<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>REFLEXes &#187; Eric Fornal</title>
	<atom:link href="https://reflexes.samizdat.net/tag/eric-fornal/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://reflexes.samizdat.net</link>
	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
	<lastBuildDate>Fri, 18 Dec 2015 08:40:56 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.9.2</generator>
	<item>
		<title>La légion étrangère saute sur Nogent sur Marne</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 06 May 2014 19:57:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
		<category><![CDATA[anti-IVG]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite Populaire (NDP)]]></category>
		<category><![CDATA[Parti de la France (PdF)]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>
		<category><![CDATA[Roger Holeindre]]></category>
		<category><![CDATA[Synthèse Nationale (revue)]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[LE 11 mai prochain doit avoir lieu a Nogent-sur-Marne dans le 94 une journée d’hommage aux combattants d’Indochine. N’ayant aucune sympathie pour les milieux militaires et leurs commémorations il est fort rare que nous nous exprimions sur le sujet, et les dates des 14 juillet, 11 novembre et autres 8 mai ne nous passionnent guère [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>LE 11 mai prochain doit avoir lieu a Nogent-sur-Marne dans le 94 une journée d’hommage aux combattants d’Indochine.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/affiche_hommage_combattants_Indochine.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1104" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/affiche_hommage_combattants_Indochine-214x300.png" alt="affiche_hommage_combattants_Indochine" width="214" height="300" /></a></p>
<p>N’ayant aucune sympathie pour les milieux militaires et leurs commémorations il est fort rare que nous nous exprimions sur le sujet, et les dates des 14 juillet, 11 novembre et autres 8 mai ne nous passionnent guère en général<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_0_506" id="identifier_0_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est bien entendu que nous parlons l&agrave; des comm&eacute;morations et non des &eacute;v&egrave;nements que ces dates &eacute;voquent. Mais nous n&rsquo;oublions pas non plus, concernant celle du 8 mai, qu&rsquo;elle est aussi le jour des massacres de S&eacute;tif, Guelma et Kherrata la m&ecirc;me ann&eacute;e de 1945.">1</a></sup>. Toutefois il arrive que certaines de ces commémorations retiennent toute notre attention. Ce fût le cas en juin 2012 lors de la manifestation à Paris pour « l’honneur de l’armée française en Algérie » : organisée entre autres par le Cercle National des Combattants (CNC) de Roger Holeindre, l&rsquo;Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l&rsquo;Algérie française (ADIMAD, les anciens de l’OAS) ou encore France Résistante de Pierre Descaves (ex OAS, ex FN, aujourd’hui au Parti de la France de Carl Lang) et soutenue par la Nouvelle Droite Populaire, Synthèse Nationale ou encore le Parti de la France (PdF). Réunissant environ 1000 personnes qui défileront du Rond-point des Champs-Elysées au Trocadéro la manif<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_1_506" id="identifier_1_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Encadr&eacute; par le Service d&rsquo;Ordre du PdF, le SEP, qui r&eacute;alisait l&agrave; sa 1re sortie. Malgr&eacute; la pr&eacute;sence &agrave; sa t&ecirc;te de Jean-Pierre Dellac, ex responsable de la zone grand-est du DPS, aujourd&rsquo;hui d&eacute;c&eacute;d&eacute;, on ne peut pas dire que le r&eacute;sultat &eacute;tait l&agrave;.">2</a></sup> s’était conclue par des prises de paroles où étaient dénoncés pêle-mêle les communistes, les « fellaghas », les traitres.. bref en un mot l’anti-France.</p>
<p>La date du 11 mai prochain s’annonce du même acabit. En effet au delà de la question même du colonialisme et de ses crimes qui nous rendent peu sympathique ce genre d’événement, les 1ers noms de participants et invités annoncés pour cette journée ont de quoi nous faire pâlir.</p>
<p>Tout d’abord cette journée est parrainée par le colonel Jean Luciani. Il y a effectivement toute sa place puisqu’il fut capitaine au 1er BEP (Bataillon Etranger Parachutiste) à Dien Bien Phu, et sera fait prisonnier (par « LE » Viet-Minh comme il est de coutume de dire dans ces milieux). Mais c’est surtout l’homme politique qui nous intéresse dans cette histoire : venant du CNIP (Cercle National des Indépendants et Paysans<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_2_506" id="identifier_2_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="qui servit fr&eacute;quemment de passerelle entre le droite parlementaire et l&rsquo;extr&ecirc;me droite.">3</a></sup>) à Nogent-sur-Marne justement, il rejoint le FN et en devient conseiller régional Ile-de-France de 1992 à 1998. Lors de la scission de 1998 il <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/">choisit</a> Bruno Megret et le MNR et en devient très rapidement le secrétaire régional d’Ile-de-France et le secrétaire départemental du Val-de-Marne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_3_506" id="identifier_3_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="il est m&ecirc;me responsable de la commission de conciliation et de discipline, poste cl&eacute; en ces p&eacute;riodes troubles d&rsquo;apr&egrave;s scission.">4</a></sup>. Il sera candidat MNR à différentes élections jusqu’en 2003, date à partir de laquelle le MNR va connaitre son déclin, ce qui mettra sur la touche le Colonel.</p>
<p>Figurent aussi en bonne place comme invités le « sergent » Roger Holeindre, Popeye pour ses amis, et que l’on ne présentera plus ici tant son parcours est lié à l’histoire de l’extrême droite française (de l’Algérie française et l’OAS au FN en passant par la campagne présidentielle de 1965 de Tixier-Vignancour …aujourd’hui au Parti de la France, chez les nostalgiques du FN d’avant Marine), ou encore le Père Jean-Paul Argouarc&rsquo;h.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Roger_Holeindre_8me_RPC1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2422" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Roger_Holeindre_8me_RPC1.jpg" alt="Des paras du 8me R.P.C. en opération d’infiltration dans les zones tenues par le FLN lors de la guerre d’Algérie. R. Holeindre est au 2nd rang à … l’extrême droite, mais ça on le sait depuis longtemps !" width="600" height="429" /></a></p>
<p>Des paras du 8me R.P.C. en opération d’infiltration dans les zones tenues par le FLN lors de la guerre d’Algérie. R. Holeindre est au 2nd rang à … l’extrême droite, mais ça on le sait depuis longtemps !</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>Le père Argouarc&rsquo;h, à l’inverse de « Popeye », est certainement bien moins connu du grand public mais n’en reste pas moins un sacré personnage :<br />
Fils d’un militaire putschiste il grandit dans une Algérie qui se bat pour son indépendance, s&rsquo;il est trop jeune pour participer au putsch d’Alger il en garde une véritable rancœur. Engagé il choisit les paras, et rejoint le 13e régiment de dragons parachutiste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_4_506" id="identifier_4_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Unit&eacute; des forces sp&eacute;ciales, charg&eacute;e de la recherche du renseignement, notamment lors des op&eacute;rations ext&eacute;rieures, et dont les actions sont d&eacute;finies par le Commandement des op&eacute;rations sp&eacute;ciales (COS).">5</a></sup>. Après l’armée il trouve sa « voie » dans la spiritualité en découvrant le village d’enfants de Riaumont, haut lieu du scoutisme et du catholicisme intégriste sans toutefois être lié directement à la Fraternité Saint-Pie X, et dont il devient l’autorité religieuse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_5_506" id="identifier_5_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour les situer, il suffit de pr&eacute;ciser que le village a quitt&eacute; le mouvement des Scouts d&rsquo;Europe, historiquement li&eacute; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me droite catholique la plus int&eacute;griste, car jug&eacute; trop &laquo; europ&eacute;iste &raquo; et pas assez &laquo; national &raquo;, bref pas assez fran&ccedil;ais !">6</a></sup>. JP Argouarc’h racontera « son » histoire du village de Riaumont dans l’ouvrage <em>Riaumont, Passion et Résurrection</em> préfacé par Jean Raspail et avec une postface de Serge de Beketch, ses deux signatures montrant là l’importance de ce personnage et de ce lieu emblématique pour les traditionalistes.</p>
<div id="attachment_1802" style="width: 137px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Croix_Scouts_de_Riaumont-e337f.png"><img class="size-full wp-image-1802" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Croix_Scouts_de_Riaumont-e337f.png" alt="La Sainte Croix de Riaumont, emblème de l'Institut Sainte-Croix de Riaumont et de son mouvement scout" width="127" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">La Sainte Croix de Riaumont, emblème de l&rsquo;Institut Sainte-Croix de Riaumont et de son mouvement scout</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1803" style="width: 392px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Riaumont_Passion_et_Resurrection-aa857.jpg"><img class="size-full wp-image-1803" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Riaumont_Passion_et_Resurrection-aa857.jpg" alt=" Une couverture à faire trembler de peur les petits enfants la nuit !!" width="382" height="570" /></a><p class="wp-caption-text">Une couverture à faire trembler de peur les petits enfants la nuit !!</p></div>
<p>Notre curé intégriste fait par la suite le lien entre certains milieux militaires (aumônier des scouts paras, il est aussi officieusement l’aumônier de l’Union Nationale de Parachutistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_6_506" id="identifier_6_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le congr&egrave;s annuel de l&rsquo;UNP se tiendra d&rsquo;ailleurs cette ann&eacute;e &agrave; Riaumont justement.">7</a></sup>, et présent lors de nombreuses commémorations ou dépôts de gerbes), les nostalgiques du « bon temps des colonies » et la mouvance catholique intégriste. Il est en effet régulièrement présent aux côtés des mouvements anti-avortement tel que SOS Tout-Petits, il est également invité régulier du Cercle Renaissance de Michel de Rostolan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_7_506" id="identifier_7_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pass&eacute; lui aussi du CNIP au FN, avant de le quitter en 2009.">8</a></sup> ou plus récemment au côté de Civitas lors des Manifs pour Tous.</p>
<div id="attachment_1804" style="width: 484px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Manif_pour_tous_avril_2013.jpg"><img class="size-large wp-image-1804" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Manif_pour_tous_avril_2013-1024x384.jpg" alt="Mon curé chez les poulets (Paris 1er avril 2013 lors de la Manif pour Tous)" width="474" height="177" /></a><p class="wp-caption-text">Mon curé chez les poulets (Paris 1er avril 2013 lors de la Manif pour Tous)</p></div>
