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	<title>REFLEXes &#187; Marseille</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Philippe Vardon au Rassemblement Bleu Marine, retour sur un naufrage annoncé</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Nov 2013 15:45:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Rassemblement Bleu Marine (RBM), nous avait promis Marine Le Pen, devait attirer des personnalités de tout bord, et donner un nouvel élan dans la dédiabolisation de l’image du Front National. Résultat, après plusieurs mois d’existence, on se retrouve avec le chansonnier Jean Roucas, Philippe Vardon qui a adhéré en douce, ainsi que quelques passagers [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Rassemblement Bleu Marine (RBM), nous avait promis Marine Le Pen, devait attirer des personnalités de tout bord, et donner un nouvel élan dans la dédiabolisation de l’image du Front National. Résultat, après plusieurs mois d’existence, on se retrouve avec le chansonnier Jean Roucas, Philippe Vardon qui a adhéré en douce, ainsi que quelques passagers clandestins comme on le verra plus tard. Autant dire que le butin est maigre.</strong></p>
<p>On ne saura sans doute jamais ce qui est passé par la tête de Philippe Vardon dans cette histoire. Coup de bluff ou coup de folie, toujours est-il que le responsable des Identitaires n’aura pas profité longtemps de son coup médiatique. Et ce n’est pas son tweets du 5 novembre concernant la réception du chèque de remboursement de sa vraie-fausse adhésion au RBM qui va changer la donne.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/vardon_reboursement-820e5.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1791" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/vardon_reboursement-820e5.jpg" alt="vardon_reboursement-820e5" width="502" height="240" /></a></p>
<p>Cette histoire nous donne néanmoins quelques informations intéressantes sur la santé des Identitaires et de leurs chefs. Vardon semble avoir tiré un trait concernant le potentiel des Identitaires. Après plus de 10 ans passés à la tête de la formation, il en a fait le bilan, comme il l’avait annoncé au début de l’histoire des Identitaires. Si le mouvement ne réussissait pas à dépasser sa condition groupusculaire, il en tirerait toutes les conséquences et il irait voir ailleurs. Ce qu’il a tenté de faire bien maladroitement. Depuis la tentative ratée de présenter un candidat aux présidentielles de 2012, plus rien ne marche chez les zids. Ils se font piquer leurs idées et leur rhétorique sur la laïcité par Marine Le Pen. Leurs groupes locaux se cassent la gueule (on pense en particulier à Paris avec la perte de leur local) et les derniers coups d’éclat médiatiques (Poitiers et l’occupation du siège du PS) leur rapportent surtout des emmerdes. Si on rajoute à ça la campagne Génération Identitaire qui ne parvient pas à décoller, surtout si on la compare à la précédente <strong>&laquo;&nbsp;<a href="http://reflexes.samizdat.net/une-autre-jeunesse/">Une Autre Jeunesse</a>&laquo;&nbsp;</strong>, et que d’autre part des cadres soient partis avec le clan Roudier pour fonder le Réseau-Identité, il ne reste plus grand chose.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1792" style="width: 778px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/IMG_6550.jpg"><img class="size-full wp-image-1792" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/IMG_6550.jpg" alt="Vardon à l'université d'été du Front National à Marseille en 2013" width="768" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Vardon à l&rsquo;université d&rsquo;été du Front National à Marseille en 2013</p></div>
<p>Il est quand même naïf de la part de Vardon de penser que les cadres frontistes le laisseraient adhérer à l’une de leur structure, surtout si il n’avait négocié aucun contact avec les dirigeants du FN (au contraire de ce qu’avait fait Unité Radicale avec le MNR de Mégret en multipliant au moins par 10 ses effectifs d’après Eddy Marsan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/philippe-vardon-au-rassemblement-bleu-marine-retour-sur-un-naufrage-annonce/#footnote_0_504" id="identifier_0_504" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien Secr&eacute;taire D&eacute;partemental du FNJ du Lot et Garonne, puis responsable du FN et t&ecirc;te de liste pour les r&eacute;gionales en 1992. En 1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement l&rsquo;Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR sur une ligne &laquo; identitaire europ&eacute;enne sans ambigu&iuml;t&eacute; &raquo; pr&ocirc;nant un &laquo; discours radical &raquo;. Il publie alors son bulletin La Lettre de L&rsquo;Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il est exclu du MNR et rejoint Unit&eacute; Radicale. A la dissolution d&rsquo;UR, il se rapproche de l&rsquo;&eacute;quipe de Militant et profite de son bulletin, transform&eacute; en Lettre d&rsquo;Eddy Marsan, diffus&eacute; et financ&eacute; gr&acirc;ce aux cr&eacute;dits qui lui sont allou&eacute;s en tant que Conseiller R&eacute;gional, pour r&eacute;gler ses comptes avec les diff&eacute;rentes tendances et personnalit&eacute;s de la sc&egrave;ne nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques &laquo; cassages de gueules &raquo; lors de r&eacute;unions unitaires, comme lors de la journ&eacute;e de l&rsquo;Identit&eacute; &agrave; Paris en 2003 ! Il semble qu&rsquo;Eddy Marsan ait disparu des rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son go&ucirc;t immod&eacute;r&eacute; pour la f&ecirc;te et la vie nocturne">1</a></sup>. Il est beaucoup trop marqué pour le FN version Marine, et bien plus utile à l’extérieur du FN, en incarnant une extrême droite en apparence plus radicale que le Front National pour les médias.</p>
<p>La carrière de Philipe Vardon, dans les rangs de la mouvance nationaliste-révolutionnaire, commence dans la seconde partie des années 90. Membre un temps du FNJ, il rejoint le GUD et UR. Il devient le chanteur de Fraction (anciennement <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/">Fraction Hexagone</a></strong>) en 1999 sur l’album « Le son d’histoire ». Fraction, après s’être débarrassé du mot Hexagone, <strong><a href="http://www.liberation.fr/culture/1996/12/07/l-observatoire-de-l-extremisme-denonce-fraction-hexagone_191686" target="_blank">suite à l’affaire « une balle »</a></strong>, jouera sous de nombreux noms comme Moloko Velocet, ou bien encore sous le nom Action, pour la compilation hommage à Légion 88, avec le morceau Légion Blanche (mais en version ska !). Il faut dire qu’entre le groupe, les paroles de la chanson, les autres groupes, rendre hommage au groupe phare de la scène RAC françaises des années 80 qui œuvrait alors dans la scène RIF, ça faisait un peu tache.</p>
<p><strong>VARDON ET LA SCENE BLOOD &amp; HONOR</strong></p>
<p>Ce passé, certains dans le milieu nationaliste, ne l’ont pas oublié et se sont fait un plaisir de ressortir de vieux dossiers, qui comme c’est souvent le cas (souvenez-vous de l’affaire Gabriac) se sont retrouvés très rapidement dans les rédactions françaises. On a ainsi vu resurgir une vieille vidéo, tirée d&rsquo;un documentaire diffusé sur ARTE il y a quelques années où l&rsquo;on peut voir et entendre le jeune Vardon reprendre en chœur une chanson du groupe Evil Skin, la Zyklon Army, devant une forêt de bras tendus.Une vidéo qui avait déjà été postée par l’ Œuvre Française, l&rsquo;ennemi juré des identitaires, il y a 2 ans sur un site très proche du mouvement. Vardon s&rsquo;est bien évidemment empressé de porter plainte contre le journal arguant pour sa défense qu&rsquo;à l&rsquo;époque il n&rsquo;avait que 15 ans.</p>
<p>Si effectivement Vardon a débuté très jeune dans la mouvance skinhead nazie, il l&rsquo;a fréquentée, comme son camarade Robert, très longtemps et ceci jusqu&rsquo;à un passé très récent. Les deux hommes avaient alors choisi leur camp, celui de Blood &amp; Honour (dirigé par Greg Reemers), alors ennemis avec les Charlemagne Hammerskins d’Hervé Guttuso, qui n’aimaient pas grand monde il faut bien le dire.<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/philippe-vardon-au-rassemblement-bleu-marine-retour-sur-un-naufrage-annonce/#footnote_1_504" id="identifier_1_504" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour ceux et celles qui voudraient se rappeler cette folle &eacute;poque, nous vous invitons &agrave; consulter les articles publi&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;poque dans la version papier de REFLEXes,&nbsp;1,&nbsp;2, 3, 4">2</a></sup></p>
<p>Dans les années 2000, plusieurs groupes vont successivement revendiquer l’étiquette Blood &amp; Honour (que ce soit au niveau national ou régional) sans forcément avoir l’aval des Anglais. L’une de ces sections les plus dynamiques, était la section B&amp;H Midgard, dont les liens avec Vardon et Robert sont très sérieux. Le groupe de Montpellier DSH (Division Skinhead ou Division Sang &amp; Honneur, c’est selon), dont les membres appartiennent à Midgard, ont joué en 2002 ensemble, et le B&amp;H Midgard a participé au SO du concert de Fraction à Nice pour le 1er mai 2004.</p>
<p>Le fanzine de B&amp;H Midgard, Signal 28, de son côté parlait très positivement des Identitaires, comme dans son numéro 1 : « … il faut refaire les liens entre les partis dit nationalistes et nous. Il faut rassembler les gens de mêmes idées et éviter de trop vite juger sur l&rsquo;apparence … nous devons donc diffuser la propagande des partis officiels comme entre autres le BI et les JI qui sont surement aujourd&rsquo;hui les plus sérieuses et les plus militantes organisations au niveau national, composées de cadres politiques de valeur ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/signal_28_1_article.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1793" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/signal_28_1_article.jpg" alt="signal_28_1_article" width="590" height="808" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/signal_28_1_article_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1794" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/signal_28_1_article_2.jpg" alt="signal_28_1_article_2" width="608" height="788" /></a></p>
<p>Lors de la date aixoise de la tournée européenne de Fraction en juillet 2007, on retrouve des membres de B&amp;H Midgard dans le SO du concert comme on peut le lire dans le compte rendu de celui-ci dans le numéro 3 de Signal 28.</p>
<p>En octobre 2007, ils organisent leur 2ème festival dans la région de Montpellier après celui de 2005. Dans la salle on peut y croiser des &laquo;&nbsp;figures connues de la scène&nbsp;&raquo;, en l&rsquo;occurrence Philippe Vardon, qui ce soir là avait fait faux bond à la section des JI de Marseille. Ces derniers avaient décidé d&rsquo;organiser une distribution de soupe au cochon pour leur première apparition publique. Mais lâché par leur chef, et devant la mobilisation des antifas ce soir là, leur action sera annulée et se terminera pour certains le lendemain à l’hôpital, suite à un tractage avorté.</p>
<p>Les mauvaises langues expliqueront que, au-delà de l’amour de Vardon pour la grande musique du type RAC, sa présence s’expliquait également commercialement. Il venait en effet d’ouvrir sa boutique de fringue à Nice, The Firm « casual shop », spécialisée dans les « marques anglaises ». Autant dire que le public du festival RAC était l’occasion de se faire connaître et de faire marcher les affaires.<br />
Juin 2009 B&amp;H Midgard annonce un nouveau concert dans le sud. Curieusement sur le flyers un petit pictogramme indique qu&rsquo;il sera interdit de prendre des photos alors que généralement ce n&rsquo;est pas le cas. A l&rsquo;affiche : les lyonnais de Frakass, les locaux de Haïs &amp; Fiers (groupe de la région aixoise) et un groupe inconnu, originaire de Nice, répondant au doux nom de NRHC. Dans l’unique interview donnée par ce groupe on apprend que le nom à l’origine « … signifiait Nationaliste Révolutionnaire Hard Core, puis c&rsquo;est devenu Nice et sa Région Hard Core pour enfin Nissa Rebelle Hard Core ». Derrière ces explications un peu alambiquées, tout le monde aura reconnu Philippe Vardon et le groupe Fraction.</p>
<p>Le concert aura lieu dans un petit village du nom de Peyrolles, tout à côté d&rsquo;Aix en Provence. Malgré les consignes de sécurité, on pouvait déjà en lire le compte rendu sur un site aujourd&rsquo;hui disparu &laquo;&nbsp;les compagnons du Pain D&rsquo;épice&nbsp;&raquo;, animé par 2 figures de la scène skin des années 80, Olivier Moulin, devenu tatoueur à Saint Peray (Tatoo et traditions) et Philoi que l&rsquo;on peut aussi admirer dans le film produit par <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/">Batskin</a></strong> &laquo;&nbsp;Sur les pavés&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le public à ce concert est un curieux mélange de militants identitaires (principalement d’Aix en Provence et Nice) et de skins fafs. On notera également plusieurs stands dans la salle d’association de la galaxie identitaire comme le CEPE, tenu par <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/pierre-cassen-et-riposte-laique-on-tour/">Richard Roudier</a></strong> en personne ce jour-là. Le 1er groupe à jouer sera Hais et fiers, suivit de Frakass qui se voit rejoindre sur scène par Pascal, alias « Le Squale » le 1er chanteur de Fraction Hexagone. Il enflammera la sale avec une reprise de Légion 88, qui provoquera une épidémie de crampes du bras droit dans le public.</p>
