>
<p>Le 30 mars dernier, la police de l&rsquo;Indre a donc (temporairement ?) mis fin aux activités du « bûcheron » de Saint-Maur, c&rsquo;est-à-dire Paul Thore. Au delà du personnage, c&rsquo;est tout un microcosme qui est chamboulé et cela ne peut que nous réjouir même si comme on le verra par la suite, cette affaire pose bien des questions. Né en mars 1973, Paul Thore était en effet le point de rencontre de divers courants nationalistes a priori peu susceptibles de travailler ensemble.</p>
<p>Il était avant tout l&rsquo;une des figures les plus remuantes du courant national-catholique au sein ou proche du FN. Longtemps membre du FNJ, il avait gardé un pied au FN et la presse nationale n&rsquo;a pas manqué de rappeler qu&rsquo;il apparaissait il y a encore quatre ans comme rédacteur en chef du <em>Patriote du Berry</em>, bulletin local du FN 36. Plus simplement, il suffisait de chercher son stand lors du défilé du 1er mai du FN et on tombait immanquablement sur son petit commerce militant, curieux mélange de breloques nationalistes françaises et de références fascistes historiques, avec Léon Degrelle en figure vedette. Son aura de tête brûlée n&rsquo;étant pas forcément goûtée de tous les responsables du FN, Paul Thore avait mis en place une structure autonome, dont la vitrine a longtemps été la revue l&rsquo;<em>Épervier</em>. Le n°1 de cette revue est paru à l&rsquo;automne 1996 en honorant le Scalp d&rsquo;un dossier recensant les différents moyens d&rsquo;expression et manifestations du groupe antifasciste et elle se présentait alors comme étant éditée par des membres de la Fédération Nationale Catholique, qui se voulait le lieu de regroupement des mouvements, groupes et bonnes volontés adhérant à la Charte d&rsquo;Action National-Catholique. À l&rsquo;image de ses animateurs, le journal affiche dès le début une très grande ouverture d&rsquo;esprit puisque Paul Thore adopte alors le pseudonyme de « G. Rézon » pour remplir sa tâche de rédacteur en chef et que les revues ou librairies considérées comme amies sont quasiment strictement sélectionnées sur leur orientation catholique. Les quelques structures non catholiques sont alors stigmatisées par un « p » entre parenthèses, pour bien signifier leur orientation païenne. Thore enverra d&rsquo;ailleurs une lettre gratinée à <em>Réfléchir &amp; Agir</em> en 1998 pour signifier à l&rsquo;équipe animatrice de cette revue que les membres de l&rsquo;<em>Épervier</em> ne collaboraient qu&rsquo;avec « des païens intelligents qui respectent la foi de leurs camarades catholiques » et qu&rsquo;ils ne voulaient « rien avoir à faire avec des abrutis qui ont un esprit malsain souvent dans un corps malsain ! ». Les moyens de la revue sont au début assez frustes mais, plein de ressources, Thore montera par la suite avec sa femme et sa mère une association permettant de servir de relais aux activités du petit groupe sur Châteauroux et dont l&rsquo;objet social est de « favoriser les échanges d&rsquo;idées populaires et culturelles » : Peuple &amp; Culture.<br />
Cela permettra ainsi de mettre sur pied une boutique de VPC, Para Bellum, qui diffusait autocollants et patchs divers dont le blason de la division SS Charlemagne et d&rsquo;assurer le contact postal de Bleu Blanc Rock dont Paul Thore est le président comme on le verra ci-dessous.<br />
Par la suite cette Fédération deviendra la Ligue Nationale Catholique et nous offrira l&rsquo;occasion de ricaner un bon coup : sa présentation était en effet quasiment intégralement copiée sur celle du réseau antifasciste No Pasaran, ce qui était un comble pour des « purs et durs » comme les militants de Châteauroux, rebaptisés Loups du Berry. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sous ce nom qu&rsquo;ils organiseront une conférence de Guillaume Faye en novembre 2000 consacrée à « l&rsquo;invasion de l&rsquo;Europe ».</p>
<p>Depuis 2001, la Ligue était mise en sommeil et la revue ne paraissait plus, en grande partie à cause des ennuis judiciaires accumulés par Paul Thore et ses camarades le printemps de cette année-là. Une campagne de propagande extrêmement agressive sur Châteauroux les avait conduit en garde à vue pour certains d&rsquo;entre eux, en particulier Paul Thore, et les liens du groupe avec les milieux révisionnistes étaient avérés. Il suffisait de comparer les autocollants de l&rsquo;Épervier avec ceux du VHO, principale structure négationniste franco-belge dont l&rsquo;un des animateurs est Vincent Reynouard, pour comprendre l&rsquo;importance des contacts entre les deux groupes. Il n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas étonnant qu&rsquo;on ait retrouvé des exemplaires du livre de Reynouard sur Oradour-sur-Glane parmi le matériel appartenant à Thore.</p>