<p>C’est tout naturellement qu’il a été ces dernières années régulièrement sollicité pour les messes de funérailles de quelques figures de cette mouvance, tel que Serge de Beketch, ou encore Guy Steinbach<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_8_506" id="identifier_8_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien Camelot du Roi et collaborateur d&rsquo;Aspects de la France revue de l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise, il reste un monarchiste convaincu jusqu&rsquo;&agrave; sa mort en novembre dernier.">9</a></sup>.</p>
<p>Voici donc pour les invités et autres « parrains » de cette journée qui sent bon la vieille France, celle des valeurs chrétiennes et nostalgiques des colonies, et qui devraient en soit nous suffire à nous donner la nausée (pour ne pas dire la gerbe, que l’on déposerait bien volontiers à leurs pieds).</p>
<p class="size-large wp-image-1805">Mais cette petite présentation serait incomplète si on oubliait de préciser qui en sont réellement les organisateurs.<br />
Tout comme pour la manif en soutien à l’armée d’Algérie de juin 2012 (citée précédemment) qui était sous le patronage d’un fumeux <em>Comité de Liaison du Mémorial de l’Honneur Français</em> dirigé en sous main par R. Holeindre et son CNC, la journée du 11 mai est elle organisée par un <em>Collectif pour le Souvenir des Héros d’Indochine</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_9_506" id="identifier_9_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et bien sur, ne pas entendre dans &laquo; h&eacute;ros d&rsquo;Indochine &raquo; le G&eacute;n&eacute;ral Giap et ses hommes.">10</a></sup>.<br />
Bien que n’ayant aucune existence réelle, puisque l’association n’a ni statuts ni site, elle a néanmoins un porte-parole qui présenta la journée sur Radio-Courtoisie le 23 avril dernier. Et quel porte-parole ! Pas vraiment contemporain de cette époque puisque né en 1969, <a href="http://reflexes.samizdat.net/biographies-rapides-de-certains-militants-cites-dans-les-articles/">Eric Fornal</a> puisque c’est de lui qu’il s’agit, a toutes les qualités requises pour faire le lien entre les générations, et transmettre une certaine idée de la France. Bien que cadre à Pole Emploi, son poste doit lui laisser suffisamment de temps pour militer et de ce côté-là on peut dire que c’est un vrai parcours militant. Il commence tout jeune au FNJ et au CNEP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_10_506" id="identifier_10_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cercle National des Etudiants de Paris, dont la pr&eacute;sidente d&rsquo;honneur n&rsquo;&eacute;tait autre que Marine Le Pen.">11</a></sup>, il est responsable départemental du FNJ dans le Val de Marne et plus tard (en 1997) candidat FN aux législatives dans le même département. Comme tant d’autres, il fait au moment de la scission le choix de Bruno Megret, assez logiquement d’ailleurs puisqu’il se contente ainsi de suivre son autre mentor, Pierre Vial (Eric Fornal est un des responsables de la revue Terre &amp; Peuple). Toujours disponible et plein de vigueur il est aussi un des responsables de la revue <em>Réfléchir et Agir</em> (R&amp;A) sous le pseudonyme d’Eugène Krampon. Nous ne présenterons pas cette revue aux lecteurs de REFLEXes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_11_506" id="identifier_11_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour les d&eacute;buts de la revue cet article paru dans le n&deg; 51 en 1998 : &laquo; Quand on est faf et pr&eacute;tentieux&hellip;, R&eacute;fl&eacute;chir ou Agir il faut choisir ! &raquo;.">12</a></sup> et nous nous contenterons de rappeler leur technique bien particulière de communication, qui a elle seule est sans équivoque.</p>
<div id="attachment_2425" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Pubs_R_A1.jpg"><img class="wp-image-2425" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Pubs_R_A1.jpg" alt="R&amp;A ou la démonstration que l’on peut être nazi et avoir un certain sens de l’humour ! La 1re image est celle d’un CD promo réservé aux seuls abonnés, les veinards. La 2nde du même niveau est une pub pour la revue" width="600" height="477" /></a><p class="wp-caption-text">R&amp;A ou la démonstration que l’on peut être nazi et avoir un certain sens de l’humour ! La 1re image est celle d’un CD promo réservé aux seuls abonnés, les veinards. La 2nde du même niveau est une pub pour la revue</p></div>
<p>Le numéro des 20 ans sortie à l’automne dernier, avec une interview de Robert Ménard annoncé en couverture<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_12_506" id="identifier_12_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais l&agrave; encore est-il besoin de le rappeler, ce brave homme n&rsquo;a rien &agrave; voir avec l&rsquo;extr&ecirc;me droite !!">13</a></sup>, permet à Eugène/Eric de nous rappeler la ligne éditoriale de la revue dans l’édito :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/R_A_20_ans1.jpg"><img class="wp-image-2426 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/R_A_20_ans1.jpg" alt="R_A_20_ans" width="600" height="281" /></a></p>
<p>Au vu de tout cela, avec un tel parrain, des invités et un organisateur de ce niveau là, on sait très précisément à quoi s’attendre pour cette journée. Si on rajoute à cela les réseaux sur lesquels l’information circule (le site de l’ex Œuvre Française <em>Jeune Nation</em>, Radio Courtoisie, les milieux cathos-militaires, les nostalgiques de l’Algérie française..) et l’annonce faite sur l’affiche de la présence de nombreux stands d’éditeurs et de dédicaces d’auteurs, il ne fait aucun doute que cette journée aura le goût des grands barnums de l’extrême droite radicale que sont par exemple les tables rondes de Terre &amp; Peuple ou encore les Journées de Synthèse Nationale. Voila de quoi en intéresser plus d&rsquo;un, notamment chez <em>les Amis de Pierre Sidos</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_13_506" id="identifier_13_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="puisque c&rsquo;est le nouveau nom qu&rsquo;ont choisi les Jeunesses Nationalistes et l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise apr&egrave;s leur dissolution l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re.">14</a></sup> qui seront de sortie dans la capitale ce jour là, puisque le 11 mai est aussi le jour du défilé en l&rsquo;honneur de Jeanne d&rsquo;Arc, défilé où ils ont l&rsquo;habitude de venir renforcer les rangs du service d&rsquo;Ordre de Civitas. Les horaires de ces deux initiatives permettant clairement de basculer de l&rsquo;une à l&rsquo;autre, il y a fort à parier que les rues de Nogent-sur-Marne seront bizarrement <em>occupées</em> dimanche prochain.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_506" class="footnote">Il est bien entendu que nous parlons là des commémorations et non des évènements que ces dates évoquent. Mais nous n’oublions pas non plus, concernant celle du 8 mai, qu’elle est aussi le jour des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata la même année de 1945.</li><li id="footnote_1_506" class="footnote">Encadré par le Service d’Ordre du PdF, le SEP, qui réalisait là sa 1re sortie. Malgré la présence à sa tête de Jean-Pierre Dellac, ex responsable de la zone grand-est du DPS, aujourd’hui décédé, on ne peut pas dire que le résultat était là.</li><li id="footnote_2_506" class="footnote">qui servit fréquemment de passerelle entre le droite parlementaire et l’extrême droite.</li><li id="footnote_3_506" class="footnote">il est même responsable de la commission de conciliation et de discipline, poste clé en ces périodes troubles d’après scission.</li><li id="footnote_4_506" class="footnote">Unité des forces spéciales, chargée de la recherche du renseignement, notamment lors des opérations extérieures, et dont les actions sont définies par le Commandement des opérations spéciales (COS).</li><li id="footnote_5_506" class="footnote">Pour les situer, il suffit de préciser que le village a quitté le mouvement des Scouts d’Europe, historiquement lié à l’extrême droite catholique la plus intégriste, car jugé trop « européiste » et pas assez « national », bref pas assez français !</li><li id="footnote_6_506" class="footnote">Le congrès annuel de l’UNP se tiendra d’ailleurs cette année à Riaumont justement.</li><li id="footnote_7_506" class="footnote">Passé lui aussi du CNIP au FN, avant de le quitter en 2009.</li><li id="footnote_8_506" class="footnote">Ancien Camelot du Roi et collaborateur d’Aspects de la France revue de l’Action Française, il reste un monarchiste convaincu jusqu’à sa mort en novembre dernier.</li><li id="footnote_9_506" class="footnote">Et bien sur, ne pas entendre dans « héros d’Indochine » le Général Giap et ses hommes.</li><li id="footnote_10_506" class="footnote">Cercle National des Etudiants de Paris, dont la présidente d’honneur n’était autre que Marine Le Pen.</li><li id="footnote_11_506" class="footnote">Pour les débuts de la revue cet article paru dans le n° 51 en 1998 : «<a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/"> Quand on est faf et prétentieux&#8230;, Réfléchir ou Agir il faut choisir !</a> ».</li><li id="footnote_12_506" class="footnote">Mais là encore est-il besoin de le rappeler, ce brave homme n’a rien à voir avec l’extrême droite !!</li><li id="footnote_13_506" class="footnote">puisque c&rsquo;est le nouveau nom qu&rsquo;ont choisi les Jeunesses Nationalistes et l&rsquo;Œuvre française après leur dissolution l&rsquo;année dernière.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quelques croûtons dans la soupe&#8230;</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/quelques-croutons-dans-la-soupe/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/quelques-croutons-dans-la-soupe/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Nov 2007 21:56:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alsace d'abord]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Le Digabel]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
		<category><![CDATA[Identitaires]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Vardon]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>
		<category><![CDATA[Terre et Peuple (T&P)]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Suite à notre article de la semaine dernière, nous avons reçu divers courriers de lecteurs dont deux étaient intéressants dans la mesure où ils pointaient certaines erreurs d&#8217;analyse de notre part. Le premier porte sur les relations entre les Identitaires et ADSAV : «Bonjour, j&#8217;ai lu avec intérêt votre article intitulé &#171;&#160;La soupe au Vardon&#160;&#187;, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à notre <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/">article de la semaine dernière</a>, nous avons reçu divers courriers de lecteurs dont deux étaient intéressants dans la mesure où ils pointaient certaines erreurs d&rsquo;analyse de notre part. Le premier porte sur les relations entre les Identitaires et ADSAV :</p>
<p>«<em>Bonjour,</em></p>
<p>j&rsquo;ai lu avec intérêt votre article intitulé &laquo;&nbsp;La soupe au Vardon&nbsp;&raquo;, je ne me prononcerai pas sur les 99% de l&rsquo;article qui m&rsquo;ont l&rsquo;air plutôt corrects (en terme de sources je veux dire), mais je me permet d&rsquo;émettre un petit bémol sur la partie Bretagne.</p>