<p>Entre-temps une voiture de gendarmerie arrive devant la salle, visiblement alertée par les voisins à cause du bruit, provoquant une certaine panique dans les rangs des JI. Certains d&rsquo;entre eux iront jusqu&rsquo;à se cacher dans les fourrés environnant jusqu&rsquo;au départ de la maréchaussée.</p>
<p>Pendant ce temps le père Roudier est monté sur scène et en appellera à la solidarité avec les prisonniers politiques avant que Fraction ne clôt le concert avec une nouvelle apparition du Squale sur scène pour reprendre les &laquo;&nbsp;tubes&nbsp;&raquo; de la grande époque.Le quotidien La Provence dans un article, publiera alors un très long article sur la mouvance néo-nazie en Provence ainsi qu’à cette mémorable soirée. On y apprendra que la salle était en autre décorée d&rsquo;un drapeau à croix gammée et que sur les stands on trouvait de nombreuses revues négationnistes et antisémites.</p>
<p>On comprend mieux alors pourquoi les appareils photos étaient bannis car 4 mois plus tard en octobre 2009 Fabrice Robert et Philippe Vardon nous jouaient un air totalement différent. Ils annonçaient la transformation du Bloc Identitaire en parti politique, amorçant là un grand virage idéologique et stratégique en déclarant &laquo;&nbsp;Nous ne sommes pas des nationalistes&#8230; le nationalisme a été un drame pour l&rsquo;Europe. Nous, nous sommes populistes. Ce que nous reproche l&rsquo;extrême-droite c&rsquo;est d&rsquo;avoir rompu avec l&rsquo;antisémitisme et l&rsquo;antisionisme&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Richard Roudier de son côté, pourtant lui aussi présent au concert de Peyrolles, affirmait au même meeting que &laquo;&nbsp;le FN a déshonoré la notion &laquo;&nbsp;d&rsquo;identité &laquo;&nbsp;par les déclarations de JM LE PEN sur les chambres à gaz. Il en profitait pour condamner, au nom du BI, la célèbre phrase du « détail » de Le Pen.</p>
<p>A partir de cette date, Vardon va devenir de plus en plus prudent prenant soin de ne plus trop s’exposer officiellement avec les milieux skins nazis. Pourtant ses liens continuent d’exister, comme avec Alex Garcia, dernier guitariste de Fraction à l’origine de la création des Jeunesses Identitaire dont il était le trésorier. Les JI étant domiciliées à une époque à son adresse perso. Fin octobre 2010, Alex était encore présent sur scène, cette fois avec <strong><a href="http://lahorde.samizdat.net/2013/05/14/un-meeting-neonazi-europeen-dans-le-sud-de-la-france/" target="_blank">Frakass</a></strong> pour le concert organisé par B&amp;H Midgard près de Montpellier.</p>
<p>Dans la série bonnes relations entre Vardon, les Identitaires et la scène skin néo-nazie n’oublions pas Mickaël Moustier, un ancien des JI (quelle zone ?), chanteur de Hais et Fiers et et de Time Bomb dont le guitariste n&rsquo;est autre que &#8230;. Alex Garcia. Que le monde est petit !</p>
<p>Pour mémoire, le label Alternative-s, descendant direct du label <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/">Bleu Blanc Rock</a></strong> de l’époque d’Unité Radicale, fondé par Fabrice Robert avait produit l’un des albums de Hais et Fiers.</p>
<p><strong>Pierre-Louis Mériguet tape l’incruste au RBM</strong></p>
<p>Dans la famille ancien skin-néonazi tentant de se faire oublier et de la jouer petit notable de province, n’oublions pas Pierre-Louis Mériguet. Profitant de la couverture médiatique concernant la courte adhésion de Vardon au Rassemblement Bleu Marine, Pierre-Louis Mériguet, chef de Vox Populi sur Tours, a officialisé la sienne en toute tranquillité.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/Pierre-Louis_Meriguet.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1795" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/Pierre-Louis_Meriguet-749x1024.jpg" alt="Pierre-Louis_Meriguet" width="474" height="648" /></a></p>
<p>Moins médiatisé que l’ancien chef d’Unité Radicale, ce monsieur gagne à être connu. Chef du groupuscule local d’extrême droite sur Tours, Vox Populi. Pierre-Louis a un sacré pédigrée.</p>
<p>Il commence à militer sur Châteauroux dans la Ligue National-Catholique et les Loups du Berry. Il quitte la ville en 2003 pour des raisons judicaires et s’installe sur Tours. Pour plus de détails sur cette période, nous renvoyons sur <strong><a href="http://fafwatchra.noblogs.org/files/2012/06/Vox-Populi.pdf" target="_blank">le dossier réalisé par des militants antifascistes de Tours</a>. </strong></p>
<p>Ancien de la mouvance skinhead NS (comme Philippe Vardon et Fabrice Robert), il a également été l’un des activistes de la scène RIF (Rock Identitaire Français) avec le groupe <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-5/">Insurrection</a></strong>. Groupe qui il faut le dire faisait un peu tache dans la scène RIF qui voulait se la jouer présentable. Le groupe tient plus du groupe RAC que du groupe pop. Sous le nom de scène de « Lapin » il officie au chant et à la guitare. Insurrection a été fondé en 1998, à Châteauroux, par des membres du FNJ, sous la houlette de <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/tiiiiiimber/">Paul Thore</a></strong> (le bûcheron sur les albums d’Insurrection, chargé des paroles et du management).</p>
<p>Malgré le nom du manager, le groupe est sur une ligne national-catholique. La première démo a pour titre Honneur et Fidélité (petite référence à la devise SS), et rend hommage au néo-nazi Michel Layoye et au négationniste Vincent Reynouard. Parmi les titres présents sur cette démo on trouve la reprise de « Maréchal nous voilà » ou un morceau sur le « <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a></strong> », puis l’album Honneur et Fidélité, Radicalcore, sorti chez <strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/petites-soeurs-du-fnj/">Patriote Production</a></strong>, le label du Renouveau Français et Ne plus subir. Le groupe jouera à de nombreuses reprises avec des groupes RAC (voir lien sur rock haine roll). Insurrection était également présent sur la compilation hommage à Légion 88 (tribute do légion 88, sorti chez streetfighting production, le dernier disque puisqu’il arrêtera avec ce disque. Le nom du label n’apparaît pas, on aperçoit juste le logo). Un disque sorti avec l’autorisation du groupe. Insurrection, sans grande surprise y reprend l’un des tubes de Légion 88 Terroristes (aux paroles explicites Terroristes à mort, Immigrés Dehors) un titre qui n’est pas sans rappeler un morceau du groupe de Pierre-Louis, « Invasion », avec ce refrain « Immigrés dehors ».</p>
<div id="attachment_1796" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/convention_identitaire_orange_2011.jpg"><img class="size-full wp-image-1796" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/convention_identitaire_orange_2011.jpg" alt="Pierre-Louis à la convention identitaire d’Orange en 2011" width="960" height="642" /></a><p class="wp-caption-text">Pierre-Louis à la convention identitaire d’Orange en 2011</p></div>
<p>On pourrait parler d’erreur de jeunesse, sauf que Pierre-Louis continue de tourner avec Insurrection. Il a joué en particulier au Local, le bar associatif de Serge Batskin Ayoub, comme on peut le voir sur la photo prise par « un fan », en compagnie de Paul Thor.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/concert-insu_2009.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-1797" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/concert-insu_2009.png" alt="concert-insu_2009" width="580" height="387" /></a></p>
<div id="attachment_1798" style="width: 410px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/concert_inssurection_avec_pierre_louis_et_paul_emmanuel_thor_en_2009-724e2.jpg"><img class="size-full wp-image-1798" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/concert_inssurection_avec_pierre_louis_et_paul_emmanuel_thor_en_2009-724e2.jpg" alt="Pierre-Louis &quot;Lapin&quot; à gauche et Paul Thore à droite" width="400" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Pierre-Louis &laquo;&nbsp;Lapin&nbsp;&raquo; à gauche et Paul Thore à droite</p></div>
<p>D’un côté il y a donc le Pierre-Louis de Vox Populi, <strong>tentant de nous la jouer cadre identitaire respectable, lorgnant vers un peu plus <a href="http://lahorde.samizdat.net/2013/11/09/tours-grattez-le-bleu-marine-vous-trouverez-toujours-le-brun/" target="_blank">d’embourgeoisement</a></strong>, en rejoignant le RBM, et de l’autre « Lapin », qui hante les lieux de l’extrême droite radicale avec son groupe de RIC ou de RAC, selon ses préférences. Lapin joue à l’occasion avec Philippe Vardon en concert acoustique ou dans des RAC. Quel dommage que Vardon ait été viré du RBM. Avec Pierre-Louis, ils auraient pu animer les fins de soirées des conventions FN, ça aurait été plus rock ‘n’roll que les Forbans …</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/confberry-philippe-vardon.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1800" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/confberry-philippe-vardon-723x1024.jpg" alt="confberry-philippe-vardon" width="474" height="671" /></a></p>
<div id="attachment_1799" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/ConcertMeriguet-vardon.jpg"><img class="size-full wp-image-1799" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/11/ConcertMeriguet-vardon.jpg" alt="Pierre-Louis et Vardon en concert" width="960" height="720" /></a><p class="wp-caption-text">Pierre-Louis et Vardon en concert</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_504" class="footnote">Ancien Secrétaire Départemental du FNJ du Lot et Garonne, puis responsable du FN et tête de liste pour les régionales en 1992. En 1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement l’Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR sur une ligne « identitaire européenne sans ambiguïté » prônant un « discours radical ». Il publie alors son bulletin La Lettre de L’Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il est exclu du MNR et rejoint Unité Radicale. A la dissolution d’UR, il se rapproche de l’équipe de Militant et profite de son bulletin, transformé en Lettre d’Eddy Marsan, diffusé et financé grâce aux crédits qui lui sont alloués en tant que Conseiller Régional, pour régler ses comptes avec les différentes tendances et personnalités de la scène nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques « cassages de gueules » lors de réunions unitaires, comme lors de la journée de l’Identité à Paris en 2003 ! Il semble qu’Eddy Marsan ait disparu des rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son goût immodéré pour la fête et la vie nocturne</li><li id="footnote_1_504" class="footnote">Pour ceux et celles qui voudraient se rappeler cette folle époque, nous vous invitons à consulter les articles publiés à l&rsquo;époque dans la version papier de <em>REFLEXes</em>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">1</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/zik-zina-quand-la-musique-fait-boum/">2</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/et-maintenant-que-vont-ils-faire/">3</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/">4</a></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Une</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Mar 2009 00:08:51 +0000</pubDate>
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		<title>Analyse électorale : Élections présidentielles, causes &amp; conséquences</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:42:06 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Simonpieri]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
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		<description><![CDATA[Après le temps de l’émotion et de la mobilisation est venu celui de la réflexion, de l’analyse lucide sur ce qui s’est produit dans la semaine du 21 avril au 5 mai. Y a-t-il eu véritablement la possibilité d’une prise de pouvoir par l’extrême droite ? Je ne le pense pas. Tout comme quelques semaines auparavant, ils nous vendaient de «l’insécurité» dans tous les journaux et sur toutes les chaînes de télévision, les médias ont donné le ton, orchestré la musique et composé les paroles de la mélodie «antifasciste». La réalité des chiffres est tout autre. Ces derniers doivent être observés à deux niveaux : sur le plan national et sur le plan local. Tel est l’objet de cet article.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après le temps de l’émotion et de la mobilisation est venu celui de la réflexion, de l’analyse lucide sur ce qui s’est produit dans la semaine du 21 avril au 5 mai. Y a-t-il eu véritablement la possibilité d’une prise de pouvoir par l’extrême droite ? Je ne le pense pas. Tout comme quelques semaines auparavant, ils nous vendaient de «l’insécurité» dans tous les journaux et sur toutes les chaînes de télévision, les médias ont donné le ton, orchestré la musique et composé les paroles de la mélodie «antifasciste». La réalité des chiffres est tout autre. Ces derniers doivent être observés à deux niveaux : sur le plan national et sur le plan local. Tel est l’objet de cet article.</strong></p>
