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	<title>REFLEXes &#187; Unité radicale (UR)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Philippe Vardon a la mémoire qui flanche…</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Sep 2012 16:28:18 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Philippe Vardon]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Les Identitaires s’ennuient … entre une scission fratricide qui les a complètement désorientés en pleine période de campagne électorale, des difficultés à retrouver un second souffle militant (leur nouvelle campagne Génération ID, qui est sensée prendre le relais de la campagne <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/une-autre-jeunesse/">« une Autre Jeunesse »</a></strong>, peine à démarrer, un nouveau bureau directeur qui intègre à la va vite des membres du Projet Apache, les zids tentent de se remotiver par tous les moyens.</p>
<p>Dernière exemple en date, une vidéo qui fait le buzz comme on dit, enfin surtout chez les Identitaires, où <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Z_IesPyqH_0" target="_blank">Philipe Vardon « clash » des journalistes</a>.</p>
<p>En soit, rien de bien intéressant jusqu’à 2’17 où le ton monte légèrement lorsqu’un des journalistes parle des identitaires comme d’un mouvement dissous, ce qui évidemment est faux. Cette erreur permet à Vardon de menacer les journalistes d’une attaque devant les tribunaux pour diffamation, avec raison puisque c’était Unité Radicale qui avait été dissous. Se sentant pousser des ailes, Philippe s’enflamme et va même jusqu’à affirmer qu’il n’a jamais appartenu à Unité Radicale, suite à une question d’un journaliste à 2’50.</p>
<p>Visiblement, à l’instar de son camarade Fabrice Robert, qui dans son émouvante autobiographie de la fin de l’année 2010 semblait avoir oublié certains engagements politiques gênants, Vardon semble touché par une soudaine amnésie. En effet, contrairement à ce qu’il affirme sur cette vidéo, il a bien appartenu à Unité Radicale, et pas comme simple militant : dans le livre <i>les Nouveau Nationalistes </i> (ed.Déterna 2001), <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-7/">un livre</a></strong> écrit par <a href="http://reflexes.samizdat.net/marine-le-pen-fait-le-menage-au-fn/">Christian Bouchet </a>(alors chef d’Unité Radicale) pour faire l’autopromotion de cadres NR, Philipe Vardon est présenté comme « responsable du secteur étudiant du bureau politique <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/">d’Unité Radicale</a></strong> ». C’est ce qu’on appelle un cadre dans le jargon politique. C’est moche de vieillir …</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/vardon_les_nouveaux_natinalistes.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1814" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/vardon_les_nouveaux_natinalistes.jpg" alt="vardon_les_nouveaux_natinalistes" width="600" height="894" /></a></p>
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		<title>Schéma sur l&#8217;extrême droite</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 16:36:30 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire une virginité et apparaître plus forte qu’elle ne l’est, il vaut mieux connaître les histoires, les alliances et les positionnements de ces différents mouvements pour mieux anticiper leurs actions et leurs politiques. Le schéma que vous trouverez ci-joint, ainsi que les repères historiques ci-dessous, permettent d’y voir plus clair.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_extreme_droite.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1588" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_extreme_droite-1024x730.jpg" alt="schema_extreme_droite" width="474" height="337" /></a></p>
<p>Le schéma en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_ED.pdf">schema_ED</a></p>
<p>L’extrême droite à l’automne 2011 apparaît comme extrêmement morcelée, avec un nombre de groupuscules et des alliances parfois contre-nature entre certains courants ou groupes politiques. Cela s’explique par une grande confusion idéologique qui règne dans le milieu nationaliste. À travers cet organigramme, qui ne peut qu’être éphémère, nous avons tenté de dresser le bilan de cette extrême droite, en terme d’alliance et de positionnement, afin de permettre à chacun(e) de s’y retrouver. Avec les présidentielles de 2012, il y a pourtant fort à parier que la situation exposée ici aura évolué d’ici quelques mois, probablement avec des rapprochement inédits. Nous avons essayé d’être les plus exhaustifs possible, mais en ne nous intéressant qu’aux partis et groupuscules ayant une activité, même réduite, dans le monde réel et pas seulement sur internet, et de ce fait pouvant représenter un danger physique ou politique pour les militants. Ainsi, nous avons volontairement mis de côté les sites internet comme François de Souche, à l’audience proche de certains grands sites d’info, mais dont l’activité se limite finalement au relais d’informations sur des faits divers glanés ici et là et à la libre expression d’un racisme qui trouve là son exutoire.<br />
Mais pour bien comprendre la situation actuelle, il est nécessaire de replacer cette distribution des rôles dans une perspective historique : car si la très grande majorité des groupes nationalistes ici présentés sont nés dans les années 2000, ils sont tous, de par l’histoire de leur formation ou celle de leurs dirigeants, ancrés dans l’histoire contemporaine de l’extrême droite telle qu’elle s’est construite à partir des années 1980, avec l’émergence du FN.</p>
<p><em> <strong>Les années 1980-1990</strong> </em></p>
<p>Si aujourd’hui une chatte n’y retrouverait pas ses petits, du début des années 1980 au début des années 2000, l’extrême droite française était organisée de façon assez simple. Le Front National (FN), qui regroupait plusieurs familles de la mouvance nationaliste (catholiques, anciens de l’Algérie française, nostalgiques du fascisme et du nazisme, anticommunistes, ultra-libéraux…) occupait la plus grande partie de l’espace politique et public de ce courant de pensée, laissant à sa périphérie divers groupuscules dont la marge de manœuvre était très limitée : l’Œuvre française, le GUD, le Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), Troisième Voie, Unité Radicale (UR)… Si certains finissaient par rallier le FN, d’autres choisissent la surenchère idéologique et la violence comme moyen d’expression, voir le terrorisme (cf. les attentats du PNFE contre des foyers Sonacotra). La mainmise de Le Pen sur le FN et sa réussite médiatique ne laissent alors que peu de place à une autre personnalité ou mouvement venu le concurrencer, obligeant les autres formations à se soumettre ou à engager une longue traversée du désert.<br />
Le FN connaît ses meilleures années au milieu des années 1990, que ce soit sur le plan électoral ou au niveau de son appareil militant. C’est alors une machine de guerre, avec un service d’ordre composé en grande partie d’anciens professionnels de la sécurité, mais surtout avec de nombreux militants capables de se mobiliser pour n’importe quel événement.<br />
Les années 1990 sont également marquées par une recrudescence de la violence d’extrême droite, avec plusieurs morts, les victimes étant toutes des Français d’origine étrangère. Plusieurs militants du FN sont impliqués dans des meurtres à caractère raciste. La fin des années 1990 marque la fin de l’hégémonie du FN sur l’extrême droite française, avec en 1998 la scission provoquée par Bruno Mégret, alors n°2 du FN, qui quitte le parti avec de très nombreux cadres et militants pour créer une nouvelle structure, le Mouvement National Républicain (MNR). Cette brèche, ouverte dans la suprématie frontiste, permet à certains mouvements nationalistes de récupérer des cadres et militants du parti lepéniste, déçus par les tensions existant entre le FN et le MNR.</p>
<p><em> <strong>Les années 2000</strong> </em></p>
<p>Le 11 septembre 2001, le conflit israélo-palestinien et l’émergence de certains communautarismes radicaux bouleversent profondément le champ politique à l’extrême droite, avec d’un côté une extrême droite traditionnelle, restant sur ses bases, et de l’autre des mouvements prêt à passer ponctuellement des alliances inédites : on voit alors des groupes nationalistes s’allier avec militants en perdition venus de la gauche (Dieudonné, Riposte laïque) ou se prétendant venir de la gauche (Alain Soral).<br />
Parallèlement, l’émergence de Marine Le Pen à la tête du FN et ses orientations stratégiques ont entraîné un important désintérêt des jeunes d’extrême droite et des militants nationalistes radicaux pour le FN, même si le parti, surtout lors des périodes d’élections, attise toujours les ambitions et les intérêts de nombreux nationalistes. Alors que le parti n’est plus capable de recouvrir les murs des villes de France d’affiches ou de mettre dans la rue des milliers de gens comme par le passé, faute de militants de terrain, le FN enregistre de nombreuses adhésions de sympathisants, qui ne sont cependant pas prêts à se salir les mains. La nouvelle stratégie du FN version Marine est basée essentiellement sur lesmédias. Bête médiatique comme son père, Marine est présente quotidiennement à la télé ou la radio. Elle a réussi à rallier à elle des personnalités médiatiques comme Gilbert Collard, ce que son père n’avait jamais réussi à faire. En interne, elle organise la chasse aux sorcières de tous ceux et celles qui pourraient s’opposer à elle ou dont les positions trop radicales pourraient la gêner dans sa quête médiatique et politique de normalisation du FN.</p>
<p>La chronologie en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema-recto.pdf">schema-recto</a></p>
<p><em> <strong>NOTRE ANTIFASCISME</strong> </em></p>
<p>La lutte antifasciste se résume trop souvent à une simple opposition à l’extrême droite, ce qui l’empêche de prendre une véritable dimension politique. Pour nous, l’antifascisme se définit avant tout par des pratiques : l’information, la confrontation, la solidarité. Mais l’expérience nous a appris que certains principes sont fondamentaux, car tout antifascisme cohérent ne peut être qu’autonome, révolutionnaire et internationaliste. L’antifascisme n’est à nos yeux ni une posture, ni une position de principe, mais quelque chose de dynamique, un engagement réel. Il existe bien des façons de lutter contre l’extrême droite, à condition de n’en négliger aucune.</p>
<p><em> <strong>Informer</strong> </em></p>
<p>C’est un préalable à tout travail antifasciste, tant l’extrême droite est un objet de fantasmes. Presque toujours sous-estimée ou surestimée, l’extrême droite provoque chez ceux qui s’y confrontent à la fois un sentiment de rejet viscéral et de fascination, deux réactions compréhensibles, mais qui ont tendance à développer respectivement la mauvaise foi et l’extrapolation. C’est également un sujet sur lequel il est permis de dire n’importe quoi, puisque tout serait bon pour lui nuire. Pour les médias de masse, l’extrême droite est avant tout un sujet à scandale : c’est donc surtout sa violence, son folklore et sa marginalité qui sont mis en avant. Dans les publications militantes, l’extrême droite est souvent présentée comme une absurdité politique, dont le discours et les pratiques sont avant tout stupides et « haineux », ou comme l’incarnation du mal absolu. Ce travail de recherche d’information se fait à plusieurs niveaux : dans la presse, en particulier locale, dans les publications universitaires ou politiques, mais aussi et surtout sur le terrain, en collectant des informations à la source. C’est ce travail de terrain qui permet aussi de contourner la contre-information que fait l’extrême droite sur ses propres activités, en particulier sur Internet. Une fois l’information collectée et traitée, il reste à la diffuser, afin de tenter de contrecarrer cette désinformation et de dissiper les représentations erronées.</p>
<p><em> <strong>S’opposer</strong> </em></p>
<p>Mais la simple dénonciation ne suffit pas, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif du travail de recherche antifasciste. Son but est de permettre à l’action antifasciste de définir des objectifs à la fois pertinents et réalistes, d’apprécier le rapport de force et d’utiliser les moyens les mieux adaptés. Il est évident que tous les moyens d’actions (manifestations, harcèlement, attaques directes, campagnes de presse&#8230;) ne se valent pas selon le groupe ciblé (parti institutionnel comme le FN, groupes informels violents, associations religieuses…) et l’objectif visé (provocation, dénonciation, interdiction…). Mais réfléchir sur l’utilisation des moyens ne veut pas dire hiérarchiser ces différentes formes d’actions, en opposant par exemple actions publiques non violentes et actions de rue plus radicales. La question de la violence ne doit pas être prise comme prétexte pour moraliser l’antifascisme, et condamner les antifascistes qui s’opposent physiquement aux fachos, au nom d’un consensus mou qui assimile légitimité et légalité. Cependant, les affrontements de rue, vus de l’extérieur, peuvent donner l’idée que fascistes et antifascistes sont deux groupes antagonistes uniquement préoccupés l’un de l’autre. C’est pourquoi il faut toujours lier la confrontation avec l’extrême droite à d’autres formes de lutte. L’action directe n’empêche d’ailleurs pas la démarche unitaire, à condition qu’elle ne soit pas une simple alliance de circonstance.</p>
<p><em> <strong>Être solidaire</strong> </em></p>
<p>Enfin, la lutte antifasciste ne se définit pas uniquement par rapport aux activités de l’extrême droite : elle doit aussi se montrer solidaire, non seulement à l’égard des victimes de l’extrême droite, mais aussi entre les antifascistes eux-mêmes. Organiser la solidarité antifasciste est une nécessité, car comme toutes les luttes de résistance, elle se retrouve en butte à la répression et ce d’autant plus qu’elle est parfois, par la force des choses, à la limite de la légalité. Cette solidarité passe bien entendu par un soutien concret en cas de poursuites judiciaires mais pas seulement.<br />
Car la solidarité antifasciste ne doit pas s’organiser uniquement face à la répression, mais aussi en multipliant les rencontres et les actions communes, afin de permettre aux groupes antifascistes de partager des informations et d’échanger sur leurs pratiques, mais aussi de se rencontrer afin de mieux se connaître ; c’est une autre façon de montrer à l’extrême droite qu’une résistance organisée se met en place et que les antifascistes ne sont pas isolés.</p>
<p><em> <strong>Autonome, révolutionnaire et internationaliste</strong> </em></p>
<p>Lutter contre l’extrême droite, d’accord, mais pas n’importe comment. En premier lieu, notre antifascisme est autonome, à l’égard de l’État comme des partis électoralistes. La société française contemporaine s’est constituée, à la Libération, sur l’antifascisme, et pour cette raison tous les partis politiques sont « antifascistes ». Pour affirmer sa distance à l’égard de cet antifascisme républicain et pour être capable d’analyser l’extrême droite dans toutes ses dimensions (et pas seulement comme simple ennemi de la démocratie libérale), notre antifascisme est très clair sur ses positions quant aux opérations répressives de l’État contre l’extrême droite : toutes les opérations policières contre les groupes fascistes peuvent tout aussi bien être utilisés contre d’autres contestataires, en l’occurrence les antifascistes eux-mêmes. Les procédures judiciaires (interdiction, dissolution…) ne sont pas des armes politiques au service de l’antifascisme, mais des outils au service de l’État qui protège ainsi le modèle de société qu’il représente. De même, le vote n’est pas une arme efficace contre l’extrême droite, car il délègue à d’autres le soin de lui faire barrage : pas question de signer un chèque en blanc aux partis de droite comme de gauche qui ont montré des années durant de quelle façon ils recyclaient les idées du Front national une fois arrivés au pouvoir.<br />
Ensuite, notre antifascisme est révolutionnaire : être antifasciste aujourd’hui dans nos sociétés libérales, c’est placer la critique de l’État et du capitalisme au cœur de l’analyse du processus de fascisation. L’antifascisme est donc le pire produit du fascisme s’il ne vise que l’ennemi désigné par l’État libéral : pour mener un antifascisme digne de ce nom, il faut donc que sa fin et ses moyens soient clairement replacés dans un projet global de changement social. À nous de trouver, à partir de là, les formes de lutte les plus susceptibles de leur infliger un maximum de dégâts.<br />
Enfin, notre antifascisme est internationaliste, car c’est évidemment la meilleure réponse aux logiques nationalistes : abolition des frontières, libre circulation, solidarité internationale, rejet des logiques de guerre, telles sont les revendications indissociables de notre lutte antifasciste. L’extrême droite se développe dans chaque pays de façon différente, parce qu’elle est le produit de la société qui la voit naître : c’est par la connaissance de la diversité des situations que l’on peut mettre en perspective sa propre situation, les enjeux de l’antifascisme ici et là-bas et organiser des réseaux de solidarité antifasciste internationale.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Notre antifascisme&nbsp;&raquo; en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema-verso.pdf">schema-verso</a></p>
<p>Octobre 2011</p>