<p>J&rsquo;appartiens à l&rsquo;emsav (l&rsquo;ensemble du mouvement culturel, linguistique, et politique breton), et de ce fait je suis amené à cottoyer des gens de toute tendances politiques bretonnes dont des gens d&rsquo;Adsav, et je connais plutôt bien toutes les petites histoire de l&rsquo;emsav, dont certaines d&rsquo;Adsav ou du MRB.</p>
<p>Ce qui est sûr, c&rsquo;est que si les identitaires français n&rsquo;ont pas de section en Bretagne, ce n&rsquo;est pas pour &laquo;&nbsp;ménager&nbsp;&raquo; adsav, ils ont essayé de se mettre en bons termes avec eux, mais adsav mène entre autres croisades celle de la lutte contre la jacobinisme français, et pour adsav, le fn ou les identitaires c&rsquo;est du pareil au même.</p>
<p>Les identitaires se sont ensuite tournés vers le MRB, mais en Bretagne le MRB ne représente plus rien si ce n&rsquo;est son dirigeant Xavier guillemot lui même. Aujourd&rsquo;hui les identitaires veulent donner l&rsquo;impression d&rsquo;être partout, et pour cela ils s&rsquo;associent avec le MRB pour donner cette<br />
impression comme vous le disiez d&rsquo;omniprésence. Le MRB peut être considéré en Bretagne comme la suite du MNR, et donc dans la démarche et l&rsquo;idéologie le &laquo;&nbsp;nissa rebella&nbsp;&raquo; breton. Mais en terme d&rsquo;effectifs et de réussite, comme je le disais cela n&rsquo;a rien à voir.</p>
<p>Adsav a eu une meilleure réussite en Bretagne, en récupérant toutes les forces militantes d&rsquo;autres mouvements, ce qui a coulé le POBL (ancien mouvement indépendantiste breton) et le MRB qui y ont perdu la quasi<br />
totalité de leurs militants. C&rsquo;est cette récupération des militants qui a empêché la création d&rsquo;une section identitaire en Bretagne.</p>
<p>Pour conclure, je dirai donc que votre article ne parlait pas de la Bretagne bien sûr, mais que vous devriez faire attention à cette vision que vous avez des identitaires en Bretagne, il ne faut pas croire qu&rsquo;ils aiment Adsav et<br />
ne font rien pour leur nuire, car si Adsav perdait de la vitesse et donc sa base militante, les identitaires sauteraient sur l&rsquo;occasion pour créer une section en Bretagne. Mais la Bretagne a toujours été et sera toujours une entité à part du reste de la France, il serait inconcevable de créer un groupe se revendiquant de l&rsquo;identité bretonne sans en venir irrémédiablement à l&rsquo;indépendantisme. [...]»</p>
<p>Le deuxième portait plus spécifiquement sur les relations avec Terre &amp; Peuple et la revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. Le lecteur ne l&rsquo;ayant pas souhaité, nous nous abstiendrons de reproduire son courriel mais il indiquait en substance que les relations avec ces deux structures étaient très tendues à cause de l&rsquo;initiative conjointe des Identaires et d&rsquo;Alsace d&rsquo;Abord de lancer une Fédération Identitaire à laquelle ni l&rsquo;association de P. Vial ni la revue du tandem Le Digabel / Fornal n&rsquo;étaient conviées.</p>
<p>Ces deux mises au point corrigent donc certaines approximations éventuelles de notre part.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/quelques-croutons-dans-la-soupe/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les pets &amp; la plume</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:08:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Del Valle]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Burgalat]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Chatillon]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mabire]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Picollec]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Gilles Malliarakis]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Louis Aliot]]></category>
		<category><![CDATA[Minute]]></category>
		<category><![CDATA[National Hebdo]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite (ND)]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Randa]]></category>
		<category><![CDATA[Présent]]></category>
		<category><![CDATA[Richard Haddad]]></category>
		<category><![CDATA[Rivarol]]></category>
		<category><![CDATA[Riwal]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Bouzard]]></category>
		<category><![CDATA[William Bonnefoy]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l'enjeu en considérant qu'avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L'extrême droite n'échappe pas à cette règle, d'autant plus qu'elle est, à l'instar d'autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l&rsquo;enjeu en considérant qu&rsquo;avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L&rsquo;extrême droite n&rsquo;échappe pas à cette règle, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle est, à l&rsquo;instar d&rsquo;autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_0_201" id="identifier_0_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;importance de cette question est &eacute;vidente comme en t&eacute;moigne la conf&eacute;rence organis&eacute;e par la revue autrichienne d&rsquo;extr&ecirc;me droite Zur Zeit le 10 novembre dernier avec la cr&egrave;me de l&rsquo;extr&ecirc;me droite europ&eacute;enne et autour du th&egrave;me &laquo;Les m&eacute;dias &amp; les droites&raquo;.">1</a></sup>.</strong></p>
<p>Cet état de fait s&rsquo;est renforcé depuis la scission du FN fin 1998 et nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de dénoncer cette situation qui nous paraît fort dangereuse. Nous allons donc essayer de dresser un panorama tout aussi rapide que non exhaustif du Paysage Communicant Fasciste (PCF) pour constater, si besoin en était, que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est pas morte et qu&rsquo;elle communique encore&#8230;<br />
De ce PCF, nous avons volontairement exclu les royalistes dans leurs différentes versions organisées, même si de nombreux militants nationalistes peuvent se définir comme maurrassiens, tout autant que les catholiques dans leur non moins très grande variété. Ce n&rsquo;est pas par manque d&rsquo;intérêt, et J.-Y. Camus et René Monzat en leur temps<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_1_201" id="identifier_1_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France, PUL, 1992.">2</a></sup> s&rsquo;y sont essayés. Mais mis à part certains titres de presse que nous signalerons, cette communication fonctionne en circuit fermé, en particulier quand il s&rsquo;agit de la multitude de petits bulletins traditionalistes ou intégristes, schismatiques ou ralliés à Popaul II. Or c&rsquo;est la communication ouverte à la société (ou du moins celle qui fait vœu de l&rsquo;être) qui nous intéresse. De la même façon, mises à part quelques exceptions, nous n&rsquo;avons pas travaillé sur le fond c&rsquo;est-à-dire sur le discours porté par cette communication. Nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de le faire, nous l&rsquo;aurons encore dans le futur. Nous allons donc nous attacher à la forme de cette communication et ce en trois volets : la presse et l&rsquo;édition, puis les lieux de diffusion et enfin le créneau de l&rsquo;identitaire.</p>
<h3>Ne pas prendre les canards du führer pour des enfants du Bon Dieu</h3>
<p>Il est souvent dit que la culture anarchiste est une culture de l&rsquo;écrit. Ce constat s&rsquo;applique parfaitement au courant nationaliste, même si cette communication écrite est particulièrement protéiforme. Elle s&rsquo;appuie sur un bloc dur de structures directement liées au mouvement militant. C&rsquo;est en particulier le cas de la presse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_2_201" id="identifier_2_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs int&eacute;ress&eacute;s &agrave; des ouvrages traitant de ce point. &Agrave; titre de rappel, Rivarol a &eacute;t&eacute; fond&eacute; en 1951, Minute en 1962, Pr&eacute;sent en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, National Hebdo en 1984.">3</a></sup> : <em>Minute</em>, <em>Présent</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Rivarol</em>. Il est globalement de bon ton d&rsquo;entendre les responsables de cette presse se plaindre : de l&rsquo;ostracisme de la «grande presse», des embûches de l&rsquo;État, des procès des «lobbies», des difficultés financières&#8230;</p>
<p>Or, force est de constater que cette presse nationaliste diffusée en kiosque ne se porte pas si mal que cela. Tout du moins qu&rsquo;elle ne se porte pas plus mal que toute autre presse politique, en particulier d&rsquo;extrême gauche, et même pas plus mal que la «grande presse» centriste si on tient compte du fait qu&rsquo;elle n&rsquo;a que fort peu accès aux recettes publicitaires. C&rsquo;est en effet toute la presse politique qui est en crise en France et les journaux nationalistes, hebdomadaires ou quotidiens, n&rsquo;échappent pas à la règle. Il n&rsquo;en reste pas moins vrai que le créneau est étroit et que toute nouvelle tentative de création est plus ou moins vouée à l&rsquo;échec. Ce fut particulièrement le cas du <em>Français</em>, quotidien lancé en octobre 1994 et dirigé par Philippe Colombani, transfuge de <em>Présent</em>. Ses initiateurs avaient pourtant des ambitions modestes : maquette claire, rubriques classiques, des articles au ton plus mesuré que ceux de <em>Minute</em> ou de <em>National Hebdo</em>, pas de reportages ni d&rsquo;enquêtes, aucune recherche du sensationnel. Officiellement, Colombani annonçait vouloir faire le quotidien d&rsquo;une «vaste force politique nationale et populaire», des «cinq millions de personnes, qui, à droite, ont refusé l&rsquo;esprit de système» en votant, lors du scrutin européen pour les listes Le Pen, Villiers et Goustat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_3_201" id="identifier_3_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Candidat des chasseurs cette ann&eacute;e-l&agrave;.">4</a></sup>. Or s&rsquo;il se plaçait incontestablement à droite du <em>Figaro</em>, <em>Le Français</em> n&rsquo;a pas donné de signes tangibles de sa volonté de rassemblement. L&rsquo;équipe du journal était proche du Front national et plusieurs rédacteurs venaient du mensuel <em>Le Choc du Mois</em>. La société éditrice, Carnix<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_4_201" id="identifier_4_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a &eacute;t&eacute; accus&eacute;e par Le Pen d&rsquo;&ecirc;tre une des bases du complot m&eacute;gretiste.">5</a></sup>, était une SA au capital de 1 500 000 francs où on trouvait des actionnaires proches de la Nouvelle Droite (ND) et de Bruno Mégret. Les préoccupations politiques et culturelles du journal faisaient écho, sans ostentation, à celles de la ND. C&rsquo;était net en matière de géopolitique avec de nombreux articles opposant Europe et Occident ou présentant les pays arabes comme des alliés incontournables de l&rsquo;Europe. Mais on y trouvait également des entretiens avec Jean Mabire, Michel Marmin ou Dominique Venner. Le problème était sans doute là, à savoir que <em>Le Français</em>, en étant un instrument de communication et d&rsquo;influence aux mains d&rsquo;une équipe liée à Bruno Mégret, s&rsquo;est coupé l&rsquo;herbe sous le pied. Jean-Marie Le Pen a tenu à préciser dès le début qu&rsquo;il n&rsquo;était en rien engagé dans cette aventure et <em>Présent</em> a réagi très négativement au lancement d&rsquo;un autre quotidien sur le créneau très étroit du lectorat lepéniste. En moins de deux ans, <em>Le Français</em> disparaissait des kiosques.</p>
