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	<title>REFLEXes &#187; Sébastien Deyzieu</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>&#171;&#160;9 mai&#160;&#187; 2011 : Loin Deyzieu, loin du coeur&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 09 May 2011 18:05:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Loin des sondages dans lesquels la figure de proue de l’extrême droite française tient le haut de la vague, les manifestations nationalistes de mai 2011 auront été en demi-teinte par rapport aux espérances de leurs organisateurs. Cela va sans dire de la manifestation du FN le 1er mai dernier. Comme tous les ans depuis la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Loin des sondages dans lesquels la figure de proue de l’extrême droite française tient le haut de la vague, les manifestations nationalistes de mai 2011 auront été en demi-teinte par rapport aux espérances de leurs organisateurs. Cela va sans dire de la manifestation du FN le 1er mai dernier.</strong><br />
Comme tous les ans depuis la fin des années 1980, le début du mois de mai voit l&rsquo;extrême droite parader dans les rues de Paris. Rapide bilan du 1er et 8 mai 2011. Ce premier 1er mai de l&rsquo;ère Marine Le Pen n&rsquo;aura pas déplacé les foules. Malgré un trajet très particulier dans les rues de Paris pour cacher la faible mobilisation, il était évident que le défilé du FN n&rsquo;avait pas retrouvé les effectifs des années 1990 ou celui de 2002, prouvant une fois de plus que si le FN a des électeurs, il n&rsquo;a pas de militants. On peut légitimement estimer qu&rsquo;entre 3000 et 4000 personnes seulement avaient fait le déplacement.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/1ermai_FN2-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1526" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/1ermai_FN2-2-1024x576.jpg" alt="1ermai_FN2-2" width="474" height="266" /></a></p>
<p>En tête de cortège, la plupart des responsables du FN et des secrétaires départementaux s&rsquo;étaient regroupés autour de Marine Le Pen tandis que Bruno Gollnisch défilait en fin de manif entouré de son équipe rapprochée. La fédération lyonnaise a d&rsquo;ailleurs singulièrement fondu depuis l&rsquo;année dernière, le congrès de Tours et la polémique sur l&rsquo;OEuvre Française ayant eu leur petit effet. Entre les deux, on retrouvait les différentes fédérations du FN, certaines regroupant moins d&rsquo;une dizaine de personnes, certains brandissant de curieux drapeaux bleus siglés &laquo;&nbsp;Liberté&nbsp;&raquo; totalement neutre, sans aucune référence au FN ou à Marine Le Pen.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/1ermai_FN.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1527" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/1ermai_FN-1024x576.jpg" alt="1ermai_FN" width="474" height="266" /></a></p>
<p>Quant au tournant syndical du FN impulsé par Marine Le Pen si souvent décrit dans les médias, on repassera : on était très loin de l&rsquo;ambiance du défilé du 1er mai 1996, quand Mégret et ses troupes s&rsquo;étaient fixés comme objectif d&rsquo;investir le champ syndical. Pas un seul tract, slogan ou banderole ne faisaient référence au monde syndical. Certains ont néanmoins réussi à voir Thierry Gourlot et Fabien Engelmann derrière une banderole : &laquo;&nbsp;Pour un syndicalisme national&nbsp;&raquo;. Cette absence totale de thématique au sein du cortège frontiste était même flagrant. Rien n&rsquo;avait été autorisé à part les banderoles de fédérations, les drapeaux bleu blanc rouge et les fameux drapeaux bleus. Même les slogans donnaient dans le classique : Le Pen Président, Bleu Blanc Rouge la france aux français et parfois un timide France, Nation, Révolution.</p>
<p><strong>Les &laquo;&nbsp;bones&nbsp;&raquo; habitudes</strong></p>
<p>Ce défilé devait également être celui d&rsquo;un nouveau FN plus propre, débarrassé des skins et autre groupuscules nationalistes si gênants pour la nouvelle direction. Malgré des consignes strictes envoyées aux fédérations, les bonheads étaient bien présents dans le cortège du FN, comme simples participants ou intégrés dans les SO volants. Certes, le look était moins explicite que par le passé, mais pour toute personne connaissant un tant soit peu ce milieu, il était évident que le FN n&rsquo;avait pas fait le ménage dans ses rangs et que le parti a encore et toujours besoin de ce genre d&rsquo;individus ou des groupuscules radicaux pour venir renforcer un service d&rsquo;ordre incapable numériquement de tenir un tel évènement. Preuve de la mauvaise santé du DPS, il n&rsquo; existait aucune uniformité parmi les différents groupes DPS présents tout au long de la manif, certains arborant les bombers et casques siglés DPS tandis que d&rsquo;autres se la jouaient plus professionnels avec des coupe-vent siglés DPS, un peu comme les boîtes de sécurité pro. Enfin plusieurs dizaines d&rsquo;individus comme par exemple des pompiers, portaient le brassard orange autour du bras.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/dps1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1528" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/dps1-1024x576.jpg" alt="dps1" width="474" height="266" /></a></p>
<p>En fin de manif, comme par le passé, les esprits se sont un peu échauffés. Certains membres des SO volants, perdant leur calme, ont tenté à plusieurs reprises d&rsquo;intimider physiquement journalistes et passants, forçant Yvan Benedetti, lors du passage de la fédération Rhones Alpes, de calmer les esprits.<br />
En fin de cortège, la tradition était également au rdv puisque comme aux belles années du défilé du front des années 80 et 90 on retrouvait une petite délégation du GUD emmenée par Edouard Klein et <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-1er-mai-les-cons-osent-tout/">Baptiste Coquelle</a>, qui pour l&rsquo;occasion aura enfin pu terminer un défilé du FN. Les gudars seront rejoints lors du discours de Marine Le Pen par Serge &laquo;&nbsp;Batskin&nbsp;&raquo; Ayoub, preuve que politiquement ce petit milieu navigue à vue, essayant de prendre la température du moment.</p>
<p><strong>Le défilé du 8 mai</strong></p>