<p>Si l’on tient compte du chiffre des inscrits et non plus des votants, le score du FN au niveau national ne représente plus que 12,5% et quant au nombre d’électeurs, s’il se monte à un peu moins de 6 millions (5,8), il n’est supérieur que de 400 000 voix au score de Le Pen en 1995. En fait, l’irruption du FN au deuxième tour est une avancée par défaut, car elle n’est due qu’au recul important des votes pour les deux principaux candidats, les mêmes qu’en 1995. Cette avancée est surtout le fait de l’abstention (30%). Si l’on regarde cette fois au niveau local, Marseille et Nice, et au niveau régional (Bouches du Rhône, Alpes Maritimes), on fait le même constat. Il n’y a donc pas eu une avancée en terme quantitatif du FN, mais plutôt en terme qualitatif. Mais quelles sont les causes qui sont à l’origine de sa présence au deuxième tour de la présidentielle ?</p>
<p><strong>L’implosion de la gauche</strong></p>
<p>En 1997, la gauche pas encore plurielle a gagné les élections législatives, suite à une erreur de Chirac, sur des illusions, celles qui consistaient à croire qu’il s’agissait d’un vote d’adhésion à la suite du mouvement de l’hiver 1995, alors que cette victoire n’était la conséquence que des 70 triangulaires entre le PS, le RPR et le FN. Et sur des promesses qu’ils s’empressèrent de trabir, une fois arrivés au pouvoir.</p>
<p>Car il y a longtemps que cette gauche dite moderne s’est convertie au pragmatisme économique et libéral. D’entrée de jeu, Jospin avait annoncé la couleur: «Ce n’est pas par la loi, ce n’est pas par des textes, ce n’est pas par l’administratif qu’on va réguler l’économie aujourd’hui.» Cette gauche-là, au pouvoir en France ainsi que dans d’autres pays d’Europe (en Angleterre avec Blair et en Italie avec Berlusconi), ne fait plus peur aux détenteurs de richesses, et pour cause, en France. Le néolibéralisme est arrivé déguisé en socialiste. Les marchés financiers préfèrent la gestion de la gauche plus efficace pour appliquer l’économie financiarisée et désamorcer les contre-feux qui s’allument ça et là. La liste des reniements de cette gauche-là est longue: les sans papiers ne furent pas régularisés, les lois Pasqua-Pandraud furent renforcées par Chevènement, la privatisation des services publics largement entamée, les contrôles administratifs de licenciement jamais rétablis, le traité d’Amsterdam signé, Vilworde fermé, etc.</p>
<p>Quant au PCF, que Jospin prit dans son gouvernement pluriel, et dont le rôle consistait à servir de caution sociale à la politique menée, on assista à sa disparition, jour après jour, élections après élections, soutenant sans jamais faillir toutes les sociales libéralités concédées par Jospin. Les communistes se sont couchés à l’assemblée, participant sans broncher à un gouvernement social-conservateur, sans même plus se donner la peine de froncer les sourcils. C’est Robert Hue expliquant dans une lettre du 25 janvier 2001 aux syndicats qu’il n’est plus question de «contraindre les entreprises en administrant l’économie [et] pas davantage d’en revenir à des dispositions du type autorisation administrative de licenciement.» Au fur et à mesure de la législature, le PCF s’est de plus en plus posé le problème de sa propre existence, soit dans le compromis politicien, soit en s’achetant une honorabilité de gestionnaire (Gayssot meilleur ministre, disait Jospin), soit dans le mouvement social en oubliant son racisme anti-gauchiste, il découvrait là les énergies militantes qui lui manquaient parfois. Maintenu en survie artificielle par le PS, le PCF est mort le dimanche 21 avril 2002. Son électorat s’est dispersé, entre FN, abstentions et extrême gauche. Ainsi, la gauche «historique», «les deux tendances majeures du mouvement ouvrier» sont l’une (le PCF) en voie de liquidation, et l’autre (le PS), devenu libéral.</p>
<p><strong>La «fracture sociale»</strong></p>
<p>Oubliée par celui qui en avait fait son thème de campagne en 1995, la gauche plurielle lui a opposé son bilan positif: les 35 heures, la baisse du chômage, une réalité statistique qui ne rendait compte en fait que d’une vérité virtuelle. Bien peu de médias ont consacré des articles, en revanche, au bilan publié par l’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion ainsi qu’aux interventions du collectif Alerte, trop occupés qu’ils étaient à surenchérir sur la vague sécuritaire. «L’amélioration très sensible de la conjoncture économique et la situation de l’emploi» ne s’est pas traduite pour les pauvres, par une «inversion de tendance perceptible durant les années 1977-2000», notait l’Observatoire qui dénombrait 1,7 millions de ménages représentant 4,5 millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté. Quant à la baisse du chômage, «on sait que dans les 900 000 emplois créés ces dernières années, il y a beaucoup de temps partiels contraints, de CDD, d’Intérim.</p>
<p>Aujourd’hui, on peut avoir un travail et être pauvre», soulignait ainsi le président d’Emmaüs. Car la contrepartie de cette «baisse» du chômage, c’est l’explosion de la précarité. Si entre 1990 et 2000, les CDI ont augmenté de 2%, les CDD l’ont été de 60%, et l’effectif des intérimaires de 130%. La multiplication de ces emplois précaires est telle que plus de 4 millions de personnes ont aujourd’hui un salaire inférieur au SMIC. À ceux-ci, il faut ajouter les retraités qui survivent avec 3500 francs de minimum vieillesse, les agriculteurs endettés (60% gagnent moins que le SMIC), les jeunes de moins de 25 ans qui ne peuvent avoir accès au RMI.</p>
<p>Quant aux ministres socialistes de l’emploi, ils sont passés maîtres dans le traitement statistique du chômage, initié par leurs prédécesseurs de droite. En 2000, l’ANPE a opéré 231 000 radiations administratives. Et, il y a peu, un décret a changé les règles pour les demandeurs d’emploi de plus de 55 ans: ils sont dorénavant dispensés de rechercher un nouvel employeur. Résultat: 88 000 chômeurs ont disparu des statistiques. Et la fameuse politique en direction des quartiers de relégation sociale, dite de la ville ? En 1990, dans la population des 18-25 ans habitant dans ces cités et autres banlieues, on trouvait 28% de chômeurs et 13% de précaires. En 2000, soit après trois ans de croissance, ces chiffres avaient atteint respectivement 40% et 20%. Quant au bilan social de la «gauche plurielle», il sera scandé par les salariés de Danone, Michelin, Bata, Lu, AOM Liberté, Moulinex, Marks et Spencer, Cellatex, Rewel, etc.</p>
<p>La «gauche» a abandonné ceux qui constituaient les rangs de ces électeurs habituels. En 1998, elle refuse d’augmenter les minima sociaux tandis qu’en 2000, elle baisse les impôts sur les hauts revenus. Cambadélis déclare à des responsables de AC! lors d’une rencontre: «On ne peut pas faire de la lutte contre la misère un programme de gouvernement.» Dorénavant, la gauche s’adresse à une autre classe sociale qu’à la classe ouvrière: «Prolétaire, ça veut dire quoi ? Ça n’est pas quelqu’un qui n’a que ses chaînes à perdre, comme on disait. Ce sont des tas de gens, comme vous, comme moi, qui avons hérité une culture, une éducation, parfois un tout petit peu d’argent, un peu plus, un appartement&#8230; Eh bien ce groupe central, c’est la population à laquelle les socialistes doivent s’adresser.»</p>
<p>Résultat : 3,6% des chômeurs ont voté pour Le Pen-Mégret, et 28% des ouvriers. Le Pen est en tête avec 17% chez les jeunes de 18-24 ans et chez les intérimaires, ainsi que chez les employés avec 23%.</p>
<p><strong>La thématique sécuritaire</strong></p>
<p>La droite, qui s’est toujours servie de ce thème a fait mine de se préoccuper des conditions de vie quotidienne des citoyens, des «vrais gens» dont on est si loin en dehors des périodes électorales. Ce qui est nouveau sans doute, c’est que la gauche s’empare elle aussi de ce thème pour combler le vide sidéral de son programme même plus «socialiste»: Loi sur la Sécurité Quotidienne (LSQ) promulguée pour faire face à la double «menace» de l’insécurité et du terrorisme international grossièrement amalgamés, rapport du sénateur Dray, passé du communisme révolutionnaire à auxiliaire de police… En ce domaine comme dans tant d’autres, les sociaux-libéraux renoncent, reculent, trahissent, font leurs les analyses des pires réactionnaires (les Laurel et Hardy de l’insécurité, Raufer et Bauer), sacrifient au culte de statistiques truquées ou peu fiables (voir Stop quelle violence !).</p>
<p>Et de promettre plus de police, plus de prisons, de maisons de correction d’un nouveau genre pour y enfermer les «sauvageons».</p>
<p><strong>La normalisation du FN et de son leader</strong></p>
<p>La campagne électorale de la droite et de la gauche surfant sur le consensus sécuritaire a fini de préparer le terrain au FN, au point que Le Pen déclare: «Tout le monde parle comme moi, je me suis normalisé.» En se présentant dans son meilleur rôle, celui de la victime lors de l’affaire des 500 signatures, il finit même par se voir octroyer un brevet de Démocratie par la droite (Sarkozy) et la gauche (Mamère, Jospin) réunies, finissant ainsi de dédiaboliser le vote FN, en en faisant un vote comme les autres. Dès lors, ce qui est arrivé dimanche 21 avril était prévisible.</p>
<p>Le Pen est arrivé en tête dans 9 régions sur 21 : Alsace, PACA, Languedoc-Roussillon, Lorraine, Champagne-Ardennes, Picardie, Franche-Comté, Rhône et dans le bastion historique de la gauche qu’était le Nord-Pas de Calais. Il recueille plus de 20% des voix dans 25 départements. Aujourd’hui, tout le monde reconnaît que le vote Le Pen est un vote politique, un vote d’adhésion. En cela, les élections municipales ont préfiguré cette élection présidentielle : voir Vitrolles, Marignane et Orange. Il semble cependant que l’on assiste à une double mutation du vote FN, de ses bases sociales et de son implantation. Au noyau historique des artisans et des commerçants sur lequel a longtemps reposé l’extrême droite de filiation poujadiste, s’est ajouté dans les années 1990, un électorat urbain, jeune et populaire, souvent puisé dans le vivier traditionnel de la gauche. Le FN, ce n’est pas nouveau, mais ces élections le confirment, est le premier parti des chômeurs et des ouvriers. C’est vrai à Marseille, où les quartiers les plus prompts à voter FN sont ceux au Nord et au Centre Nord où se concentre la misère sociale. C’est vrai aussi dans les communes voisines au passé ouvrier, industriel ou minier, longtemps tenues et parfois encore, par le PCF : Martigues, où le FN arrive en tête sur tous les bureaux, Gardanne et les bourgades du bassin minier, Aubagne et les communes proches du Garlabon. Partout, et quelle que soit l’élection de référence, le FN y progresse ; partout, il y est placé en tête aujourd’hui. Ce qui en revanche semble plus nouveau, c’est le ralliement des classes moyennes dans les petites communes résidentielles, à l’écart des franges paupérisées des agglomérations urbaines, qui accueillent en majorité des populations aisées, peu exposées aux risques sociaux. Il y a aujourd’hui un Le Pen des villes et un Le Pen des champs.</p>
<p>Ce vote se veut à la fois révolutionnaire et réactionnaire, voulant renverser le système et se replier. Il est devenu interclassiste, sans doute aussi grâce à Chevènement et son pôle républicain qui ont conforté l’idée du «Ni droite, ni gauche», qui n’est en fait qu’une remise au goût du jour des thèses de Jacques Doriot, ancien du PCF passé à la Collaboration. Cette analyse effectuée d’un point de vue national, est aussi valable sur le plan local : à Marseille, Le Pen arrive en tête comme en 1988 et en 1995. Mais au niveau des voix, il n’atteint pas son score record de 102 541 suffrages obtenus au premier tour de l’élection présidentielle de 1988. En additionnant son score à celui de Mégret, il retrouve celui qui était le sien en 1995. Là encore, son avancée relative est la conséquence de l’abstention supérieure à la moyenne nationale (31,5%), et de l’effondrement du PCF. C’est ainsi que dimanche 21 avril, le FN est arrivé en tête dans 13 des 16 arrondissements de Marseille, contre 11 en 1988 et 7 en 1995. Son implantation se confirme au deuxième tour, où Le Pen obtient 85 462 voix, soit 5000 de plus que l’addition Le Pen-Mégret. Malgré le «sursaut républicain», il obtient un score inférieur à 30% dans sept arrondissements sur seize et progresse en voix dans le 13e, le l5e et le 16e arrondissements, bastions historiques du PCF.</p>
<p>Sur le plan régional, on retrouve la même dynamique de vote. Dans les Bouches-du-Rhône, au premier tour, Le Pen arrive en tête dans 93 communes sur 119, dont 3 bastions du PCF (Gardanne, Aubagne, Martigues) et gagne encore des voix dans le pays d’Arles et dans les villes du PC au deuxième tour. Dans le Vaucluse, seules 35 communes sur 151 ont échappé au FN. Dans quatre villes, Cavaillon, Carpentras, Bonnène et Sorgue, les scores Le Pen-Mégret atteignent 40%. Au deuxième tour, il augmente son score de 4000 voix ainsi que dans les quatre villes précédentes. Il arrive aussi en tête dans les Alpes-Maritimes, les Alpes de Haute Provence (60 communes sur 200), démontrant aussi sa pénétration dans le monde rural. Là aussi au deuxième tour, il augmente son score.</p>
<p>Le vote du premier tour est aussi une bonne indication sur le rapport de forces au sein de l’extrême droite. On y trouve la confirmation d’une différence de stratégie: celle de Le Pen privilégiant le national par rapport au local, et qui est payante grâce à sa notoriété, à la différence d’un Mégret, plus axé sur le local. Sur Marseille, c’est très clair. Si l’on se base sur les municipales, où Mégret tête de liste avait obtenu 12%, son score tombe à 5% pour les présidentielles. C’est vrai aussi sur Vitrolles, où il devance de justesse son rival: 17,9% pour lui contre 17,15% pour Le Pen. C’est encore plus évident à Marignane, où il n’obtient que 12,11% contre 27,7% pour le candidat du FN.</p>