<p>On a pu encore une fois vérifier le rôle indirect du FN dans la presse nationaliste avec les conséquences de la crise de 1998. Sentant le danger d&rsquo;être entraînés dans une guerre de clans commercialement suicidaire, les différents journaux ont essayé de se tenir au-dessus de la mêlée. Le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est qu&rsquo;ils n&rsquo;y sont pas parvenus, Le Pen ne leur en laissant pas la possibilité. 1999 a ainsi été une annus horribilis : <em>National Hebdo</em> a connu une hémorragie de lecteurs et de rédacteurs, en particulier son rédacteur en chef Martin Peltier, passé aux mégretistes. <em>Présent</em> est passé à 4 pages et a licencié du personnel, la diffusion en kiosque semblant être tombée de 3000 à 1200 exemplaires et les abonnés de 7000 à 4000 environ. Le besoin de liquidités (environ un million de francs !) l&rsquo;a amené à vendre un immeuble de sa filiale Difralivre pour regonfler son capital. L&rsquo;hostilité du FN s&rsquo;est en effet traduite par des gestes de malveillance comme la consigne transmise aux militants de se désabonner, le refus de louer un stand aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_5_201" id="identifier_5_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bleu-Blanc-Rouge : f&ecirc;te annuelle du FN.">6</a></sup> 99 ou même l&rsquo;édition d&rsquo;un pastiche intitulé <em>Pesant</em> par l&rsquo;équipe du journal <em>Béret Baguette</em>. Le quotidien n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs toujours pas cité comme «presse amie» par le FN. <em>Minute</em>, appartenant au vieux routier nationaliste Gérard Penciolleli depuis 1993, a quant à lui carrément déposé le bilan en avril 1999. Même si cette situation n&rsquo;est pas directement imputable à la crise du FN, celle-ci n&rsquo;a évidemment rien amélioré. Cette liquidation judiciaire fut l&rsquo;occasion pour une partie de la rédaction de laver son linge sale en public par le biais d&rsquo;un pastiche de quatre pages, <em>Un Faux Minute</em>, dans lequel étaient dévoilées les frasques politico-financières de Penciolleli et ses liens avec les Renseignements généraux. L&rsquo;équipe attaquait également Nicolas Miguet, escroc notoire qui sans attendre la décision du tribunal de commerce avait essayé de faire main basse sur le titre. Cela n&rsquo;a pas empêché le tribunal de désigner Catherine Barnay comme repreneur, malgré ses liens connus avec Penciolleli et un passé de militante néo-fasciste particulièrement chargé. L&rsquo;hebdomadaire vivote donc de nouveau depuis janvier 2000, d&rsquo;abord sur abonnement et à présent en kiosque. Le seul à avoir tiré son épingle du jeu est finalement <em>Rivarol</em>. Non seulement le vieil hebdomadaire a récupéré une partie du lectorat des autres titres, mais il apparaît de nouveau comme le porte-voix le plus radical de la droite nationaliste, ce qui n&rsquo;est pas usurpé&#8230; Le titre a de fait fêté ses 50 années d&rsquo;existence début 2001. Dans ce contexte, certains journalistes dont Martin Peltier et François Brigneau ont cru pouvoir essayer d&rsquo;atteindre la viabilité économique en remplaçant le papier par l&rsquo;électronique. Intitulé <em>Le Quotidien de France</em>, ce projet devait prendre la forme d&rsquo;un quotidien diffusé sur Internet par abonnement. Las ! Le montant prohibitif de cet abonnement, plus de 900 francs, n&rsquo;a convaincu que&#8230; neuf courageux lecteurs et après quelques semaines d&rsquo;activités en 2000, le projet a avorté.</p>
<p>Mais ce secteur de la presse de kiosque n&rsquo;est sans doute pas le principal support de la communication nationaliste. Car en matière d&rsquo;écrit, celle-ci est surtout portée par une myriade de bulletins et de revues, indépendantes ou militantes, pour lesquelles l&rsquo;abonnement est vital. On retiendra entre autres pour les principales <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> de Serge de Beketch, <em>Jeune Nation</em> du groupe homonyme lyonnais, <em>Reconquête</em> de Chrétienté-Solidarité, <em>Jeune Résistance</em> et <em>Résistance !</em> d&rsquo;Unité Radicale (UR), <em>Le Chêne</em> du MNR, <em>Français d&rsquo;Abord</em> du FN, <em>Éléments</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_6_201" id="identifier_6_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le r&eacute;dacteur en chef depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, Charles Champetier, a &eacute;t&eacute; d&eacute;barqu&eacute; du GRECE en fin d&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il &eacute;tait in&eacute;vitable qu&rsquo;il soit &eacute;limin&eacute; comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.">7</a></sup> du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_7_201" id="identifier_7_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupement de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne, fond&eacute; en 1968 et longtemps principal repr&eacute;sentant de la Nouvelle Droite en France.">8</a></sup> auxquelles il faudrait rajouter tous les bulletins de moindre envergure comme <em>Fier de l&rsquo;être</em> (région parisienne), <em>L&rsquo;Épervier</em> (Châteauroux) ou les fanzines, boneheads en particulier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_8_201" id="identifier_8_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 nouvelle s&eacute;rie.">9</a></sup>. Cette presse est souvent fragile et repose très largement sur l&rsquo;engagement humain et financier de ses rédacteurs. <em>Jeune Résistance</em> a ainsi connu depuis un an un gain qualitatif lié à l&rsquo;injection de fonds par ses concepteurs et quelques généreux donateurs.<br />
C&rsquo;est également le cas de la dernière sortie en date, <em>Relève politique</em>, lancée et animée par Christophe Dungelhoeff.</p>
<h3>Papier gâché</h3>
<p>Le deuxième gros secteur de la communication nationaliste est l&rsquo;édition. Celle-ci repose sur un nombre limité de structures, en général assez fragiles. Deux font exception : Faits &amp; Documents et Deterna. La première n&rsquo;est plus à présenter pour les lecteurs assidus de <em>REFLEXes</em>. Cette maison d&rsquo;édition a été créée et dirigée par Yann Moncomble jusqu&rsquo;à sa mort en 1990 et reprise par Emmanuel Ratier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_9_201" id="identifier_9_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. suppl&eacute;ment M&eacute;faits et Documents dans ce num&eacute;ro de REFLEXes.">10</a></sup>. Elle permet à ce dernier d&rsquo;approfondir ce qui constitue son fonds de commerce et qu&rsquo;il développe déjà dans sa lettre confidentielle homonyme : la dénonciation des Juifs et des francs-maçons. Indépendant, Ratier a relativement bien manœuvré lors de la crise du FN. Bien que touché lui aussi par une certaine désaffection du public et un taux de réabonnement en baisse, il a réussi à retrouver sa situation d&rsquo;avant la crise. Présent chaque année aux BBR, il a également retrouvé sa rubrique dans <em>National Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. La mort récente d&rsquo;Henri Coston (voir portrait ci-dessous) vient évidemment à point nommé pour consolider son monopole des «informations confidentielles». Il semblerait par ailleurs qu&rsquo;il ait réussi à placer deux de ses livres en traduction arabe en&#8230; Syrie. L&rsquo;éditeur est les Éditions DarTlass, obscure petite maison d&rsquo;édition si elle n&rsquo;appartenait au très antisémite général Tlass qui est ministre de la défense syrien et dont les liens avec l&rsquo;extrême droite (en particulier certains gudards) sont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_10_201" id="identifier_10_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="anciens Cf. REFLEXes n&deg;51.">11</a></sup>. Les deux livres sont bien sûr consacrés au pouvoir occulte des organisations juives. Il s&rsquo;est également associé en 2000 aux directeurs de <em>National Hebdo</em> (Jean-Claude Varanne), du <em>Libre Journal de la France courtoise</em> (Serge de Beketch), de <em>Rivarol</em> (Camille Galic) et de <em>Monde &amp; Vie</em> (Claude Giraud) pour exiger que le gouvernement revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de francs à <em>L&rsquo;Humanité</em> (et un effacement de la dette de 13 millions de francs). Les cinq directeurs réclament aussi le rétablissement de l&rsquo;aide de 700 000 francs à Présent, supprimée par Jack Lang depuis 1997.</p>
<p>L&rsquo;autre pôle est la maison Randa, dont le principal fleuron est Deterna. Né en 1960, Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa du nom de son père Peter Randa, est l&rsquo;un des piliers de l&rsquo;édition nationaliste comme auteur et comme éditeur. Cela fait en effet 20 ans qu&rsquo;il compense un talent médiocre par une activité débordante, parfois dans certaines maisons d&rsquo;édition commerciales comme les Presses de la Cité et la collection Fleuve Noir qui éditait déjà son père. Parmi une tripotée de romans SF et policiers dont il ne revendique plus vraiment la paternité pour certains<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_11_201" id="identifier_11_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est le cas de L&rsquo;assassin sentimental paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la tr&egrave;s grande litt&eacute;rature.">12</a></sup>, ses fleurons restent <em>Poitiers demain</em> et <em>Apocalypse Yankee</em> qui imaginent des conflits sanglants dans lesquels les Européens finissent toujours par gagner. Doté d&rsquo;une morale simple, Randa présente la même simplicité politique. Interrogé en 1989 dans <em>Alternative</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_12_201" id="identifier_12_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Titre repris &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 par Roland Helie et qui &eacute;tait dans les ann&eacute;es 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.">13</a></sup> sur les raisons de la sortie le 20 avril de la même année de la réédition <em>d&rsquo;Apocalypse Yankee</em>, il déclarait : «Oh comme ça, pour le centenaire [d'Adolf Hitler, ndlr]». Après avoir animé l&rsquo;Æncre et le magazine «satirique» <em>Pas de panique à bord !</em> puis s&rsquo;être fâché avec Gilles Soulas, il a lancé les éditions Deterna qui lui permettent de diffuser tous les auteurs dont il est proche : Jean Mabire, Roland Gaucher, Philippe Gauthier, Jean-Paul Bourre, Jacques Borde alias Yag Bazhdid&#8230; et ses propres «œuvres». Il a également essayé de relancer une revue généraliste, <em>Dualpha</em>, dans laquelle on retrouve exactement les mêmes auteurs et dont l&rsquo;intérêt et le prix étaient tels qu&rsquo;elle s&rsquo;est arrêtée cet été pour devenir un site Internet.</p>