<p>Mais ce constat sur la baisse des effectifs du FN version Marine vaut aussi pour la manifestation nationaliste du 8 mai, autrefois commémoration du 9 mai, devenue grande sortie annuelle de tout ce que le pays compte de groupuscules et de psychopathes nationalistes. Les organisateurs, et en premier lieu Serge Ayoub, avaient en effet marqué un coup l’année dernière en transformant une retraite aux flambeaux annuelle de 300 personnes en <a href="http://reflexes.samizdat.net/9-mai-2010-de-jeanne-darc-a-deyzieu-une-meme-occupation/">une manifestation de 700 à 800 personnes relativement impressionnante</a>. Celle de cette année était globalement en retrait, entre 500 et 600 personnes grand maximum, comme on peut d’ailleurs l’apercevoir sur les photos d’altitude publiées sur <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/05/08/lextreme-droite-radicale-fait-son-8-mai-croix-celtiques-et-radio-londres/" target="_blank">le blog Droites extrêmes</a>. Ce reflux se ressentait dans quasiment tous les cortèges, dès lors que l’on retrouvait globalement les mêmes que l’année dernière :</p>
<p><strong>Nouvelle Droite Populaire</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/ndp1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1529" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/ndp1-1024x768.jpg" alt="ndp1" width="474" height="355" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/ndp2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1530" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/ndp2-1024x768.jpg" alt="ndp2" width="474" height="355" /></a></p>
<p><strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/terre-peuple-quand-les-gaulois-sont-dans-la-peine/">Terre &amp; Peuple</a></strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tp-4.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1532" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tp-4-1024x768.jpg" alt="tp-4" width="474" height="355" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tp-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1531" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tp-2-1024x576.jpg" alt="tp-2" width="474" height="266" /></a></p>
<p><strong>Renouveau Français</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/RF-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1533" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/RF-1-1024x576.jpg" alt="RF-1" width="474" height="266" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/RF-3.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1534" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/RF-3-1024x768.jpg" alt="RF-3" width="474" height="355" /></a></p>
<p><strong><a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a></strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gud-3.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1537" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gud-3-1024x768.jpg" alt="gud-3" width="474" height="355" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gud-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1535" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gud-1-1024x576.jpg" alt="gud-1" width="474" height="266" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gud-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1536" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gud-2-1024x576.jpg" alt="gud-2" width="474" height="266" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gud-4.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1538" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gud-4-1024x768.jpg" alt="gud-4" width="474" height="355" /></a></p>
<p><strong>JNR / Troisième Voie</strong></p>
<div id="attachment_1539" style="width: 484px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-4.jpg"><img class="size-large wp-image-1539" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-4-1024x768.jpg" alt="Les anciens JNR ouvraient le cortège de Troisième Voie" width="474" height="355" /></a><p class="wp-caption-text">Les anciens JNR ouvraient le cortège de Troisième Voie</p></div>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1540" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-1-1024x576.jpg" alt="tv-1" width="474" height="266" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1541" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-2-1024x576.jpg" alt="tv-2" width="474" height="266" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-3.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1542" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-3-1024x576.jpg" alt="tv-3" width="474" height="266" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-5.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1543" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-5-1024x768.jpg" alt="tv-5" width="474" height="355" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-6.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1544" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-6-1024x768.jpg" alt="tv-6" width="474" height="355" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-7.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1545" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/tv-7-1024x768.jpg" alt="tv-7" width="474" height="355" /></a></p>
<p><strong>Nationalistes autonomes</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/na-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1546" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/na-1-1024x576.jpg" alt="na-1" width="474" height="266" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/na-3.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1547" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/na-3-1024x768.jpg" alt="na-3" width="474" height="355" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/na-4.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1548" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/na-4-1024x768.jpg" alt="na-4" width="474" height="355" /></a></p>
<p><strong>Front Comtois</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fc-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1549" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fc-1-1024x576.jpg" alt="fc-1" width="474" height="266" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fc-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1550" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fc-2-1024x768.jpg" alt="fc-2" width="474" height="355" /></a></p>
<p><strong>Front des Patriotes</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fp-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1551" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fp-1-1024x576.jpg" alt="fp-1" width="474" height="266" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fp-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1552" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fp-2-1024x768.jpg" alt="fp-2" width="474" height="355" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fp-3.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1553" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/fp-3-1024x768.jpg" alt="fp-3" width="474" height="355" /></a></p>