<p>Ce qui était intéressant, c’était aussi de voir le report de voix au deuxième tour. Sur le plan national, seuls 61% des électeurs du MNR ont voté au deuxième tour pour Le Pen. Par contre au niveau local, le report a été pratiquement du 100%. Au deuxième tour à Vitrolles, Le Pen obtient 32,08% du fait du plus grand pourcentage de votants, et à Marignane, il recueille 39,4% des voix, soit 500 voix de plus que l’addition de l’extrême droite au premier tour.</p>
<p>Pour Mégret, une nouvelle fois, sa carrière politique et celle de son parti vont dépendre des prochaines législatives, d’autant plus que les casseroles judiciaires continuent de s’accumuler pour sa femme à Vitrolles, et qu’il a énormément perdu d’argent dans sa campagne électorale. Mais il semble bien que Le Pen ne veuille pas lui faire grâce, et va présenter face à lui Daniel Simonpieri, le maire de Marignane, dont le retour au FN a été confirmé, lors du ler mai, où il a participé au défilé de la Jeanne d’Arc. L’implantation de l’extrême droite est tellement forte dans cette 12e circonscription qu’on pourrait même assister à une triangulaire opposant FN-MNR-gauche.</p>
<p><strong>Perspective à court et moyen terme</strong></p>
<p>Tout d’abord les législatives. Pour le FN, c’est un bon galop d’essai pour démontrer à la droite nationale et locale son pouvoir de nuisance. Dans la région, avec les scores du premier tour, le FN peut espérer se maintenir au deuxième tour des législatives quasiment partout dans les Bouches-du-Rhône. Pour autant, il ne peut espérer qu’un siège, celui de la 12e circonscription, celle où vont s’affronter Simonpieri et Mégret. À l’heure actuelle, ni la gauche ni la droite ne sont en mesure de leur opposer des candidats sérieux. Il ne reste plus qu’à espérer dans un «sursaut républicain».</p>
<p>Autre perspective de succès dans la région : le Vaucluse, où Bompard, le maire d’Orange, se présente dans une circonscription comprenant outre sa ville, Bollene où Le Pen a fait 40% des voix au deuxième tour, où la femme de Bompard a failli être élue conseillère générale lors des élections cantonales, son score tutoyant les 45%. Enfin, une troisième possibilité: Marie-France Stirbois sur Nice, si un accord MNR-FN est trouvé pour le deuxième tour.</p>
<p>Mais le véritable objectif de Le Pen, ce sont les régionales de 2004. En effet, après celles de 1998 qu avaient débouché sur des alliances FN-droite dans quatre régions, et pour éviter ce nouveau cas de figure l’avenir, le mode de scrutin a été modifié, qui donne 30% des sièges en plus à la liste arrivée en tête. Au jour d’aujourd’hui, le FN étant le premier parti des Bouches-du-Rhône, du Var, des Alpes Maritimes, du Vaucluse et des Alpes de Haute-Provence (soit cinq départements sur six) : la possibilité de voir élire Jean-Marie Le Pen président de région en 2004 n’est pas une prédiction mais une forte possibilité. D’autant plus qu’à droite, il n’aura pas d’opposant, Gaudin, maire de Marseille étant promis à la présidence du Sénat en cas de victoire de la droite législatives, et Muselier à celui de ministre. Tandis qu’à gauche, l’actuel président Vauzelle ne pourra s’appuyer sur un PC moribond et des Verts tentés de plus en plus par une liste séparée. Enfin, je ne me fais aucune illusion sur le fait que Le Pen pourra compter sur la collaboration d’un certain nombre de politiciens de droite locaux. Il fau se rappeler qu’en 1998, certains déjà de ces élus, Ivane Eymen de DL ou Christian Estrosi du RPR, proposaient déjà un tel pacte, voire même un hallucinant marché: la présidence de PACA au FN à condition que l’extrême droite soutienne Balladur en Ile-de-France.</p>
<p>Le Pen a compris qu’il ne pourra pas conquérir le pouvoir, de manière centrale frontale. Il a très vite tiré les enseignements de celui-ci. Grâce à son implantation structurelle dans le sud de la France, il sait que c’est ici qu’il peut remporter la victoire, en PACA, et ensuite à partir de ce bastion, contaminer tout le grand sud. Sa stratégie s’apparente à celle du jeu de Go, encercler l’adversaire jusqu’à l’étouffer.</p>
<p>La progression du FN a été temporairement stoppée le 5 mai et sera contenue pour les législatives probablement. Pour autant, il ne disparaîtra pas. Il est encore là pour longtemps. On lui en donnera même les moyens financiers. Déjà, grâce aux présidentielles, il va encaisser 10 millions d’euros. Grâce à loi de financement électoral, il va toucher 1,8 euro pour chaque voix obtenue pour les législatives, et ce durant 5 ans. De quoi lui permettre de développer son implantation, là où il n’était pas présent, ou de se renforcer dans ses bastions, en ouvrant des locaux, en payant des permanents, en développant ses moyens de propagande. Mais surtout grâce aux appareils politiques et syndicaux qui semblent n’avoir rien compris une fois de plus à ce qui s’est passé le 21 avril au soir. Ils me font penser à ces canards à qui l’on a coupé la tête et qui continuent à courir en battant des ailes. Ils réagissent mécaniquement, sans aucune autocritique, reprenant leurs petits jeux politiciens, les luttes d’appareils, les ambitions personnelles des uns et des autres, dans la préparation des législatives.</p>
<p>Même chose en ce qui concerne la réaction des citoyens entre les deux tours. Combien de ces grandes manifestations n’avons nous pas déjà connues, à chaque avancée de l’extrême droite, où l’on vient se rassurer après avoir eu peur, sorte de catharsis collective, ou encore de ces agoras où chacun vient expliquer le phénomène à la lueur de sa grille d’analyse personnelle ou militante. Mais après chacune de ces vagues, a suivi le reflux, qui a permis au FN de venir occuper le terrain.</p>
<p>Une fois de plus, la seule alternative qui nous a été proposée a été celle d’un front moral face au fascisme en marche, une fois de plus elle n’a débouché sur aucune alternative politique, si ce n’est celle d’aller voter pour un escroc et un menteur, qui grâce à cela s’est refait une virginité en étant présenté comme le seul rempart face au mal absolu.</p>
<p>À Marseille, on a déjà connu ce cas de figure. À l’époque, le PS proposait lui aussi un escroc et un menteur comme chevalier blanc. Il s’appelait Tapie. Il annonçait qu’il allait faire passer le vote FN sous les 10%, il traitait ses électeurs de salauds, et il menait ses débats avec Le Pen comme des combats de boxe. Le résultat a été quelques années plus tard, quatre villes aux mains de l’extrême droite, un FN toujours à 20% et la prison pour notre escroc. On finira même par apprendre que ce «défenseur de la Démocratie» avait négocié son élection comme député de la circonscription de Gardanne avec Jean-Marie Le Pen lui-même, en échange de son silence contre l’élection de Mégret dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône…</p>
<p>Oui, notre président est contre l’extrême droite. Mais alors tout contre. Comme en 1988, quand il rencontrait Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de la présidentielle et ceci à deux reprises, pour obtenir ses voix. Ou encore quand il se retrouvait incommodé par le «bruit et les odeurs» des immigrés, et qu’il parlait de la création de caisses de prestation social distinctes entre immigrés et Français. Quant au PS, il a porté le FN sur les fonts baptismaux, le parrain en étant Mitterrand, puis il l’a instrumentalisé pour diviser la droite et ramener à lui les électeurs sous couvert d’antifascisme. Car les personnes, les postes, les groupes économiques, dépositaires du pouvoir peuvent changer, le système qui les fait vivre perdure, et maintient à travers eux le nouveau despotisme, celui du Kapital.</p>
<p>C’est ainsi que notre système «démocratique» a besoin du fascisme, soit comme épouvantail, enfermant ainsi les gens dans le seul choix entre le pire et «le moins pire des systèmes» (Winston Churchill) et lui permettant ainsi de justifier l’injustifiable et ceci au nom même de la liberté, soit comme roue de secours, comme actuellement en Italie, en Autriche, au Danemark, pour lui permettre de briser les résistances au nouvel ordre économique et mondial que l’on appelle, justement, «mondialisation». La réaction de la communauté européenne fut assez symptomatique à ce sujet. Tout comme pour l’Autriche, elle condamna l’extrémisme et rappela des valeurs dites «démocratiques». Mais très vite, ce discours céda la place à un autre, celui expliquant que la cause de cette poussée extrémiste était la conséquence de «l’immigration» (Aznar) et que pour éviter cela, il fallait durcir les lois contre celle-ci, ce que l’Espagne, l’Angleterre, l’Autriche, l’Allemagne et l’Italie s’empressèrent de faire.</p>
<p>Si nous voulons réellement lutter contre le fascisme, il faut nous attaquer aux causes fondamentales qui sont à l’origine de celui-ci. Pour cela, il faut sortir du confusionnisme régnant, en redéfinissant ce que pourrait être une opposition anticapitaliste libérée de «l’illusion démocratique» et désaccoutumée des schémas et des pratiques qui se sont révélés inopérants. Pour cela, s’il est indispensable de comprendre les mécanismes modernes de l’oppression et de la domination, il n’en est pas moins nécessaire de reprendre les choses au début et de dépoussiérer les classiques de la pensée critique.</p>
<p>Que doit-on contester, le capitalisme ou simplement la forme libérale de sa régulation ? Mais pourrons-nous nous contenter de dénoncer l’un sans toucher à l’autre ? Ce serait contradictoire, car l’impératif capitaliste de l’exploitation ferait renaître aussitôt la spéculation. Il ne peut donc pas plus y avoir de «mondialisation heureuse» (A. Minc) que «mondialisation à visage humain» (M. Camdessus). Certains, tels la LCR ou LO se lancent dans la course aux strapontins. D’autres, les néo-marxistes, ramènent tout à la trabison des chefs. Il suffirait donc de reconstruire un parti «plus communiste» ou «plus révolutionnaire» avec des gens plus honnêtes et plus intransigeants. À quoi va donc servir un député «rouge» ou un «parti d’avant-garde ouvrière» réduit aux pratiques de l’opposition institutionnelle face à la gouvernance néolibérale ? Les députés européens de LO et de la LCR ont-ils infléchi dans un sens plus social les décisions prises à Bruxelles ?</p>
<p>Alors quelle lutte ? Des éléments de réponse ont été développés ces dernières années au travers de la lutte anti-mondialisation quand elle s’est voulue rupturiste, et non pas simplement aménagement, au travers de la construction de réseaux, de diagonales, de croisement des idées, des pratiques. Elles ont en commun l’auto-organisation, l’autonomie politique, l’action directe, l’internationalisme. Le premiers pas s’organisant dans la critique concrète de la délégation de pouvoir (l’action étatique parlementaire), de la routine légaliste (manif promenade) et de la charité. Les luttes qui se déroulent en Argentine, celle des précaires récemment, sont des réponses concrètes à notre questionnement. À nous de faire en sorte de tracer des lignes de convergence et de généralisation de ces révoltes. Ou sinon, il ne nous reste comme seule alternative que le fascisme ou la barbarie capitaliste.</p>
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		<title>Petite musique de nuit (et brouillard…)</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 10:39:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Docteur Merlin, Jean-Pax Méfret, Isabella… La droite extrême nous a toujours surpris par la perspicacité de ses goûts musicaux et la qualité des chanteurs ou chanteuses se réclamant de ses idées. Mais ces troubadours des temps modernes ne sont en fait que l’arbre qui cache la forêt car au delà de ces aspects folkloriques, la musique constitue l’un des principaux enjeux du combat des jeunes nationalistes. Nous verrons dans cet article un aperçu de la scène bonehead française et européenne, laissant le Rock Identitaire Français pour un prochain REFLEXes.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Docteur Merlin, Jean-Pax Méfret, Isabella… La droite extrême nous a toujours surpris par la perspicacité de ses goûts musicaux et la qualité des chanteurs ou chanteuses se réclamant de ses idées. Mais ces troubadours des temps modernes ne sont en fait que l’arbre qui cache la forêt car au delà de ces aspects folkloriques, la musique constitue l’un des principaux enjeux du combat des jeunes nationalistes. Nous verrons dans cet article un aperçu de la scène bonehead française et européenne, laissant le Rock Identitaire Français pour un prochain REFLEXes.<br />