<p>Mais il existe une multitude d&rsquo;autres petites structures travaillant sur des créneaux étroits et donc fragiles. On peut citer les Éditions de L&rsquo;Homme Libre, animées par William Bonnefoy, qui, après une année 2000 sans publication, ont sorti quatre ouvrages dont l&rsquo;orientation est assez simple : racialiste, antisémite et nostalgique du nazisme. Malin comme un singe, le caractériel Bonnefoy a pris la peine de doter l&rsquo;un de ces livres, <em>Avant qu&rsquo;Hitler ne vienne</em> de Rudolf Von Sebottendorff, d&rsquo;un avertissement hilarant qui a beaucoup fait rire le petit milieu néo-nazi : «<em>Nous vivons en des temps malheureusement marqués par un retour des idées nauséabondes qui ont failli emporter l&rsquo;Europe au siècle dernier. Des esprits malfaisants [il parle de lui ! ndlr], issus du ventre fécond d&rsquo;où est déjà sortie la bête immonde, tentent à nouveau de nous faire croire aux bienfaits du nationalisme et des théories fumeuses sur l&rsquo;inégalité des races. Voilà pourquoi il est nécessaire de rappeler à des esprits ouverts comment ces théories ont vu le jour et quels contenus et idéologies répugnants les caractérisent. Le livre proposé contient, dans sa dimension criminelle et inhumaine un contenu pédagogique incontestable. L&rsquo;ignominie des théories proposées, l&rsquo;incohérence des raisonnements politiquement incorrects, leur caractère sinistre et aberrant frapperont tous les cerveaux normalement constitués et même les autres. [...] Félicitons-nous, alors que les nazis brûlaient les livres interdits par leur fanatisme politique que la démocratie soit suffisamment courageuse et forte pour tolérer la diffusion d&rsquo;un tel livre</em>.» Dans la même orientation, il y a également les éditions lyonnaises Irminsul créées par Lionel Bosserelle. Ce dernier est également le gérant d&rsquo;Irminsul Diffusion dont le nom commercial est la Librairie Lyonnaise et qui a été lancée en 1997 avec l&rsquo;aide de Denis de Bouteiller. La dernière publication d&rsquo;Irminsul est un album souvenir sur les Waffen SS écrit par Jean Mabire et vendu 1500 francs. Ce livre aurait dû être édité par les éditions des frères Prost, les Éditions Gergovie, si elles n&rsquo;avaient pas déposé le bilan en septembre 2000. Issus d&rsquo;une famille faf de faf, Grégory et Karl s&rsquo;étaient spécialisés dans la publication d&rsquo;anciens Waffen SS comme Louis Levast ou d&rsquo;anciens Malgré-Nous comme Roger Mouminou alias Guy Sajer alias Dimitri, l&rsquo;auteur de la BD <em>Le Goulag</em>. Bien qu&rsquo;ayant essayé de relancer l&rsquo;entreprise avec ce qui ressemble furieusement à un prête-nom, les deux frères ont jeté l&rsquo;éponge et ainsi confirmé la mauvaise réputation commerciale de la famille (en cas de faillite, les auteurs publiés peuvent s&rsquo;asseoir sur leurs droits d&rsquo;auteurs).</p>
<p>Toujours sur le même créneau, on trouve l&rsquo;association éditrice Les Amis de la Culture Européenne animée par Éric Fornal et fondée par Franck Petit, dont le fonds d&rsquo;édition est essentiellement composé des livres de l&rsquo;ancien Waffen SS Robert Dun et des romans d&rsquo;Éric Lhomme alias Erik Robert, qui tire son inspiration de la situation, bien réelle, du peuple Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indo-européenne vivant dans le nord Pakistan. Plus généralistes, on peut citer les éditions Godefroy de Bouillon proches du FN et animées par Richard Haddad ou les éditions Rémi Perrin du nom de son propriétaire. Plus militantes, il existe les auto-éditions de Christophe Picard alias Henri de Fersan, qui s&rsquo;est spécialisé sur le «racisme anti-Français» et dont le dernier livre est largement inspiré, à la limite du plagiat, des écrits d&rsquo;Emmanuel Ratier. Enfin le FN et le MNR se sont chacun dotés d&rsquo;une maison d&rsquo;édition. Le FN d&rsquo;avant la scission pouvait en effet compter sur les Éditions nationales mais celles-ci sont passées dans le camp des «félons». Quatre de ses jeunes cadres, Philippe Rouger, Thomas Lagane, Louis Alliot et Guillaume Vouzellaud, ont donc lancé une SARL de presse, les éditions Objectif France, qui diffusent la littérature FN, comme Crime contre le FN par exemple, petit ouvrage antimégretiste écrit par Xavier Cheneseau alias François Delancourt. De son côté le MNR n&rsquo;est pas demeuré en reste et s&rsquo;est doté des éditions Cité-Liberté, nom commercial de la SARL Publi-Sites.</p>
<p>Mais le tableau de la communication nationaliste ne serait pas complet si on n&rsquo;évoquait pas d&rsquo;autres outils comme Radio Courtoisie dont la présentation n&rsquo;est plus à faire, les conférences diverses et variées dont la majeure partie se fait à Paris à la Société d&rsquo;Encouragement à l&rsquo;Industrie Nationale (SEIN), les tracts et autocollants anonymes comme celui provenant de l&rsquo;équipe de l&rsquo;<em>Épervier</em> et dont nous avons déjà parlé dans <em>No Pasaran</em> (cf. ci-dessous) ou les multiples petites structures de communication comme Riwal de Frédéric Châtillon. Le même s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs doté d&rsquo;une autre structure, petite SARL de presse, Unité et Développement d&rsquo;une Vision Symphonique, fondée avec Thomas Lagane, Jildaz Mahé O&rsquo;Chinal et&#8230; Roger Garaudy ! Il est assez amusant de constater que les initiales de la SARL UDVS conviennent tout à fait à un autre sigle comme Union et Défense des Victimes du Sionisme par exemple&#8230; Union et Défense des Victimes du Sionisme qui était le sigle utilisé pour signer les «mystérieuses» grandes affiches apparues en région parisienne en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_13_201" id="identifier_13_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">14</a></sup>. Mais tout ceci n&rsquo;est évidemment que pure coïncidence !</p>
<h3>Les «idiots utiles»</h3>
<p>Cependant, malgré toute cette richesse de publication, certains lecteurs ou lectrices pourraient nous objecter avec raison que cela ne touche que deux nazis trois rasés et que c&rsquo;est donc leur accorder beaucoup d&rsquo;importance. L&rsquo;objection est valable et a d&rsquo;ailleurs été moult fois prononcée. Aussi faut-il nous pencher sur les «idiots utiles». On sait que cette expression fut utilisée par Lénine (un tel mépris ne pouvait d&rsquo;ailleurs venir que de lui !) pour désigner les compagnons de route intellectuels du parti bolchevik puis communiste. Cette notion peut parfaitement s&rsquo;appliquer à un certain nombre de structures qui de façon plus ou moins volontaire servent la soupe aux auteurs nationalistes et donc à leurs idées. Quoi de mieux en effet pour sortir du ghetto que d&rsquo;utiliser des maisons d&rsquo;édition peu ou pas connotées ?</p>
<p>La principale à jouer ce rôle est depuis quelques années l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. C&rsquo;est à l&rsquo;origine une petite maison d&rsquo;édition suisse, fondée en 1966 par un dissident yougoslave ayant fui le régime communiste : Vladimir Dimitrijevic. Pendant 30 ans, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme a fait un énorme travail de diffusion de la littérature slave contemporaine, souvent méconnue du fait des dictatures communistes d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. Puis l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme dérive lentement à partir du début des années 1990 vers un soutien sans faille au nationalisme grand-serbe à la faveur de la guerre civile yougoslave et avec l&rsquo;objectif officiel de «rétablir la vérité». Longtemps proche des catholiques traditionalistes en France, Dimitrijevic se rapproche alors de tous ceux qui affichent leur soutien aux Serbes ou leur opposition à l&rsquo;Islam. Cette orientation se confirme lors du conflit au Kosovo et des bombardements massifs menés par l&rsquo;OTAN en Serbie. De fait, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme est à présent la principale maison d&rsquo;édition de la Nouvelle Droite française, en particulier de sa branche «greciste»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_14_201" id="identifier_14_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du GRECE.">15</a></sup> (Alain de Benoist, Arnaud Guyot-Jeannin, Jean-Claude Albert-Weil, Eric Werner) mais également du courant païen emmené par le Belge Christopher Gerard, proche de la ND dans ses différentes versions (GRECE, Terre &amp; Peuple, Synergies européennes). Gerard est d&rsquo;ailleurs à présent directeur de collection au sein de l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. L&rsquo;antenne française de l&rsquo;éditeur attire enfin autour d&rsquo;elle des personnages fantasques comme Jean Parvulesco, ancien dissident roumain, longtemps proche du GRECE après avoir côtoyé l&rsquo;OAS dans les années 1960 et les milieux nationalistes-révolutionnaires dans les années 1970, ou encore Patrick Gofman, ancien de l&rsquo;OCI passé au nationalisme. Par ailleurs la librairie parisienne est devenue un diffuseur zélé d&rsquo;autres productions comme les livres de Guillaume Faye parus à l&rsquo;Æncre (voir portrait ci-dessous). L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme contribue ainsi à banaliser un petit milieu qui profite de son caractère prestigieux pour toucher un public qui sinon lui échapperait. Le GRECE a en effet ses propres éditions, les éditions du Labyrinthe, mais leur aire d&rsquo;influence ne dépasse guère celle du GRECE, c&rsquo;est-à-dire de moins en moins de monde, et la technique du coucou est donc bien plus rentable pour peu que les auteurs aient un minimum de talent (comme c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le cas).</p>
<p>Autre tactique rentable : prendre carrément le contrôle d&rsquo;une structure existante d&rsquo;apparence neutre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a fait Philippe Randa avec les Éditions Didro. Celles-ci sont une petite structure fondée en 1994 qui édite des revues diffusées en kiosque, traitant essentiellement d&rsquo;Histoire. Composées de plusieurs titres de collection : <em>Boulevard du Crime</em>, <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Aventures de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Le Journal de l&rsquo;Insolite</em> et <em>Dossiers secrets de l&rsquo;Histoire</em> (ces derniers sont dirigés par le Français d&rsquo;origine tunisienne Philippe Aziz, ami de Philippe Randa), les publications gérées par Jacky Perroy permettent à Randa de placer ses écrits et ses amis. <em>Boulevard du Crime</em> est en effet constituée chaque mois par les romans policiers de l&rsquo;auteur Philippe Randa et de son père, ce qui en fait un produit très bon marché pour le rédacteur en chef Philippe Randa. Dans <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em> et le <em>Journal de l&rsquo;Insolite</em>, on retrouve des signatures connues du petit monde «randanien» déjà entrevues précédemment : Jean-Paul Bourre, Henri de Fersan, Guillaume Faye, David Gattegno, Bruno Favrit, Micheline de Peyrebonne, Nicolas Gauthier, Jean-Jacques Matringhem, Christian Bouchet entre autres. Ces monuments de sous-littérature ne servent pas forcément en soi à diffuser des idées même si ces auteurs mettent un malin plaisir à tout placer sur le même plan en ce qui concerne la deuxième guerre mondiale ou si «l&rsquo;insolite» surfe sur un certain racolage, quitte à inventer certaines informations. En revanche, ces collections ont un but alimentaire indéniable et y parviennent car le créneau historique en kiosque se porte assez bien. Sans rouler sur l&rsquo;or, les éditions Didro sont bénéficiaires et complètent leur chiffre d&rsquo;affaire par de la VPC dans laquelle on retrouve les ouvrages publiés par les éditions Deterna et Dualpha. On n&rsquo;est jamais aussi bien servi que par soi-même !</p>