<p><strong>Nation</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/nation-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1554" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/nation-1-1024x768.jpg" alt="nation-1" width="474" height="355" /></a></p>
<p><strong>C9M </strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/c9m_1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1555" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/c9m_1-1024x768.jpg" alt="c9m_1" width="474" height="355" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/c9m_5.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1556" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/c9m_5-1024x576.jpg" alt="c9m_5" width="474" height="266" /></a></p>
<p><strong>hools parisiens</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/hools.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1557" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/hools-1024x768.jpg" alt="hools" width="474" height="355" /></a></p>
<p>On peut considérer que cette manifestation à l’ampleur nationale a donc atteint son niveau réel de potentiel de participants car la sociologie de ces derniers est très limitée : énorme majorité de jeunes militants ou sympathisants radicaux très fortement lookés (tatouages à foison, crânes rasés à l’unisson) et vieux militants retraités ou pas loin de l’être. On voit ainsi mal comment les organisateurs pourraient espérer attirer des militants moins typés et à plus forte raison des familles avec enfants, si on excepte le RF qui alignait celles de ses militants.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/RF-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1558" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/RF-2-1024x576.jpg" alt="RF-2" width="474" height="266" /></a></p>
<p>Ce nombre demeure cependant &#8211; et évidemment &#8211; loin d‘être négligeable au regard du nombre de manifestants venus pour le FN ce 1er mai.</p>
<p>La manifestation appelle quelques autres remarques :<br />
- Serge Ayoub a définitivement enterré <a href="http://reflexes.samizdat.net/sur-les-paves/">Sébastien Deyzieu </a>et cette manifestation du 8 mai n’a clairement plus qu’un lien fort symbolique avec le militant décédé en 1994. Certes une messe doit être dite le 9 mai au soir à Saint Nicolas du Chardonnet avec à la clé un dépôt de gerbe mais la commémoration est résiduelle. Il n’a été fait aucune allusion au 8 mai 1994 et le fantomatique C9M sensé perpétué le souvenir de Sébastien Deyzieu était relégué en toute fin de cortège, animé et drainé par des inconnus, à quelques exceptions près.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/c9m_6.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1559" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/c9m_6-1024x576.jpg" alt="c9m_6" width="474" height="266" /></a></p>
<p>- La droite radicale est retournée à son niveau d’éparpillement et de fractionnement de la fin des années 1980, avec une multitude de groupes, souvent locaux, se réclamant du nationalisme révolutionnaire ou du national-socialisme et en utilisant les symboles et les slogans. Personne ni aucune organisation ne semble en capacité d’unifier toutes ces structures ou ne serait-ce que de les coordonner. D’ailleurs, si chaque groupe veut bien manifester, c’est souvent en espérant être le plus loin possible des autres. C’était particulièrement net avec les « vieux » de la NDP et de T&amp;P mais tout autant avec le RF. On peut bien s’appeler « camarades », il y a des limites…</p>
<p>- Cette manifestation est devenue l’anti-1er mai. Non seulement parce que les participants ne se privent pas pour dire tout le mal qu’ils pensent de Marine Le Pen, y compris d’ailleurs à la tribune puisque Pierre Vial y est allé de son coup de patte attendu sur les « valeurs de la République » chères selon lui à la fille Le Pen, mais surtout parce qu’on y retrouve tous les parias du FN, en l’occurrence les désormais célébrissimes Alexandre Gabriac et Christophe Georgy, entre autres, ou les futurs purgés comme Yvan Benedetti. Pour autant, ils n’étaient pas les seuls puisqu’un proche de Marine Le Pen, en l’occurrence Jildaz Mahé était également présent, sans doute par pure curiosité.</p>
<div id="attachment_1560" style="width: 484px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gabriac-1.jpg"><img class="size-large wp-image-1560" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gabriac-1-1024x576.jpg" alt="Alexandre Gabriac et sa petite bande" width="474" height="266" /></a><p class="wp-caption-text">Alexandre Gabriac et sa petite bande</p></div>
<div id="attachment_1561" style="width: 484px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gabriac-2.jpg"><img class="size-large wp-image-1561" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/gabriac-2-1024x768.jpg" alt="Gabriac en fin de cortège du Renouveau Français" width="474" height="355" /></a><p class="wp-caption-text">Gabriac en fin de cortège du Renouveau Français</p></div>
<p>La manifestation s’est terminée par des prises de parole qui ont rarement soulevé l’enthousiasme. La palme du flop revient sans doute à l’orateur du RF, Sylvain Jaurand alias Sylvain Maubranche, au charisme approximatif, espérant fermement redonner à cette manifestation un contenu spirituel catholique qui ne lui a attiré que des ricanements dans les rangs de <a href="http://reflexes.samizdat.net/terre-peuple-quand-les-gaulois-sont-dans-la-peine/">Terre &amp; Peuple</a>. Il dispute cependant cette palme avec Edouard Klein qui peine décidément à entrer dans le costume de ses anciens, n’ayant l’envergure ni du fond ni de la forme généralement associé au <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a>. Assez curieusement, et contrairement à l’année dernière, Serge Ayoub n’a pas montré non plus un talent extraordinaire, s&rsquo;engageant dans une longue énumération des batailles dont lui et les siens seraient les héritiers, de Bouvines à la Bastille en passant par Verdun, ce qui n’était pas frappant quand on regardait l’état d’ébriété de certains participants. Enfin Robert Spieler et Pierre Vial ont été égaux avec eux-mêmes, Vial multipliant les clins d’œil antisémites comme il les aime et comme les apprécient d’autres personnalités présentes, à l’instar de François Lalin. Le même Vial a d’ailleurs tout autant marqué son territoire en utilisant plusieurs fois le terme « identitaire », histoire de ne pas laisser ce vocable aux frères ennemis niçois. Les mêmes, en moins nombreux, ont assisté au meeting de l’après-midi tenu passage Dubail dans les anciens locaux du <a href="http://reflexes.samizdat.net/parti-nationaliste-francais-pnf/">PNF</a> tandis que les JNR tenaient une assemblée communautaire rue des Vinaigriers et certains ont même poursuivi le soir au concert de Laibach.</p>