La scène bonehead demeure le plus ancien vecteur de diffusion des thèmes nationalistes musicaux. Si les premiers groupes nazi-skins français datent de la première moitié des années 1980, on peut raisonnablement associer la structuration de cette scène avec la création du label brestois Rebelles Européens. Créée en 1987 par Gaël Bodilis, l’association sort son premier disque avec le groupe Brutal Combat. Bodilis n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un touriste dans le milieu politique : fasciné par Léon Degrelle et Primo de Rivera, il entre à la même époque au FNJ qu’il quitte quelques mois plus tard pour Troisième Voie. Son label est alors l’un des plus important d’Europe, l’amateurisme étant encore la règle. Cela l’amène tout naturellement à se lancer dans l’organisation de concerts avec les groupes phares de cette époque : Legion 88, Bunker 84, Skinkorps, Brutal Combat… Celui (annulé) du 28 mai 1988 avec Skrewdriver &#8211; le groupe de feu Ian Stuart Donaldson &#8211; en tête d’affiche se transforme en émeute et ratonnades. Cela contribue largement à placer le label sous les projecteurs médiatiques et à le mettre hors-course. Une autre tentative est lancée au début des années 1990 avec l’Association Musicale Européenne (AME). Animée principalement par un bonehead de la région PACA, Richard Sauvage<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_0_16" id="identifier_0_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;47">1</a></sup>, l’association se veut un outil de diffusion de la musique nationaliste et s’appuie sur quelques relais dans l’Ouest et dans l’Essonne. Mais Ritchie n’a qu’un sens restreint de l’organisation et l’expérience s’avère vite un fiasco. Le renouveau de la scène skinhead à partir de 1993 se fait donc sans lui. Une nouvelle génération est en effet apparue, souvent très jeune, investissant massivement l’outil des skinzines, plus nombreux et plus politisés. Leur diffusion est certes restreinte (150 à 200 exemplaires maximum) et leur existence assez courte (moyenne de 4 à 5 numéros), mais leur renouvellement continu est le signe d’un nouveau développement du mouvement. Les groupes musicaux sont eux aussi en pleine reconstitution malgré une durée de vie assez courte. Citons en vrac, 9e Panzer Symphonie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_1_16" id="identifier_1_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La 9&egrave;me existe toujours et anime un petit label, RIH Kontact, ainsi qu&rsquo;un skinzine &agrave; la parution erratique, Engrenage infernal">2</a></sup>, Les Chauves Pourris, 5e Colonne, Oïffensive, Jeune Garde, Force de Frappe, Ultime Assaut…</p>
<p>On estime alors la mouvance skin à près d’un millier de membres dont un noyau dur de 150 à 200 personnes, qui se répartissent géographiquement entre la région parisienne, la Normandie, la Bretagne, le Sud, et enfin l’Est de la France. Certains groupes sont plus structurés que d’autres. À Bordeaux, l’équipe du skinzine <em>Un Jour Viendra</em> a à son actif l’organisation de plusieurs concerts dans la région bordelaise. À chaque fois, entre 200 et 300 skins viennent de toute la France et même d’Europe (Angleterre, Espagne, Italie&#8230;). On peut avoir un témoignage tardif de cette importance de Bordeaux à l’échelon national avec une vidéo produite par un groupe de birds animé entre autres par Agnès Gustin : Crazy Birds Crew. Cette K7 destinée à «tous les NS» montre quelques aspects des concerts bordelais de la saison 96/97 avec des prestations de Durandal, Rafale (préformation du groupe toulousain Skuld) mais aussi English Rose ou les Espagnols de Torquemada. Une autre région phare est la Normandie.</p>
<p>En décembre 1993, un concert RAC (Rock Against Communism) réunit près de Caen environ 500 skins, dont de nombreux Parisiens venus en car. Rien d’étonnant à cela, car Caen est une ville où le PNFE dispose alors d’un groupe important dirigé par le vice-président du parti, Eric Sausset. L’état actuel de mort clinique du PNFE ne permet plus d’avoir une idée correcte de son importance dans la scène nazi-skin à cette époque. Un autre bastion dans la région : Le Havre. On y retrouve une vieille connaissance, Régis Kérhuel (<em>alias</em>Madskin), l’ancien bassiste des Evilskins qui a été inculpé plusieurs fois pour coups et blessures<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_2_16" id="identifier_2_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesses Nationalistes R&eacute;volutionnaires anim&eacute;es par Serge Ayoub, alias Batskin. Longtemps principale figure de la sc&egrave;ne nazi-skin, ce triste individu s&rsquo;est ensuite recycl&eacute; dans le mileu Biker puis a &eacute;t&eacute; emprisonn&eacute; pour trafic de stup&eacute;fiants. Lib&eacute;r&eacute;, il serait actuellement en reconversion au Salvador.">3</a></sup>. Mais cette nouvelle génération havraise s’organise aussi autour d’une revue et d’un groupe portant le même nom, Viking, dirigés tous les deux par un étudiant, Greg Reemers. Très actif, il se déplace alors beaucoup en France et en Europe, notamment en Angleterre où il joue en décembre 1994 avec son groupe pour un concert organisé par Charlie Sargent et Combat 18.</p>
<p>Cette implication des relations étrangères, leur personnalisation en France ainsi que deux grosses affaires criminelles vont venir faucher la scène skinhead en plein vol.</p>
<p><strong>1995, année fatidique</strong></p>
<p>1995 est en effet l’année des meurtres et des embrouilles. Meurtres au Havre et à Paris tout d’abord qui voient l’implication de quelques seconds couteaux du mouvement mais qui vont durablement marquer le milieu par la répression policière qui s’en suit, ainsi que par la réaction du FN. Les relations entre ce parti et la scène skinhead sont en effet depuis longtemps déjà basées sur un malentendu. Une majeure partie des jeunes skinheads a en effet été bercée par les récits et/ou les légendes des «anciens», en particulier des JNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_3_16" id="identifier_3_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter &agrave; REFLEXes n&deg; 47 et 50 pour de plus amples d&eacute;tails.">4</a></sup>, sur la perméabilité du DPS et la tolérance du FN à leur égard. Mais en 1995 les temps ont changé. Le parti de J.-M. Le Pen représente 15 % des suffrages et n’a plus à se soucier de jeunes nationalistes considérés comme incontrôlables. Les assassins de la manif du Premier mai à Paris sont donc livrés sans remords par B. Courcelle, responsable du DPS. Cette situation déstabilise le milieu alors même qu’il est déjà en proie à la rivalité entre Greg Reemers et Hervé Guttuso.</p>
<p>Celui-ci est un skinhead d’origine marseillaise entré très jeune (14 ans) dans le milieu. Parti en 1992 aux États-Unis, il y découvre la confrérie skinhead Hammer Skins qui se développe alors dans tous les États-Unis mais aussi au Canada, en Australie, ainsi que vers l’Europe (Allemagne, Suisse et même République tchèque). Guttuso se charge alors de créer la branche française qu’il baptise Exiled Charlemagne Hammer Skin : exilée puisque pour l’instant basée aux États-Unis, Charlemagne en souvenir de la division SS composée de Français. Après une première tentative ratée, il se rabat sur la confection d’une revue intitulée <em>Terreur d’Élite</em>, au contenu violemment antisémite et destinée à diffuser en France les thèses des groupes suprémacistes blancs. Pour ces derniers, une conspiration juive influence et domine la politique des nations blanches, visant à l’abâtardissement de celles-ci en prônant le métissage, les États-Unis et sa capitale étant pour eux aux mains d’un gouvernement d’occupation d’origine juive, qu’ils ont baptisé ZOG (Zionist Occupation Government). Autour de ce concept se rassemblent les membres du KKK, les nationaux-socialistes, les catholiques antisémites, les skins prônant la «résistance» par tous les moyens, y compris par les armes. Le cas le plus connu est le mouvement The Order dirigé par Bob Mathews, qui fut impliqué dans des braquages et des assassinats de la fin 1983 à la fin 1984. Mathews fut abattu par le FBI, tandis que plusieurs de ses militants furent condamnés à perpétuité. Ces derniers sont devenus des héros pour les nazis américains et ils sont désignés dans leur presse comme des prisonniers de guerre (POW). L’un d’entre eux, David Lane, a écrit plusieurs textes qui sont devenus des références pour ces mouvements. Ces mêmes groupes ont également adopté pour signature une phrase de Lane : «Nous devons assurer l’existence de notre race et un futur pour les enfants blancs», connue aussi sous le nom des «14 mots de Lane». Mais la revue sert aussi à Guttuso pour régler ses comptes avec le mouvement skin français qu’il trouve trop mou. Fin 1993, Guttuso rentre à Marseille, bien décidé à recruter pour la CHS. Il était inévitable que Guttuso entre en conflit avec Reemers, auréolé de ses contacts avec Blood &amp; Honour<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_4_16" id="identifier_4_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cet homme a un pass&eacute; &eacute;loquent: condamn&eacute; pour une bagarre avec un punk (2 mois de prison), puis &agrave; nouveau &agrave; la suite d&rsquo;une bagarre lors d&rsquo;un concert en d&eacute;cembre 1985, bagarre qui fit un bless&eacute; grave (30 mois dont six avec sursis en ao&ucirc;t 1986) ; participant actif aux ratonnades &agrave; Brest du 28 mai 1988 ; condamn&eacute; &agrave; 3 mois fermes en comparution directe puis &agrave; un mois ferme en septembre 1988. Le 30 octobre 1988 arr&ecirc;t&eacute; pour avoir avec trois autres skinheads &agrave; moiti&eacute; d&eacute;truit un bar du Havre, le Restobar ; condamn&eacute; avec Ayoub, Giraud et E. Rossi le 19 janvier 1994 &agrave; 8 mois de prison avec sursis a la suite de l&rsquo;attaque d&rsquo;un groupe de jeunes le 22 avril 1990 ; poursuivi et incarc&eacute;r&eacute; depuis le 12 juin 1998 pour le meurtre de James Dindoyal, le 19 juin 1990 et condamn&eacute; en novembre 1998. &Agrave; noter qu&rsquo;il &eacute;tait int&eacute;gr&eacute; au DPS lors des BBR de 1997&hellip;">5</a></sup>. Commencée sur des questions mineures (une annulation de concert à Marseille en juin 1995 par exemple), la rivalité prend assez vite le masque du conflit organisationnel entre les CHS et Blood &amp; Honour France. Utilisant la revue des CHS, <em>Wotan</em>, Guttuso ne rate pas une occasion de tourner en ridicule Reemers et ses amis (<em>cf. illustration</em>). Cette situation déchire le milieu et dure jusqu’à l’arrestation en décembre 1997 et janvier 1998 en France et en Angleterre, dans le cadre de l’enquête sur la profanation du cimetière de Toulon en juin 1996, de Guttuso et ses amis, Éric Monnier (Lyon), Ronald Robin et Cyril Dieupart (Rouen). Ces derniers, très actifs sur la scène Black Metal nazie, marquaient le rapprochement entre des skins déçus par leur milieu et un genre musical propice à la diffusion de l’idéologie NS.</p>
<p><em>Qui fait le malin tombe dans le ravin !</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_16" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°47</li><li id="footnote_1_16" class="footnote">La 9ème existe toujours et anime un petit label, RIH Kontact, ainsi qu’un skinzine à la parution erratique, <em>Engrenage infernal</em></li><li id="footnote_2_16" class="footnote">Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires animées par Serge Ayoub, <em>alias</em> Batskin. Longtemps principale figure de la scène nazi-skin, ce triste individu s’est ensuite recyclé dans le mileu Biker puis a été emprisonné pour trafic de stupéfiants. Libéré, il serait actuellement en reconversion au Salvador.</li><li id="footnote_3_16" class="footnote">Se reporter à <em>REFLEXes</em> n° 47 et 50 pour de plus amples détails.</li><li id="footnote_4_16" class="footnote">Cet homme a un passé éloquent: condamné pour une bagarre avec un punk (2 mois de prison), puis à nouveau à la suite d’une bagarre lors d’un concert en décembre 1985, bagarre qui fit un blessé grave (30 mois dont six avec sursis en août 1986) ; participant actif aux ratonnades à Brest du 28 mai 1988 ; condamné à 3 mois fermes en comparution directe puis à un mois ferme en septembre 1988. Le 30 octobre 1988 arrêté pour avoir avec trois autres skinheads à moitié détruit un bar du Havre, le Restobar ; condamné avec Ayoub, Giraud et E. Rossi le 19 janvier 1994 à 8 mois de prison avec sursis a la suite de l’attaque d’un groupe de jeunes le 22 avril 1990 ; poursuivi et incarcéré depuis le 12 juin 1998 pour le meurtre de James Dindoyal, le 19 juin 1990 et condamné en novembre 1998. À noter qu’il était intégré au DPS lors des BBR de 1997…</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>« Même pas mal ! »</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:48:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Front national, a été la cible de quelques attentats, le plus spectaculaire est certainement l’attentat à la dynamite contre le domicile de Jean-Marie Le Pen… en 1976. Mais, si certains membres du FN ont pu connaître une mort violente, il faut en chercher les responsables davantage du côté de la pègre (ou des platanes, dans le cas de Stirbois !) que d’un quelconque mouvement de lutte armée antifasciste. En effet, l’essentiel des actions violentes menées contre le FN se résument à quelques bris de vitres. La démarche des actions revendiquées Francs-tireurs Partisans (FTP) sur Marseille au cours des années 1990 est donc tout à fait original, et le seul véritable exemple de lutte armée antifasciste menée contre le FN. Il nous a semblé intéressant de voir comment, à travers sa presse, ce parti avait rendu compte de l’action des FTP.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Front national, a été la cible de quelques attentats, le plus spectaculaire est certainement l’attentat à la dynamite contre le domicile de Jean-Marie Le Pen… en 1976. Mais, si certains membres du FN ont pu connaître une mort violente, il faut en chercher les responsables davantage du côté de la pègre (ou des platanes, dans le cas de Stirbois !) que d’un quelconque mouvement de lutte armée antifasciste. En effet, l’essentiel des actions violentes menées contre le FN se résument à quelques bris de vitres. La démarche des actions revendiquées Francs-tireurs Partisans (FTP) sur Marseille au cours des années 1990 est donc tout à fait original, et le seul véritable exemple de lutte armée antifasciste menée contre le FN. Il nous a semblé intéressant de voir comment, à travers sa presse, ce parti avait rendu compte de l’action des FTP.</p>