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		<title>Parti Nationaliste Français (PNF)</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 16:06:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le Parti Nationaliste Français est fondé officiellement le 10 décembre 1983 par l’équipe du journal Militant. Tout comme la revue, il est dirigé par Jean Castrillo et sa fondation est une conséquence directe de la tentative avortée de lancer en 1982 un Regroupement Nationaliste avec l’Œuvre Française et le MNR de Malliarakis, mouvements avec lesquels [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Parti Nationaliste Français est fondé officiellement le 10 décembre 1983 par l’équipe du journal <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/"><em>Militant</em></a>. Tout comme la revue, il est dirigé par Jean Castrillo et sa fondation est une conséquence directe de la tentative avortée de lancer en 1982 un Regroupement Nationaliste avec l’Œuvre Française et le MNR de Malliarakis, mouvements avec lesquels le PNF entretient de bons rapports<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/parti-nationaliste-francais-pnf/#footnote_0_351" id="identifier_0_351" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dans le num&eacute;ro 131 de Militant, on peut ainsi voir Pierre Sidos, Jean-Gilles Malliarakis et Pierre Bousquet se serrer la main en couverture du journal !">1</a></sup>. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/Jean_Castrillo_Militant.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2283" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/Jean_Castrillo_Militant-212x300.jpg" alt="Jean_Castrillo_Militant" width="212" height="300" /></a> Ses <a href="http://reflexes.samizdat.net/amis-du-socialisme-francais-et-de-la-commune/">activités</a> dans les années 1980 se résument essentiellement à des collages et à l’organisation de banquets anti-républicains à la brasserie Jenny. Cela vaudra au-dit restaurant de voir ses vitres brisées à plusieurs reprises aussi bien par le SO de la CGT, que par des autonomes et des antifascistes. En juin 1985, certains de ses cadres et un certain nombre de militants partent en claquant la porte. La fronde est emmenée par Claude Cornilleau, ancien de l&rsquo;OAS et ex-FN, élu conseiller municipal RPR de Chelles en Seine-et-Marne. Cette scission donnera naissance officiellement au Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) en 1987. Entre 1990 et 1991, les JNR de Batskin se rapprocheront du PNF qui ira jusqu’à leur offrir l’hospitalité au sein de son local parisien. Pierre Pauty, de son côté, quitte le PNF pour retourner au FN pour y être élu au comité central fin 1991, suivi de peu par Alain Renault qui, lui, rejoint Philippe de Villiers. Une mini structure appelée « Unité et Travail », liée au PNF, tentera de se mettre en place aux usines Renault de Boulogne-Billancourt à la fin des années 1980, animée par Jean Ribailler et Pierre Durand (simple homonyme du directeur de <em>Présent</em>), mais sans grand succès. En plus du journal <em>Militant</em>, le PNF possède son propre bulletin interne : <em>Fer de Lance</em>. En 2000, le PNF prend contact avec Unité Radicale. Et c’est ainsi que le 1er mai 2001, le PNF manifeste aux côtés d’Unité Radicale et adresse un message aux participants du solstice d’été de Montségur d&rsquo;UR. Fin 2001, Eddy Marsan est invité au banquet nationaliste de <em>Militant</em> par les membres du PNF en qualité de représentant d&rsquo;UR. Marsan a donc, à cet effet, été mandaté par UR pour proposer l&rsquo;unité nationaliste au PNF. Concrètement, Unité Radicale a alors pour objectif de faire main basse sur le local parisien du PNF, de sa presse et du journal <em>Militant</em>. Mais en 2002, Eddy Marsan démissionne d’UR pour rejoindre le PNF, dénonçant au passage la tentative de récupération d&rsquo;UR sur le patrimoine de ce second. UR n’aura pas été la seule structure à avoir tenter un jour de s’approprier le trésor de guerre de l’équipe de <em>Militant</em>. L’Œuvre Française en son temps ou plus récemment le Réseau Radical ont été soupçonnés de nourrir les mêmes objectifs. L’activité du Parti Nationaliste Français est très limitée aujourd’hui, et semble se résumer essentiellement à l’édition et aux activités liées à <em>Militant</em>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_351" class="footnote">Dans le numéro 131 de Militant, on peut ainsi voir Pierre Sidos, Jean-Gilles Malliarakis et Pierre Bousquet se serrer la main en couverture du journal !</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Groupe Union Défense (GUD)</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Feb 2009 14:56:38 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[William Bonnefoy]]></category>
		<category><![CDATA[Œuvre française]]></category>

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		<description><![CDATA[La synthèse qui suit a d&#8217;abord été écrite pour le livre Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes français, publié en 2002. Il a subi quelques retouches pour la présente édition. Pour un observateur inattentif, le GUD pourrait apparaître légitimement comme l’un des mouvements nationalistes français ayant connu la plus grande longévité, avec plus [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La synthèse qui suit a d&rsquo;abord été écrite pour le livre Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes français, publié en 2002. Il a subi quelques retouches pour la présente édition.</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1285" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg" alt="Dessin_brochure_interne_1971-08e0d" width="273" height="261" /></a>Pour un observateur inattentif, le GUD pourrait apparaître légitimement comme l’un des mouvements nationalistes français ayant connu la plus grande longévité, avec plus d’une trentaine d’années au compteur. En fait, la réalité est bien sûr plus compliquée puisque ce n’est pas d’un GUD qu’il faut parler mais de GUD(s). Chaque génération a mis en effet dans cette organisation un contenu et des pratiques différents, excepté la violence politique, sans qu’il y ait réellement transmission de l’expérience, mis à part quelques exceptions, d’un groupe d’âge à ses successeurs.</p>
<p>Ce n’est donc pas tant du GUD dont nous allons considérer l’histoire que celle, trentenaire, de ce courant de jeunes nationalistes se reconnaissant rarement dans les organisations nationales et préférant militer dans un groupuscule nationaliste-révolutionnaire dont le nom est à lui seul une identité politique, basée sur la violence et l’absence de calcul politique. Une démarche que l’on pourrait qualifier d’« esprit Lansquenet » en quelque sorte. Ce faisant, il n’est pas question pour nous d’être exhaustif. Moult choses ont été écrites sur le GUD, en particulier dans sa version des premières années, et nous nous contenterons donc de donner des points de repère pour les deux premières décennies. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1286" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg" alt="Brochure_interne_1973-a1bd8" width="285" height="254" /></a>Par contre, parce que l’intérêt militant en est évident, nous nous appesantirons nettement plus sur la dernière décennie, jusqu’au début des années 2000. L’exercice de la synthèse étant ce qu’il est, nous ne prétendons cependant pas faire des révélations sur un groupe dont la vie interne est pourtant riche d’embrouilles et de rebondissements !</p>
<h3>Genèse d’un mythe ou<br />
« Quand le GUD faisait (encore)<br />
de la politique »</h3>
<p>Le GUD est un pur produit de l’après-Mai 68. La dissolution du mouvement Occident a laissé la jeunesse nationaliste relativement orpheline et quelques structures en bénéficient : Restauration Nationale (Patrice de Plunkett), Œuvre Française (Pierre Sidos), Mouvement Jeune Révolution (Gérard Bouchet), Jeunesses Patriotes et Sociales (Roger Holeindre), Action Nationaliste (Jean-Gilles Malliarakis), Jeune Europe (Nicolas Tandler). Mais le résultat n’est qu’une concurrence féroce et stérile qui épuise le mouvement nationaliste. Une poignée de militants a alors l’idée de faire autre chose.<br />
Premièrement, mettre fin à l’émiettement en se concentrant sur un lieu, seul moyen de résister à l’expansion des structures d’extrême gauche. Deuxièmement, profiter des opportunités offertes par l’après-Mai. Or la principale de ces opportunités est la mise en place de la réforme universitaire d’Edgar Faure qui institue des conseils élus dans chaque université, ouvrant ainsi au maximum le jeu politique en supprimant le monopole syndical. Le lieu choisi est la faculté de Droit d’Assas, même si quasiment aucun militant n’y est inscrit. La structure se trouve affublée d’un nom, Union Droit, qui, en se transformant en Groupe Union Droit ou Groupe Union Défense (GUD), est appelée à un bel avenir.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg" alt="Union_Droit" width="353" height="479" /></a></p>
<p>Elle rassemble quelques militants connus comme Alain Robert, Gérard Longuet ou Jack Marchal. Une campagne très dynamique et d’apparence sérieuse (Gérard Longuet, idéologue de ce groupe activiste, promulguera une <em>Charte Universitaire</em>) lui assure un confortable succès aux élections de février 1969. Malgré une fin d’année universitaire précaire, le GUD est installé à Assas pour quelques années…</p>
<p>Cela permet au groupe de mettre en place le deuxième étage de la fusée : un vrai mouvement politique, en l’occurrence Ordre Nouveau (ON), grâce au renfort de militants comme François Duprat. Le lancement d’ON en février 1970 ne met pas fin au développement du GUD, aussi bien à Assas que dans d’autres facs parisiennes. Le quotidien est alors composé d&rsquo;affrontements violents avec les étudiants gauchistes ou tout simplement de gauche : de nombreuses batailles rangées éclatent régulièrement, avec à la clé des dizaines de blessés graves. La police ne cesse d’intervenir pour séparer les adversaires, et le centre Assas sera fermé à maintes reprises pour d&rsquo;évidentes raisons de sécurité. Ainsi, le premier venu peut instaurer sa loi et filtrer les entrées, malgré la présence de vigiles musclés appelés en renfort par le rectorat. C&rsquo;est avec l&rsquo;essor de ces batailles rangées à Assas que le GUD va conquérir ses lettres de «noblesse», écrasant à plusieurs reprises les gauchistes venus attaquer «son centre». La peur règne alors dans la faculté, où la chasse au faciès va bon train ; des enseignants appartenant au syndicat SNESup sont également agressés : une enseignante est lacérée à coups de rasoir et enfermée dans un placard ! Les « durs » sont particulièrement bien entraînés et décidés à tout. Ils reçoivent en outre le renfort de Vietnamiens du Sud et de charmantes Iraniennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_0_372" id="identifier_0_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du g&eacute;n&eacute;ral Aryana.">1</a></sup> spécialisées dans les arts martiaux. Même à Nanterre, le GUD obtient 13,5 % des voix, tandis que sa présence provoque des lynchages en règle de la part de l&rsquo;extrême gauche et une émeute qui dure deux jours (une centaine de policiers blessés). De par son rôle dans les élections, le local d’Assas est particulièrement stratégique et il est souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;agressions diverses : les casques noirs ornés de la croix celtique sont accrochés aux porte-manteaux et… divers matériels « plus solides », faciles à cacher dans le sous-plafond. Dès 1970, le GUD est capable à Assas de mobiliser 200 militants et sympathisants pour les bagarres, avec un système de contact téléphonique particulièrement au point : quinze minutes au maximum pour rassembler les troupes !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1292" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0004" width="271" height="354" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1290" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b" width="474" height="642" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1291" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0002" width="474" height="641" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1288" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.4-c8c80" width="549" height="736" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1289" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.5-b66c7" width="474" height="621" /></a></p>
<p>C’est l’âge d’or du GUD, car les évolutions politiques orientées par Ordre Nouveau à partir de 1972-1973 vont lourdement peser sur la vie du groupe. La constitution du Front National autour de J.-M. Le Pen en octobre 1972 prend en effet à froid une génération de gudards aux convictions nationalistes-révolutionnaires bien ancrées et qui n’ont guère envie de servir de roue de secours au « Menhir », vieux briscard politicien issu de la IVe République. Une partie de ces militants quitte donc le GUD fin 1972 et rejoint sous l’appellation Groupe Action Jeunesse (GAJ) le courant solidariste, favorisant une division qui va durer jusqu’à la fin des années 1970. Cet affaiblissement intervient alors que le printemps 1973 est marqué par de très violents affrontements, y compris à Assas, qui montrent que le gauchisme activiste a de beaux restes.</p>
<p>La dissolution d’ON en juin 1973 fait du GUD une base de repli pour tous ceux qui refusent l’aventure Front National. Mais c’est une base de repli en piteux état, qui se trouve à Assas confrontée à la vigueur du GAJ, héritier putatif du GUD de 1969-1970.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1293" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg" alt="alternative-3-233a7" width="196" height="291" /></a>La situation est rapidement rétablie par quelques dirigeants efficaces, dont Olivier Carré, qui permettent au GUD de connaître une deuxième jeunesse. Ceci se manifeste entre autres par le lancement de la revue <em>Alternative</em>, au ton décapant, qui sans être la revue du GUD en est particulièrement proche. Toute la période 1973-1974 est ainsi marquée par des affrontements très violents entre GUD et GAJ, l’unité ne se reconstituant que contre l’ennemi gauchiste ou, moyennant finances, pour faire le SO de la campagne de Giscard en 1974. Le lancement du Parti des Forces Nouvelles par une partie des rescapés d’Ordre Nouveau donne au GUD une configuration qu’on retrouvera maintes fois par la suite, à savoir le rôle de courroie de transmission en milieu universitaire. Le GUD est alors, en principe, associé au Front de la Jeunesse (FJ)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_1_372" id="identifier_1_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On voit la capacit&eacute; de recyclage des appellations par l&rsquo;extr&ecirc;me droite puisque ce nom sera r&eacute;utilis&eacute; en 1999 pour le lancement d&rsquo;une &eacute;ph&eacute;m&egrave;re structure unitaire post-scission !">2</a></sup> et dirigé par Philippe Penninque et J.-F. Santacroce. Les activités du GUD vont alors des inévitables bagarres avec les gauchistes aux combats à Beyrouth dans les rangs des Phalanges Chrétiennes, en passant par les SO de la droite libérale. À cette époque, le GUD a des contacts dans une centaine de centres universitaires en France. En 1977, son congrès rassemble plus de 150 délégués de 40 facultés et élit un bureau politique de trois membres, un bureau national de six et un comité national. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1294" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg" alt="45_tours_GUD-a30de" width="189" height="197" /></a><br />
En 1978, une pétition lancée « <em>pour l&rsquo;arrêt immédiat des poursuites engagées contre les élus GUD au conseil d&rsquo;université de Paris II</em> » sera soutenue notamment par Tixier-Vignancourt, maître Isorni, l&rsquo;amiral Auphan, Thierry Maulnier, Eugène Ionesco, Michel Droit ou Jean Marcilly. Notons que les poursuites en question étaient liées à des exactions multiples.</p>
<p>Après 1977, les activités du GUD Assas marquent un net fléchissement, lié aux tensions avec le PFN et le Front de la Jeunesse. Ceci dit, ce relatif déclin n’est pas spécifique au camp nationaliste puisqu’il touche aussi les organisations gauchistes. Cette époque en demi-teinte est marquée par la gigantesque baston de Nanterre en 1980 qui voit des militants du GUD se faire lyncher dans la gare RER après une diffusion de tracts. L’échec de la campagne aux Européennes de 1979 puis celui des élections présidentielles de 1981 sonnent le glas d’un certain nationalisme.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1295" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg" alt="Oxydant-bef7c" width="276" height="409" /></a>Le groupe « s’autodissout » le 17 juin 1981, après la victoire de la gauche aux présidentielles, au sein d’un regroupement plus large en ligne directe du PFN, le Renouveau Nationaliste (RN), tout en gardant ses positions à Assas. D’anciens militants tentent d’ailleurs de recréer la mystique du groupe en lançant la revue <em>Oxydant</em> dont la présentation et le ton s’inscrivent dans la continuité de feu <em>Alternative</em>. Le GUD est officiellement dissout début juillet 1981.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1296" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg" alt="rn-3-f2362" width="197" height="265" /></a>Le RN vivote jusqu’en 1983 tout en faisant malgré tout des apparitions publiques, essentiellement anticommunistes. Le printemps 1983 et les manifestations étudiantes protestant contre la loi Savary de réforme de l’enseignement supérieur permettent au GUD de reprendre du poil de rongeur, en particulier à Paris, sous la férule de Charles-Henri Varaut et Fabrice Saulais. Il est temps pour le groupe ainsi reconstitué de larguer un RN qui se résume en grande partie à lui-même pour rejoindre une autre dynamique.</p>
<h3>Vers la Troisième Voie ?</h3>
<p>La nécessité de s’allier à quelqu’un va pousser le GUD dans les bras du vieux militant solidariste Jean-Gilles Malliarakis, alors à la tête d’un Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) dont le discours anticommuniste et anticapitaliste rencontre un fort impact parmi tous ceux qui regardent d’un air suspicieux l’émergence du FN et son électoralisme.<br />
Ce discours rejoint d’ailleurs celui développé à ce moment par le GUD : « <em>Nous devons tous ensemble œuvrer à liquider les derniers restes d’infection marxiste</em> (ndlr : les syndicats étudiants) » (tract pour les élections à Paris II &#8211; Assas du 24 janvier 1984) ou « <em>L’Europe doit refuser d’être le 52e état américain</em> » (autre tract de 1984). Le rapprochement se fait à partir du printemps 1984 et le GUD rejoint officiellement le regroupement Jeune Garde en mai 1985 même si l’intégration de fait était déjà réalisée. Cet assemblage donne naissance au mouvement Troisième Voie (TV) en novembre 1985. Reprenant une appellation élaborée par les nationaux-bolchéviques allemands des années 1930, ce nom pose clairement la ligne politique qui se veut à égale distance du capitalisme privé et du capitalisme d’État, tout en faisant référence à une organisation sœur italienne et interdite pour terrorisme, Tersa Posizione. Si l’étiquette GUD est encore utilisée, il est clair que l’absorption par TV est poussée très loin. Les gudards s’y sentent en effet comme chez eux, leur style provocateur n’étant absolument pas bridé.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1297" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg" alt="05/10/1986. National Front (FN) Joan of Arc day celebrations with Jean-Marie Le Pen" width="539" height="358" /></a><br />
On peut ainsi voir les militants faire les marioles lors de la fête Jeanne d’Arc 1986 avec une banderole « Madelin, paye ta cotise ! » ou attaquer les cortèges du mouvement anti-Devaquet à l’automne 1986. Malliarakis a su mettre sur pied une structure fédérative qui satisfait tout le monde, le GUD Paris pouvant s’épanouir dans son bastion et devenant l’organisation étudiante référente. Les GUD de province ne sont pas en reste avec parfois une imitation assez réussie du modèle parisien. C’est par exemple le cas dans la région Languedoc-Roussillon. Les statuts de l’association Jeune garde &#8211; Groupe Union Défense sont déposés à la préfecture le 21 février 1985 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec Jürgen Greiner, de nationalité allemande, comme président, assisté de Michel Camrrubi (secrétaire) et de Christian Soulier (trésorier). Outre les classiques exactions (Jürgen Greiner est inculpé pour « coups et blessures » en avril 1986) ce noyau dur tente de tisser un réseau militant sur l’ensemble de la région. En mai 1986, une dizaine de militants du GUD, originaires de Perpignan et de Montpellier sont accueillis à Toulouse par Anne-Marie Prolongeau (Jeune Garde) et rencontrent un responsable départemental du Parti des Forces Nouvelles maintenu (PFN), Bruno Pouzac. Moment fort de toutes ces prises de contact : un camp d’ organisé dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales), près de Thuir.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1298" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg" alt="Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9" width="394" height="567" /></a></p>