<p>Sous la pression des antifas et par la volonté de Serge Ayoub, la droite radicale a clairement tourné la page Deyzieu, prouvant au passage que la prétendue commémoration n&rsquo;était depuis longtemps qu&rsquo;un prétexte pour une manifestation publique. Mais cela a été pour mieux rebondir en instituant un nouveau rendez-vous des affreux. On peut d&rsquo;ores et déjà se préparer à celui de l&rsquo;année prochaine&#8230;</p>
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		<title>9 mai 2010 : De Jeanne d&#8217;Arc à Deyzieu, une même Occupation</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 14:29:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La rue de Rivoli avait dimanche matin dernier un petit air de fin des années 1980. Il ne manquait à vrai dire qu’une Kübelwagen pour définitivement fixer l’ambiance mais on peut supposer que ce sera pour l’année prochaine… Voici donc un petit bilan du 9 mai 2010 qui restera, sans nul doute, un très bon cru en zone occupée.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La rue de Rivoli avait dimanche matin dernier un petit air de fin des années 1980. Il ne manquait à vrai dire qu’une Kübelwagen pour définitivement fixer l’ambiance mais on peut supposer que ce sera pour l’année prochaine… Voici donc un petit bilan du 9 mai 2010 qui restera, sans nul doute, un très bon cru en zone occupée.</p>
<p>Cette année le 9 mai se trouvait correspondre au deuxième dimanche du mois de mai et à la célébration de la Jeanne c’est-à-dire la fête de Jeanne d’Arc. Depuis que le FN a opté pour le 1er Mai, cette célébration ne réunissait que des groupuscules, principalement l’Action Française, l&rsquo;Œuvre Française, la CRC de l’abbé Georges de Nantes ou encore épisodiquement l’ex-Garde Franque / Renouveau Français. Le 9 mai pour sa part consiste en un hommage à Sébastien Deyzieu, ex-militant de l’œuvre décédé à la suite d’une manifestation anti-américaine le 8 mai 1994 qui était alors organisée par le GUD et les JNR de Serge Ayoub. La conjonction de dates créée par le calendrier cette année a permis à tout ce petit monde de se retrouver, du moins pour une partie d’entre eux, et de fusionner les mots d’ordre.</p>
<h3>La manifestation !</h3>
<p>Le matin donc, une manifestation réunissait un conglomérat d’organisations sur une thématique de « résistance nationale au mondialisme » pour laquelle était convoquée la figure de Jeanne d’Arc. Elle devait permettre à tous les groupes participants d’afficher leurs couleurs, de se compter et accessoirement de renouer avec une manifestation de commémoration pour la mort de S. Deyzieu qui n’avait pas eu lieu l’année dernière. Accessoirement car à l’évidence cette thématique n’était pas le sujet central de mobilisation des troupes. Une messe ayant eu lieu, comme l’année dernière, la veille au soir à Saint-Nicolas du Chardonnet, Serge Ayoub a du considérer qu’il avait rempli le minimum syndical sur cette question. Place aux grandes manœuvres politiques !</p>
<p>Sous un caractère « unitaire », il s’agissait pour chaque groupuscule de montrer qu’il existe et qu’il entend faire entendre sa petite musique dans la recomposition actuelle de l’extrême droite. À ce petit jeu, c’est indéniablement Ayoub le grand gagnant comme nous le verrons ci-dessous : la banderole C9M drainait derrière elle plus de 200 manifestants qui contournaient ainsi la logique partidaire des autres groupes. Malin comme un gorille, Serge Ayoub se place ainsi en figure centrale du milieu nationaliste parisien trois ans seulement après un retour qui à l’époque provoqua plus de ricanements que d’applaudissements émus. Pour le reste, le cortège s’apparentait largement au mariage de la carpe et du lapin, entre paganistes chevelus et contre-révolutionnaires catholiques. Encore manquait-il le réseau France Nationaliste de Thierry Maillard qui s’en était récemment retiré au profit d’une manifestation à Reims au même moment et sur une thématique moins « sociale ». Signe de ces tempêtes dans un crachat, Maillard, déguisé en parachutiste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/9-mai-2010-de-jeanne-darc-a-deyzieu-une-meme-occupation/#footnote_0_457" id="identifier_0_457" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="sans doute pour mieux tromper les services psychiatriques">1</a></sup>, avait menacé des militants du Renouveau Français à l’occasion du 1er Mai du FN et retourné leur table en guise de punition bien méritée : ces militants étaient bien moins gros que lui. Il faut dire que la participation de Maillard aurait été une curiosité.</p>
<h3>Les absents</h3>
<p>Il est en effet le responsable du FN sur Reims et surtout un ami proche de Laurent <a href="http://reflexes.samizdat.net/agitation-dans-le-bocal/">Latruwe</a>, ancien tout comme lui de l&rsquo;Œuvre française et surtout co-animateur du blog Nations Presse Info ainsi que de la revue éponyme sous le pseudonyme de Roland Mâchefer. Or NPI ne manque jamais une occasion d’attaquer le petit milieu gravitant autour de la NDP, de Robert Spieler à Roland Hélie et la revue <em>Synthèse Nationale</em>. Ce que l’on retrouve dans ce qu’écrivait Maillard en octobre 2008 à propos de la réunion annuelle organisée par <em>Synthèse Nationale</em> : « <em>Puisque le Réseau France nationaliste n’a surtout pas été convié à cette réunion publique, après avoir été contacté et pressenti pour y participer, et puisque Roland Hélie a dédaigné répondre aux inquiétudes et interrogations que notre porte-parole, Thierry Maillard, lui avait exposées par téléphone, nous ne voyons pas pourquoi nous nous gênerions pour afficher devant tout le monde ce que nous pensons de cet éphémère rassemblement hétéroclite et contre nature qui ressemble plus à une « Groupuscule’s Fiesta » parisienne. </em></p>
<p>« Si Le Pen arrive un jour au pouvoir, nous serons tous dans l’opposition ! » affirmait crânement Roland Hélie en janvier dernier, au moment de la campagne présidentielle. Tel devrait être l’intitulé de cette réunion du 27 octobre à Paris destinée à rassembler tous les anti-Le Pen, des plus ringards aux plus aigris en passant par les parasites et autres boulets notoires. Et question boulet, l’organisateur de cette petite sauterie s’y connaît&#8230;</p>