<p>Dernier moyen pour se faire connaître : publier une collection grand public assez anodine pour entrer dans les circuits de diffusion tout en véhiculant une vision du monde spécifique. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont fait les éditions Pardès avec la collection B.A.-BA. Fondée en 1982 par Georges Gondinet, cette maison d&rsquo;édition occupe le créneau assez étroit de la pensée traditionnelle sous tous ses aspects : politique, ésotérique, philosophique, sexuelle&#8230; Même si certains auteurs comme Julius Evola ont un succès qui ne se dément pas chez une fraction du public nationaliste, il est certain que ce type de littérature n&rsquo;est pas susceptible de toucher les masses. Pardès a donc eu l&rsquo;idée de génie de sortir une collection de vulgarisation, à un prix modéré et avec une présentation attrayante tant dans la maquette que dans l&rsquo;iconographie. Cela a donné la collection B.A.-BA : il s&rsquo;agit d&rsquo;une soixantaine de titres qu&rsquo;on peut trouver n&rsquo;importe où et en particulier dans les FNAC. Les thèmes sont tout aussi variés que les auteurs : <em>Les Fées</em>, <em>Les Lutins</em>,<em> La Diététique</em>, <em>Les Templiers</em>, <em>Le Yi King</em>, <em>Les Indo-Européens</em>, etc. Si un certain nombre d&rsquo;auteurs n&rsquo;ont jamais fait parler d&rsquo;eux, on retrouve plusieurs signatures connues pour leur engagement militant dans les sphères nationalistes ou néo-fascistes: Christian Bouchet, Bernard Marillier (militant d&rsquo;UR), Jean-Paul Bourre, David Gattegno, les époux d&rsquo;Apremont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_15_201" id="identifier_15_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf REFLEXes n&deg;51">16</a></sup>, Thierry Jolif, Jean-Paul Ronecker, etc. Au-delà d&rsquo;une certaine neutralité affichée, ces synthèses de qualité inégale diffusent une vision du monde qui ne se caractérise pas par un amour immodéré de l&rsquo;égalité sociale ou de la démocratie libérale. Comme en plus la collection marche bien, c&rsquo;est tout bénéfice pour ces auteurs. La même description pourrait être faite avec les éditions normandes Heimdal, présentes par le passé aux BBR et qui élargissent leur créneau militaria par deux publications diffusées en kiosque : <em>39-45 magazine</em> et <em>Moyen-Age</em>.</p>
<p>Mais un panorama des «idiots utiles» ne saurait prétendre être un tant soit peu complet si on n&rsquo;y ajoutait toutes ces petites maisons d&rsquo;édition droitières qui publient à intervalles plus ou moins réguliers des auteurs nationalistes militants : les éditions Grancher chez qui on retrouve Jean Mabire, Dominique Venner, Thierry Bouzard ou Jean-Paul Ronecker ; les éditions Jean Curutchet, très «Algérie Française» ; Jean Picollec Éditeur chez qui on retrouve Roland Gaucher, Philippe Randa ou des personnages plus flous comme Roland Jacquard ; Guy Trédaniel Éditeur sur le créneau ésotérico-païen ; les éditions des Scyrtes enfin, fondées par le fils de Dominique de Roux et qui ont contribué à lancer Alexandre Del Valle (voir portrait ci-dessous). Enfin on pourrait ajouter à ces éditeurs tous les auteurs qui, à l&rsquo;instar de Gérard de Villiers (le père de SAS) ou Xavier Raufer, véhiculent des thématiques servant objectivement l&rsquo;extrême droite. Toutes ces structures suppléent donc au principal handicap de la communication nationaliste qui est la faible visibilité extérieure au milieu militant et sympathisant.</p>
<p>Mais on ne saurait finir sans faire une remarque évidente : quid de l&rsquo;audiovisuel ? Il sautera en effet aux yeux du lecteur que nous n&rsquo;avons évoqué comme vecteurs de communication que les supports écrits. Cela s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il faut bien constater que l&rsquo;extrême droite est globalement exclue de toute intervention autre qu&rsquo;écrite. Aussi peut-on s&rsquo;interroger sur le rôle de personnages comme Michel Houellebecq ou Bertrand Burgalat. Il n&rsquo;est pas question ici d&rsquo;affirmer que ces deux personnages sont des militants nationalistes puisque ce n&rsquo;est pas le cas. Mais on peut rappeler un certain nombre d&rsquo;éléments troublants. Il est connu que Bertrand Burgalat a été dans les années 1980 un cadre dirigeant du MNR de Jean-Gilles Malliarakis puis de Troisième Voie lorsque le MNR s&rsquo;est agrégé au GUD. Il en a été le représentant à Assas et s&rsquo;occupait de la presse du mouvement. Christophe Bourseiller dressait de lui en 1989 ce portrait complaisant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_16_201" id="identifier_16_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La mouvance n&eacute;ofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier Terre &amp; Peuple. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est d&eacute;solidaris&eacute; de la d&eacute;marche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqu&eacute; Houellebecq en justice pour obsc&eacute;nit&eacute;.">17</a></sup> : <em>«“Je ne suis pas quelqu&rsquo;un de droite et je ne me suis jamais considéré comme quelqu&rsquo;un de droite”. Venant d&rsquo;un des responsables du mouvement Troisième Voie, ces paroles ont quelque chose de surprenant. Mais celui qui les prononce est sans doute l&rsquo;un des plus brillants militants d&rsquo;extrême droite jusqu&rsquo;ici rencontrés. Allons bon ! Bertrand est d&rsquo;extrême droite mais pas de droite. Il appartient à un courant politique en plein développement [on reconnaît là la qualité d'analyse de Bourseiller ! ndlr] qu&rsquo;on pourrait appeler “nationaliste-révolutionnaire de gauche”. Âgé de 25 ans, Bertrand a toutes les caractéristiques du “branché”. Élégant, cultivé, il connaît par cœur les moindres raffinements du rock alternatif et tous les lieux nocturnes de la capitale. Le contraire du fasciste de base. Il habite chez ses parents, dans un gigantesque appartement bourgeois du XVIIe arrdt de Paris. [...] Cet ancien écologiste a rejoint le MNR en 1982. Mais aujourd&rsquo;hui Bertrand milite moins. Il mène une carrière professionnelle dans les milieux du rock</em>.» Burgalat semble en effet avoir abandonné toute activité politique au début des années 1990 et a reconnu son engagement lors d&rsquo;une interview des Inrockuptibles, en considérant que c&rsquo;était une erreur de jeunesse. Il s&rsquo;est reconverti dans l&rsquo;easy listening et son label Tricatel marche du feu de Dieu. Soit. Nous ne pouvons malgré tout nous empêcher d&rsquo;être sceptiques devant cet abandon total de convictions et nous ne serions pas surpris si un jour on apprenait que Burgalat est toujours sympathisant NR et qu&rsquo;il aide financièrement ses anciens amis&#8230; Surtout lorsque c&rsquo;est vers lui que Michel Houellebecq se tourne lorsqu&rsquo;il veut pousser la chansonnette. Houellebecq qui exècre le monde arabe et l&rsquo;Islam et peut être considéré par ses provocations comme l&rsquo;un de ceux qui actuellement fait le plus pour banaliser des points de vue racistes rebaptisés abusivement «politiquement incorrects». Ce n&rsquo;est donc pas pratiquer l&rsquo;amalgame que d&rsquo;exprimer toute notre perplexité face à ces deux personnages qui ont sans doute bien plus en commun que leur simple activité d&rsquo;artistes. Un rôle d&rsquo;idiots utiles par exemple ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_201" class="footnote">L&rsquo;importance de cette question est évidente comme en témoigne la conférence organisée par la revue autrichienne d&rsquo;extrême droite <em>Zur Zeit</em> le 10 novembre dernier avec la crème de l&rsquo;extrême droite européenne et autour du thème «Les médias &amp; les droites».</li><li id="footnote_1_201" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 1992.</li><li id="footnote_2_201" class="footnote">Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs intéressés à des ouvrages traitant de ce point. À titre de rappel, <em>Rivarol</em> a été fondé en 1951, <em>Minute</em> en 1962, <em>Présent</em> en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, <em>National Hebdo</em> en 1984.</li><li id="footnote_3_201" class="footnote">Candidat des chasseurs cette année-là.</li><li id="footnote_4_201" class="footnote">Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a été accusée par Le Pen d&rsquo;être une des bases du complot mégretiste.</li><li id="footnote_5_201" class="footnote">Bleu-Blanc-Rouge : fête annuelle du FN.</li><li id="footnote_6_201" class="footnote">Le rédacteur en chef depuis le début des années 1990, Charles Champetier, a été débarqué du GRECE en fin d&rsquo;année dernière. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il était inévitable qu&rsquo;il soit éliminé comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.</li><li id="footnote_7_201" class="footnote">Groupement de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne, fondé en 1968 et longtemps principal représentant de la Nouvelle Droite en France.</li><li id="footnote_8_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°1 nouvelle série.</li><li id="footnote_9_201" class="footnote">Cf. supplément <em>Méfaits et Documents</em> dans ce numéro de REFLEXes.</li><li id="footnote_10_201" class="footnote">anciens Cf. <em>REFLEXes</em> n°51.</li><li id="footnote_11_201" class="footnote">C&rsquo;est le cas de <em>L&rsquo;assassin sentimental</em> paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la très grande littérature.</li><li id="footnote_12_201" class="footnote">Titre repris à la fin des années 1980 par Roland Helie et qui était dans les années 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.</li><li id="footnote_13_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_14_201" class="footnote">Du GRECE.</li><li id="footnote_15_201" class="footnote">Cf <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_16_201" class="footnote">La mouvance néofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier <em>Terre &amp; Peuple</em>. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est désolidarisé de la démarche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqué Houellebecq en justice pour obscénité.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quand on est faf et prétentieux&#8230;, Réfléchir ou Agir il faut choisir !</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[David Warlet]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Rossi]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Soulas]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[À l'origine un fanzine apparu en octobre 1993, Réfléchir &#038; Agir se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l'extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d'ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d'un groupe particulier ou d'un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l&rsquo;origine un fanzine apparu en octobre 1993, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l&rsquo;extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d&rsquo;ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d&rsquo;un groupe particulier ou d&rsquo;un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.<br />
</strong><br />
Publié à l&rsquo;automne 1998</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-779" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg" alt="Reflechir_Agir_1993_-44383" width="242" height="337" /></a><em>Réfléchir &amp; Agir</em>, conçu comme un outil de propagande et de formation à la fois intellectuelle, idéologique, physique et spirituelle, est destiné selon ses auteurs à former une « élite nationaliste » d&rsquo;où seront issus les cadres du mouvement nationaliste de demain. On peut ainsi y trouver une tentative d&rsquo;élaboration d&rsquo;une culture jeune d&rsquo;extrême droite, par le biais d&rsquo;articles sur les penseurs dont ils s&rsquo;inspirent, tels José Antonio Primo de Rivera, Julius Evola, les écrivains Drieu La Rochelle, Céline, Rebatet, Ernst Jünger&#8230; Un « esprit sain » allant de pair avec un corps sain, on trouve également dans la revue des articles sur les arts martiaux et les sports de combat. La musique (surtout Oï-Rock Against Capitalism ou industrielle type Laibach) n&rsquo;est pas oubliée, même si <em>R&amp;A</em> la considère surtout comme un moyen de faire passer un message politique.<br />