<p>Au programme : « cours magistraux » et entraînements avec séances de tir à balles réelles (armes légères automatiques). Le camp accueille une vingtaine d’hommes et quatre femmes venus de la région parisienne, des Pyrénées-Orientales, du Var et de l’Hérault. Mais d’autres villes ou régions se signalent également, comme Strasbourg dont la composition sociologique de certains campus (médecine entre autres) explique bien des choses.</p>
<p>La dynamique dure jusqu’en 1988 mais le climat se dégrade au sein de TV. Malliarakis et quelques autres dirigeants sont en effet saisis du traditionnel virus organisationnel, c’est-à-dire que le dirigisme prime peu à peu sur l’autonomie interne. Cela s’explique sans doute en partie par un accroissement des ambitions politiques des uns et des autres. « Mallia » prend la grosse tête face à quelques manifestations ou meetings réussis et le ralliement à TV de Serge Ayoub et de ses boneheads regroupés au sein des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) à partir de l’automne 1987. L’idée s’impose alors chez certains TV qu’il est peut-être possible de rafler la mise face au FN, d’où des attaques écrites et orales régulières et très violentes contre ce parti. Les gudards décident alors de rompre l’alliance et le font savoir en mai 1988 lors d’un meeting organisé par Christophe Pierre et William Bonnefoy.</p>
<h3>GUD revival</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1299" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg" alt="Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1" width="236" height="349" /></a>Une nouvelle période s’ouvre donc, avec une autonomie revendiquée et symbolisée par l’anniversaire des 20 ans du GUD fêté le 20 novembre 1988 à la Mutualité, en présence de quelques anciens dont Jack Marchal et Éric Delcroix. Signe d’une volonté de renaissance, les gudards relancent la perspective d’une implantation universitaire avec le dépôt le 29 décembre 1988, à la préfecture de police de Paris, des statuts de l’Union et Défense des Étudiants d’Assas (UDEA), étiquette légale et électorale du GUD qui officiellement n’existe plus.</p>
<p>Bonnefoy lance moult initiatives et tente de donner une légitimité « intellectuelle » au GUD avec un cercle de réflexion, des réunions et une revue : <em>Rebelle</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_2_372" id="identifier_2_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle-m&ecirc;me remplace une revue non officielle du GUD, Rebelles, qui s&rsquo;&eacute;tait substitu&eacute;e au Fil d&rsquo;Ariane, bulletin du temps de l&rsquo;int&eacute;gration dans TV. Parall&egrave;lement, une petite &eacute;quipe essaie de relancer Alternative mais l&rsquo;exp&eacute;rience p&acirc;tit de la m&eacute;diocrit&eacute; du journal.">3</a></sup> . On trouve dans celle-ci la Charte du GUD tandis que circule en copie séparée un document sur « l’éthique nationaliste » qui place la barre très haut : « <em>Il nous faut donc tenter d’établir une sorte de Code de l’Honneur, à l’image du Bushido du Samouraï nippon. Deux sources doivent principalement nous inspirer : les Eddas nordiques et le Code de la chevalerie médiévale</em> ». L’iconographie change également en privilégiant un style martial largement inspiré d’Arno Brecker dans lequel l’humour a disparu. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1300" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg" alt="Rebelle-4fae5" width="157" height="227" /></a>Le tout se fait dans le contexte d’un climat d’affrontements accrus avec les organisations de jeunesse juives mais également de tensions internes au milieu nationaliste. William Bonnefoy est en effet particulièrement violent et caractériel et vit de la division. Les anciens amis de TV en font les frais en mai 1989 avec une attaque du GUD contre un meeting mais d’autres également en gardent quelques souvenirs. La transmission de flambeau à la direction du groupuscule est donc inéluctable.</p>
<p>Le remplacement de William Bonnefoy par Frédéric Chatillon à partir de 1991 va orienter le GUD dans une nouvelle direction. Chatillon a en effet bien compris que, pour survivre, le GUD devait abandonner son indépendance relative vis-à-vis de la principale formation d’extrême droite : le Front National (FN), que la première génération fustigeait dans les années 1970 mais qui est devenu incontournable. Ne se définissant pas comme un nazi mais plutôt comme un nationaliste français et européen, Châtillon n’avait d’ailleurs pas lui-même une réelle hostilité contre le FN. Les rats noirs vont en devenir des auxiliaires sans pour autant y être totalement inféodés. Ce que Chatillon résume lui-même en 1992 : « <em>On aide le Front parce que sinon on ne serait qu’une poignée</em> » et ce d’autant plus que quelques gudards, à l’instar de militants de TV, partent en cette année 1991 pour la Croatie en guerre.</p>
<p>Cela se traduit bien sûr sur le plan universitaire. Alors qu’à Paris II-Assas, aux élections de 1991, l’UDEA se présentait seule et totalisait 167 voix sur 17588 inscrits, ce qui lui donnait un élu et un local, l’année 1993 voit la mise en place effective du Renouveau Étudiant Parisien (REP), annoncée avec fracas lors d’un meeting en novembre. Cette structure est alors censée prendre le relais du Cercle national des étudiants parisiens (CNEP), dont Marine Le Pen fut la présidente, et qui a échoué dans sa tentative d’implantation politique durable dans les universités parisiennes. Sa création montre l’influence que peuvent avoir des gudards grâce à leur intérêt « militaire », puisque le préalable à cette alliance était la mise à l’écart de Richard Haddad, leader catholique traditionnaliste du CNEP, copieusement et régulièrement insulté dans l’organe du GUD, <em>Les Réprouvés</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_3_372" id="identifier_3_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Sp&eacute;ciale d&eacute;dicace !">4</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1301" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg" alt="Article_Haddad_g-adfbe" width="354" height="686" /></a><br />
Haddad paye ainsi le fait qu’hormis à Assas et Clignancourt-Sorbonne où quelques résultats avaient été obtenus, les listes CNEP ont été partout contrées par leurs adversaires antifascistes, soit par l’annulation des élections (Paris X &#8211; Nanterre), soit par un vote massif des étudiants pour contrer l’avantage que leur donne la proportionnelle (Paris I &#8211; Tolbiac). Cette alliance laisse dire à Franck Timmermans, ancien dirigeant du FNJ, lors du meeting constitutif du REP : « <em>Au-delà des querelles passées, l’union est faite et nous allons leur en mettre plein la gueule</em> ».</p>
<p>De fait, ce rapprochement se traduit également physiquement. Outre les entraînements de Viet Vo Dao dirigés par maître Thi Tran Tien dans la salle de boxe gérée par l’Association sportive de Jussieu, dont Miguel Lliotier, militant du GUD surnommé « Wolfram », est le trésorier, les rats noirs sont associés à des entraînements plus pratiques organisés par le FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1302" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg" alt="Les_Reprouves_no1_-_1992-00541" width="427" height="290" /></a></p>
<p>Le dimanche 15 mars 1992, ils sont une soixantaine de militants nationalistes à se rendre dans la propriété d’Alaincourt, dans l’Oise<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_4_372" id="identifier_4_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette propri&eacute;t&eacute; est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre &agrave; un solstice d&rsquo;&eacute;t&eacute; en 2007.">5</a></sup>. Celle-ci appartient à la vicomtesse Katherine d’Herbais de Thun<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_5_372" id="identifier_5_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-m&ecirc;me militante nationaliste, est mari&eacute;e avec F. Chatillon.">6</a></sup>, conseillère régionale du FN en Picardie, fille de M. Chereil de la Rivière, directeur de La France Monarchiste. Son mari, Pierre-Guillaume d’Herbais, est alors président depuis 1983 de la Société d’Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS), et depuis 1987 d’Europension (« groupement européen de consultants en droit social et d’actuaires-conseils dont l’objet est d’assurer un service permanent aux entreprises de la CEE »). D’Herbais est aussi le repreneur de l’hebdomadaire Minute en janvier 1990. Bref, nos petits rats sont en de bonnes mains, d’autant plus que le programme du camp est alléchant : corps à corps (« <em>Si vous enfoncez bien votre doigt, l’œil de votre adversaire doit pendre par le nerf optique</em> », explique un conseiller militaire du service d’ordre du FN, le DPS, utilisation de la batte de base-ball (« <em>Devant une caméra, mieux vaut une bonne fracture qu’une blessure au sang : si un « gauche » chiale mais qu’il n’a pas de blessure apparente, les images ne passeront pas à la télé</em> ») et psychologie (« <em>En face, on va vous insulter, vous traiter de fascistes et de nazis. Bien que fascistes et nazis ne soient pas des insultes</em> »). Quelques jours plus tard, lors du meeting de mars 1992 de Jean-Marie Le Pen au Zénith, Carl Lang, ancien dirigeant du FNJ, salue ses troupes avec ce qui ressemble farouchement à un bras tendu. Les auxiliaires du GUD en font partie, aux côtés des skinheads des JNR de Serge Ayoub, mais cette fois-ci, à l’inverse du meeting de Le Pen à Rouen, le 6 mars, ils n’ont pas carte blanche pour attaquer la contre-manifestation. Ce qui ne sera pas le cas à Chartres avec des affrontements extrêmement violents.</p>
<p>La même unité dans l’exaction est présente à l’université. Le travail politique étant réduit à sa plus simple expression (dénonciation de « la dictature des gauches »), l’unique intérêt d’une descente dans une fac est de se donner des émotions et de taper dans le tas.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1303" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg" alt="Tract_GUD_1992-25594" width="197" height="289" /></a><br />
Les années 1991, 1992 et 1993 sont ainsi marquées par des violences chroniques et régulières, que ce soit à Assas même, place de la Sorbonne, à Sciences Po ou dans l’annexe de Châtillon (proche banlieue de Paris). On retrouve souvent le même noyau dur impliqué, qui forme les petits nouveaux : Frédéric Chatillon mais aussi Miguel Lliotier et son célèbre œil de verre, qu’il aurait gagné, selon la légende, à Jussieu lors de la grève contre le projet Devaquet, après avoir reçu un projectile lancé par… ses « kamarades » venus casser la grève ; ou Yvain Pottiez, habitué de l’univers carcéral pour « violences physiques » contre un étudiant de Paris XII (Saint-Maur &#8211; Créteil), ce qui ne l’a pas empêché de recommencer et qu’on retrouvera aux côtés de l’équipe Mégret à Vitrolles dans tous les mauvais coups ; ou Pierre Oldoni, dit « Urgo » (les sparadraps…), président de l’UDEA en 1993 et reconverti par la suite dans le mercenariat… Ou encore Jildaz Mahé O’Chinal, adhérent au GUD et au FNJ d’Assas alors qu’il est étudiant en histoire à Tolbiac (il est vrai que sa marge de manœuvre y fut limitée) qui fonde en 1992 l’association sportive du marteau de Thor, dont il était le président en compagnie de Chatillon (secrétaire) et Lliotier (trésorier). Son engagement politique reste dans la tradition familiale puisque son père, Patrick, fut proche du mouvement Occident avant de participer à la création d’Ordre Nouveau, puis de devenir l’un des rédacteurs en chef de <em>Paris-Match</em>.</p>
<p>De fait, ces années de direction Chatillon ont gardé une très bonne réputation parmi les militants nationalistes et pour cause. Il en reste la revue <em>Les Réprouvés</em>, vendue à partir de 1992 et dont le titre est une référence à un ouvrage d’Ernst Von Salomon mettant en scène les corps-francs allemands de 1918-1919.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1304" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg" alt="affiche_25_ans-e1088" width="217" height="307" /></a>Il en reste également les 25 ans du groupuscule fêtés à la Mutualité le 3 mai 1993 devant 400 personnes. Le folklore est garanti avec des prestations du Choeur Montjoie Saint-Denis de l’ancien militant solidariste Jacques Arnould ainsi que du chanteur allemand Franck Rennincke et des stands mythos dont celui de la librairie Ogmios représentée par Jean-Dominique Larieu et Tristan Mordrel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_6_372" id="identifier_6_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Devenue la Librairie, le local accueillera &agrave; son premier &eacute;tage les premi&egrave;res activit&eacute;s d&rsquo;&eacute;dition ert conception graphique de F. Chatillon.">7</a></sup>. La soirée est surtout ponctuée d’interventions d’anciens militants comme Jean- Pierre Émié<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_7_372" id="identifier_7_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il sera entre autres choses le d&eacute;fenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci &eacute;tant accus&eacute; d&rsquo;avoir menac&eacute; &agrave; deux reprises le responsable du Collectif des &Eacute;tudiants Lib&eacute;raux de France (CELF) durant l&rsquo;ann&eacute;e universitaire 1992-1993. Chatillon sera relax&eacute; gr&acirc;ce &agrave; des pirouettes rh&eacute;toriques, niant les faits qui lui &eacute;taient reproch&eacute;s et justifiant sa pr&eacute;sence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire &eacute;tait meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon pr&eacute;tendra en particulier ne pas conna&icirc;tre le GUD et &ecirc;tre apolitique !">8</a></sup> ou Fabrice Saulais et d’un diaporama récapitulant en images les 25 ans du groupuscule des Dieux. Enfin le soutien à la lutte palestinienne y est clairement affirmé par Chatillon, reflétant l’état de tension avec les organisations de défense de la communauté juive. Il en reste enfin, involontairement, un souvenir avec la mort d’un militant à la suite d’une manifestation anti-américaine le 7 mai 1994, organisée à l’appel des JNR et du GUD. La manifestation étant interdite, les participants furent immédiatement pourchassés par les forces de l’ordre et un sympathisant de l’Œuvre Française, Sébastien Deyzieu, fit une chute mortelle dans un immeuble à quelques dizaines de mètres d’Assas en essayant de s’échapper. Les semaines qui suivirent virent le GUD multiplier les actions de protestation, main dans la main avec le FNJ. C’est d’ailleurs également main dans la main qu’on les retrouvera un an plus tard en mars 1995 en train de s’affronter avec des membres du DPS au siège du FN après une soirée électorale trop arrosée.</p>
<p>Mais la présence du GUD ne se limite alors pas aux universités de la capitale. Des listes électorales sont régulièrement déposées dans certaines universités de province. Dans d’autres, il n’apparaît qu’à travers son message traditionnel : la violence. C’est par exemple le cas à Montpellier où plusieurs exactions contre des militants de gauche sont commises. Le noyau dur y est composé d’individus doublement encartés au GUD et au FNJ. Nicolas Arnoux, membre du GUD, est mis en examen le 13 avril 1994 pour « violences avec arme » (probablement un pistolet à grenaille) après un accrochage devant l’université de Lettres avec des militants de l’UNEF et des colleurs du… FNJ. À l’université, Jean-Pierre Gallaud milite au GUD et au FNJ à Lunel (banlieue de Montpellier). Olivier Diaz est au GUD ainsi que dans un groupe régionaliste d’extrême droite : Brigade Occitanie. Ces trois personnes sont soupçonnées d’avoir participé à un commando masqué, et coupable de plusieurs agressions contre des militants antifascistes et syndicalistes au cours de l’année 1994. Le 31 mai 1994, lors d’un meeting du FN à Palavas-les-Flots, Dominique Bessières, responsable du FNJ à Montpellier, organise une collecte de fonds en soutien au « kamarade » Arnoux mis en examen. À Montpellier comme à Paris, les membres du FNJ-GUD préfèrent ainsi comme souvent l’action violente semi-clandestine à l’implantation en milieu universitaire. Mais cette période du milieu des années 1990 correspond malgré tout à un creux de la vague pour ces pâles copies du GUD Paris. L’actualité est alors surtout animée par un commando itinérant venu en partie de Paris et qui laisse des traces dans le cuir chevelu des militants étudiants de gauche dans de nombreuses villes de province, que ce soit Limoges, Toulouse ou Bordeaux… Mais cela sort du champ politique pour entrer dans celui de la psychopathie…</p>
<h3>L’aventure, c’est l’aventure…</h3>
<p>Une bonne illustration des errements du petit milieu gudard réside dans l’affaire de Tribune Juive que les lecteurs de REFLEXes connaissent bien : <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">ici</a>.</p>
<h3>Crise du GUD moderne</h3>
<p>Loin de toutes ces facéties, force est de constater que, pour les jeunes excités nationalistes, la situation empire sur le terrain. Les relations avec le FNJ maréchalisé se dégradent, le harcèlement mené par les structures syndicales progressistes à Assas augmente et la sectorisation des universités parisiennes sape les possibilités de recrutement à Assas. Signe de ces changements, non seulement le GUD doit faire face à une UNEF-ID de plus en plus puissante grâce à ses relais extérieurs mais l’impunité interne à Assas tient de moins en moins. En avril 1995, suite à des agressions répétées en particulier contre l’UNI et dans lesquelles s&rsquo;illustre en particulier Pierre Oldoni, l’UDEA perd son droit de représentativité à Paris II et donc son local. Les deux années suivantes sont par conséquent nettement plus calmes, malgré quelques agressions sporadiques. La vieille génération a quitté les lieux, souvent attirée par le FN, et la nouvelle n’est pas encore prête. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1305" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg" alt="Tract_Union_Droit-e479a" width="198" height="285" /></a>Plusieurs solutions s’offrent alors au petit milieu gudard : se relancer dans un activisme débridé, se rapprocher d’une structure plus large pour briser l’isolement ou essayer de reconquérir quelques miettes électorales. Cette triple tâche va être assumée, entre autres, par le tout jeune Benoît Fleury à partir de 1998.</p>
<p>Entre-temps, côté universitaire, la relance se fait sous l’appellation Union Droit qui prend la place de l’UDEA. Déclarée en préfecture le 20 octobre 1995 avec Guillaume Coudry comme président, Victor de Verthamon comme secrétaire et Dominique Joly comme trésorier, l’association recueille 6,87 % des suffrages en mars 1997 soit 251 voix. Cette stabilité n’est pas pour satisfaire les gudards qui retournent à ce qu’ils savent le mieux faire.<br />