<p>Cela n&rsquo;empêchait malgré tout pas notre « bûcheron » de rester actif, par le biais du Rock Identitaire Français dont il était un acteur important. Étant l&rsquo;un des initiateur de Bleu Blanc Rock (BBR) en 1999 grâce à des contacts noués bien avant la scission survenue au sein du FN, il permettait à la structure voulue par Fabrice Robert d&rsquo;apparaître comme unitaire à un moment où le RIF optait majoritairement pour Bruno Mégret et donc de garder un orteil au sein du FN et des milieux catholiques. Plus pragmatiquement, cela permettra aussi à BBR de diffuser son matériel dans des manifestations comme les cortèges anti-PACS au printemps 1999, des pèlerinages Paris-Chartres ou certaines réunions du FN. Localement, Paul Thore manifestait d&rsquo;ailleurs ces goûts pour la musique en étant le parolier d&rsquo;un groupe dont son frère Miquel était le batteur : Insurrection. Ce trio jouera tout au long de sa courte carrière soit avec des groupes skinheads nazis (RAC), soit pour le FNJ, que ce soit lors de son université d&rsquo;été annuelle au château de Neuvy-sur-Barangeon ou dans son local parisien du Forum Jeunesse. Il faut dire que le bassiste du groupe, Eymeric G., en était toujours militant et que cela facilitait donc les contacts. Cela rend comme d&rsquo;habitude pitoyable les dénégations du FN de l&rsquo;Indre prétendant n&rsquo;avoir rien à voir avec ces « gens là » !!! On peut d&rsquo;ailleurs impatiemment attendre les réactions du FN du Cher si le groupe Europa Nostra dont les membres sont des militants FNJ et qui est une réplique exacte d&rsquo;Insurrection est inquiété dans les semaines à venir par la police dans le cadre de l&rsquo;enquête en cours&#8230;<br />
Si Paul Thore était un peu plus en retrait depuis deux ans, il n&rsquo;était malgré tout pas à la retraite, en témoigne le Nouvel An BBR du 31 décembre 2003, grâce au commerce ouvert en juillet 2001, la Taverne Saint-Georges, qui servit durant un temps de boîte postale pour BBR avant que l&rsquo;association ne rouvre une boîte postale. Le maître des lieux y organisait des concerts variés ce qui permettait de diluer le RIF dans un univers officiellement apolitique, suivant en cela les consignes de BBR. Accessoirement, la Taverne servait également de « cantine » à l&rsquo;Institut d&rsquo;Histoire des Identités Nationales et Régionales, fondé à Saint-Marcel (36) par Francis Bergeron, vieux militant solidariste, en 2002.</p>
<p>Popaul n&rsquo;avait pourtant pas que des amis. Orgueilleux, sectaire et politiquement borné, il avait contribué très largement à jeter la division au sein du RIF entre BBR et l&rsquo;équipe de Memorial Records / In Memoriam. Les attaques de l&rsquo;Épervier contre ces derniers furent féroces, tel ce commentaire sur l&rsquo;album En Palestine d&rsquo;In Memoriam : « <em>Voici le CD tant attendu qui devait être gratuit. Ce CD devait être offert avec le numéro spécial d&rsquo;un magazine autrefois nationaliste et dont la haine anti-catholique systématique nous oblige à taire le nom . Bref, quoi qu&rsquo;il en soit, le 3 titres a vu le jour mais il n&rsquo;est pas gratuit puisqu&rsquo;il vaut 40 francs. L&rsquo;événement majeur de ce CD, c&rsquo;est l&rsquo;arrivée dans le groupe d&rsquo;un deuxième chanteur-compositeur. Nous nous réjouissons de l&rsquo;arrivée de Xavier</em> [Schleiter. NDLR] <em>dans le groupe car il a su donner un sens plus politique aux textes du groupe ! Musicalement, c&rsquo;est toujours du bon rock français ; pour ça, on n&rsquo;a jamais dit le contraire&#8230;</em> ». Dans toutes les adresses disponibles à la fin de la revue, on ne trouvait d&rsquo;ailleurs pas l&rsquo;adresse de la librairie de Gilles Soulas, ni le contact de Memorial Record. L&rsquo;Epervier était distribué à Paris à la Licorne Bleue, tenue par Thierry Dreschmann, concurrent de Gilles Soulas dans le petit monde de la librairie faf. Ces relations tendues purent d&rsquo;ailleurs aller jusqu&rsquo;à la confrontation physique lors de concerts, comme à Bourges avec Julien Beuzard en décembre 1999 par exemple. L&rsquo;équipe de Memorial Records lui rendra d&rsquo;ailleurs la pareille chaque fois que ce sera possible et Paul Thore sera violemment mis en cause comme mec fliqué et subventionné par des mairies de gauche par Louise Alaux, épouse de Gilles Soulas et ancienne trésorière du MNR, début novembre 2002, pour justifier le refus d&rsquo;accueillir BBRock à la Fête de l&rsquo;Identité et des Libertés du 09 novembre 2002.