<p>Outre qu’il collectionne les désastres politiques et les inimitiés, le « directeur » de Synthèse nationale vit, depuis plus de 30 ans, avec une seule obsession pathologique : la haine de Le Pen, du FN et de ses militants. […] La paresse intellectuelle (et physique), entremêlée d’égoïsme, de couardise, fourberie et mégalomanie, n’a jamais rien donné de positif en politique ou ailleurs. Il paraît même qu’il se prend pour un « courant de pensée » à lui tout seul&#8230; Désespérant !</p>
<p>Feignant de s’entendre comme larrons en foire, la plupart des intervenants ne peuvent pas se sentir&#8230; et certains de façon viscérale ! Et comme toute politique se juge à ses résultats, il pourrait être édifiant d’étaler le bilan politique des uns et des autres de ces dix dernières années, en commençant par celui du maître d’œuvre, justement. La grotesque « revue » qui parraine cette réunion est, de loin, l’absolu contraire d’un travail consciencieux, soigné, appliqué, intelligent et réfléchi. En tout état de cause, tout l’opposé de ce qu’il est nécessaire (et même urgent !) de faire au sein de notre mouvance politique pour préparer les mois et années à venir. […] L’amoncellement d’intervenants épars qui nourrit péniblement cette « feuille » semble vivre dans une douillette bulle idéalisée, bien à l’abri de tout ce qui pourrait contredire sa vision hédoniste du ghetto de l’extrême-droite. Ceux-là mêmes s’imaginent que l’électorat national issu de la gauche ouvrière est forcément acquis, alors que chacun sait qu’aucun électorat n’est jamais définitivement assujetti et que, justement, le corpus électoral frontiste subit une érosion fâcheuse de cet électorat là depuis la dernière présidentielle. Mais il est tellement rassurant de s’isoler dans des a priori lénifiants&#8230; Ainsi, par flémingite aiguë, on multiplie les marronniers (article d&rsquo;information de faible<br />
importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible) et on s’autosatisfait de peu&#8230; de bien peu !<br />
Et 12 euros pour essuyer les résidus de la grosse commission, c’est quand même très cher&#8230;</p>
<p>L’intitulé interrogatif de cette réunion, « Comment défendre notre identité ? », témoigne des limites intellectuelles des organisateurs : après plus de trois décennies de présence ininterrompue à l’extrême-droite, ils s’interrogent encore sur la façon d’aborder ce sujet incontournable. Lamentable !</p>
<p>Outre le fait qu’aucun responsable de poids du Front National n’est invité à s’exprimer librement, il est à<br />
noter que Synthèse nationale est une des rares feuilles, se prétendant « nationale », qui refuse de s’associer, de près ou de loin, aux manifestations qui ont lieu ces derniers temps contre le mini traité européiste de Sarközy et pour la défense d’une France indépendante et souveraine. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que parmi les organisateurs se trouve Robert Spieler, ex-président du groupuscule séparatiste Alsace d’Abord, cache sexe d’une Allemagne d’Abord au service des euromondialistes, et qui prône une idéologie supranationale en accord avec la Constitution européiste de Sarkozy. Au demeurant, on peut s’étonner de la présence d’un certain nombre de personnalités à cette assemblée de bras cassés, qui se différencient nettement de la piétaille.</p>
<p>Comme la venue annoncée de Pierre Sidos, fondateur de L’Œuvre Française, lui qui a su donner la croix celtique aux nationalistes radicaux comme signe de ralliement et a toujours été d’une rigueur absolue concernant la défense de notre sol, de notre langue, de notre peau. Cautionne-t-il les délires francophobes, voire cosmopolites, de certains au mental de métèques ? Et sait-il vraiment ce que Roland Hélie ose déverser sur lui dans son dos ? Nous nous refusons à croire que ce chef historique du nationalisme français puisse s’être laissé abuser par des individus aussi malfaisants dans une aventure aussi ouvertement antinationale. Ceci reste incompréhensible pour nous.</p>
<p>Ou bien encore, comme Jean-François Touzé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/9-mai-2010-de-jeanne-darc-a-deyzieu-une-meme-occupation/#footnote_1_457" id="identifier_1_457" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On avait un peu perdu de vue Jean-Fran&ccedil;ois Touz&eacute; depuis qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;tait fait mettre &agrave; la porte de la Nouvelle Droite Populaire le 17 septembre 2008, soit 7 mois apr&egrave;s la cr&eacute;ation du parti. Ses anciens comp&egrave;res des ann&eacute;es 80 et 90 (soit la bande d&rsquo;ancien du PFN de Roland H&eacute;lie &hellip;) avaient peu gout&eacute; ses prises positions pro-sionistes et pro-atlantistes. Il avait lanc&eacute; dans la foul&eacute;e la Nouvelle Droite R&eacute;publicaine, rapidement transform&eacute;e en Alliance pour les Libert&eacute;s, petite officine ultra-lib&eacute;rale qui vient de mettre la cl&eacute; sous la porte et donc certains membres ont rejoint Riposte La&iuml;que.
Jusque l&agrave; rien qui puisse bouleverser l&rsquo;&eacute;quilibre des forces au sein de l&rsquo;extr&ecirc;me droite fran&ccedil;aise, d&rsquo;autant que l&rsquo;APL a eu peu d&rsquo;activit&eacute;, mise &agrave; part la pr&eacute;sence de l&rsquo;un de ses membres sur la liste identitaire de la &laquo; la Ligue du Sud &raquo; de Bompard et Vardon. Tout &ccedil;a commence &agrave; sentir le sapin pour l&rsquo;ancien pigiste de Rock&rsquo;n Folk. Il faut dire que la stabilit&eacute; et la coh&eacute;rence id&eacute;ologique n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; le fort de JFT. En 1984 il rejoint le FN mais fait coller ses affiches en 1986, &agrave; Paris par des militants de l&rsquo;UNI recrut&eacute;s via Alain Denizet, num&eacute;ro 3 du mouvement estudiantin proche du RPR et de l&rsquo;ancien SAC. En 1989 il quitte le FN avec des anciens du PFN et fondent plusieurs structures nationalistes, dont les Comit&eacute;s &laquo; Espace Nouveau &raquo; et l&rsquo;Alliance Populaire en 1992. L&rsquo;AP pr&eacute;sentera 80 candidats lors des l&eacute;gislatives de 1993, dont Serge Ayoub. La derni&egrave;re fantaisie de Touz&eacute; est sa signature (au c&ocirc;t&eacute; de Beno&icirc;t Fleury ancien chef du GUD parisien des ann&eacute;es 1990) pour une p&eacute;tition sur dialexis.org qui appelle &agrave; contrer un appel &agrave; l&rsquo;unit&eacute; lanc&eacute; par des sionistes de gauche paru dans le journal Le Monde.">2</a></sup>, élu régional d’Ile-de-France qui, après avoir laborieusement gravit ces dernières années nombre d’échelons au sein du FN &#8211; grâce à l’appui bienveillant de Jean-Marie Le Pen, du reste &#8211; se compromet ici dans une attitude forcément stérile. Aurait-il à ce point peur du pouvoir en politique, si modeste soit-il, pour rétrograder dix ans en arrière, sous l’influence pathétique et pleurnicharde d’un Hélie « Nouilles-Saucisses » ayant le sens politique d’un enfant de quatre ans ? A moins qu’il ne cherche à briller au milieu des médiocres, sans s’apercevoir qu’il est le dindon de la farce&#8230; Il y a quelques mois encore, il était plus lepéniste que Le Pen. « Mon avenir politique, c’est Marine », lançait-il comme pour se justifier. Et gare à celui qui aurait osé le contredire ! Mais il est vrai qu’il a toujours été très réceptif aux jérémiades incessantes de son égocentrique « ami » ; une sorte de substitut de p’tit frère attardé que l’on tire derrière soi comme sa croix. Pourtant, ce dernier ne s’était pas gêné, devant tout le monde, pour le traîner d’une façon particulièrement abjecte dans la boue, le couvrir d’insultes et de reproches en tous genres, et cela pendant plus d’un an&#8230; Est-il si nécessaire de le rappeler ?</p>