Durant toute cette période qui va de 1998 à l’année 2000, le GUD Paris renoue en effet avec sa tradition d’activisme violent. À Assas bien sûr, où les incidents se succèdent, mais en dehors des locaux de la faculté également où la régularité des agressions devient une donnée parmi d’autres : affrontements avec le Betar lors du procès Garaudy, attaque d’une librairie parisienne proche de Ras L’Front, attaque d’une réunion du Comité National de Vigilance, attaque d’une réunion du Parti des Travailleurs consacrée à Mumia Abu Jamal, attaque du Lycée autogéré parisien et attaque surtout, à la mi-novembre 1999, d’un rassemblement du comité de vigilance du XIe arrondissement. de Paris contre la petite librairie nazie La Licorne Bleue. Cette action emmenée par B. Fleury fait alors une dizaine de blessés dont des policiers présents sur place.<br />
Mais les gudards essaient également de penser. S’ils s’avèrent toujours incapables de faire des tracts corrects, ils privilégient le support magazine avec <em>Le Rongeur Masqué</em> qui revendique l’héritage des <em>Réprouvés</em> puis surtout <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1306" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg" alt="Les_Reprouves-a1cb1" width="197" height="273" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1307" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg" alt="Le_Rongeur_masque-8275e" width="194" height="273" /></a></p>
<p>Lancée en septembre 1999 grâce à l’argent obtenu en collant pour la campagne européenne de Jean-Marie Le Pen (tandis qu’ils collaient gratuitement pour Bruno Mégret), la revue se présente d’emblée comme une concurrence sérieuse pour d’autres revues alors existantes. Animée entre autres par le franco-polonais Adam Gwiazda et par Alexandre Kartzeff, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> aligne en effet articles de fond et brèves « humoristiques » et même dans son numéro 1 diffuse un appel à soutenir les militants prisonniers d’Action Directe. La régularité affichée, avec un numéro tous les trois mois, et la pagination copieuse semblent également devoir rompre avec le cycle des revues précédentes qui ne comptaient qu’un ou deux numéros et présentaient un contenu erratique.</p>
<p>Enfin, le GUD Paris sort de son isolement en prenant langue avec Fabrice Robert et au-delà de lui les nationalistes-révolutionnaires issus de la défunte Nouvelle Résistance. L’alliance est annoncée au printemps 1998 et fait suite à l’Appel des 31 pour l’unité des nationalistes révolutionnaires, lancé entre autres par Christian Bouchet et Fabrice Robert.<br />
Avec Unité Radicale, qui regroupe les cercles Résistance, Jeune Résistance et le GUD, celui-ci se retrouve dans le schéma de TV, en charge du créneau étudiant. Mais la faiblesse des autres composantes lui garantit son autonomie.</p>
<p>Dans ce contexte général, les 30 ans du GUD fêtés avec 200 personnes dans une salle du XVe arrondissement le 22 octobre 1999 sont l’occasion d’une auto-célébration et d’une exultation de la nouvelle génération qui pense avoir retrouvé la magie des premières années. D’ailleurs, dans le respect de la tradition, ces 30 ans donnent immédiatement lieu à des violences lors du repas qui réunit après le meeting les membres actuels et sympathisants du groupe. Le patron du restaurant est passé à tabac et un passant martiniquais se fait planter au couteau à la sortie. Quatre gudards sont alors arrêtés, mais vite relâchés faute de preuves de leur implication.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1308" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg" alt="30_ans_GUD-9c01b" width="256" height="325" /></a><br />
L’autre occasion pour le GUD de montrer sa force est le mois de mai. À une semaine d’intervalle, le 1er et le 9, les gudards parisiens battent en effet le pavé avec une force relative. Le 1er mai 2000, décidés à rassembler toute la mouvance la plus radicale, le cortège est séparé de celui du FN avec une nette tonalité contre ce parti. La centaine de participants fait alors la manifestation à l’allemande, c’est-à-dire complètement cernée par les flics du début à la fin. Les slogans visaient nettement à attirer les plus radicaux puisque certains étaient issus de l’Œuvre Française ou du PNFE. La manifestation du 1er mai 2001 se fit totalement à part avec 250 personnes, les Belges de <em>Devenir</em> assurant le SO de queue et le GUD le SO de tête. Enfin, chaque année, le 9 mai avec la retraite aux flambeaux en hommage à Sébastien Deyzieu est l’occasion pour le GUD de montrer qu’il existe, même si les participants sont d’origines multiples.</p>
<p>Cette situation générale parisienne va forcément avoir des conséquences ailleurs. À partir du printemps 1999, le GUD essaime timidement en province, profitant de la notoriété reconquise du GUD Paris :<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1309" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg" alt="Autocollant_2000-30bfa" width="117" height="162" /></a>présence du GUD Strasbourg à la manifestation organisée par la communauté serbe de la ville le 31 mars ; participation du GUD Lille à la manifestation anti-OTAN organisée à Bruxelles le 4 avril, puis à Lille contre l’agression US en Serbie le 22 avril ; implantation d’un GUD à l’université de Toulouse ; scandale de la disparition d’un dossier d’instruction sur les violences du GUD de Nice ; disparition dénoncée par le nouveau procureur de la ville. Dans le même ordre d’idées, on peut signaler la manifestation à Nancy en présence de Marc Frederiksen le 28 octobre 2000 qui réunit une petite cinquantaine de militants ou l’agression contre l’écrivain et militant antifasciste Maurice Rajsfus lors d’un salon du livre dans la même ville. Un groupe s’est également constitué sur Valenciennes et a effectué des collages et des tractages anti-MacDo, tractages avec l’aide du GUD Lille à l’université de Mons et à celle des Tertiales. Mais les vrais groupes organisés sont malgré tout rares et l’étiquette est souvent utilisée par des individus isolés ou très peu nombreux. Malgré tout, cette prolifération (toute relative) du GUD est intéressante, organisationellement parlant, pour Unité Radicale qui tente alors de mettre en place une coordination nationale des différents GUD.</p>
<p>Cependant le GUD Paris ne pouvait pas échapper au débat central des nationalistes en 1999 : quid de la scission du FN ? Cette année-là le groupuscule a montré qu’il était bien difficile de se tenir au-dessus de la mêlée, même lorsqu’on fait profession d’être des « électrons libres ». Dans le Rongeur masqué du printemps 1999, le groupe affirmait ainsi : « <em>Le GUD n’a pas à se sentir impliqué au-delà du raisonnable dans les bagarres auxquelles se livrent FN-UF et FN-MN et n’a pas à y contribuer. Il compte des amis d’un côté comme de l’autre […]. Il a au cours de sa longue carrière vu fleurir et dépérir tant de mouvements et partis qu’un de plus ou de moins, bof. […] Cela dit, on peut augurer que tôt ou tard émergera un mouvement unitaire. Dans quelques années ou quelques semaines, tout peut arriver.</em> » Et de conclure par cette phrase terriblement révélatrice : « <em>Mais ça, c’est de la politique et est-ce qu’on en a réellement quelque chose à foutre ?</em> »… La plus grande confusion semble alors régner dans cette mouvance et des embrouilles à répétition laissent entrevoir quelques solides règlements de compte… Ainsi, alors que le printemps 1999 avait vu le GUD et Unité radicale assurer un soutien critique mais sincère au MN, en particulier au sein du Front de la Jeunesse, le mois de septembre vint brouiller cet attachement. Il semble en effet que le MN ait alors décidé l’intégration d’office des différentes sections du GUD au sein du Renouveau étudiant, sans que les dirigeants du groupuscule aient donné leur accord. Leur refus et les engueulades qui suivirent instaurèrent une tension qui faillit se traduire par des affrontements lors de la fête régionale Ile-de-France du MN fin septembre. Les militants furent en effet empêchés d’entrer dans le pavillon Baltard mais qui plus est, le DPA (équivalent du DPS) les empêcha également de distribuer leurs tracts à la sortie de la fête. Puis, coup de théâtre : on retrouve le GUD une semaine plus tard à la fête des BBR avec un stand dans l’espace FNJ et sa nouvelle publication, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1310" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg" alt="Tract_UDEN-0813a" width="118" height="166" /></a>Il est alors clair que les membres du groupe naviguent à vue en essayant de préserver ce qui peut l’être. Cela sera confirmé au printemps 2000 avec la liste commune avec le FNJ pour les élections du CROUS-Paris, liste intitulée Union et Défense des Étudiants Nationalistes (UDEN). Cela leur permet de profiter de l’infrastructure du FNJ, en particulier du Forum Jeunesse, local situé dans le XIIIe arrondissement. et de montrer leur désaccord avec le MNJ, décidé à faire liste perso.</p>
<p>Mais, comme bien souvent, les choses se gâtent peu à peu et ce dès la fin 1999-début 2000. On l’a vu, l’objectif universitaire n’est pas atteint sur Paris II-Assas. Ceci est dû tout autant à des éléments conjoncturels (c’est un travail qui n’intéresse pas les gudards de cette fin de décennie) qu’à des éléments structurels : en cette année 2000, les gudards ne sont plus à Assas ! Les étudiants en Droit sont devenus plus que minoritaires au GUD et il n’est ainsi plus question de pouvoir tenir le « bastion », ce qui était une des conditions de survie du groupe. Cela explique en partie la possibilité pour la direction de Paris II d’exclure Union Droit le 30 juin 1999 après une campagne opiniâtre de l’UNEF-ID.<br />
Il en va de même par rapport à la violence. Le degré de violence politique est devenu tellement faible en France que le moindre dérapage fait immédiatement l’effet d’un coup de tonnerre et qu’il est d’autant plus mal vécu par nos contemporains. De fait l’impunité sur laquelle pouvaient compter les gudards est devenue toute relative. Pour peu que les mêmes n’aient pas envie de sacrifier une éventuelle carrière (en particulier universitaire) sur l’autel nationaliste, les procédures judiciaires qui ne manqueront pas d’être engagées deviennent vite gênantes…</p>
<p>Dès la fin de l’année 1999, Benoît Fleury se met ainsi en retrait et passe le flambeau, en particulier à Gaëtan Dirand, ce qui explique la reprise des actions au printemps 2000. Mais un autre élément intervient alors qui pourrait n’être interprété que comme une nouvelle péripétie du « je t’aime, moi non plus » qui prévaut dans les relations entre gudards et nationalistes-révolutionnaires.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1311" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg" alt="05/01/2000. Maxime Brunerie, who attempted to shoot French President Jacques Chirac on the French National Day, is seen here taking part in a far right wing parade during the celebration of Joan of Arc day" width="253" height="200" /></a><br />
Il est en effet évident qu’en rejoignant les débris de Nouvelle Résistance, le GUD risquait de se retrouver dans la même situation qu’avec Troisième Voie et Malliarakis au milieu des années 1980. De fait, si Unité Radicale a bien un discours « fédéraliste » et des velleités de réseau, elle n’en reste pas moins une organisation avec sa logique. Or à partir de 2000, la possibilité de pouvoir jouer dans la cour des grands avec le FN et le MNR pousse les dirigeants d’UR et en particulier Christian Bouchet à adopter une démarche plus politique. Un peu de violence est positif et fait parler de soit mais trop de violence peut s’avérer contre-productif, surtout lorsqu’une partie de cette violence s’exerce contre d’autres militants nationalistes. C’est ainsi que Philippe Schleiter, dirigeant du MNJ, fera les frais en septembre 2000 du mauvais caractère de Gaëtan Dirand qui sait se rendre parfaitement odieux. Plus question alors de « tribus d’hommes libres » et autres arguties autonomes… Les gudards parisiens sont priés de rentrer dans le rang, ce que fait une bonne partie d’entre eux, ou de dégager. Ainsi l’année 2000 se termine-t-elle de façon très morose pour le GUD Paris. En particulier, le groupuscule ne tire que fort peu profit des affrontements au Proche-Orient et de leurs répercussions en France. Les actions se limitent alors à quelques graffitages et le principal clash a lieu à Assas où des militants brûlent un drapeau israëlien lors de la rentrée universitaire et distribuent des baffes à des étudiants portant la kippa. L’autre action notable aura été un lancer de grenade lacrymogène, le 10 novembre, dans un cinéma de Paris lors d’une projection du film <em>Le Secret</em> qui met en scène une relation amoureuse entre une Blanche et un Noir. Signe que rien ne va plus, le dernier numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> sort en juin 2000.</p>
<h3>No future ?</h3>
<p>Se pose donc alors la question rituelle, aussi vieille que le GUD : quel avenir politique pour ce groupe ? Une fois de plus tous les éléments semblaient réunis pour pronostiquer une mort certaine, ce qui s’est avéré cette fois-ci exact au regard de ces dernières années. Le 3 décembre 2000 a lieu à Montélimar un conseil national d’Unité Radicale. Une structure étudiante y est lancée qui devait combler le vide laissé par la disparition du RE et intégrer les GUD : l’UDEN, déjà entrevue précédemment. Les GUD perdaient donc leur autonomie en tant que telle même si l’étiquette pouvait être utilisée pour des actions extra-légales et pour continuer à entretenir le mythe auprès des médias et militants de gauche. Mais à l’évidence le cœur n’y est plus. Au delà de ces considérations politiques, certains éléments concordaient pour constater un reflux de la dernière génération GUD à Paris. Celle-ci avait en effet atteint l’âge où on songe à arrêter les rigolades pour passer à quelque chose de plus sérieux, en particulier fonder une famille ou se garantir une situation professionnelle, tous ces jeunes gens n’envisageant pas une descension sociale. En outre, une multitude de plaintes était en cours d’instruction et parvenaient à leur conclusion judiciaire.</p>
<p>Surtout, on ne voit pas trop ce qu’aurait pu inventer un groupe ayant perdu toute capacité d’initiative politique et se bornant à recycler un passé mythique fait de légendes, d’iconographie et de slogans vaseux. En outre, l’environnement politique des gudards avait changé depuis le début des années 2000 et cela modifiait un certain nombre de paramètres. On a beaucoup glosé sur le recyclage de figures en vue du GUD ou d’Occident par la droite parlementaire dans les années soixante-dix. Mais cela s’expliquait tout naturellement par l’absence de débouchés politiques ou même professionnels au sein de la mouvance nationaliste. La montée du FN dans les années quatre-vingt et sa force politique dans les années quatre-vingt-dix ont profondément modifié cette situation en permettant à de jeunes activistes s’approchant de la trentaine de retrouver une situation stable. Or, la scission de 1998, en restreignant la mouvance nationale et en introduisant une vraie incertitude sur son avenir, aura de nouveau obligé les petits jeunes tentés par l’activisme violent à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Cela en fit sans doute hésiter plus d’un à se lancer dans de folles aventures…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1312" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg" alt="Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a" width="315" height="433" /></a>Une petite équipe de rescapés fera tout de même paraître un nouveau numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> courant 2002. Ce sera le dernier, marquant une très nette rupture avec certaines orientations de 1999-2000 puisqu’il comporte de violentes attaques contre Alexandre Del Valle et Guillaume Faye, accusés d’avoir trahi le camp nationaliste au profit de l&rsquo;extrême droite sioniste au nom d&rsquo;une interprétation abusive de la doxa schmittienne. Or le même Guillaume Faye faisait la une du numéro 4 paru en 2000.<br />
Depuis plus rien. Certes le RED tente bien de gudifier son image comme le prouve son blason et sa participation récente à la manifestation propalestinienne de Égalité &amp; Réconciliation. Mais on est très loin de l’original et cela tient plus du frisson que de vraies velléités gudesques. Certains militants de la dernière génération sont passer faire un tour à Pro Patria. Le chapitre semble clos.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_372" class="footnote">Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du général Aryana.</li><li id="footnote_1_372" class="footnote">On voit la capacité de recyclage des appellations par l’extrême droite puisque ce nom sera réutilisé en 1999 pour le lancement d’une éphémère structure unitaire post-scission !</li><li id="footnote_2_372" class="footnote">Elle-même remplace une revue non officielle du GUD, <em>Rebelles</em>, qui s’était substituée au <em>Fil d’Ariane</em>, bulletin du temps de l’intégration dans TV. Parallèlement, une petite équipe essaie de relancer <em>Alternative</em> mais l’expérience pâtit de la médiocrité du journal.</li><li id="footnote_3_372" class="footnote">L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Spéciale dédicace !</li><li id="footnote_4_372" class="footnote">Cette propriété est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre à un solstice d&rsquo;été en 2007.</li><li id="footnote_5_372" class="footnote">Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-même militante nationaliste, est mariée avec F. Chatillon.</li><li id="footnote_6_372" class="footnote">Devenue la Librairie, le local accueillera à son premier étage les premières activités d’édition ert conception graphique de F. Chatillon.</li><li id="footnote_7_372" class="footnote">Il sera entre autres choses le défenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci étant accusé d’avoir menacé à deux reprises le responsable du Collectif des Étudiants Libéraux de France (CELF) durant l’année universitaire 1992-1993. Chatillon sera relaxé grâce à des pirouettes rhétoriques, niant les faits qui lui étaient reprochés et justifiant sa présence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire était meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon prétendra en particulier ne pas connaître le GUD et être apolitique !</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Rubrique faits divers</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jun 2006 13:07:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Comité d'Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE)]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Decorte]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Lajoye]]></category>
		<category><![CDATA[néo-nazis]]></category>
		<category><![CDATA[Unité radicale (UR)]]></category>

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		<description><![CDATA[Posté le 21 juin 2006 C&#8217;est une fois de plus à la rubrique Faits Divers que l&#8217;extrême droite radicale est venue faire parler d&#8217;elle. Dans la nuit de dimanche à lundi, un de ses militants, Laurent Decorte, a été arrêté après avoir mortellement frappé un autre homme d&#8217;un coup de couteau sur le quai des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 21 juin 2006</p>