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, cet ensemble a du plomb dans l&rsquo;aile et il y a fort à parier que les activités nationalo-catholico-négationno-musicalo-fascistes de Châteauroux vont connaître une baisse de régime. Pour autant le moment choisi par la police pour intervenir pose bien des questions. Sans aller jusqu&rsquo;à la thèse défendue par BBR selon laquelle il s&rsquo;agissait de faire oublier l&rsquo;arrestation de militants islamistes, on ne peut que rester perplexe devant l&rsquo;importance accordée à cette histoire si on la compare avec le silence dont ont bénéficié d&rsquo;autres démantèlements récents de trafics d&rsquo;armes dont les protagonistes étaient également des militants nationalistes ou néo-fascistes. C&rsquo;est par exemple le cas le 10 mars dernier avec l&rsquo;arrestation dans les Vosges par le SRPJ de Nancy de 17 personnes pour détention d&rsquo;armes de guerre et d&rsquo;explosifs. Si la presse locale n&rsquo;a pas cité le nom de la seule personne écrouée, nous la connaissons pour notre part très bien puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de Cédric Bégin. Ce skinhead a longtemps été membre du PNFE et animateur du fanzine <em>Swastika</em> durant la première moitié des années 1990. Exclu des parachutistes lors de son service militaire, membre du génie civil durant quelques temps, il est écroué le 19 octobre 2000 à Épinal pour incitation à la haine raciale, détention d&rsquo;armes et d&rsquo;explosifs et dégradation de monuments publics (pour une affichette raciste apposée sur le monument du maréchal Leclerc à Madonne-et-Lamerey). Cette arrestation est alors la conséquence du coup de filet faisant suite au solstice d&rsquo;hiver du 18 octobre 2000 à Plainfaing et dans lequel était impliqué un responsable du FN, Jean-Yves Douissard. Bégin sera condamné en appel le 20 juin 2002 par la Cour d&rsquo;appel de Nancy à 2 ans de prison dont 20 mois avec sursis. N&rsquo;ayant pas renoncé à ses activités explosives, il a donc continué à tremper dans divers trafics dont le club de tir qu&rsquo;une partie des militants et sympathisants nationalistes impliqués fréquentaient était le pivot central. Autre trafic d&rsquo;ailleurs dont la presse n&rsquo;a pas parlé et qui avait lieu lui aussi dans les Vosges : celui qui était animé par André Leroy, ancien militaire et sympathisant d&rsquo;extrême droite, qui a été arrêté au début du mois de novembre 2003 en possession d&rsquo;armes de guerre et d&rsquo;explosifs. S&rsquo;il s&rsquo;est suicidé lors de sa détention préventive, l&rsquo;individu était bien connu des clubs de tir de la région de Saint-Dié et son trafic durait depuis 1995. Autant dire que Paul Thore et ses petits camarades peuvent passer à côté pour des petits joueurs avec leur vieille Sten et leurs grenades à main&#8230;<br />
Dernier détail piquant : l&rsquo;avocat de Paul Thore est Frédéric Pichon. Militant depuis qu&rsquo;il a 15 ans au FNJ puis à Troisième Voie et au GUD avant de revenir au FN, il a déjà été l&rsquo;avocat d&rsquo;une multitude de militants nationalistes impliqués dans des affaires délictueuses. Il fut ainsi le défenseur des militants du GUD Nancy poursuivis le 19 octobre 2001 pour incitation à la haine raciale devant le tribunal correctionnel de Nancy pour une participation à une manifestation d&rsquo;Unité Radicale le 28 octobre 2000. Mais il a surtout été l&rsquo;avocat d&rsquo;Adeline Rimoux, fille du directeur de cabinet de Dominique Perben, dans l&rsquo;affaire Clippel puis Scheckler (Cf <em>REFLEXes</em> n°7), pour une détention illégale d&rsquo;arme à feu et une provocation au suicide.</p>
<p>Décidément, le monde est petit et les préoccupations nationalistes bien monomaniaques !</p>
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