<p>Alors que, dans son édition du 4 avril 1995, Présent titrait «Le Pen fait exploser les tabous», et que, dans son supplément Jeunesse, il donnait des conseils pour «faire un feu sans allumettes», ce même jour, à Marseille, un action à l’explosif était menée contre la villa du secrétaire départemental FN Maurice Gros (revendiqué FTP-Unité combattante «Albéric D’Alessandri»). Le lendemain, un filet, sans commentaire, rendait sobrement compte de l’événement, en une vingtaine de lignes. National Hebdo n’est guère plus bavard, taxant cependant les auteurs de l’attentat de «criminels». On comprend mieux la discrétion du quotidien lepéniste lorsque l’on sait que cette action répondait à l’assassinat par des colleurs d’affiches du FN du jeune Ibrahim Ali, le 21 février de la même année… Il était alors de mise d’éviter de relancer l’actualité sur ce que le parti de Le Pen cherchait à faire passer pour un accident (lors du procès d’Yves Peirat, l’avocat du FN chercha même à prouver que notre camarade antifasciste en aurait été le principal responsable !). Seul Le Français, éphémère quotidien lancé par Bruno Mégret en 1995 et mort la même année, se distingue d’une part en rappelant les précédents attentats (ceux de 1994) et en donnant des détails techniques, et d’autre part en qualifiant le nom du groupe FTP de «fantaisiste».</p>
<p><strong>«Terroristes d’extrême gauche»</strong></p>
<p>Un an plus tard, après l’action du 21 février 1996, l’attentat perpétré par les FTP est plus largement présenté, et intégré dans une «campagne de terreur» qui serait alors mené contre le Front national. Samuel Maréchal, à l’époque patron du Front National de la Jeunesse (FNJ), rapproche ainsi l’action des FTP du saccage d’un restaurant à Toulouse, où il devait tenir son meeting. «Ces actes d’intimidation ne font que conforter les jeunes du Mouvement national dans l’idée qu’ils mènent un juste combat» fanfaronne-t-il dans Présent daté du 27 février. Dans le n°232 de Français d’Abord !, publication officielle du FN, on parle pour la première fois de «terroristes d’extrême gauche», et rappelle, limite gêné, le lien avec «la mort d’un Comorien dans des circonstances non encore déterminées (sic)». Et, dans National Hebdo du 29 février, on opte plutôt, mais sans trop y croire, pour la théorie du complot : «Afin de célébrer l’anniversaire de la mort d’un jeune Comorien, «on» a fait sauter à Marseille la permanence du FN». Interrogé, Maurice Gros dénonce ces «méthodes terroristes», en en rejetant la responsabilité sur la classe politique en général.</p>
<p><strong>Ça se durcit…</strong></p>
<p>En mars 1997, alors que se prépare à Strasbourg une des plus grosses manifestations anti-FN de la décennie, à l’occasion du congrès national du parti, Présent fait chaque jour sa «une» sur l’une des multiples «agressions» dont a été victime le FN : «la croissante et rageuse hystérie «antiraciste» contre le Front national», «Contre le Front national, la haine à gros bouillons» (04/03), «Contre le FN, une folie littéralement meurtrière» (22/03)… L’attaque à la grenade d’un local du FN au 22, rue Sainte-Cécile à Marseille (revendiqué Groupe de Partisans «Marcel Bonain»), dans ces circonstances, passe quasiment inaperçue : noyée dans une avalanche de brèves stigmatisant les attaques de «l’ennemi», elle ne suscite pas, en apparence, d’intérêt particulier : on comprend que le FN préfère à ce moment-là jouer les victimes plus près des projecteurs, afin de jouer convenablement son rôle de vedette à Strasbourg. Un an plus tard, en février 1998, même schéma : Français d’Abord ! rapport l’attentat du 21 février, parlant du «groupe terroriste d’extrême gauche Francs-Tireurs», en le plaçant une fois encore dans la continuité du «harcélement» dont il se dit victime, avec en point d’orgue la mise en accusation de Jean-Marie Le Pen lui-même dans l’affaire de Mantes-la-Jolie.</p>
<p>Ainsi traité par le mépris dans la presse frontiste, on pourrait se dire que les actions menées par les FTP n’ont pas été perçues comme se démarquant des autres actions antifascistes, et ont même suscité moins d’indignation que certaines autres, plus médiatiques.</p>
<p><strong>Le procès de la revanche</strong></p>
<p>Or la façon dont la presse frontiste a couvert le procès du principal animateur des FTP, Yves Peyrat, en février 2001, montre au contraire que les attentats antifascistes sur Marseille avaient été vécus comme autant d’humiliations. Ainsi, alors qu’à l’époque des faits, l’importance des faits était toujours minimisée, elle devint hors de proportion dans les comptes-rendus du procès. La palme en revenant à Français d’Abord ! qui dans son n°336 de février 2001 (voir ci-contre) consacre une double page au procès. Le journaliste n’hésite pas à écrire que «les terroristes [ont fait] sauter le Stadium de Vitrolles (sic)» (alors que seul le générateur était visé) et que «c’est un miracle si [Maurice Gros] et sa famille ont échappé à la mort» pour conclure : «ces arrestations ont mis un point final à la vague de terreur des FTP». La théorie du complot est reprise et développée (, évoquant à la fois «l’orchestre rouge» qui, à travers les médias, aurait soutenu «le dangereux terroriste», et «la mansuétude du Parquet» qui prouverait la complicité de «l’établissement». National Hebdo, dans son édition du 9 novembre 2000, avait déjà évoqué la «désinformation» dont se serait rendu coupable France-Soir à travers un article trop favorable selon lui aux FTP.</p>
<p>Cette dramatisation soudaine d’actions jusque-là pratiquement ignorées est un classique de la stratégie de victimisation dont le FN s’est fait une spécialité : en position de force à l’époque, il n’avait pas intérêt à attirer l’attention sur ce genre d’actions antifascistes ; en manque de publicité aujourd’hui, il cherche par tout les moyens à faire parler de lui.</p>
<p>Mais on sent le FN mal à l’aise malgré tout lorsque les revers qu’il subit se situe sur un terrain «militaire», et l’humiliation ressentie a entraîné quelques réactions revanchardes qui en disent long. Ainsi, dans son Quotidien-Presse (QP), journal électronique disponible sur le site web du FN, si l’affaire est d’abord évoquée dans des termes semblables à ceux de Français d’abord !, très vite Georges Moreau, rédacteur du QP, témoigne de sa rancoeur par quelques commentaires aussi mesquins que gratuits : le 8 février 2001, sous le titre «le médiocre Peirat se déballonne», il reproche à Yves, «petit soldat au service du totalitarisme mondialiste», de ne pas revendiquer la tentative de meurtre, faisant ainsi preuve «d’une lâcheté écoeurante».</p>
<p>Ces diverses réactions montrent une chose : si le FN aime faire peur et parfois recourir à la violence, c’est à la condition d’en avoir l’exclusivité, la menace physique restant pour bon nombre de ses militants la seule façon d’avoir raison. C’est pourquoi, si la peur vient à changer de camp, le FN oscille entre deux représentations de soi, antagonistes : celle de l’éternelle victime et celle du valeureux soldat, toujours vainqueur, qu’il essaye de forger chez ses militants. Les actions des FTP auront probablement brisé quelques illusions…</p>
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		<title>Skinheads ou le Le Pen proletariat</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Oct 1996 15:04:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Faisceaux Nationalistes Européens (FNE)]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
		<category><![CDATA[skinhead]]></category>

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		<description><![CDATA[Les meurtres de Paris puis du Havre ont de nouveau remis sous les projecteurs de l'actualité la mouvance skinhead. Depuis la fin des années 1980, celle-ci n'avait plus beaucoup fait parler d'elle et peu de choses ont été écrites sur elle, si ce n'est à l'occasion de quelques matchs du PSG, d'une réunion européenne organisée en mars 1993 par les Jeunesses nationalistes-révolutionnaires, et des ennuis qu'ont connus les différentes boutiques de fringues gérées par Serge Ayoub, alias Batskin (attentat pour Darkside, fermeture sur ordre du préfet de police pour Darklord).]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Publié en octobre/novembre 1995</em></p>
<p>Les meurtres de Paris puis du Havre ont de nouveau remis sous les projecteurs de l&rsquo;actualité la mouvance skinhead. Depuis la fin des années 1980, celle-ci n&rsquo;avait plus beaucoup fait parler d&rsquo;elle et peu de choses ont été écrites sur elle, si ce n&rsquo;est à l&rsquo;occasion de quelques matchs du PSG, d&rsquo;une réunion européenne organisée en mars 1993 par les Jeunesses nationalistes-révolutionnaires, et des ennuis qu&rsquo;ont connus les différentes boutiques de fringues gérées par Serge Ayoub, alias Batskin (attentat pour Darkside, fermeture sur ordre du préfet de police pour Darklord).</p>
<p>Loin de disparaître, le mouvement skin connaît en fait une nouvelle évolution. Longtemps fasciné par le modèle anglais, le mouvement, sous l&rsquo;égide d&rsquo;une nouvelle génération, semble de plus en plus attiré par le modèle américain. Un modèle qui se revendique ouvertement national-socialiste, antisémite et qui prône la guerre raciale. Le mouvement s&rsquo;organise autour d&rsquo;une revue, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, diffusée depuis les États-Unis, et d&rsquo;une organisation appelée Charlemagne Hammer Skin (CHS), qui ont pour point commun d&rsquo;être toutes les deux dirigées par un skin marseillais de 21 ans, Hervé Guttuso.</p>
<p>Comme partout en France, c&rsquo;est à la fin des années 1970 et au début des années 1980 qu&rsquo;est apparu le mouvement skin à Marseille. C&rsquo;est autour d&rsquo;une boutique de fringues et de la fontaine de la place Estrangin que se regroupent alors une dizaine de skins et autant de punks. L&rsquo;époque n&rsquo;est pas encore à la politisation, et skins et punks vivent en bonne entente leurs trips musicaux sans trop d&rsquo;accrocs (mis à part quelques bagarres plus dues à l&rsquo;excès d&rsquo;alcool qu&rsquo;à des motifs politiques). Très vite, un groupe de musique apparaît, les Warriors Kids, et ses prestations et sa discographie (un 45 tours et un 33 tours) en font une légende dans le milieu skin. Là encore, le groupe ne véhicule aucun message politique, leurs textes sont axés sur leurs rapports avec la police («Forces de l&rsquo;ordre») ou leur mode de vie. Du fait des problèmes inhérents à tout groupe musical (départ à l&rsquo;armée des uns et des autres), le groupe splitte en 1986. C&rsquo;est en 1983-1984 que l&rsquo;on commence à assister à une certaine politisation du milieu skin marseillais. Des T-shirts à croix celtiques apparaissent, certains sont allés à Londres et y ont fréquenté des membres du National Front ou du British Movement. La montée du Front national voit alors certains d&rsquo;entre eux assurer des collages ou des services d&rsquo;ordre lors des manifestations du Front à Marseille. Mais très vite, celui-ci s&rsquo;en débarrasse du fait de l&rsquo;image qu&rsquo;ils véhiculent dans les médias.</p>
<h3>Un précurseur : Ritchie</h3>
<p>La première véritable tentative d&rsquo;organisation du mouvement est l&rsquo;œuvre de Richard Sauvage, plus connu sous le surnom de Ritchie, un skin de l&rsquo;Étang de Berre, localité située à une trentaine de kilomètres de Marseille. Après avoir un temps flirté avec les Faisceaux Nationalistes Européens (FNE) de Fredricksen, il adhère en 1986 au Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE). Il crée une section du PNFE dont il reste longtemps le seul et unique militant. Dès 1984, certains ont compris le potentiel militant des skins. Ainsi Olivier Devalez, alias Tod, membre des FNE, qui, après un séjour à Londres en 1984 chez les skins du British Movement, décide de rejoindre le mouvement. À son retour, il crée le premier skinzine véritablement politisé, <em>Bras tendu</em>, qu&rsquo;il réintitule en 1986 <em>Rebelle blanc</em>. Mais lassé par le manque de sérieux d&rsquo;une grande partie du mouvement skin, Devalez décide de raccrocher et confie à Ritchie fin 1986 la distribution nationale de <em>Rebelle blanc</em>. Grâce à cela, il se sent un peu moins seul et développe un réseau de contacts dans toute la France. Il n&rsquo;en oublie pas pour autant le PNFE, puisqu&rsquo;il est filmé par la télévision française en août 1988 alors qu&rsquo;il participe à Courtrai en Belgique à un meeting de l&rsquo;Euroring, une réunion de plusieurs groupes néo-nazis européens comme le Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_0_146" id="identifier_0_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti lib&eacute;ral des Ouvriers allemands.">1</a></sup> (FAP) allemand, le British National Party<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_1_146" id="identifier_1_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti national britannique.">2</a></sup> (BNP) britannique, le Vlaams Militanten Orde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_2_146" id="identifier_2_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ordre des Militants flamands.