<p>C&rsquo;est une fois de plus à la rubrique Faits Divers que l&rsquo;extrême droite radicale est venue faire parler d&rsquo;elle. Dans la nuit de dimanche à lundi, un de ses militants, Laurent Decorte, a été arrêté après avoir mortellement frappé un autre homme d&rsquo;un coup de couteau sur le quai des Orfèvres. La presse a immédiatement mis en avant sa qualité d&rsquo;ancien membre d&rsquo;Unité Radicale, sous-entendant qu&rsquo;il faisait à présent partie des Identitaires, ce qui explique le démenti outragé de Fabrice Robert publié dans la journée d&rsquo;hier. Decorte était certes proche du GUD Lille lorsqu&rsquo;il habitait encore le nord à la fin des années 1990 et donc d&rsquo;Unité Radicale. Mais il était surtout une cheville ouvrière du milieu musical nationaliste ou même néo-nazi. Intéressé par la musique nazi skinhead à la fin des années 1990, il était devenu un animateur très investi du milieu dark wawe et à ce titre il avait par exemple organisé le concert en partie avorté du groupe Der Blutarsch à Paris en avril 2004, concert auquel participait également Dernière Volonté. On pouvait également le voir à la Librairie Nationale puisqu&rsquo;il était un proche du gérant Georges Birche. On peut supposer qu&rsquo;il sera tombe dans une vilaine embrouille comme les militants nationalistes savent si bien les créer, à base d&rsquo;insultes racistes et de taux d&rsquo;alcoolémie trop poussé.</p>
<p>On peut également supposer que le CEPE, c&rsquo;est-à-dire le comité de soutien aux prisonniers nationalistes ou identitaires dirigé par Richard Roudier, va s&rsquo;empresser de lui apporter son aide. A ce titre, et même si Decorte ne risque pas de nous lire avant un moment, nous ne saurions trop lui conseiller de bien choisir ses soutiens. Certains sont en effet plus fiables que d&rsquo;autres&#8230; Le CEPE vient en effet de lancer un <em>Appel des 25 pour la libération de Michel Lajoye</em>, ce militant nationaliste enfermé depuis 18 ans pour un attentat raté commis en Seine-Maritime contre un café maghrebin. Or dans la liste des 25, si on retrouve sans surprise la plupart des figures de la droite radicale, il est deux noms curieux signant pour la revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em> dont Decorte était un fidèle lecteur. Ce sont en effet des pseudonymes, à savoir Eugène Krampon, alias Eric Fornal, et Pierre Gillieth, alias Bertrand Le Digabel. Cela signifierait-il que les deux animateurs de cette revue identitaire si prompte d&rsquo;habitude à lever la bannière des vertus guerrières et aryennes n&rsquo;ont pas le courage d&rsquo;apparaître sous leur vraie identité ?!?!! On n&rsquo;ose l&rsquo;imaginer. L&rsquo;esprit viril n&rsquo;est plus ce qu&rsquo;il était&#8230;</p>
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		<title>Sur Maxime Brunerie</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Dec 2004 11:45:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Maxime Brunerie]]></category>
		<category><![CDATA[Unité radicale (UR)]]></category>

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		<description><![CDATA[Posté le 13 décembre 2004 Certains de nos sympathisants se sont étonnés de notre silence concernant le procès de Maxime Brunerie et cet étonnement était mal fondé. Nous avons bien sûr suivi cette actualité judiciaire tout au long des cinq jours qu&#8217;ont duré les débats. Mais il est vrai que nous n&#8217;avons pas vraiment eu [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 13 décembre 2004</p>
<p>Certains de nos sympathisants se sont étonnés de notre silence concernant le procès de Maxime Brunerie et cet étonnement était mal fondé.</p>
<p>Nous avons bien sûr suivi cette actualité judiciaire tout au long des cinq jours qu&rsquo;ont duré les débats. Mais il est vrai que nous n&rsquo;avons pas vraiment eu l&rsquo;envie ou le temps de faire de longs développements sur cette question. Que dire de plus que nous ayions déjà écrit par le passé ? Le milieu politique qu&rsquo;il fréquentait était susceptible de produire des «apprentis terroristes» comme lui ? Nous l&rsquo;avions déjà écrit en 2001 (<em>REFLEXes</em> n°3). Son acte était relativement peu politique et largement influencé par une personnalité fragile et déséquilibrée ? Nous l&rsquo;avions également déjà écrit en 2002 (<em>REFLEXes</em> n°5). Bref, ce procès ne sera pas venu bouleverser notre vision des choses.</p>
<p>Par contre il aura amplement confirmé certains points :<br />
- La dimension politique a été largement évacuée par la justice qui n&rsquo;a pas pris la peine de convoquer un responsable du MNR. La seule figure de la droite nationaliste était donc Fabrice Robert dont le témoignage n&rsquo;a rien apporté aux débats puisque la présidente ou l&rsquo;avocat général ne l&rsquo;ont même pas cuisiné sur l&rsquo;ambiance qui pouvait régner à Unité Radicale et qui était susceptible d&rsquo;avoir influencé Brunerie. Le seul aspect positif de cet effacement du politique est que cela nous aura évité les envolées enflammées des journalistes sur le «danger fasciste»&#8230;<br />
- L&rsquo;extrême droite est bien un milieu caractérisé par une certaine fragilité psychologique comme l&rsquo;ont prouvé l&rsquo;accoutrement de certains spectateurs (un ancien du GUD a assisté tous les jours au procès dans une veste camouflage tout à fait adaptée au milieu confiné de la Cour d&rsquo;Assises !!!) ou les interventions de certains témoins. Deux peuvent être retenues à cet égard : celle de Gwenael Hermel et celle de Cyril Bozonnet. Si le premier, qui était militant du GUD et animait la revue <em>Jusqu&rsquo;à nouvel ordre</em>, a finalement révélé un profil relativement similaire à celui de Brunerie, le deuxième est venu démontrer qu&rsquo;en toute chose, et en particulier en politique, il valait mieux choisir correctement ses copains. Or Bozonnet aura enfoncé Maxime B. comme Ayoub «Batskin» avait enfoncé Régis Kerhuel il y a deux ans dans l&rsquo;affaire du Havre. Quand on sait que ledit Bozonnet est, depuis 2003, retourné au Front National dont il est l&rsquo;un des responsables du 1er arrdt de Paris et pour qui il infiltre plus ou moins l&rsquo;Union Nationale des Combattants, cela donne une bonne image de ce qu&rsquo;est la «grande famille nationaliste»&#8230;</p>
<p>Pour finir, constatons finalement que les jurés ont eu la main lourde et qu&rsquo;il ne fait pas bon toucher au «président de tous les Français» et aux autorités d&rsquo;une façon générale. Avis aux amateurs !</p>
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		<title>Peuple et Nation dans le discours de Nouvelle Résistance</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:15:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[ethno-différencialisme]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevik]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Unité radicale (UR)]]></category>

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		<description><![CDATA[AVERTISSEMENT DE L&#8217;AUTEUR : le texte qui suit a été initialement publié dans la revue de lexicologie Mots en 1998. Depuis, Nouvelle Résistance est devenu Unité radicale. Sauf modifications insérées dans la version corrigée (novembre 2001) ici publiée, l&#8217;ensemble de l&#8217;analyse reste valable pour Unité radicale. Le mouvement national-bolchevik est, au plan de l&#8217;idéologie et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>AVERTISSEMENT DE L&rsquo;AUTEUR : le texte qui suit a été initialement publié dans la revue de lexicologie Mots en 1998. Depuis, Nouvelle Résistance est devenu Unité radicale. Sauf modifications insérées dans la version corrigée (novembre 2001) ici publiée, l&rsquo;ensemble de l&rsquo;analyse reste valable pour Unité radicale. Le mouvement national-bolchevik est, au plan de l&rsquo;idéologie et de la pratique politique, une des composantes les plus originales des droites radicales françaises. Il a été représenté en France par le groupe Nouvelle Résistance, fondé en août 1991, qui faisait suite aux nombreux groupes «tercéristes» des années 1970-1980, notamment Troisième Voie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_0_217" id="identifier_0_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour une description de ces mouvements, cf. Jean-Yves Camus, Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon 1992, pp. 329-341.">1</a></sup>, dont il est directement issu. Sa spécificité, par rapport au Front national, comme celle d&rsquo;Unité radicale par rapport tant au FN qu&rsquo;au MNR, était de refuser le «nationalisme hexagonal» et de situer son action dans un cadre supra-national : celui de l&rsquo;Europe-continent.<br />
Le courant national-bolchevik se réclame de certains théoriciens de la Révolution conservatrice allemande appartenant, pour reprendre la classification de Armin Mohler, soit à la mouvance nationaliste-révolutionnaire (en particulier Ernst Niekisch) soit à celle des nationaux-bolcheviques (Karl-Otto Paetel ; Fritz Wolfheim ; Heinrich Laufenberg) qui ont tenté dans l&rsquo;Allemagne de Weimar d&rsquo;élaborer une synthèse entre national-socialisme et communisme (une sorte de «communisme national»), avant de passer dans l&rsquo;opposition au nazisme ou d&rsquo;être liquidés par lui. Il faut également mentionner l&rsquo;influence sur Nouvelle Résistance, comme sur une partie de la «Nouvelle Droite» d&rsquo;ailleurs, d&rsquo;un autre auteur allemand de cette période : Hans Bluher, qui place au centre de son idéologie la notion de «communauté masculine» (communauté de combat dont l&rsquo;Eros masculin est le lien) qui était le fondement du mouvement Wandervogel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_1_217" id="identifier_1_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur ces courants, cf. Armin Mohier, La R&eacute;volution conservatrice en Allemagne 1918-1932, Puiseaux, &Eacute;ditions Pard&egrave;s, 1993, pp. 574-618 en particulier.">2</a></sup>. L&rsquo;autre référence idéologique majeure de Nouvelle Résistance est le groupe Jeune Europe (1960-1969) créé par le Belge Jean Thiriart (1920-1992)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_2_217" id="identifier_2_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le discours de Jeune Europe, cf. l&rsquo;&eacute;tude, r&eacute;dig&eacute;e par un militant, de Yannick Sauveur, Jean Thiriart et le national-communautarisme europ&eacute;en, m&eacute;moire de DEA, Institut d&rsquo;&eacute;tudes politiques de Paris, 1978. Sur la notion essentielle chez le Thiriart des ann&eacute;es 1980-1990, d&rsquo;Empire eurasiatique, cf. son texte Evropa da Vladivostoka, Moscou, 1992 (en russe), 34p., abstract dans Rousskyi Viestnik, 3031, Moscou, 19 ao&ucirc;t 1992.">3</a></sup>. Celui-ci a été le premier, dans l&rsquo;univers des droites radicales européennes (Francis Parker Yockey, aux États-Unis, avait défendu la même thèse), à abandonner toute référence à l&rsquo;État-nation et au nationalisme classique pour élaborer un «nationalisme européen», s&rsquo;engager au côté du mouvement national palestinien et des pays arabes et témoigner une sympathie active pour l&rsquo;organisation partisane et étatique de l&rsquo;Union soviétique. Depuis cette époque, les ennemis prioritaires de Nouvelle Résistance puis d&rsquo;Unité radicale n&rsquo;ont pas changé : ce sont le libéralisme économique et social, et leur incarnation détestée, les États-Unis, vilipendés à la fois pour leur «impérialisme» économico-politique teinté de messianisme et parce qu&rsquo;ils incarnent la société du «melting-pot», qui selon Nouvelle Résistance détruit les identités racio-culturelles par métissage généralisé. Nouvelle Résistance est un mouvement numériquement très limité<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_3_217" id="identifier_3_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Environ 200 militants pr&eacute;sents lors du cort&egrave;ge du 1er mai 2001 et un journal th&eacute;oriquement bimestriel vendu &agrave; 1000 exemplaires. Source : entretiens avec Christian Bouchet, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de NR">4</a></sup> qui cherche à substituer au clivage idéologique droite/gauche un clivage «centre»/«périphérie», par lequel, au sein du «peuple», toutes les forces d&rsquo;opposition (périphérie) au système (centre) se coaliseraient pour abattre ce dernier. Cela a pour conséquence, dans le discours, un mélange de références, empruntées aussi bien à des auteurs traditionnels de la mouvance nationaliste (Codreanu, Evola, Mosley, mais ces références diminuent avec le temps et sont devenues mineures) qu&rsquo;à des théoriciens des luttes de libération nationale du Tiers-Monde (Mariategui, Che Guevara), aux situationnistes ou à différents courants de l&rsquo;extrême gauche européenne. On peut objecter que Nouvelle Résistance et UR ne sont pas des groupes populistes, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;avant-gardes militantes, non de mouvements de masse, et que leurs discours s&rsquo;adresse d&rsquo;autant moins directement au peuple qu&rsquo;il ne participent pas aux élections. Cependant leur populisme est indiscutable : simplement, il s&rsquo;agit d&rsquo;un discours sur le peuple et non pas d&rsquo;un discours destiné au peuple. D&rsquo;autres groupuscules du «camp national» (Œuvre française ; Parti nationaliste français ; Parti nationaliste français et européen &#8230;) tiennent eux aussi ce discours sur le peuple sans s&rsquo;adresser au peuple : mais cette attitude est chez eux le résultat d&rsquo;un échec politique, alors que NR agit ainsi par choix tactique.<br />
Nouvelle Résistance a en effet décidé de s&rsquo;adresser au peuple en diffusant son message de manière indirecte : soit par l&rsquo;entrisme au sein de formations ou d&rsquo;associations dont l&rsquo;objet recoupe certains de ses objectifs (écologie ; régionalisme ; luttes de libération nationale du Tiers-Monde) ; soit par la formation de cadres qui essaiment ensuite au sein du Front national. Dans cette optique, le discours de NR sur le peuple remplit une fonction précise : être diffusé à l&rsquo;intérieur du FN pour convertir au populisme l&rsquo;encadrement de ce parti, que NR juge «réactionnaire» et/ou partisan d&rsquo;une économie ultra-libérale qui sacrifie les intérêts du peuple.</p>
<h3>Le peuple et l&rsquo;ethnie contre la nation</h3>
<p>Dans le discours des droites radicales, le terme peuple désigne généralement la communauté des individus dotés d&rsquo;un substrat ethnique commun et vivant sur le territoire d&rsquo;un même État, alors que la nation est le cadre historico-institutionnel qui assure, en particulier au moyen de ses attributs de souveraineté, la pérennité du peuple en tant que collectivité vivante. Si la nation se meurt (thème de prédilection de la rhétorique lepéniste) le peuple se dissout et disparaît.<br />
Or NR et UR sont des mouvements qui se distinguent du Front national et du MNR en ce qu&rsquo;ils ne font presque jamais référence à l&rsquo;idée d&rsquo;État-Nation et qu&rsquo;ils valorisent au contraire celles de «communauté», «ethnie(s)» et «peuples» qui fondent la vision du monde des droites ethno-différencialistes. Ainsi, le bulletin du mouvement s&rsquo;appelle successivement <em>Lutte du peuple</em> (1991-1996) puis <em>La voix du peuple</em> (1996-1997)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_4_217" id="identifier_4_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour devenir R&eacute;sistance ! , 1, septembre-octobre 1997.">5</a></sup>. Dans leur discours, le terme peuple est certes souvent utilisé comme synonyme d&rsquo;«ethnie». Mais, fait exceptionnel dans les droites radicales, le groupe ne nie pas l&rsquo;existence de conflits sociaux, voire «de classe», au sein du peuple, et même il s&rsquo;appuie sur eux pour développer une problématique dite «révolutionnaire» : «Le chômage s&rsquo;est avéré être un phénomène structurel du capitalisme moderne et un point d&rsquo;appui pour le patronat pour faire capituler les travailleurs sur toutes leurs revendications» (<em>LDP</em>, 23, septembre-octobre 1994, p. 5). En revanche, dans le texte idéologique fondateur du mouvement, intitulé «Pourquoi nous combattons» (<em>LDP</em>, 8, juillet 1992, p. 16), le mot «nation» n&rsquo;est jamais utilisé : il n&rsquo;apparaît que lorsque, à l&rsquo;automne 1997, NR réaffirme sa ligne de collaboration avec le Front national et l&rsquo;ensemble du «mouvement national», adoptée lors de son congrès d&rsquo;octobre 1996 : «Alors que notre nation vit des heures décisives, alors que l&rsquo;on assiste à la croissance d&rsquo;un grand mouvement national et populaire qui répond aux inquiétudes et aux attentes du peuple français, alors que se mobilisent contre celui-ci les forces du système antipopulaire, de l&rsquo;extrême gauche à la droite conservatrice et réactionnaire, la mouvance nationaliste-révolutionnaire et révolutionnaire-conservatrice est absente au rendez-vous de l&rsquo;Histoire» (Cf. «L&rsquo;Appel des 31 pour 1&prime;unité» dans <em>Résistance !,</em> n°1, sept.-oct. 1997, p. 18). Encore le contenu du terme est-il défini comme étant en opposition totale avec la définition communément retenue par les droites nationalistes radicales : «Quelle nation? Pas les États-nations que nous connaissons actuellement et dont la réalité en termes de mythe mobilisateur est de plus en plus faible. Non, les nations qui nous intéressent sont celles de la tête et du cœur.» (<em>La Voix du peuple</em>, oct.-nov. 1996, p. 2). Cette nation est définie comme un espace supra-continental (une sorte de «grande patrie») à l&rsquo;intérieur duquel l&rsquo;individu se définit par rapport à une identité ethnique, une «petite patrie» : «Celle de la tête, c&rsquo;est la Grande Europe, I&rsquo;Empire Eurasiatique de Galway à Vladivostok, la nation impérative, la nation à construire. Celles du cœur ce sont nos patries charnelles, nos régions, notre Flandre, notre Bretagne, notre Corse, etc.» (ibid.)<br />
En cela, ce discours diffère de celui d&rsquo;une autre branche du mouvement national-bolchevik qui se dit, elle aussi, héritière idéologique de Jean Thiriart et qui est actuellement représentée par le Parti Communautaire National-européen (PCN), qui récuse l&rsquo;appellation d&rsquo;extrême droite et est surtout actif en Belgique. En effet, dans l&rsquo;Europe telle que la conçoit le PCN, il n&rsquo;existe même plus de place pour des entités étatiques fondées sur l&rsquo;adéquation territoire, de la langue et de l&rsquo;ethnie : c&rsquo;est une «Europe unitaire», (le groupe veut «l&rsquo;unification de notre patrie continentale») à pouvoir politique unique, gouvernée par un parti unique organisé en «sections régionales» qui ne correspondent nullement au cadre des États-nations. Alors que NR et UR entretiennent des contacts en Europe au sein d&rsquo;une structure appelée «Front Européen de Libération» (FEL)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_5_217" id="identifier_5_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lequel entretenait des relations r&eacute;guli&egrave;res avec des mouvements dont le nom n&rsquo;&eacute;voque presque jamais l&rsquo;id&eacute;e de nation (Third way ; Altemativa europea ; Sozialrevolution&auml;re Arbeiterfront), &agrave; l&rsquo;exception des Polonais de Przclom Narodowy (le r&eacute;veil national).