<p>Celui-là justement parle de retour aux « fondamentaux », au sein de son parti, principes intangibles qui firent jadis le succès de la Droite nationale. Suggestion certes louable, mais qui, à l’évidence, est hors sujet au regard de l’ubuesque composition hétéroclite des intervenants et de la conception même de la feuille de choux qui parraine cette réunion. Quels « fondamentaux » peut-on tirer des provocations bêtement racistes et primitives d’un Lamberterie, morveux simplet -amateur de poncifs gauchisants-, à l’égard de tout ce qui n’est pas magyar ? Quels « fondamentaux » peut-on espérer des délires antinationaux, francophobes et pangermanistes d’un Spieler ou des rêveries mytho-helvétiques d’un Vial qui a manifestement trop abusé du chocolat Milka ?<br />
[…] Et si l’on prétend « rassembler sans exclusive » tout ce qui compte au sein de la mouvance nationale, alors pourquoi ne pas avoir invité Thierry Mudry ? Il aurait pu s’associer avec Bernard Antony pour étaler son amour immodéré des islamistes des Balkans qui oeuvrent pour l’éradication des chrétiens orthodoxes. Pourquoi ne pas faire venir Dieudonné M’Bala M’Bala qui aurait pu partager avec Anne Kling son approche très particulière de la communauté de « l’entité » ? Et, encore, pourquoi ne pas avoir invité Paul-Marie Couteaux qui aurait pu papoter chiffons avec Eric Miné ?</p>
<p>De semblables réunions publiques ont déjà eu lieu ces dernières années : on se souvient de celles des Comités Espace Nouveau puis, plus proche de nous, des deux réunions de la Maison de l’Identité. Initiatives à chaque fois qualifiées sans rire par leurs initiateurs d’« énorme succès »&#8230; Initiatives éphémères, sans lendemain et au résultat politique nul. Initiatives justes bonnes à amuser la galerie du ghetto de l’extrême-droite. […] Comme nous le confiait, il y a quelques années, le regretté Roland Gaucher : « Ces gens-là ne font pas de politique, ils font des coups et c’est tout ce qu’ils sont capables de faire ! ».</p>
<p>Avec de tels spécimens, les tenants du régime peuvent dormir tranquilles. Le plus souvent inaptes à toute entreprise sérieuse, leur demander de travailler vraiment –et pas de profiter du travail des autres !- serait leur faire violence&#8230; Leur farouche volonté de vouloir absolument retourner en 1970 (époque bénie des groupuscules et des petits services négociés aux gens du Système&#8230;), prouve que nous ne risquons pas d’être démentis.</p>
<p>Pourtant, nous savons très bien que quelques intervenants sont d’une parfaite honnêteté intellectuelle, notamment ces provinciaux soucieux de défendre leur véritable Identité. Aussi, nous ne doutons pas de la sincérité de la plupart de ceux qui viendront à cette après-midi festive. Mais, outre les éternels boutiquiers orientaux en quête, jamais assouvie, de lucre (Randa, Larebière&#8230;), et les sempiternels touristes de la mouvance qui vont toujours là où il y a&#8230; quelque chose à boire ; quelque puissent être les motivations de chacun, ceux qui participeront à cette réunion publique peuvent être assurés que les bénéfices récoltés (car il y en aura forcément) ne serviront nullement à défendre notre identité, et encore moins la France et les Français, mais bien à combattre, même modestement, l’idéal d’une France souveraine et indépendante, le Front National et son Président, Jean-Marie Le Pen.</p>
<p>Et, cela, en tant qu’ultras du nationalisme français, ardents défenseurs d’une France une et indivisible,<br />
nous ne pouvons l’accepter ! »</p>
<p>Pouf pouf.</p>
<p>D’autres mouvements nationalistes étaient d’ailleurs absents, comme le PDF ou l&rsquo;Œuvre Française. Si dans ce dernier cas il semble qu’il s’agisse d’un refus de Pierre Sidos de servir la soupe à Serge Ayoub, le choix de Carl Lang de se tenir loin de cette pantalonnade répondait sans doute davantage à un réel souci de respectabilité et de sérieux politique autant qu’aux incertitudes sur la capacité de mobilisation du parti sur une telle initiative.</p>
<h3>Les présents</h3>
<p>Restaient donc les autres, à savoir et dans l’ordre :<br />
- <strong>Les « vieux »</strong>. Robert Spieler, Pierre Vial. La veille, les mêmes étaient intervenus lors du Conseil National de la NDP dans le Xe arrondissement de Paris. Une partie de ce conseil étant ouverte au public, cela nous a permis de constater une fois de plus que la NDP ne savait pas compter puisque bien loin des 150 cadres et militants annoncés sur le site du groupuscule, nous n’en avons pas compté plus de 80, soit la moitié. Pierre Vial s’est d’ailleurs montré à cette occasion égal à lui-même en multipliant les allusions et clins d’œil antisémites comme à chaque fois qu’il intervient en public.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/RF_2010.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1445" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/RF_2010-1024x576.jpg" alt="RF_2010" width="600" height="338" /></a></p>
<p>- <strong>Le Renouveau Français</strong>. L’enjeu était de taille pour le RF : il lui fallait absolument afficher plus de militants que le GUD ou Terre &amp; Peuple sous peine de passer une fois de plus pour des branquignoles, à 15 jours de la 3ème édition de leur congrès nationaliste à Villepreux. De Chassey, Jaurand, Revenaz et les autres ont dû être soulagés, c’était le cas. À noter que le principal slogan du RF était « <em>Aujourd’hui l’anarchie, demain l’ordre nouveau !</em> », slogan de toute première fraîcheur s’il en est, qui collait bien avec l’ambiance générale de la manifestation et qui faisait comme un écho au novateur « <em>Communistes assassins !</em> » lancé en boucle par le FNJ lors du défilé du 1er Mai dernier. Le groupuscule, sans peur ni reproche, avait osé confier son mégaphone à François Dussoubs, c’est dire si les dirigeants du RF aiment prendre des risques.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/RF_2010-2.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1446" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/RF_2010-2-1024x576.jpg" alt="RF_2010-2" width="600" height="338" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/RF_2010-3.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1447" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/RF_2010-3-1024x576.jpg" alt="RF_2010-3" width="600" height="338" /></a></p>