">3</a></sup> (VMO) flamand et le PNFE.</p>
<p>Trois mois plus tard, en novembre 1988, il est parmi la cinquantaine de participants au troisième Congrès du PNFE qui se déroule au Château du Corvier, ce qui lui vaut d&rsquo;être interpellé en septembre 1989 et conduit à l&rsquo;Hôtel de Police de Marseille, afin que la police puisse lui poser quelques questions sur le déroulement de cette réunion. En effet, des militants du PNFE de Nice y avaient expliqué comment fabriquer des bombes et s&rsquo;étaient vantés de certains attentats contre le journal <em>Globe</em> et contre des locaux du PCF et de la CGT (plus tard, l&rsquo;un des militants du PNFE a commis un attentat contre un foyer Sonacotra, qui a coûté la vie à un travailleur roumain<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_3_146" id="identifier_3_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir REFLEXes n&deg;23-24 et 25-26.">4</a></sup>.) Lors de cette interpellation, les flics ont récupéré la liste des contacts de Ritchie, et surtout le fichier des abonnés du <em>Rebelle blanc</em>, qui leur a permis de se faire une meilleure idée du phénomène. Refroidi par ces «petits problèmes» et par sa famille (il habite chez papa et maman), Ritchie laisse tomber le terrain politique pour revenir à celui de la musique. Début 1991, il crée l&rsquo;Association Musicale Européenne (AME) destinée à coordonner la distribution de skinzines, de disques et à favoriser l&rsquo;organisation de concerts. Des groupes locaux se forment en Bretagne et en région parisienne (dans l&rsquo;Essonne). Là encore, cette expérience se solde par un échec, et les rivalités de personnes, très fortes au sein du mouvement skin, finissent par le dégoûter. Il fait une dernière tentative, intitulée White Rebelle Music (WRM). Fin 1992, Ritchie décide de quitter le mouvement skin où il passe pour un papi. La retraite lui pèserait-elle déjà ? Fin 1994, un bulletin intitulé <em>Résistance au Système</em> était disponible à la boîte postale de Ritchie&#8230;</p>
<p>Entre temps, un nouveau venu avait repris le flambeau à Marseille : Hervé Guttuso. Celui-ci est très jeune (14 ans) quand il intègre en 1988 le mouvement skin. Il se fait rapidement remarquer par son extrémisme et sa radicalité verbale. Il sympathise très vite avec Ritchie, enchanté de trouver enfin quelqu&rsquo;un qui soit sur la même longueur d&rsquo;onde que lui. Mais c&rsquo;est l&rsquo;époque de la déconfiture pour les skins marseillais, le phénomène Béru et redskins étant passé par là. Pas mal de skins fafs raccrochent le bomber, devenus de véritables cibles pour les bandes des quartiers, les antifafs du Scalp ou les redskins. Certains d&rsquo;entre eux finissent même par changer radicalement. L&rsquo;une des figures les plus connues s&rsquo;est convertie à l&rsquo;Islam et aux théories de Malcolm X, et est devenue un des membres les plus éminents du posse d&rsquo;IAM. À cette époque, si les paroles de Guttuso sont virulentes, ses actes le sont moins. Lui qui prône à longueur d&rsquo;écrits la solidarité entre skinheads n&rsquo;hésite pas à abandonner ses camarades (dont Cédric Meysonnier, un skin de Manosque qui fait le zine <em>Back with a Bang</em>) en pleine «discussion» avec des opposants.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/9o_Croisade_1991_-0a3b9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-639" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/9o_Croisade_1991_-0a3b9.jpg" alt="9o_Croisade_1991_-0a3b9" width="315" height="466" /></a></p>
<p>Fin 1990, il diffuse le premier numéro de son zine intitulé <em>9e Croisade</em>, «car dans l&rsquo;histoire de notre nation, il n&rsquo;y a eu que huit croisades contre les races impies». Dès cette époque, il développe de nombreux contacts, notamment avec les États-Unis, et plus particulièrement avec Ed Wolbank, le guitariste du groupe skin Bound for Glory. Il profite de son temps libre (il prépare un BEP hôtellerie) pour voyager en France et rencontrer d&rsquo;autres skinheads.</p>
<h3>L&rsquo;Américain</h3>
<p>Ses études terminées, fin 1992, il décide de partir aux États-Unis où il est accueilli par Ed Wolbank. Celui-ci le fait profiter des contacts et de la structure d&rsquo;une organisation skinhead dénommée Northern Hammer Skin (NHS), qui se développait alors dans tous les États-Unis. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en janvier 1993, Guttuso participe à Pulawski à un meeting du KKK, dont il fait un compte rendu publié dans <em>L&rsquo;Empire invisible,</em> la feuille d&rsquo;infos de la branche française du KKK. Née dans le sud des États-Unis, la NHS est une organisation visant à coordonner les différents groupes de skins qui se sont développés, fournissant ainsi de nouveaux militants aux groupes du KKK et aux partis néo-nazis américains. L&rsquo;influence du NHS dépasse bientôt le cadre des États-Unis. Guttuso se charge alors de créer la branche française qu&rsquo;il baptise Exiled Charlemagne Hammer Skin (ECHS) : exilée puisque pour l&rsquo;instant basée aux États-Unis, Charlemagne en souvenir de la division SS composée de Français. En France, c&rsquo;est un de ses contacts qui se charge de la créer. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un skin de Nogent-sur-Marne, Alain Dieni, qui édite le skinzine <em>Extermination totale</em>. Manque de chance, Dieni est arrêté en août 1993 à Villepinte avec deux autres skins (Xavier Bourdin du PNFE et Éric Petitberghien), avec dans leur voiture deux pistolets à grenaille, des grenades d&rsquo;exercice et une centaine d&rsquo;autocollants du NSDAP-AO de Gary Lauck. La tentative d&rsquo;implanter le Charlemagne Hammer Skin en France tourne donc court, mais entre temps, Guttuso a doté le CHS d&rsquo;une revue intitulée <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, au contenu violemment antisémite et destinée à diffuser en France les thèses des groupes suprémacistes blancs.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Terreur_d_Elite-d0669.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-640" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Terreur_d_Elite-d0669.jpg" alt="Terreur_d_Elite-d0669" width="315" height="448" /></a></p>
<p>Pour ces derniers, une conspiration juive influence et domine la politique des nations blanches, visant à l&rsquo;abâtardissement de celles-ci en prônant le métissage, les États-Unis et sa capitale étant pour eux aux mains d&rsquo;un gouvernement d&rsquo;occupation d&rsquo;origine juive, qu&rsquo;ils ont baptisé ZOG (Zionist Occupation Government). Autour de ce concept se rassemblent les membres du KKK, les nationaux-socialistes, les catholiques antisémites, les skins prônant la «résistance» par tous les moyens, y compris par les armes. Le cas le plus connu est le mouvement The Order dirigé par Bob Mathews, qui fut impliqué dans des braquages et des assassinats de la fin 1983 à la fin 1984. Mathews fut abattu par le FBI, tandis que plusieurs de ses militants furent condamnés à perpétuité. Ces derniers sont devenus des héros pour les groupes d&rsquo;extrême droite américains, et ils sont désignés dans leur propre presse comme des prisonniers de guerre (POW). L&rsquo;un d&rsquo;entre eux, David Lane, a écrit plusieurs textes qui sont devenus des références pour ces mouvements (comme un texte intitulé <em>Les 88 préceptes</em>). Ces mêmes groupes ont également adopté pour signature une phrase de Lane : « <em>Nous devons sécuriser l&rsquo;existence de notre race et un futur pour les enfants blancs</em> », connue aussi sous le nom des « 14 mots de Lane ».</p>
<p>Outre la diffusion en français des textes de Lane et des autres «POW», Guttuso n&rsquo;hésite pas à diffuser des recettes d&rsquo;engins explosifs (cocktail Molotov, Napalm) et à inciter ses lecteurs à se procurer certaines revues américaines, dont il fournit les adresses, qui diffusent des manuels pour la fabrication et l&rsquo;utilisation d&rsquo;explosifs, le tout avec les précautions d&rsquo;usage « <em>Nous vous conseillerons dans un premier temps de construire ces armes et d&rsquo;en stocker un maximum à l&rsquo;abri en attendant que l&rsquo;opportunité de leur utilisation arrive</em> ». Enfin, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> sert aussi à Guttuso pour régler ses comptes avec le mouvement skin français qu&rsquo;il trouve trop mou, et à l&rsquo;occasion, ce journal lui permet de pratiquer la délation envers ses petits camarades « traîtres à la race » comme Stéphane Brousse, un skin de Limoges qui anime le skinzine <em>Nuits blanches</em>, ou encore Philippe Wagner du zine <em>Zéra</em>.</p>
<h3>Le retour</h3>
<p>Fin 1993, après près d&rsquo;un an aux États-Unis, Guttuso rentre à Marseille, bien décidé à recruter pour les CHS. Il n&rsquo;en continue pas moins son skinzine, mais vu le ton violemment antisémite de sa revue, tout courrier destiné à <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> doit être envoyé à la boîte postale de la NHS qui renvoie ensuite le courrier à l&rsquo;adresse marseillaise de Guttuso, celle du label de distribution intitulé 88 Diffusion (88 pour HH, soit Heil Hitler Diffusion). Ce label est domicilié à la boîte postale d&rsquo;un de ses camarades, Francis Désidéri, un vieux skin de 35 ans, père de quatre enfants, qui aimerait se remettre dans le bain. Mais Désidéri est marié à une femme très autoritaire qui le bloque un peu dans ses élans de « guerrier urbain », et il a donc trouvé le biais de 88 Diffusion pour se remettre à militer. Outre son fanzine, Guttuso distribue aussi les productions du label canadien Resistance Record, domicilié lui aussi pour des raisons de sécurité, à Détroit aux États-Unis. Resistance Record, dirigé par Mark Wilson, produit l&rsquo;ensemble des groupes musicaux skins américains et canadiens comme Bound of Glory, Rahowa ou Aryan.</p>
<p>Il diffuse aussi un magazine intitulé <em>Resistance Magazine</em>, diffusé à 20 000 exemplaires, dont le responsable est le chanteur du groupe Rahowa, Eric George Hawthorne (alias George Burdi), membre de l&rsquo;Église du Créateur<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_4_146" id="identifier_4_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une secte chr&eacute;tienne n&eacute;o-nazie.">5</a></sup>. Guttuso n&rsquo;est pas le seul à distribuer les productions de Resistance Records en France. Un autre diffuseur est Christian David, alias Rosco, un skin de Segré (dans le Maine-et-Loire) qui anime le skinzine <em>One Voice</em>. Riton, responsable du zine défunt <em>Skin pour l&rsquo;Éternité</em>, du label du même nom et guitariste du groupe aujourd&rsquo;hui splitté West Side Boys, diffuse lui aussi Resistance Records. Cela a le don d&rsquo;énerver particulièrement Guttuso, car le Riton en question proclame souvent son aversion envers les skins nationaux-socialistes. Il préfère quant à lui se définir comme un nationaliste, sans plus. Il ne veut pas mélanger les affaires et la politique.</p>
<p>À 88 Diffusion, on peut aussi se procurer la revue du groupe anglais C18 (C pour Combat, 18 pour AH, comme Adolf Hitler), une organisation clandestine qui a été liée au British National Party<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_5_146" id="identifier_5_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir dans ce m&ecirc;me num&eacute;ro l&rsquo;article de Searchlight, &laquo;C18, c&rsquo;est reparti&raquo;.">6</a></sup> et qui s&rsquo;est spécialisée dans les attaques contre les librairies et les militants antiracistes et antifascistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_6_146" id="identifier_6_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir entre autres &laquo;C comme combat 18 comme Adolf Hitler&raquo; in REFLEXes n&deg;39, juin 1993 et &laquo;Combat 18 : suite et fin ?&raquo; in REFLEXes n&deg;46, mai 1995.