Mais c&rsquo;est surtout la critique du système américain qui intéresse les rédacteurs de la revue, qui se définit comme « nationaliste-révolutionnaire, socialiste et européenne ». Elle cherche à rassembler les jeunes militants nationalistes déçus par les différents groupuscules d&rsquo;extrême droite et leurs dysfonctionnements (rivalités de personnes, culte du chef, activisme verbal&#8230;), et qui, en marge du FN, sont attirés par ce mouvement, mais le jugent trop conservateur ou réactionnaire. Cependant, <em>R&amp;A</em> estime que le FN est incontournable : « <em>Il demeure une tribune d&rsquo;expression, un mouvement carrefour dont nous ne pourrons nous passer et certainement notre principal moyen d&rsquo;action</em> ». L&rsquo;objectif du journal est donc de permettre à ces jeunes militants d&rsquo;influencer le FN de l&rsquo;intérieur, en premier lieu au sein du FNJ et de Renouveau étudiant. Cette stratégie doit beaucoup à l&rsquo;expérience et à la réflexion du principal animateur de la revue, Eric Rossi.</p>
<h3>La prêche dans le désert</h3>
<p>En dépit du fait que l&rsquo;étiquette « fanzine skinhead » ait longtemps collé à <em>Réflechir &amp; Agir</em>, l&rsquo;audience de la revue a très vite dépassé le cercle habituel de ce genre de revues : son tirage se maintient à 300 exemplaires (400 pour les derniers numéros), contre une moyenne constatée de 50 à 200 exemplaires pour les autres titres. L&rsquo;essentiel des lecteurs est concentré sur Paris et sa région, mais <em>R&amp;A</em> est également diffusé en Provence, dans le Sud-Ouest et en Alsace-Lorraine, avec un noyau d&rsquo;une trentaine de lecteurs par région. À ses débuts, on trouvait ce journal au Darklords et à la Librairie française, puis, suite à la fermeture de ces deux lieux, à l&rsquo;Æncre et à la Joyeuse Garde. Des membres et des sympathisants de <em>R&amp;A</em> se se sont chargés de le distribuer à la fac d&rsquo;Assas et à Sciences Po.<br />
Les appels répétés de <em>R&amp;A</em> à l&rsquo;unité militante n&rsquo;ont pas empêché la revue d&rsquo;être ignorée voire attaquée par ses concurrents. Certains, comme le PNF, trouvent la revue trop « irrespectueuse », d&rsquo;autres, comme l&rsquo;Œuvre française, n&rsquo;ont même pas répondu aux demandes d&rsquo;entretien, jugeant la revue « inintéressante ». Côté skinhead, la coupure est définitive après la prise de position de <em>R&amp;A</em> concernant l&rsquo;assassinat de Brahim Bouaram par trois skinheads en marge du défilé du Front national le 1er mai 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_0_83" id="identifier_0_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut lire dans l&rsquo;&eacute;dito du num&eacute;ro 11 : &laquo;aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment &agrave; d&rsquo;anciens skinheads ayant pu d&eacute;crocher d&rsquo;un milieu peu prolifique (sic), notre bulletin refuse d&rsquo;&ecirc;tre assimil&eacute; &agrave; ce type d&rsquo;individus, l&acirc;ches, abrutis, faibles et sans personnalit&eacute;. Au risque de d&eacute;plaire, il pr&eacute;f&egrave;re condamner pour s&rsquo;en d&eacute;marquer d&eacute;finitivement.&raquo;">1</a></sup>.<br />
Quant au FN, c&rsquo;est l&rsquo;indifférence complète. Ce n&rsquo;est que par l&rsquo;intermédiaire de contacts personnels avec des responsables du FNJ Paris et un responsable FNJ de l&rsquo;Oise, Laurent Isoré, que <em>R&amp;A</em> a pu avoir une petite place au village FNJ lors des BBR 1994 et 1996. Pour ce qui est du Renouveau Étudiant (RE), le syndicat étudiant ne répond à aucune sollicitation du fanzine (il le fera néanmoins dans la nouvelle série). C&rsquo;est assez étonnant quand on sait que RE prône le rassemblement de tous les étudiants nationalistes, mais J-M. Le Pen, lors du Congrès de Caen en octobre 1995, n&rsquo;a-t-il pas déclaré « qu&rsquo;il fallait rompre avec le folklore, la nostalgie, l&rsquo;activisme » ? Pour le PNFE, les relations se bornent à des échanges de publicité et à des invitations à leurs réunions (mal fréquentées et peu discrètes, la police y assistant).</p>
<h3>Rapprochement avec NR</h3>
<p>Seule la tentative de rapprochement avec Nouvelle Résistance a semblé réussir dans un premier temps, avec des interviews croisées dans leurs publications respectives : une de Bouchet dans <em>R&amp;A</em> n°10, une de Rossi dans <em>Napalm Rock</em> n°3, des pubs pour <em>R&amp;A</em> dans <em>Lutte du Peuple</em> et <em>L&rsquo;Avant-Garde combattante</em>. Fin 1995, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> propose la création d&rsquo;un « pôle de coordination de la presse non-conformiste » et <em>Lutte du Peuple</em> donne son accord pour participer aux réunions préparatoires. Deux réunions ont eu lieu, l&rsquo;une le 26 janvier, l&rsquo;autre le 3 février 1995, mais elles n&rsquo;ont débouché sur rien de concret.</p>
<p>En fin de compte, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ne peut guère compter à cette époque que sur un petit réseau de soutien composé de quelques groupes et fanzines, dont :<br />
• <em>Combat</em>, la revue du Mouvement Nationaliste Populaire (MNP) de Marseille dirigé par Éric Legendre, qui devient <em>Imperium</em> début 1997 ;<br />
• <em>Sound of Hammer</em>, un skinzine de Bourges réalisé par Sébastien Legentil ;<br />
• <em>Ravens Chat</em>, un fanzine spécialisé dans la musique industrielle, éditée par Jean-Pierre Tabone, de Toulouse ;<br />
• <em>Napalm Rock</em>, de l&rsquo;Aixois Grégory Ombrouck ;<br />
• <em>Muninn</em>, revue de l&rsquo;association YGGDRASILL, basée à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et dirigée par Marc d&rsquo;Ana, alias Alexandre Del Valle ;<br />
• des revues paganisantes proches du GRECE.</p>
<h3>Une nouvelle formule</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-780" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg" alt="fanzine_reflechir_agir2-f3f4d" width="236" height="344" /></a>Début 1996, dans une lettre d&rsquo;information interne, l&rsquo;équipe du fanzine tire le bilan de ses activités après la parution de 13 numéros. L&rsquo;équipe décide alors de lancer une nouvelle formule, un magazine plus conséquent, plus « professionnel », qui continuera à s&rsquo;appeler <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. « <em>Au plus fort de notre développement, une partie de l&rsquo;ancienne équipe a décidé de se retirer&#8230; Une nouvelle équipe arrive, professionnelle et aguerrie pour mettre la technique et une logistique au service de notre politique.</em> (&#8230;) <em>Nous résisterons aux pressions de notre camp qui essaie tantôt de limiter notre impact, tantôt de nous récupérer pour nous étouffer&#8230;</em> <em>(&#8230;) et après l&rsquo;annonce de la sortie d&rsquo;une nouvelle formule, les pressions voire les menaces se sont multipliées pour nous dissuader. D&rsquo;aucuns se sont chargés de faire courir des bruits haineux de toutes sortes pour nous discréditer. Il est bien consternant, une fois de plus, de constater que les coups les plus retors sont orchestrés à l&rsquo;intérieur même de cette mouvance</em>&#8230;». Comme on peut le voir, la naissance du magazine (52 pages, 1500 exemplaires, impression offset, le tout pour un investissement initial de plus de 10 000 francs) s&rsquo;est fait dans la douleur. Les jalousies et les rancunes étant assez fortes dans ce milieu, certains groupes rivaux ont rappelé les liens entre Rossi et certains services policiers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_1_83" id="identifier_1_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise s&rsquo;est ainsi fait une sp&eacute;cialit&eacute; de la mise en fiches, r&eacute;guli&egrave;rement r&eacute;actualis&eacute;es : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants Nationalistes de Nice dans les ann&eacute;es 1960.">2</a></sup>. D&rsquo;autres n&rsquo;ont pas caché leurs ricanements ; les CHS en particulier affirmaient la même ambition de s&rsquo;extraire du milieu skinhead : « <em>Toute personne ayant lu une fois ce fanzine se rendra compte de cette mythomanie. <em>R&amp;A</em> ne fait rien si ce n&rsquo;est rester légal en adoptant une idéologie FN. (&#8230;) Inutile de signaler que nous ne supportons pas <em>R&amp;A</em>, de toutes façons ils ont toujours donné la parole et fait de la pub à nos ennemis du mouvement. Notre rancune est tenace&#8230;</em>».</p>
<p>De plus, des dissensions sont apparues au sein-même de l&rsquo;équipe du journal. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la troisième fois depuis ses débuts que la revue connaît des départs dus à des divergences politiques et au mode de fonctionnement. C&rsquo;est cette fois la nouvelle répartition des fonctions à l&rsquo;intérieur du groupe qui en est la cause, certains n&rsquo;ayant pas accepté la place prépondérante occupée par les nouveaux arrivants. En définitive, l&rsquo;équipe se compose d&rsquo;une vingtaine de personnes, en majorité parisiennes, à laquelle s&rsquo;ajoutent quatre ou cinq collaborateurs réguliers en Province.</p>
<h3>Un directeur de publication au passé chargé</h3>
<p>Pour avoir une existence légale, <em>R&amp;A</em> nouvelle formule s&rsquo;est dotée d&rsquo;un directeur de publication, David Warlet. Cet individu n&rsquo;est pas un inconnu pour le petit monde de l&rsquo;extrême droite&#8230; Ni pour nous.<br />
Son nom a été associé au Château du Corvier, une propriété achetée par le gérant de la librairie néo-nazie Ogmios et qui fut utilisée pour des réunions politiques, notamment celles du PNFE. Pour acheter le château, Dominique Larrieu monta en juin 1988 une société immobilière, SNC Le Corvier, dont David Warlet (avec Catherine Joris, la copine de Larrieu, et un certain Bernard Joseph) était l&rsquo;un des associés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_2_83" id="identifier_2_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="f. REFLEXes n&deg;41, &laquo;La vie de ch&acirc;teau de l&rsquo;extr&ecirc;me droite&raquo;, p.8">3</a></sup>. Mais ce n&rsquo;est pas la seule affaire immobilière de l&rsquo;extrême droite dans laquelle Warlet se retrouve impliqué. À la même époque, en février 1988, Warlet fonde une SARL de promotion immobilière intitulée FREYA et domiciliée 24 rue du Pont, à Brunoy (91). Il y est associé une nouvelle fois à Catherine Joris et à un certain Frédéric Durand. Warlet, qui en est le gérant, ne doit pas être très doué pour les affaires, puisqu&rsquo;en février 1989, le tribunal de commerce met sa société en redressement judiciaire simplifié avant de prononcer sa liquidation judiciaire un mois plus tard. Les ennuis de Warlet ne font pourtant que commencer, puisqu&rsquo;en juillet 1993, le tribunal de commerce de Corbeil-Essonnes prononce la faillite personnelle de Warlet pour une durée de 10 ans et le condamne à supporter l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif de la société à hauteur de 200 000 francs : en clair, Warlet ne peut plus gérer de société pendant dix ans et doit sortir vingt plaques de sa poche pour éponger les dettes de sa SARL. Aussi Warlet a-t-il dû très vite trouver de l&rsquo;argent (nous verrons comment) puisqu&rsquo;en novembre 1995 il dépose les statuts d&rsquo;une nouvelle société, la SARL des éditions Babylonia, qui a pour objet « l&rsquo;édition de livres et de magazines, la diffusion de livres sous toutes ses formes et la réalisation de travaux dont saisie, mise en page, traduction, entrant dans le cycle de production de l&rsquo;édition ». Pour ce faire, il s&rsquo;est associé à Jawad Bashara, un Irakien naturalisé Français il y a plus de vingt ans, né en 1955 à Babylone, qui se déclare journaliste et cinéaste. Ancien militant du PC irakien ayant fui la répression de Saddam Hussein, réfugié en France, il fréquente la mouvance palestino-syrienne. Warlet ne pouvant plus assurer de gestion, c&rsquo;est la femme de Bashara, Ayida Hourieh, de nationalité syrienne, qui est nommée au poste de gérante. Ce petit groupe comprend également un homme très discret, Al Sadi Walhab, habitant à Bruxerolles (86). Grâce à des contacts en Syrie où il se rend assez souvent, Bashara trouve des financements pour éditer plusieurs livres, notamment celui qu&rsquo;il écrit en collaboration avec David Warlet, <em>Critique de la Raison juive occidentale</em>, qu&rsquo;il traduit en arabe pour les éditions Dar al Mada, basées à Damas. Ce sont d&rsquo;ailleurs ses traductions qui lui permettent de vivre.</p>