&Agrave; noter que le Front Europ&eacute;en de Lib&eacute;ration, fond&eacute; en 1993 en tant qu&rsquo;association loi de 1901, a depuis 1996 son si&egrave;ge &agrave; Bruxelles et constitue d&eacute;sormais une filiale du PCN.">6</a></sup>, avec d&rsquo;autres groupes organisés sur une base nationale, le PCN est constitué en «réseaux d&rsquo;expression» linguistiques (francophone, néerlandophone, magyarophone). Dans cet espace, le citoyen n&rsquo;est plus lié par aucune attache à l&rsquo;ethnie ou au groupe national ; il n&rsquo;est plus qu&rsquo;européen, suivant en cela ce qu&rsquo;écrivait Thiriart : «Dans l&rsquo;Organisation, le militant aura renoncé à son petit nationalisme d&rsquo;origine jusqu&rsquo;au plus profond de son esprit [...] À titre d&rsquo;exemple, les hommes qui peuvent encore se passionner pour le flamingantisme ou pour le Sud-Tyrol ne sont absolument pas prêts moralement à entreprendre la lutte pour l&rsquo;unification de l&rsquo;Europe.» (J. Thiriart, <em>Jeune Europe</em>, n°29, novembre 1963).</p>
<h3>Identité(s) : la logique ethno-différencialiste</h3>
<p>L&rsquo;ethno-différencialisme, totalement opposé à l&rsquo;universalisme, consiste à prôner non plus le racisme hiérarchisant qui établit la supériorité d&rsquo;une race sur une autre, mais le développement séparé des peuples et des cultures: c&rsquo;est comme l&rsquo;explique Pierre-André Taguieff, une phobie du métissage. Le discours ethno-différencialiste absolutise les identités et défend un modèle social dans lequel chaque communauté ethnique (ou religieuse) peut s&rsquo;organiser de manière autonome autour de ses propres normes éthiques et juridiques.<br />
Le programme de NR défend ainsi «la reconnaissance des autres en tant que tels, que nous devons aider à redevenir eux-mêmes et le refus de toute logique assimilationniste ou génocidaire (ethnopluralisme)» («Pourquoi nous combattons», <em>LDP</em>, n°8, juillet 1992, p. 16). Cette formulation est l&rsquo;euphémisation de celle, plus radicale, que contenait le programme de la tendance dirigée par Christian Bouchet au sein de Troisième Voie avant la création de Nouvelle Résistance et qui déclarait «s&rsquo;opposer au métissage généralisé de notre peuple par l&rsquo;immigration» («Un combat pour la révolution européenne», <em>Alternative tercériste</em>, n°25, septembre 1990, p. 8).<br />
C&rsquo;est aussi au nom de l&rsquo;ethno-différencialisme que NR puis UR considèrent certaines communautés, dont le mouvement pense qu&rsquo;elles refusent de s&rsquo;assimiler, comme des alliés objectifs. Ainsi des musulmans :<br />
«Face au nouvel ordre mondial, face à l&rsquo;Occident, face au sionisme, ainsi que contre l&rsquo;immigration et l&rsquo;assimilation, les musulmans peuvent être des alliés précieux dans notre combat.» (<em>LDP</em>, n°20, février 1994, p. 4) L&rsquo;adhésion à l&rsquo;ethno-différencialisme entraîne dans le discours national-bolchevik, I&rsquo;omniprésence du terme «identité» : NR défend les «identités populaires» et l&rsquo;«affirmation identitaire». Cette identité, non définie précisément, est toujours décrite comme aliénée par ce qui est l&rsquo;exact opposé de l&rsquo;ethno-différencialisme, à savoir le modèle universaliste dominant, tandis que le peuple est décrit comme soumis à un processus de confiscation des pouvoirs qui doivent lui revenir dans une «vraie démocratie». Ce thème du complot mondialiste contre les identités est partie intégrante d&rsquo;un discours largement fondé sur la logique conspirationniste ou le vocabulaire de la manipulation : il existerait des forces occultes qui détruiraient les peuples (le «lobby sioniste international» ; les «cosmopolites») et surtout un système qui les broierait. Ainsi pour Jeune Résistance, «le système agit sur les peuples comme un virus sur les tissus affaiblis du corps humain [...] Dominer, asservir, parasiter et piller par tous les moyens les peuples, sont les constantes du système.» (<em>JR</em>, n°7, juin-juillet 1997, p. 1). Le moyen principal de cette domination est «l&rsquo;occupation», qui n&rsquo;est pas tant celle de l&rsquo;espace territorial (par exemple, I&rsquo;existence de bases militaires américaines en Europe ou de la force de l&rsquo;ONU en Bosnie) que celle des esprits : «Le seul souci des pouvoirs dans tout l&rsquo;Occident américanisé comme dans l&rsquo;Europe occupée, consiste actuellement à dépolitiser les masses.» (<em>Napalm Rock</em>, Aix-en-Provence, n°5, mars-avril 1996, p. 16).<br />
Dès lors, celui qui s&rsquo;oppose à cette dépossession entreprend un travail de réappropriation identitaire : «Nous voulons redevenir nous-mêmes en luttant contre toutes les aliénations qui nous ont faits autres que nous sommes.» («Pourquoi nous combattons», <em>Lutte du peuple</em>, n°8, juillet 1992, p. 16).</p>
<h3>Un cadre politique : l&rsquo;Europe des ethnies</h3>
<p>Partisan du «refus de toute logique assimilationniste ou génocidaire», et donc de «l&rsquo;ethnopluralisme», le courant national-bolchevik adopte une attitude favorable aux régionalismes autonomistes ou indépendantistes qui veulent faire éclater l&rsquo;État-nation; ainsi du nationalisme corse, ou flamand (NR était très lié à la revue flamingante Wij Zelf, publiée en France; UR a donné la parole au Mouvement régionaliste de Bretagne créé par Xavier Guillemot, cadre du MNR et de Terre &amp; Peuple), la branche espagnole du FEL a même soutenu la cause de ETA et de Herri Batasuna<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_6_217" id="identifier_6_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce tournant &eacute;tait annonc&eacute; par un entretien en d&eacute;cembre 1996 de Fernando Marquez, animateur de la revue Punto de vista operatiro, au fanzine Mundo brutto, se fonde sur l&rsquo;id&eacute;e que &laquo;le mouvement de lib&eacute;ration national basque et le bloc national galicien sont aujourd&rsquo;hui les seuls espaces de rupture r&eacute;els et poss&eacute;dant une base populaire significative dans l&rsquo;espace espagnol.&raquo; (F. Marquez, Punto de vista operativo, Madrid, 7, printemps 1997, p. 11.">7</a></sup> :<br />
«Le peuple corse, sa culture, son identité, son intégrité sont en danger. En fait, les choses sont simples : d&rsquo;un côté, une idéologie mondialiste, cosmopolite dont les représentants détiennent les pouvoirs dans tout le monde occidental. De l&rsquo;autre, une conception du monde enracinée, communautaire et populaire.» (Cf. <em>Rupture</em>, organe du groupe Septentrion, Bastia, n°2, 1997). L&rsquo;espace d&rsquo;épanouissement des identités absolutisées n&rsquo;est pas l&rsquo;État-nation mais une Europe fédérale dans laquelle chaque ethnie possèderait son autonomie étatique et culturelle: «<em>Nouvelle Résistance envisage une reconstruction de l&rsquo;Europe par la base conformément à la tradition communaliste dont elle est l&rsquo;héritière. Une reconstruction politique à partir de communes autonomes fédérées en régions autonomes, elles-mêmes associées en confédérations ethniques ou géopolitiques incluses dans une fédération européenne</em>.» («Pourquoi nous combattons», <em>Lutte du peuple</em>, n°24, novembre-décembre 1994, p. 15 ; dans la version du même texte publiée dans le numéro 8 de juillet 1992, NR fait référence à la «tradition libertaire dont elle est l&rsquo;héritière»). Au sein de cet espace, les peuples ont des rapports définis par une hiérarchie des solidarités : d&rsquo;abord celle des individus, dans le cadre de «l&rsquo;autonomie des diverses composantes territoriales et ethniques de ces blocs» et de «la solidarité au sein de chaque peuple entre ses membres». Ensuite, celle «des peuples au sein d&rsquo;un même bloc continental» ; enfin, «la solidarité de tous les peuples en lutte contre l&rsquo;impérialisme» («Pourquoi nous combattons», ibid.).<br />
Enfin, si le mot race est quasiment absent du vocabulaire national-bolchevik, alors que les appartenances de classe sociale ne sont jamais niées (NR possédait une filiale intitulée «Résistance ouvrière»), certaines formulations montrent bien que, pour NR, et plus ouvertement encore pour UR, la notion de substrat biologique commun aux ethnies vivant dans l&rsquo;espace territorial français est valorisée : ainsi Thierry Maillard parle de la «défense de l&rsquo;unité biologique du peuple français dans sa diversité», (<em>Jeune Résistance</em>, n°8, octobre-novembre 1997, p.11).</p>
<h3>La figure de l&rsquo;immigré dans le discours national-bolchevik</h3>
<p>Une des spécificités de ce courant est sa position sur la question de l&rsquo;immigration : au nom précisément de l&rsquo;ethno-différencialisme et d&rsquo;une logique communautariste, le mouvement est à la fois hostile à l&rsquo;immigration extra-européenne déclarant que «l&rsquo;immigration non-européenne doit cesser» (<em>LDP</em>, 29, novembre-décembre 1995, p. 2) et allié «avec les immigrés contre l&rsquo;immigration».<br />
Son idéologie repose sur une nette distinction entre «patrie» (terre d&rsquo;origine au sens culturel du terme) et «sol» (lieu de résidence temporaire de l&rsquo;immigré déraciné) : «<em>Pour Nouvelle Résistance, assimilation ou intégration sont les deux faces d&rsquo;un même racisme. La solution à l&rsquo;immigration et au racisme ne pourra passer que par une autonomie culturelle et religieuse des immigrés installés sur notre sol. Elle seule pourra garantir le maintien de leur culture et de leur identité, donc la possibilité pour eux de s&rsquo;intégrer de nouveau dans leurs patries et sur leurs terres d&rsquo;origine</em>» (<em>LDP</em>, n°19, décembre 1993 / janvier 1994).<br />
Souvent, le terme pays est utilisé en tant que synonyme de patrie. «Le retour des immigrés dans leur pays d&rsquo;origine», «le droit pour tous de vivre et travailler au pays» figurent ainsi dans le programme de NR sur l&rsquo;immigration. Pour ceux des immigrés qui demeureront sur le territoire français, NR proposait «le respect du droit à la différence grâce à l&rsquo;organisation des immigrés en groupes autonomes et à l&rsquo;arrêt des politiques d&rsquo;intégration et d&rsquo;assimilation» (<em>LDP</em>, n°26, mars-avril 1995, p. 5). Il n&rsquo;existe dans le discours de NR et d&rsquo;UR qu&rsquo;un seul groupe ethnico-religieux auquel est explicitement nié le droit de disposer de sa souveraineté territoriale : les Juifs. Ainsi Israël est toujours nommé comme étant «l&rsquo;entité sioniste», jamais comme un État ; les organisations juives sont toujours décrites comme a-nationales et supra-nationales, la plupart du temps sous le vocable de «lobby sioniste international» (cf. en particulier l&rsquo;article «Nous ne sommes pas coupables !» dans <em>Jeune Résistance</em>, n°7, juin-juillet 1997, p. 1). On trouve dans d&rsquo;autres publications de la mouvance nationale-bolchevique, des qualificatifs délégitimants appliqués à Israël : «duplicité israélienne», «intolérance israélienne», «crime contre l&rsquo;humanité» (cf. <em>World report</em>, II, 11, 4 juin 1996, p. 6). La position d&rsquo;UR sur cette question apparaît aujourd&rsquo;hui plus radicale que celle d&rsquo;autres organisations d&rsquo;extrême droite, Terre &amp; Peuple ayant admis la nécessité de la coexistence de deux États palestinien et israélien, et le FN comme le MNR étant traversés par une fracture qui va s&rsquo;amplifiant entre antisionistes et partisans d&rsquo;une alliance tactique contre l&rsquo;islamisme avec l&rsquo;État hébreu.</p>
<h3>Peuple et avant-garde</h3>
<p>NR et UR sont des mouvements de cadres délaissant le champ électoral, et qui valorisent en conséquence le rôle de l&rsquo;avant-garde combattante, politiquement consciente, par rapport à celui de la masse, supposée décervelée par le système : «<em>Aux confins du nouvel ordre mondial, dominé par le lobby américano-sioniste, une fraction d&rsquo;insoumis s&rsquo;est regroupée derrière l&rsquo;étendard identitaire. Renégats du système, ils ont engagé une lutte sans merci contre ses plus fidèles serviteurs. Asservissement des peuples, hypocrisie, démagogie, corruption généralisée, scandale du sang contaminé. La justice du peuple doit s&rsquo;exprimer. [...] Dissidents de l&rsquo;ordre établi, ils ne forment qu&rsquo;une poignée, mais bientôt une division, et demain une armée</em>»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_7_217" id="identifier_7_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Extrait de &laquo; Manifeste&raquo;, titre du compact-disc de Fraction hexagone (devenu Fraction), auto-production, 1996. Ce groupe, bas&eacute; &agrave; Nice et officiant dans le genre musical hardcore, est dirig&eacute; par Fabrice Robert, dirigeant de NR puis d&rsquo;UR et responsable du bulletin Jeune R&eacute;sistance.">8</a></sup>. «<em>Le combattant politique, à l&rsquo;heure où les individus, la masse n&rsquo;ont plus de raison de mourir (et donc plus de raison de vivre) est plus que jamais l&rsquo;avant-garde</em>»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_8_217" id="identifier_8_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. &laquo;Jalons pour une d&eacute;marche r&eacute;volutionnaire&raquo;, Jeune R&eacute;sistance, n&deg;4, oct. 1996, p. 2.">9</a></sup>.<br />
Les deux groupes n&rsquo;ont pas l&rsquo;ambition d&rsquo;être des mouvements de masse, mais s&rsquo;attribuent un rôle de guide et veulent être «un aiguillon, une avant-garde, une force de proposition» (Christian Bouchet, secrétaire général de NR, dans <em>La voix du peuple</em>, n°34, décembre 1996 / janvier 1997, p. 2). Ils admettent même que leur action peut être organisée d&rsquo;une autre manière que par le travail de propagande politique directe en direction du «peuple» : NR, reformulant ainsi le «gramscisme» de la nouvelle droite, était favorable à la constitution de «méta-réseaux», c&rsquo;est-à-dire de liens laches entre individus ou groupes appartenant à une même scène culturelle qui cherchent à faire progresser les idées nationales-bolcheviks de façon diffuse et subreptice.</p>
<h3>Nation, État, dans le discours des alliés étrangers de Nouvelle Résistance</h3>
<p>Il est, pour finir, indispensable de mentionner que le désintérêt marqué des nationaux-bolcheviks français pour le concept de nation n&rsquo;était pas partagé par certains des groupes étrangers avec lesquels Nouvelle Résistance était en contact régulier. Ainsi, l&rsquo;optique ethniste était explicitement rejetée par le groupe Ulster Nation, qui prône une indépendance de l&rsquo;Ulster sur une base multi-confessionnelle (cf.</p>
<h3>Ulster Nation</h3>
<p>, n°18, 1997, p. 5: «Ulster nation seeks freedom for our nation and social justice for our people»), par les péronistes dissidents dont les publications étaient diffusées en Europe par NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_9_217" id="identifier_9_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. par exemple, le texte de Juan Peron, &laquo;Declaraciones del general Peron a la Nacion europea&raquo; dans suppl&eacute;ment &agrave; El avion negro, 4, mars-avril 1996.">10</a></sup>, avec toutefois une ambiguïté, puisque le terme de nation est utilisé par eux à la fois pour décrire un cadre étatique (l&rsquo;Argentine) et supra-étatique (le continent latino-américain face à l&rsquo;ennemi américain) et aussi par les Roumains du Clubul Acoladelor, qui ne se déclarent pas adversaires de l&rsquo;homogénéisation des différences ethniques mais de celle des «différences nationales»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_10_217" id="identifier_10_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. le texte de pr&eacute;sentation du groupe dans Clubul Acoladelor, &laquo;Refuzul americanizarii &raquo;, Bucarest, Editura Leka-Brancusi, 1995, p. 30.">11</a></sup>.<br />
Le soutien apporté par la mouvance nationale-bolchevik française à un ethno-différencialisme radical qui est à la fois nationaliste-européen, anti-israélien / pro-arabe et qui veut l&rsquo;éclatement des États-Nations au profit d&rsquo;entités fondées sur le sentiment d&rsquo;une identité fondée sur la mémoire ethnique collective (ce que Pierre Vial appelle les «peuples longs-vivants») est certes encore une position minoritaire dans l&rsquo;espace des droites radicales. Il entre néanmoins en résonance avec la progression des idées völkisch dans les groupes périphériques au Front national et au MNR après la scission de 1998 (Terre &amp; Peuple, en particulier, qui est en compétition avec UR pour le leadership de la scène radicale) et avec la récupération par ceux-ci de la thématique régionaliste. Ainsi, tout indique que ces formulations sont appelées à gagner en visibilité dans le discours des extrême droites toujours dépourvues d&rsquo;une définition cohérente et unanimement acceptée de la nation.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_217" class="footnote">Pour une description de ces mouvements, cf. Jean-Yves Camus, René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon 1992, pp. 329-341.</li><li id="footnote_1_217" class="footnote">Sur ces courants, cf. Armin Mohier, La Révolution conservatrice en Allemagne 1918-1932, Puiseaux, Éditions Pardès, 1993, pp. 574-618 en particulier.</li><li id="footnote_2_217" class="footnote">Sur le discours de Jeune Europe, cf. l&rsquo;étude, rédigée par un militant, de Yannick Sauveur, Jean Thiriart et le national-communautarisme européen, mémoire de DEA, Institut d&rsquo;études politiques de Paris, 1978. Sur la notion essentielle chez le Thiriart des années 1980-1990, d&rsquo;Empire eurasiatique, cf. son texte Evropa da Vladivostoka, Moscou, 1992 (en russe), 34p., abstract dans Rousskyi Viestnik, 3031, Moscou, 19 août 1992.</li><li id="footnote_3_217" class="footnote">Environ 200 militants présents lors du cortège du 1er mai 2001 et un journal théoriquement bimestriel vendu à 1000 exemplaires. Source : entretiens avec Christian Bouchet, secrétaire général de NR</li><li id="footnote_4_217" class="footnote">Pour devenir Résistance ! , 1, septembre-octobre 1997.</li><li id="footnote_5_217" class="footnote">Lequel entretenait des relations régulières avec des mouvements dont le nom n&rsquo;évoque presque jamais l&rsquo;idée de nation (Third way ; Altemativa europea ; Sozialrevolutionäre Arbeiterfront), à l&rsquo;exception des Polonais de Przclom Narodowy (le réveil national).<br />
À noter que le Front Européen de Libération, fondé en 1993 en tant qu&rsquo;association loi de 1901, a depuis 1996 son siège à Bruxelles et constitue désormais une filiale du PCN.</li><li id="footnote_6_217" class="footnote">Ce tournant était annoncé par un entretien en décembre 1996 de Fernando Marquez, animateur de la revue Punto de vista operatiro, au fanzine Mundo brutto, se fonde sur l&rsquo;idée que «le mouvement de libération national basque et le bloc national galicien sont aujourd&rsquo;hui les seuls espaces de rupture réels et possédant une base populaire significative dans l&rsquo;espace espagnol.» (F. Marquez, Punto de vista operativo, Madrid, 7, printemps 1997, p. 11.</li><li id="footnote_7_217" class="footnote">Extrait de « Manifeste», titre du compact-disc de Fraction hexagone (devenu Fraction), auto-production, 1996. Ce groupe, basé à Nice et officiant dans le genre musical hardcore, est dirigé par Fabrice Robert, dirigeant de NR puis d&rsquo;UR et responsable du bulletin Jeune Résistance.</li><li id="footnote_8_217" class="footnote">Cf. «Jalons pour une démarche révolutionnaire», Jeune Résistance, n°4, oct. 1996, p. 2.</li><li id="footnote_9_217" class="footnote">Cf. par exemple, le texte de Juan Peron, «Declaraciones del general Peron a la Nacion europea» dans supplément à El avion negro, 4, mars-avril 1996.</li><li id="footnote_10_217" class="footnote">Cf. le texte de présentation du groupe dans Clubul Acoladelor, «Refuzul americanizarii », Bucarest, Editura Leka-Brancusi, 1995, p. 30.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Les cyber-fafs</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:13:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>INTERNET A-T-IL PERMIS L&rsquo;EMERGENCE D&rsquo;UN NOUVEAU TYPE D&rsquo;ACTIVITES D&rsquo;EXTREME DROITE ?</h3>