">7</a></sup>. C18 diffuse dans ses publications les noms et adresses des militants antifascistes, à charge pour les groupes locaux de les attaquer. C&rsquo;est par l&rsquo;intermédiaire de la revue The Order (paravent de C18) que Guttuso est entré en contact avec leur chef, Charlie Sargent. Ce dernier a même accordé une interview exclusive à <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> pour son quatrième numéro.</p>
<p>Au niveau européen, Guttuso entretient aussi pas mal de contacts avec la Suisse, notamment avec Olivier Kuhn, un skin responsable du Parti nationaliste suisse et européen, et avec les Suisses Hammer Skins (SHS). Guttuso était présent à la réunion annuelle de SHS à l&rsquo;été 1994. En France, il est en contact avec le PNFE qui lui fait régulièrement de la pub dans ses publications. Mais il entretient aussi des rapports suivis avec le KKK français et son grand vizir Olivier Devalez. Devalez (ex-Tod) a créé la branche française du KKK en 1987 après avoir quitté le mouvement skin, mais son activité s&rsquo;est bornée à la diffusion d&rsquo;une revue intitulée <em>L&rsquo;Empire invisible</em>, qu&rsquo;il a transformée en <em>Croix de Feu</em> après une condamnation à de la prison ferme pour incitation à la haine raciale. Peu après, mettant en sommeil son organisation, il a quitté la France pour se balader en Europe (Allemagne, Suède&#8230;). Il semblerait qu&rsquo;il soit revenu en France et qu&rsquo;il tente de réactiver de nouveau son organisation.</p>
<h3>La mouvance skin en France</h3>
<p>Lorsque Guttuso rentre en France en 1993, il découvre un mouvement skin en plein renouveau. Une nouvelle génération est apparue, souvent très jeune ; ce renouveau se remarque aussi au niveau des skinzines, plus nombreux et plus politisées.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Vaincre_1994_-d4b6b.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-641" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Vaincre_1994_-d4b6b.jpg" alt="Vaincre_1994_-d4b6b" width="236" height="333" /></a>Leur diffusion est certes restreinte (150 à 200 exemplaires maximum) et leur existence assez courte (moyenne de 4 à 5 numéros), mais leur renouvellement continu est le signe d&rsquo;un nouveau développement du mouvement. Les plus politiques annoncent souvent la couleur dans leur titre : <em>Gestapo</em> pour le zine de Fabien Ménard des Sables d&rsquo;Olonnes, <em>Totenkopf</em> pour celui du nordiste Eric Laguiller (qui organisa par ailleurs un des rares concerts skins de l&rsquo;année 1994), <em>Vaincre</em> de Stéphane Perret, un proche du PNFE, <em>Swastika</em> de Cédric Béguin du PNFE, <em>100% Blancs</em> de David Bernard (alias Barns) de l&rsquo;Essonne (un ancien de l&rsquo;Association musicale européenne, qui se définit comme national-socialiste), <em>Walkyries</em> de Nicolas Saas de Strasbourg, <em>Le Menhir</em> de Régis Sielleur de Brest (qui lui se définit comme patriote breton et nationaliste européen), ou <em>War</em> de Thierry Pellouin, un skin de Laval en contact avec l&rsquo;organisation américaine White Aryan Resistance.</p>
<p>Les groupes musicaux ont eux aussi une durée de vie assez courte. Citons en vrac, 9e Panzer Symphonie, Les Chauves Pourris, 5e Colonne, Oïffensive, Jeune Garde, Force de Frappe, Ultime Assaut&#8230; Certains groupes connus des années 1980 rejouent à nouveau, comme Légion 88 sous le nom de Vox Europa, tandis que son ancien chanteur Alain Perez (un ancien du FNJ, du MNR, des FNE puis du PNFE) se produit avec un groupe de hard core Short Cut. Bunker 84 est de nouveau sur les planches sous le nom de Wolfsgang, tandis que deux anciens membres du groupe et de Brutal Combat jouent avec Bifrost. Indice indéniable du renouveau, des concerts ont de nouveau lieu, ce qui n&rsquo;était plus possible depuis la fin des années 1980.</p>
<p>On estime la mouvance skin à près d&rsquo;un millier de membres dont un noyau dur de 150 à 200 personnes, qui se répartissent géographiquement entre Paris et la région parisienne, la Normandie (un de ses bastions avec Caen), Le Havre, Rouen, Cherbourg, puis la Bretagne avec Nantes et ses alentours ; dans le Sud, citons Bordeaux, Marseille, Perpignan, Nice et Cannes ; enfin l&rsquo;Est de la France avec Strasbourg. Certains groupes semblent plus structurés que d&rsquo;autres.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd.jpg"><img class="aligncenter wp-image-642 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd.jpg" alt="Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd" width="315" height="453" /></a></p>
<p>À Bordeaux, le groupe est lié au skinzine <em>Un Jour Viendra</em>, dont un des leaders est Lionel Arduin, condamné à 20 mois de prison ferme pour des agressions contre un couple d&rsquo;immigrés et un homo. À sa sortie de prison, il a pris contact avec le NSDAP-AO américain et le groupe anglais Blood and Honour. Ce groupe a à son actif l&rsquo;organisation de plusieurs concerts dans la région bordelaise. À chaque fois, entre 200 et 300 skins sont venus de toute la France et même d&rsquo;Europe (Angleterre, Espagne, Italie&#8230;). Le dernier date du 8 juillet dernier.<br />
Une autre région phare est la Normandie. En décembre 1993, un concert Rock Against Communism (RAC) a réuni près de Caen environ 500 skins, dont de nombreux Parisiens venus en car. Rien d&rsquo;étonnant à cela, car Caen est une ville où le PNFE dispose d&rsquo;un groupe important dirigé par le vice-président du parti, Eric Sausset, un ancien skin membre du groupe aujourd&rsquo;hui défunt les Bleach Boys. S&rsquo;il n&rsquo;est plus skin, il n&rsquo;a pas perdu pour autant le contact avec ceux-ci. Un autre bastion dans la région : Le Havre. On y retrouve une vieille connaissance, Régis Kérhuel (alias Madskin), l&rsquo;ancien bassiste des Evilskins. C&rsquo;est un vieil ami de Serge Ayoub qu&rsquo;il connaît depuis l&rsquo;époque du Clan de la fac d&rsquo;Assas. Kérhuel a été inculpé plusieurs fois pour coups et blessures, notamment en 1988, à la suite du concert de Brest organisé par Gaël Bodilis de Rebelles européens. Il partage son temps entre son travail de docker, ses deux enfants et les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires dont il est membre. À l&rsquo;occasion de tractage et de collage, on a pu remarquer la présence au Havre de militants parisiens des JNR, dont certains travaillaient à l&rsquo;époque pour la sécurité du Paris-Saint-Germain. La nouvelle génération havraise s&rsquo;organise autour d&rsquo;une revue et d&rsquo;un groupe portant le même nom, <em>Viking</em>, dirigés tous les deux par un étudiant de 21 ans, Greg Reemers. Greg semble être le petit jeune qui monte ; il se déplace beaucoup en France et en Europe, notamment en Angleterre où il a joué en décembre 1994 à Derby avec son groupe pour un concert organisé par Charlie Sargent et Combat 18. On a pu aussi le remarquer sur la vidéo de la télévision polonaise prise à la manifestation du Front national pour Jeanne d&rsquo;Arc à Paris le premier mai. Il y diffusait son zine en compagnie de sa copine Élodie Lagarde, une bird de 20 ans qui éditait un zine pour filles, <em>Birds Band</em>.</p>
<h3>L&rsquo;axe Marseille-Le Havre</h3>
<p>Dès lors, il était évident que deux personnes aussi actives que Greg et Guttuso n&rsquo;allaient pas tarder à entrer en contact, contact d&rsquo;ailleurs favorisé par le fait que Greg entretient déjà des relations avec les skins de Marseille qui diffusent le zine <em>Obélix</em>, que l&rsquo;on peut se procurer auprès de Jérôme Philippe. C&rsquo;est ainsi que durant l&rsquo;été 1994, ces derniers ont hébergé un copain skin de Greg, un marine américain qui avait fait escale à Marseille. Malgré les meurtres de Paris et du Havre, tout ce petit monde n&rsquo;en reste pas moins actif. C&rsquo;est ainsi que Greg et ses copains de Marseille sont descendus à Milan le 27 mai 1995 pour assister à un concert RAC organisé par les skins italiens en hommage à Erik Banks, le premier chanteur de Bound for Glory, mort pour s&rsquo;être retrouvé sur la trajectoire d&rsquo;une balle tirée par un skin antiraciste. Ils y ont retrouvé des skins de Paris, de Strasbourg et les groupes Bifrost, 5e Colonne et d&rsquo;ex-membres de Brutal Combat.</p>
<p>Depuis longtemps déjà, Guttuso et ses petits camarades étaient démangés par l&rsquo;envie d&rsquo;organiser eux aussi un concert à Marseille. Ils ont ainsi décidé de se lancer ; ils louent une salle dans un hôtel restaurant des quartiers est de Marseille et contactent le groupe Fraction Hexagone pour la soirée. Le concert devait de se dérouler le 9 juin, mais le propriétaire de la salle a pris peur au dernier moment et a tout annulé : en conséquence, le concert s&rsquo;est déplacé sur Cannes. Cette annulation a provoqué la colère de Greg en raison du manque de précaution de ses amis marseillais, d&rsquo;autant plus que Guttuso s&rsquo;est retrouvé avec une plainte des PTT sur le dos : il n&rsquo;avait rien trouvé de mieux que de décorer de croix gammées une lettre destinée à l&rsquo;un de ses correspondants&#8230;</p>
<p>À la différence de la précédente, la nouvelle génération skin semble plus politisée et plus extrémiste. Surtout, elle a su développer un réseau de contacts très importants avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, et avec des groupes comme Combat 18 ou le KKK, qui prônent la violence armée. À leur contact, elle profite de leur réseau et apprend à mieux s&rsquo;organiser. Pour preuve, la récente création de Sang et Honneur, la branche française de Blood and Honour ; pour éviter les problèmes avec la justice française, elle s&rsquo;est fait domicilier à la boîte postale de The Order, la revue proche de Combat 18. Mais représentent-ils pour autant un véritable danger ? Pour le moment, pas vraiment. La radicalité de leur discours n&rsquo;a pas encore débouché sur des actes violents structurés. D&rsquo;autre part, ce milieu est très surveillé par la police. Pour cette dernière, l&rsquo;existence de groupes tel que celui de Guttuso leur permet de mieux surveiller, contrôler et ficher tous « les cramés de la tête » attirés par ce genre de groupes (comme la FANE dans les années 1970, ou le PNFE aujourd&rsquo;hui). Les petits copains de Guttuso seront sûrement désagréablement surpris d&rsquo;apprendre par exemple que le courrier de Guttuso est surveillé de très près et que ceux qui le contactent voient leur nom enrichir le fichier des Renseignements généraux. À l&rsquo;inverse, d&rsquo;autres militants (souvent sortis du mouvement skin) ont élaboré une autre stratégie moins voyante prônant l&rsquo;union des jeunes nationalistes toutes tendances confondues, à travers diverses publications comme <em>Réfléchir et Agir</em> ou <em>Combat nationaliste</em>. Pour notre part, nous pensons qu&rsquo;il ne faut pas fantasmer sur le danger skin en lui-même. Le véritable danger vient de ceux qui utilisent les skins comme force de manœuvre. Rappelons que c&rsquo;est dans la manifestation du Front national que les skins se baladaient, que c&rsquo;est dans un bus mis à la disposition par le Front national que les skins responsables du meurtre sont venus de Reims. Au Havre, c&rsquo;est après un meeting du Front national que deux skins ont tué. Ne l&rsquo;oublions pas&#8230;</p>
<p>Paru dans REFLEXes N° 47, oct./nov. 1995</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_146" class="footnote">Parti libéral des Ouvriers allemands.</li><li id="footnote_1_146" class="footnote">Parti national britannique.</li><li id="footnote_2_146" class="footnote">Ordre des Militants flamands.<br />
</li><li id="footnote_3_146" class="footnote">Voir REFLEXes n°23-24 et 25-26.</li><li id="footnote_4_146" class="footnote">Une secte chrétienne néo-nazie.</li><li id="footnote_5_146" class="footnote">Voir dans ce même numéro l&rsquo;article de Searchlight, «C18, c&rsquo;est reparti».</li><li id="footnote_6_146" class="footnote">Voir entre autres «<a href="http://reflexes.samizdat.net/c18-c-comme-combat-18-comme-adolf-hitler/">C comme combat 18 comme Adolf Hitler</a>» in REFLEXes n°39, juin 1993 et «<a href="http://reflexes.samizdat.net/combat-18-suite-et-fin/">Combat 18 : suite et fin ?</a>» in <em>REFLEXes </em>n°46, mai 1995.<br />
</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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