<h3>Intérêt pour le monde arabe</h3>
<p>Mais qu&rsquo;est-ce qui a permis ce rapprochement entre un militant d&rsquo;extrême droite français et un opposant à Saddam Hussein, proche de la Syrie et de certains milieux palestiniens et qui se considère marxiste ? Tout d&rsquo;abord, on assiste depuis une quinzaine d&rsquo;années à une récupération par une partie de l&rsquo;extrême droite de thèmes chers à l&rsquo;extrême gauche, notamment la lutte contre l&rsquo;impérialisme, le soutien aux peuples en voie de libération et l&rsquo;antisionisme, d&rsquo;où un intérêt marqué pour le monde arabe en général et pour le combat du peuple palestinien en particulier. Cet intérêt s&rsquo;accompagne de la reconnaissance de la dimension méditerranéenne de l&rsquo;Europe et de la volonté pour certains de construire un axe euro-arabe. Par ailleurs, l&rsquo;apparition de l&rsquo;islamisme radical poussent certains de ces groupes français à envisager des alliances de circonstance contre des ennemis communs (États-Unis, Israël).</p>
<p>Ensuite, Warlet fournit quant à lui, dans le mauvais livre de Jean-Paul Bourre <em>Les Profanateurs</em> une explication beaucoup moins politique mais plausible : revenant sur l&rsquo;épisode du château du Corvier, il avoue que celui-ci a servi de camouflage à une opération de la DGSE en direction du milieu des réfugiés irakiens anti-Saddam Hussein. L&rsquo;opération aurait été facilitée par Dominique Larrieu qui entretenait des liens étroits avec la DGSE par l&rsquo;intermédiaire de son père qui est colonel dans un régiment de parachutistes et fournit des éléments au service action de la DGSE. Mais Larrieu jouait sur plusieurs fronts, entretenant également des liens très étroits avec l&rsquo;attaché de l&rsquo;ambassade d&rsquo;Iran de l&rsquo;époque, le célèbre Gordji. Par son intermédiaire, l&rsquo;Iran finança plusieurs publications éditées par la nébuleuse Ogmios ; Larrieu fut même invité en Iran, sur le front de guerre Iran-Irak notamment, d&rsquo;où il rapporta quelques « souvenirs » qui furent retrouvés chez lui au cours d&rsquo;une perquisition. Warlet explique que « <em>la manipulation de la DGSE consistait à créer une fausse opposition irakienne en utilisant un Irakien réfugié, Mahadi Sad. Le chateau du Corvier devait abriter cette soit-disante opposition, qu&rsquo;on allait motiver politiquement pour ensuite la vendre à Saddam en signe de bonne volonté</em> ». Effectivement, à l&rsquo;époque, la France expulsa vers l&rsquo;Irak deux réfugiés anti-Saddam Hussein. On comprend mieux alors l&rsquo;impunité dont bénéficia le château et la librairie de Larrieu de la part du ministre de l&rsquo;Intérieur Pierre Joxe durant cette période. Il fallut que des militants du PNFE commettent un attentat contre un foyer Sonacotra pour que tombent les « protections » de Larrieu. Ce dernier fut finalement condamné pour faillite frauduleuse peu de temps après : il est aujourd&rsquo;hui « grillé » au sein de la mouvance néo-nazie française, qui le considère comme un escroc et une « grosse balance », dixit Me Delcroix, avocat d&rsquo;extrême droite. Il s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui réfugié dans son château de Nadège (toujours la folie des grandeurs !) en Creuse. Curieusement, son compagnon à l&rsquo;époque, David Warlet, qui était donc au courant de la manipulation, a refait surface fort opportunément&#8230; Après sa condamnation en 1993, Warlet fit le tour de ses connaissances pour voir s&rsquo;il serait possible de l&rsquo;« arranger ». Qui est alors intervenu ?</p>
<h3>Un succès de librairie</h3>
<p>On le voit, Rossi a choisi de drôles d&rsquo;associés pour sa revue, puisque non seulement David Warlet était directeur de publication de <em>R&amp;A</em>, mais celui-ci était tapé, maquetté et domicilié à l&rsquo;adresse des Éditions Babylonia, Jardin Boieldieu à Puteaux (92).<br />
Si, dans un premier temps, l&rsquo;association a semblé fonctionner (un n°0 vendu au défilé du FN le 1er mai 1996, suivi d&rsquo;un n°1 la même année), les problèmes se sont rapidement accumulés. Surtout d&rsquo;ordre financier, ils sont dus au non-règlement de centaines d&rsquo;exemplaires des deux premiers numéros par des dépositaires ou à des commandes impayées, pour un total de plusieurs milliers de francs. La librairie l&rsquo;Æncre, en particulier, refuse de payer ses factures datant de novembre 1996. R&amp;A appelle alors au boycott de la librairie : peine perdue, car celle-ci ferme pour faillite, réouvrant ses portes en avril 1997 sous le nom de « Librairie Nationale », avec à sa tête un ancien du GUD, Gilles Soulas, reconverti dans le minitel rose 3615 FAF (authentique !) et adhérent du FN. L&rsquo;époque où R&amp;A saluait, dans son n°12, un des actionnaires et vendeur de l&rsquo;Æncre, Thierry Dreschmann, semble bien loin ! Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois qu&rsquo;on ne paye pas à Rossi et à ses copains des exemplaires du journal. Déjà, en 1994, Ayoub avait « oublié » de leur régler une centaine d&rsquo;exemplaires lors de la fermeture du Darklord. On ne peut décidément faire confiance à personne&#8230;</p>
<h3>Enflés par le FN et le GRECE</h3>
<p>Au cours de l&rsquo;été 1996, la direction du FNJ avait reçu trois représentants de <em>R&amp;A</em> afin de « normaliser et officialiser » leurs rapports, et «d&rsquo;éviter ainsi le “parasitage” de leurs réunions». La direction du FNJ avait alors assuré à l&rsquo;équipe de <em>R&amp;A</em> la mise à disposition d&rsquo;un espace pour les BBR 1996. Rossi et ses amis avaient donc investi dans la location d&rsquo;un stand et dans du matériel. Le jour de la fête, point de place, mais la DPS, qui les vira des BBR, avec pour seule explication le fait que « leur revue n&rsquo;était d&rsquo;aucun intérêt » et diffusait « une idéologie d&rsquo;un autre âge ».<br />
Même scénario au colloque du GRECE, où les organisateurs, après leur avoir promis un stand, leur ont refusé au dernier moment (idem pour la lettre d&rsquo;E. Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>).<br />
Seule l&rsquo;association de Pierre Vial, Terre et Peuple, a accueilli la revue lors d&rsquo;une conférence à Paris le 14 octobre 1996. Le Renouveau Étudiant les a également reçu lors de son congrès annuel à Poitiers, où deux représentants de <em>R&amp;A</em> sont intervenus à la tribune pour présenter leur publication et leurs objectifs. Dans la salle étaient présents Yvan Blot, Pierre Vial, mais aussi Bruno Mégret (il est vrai qu&rsquo;il adore la jeunesse&#8230;). Il semble clair que <em>Réfléchir &amp; Agir</em> s&rsquo;est trouvée mêlée aux luttes d&rsquo;influence qui secouent le FN. La revue le paye durement : le n°2 de la nouvelle série est en effet resté bloqué presque deux mois pour cause d&rsquo;incapacité financière.<br />
Par ailleurs, l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre <em>Tribune Juive</em> ajoute à ces difficultés financières des problèmes judiciaires. Sur commission rogatoire du juge Bruguière, la Section Anti-Terroriste (SAT) du Parquet de Paris interpelle Rossi, Warlet, Bashara et sa femme, et perquisitionne au siège des éditions Babylonia (saisissant des disquettes) ainsi qu&rsquo;à celui de la société ASHTAR Film, dirigée par Bashara. À l&rsquo;occasion de cette affaire, Rossi a eu la confirmation que la police intercepte (et ce depuis longtemps) le courrier envoyé aux différentes adresses de la revue (l&rsquo;ancienne adresse personnelle d&rsquo;Éric Rossi à Courbevoie, la BP 31 de Soisy-sur-Seine ainsi que l&rsquo;adresse de Babylonia à Puteaux).</p>
<h3>Le temps du bilan</h3>
<p>Au printemps 1998, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> vient de publier son numéro 4. Fragilisée par les importants problèmes financiers qu&rsquo;elle a connus, l&rsquo;équipe annonce qu&rsquo;elle a fait le ménage et tente de faire le bilan. C&rsquo;est surtout sur le plan politique que l&rsquo;échec se révèle patent. Sa stratégie de contacts étroits avec le Front national a en grande partie échoué ; il est clair que le parti de Jean-Marie Le Pen ne trouve aucun intérêt à satelliser cette revue et ce groupe trop indépendant idéologiquement et politiquement. L&rsquo;expansion du FN fait qu&rsquo;il est devenu aujourd&rsquo;hui hégémonique, ne laissant guère de place aux autres mouvements, et encore moins aux groupuscules. Gardant intacte toute leur arrogance, les animateurs de la revue essaient de faire croire à leur anticonformisme, multiplient les perspectives d&rsquo;action (pseudo-infiltrations en particulier) et tressent dans le même temps une couronne de lauriers au père de l&rsquo;apartheid sud-africain et à son système ultra-répressif. <em>Réfléchir &amp; Agir</em> a finalement un mérite : elle prouve par les faits que le naturel réactionnaire revient toujours au galop chez ceux qui prétendent s&rsquo;en détacher.<br />
Nous n&rsquo;avons définitivement pas la même définition de l&rsquo;anticonformisme que tous ces petits messieurs&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_83" class="footnote">On peut lire dans l&rsquo;édito du numéro 11 : «<em>aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment à d&rsquo;anciens skinheads ayant pu décrocher d&rsquo;un milieu peu prolifique</em> (sic), <em>notre bulletin refuse d&rsquo;être assimilé à ce type d&rsquo;individus, lâches, abrutis, faibles et sans personnalité. Au risque de déplaire, il préfère condamner pour s&rsquo;en démarquer définitivement</em>.»</li><li id="footnote_1_83" class="footnote">L&rsquo;Œuvre française s&rsquo;est ainsi fait une spécialité de la mise en fiches, régulièrement réactualisées : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la Fédération des Étudiants Nationalistes de Nice dans les années 1960.</li><li id="footnote_2_83" class="footnote">f. <em>REFLEXes</em> n°41, «La vie de château de l&rsquo;extrême droite», p.8</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