<p>- <strong>La Nouvelle Droite Populaire</strong>. Il suffit d’aller sur le site de <em><a href="http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2010/05/09/contre-le-mondialisme-ce-matin-les-forces-nationalistes-et-i.html" target="_blank">Synthèse Nationale</a></em> pour constater la singulière exactitude du bilan de la NDP sur son propre cortège, « des centaines de manifestants… », au regard de la photographie publiée par la revue. Par ailleurs, étant donnée l’importance numérique des jeunes skinheads dans le cortège mais également parmi les participants au conseil national de la veille, la NDP aurait mieux fait de s’appeler NPD, cela aurait été plus conforme à la réalité. Derrière la NDP, une petite délégation des (encore) Belges de Nation tentait de se faire une petite place, sans qu’on sache bien s’ils étaient là pour Deyzieu, pour Jeanne d’Arc ou par erreur puisqu’ils avaient dans un premier temps annoncé leur participation à la manifestation de Civitas l’après-midi même. Ils ont malgré tout assuré le SO de cette dernière, avec quelques membres de la Vlaams Huis.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/NDP_2010.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1448" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/NDP_2010-1024x576.jpg" alt="NDP_2010" width="600" height="338" /></a></p>
<p>- <strong>Terre &amp; Peuple</strong>. La participation de l’association à prétention culturelle fondée par Pierre Vial à une manifestation politique était une première depuis longtemps puisque T&amp;P a toujours pratiqué un certain retrait à l’égard de ce type d’engagement. Le résultat fut à la hauteur, avec une petite dizaine de participants franciliens emmenés par Michel Colls, responsable de la bannière Ile-de-France. Ces militants auraient sans doute eu plus de succès s’ils avaient amené avec eux cette fameuse soupe au cochon à laquelle ils participent régulièrement. Penses-y pour l’année prochaine Raoul !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/GUD_2010-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1449" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/GUD_2010-1-1024x576.jpg" alt="GUD_2010-1" width="600" height="338" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/GUD_2010-2.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1450" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/GUD_2010-2-1024x576.jpg" alt="GUD_2010-2" width="600" height="338" /></a></p>
<p>-<strong> Le GUD</strong>. C’était évidemment le clou du spectacle puisque cette manifestation constituait la première sortie du groupe depuis sa « reconstitution » cet hiver. Autant dire que l’on n’a pas été déçu puisqu’on a pu y retrouver tous les agités du bocal qui tentent de se faire un nom en reprenant l’héritage laissé en déshérence depuis 2002. Outre <a href="http://aafparis.over-blog.com/article-facultes-du-mouvement-a-l-extreme-droite--43988195.html" target="_blank">Edouard Klein</a>, on pouvait donc reconnaître Baptiste Coquelle<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/9-mai-2010-de-jeanne-darc-a-deyzieu-une-meme-occupation/#footnote_2_457" id="identifier_2_457" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui &eacute;ditait un fanzine naziskin il y a quelques ann&eacute;es quand il &eacute;tait dans la r&eacute;gion lilloise">3</a></sup>, Hadrien Palminteri, Valentin Bourgeois, Lancelot Galey ou encore Kevin « Gaven » Lamadieu. Ce dernier était d’ailleurs très en forme et visiblement pas le moins du monde assagi après <a href="http://aafparis.over-blog.com/article-gesticulations-fascistes-dans-le-quartier-latin-49319363.html" target="_blank">ses récentes frasques sorbonnesques</a>. Le jeune homme a pourtant déjà une casserole pénale avec l’agression de N. Rachedi il y a deux ans. Il faut croire que la vieille génération a cependant une confiance toute relative dans ce que les petits nouveaux vont faire de la marque de fabrique puisqu’elle n’a cessé de les chaperonner et de marquer sa présence. Il faut dire qu’elle était venue en nombre : outre Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/9-mai-2010-de-jeanne-darc-a-deyzieu-une-meme-occupation/#footnote_3_457" id="identifier_3_457" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le grand Fred portait pour l&rsquo;occasion un T-Shirt arborant un d&eacute;licat Leben ist Kampf (la vie est un combat) sur fond bleu entour&eacute; d&rsquo;armes diverses et vari&eacute;es sans doute command&eacute; chez les kamarades d&rsquo;outre-rhin. Entre autres, chez les&nbsp;n&eacute;o-nazis autichiens ou celui-ci sur le site du&nbsp;NPD">4</a></sup>, Jildaz Mahé et Axel Loustau qui ont cru bon de se <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/05/09/9-mai-2010-un-ancien-du-gud-menace-des-journalistes/" target="_blank">faire remarquer</a>, on pouvait voir Antoine <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">Roucheray</a>, Fabien Bouttier ou encore Jean Denègre, soit toute la fine fleur du GUD vintage 90’. Tous ont d’ailleurs fort apprécié la pantalonnade anti-journaliste et on peut finalement en tirer la conclusion que la jeune génération n’est décidément pas à la hauteur des anciens puisque ce sont ceux-ci qui ont du se charger d’une besogne typiquement gudarde.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/GUD_2010-3.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1451" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/GUD_2010-3-1024x576.jpg" alt="GUD_2010-3" width="600" height="338" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/NAL_2010.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1452" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/NAL_2010-1024x576.jpg" alt="NAL_2010" width="600" height="338" /></a></p>