<p>Son faible coût, sa relative simplicité d&rsquo;utilisation et le fait qu&rsquo;une personne seule puisse réaliser un site d&rsquo;apparence professionnelle ont en effet favorisé la production de sites qui n&rsquo;avaient pas d&rsquo;équivalents dans le petit monde de l&rsquo;édition nationaliste, fanzines compris. Si de nombreuses pages persos fascistoïdes reprennent des thèmes rebattus par ailleurs (on ne compte plus, par exemple, les sites anticommunistes), certaines thématiques actuelles ont trouvé matière à s&rsquo;épanouir sur le Net. On en retiendra deux exemples : SOS-Racaille et Radikalweb, qui sont intimement liés et ont connu leur quart d&rsquo;heure de gloire, aujourd&rsquo;hui bien loin, tant il est vrai que rien ne dure sur Internet.<br />
Depuis moins de deux ans, on a vu apparaître des sites consacrés à la dénonciation des «racailles», vocable désignant tout jeune à la fois immigré et banlieusard, dont la casquette et le survêtement jaune mettent en émoi le bourgeois du centre-ville. Parfois, ces sites se veulent «apolitiques», tel le site Anti-Racaille : animé par une «malheureuse victime», il propose une description détaillée des fameuses «racailles», et des «solutions» pour lutter contre (contrôle social et rééducation sont au menu). À noter que notre brave citoyen est soucieux malgré tout de ne pas être associé aux «racistes» et aux «nationalistes» : il a ainsi refusé d&rsquo;échanger sa bannière avec deux sites qui nous ont davantage intéressés, à savoir SOS-Racaille et Radikalweb.</p>
<p>Le premier, ouvert en mars 2001, se démarque des sites du genre en invitant les représentants de la force publique à dénoncer nommément les soi-disantes «racailles» (en rassemblant des documents confidentiels de la police) afin de pouvoir faire justice soi-même. S&rsquo;appuyant sur un discours apocalyptique annonçant la guerre ethnique pour demain, elle estime en effet nécessaire le recours à des moyens non conventionnels, à savoir «des opérations armées contre la racaille», menés par des groupes clandestins composés de professionnels de la sécurité et du maintien de l&rsquo;ordre, et se fixe comme second objectif de préparer l&rsquo;opinion à l&rsquo;accepter. Délire mythomane ? Certainement, et rien ne permet d&rsquo;affirmer que des policiers se soient effectivement compromis. N&rsquo;empêche, le site a attiré plus de 1500 visiteurs en moins de six mois, et, si sa publicité a été assurée en grande partie par les sites nationalistes xénophobes, il a également touché le cercle plus large des paranos de tout acabit (comme celui de «France, Armes et Liberté, le site «non officiel» des Amateurs d&rsquo;Armes», par exemple, qui proposait un lien vers le site). Le MRAP, qui a porté plainte contre le site en septembre 2001, fait le lien avec le MNR, sans pouvoir en apporter le plus petit bout de preuve. Notons en revanche que certaines références du webmestre (qui propose comme modèle les opérations de l&rsquo;armée israélienne contre les Palestiniens) et son discours violemment anti-arabe laisse plutôt pensé qu&rsquo;il serait proche de l&rsquo;extrême droite juive, et du BETAR en particulier. De quoi faire dresser des cheveux (?) sur la tête des NR d&rsquo;Unité radicale qui admiraient tant ce site, aujourd&rsquo;hui fermé.</p>
<p>Plus classique sur le fond (dénonciation du racisme «anti-blanc») mais innovant dans la forme (look branché et humour décalé), Radikalweb fut une star incontestable du Web dans les milieux nationalistes durant les années 2000-2001. Se voulant la version «fun» du discours xénophobe le plus radical, le site proposait des photos d&rsquo;esclaves noirs, des publicités Banania du milieu du siècle, une collection de blagues racistes et antisémites, des dessins de Sergueï ainsi qu&rsquo;une rubrique explicitement intitulée «Où sortir le soir entre Blancs» qui donnait la liste (entre autres) des discothèques dénoncées par SOS Racisme ou celle des soirées gaber aux pratiques discriminatoires. Le site a connu des difficultés dès le printemps 2001, d&rsquo;abord en raison de querelles internes, puis à cause des tracasseries de la part de Front 14 (son hébergeur), et enfin et surtout en raison de la violence raciste des propos tenus sur son forum, qui lui attira les foudres de la justice. Le site est aujourd&rsquo;hui fermé, et depuis, de nouveaux sites (La Justicière, La Sentinelle) ont repris le flambeau, mais heureusement sans retrouver le ton caustique et pseudo-humoristique qui était le principal danger représenté par le site, qui visait ainsi à étendre son discours au-delà des sphères classiques de l&rsquo;extrême droite.</p>
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		<title>Réellement virtuel</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:11:27 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[Avant tout, quelques précisions d&#8217;ensemble s&#8217;imposent. En effet, il serait présomptueux de prétendre offrir ici un recensement exhaustif des sites d&#8217;extrême droite français. D&#8217;abord parce qu&#8217;entre la rédaction de cet article et sa parution, de nombreux sites auront disparu, d&#8217;autres auront peut-être malheureusement vu le jour. Ensuite, parce qu&#8217;ont été laissés de côté de nombreux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Avant tout, quelques précisions d&rsquo;ensemble s&rsquo;imposent. En effet, il serait présomptueux de prétendre offrir ici un recensement exhaustif des sites d&rsquo;extrême droite français. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;entre la rédaction de cet article et sa parution, de nombreux sites auront disparu, d&rsquo;autres auront peut-être malheureusement vu le jour. Ensuite, parce qu&rsquo;ont été laissés de côté de nombreux sites «spécialisés», tels par exemple les innombrables sites anti-IVG et catholiques intégristes, dont l&rsquo;étude pourraient à eux seuls faire l&rsquo;objet d&rsquo;un article spécifique, ou encore le site révisionniste de référence AAARGH. Enfin, parce qu&rsquo;il aurait été intéressant d&rsquo;y associer l&rsquo;étude de sites francophones belges, suisses et canadiens, souvent plus riches que leurs homologues de l&rsquo;Hexagone. Ainsi, par souci de clarté, il a fallu faire des choix ; il reste cependant possible qu&rsquo;un oubli majeur ait été fait, ou que des informations erronées aient échappé à notre vigilance. Nous invitons donc nos lecteurs à nous faire part de leurs observations, pour une&#8230; mise à jour !<br />
Par ailleurs, nous ne développerons pas la présentation des publications papier ayant un site web, et renvoyons le lecteur à l&rsquo;article de ce numéro sur le sujet. Signalons simplement qu&rsquo;à l&rsquo;exception du quotidien <em>Présent</em>, les principaux organes nationalistes ont aujourd&rsquo;hui leur site : <em>Minute</em>, <em>Rivarol</em> et <em>National Hebdo</em> existent en version électronique, mais à des degrés divers. Si <em>Rivarol</em> se contente d&rsquo;une page de présentation du journal (et surtout d&rsquo;un bulletin d&rsquo;abonnement) et <em>Minute</em> de quelques extraits, l&rsquo;hebdomadaire <em>National Hebdo</em> propose un contenu un peu plus conséquent : numéro de la semaine (depuis peu en intégralité), billets d&rsquo;humeur quotidiens, et un espace réservé aux abonnés qui propose les archives du journal. Signalons également la mise en ligne tardive de la lettre d&rsquo;Emmanuel Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>, sans grand intérêt puisque ne proposant que peu d&rsquo;archives (les dix derniers numéros au format PDF), et surtout pas le numéro en cours. Il faut dire que Ratier fait payer suffisamment cher sa feuille de chou pour ne pas les livrer gratuitement au premier internaute venu. C&rsquo;est toujours autant d&rsquo;imbécillités non diffusées, ce qui n&rsquo;est déjà pas mal&#8230; Pour le reste, la rubrique «Librairie» lui sert surtout d&rsquo;autopromotion, et la rubrique «Liens» est tellement hétéroclyte qu&rsquo;un aigle allemand n&rsquo;y retrouverait pas ses petits : sites historiques, sites dédiés au cryptage, banques d&rsquo;images&#8230; Notons toutefois, à la rubrique «liens politiques», que les liens vers le FN et le MNR renvoient à des pages vides !</p>
<h3>Au commencement étaient les CHS&#8230;</h3>
<p>Au milieu des années 1990, on compte environ 400 sites néo-nazis sur la Toile, essentiellement américains, allemands ou scandinaves. Ce sont donc les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite mondiale qui, les premiers, avec les révisionnistes de tout poil, comprennent l&rsquo;avantage qu&rsquo;Internet représente pour la diffusion de leurs idées. Or, à l&rsquo;inverse de ce qui s&rsquo;est produit dans d&rsquo;autres pays, les néo-nazis français n&rsquo;ont pas saisi d&rsquo;emblée la chance qui s&rsquo;offrait à eux en terme de propagande. Il faut cependant reconnaître que la faible pénétration d&rsquo;Internet en France à l&rsquo;époque (3% des Français sont connectés en 1996) relativisait l&rsquo;importance de ce média, et les sites antiracistes français étaient également rares. En 1996, les Charlemagne Hammer Skinheads (CHS), groupuscules dirigés par Hervé Guttuso, ouvre leur site, appelé ElsaSS88 (jeu de mots sur «Alsace» en alsacien). L&rsquo;inspiration américaine du groupuscule de Guttuso, qui a séjourné plusieurs années aux États-Unis, n&rsquo;est certainement pas étrangère à cette «innovation», les néo-nazis américains ayant précocement investi Internet. On retrouve sur le site, richement illustré, l&rsquo;«humour» très particulier de Guttuso, son antisémitisme pathologique, la mise en ligne d&rsquo;extraits de ses publications (<em>WOTAN</em>, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>) ainsi que des fiches pratiques pour la réalisation d&rsquo;engins explosifs. Le site était initialement hébergé par AOL, mais réalisé en France, grâce en particulier à la compétence technique d&rsquo;Éric Monnier, né en 1973, fils d&rsquo;un haut fonctionnaire lyonnais et étudiant en maîtrise de physique. Aussi, il a été facile à la filiale française d&rsquo;AOL, alertée par Marc Knobel du centre Simon Wiesenthal, de résilier l&rsquo;abonnement et de fermer le site des CHS, malgré quelques cafouillages, le site ayant réussi à rouvrir peu de temps après son blocage. Cependant, sa BAL étant elle hébergée chez Geocities, Guttuso a été en mesure de prévenir ses contacts de la fermeture du site, et même de se payer le luxe d&rsquo;un communiqué de presse pour dénoncer les «ordures négrophiles» et autres «youpins» soi-disant responsables de ses malheurs : il faut dire que le site avait fait, à l&rsquo;époque, couler beaucoup d&rsquo;encre. Le 28 octobre 1997, le Parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre X pour «contestation de crime contre l&rsquo;humanité, incitation à la haine raciale, apologie d&rsquo;actes de terrorisme et provocation au meurtre». Éric Monnier est arrêté et condamné à trois mois de prison (Guttuso avait déjà pris la poudre d&rsquo;escampette, direction Londres, chez ses copains de Combat 18), et douze autres membres des CHS ont été arrêtés, arrestations qui signaient l&rsquo;arrêt de mort du groupe. En 1998 pourtant, le site de CHS refait surface, hébergé cette fois par le prestataire canadien Fairview Technology Centre Ltd., par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;Éric Monnier semble-t-il. Aujourd&rsquo;hui, le site semble avoir disparu : il n&rsquo;est en tout cas référencé nulle part, et les sites néo-nazis actuels n&rsquo;y font pas allusion.</p>
<h3>Aussi rares qu&rsquo;un cheveu de skin</h3>
<p>L&rsquo;expérience malheureuse des CHS a-t-elle découragé ce qui reste de la scène néo-nazie en France ? Le site du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) a disparu ou presque (une page renvoie à son mensuel Le Flambeau), et il semble d&rsquo;ailleurs que les rares sites ouvertement NS aient une durée de vie relativement courte, à l&rsquo;image des zines sur papier des années 1990 : «BBKrew», «Empire» et autres, malgré la bienveillance de l&rsquo;hébergeur américain suprémaciste Front 14 (cf. encart), ont disparu, et la demi-douzaine de survivants, fruit du travail acharné de quelques boneheads besogneux, sont plutôt pathétiques. À titre d&rsquo;exemple, le site Résistance (Ressources 88) se proclame «fier d&rsquo;être blanc» et, à titre d&rsquo;action militante, invite les «kamarades» à&#8230; boycotter la redevance télé! Tandis que la haine de Patriote 88 à l&rsquo;égard des Juifs n&rsquo;a d&rsquo;égal que celle qu&rsquo;il porte à l&rsquo;orthographe, le mystérieux «Mouvement National-Socialiste Français» ne propose sur sa page de présentation, sans aucun autre écrit, pas même une adresse e-mail, que cette phrase laconique : «La liberté et la sécurité : deux principes qui exigent de sanctionner ceux qui nous les refusent». Comprend qui veut&#8230; La Meute de Fenrir, avec un site assez bien réalisé, semble pour l&rsquo;instant faire exception : ce groupe de boneheads originaires du nord de la France, hébergé dans un premier temps chez Front 14, et qui a refait surface chez Liberty Surf, ne propose cependant sur son site rien de bien intéressant : un texte squelettique sur les raisons de l&rsquo;existence de la Meute, les sommaires de sa publication, quelques liens&#8230; Pas de quoi partir pour mille ans. Cette pauvreté n&rsquo;empêche pas les ennuis judiciaires de se poursuivre : en 1999, un facho français est condamné à 10 000 francs d&rsquo;amende pour avoir tenu des propos racistes sur un forum de discussion d&rsquo;Infonie, en 2000 un jeune néo-nazi de 16 ans, originaire lui aussi du Nord, qui avait ouvert un site chez Multimania intitulé en toute modestie NSDAP et proposant des extraits de Mein Kampf, a vu son site fermé par l&rsquo;hébergeur suite à des pressions de l&rsquo;UEJF et a été entendu par un juge&#8230; À ce propos, les nouvelles mesures législatives visant à réglementer la liberté d&rsquo;expression sur Internet (amendement Bolche, entre autres) ont considérablement accru la méfiance et la «vigilance» des hébergeurs de sites gratuits, sans compter les retentissements de l&rsquo;affaire Yahoo ! (qui proposait des objets de propagande nazie aux enchères) : on comprend dans ces conditions que beaucoup de néo-nazis français se soient demandés si le jeu en valait la chandelle.<br />
Internet et la réalité se rejoignent ici : moribond et fragmenté, le milieu NS français fait triste mine sur la Toile, au regard des sites flamboyants des néo-nazis américains, scandinaves ou allemands. Et une chose semble sûre : la poignée de néo-nazis français encore actifs se méfient d&rsquo;Internet, et préfèrent encore la bonne vieille disquette échangée sous le manteau pour diffuser les documents «sensibles», (cf. le manuel WUNS, voir <em>REFLEXes</em> n°3). Il semble donc qu&rsquo;Internet n&rsquo;ait pas pris le relais des innombrables petites feuilles de choux néo-nazies qui fleurirent au cours de la décennie 1990, faute d&rsquo;activistes ou de compétences.</p>
<h3>Le site d&rsquo;Unité radicale</h3>
<p>Doit-on déduire de cette quasi-absence de sites «folkloriques» que les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite française ont déserté le Net ? Certainement pas. Au contraire même, le faible nombre de sites «parasites» offre à ceux qui ont su s&rsquo;organiser et se donner les moyens d&rsquo;animer véritablement leurs pages une plus grande lisibilité, et les NS français, par le biais des forums entre autres choses, en profitent indirectement.<br />
Ainsi se présente le site d&rsquo;Unité Radicale (UR). Ouvert début 2000, moins de deux ans après la création d&rsquo;UR, hébergé initialement par Xoom.com, de la NBC, et conçu par Fabrice Robert, il a su, petit à petit, évoluer et intégrer les principales innovations d&rsquo;Internet par rapport au support papier : listes de diffusion interne (réservé aux membres) et externe, actualisation régulière, archivages des revues, forum, et depuis cette année, l&rsquo;achat d&rsquo;un nom de domaine propre. On peut noter que, de même que la concurrence NS s&rsquo;est éclipsée, il est actuellement quasiment le seul site nationaliste-révolutionnaire encore actif. Pourtant attachés traditionnellement à leur indépendance vis-à-vis de toute organisation, les GUD (de Lillet et d&rsquo;Arras, entre autres), officiellement rattachés à UR, ont délaissé leurs sites les uns après les autres comme leurs camarades néo-nazis, ils ont par ailleurs été victimes des contraintes de leur hébergeur Front 14). Seul le site du GUD de Sainteté était encore consultable cet été, mais avec un contenu assez misérable : quelques photos du défilé du 1er mai, un «historique» des autocollants du GUD&#8230; De la même façon a disparu le site d&rsquo;Alternative nationale, groupuscule mené par Eddy Marsan, ex-MN, peu de temps après sa récupération par UR.<br />
Réalisé avec soin, le site d&rsquo;UR adopte un plan assez classique : une page d&rsquo;accueil renvoie vers différentes rubriques et accueille également les premières lignes d&rsquo;un éditorial hebdomadaire, signé par le chef, Christian Bouchet. Il y partage la vedette avec une «figure» de l&rsquo;extrême droite : Roland Gaucher, de façon épisodique, et surtout Philippe Randa, alias Philippe Duquesne, ancien gudard reconverti dans l&rsquo;édition d&rsquo;extrême droite (éditions Didro), qui tient lui aussi une rubrique régulière.<br />
Le plan du site suit un ordre assez classique : d&rsquo;abord une présentation générale, un vague historique du mouvement (agrémenté d&rsquo;une longue interview d&rsquo;un mystérieux «porte-parole national du GUD»), une liste des «mouvements NR dans le monde» qui regroupent les organisations du FEL, les communiqués d&rsquo;Unité radicale depuis mai 2000, les archives des publications <em>Résistance !</em> (depuis le n°2) et <em>Jeune Résistance !</em> (depuis le n°8), ainsi que, depuis peu, celles de la revue belge Devenir (dont les animateurs étaient présents en nombre dans le défilé UR du premier mai 2001). Ces rubriques, présentes depuis l&rsquo;ouverture du site, ont été complétées au fur et à mesure par d&rsquo;autres, plus «interactives».<br />
En premier lieu, UR propose un forum de discussion dont on peut dire, malgré une petite baisse de régime ces derniers temps, qu&rsquo;il est le seul à ne pas s&rsquo;être essoufflé malgré une durée de vie relativement longue. Ce forum est soigneusement contrôlé par son modérateur, Fabrice Robert, qui est également l&rsquo;administrateur du site. Âgé d&rsquo;une trentaine d&rsquo;années, il milite dans les rangs NR depuis plus de dix ans : il a fait ses débuts à Troisième Voie, puis s&rsquo;est fait un nom en fondant Jeune Résistance, l&rsquo;organisation de jeunesse de Nouvelle Résistance, l&rsquo;«ancêtre» d&rsquo;Unité radicale, a été conseiller municipal FN à La Courneuve (93) et a connu quelques soucis judiciaires (entre autres pour diffusion de tracts révisionnistes et de propagande nazie). Il est également le guitariste de Fraction (ex-Fraction Hexagone, l&rsquo;un des premiers groupes musicaux français nationalistes à être présent sur Internet), et bénéficie de ce fait d&rsquo;une certaine renommée dans le milieu de la musique facho : c&rsquo;est donc tout naturellement qu&rsquo;il a été désigné, en décembre 2000, officiellement responsable au sein d&rsquo;UR d&rsquo;Internet et des relations avec le RIF. Il ne s&rsquo;est cependant pas fait que des amis dans le petit milieu du RIF en réservant la présence des groupes de son écurie Bleu Blanc Rock à son site BBR.com&#8230;<br />
La présence d&rsquo;un responsable à plein temps a certainement permis à ce forum d&rsquo;éviter les écueils qui ont causé la perte de ses «concurrents», ceux des GUD ou encore celui de Radikalweb (cf. encart ci-dessous) : les messages des opposants sont systématiquement écartés, évitant des échanges stériles, et, en dépit d&rsquo;un contenu assez ouvertement raciste et antisémite, les messages trop outrageusement diffamatoires sont également éliminés. Le modérateur a néanmoins eu des soucis judiciaires. Par ailleurs, F. Robert intervient fréquemment pour rappeler la position officielle d&rsquo;UR (à propos de la Palestine ou de Mégret, par exemple).<br />
Au final, les contributions de la vingtaine de participants réguliers au forum restent le plus souvent d&rsquo;un niveau affligeant (commentaires sommaires de l&rsquo;actualité, discussions sans fin autour de la scission FN / MNR, du type «Faut-il aller aux BBR ?» ou «Pour qui voter en 2002 ?», ou encore des petites annonces comme celle, authentique, proposant à la vente un casque de SO à croix celtique !). En conclusion, on s&rsquo;y informe parfois, on s&rsquo;y ennuie souvent. Il représente cependant un indicateur relativement fiable (comparé aux discussions entendues sur les lieux nationalistes) des préoccupations et de l&rsquo;état d&rsquo;esprit des militants radicaux. Notons qu&rsquo;Unité radicale propose également une liste de diffusion «tout public», mais qui ne diffuse pas grand-chose (une newsletter intitulée Nos racines, qui regroupe un résumé des éditoriaux et de quelques liens) et ne semble pas être une priorité : seuls les membres d&rsquo;UR reçoivent régulièrement des informations, mais sur une liste appropriée. Un vieux fond de paranoïa, sans doute. Aussi, le curieux est-il renvoyé à la rubrique «news», qui propose quelques commentaires NR sur l&rsquo;actualité.<br />
L&rsquo;une des parties les plus fournies du site concernent les liens : mouvements politiques, vie associative, médias, histoire, «cyberculture», c&rsquo;est un véritable annuaire&#8230; qui recense également les «ennemis», avec une rubrique «antifa» qui va de No Pasaran au Grand Orient de France, en passant par l&rsquo;UEJF. À noter que cette reconnaissance (dénonciation ?) des ennemis politiques est doublée d&rsquo;une rubrique spécifique, intitulé «le coin des collabos», ceux qui «devront répondre un jour de leurs actes devant l&rsquo;Histoire» : c&rsquo;est-à-dire toute personne investit dans une lutte visant à favoriser l&rsquo;intégration sociale des populations immigrée et étrangère en France.<br />
Cette visite du site d&rsquo;UR nous apprend plusieurs choses. Comme l&rsquo;a rappelé Philippe Randa lors des assises d&rsquo;Unité radicale en septembre 2001, Internet reste l&rsquo;objet de toutes les attentions de la part du groupuscule NR, qui le voit toujours comme un moyen fiable de se développer. Si toutes les ressources d&rsquo;Internet, en particulier le multimédia, n&rsquo;y sont pas exploitées, le site prouve, par son évolution et son contenu, qu&rsquo;UR investit beaucoup de temps à sa réalisation et surtout à son entretien (en particulier le forum).<br />
Mais, dans le même temps, cet activisme virtuel et forcené (que de communiqués !) ne fait qu&rsquo;accentuer le décalage avec la réalité, qui montre un groupe certes de mieux en mieux structuré, mais toujours aussi impotent (qui s&rsquo;en plaindra ?). La frustration est visible chez les militants, qui s&rsquo;invectivent souvent à ce propos sur le forum : peu d&rsquo;action (à l&rsquo;exception des concerts) et peu d&rsquo;ouverture sur l&rsquo;extérieur. Car cette jolie vitrine n&rsquo;amène que peu de nouveaux militants, et à observer sa conception, on se demande si c&rsquo;est l&rsquo;un de ses objectifs : essentiellement textuel, il ne ménage pas le néophyte, et offre d&rsquo;Unité radicale une image plutôt austère. Cette volonté affichée de ne pas céder à la mythomanie propre à la plupart des sites nationalistes, qui n&rsquo;hésitent pas à faire de la surenchère de croix celtiques animées, d&rsquo;images de jeunes éphèbes en contre-plongée ou de dieux barbus en fond d&rsquo;écran, cherche à donner au mouvement une certaine crédibilité, une image sérieuse et adulte.</p>
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		<title>Le fil identitaire</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:10:21 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&#8217;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&#8217;est pas [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&rsquo;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&rsquo;est pas innocente. La notion présente en effet des avantages politiques tout autant qu&rsquo;idéologiques. Les avantages les plus évidents sont sur la neutralité du terme. Il est en effet peu connoté et ne renvoie pas de prime abord aux «heures les plus sombres de notre histoire» comme diraient nos chers démocrates. Contrairement au mot nationalisme qui est associé dans l&rsquo;imaginaire européen à la violence et à la fermeture aux autres, «identitaire» est plutôt dans l&rsquo;air du temps. Il évoque le «terroir», les «racines», le «ressourcement», bref toutes ces notions qui sont la base du marketing commercial depuis une dizaine d&rsquo;années et que l&rsquo;on retrouve dans de nombreuses publicités télévisées. Et à qui reprocherait-on de vouloir avoir une identité ?<br />
Par ailleurs, le terme correspond également assez bien à l&rsquo;évolution idéologique d&rsquo;une fraction du courant nationaliste français, à savoir tous ceux pour qui le combat prioritaire et légitime n&rsquo;est plus tant dans la défense de la nation française que dans celle du peuplement blanc européen. Cela englobe Terre &amp; Peuple, Unité radicale dans une certaine mesure mais également toute une série de petites structures qui font passer le combat culturel avant le combat purement militant. L&rsquo;étiquette de «nationalistes européens» leur conviendrait bien mais elle n&rsquo;est pas très parlante et peut prêter à confusion. Aussi le terme d&rsquo;identitaire leur va-t-il à merveille, ce que Jean Mabire traduisait parfaitement à la dernière table ronde de Terre &amp; Peuple début octobre en recommandant d&rsquo;abandonner définitivement le terme de nationaliste, trop ambigu. En outre l&rsquo;adoption du mot traduit parfaitement le repli politique prôné par ses utilisateurs. Au début du Contrat social, Rousseau établit une distinction importante entre agrégation et association. Pour lui, la société ne saurait être le résultat d&rsquo;une multitude d&rsquo;individus poursuivant chacun des buts particuliers mais d&rsquo;une association d&rsquo;individus s&rsquo;unissant par un acte volontaire. Il allait en cela contre certains auteurs libéraux comme Bernard Mandeville qui considérait que le bien commun provenait de la réalisation des biens individuels. Pour lui, la volonté générale, indispensable à toute société, ne saurait jaillir de la multitude et de l&rsquo;agrégation. Or il faut bien constater que le système capitaliste a «réussi» en deux siècles dans les pays européens à substituer l&rsquo;agrégation à l&rsquo;association, tant par la diffusion de valeurs individualistes et hédonistes que par des mouvements migratoires nationaux dans un premier temps et internationaux dans un deuxième temps. Le développement de la thématique «identitaire» dans une partie du courant nationaliste n&rsquo;est donc finalement pas si éloignée que cela dans sa démarche de la thématique «républicaine» dans d&rsquo;autres courants politiques, chevènementistes en particulier. Ces thématiques visent à retourner à un âge d&rsquo;or de la vie en société, quand tout le corps social, pour hétérogène qu&rsquo;il soit, avait une véritable volonté générale, qu&rsquo;elle soit politique ou ethnique.</p>
<h3>Mer &amp; Poulpe</h3>
<p>C&rsquo;est donc cette thématique que l&rsquo;on retrouve dans <em>Terre &amp; Peuple &#8211; La revue</em> qui marche de plus en plus sur les brisées du GRECE ancienne mouture. On y trouve une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em> sur les traditions populaires européennes. Il est d&rsquo;ailleurs à noter que la revue multiplie les hommages et clins d&rsquo;œil au GRECE, que ce soit avec un compte rendu élogieux des derniers numéros d&rsquo;<em>Éléments</em>, en particulier celui consacré à l&rsquo;Europe, ou des encarts consacrés au château de Roquefavour (Ventabren), propriété du GRECE, à partir duquel M. Rollet, «greciste» historique, anime le bulletin <em>L&rsquo;Âtre</em>. Mais c&rsquo;est aussi la thématique des premiers ouvrages publiés par la nouvelle SARL de presse lancée par Pierre Vial, les Éditions de la Forêt. Mais il existe bien d&rsquo;autres structures diffusant ce type de discours du «retour aux racines» :<br />
- journaux «enracinés» comme le bulletin <em>Alternative Europe</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_0_205" id="identifier_0_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancienne scission alsacienne de Nouvelle R&eacute;sistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment &laquo;militants europ&eacute;ens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se d&eacute;velopper pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe f&eacute;d&eacute;rale des r&eacute;gions, o&ugrave; la conscience identitaire europ&eacute;enne sera affirm&eacute;e face &agrave; l&rsquo;imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain et face &agrave; l&rsquo;immigration extra-europ&eacute;enne&raquo;.">1</a></sup> ou le trimestriel <em>Utlagi </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_1_205" id="identifier_1_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implant&eacute; en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.">2</a></sup>, <em>Montségur </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_2_205" id="identifier_2_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute; en 2000 de la r&eacute;union des anciennes &eacute;quipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (St&eacute;phane Par&eacute;d&eacute;, responsable MNJ et UR &agrave; N&icirc;mes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isol&eacute;s">3</a></sup> ou <em>Le Lansquenet </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_3_205" id="identifier_3_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les r&eacute;dacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule &eacute;tant traditionnellement hostile &agrave; l&rsquo;antifascisme.">4</a></sup> à Aix, <em>Gwenn Ha Du</em> en Bretagne ou <em>Solaria</em> en Alsace, trimestriel animé par Jean-Christophe Mathelin et rattaché à la Maison du Soleil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_4_205" id="identifier_4_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommand&eacute; aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.">5</a></sup> (centre d&rsquo;études solaires) à Diedendorf ;<br />
- petites maisons d&rsquo;édition comme le Veilleur de Proue, affiliée au Mouvement de la Jeunesse Normande (MJN, lié au Mouvement normand dont le président est Didier Patte, ancien membre de Nouvelle Résistance) et qui éditent des brochures de paganisme nordique;<br />
- ateliers artisanaux comme l&rsquo;Atelier de l&rsquo;Elfe ou l&rsquo;Atelier des Léopards d&rsquo;Or à Remiremont ou les «boutiques d&rsquo;artisanat enraciné» comme Lou Paradou à Nice ou Terres celtiques à Grenoble. Cette boutique animée par de vieux militants NR grenoblois déjà à l&rsquo;œuvre du temps de la revue <em>Noir &amp; Rouge</em> se veut à la fois pôle de diffusion de vêtements (surplus, T-Shirts mytho, fringues skinheads), de bibelots pour «décorer son petit bunker» (sic) (emblèmes médiévaux, fanions nazis, etc.), de livres et de CDs, de boissons et enfin d&rsquo;armes (matraques, poings américains&#8230;) et pôle de regroupement NR autour de l&rsquo;association La Bagaude. D&rsquo;après eux, tout cela ne vaut pas «une charge de panzers au petit matin» mais apparemment ils s&rsquo;en contentent&#8230; Le gérant-propriétaire Christian Mollier ainsi que d&rsquo;autres militants MNR de l&rsquo;Isère ont d&rsquo;ailleurs été poursuivis l&rsquo;année dernière pour l&rsquo;attaque d&rsquo;un meeting sur l&rsquo;immigration algérienne en novembre 1999. Même si le tribunal correctionnel a été obligé d&rsquo;abandonner les accusations de coups et blessures, port d&rsquo;armes, en raison de l&rsquo;imprécision des témoignages, les inculpés ont été jugés pour «entrave concertée à la liberté de réunion» et surtout pour «incitation à la haine raciale» pour divers slogans. Ils ont été condamnés les uns et les autres à des amendes, à des peines de prison avec sursis (10 mois) et à la privation de leurs droits civiques (5 ans). Le lâchage par le MNR a aussitôt poussé Mollier dans les bras du FN, ce qui a valu de nouvelles poursuites au responsable local de ce parti, Georges Theil, pour des propos négationnistes.</p>
<h3>L&rsquo;Oreille cassée</h3>
<p>On ne saurait conclure ce bref panorama sans un mot sur le bien nommé Rock Identitaire Français. Le RIF apparaît en tant que tel avec le groupe Vae Victis, monté par des militants du Renouveau étudiant en 1993. Brocardée à ses débuts, l&rsquo;expérience finit par s&rsquo;avérer concluante et suscite la création d&rsquo;autres groupes, sans pour autant qu&rsquo;il y ait de ligne politico-musicale bien claire et sans même que la notion de RIF constitue autre chose qu&rsquo;une définition par défaut. Nationaliste, le RIF rassemble tous ceux qui veulent sortir du ghetto bonehead et essayer de faire de la musique un média militant comme a pu l&rsquo;être le rock alternatif pour le milieu libertaire à la fin des années 1980. De l&rsquo;extérieur, le pari semble réussi. Deux labels, Memorial Records et Bleu-Blanc-Rock, parviennent à produire une dizaine de groupes comme Aion (Lorraine, musique indus), Basic Celtos (région parisienne, fusion), Brixia (région parisienne, rock), Elendil (région parisienne, rock), Fraction (PACA, metal), Ile-de-France (région parisienne, rock), In Memoriam (région parisienne, rock), Kaiserbund (région parisienne, musique indus), Vae Victis (région parisienne, rock), Insurrection (Châteauroux, rock limite RAC). Chaque label a une démarche spécifique qui lui permet d&rsquo;exploiter un créneau. Dans le cas de Memorial Records, la démarche est clairement commerciale puisque le label est une SARL montée avec l&rsquo;aide de Gilles Soulas. Memorial s&rsquo;appuie essentiellement sur In Memoriam, les membres étant les mêmes : Julien Beuzard, Matthias Briccage ou Xavier Schleiter. Lié de façon militante au MNR, In Memoriam bénéficie de fait de ce créneau. Bleu-Blanc-Rock est clairement plus militant et rassemble à présent les deux tiers des groupes. Lancé en 1998 par Fabrice Robert, Jean-Christophe Bru et Paul Thore entre autres, BBR a adopté dès le début une politique de promotion du RIF visant clairement à en faire un outil politique, copiant en cela la démarche des Italiens du groupe Zetazeroalfa, avec qui ils ont des liens très étroits. Le principal support a été une cassette-compilation vendue 10 francs et qui a été diffusée à 5000 exemplaires, lors de fêtes de la musique par exemple. Souhaitant rééditer l&rsquo;expérience, le label s&rsquo;apprête à faire la même chose avec un CD-Rom vendu deux euros et centré sur la lutte contre la mondialisation. BBR a par ailleurs mis en place un site Internet efficace qui pratique la tactique du «cheval de Troie». Le site chronique en effet des groupes non nationalistes, voire d&rsquo;extrême gauche, ce qui lui permet d&rsquo;apparaître dans les sélections des moteurs de recherche lors de recherches portant sur ces groupes, et de toucher ainsi un public qui lui aurait totalement échappé. Enfin, le label a mis en place des relais locaux, en général une ou deux personnes, pompeusement appelés «cellules militantes». Mais en creusant un peu, on peut s&rsquo;apercevoir que le bilan de l&rsquo;expérience est heureusement moins positif. D&rsquo;une part, faute de stratégie bien définie, le RIF reste confiné à un petit public et, pire pour ses promoteurs, à un public largement bonehead ! Celui-ci compose en effet une bonne part du public des concerts. Le constat vaut aussi pour les musiciens qui sont sur la brèche depuis quelques années et ne sont finalement qu&rsquo;une bonne quinzaine. On retrouve en effet Julien Beuzard, Fabrice Lauffenburger ou Thibaud Lamy dans plusieurs groupes à la fois. D&rsquo;autre part, le milieu est très divisé et multiplie les embrouilles internes, en particulier entre les musiciens d&rsquo;In Memoriam et les autres. Enfin, la politique de confinement des antifascistes a porté ses fruits en empêchant le RIF de devenir cet outil politique que voulaient en faire ses promoteurs. On peut rappeler à titre d&rsquo;exemple l&rsquo;affaire du Podium Rock du Gibus au printemps 2000. Ayant franchi en douce la première élimination qui avait vu l&rsquo;élimination de 120 groupes sur 200, Ile-de-France comptait faire de même pour la deuxième. Finalement, cette deuxième compétition a eu lieu sans eux à la suite des pressions exercées sur le Gibus et de l&rsquo;annonce d&rsquo;un rassemblement à côté de la salle. Même si le groupe et ses fans se sont réfugiés sous un pont avec un groupe électrogène, la manœuvre a échoué. Néanmoins, il est évident que la neutralité du terme identitaire ne peut que permettre ce type de tentative et il serait bien étonnant qu&rsquo;on n&rsquo;assiste pas dans les années à venir à des tentatives de prise de contact avec des organisateurs de spectacle ou des groupes non nationalistes, mais séduits par la thématique identitaire et antimondialisation. Après tout, il existe déjà des activités de ce type dans le domaine intellectuel. C&rsquo;est le cas des conférences annuelles de la revue <em>Politica Hermetica</em> publiée par L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme, ou du festival européen des mythes et légendes de Carcassonne, dont le vice-président est Christophe Levalois, proche du GRECE et fidèle alter ego d&rsquo;Arnaud Guyot-Jeannin dans le cercle Sol Invictus. Comme quoi tout est tristement possible&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_205" class="footnote">Ancienne scission alsacienne de Nouvelle Résistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment «militants européens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se développer pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe fédérale des régions, où la conscience identitaire européenne sera affirmée face à l&rsquo;impérialisme américain et face à l&rsquo;immigration extra-européenne».</li><li id="footnote_1_205" class="footnote">Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implanté en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.</li><li id="footnote_2_205" class="footnote">Né en 2000 de la réunion des anciennes équipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (Stéphane Parédé, responsable MNJ et UR à Nîmes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isolés</li><li id="footnote_3_205" class="footnote">Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les rédacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule étant traditionnellement hostile à l&rsquo;antifascisme.</li><li id="footnote_4_205" class="footnote">Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommandé aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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