<p>- <strong>Les Nationalistes Autonomes lorrains</strong>. Regroupant une petite cinquantaine de participants, le cortège des NA faisait flotter sur la manifestation une petite atmosphère d’Outre-Rhin. Nous avons déjà eu <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-autonomes-nationalistes-en-allemagne-mefiez-vous-des-imitations/">l’occasion de l’écrire</a>, la révolution culturelle allemande n’a pour l’instant pas générer un mouvement de fond en France et en particulier en Ile-de-France. Pour autant, ce cortège prouve que les expériences européennes continuent de fasciner une fraction du mouvement nationaliste français en recherche de formules à succès pour sortir de la division et d’un relatif marasme. Les NA ont largement essaimé en Europe de l’Est comme en témoignent les visuels et compte-rendus diffusés régulièrement par le blog Zentropa. La question se pose donc d’évaluer dans quelle mesure la greffe peut prendre en France. La Lorraine et plus particulièrement la Moselle, de par son histoire propre, ne constitue pas de ce point de vue un exemple généralisable. Cependant, la sensation provoquée par le cortège lorrain montre la réalité de l’intérêt porté par les jeunes natios.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/NAL_2010-2.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1453" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/NAL_2010-2-1024x576.jpg" alt="NAL_2010-2" width="600" height="338" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/NAL_2010-3.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1454" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/NAL_2010-3-1024x576.jpg" alt="NAL_2010-3" width="600" height="338" /></a></p>
<p>- <strong>Le C9M</strong>. Sans conteste, le cortège numériquement le plus important puisqu’il regroupait tous ceux qui étaient là pour Sébastien Deyzieu et qui ne faisaient pas partie des groupes sus-nommés. Histoire de créer le buzz dans la jeunesse nationaliste, Ayoub avait décidé pour l’occasion de faire précéder le C9M d’une ligne de gros bras quarantenaires présentés comme des anciens JNR et affublés de jolis t-shirt siglés JNR Croire Combattre Obéir (chanson des Evil Skin), qui ont fait fureur chez les petites jeunes. Pour autant ils n’étaient pas tous retraités et à l’extrémité de cette ligne on pouvait voir Daniel Mack. Celui-ci a un profil des plus classiques puisqu’après avoir officié comme stewart du PSG il est devenu cogneur avec les indep de Boulogne. Autant dire qu’il était à sa place.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/C9M_2010-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1455" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/C9M_2010-1-1024x576.jpg" alt="C9M_2010-1" width="600" height="338" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/C9M_2010-2.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1456" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/C9M_2010-2-1024x576.jpg" alt="C9M_2010-2" width="600" height="338" /></a></p>
<p>Côté sono, l’ambiance était assurée avec la musique de Militia Dei, un groupe de musique industriel du Nord, qui n’a rien de germanique comme certains ont pu le croire. Enfin la manifestation s’est terminée par des prises de parole des responsables, dont Serge Ayoub est largement sorti vainqueur à l’applaudimètre. Puis une grosse vingtaine de participants, essentiellement du GUD, sont partis déposés une gerbe rue des Chartreux, là où Deyzieu avait fait sa chute mortelle il y a 16 ans.</p>
<h3>Un bilan</h3>
<p>L’anecdotique étant posé, quel bilan peut-on tirer de ce 9 mai ? À l’évidence c’est un succès pour les organisateurs et il serait politiquement stupide d’affirmer le contraire. Ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour le FN et pour les Identitaires. Cela ne permet cependant pas d’en tirer des conclusions prospectives très claires. L’objectif pour tous les mouvements d’extrême droite est en effet à court terme : 2011, 2012 voire 2014 en gros. Le congrès du FN en janvier prochain, les élections cantonales de mars 2011, présidentielle de 2012 voire municipales de 2014 ouvrent en effet une période d’incertitude pour des mouvements en construction qui doivent donc renforcer leur base organisationnelle pour espérer durer. À ce titre, les perspectives de la NDP du MNR et du PDF sont limitées : leur base est faible est vieillissante. Cela explique largement la nécessité affirmée par ces trois mouvements lors du CN de la NDP de prolonger la coalition formée lors des dernières élections régionales. Cela devrait leur permettre d’exister lors des prochains rendez-vous électoraux et de jouer un vrai rôle de nuisance non seulement à l’égard du FN mais également envers le Bloc Identitaire. L’alliance NDP-MNR-PDF ne rate d’ailleurs jamais une occasion de placer ses mots d’ordre dans la double perspective du nationalisme et de l’identité, ce qui est tactiquement fondé puisqu’une majeure partie du public d’extrême droite peine à distinguer ces deux termes.<br />
Les perspectives de Serge Ayoub sont plus difficiles à définir. À l’évidence, ce 9 mai va lui bénéficier. Mais il n’a pour l’instant affiché aucune ambition électorale : son principal projet serait de sortir une marque de vêtements ! Au-delà du caractère quelque peu caricatural de l’annonce, il semble évident que le personnage ne devrait pas se contenter de cela. L’alternative est donc simple : soit construire quelque chose tout seul, soit monnayer cette aura régénérée auprès d’un des pôles nationalistes une fois la situation éclaircie, soit après le congrès du FN en janvier.<br />
Dans tous les cas, la concurrence des différents groupes les place à l’offensive. Écrire que les mois à venir vont être fondamentaux est donc une tautologie. Le mouvement antifasciste a des raisons d’être inquiet !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_457" class="footnote">sans doute pour mieux tromper les services psychiatriques</li><li id="footnote_1_457" class="footnote">On avait un peu perdu de vue Jean-François Touzé depuis qu’il s’était fait mettre à la porte de la Nouvelle Droite Populaire le 17 septembre 2008, soit 7 mois après la création du parti. Ses anciens compères des années 80 et 90 (soit la bande d’ancien du PFN de Roland Hélie …) avaient peu gouté ses prises positions pro-sionistes et pro-atlantistes. Il avait lancé dans la foulée la Nouvelle Droite Républicaine, rapidement transformée en Alliance pour les Libertés, petite officine ultra-libérale qui vient de mettre la clé sous la porte et donc certains membres ont rejoint Riposte Laïque.<br />
Jusque là rien qui puisse bouleverser l’équilibre des forces au sein de l’extrême droite française, d’autant que l’APL a eu peu d’activité, mise à part la présence de l’un de ses membres sur la liste identitaire de la « la Ligue du Sud » de Bompard et Vardon. Tout ça commence à sentir le sapin pour l’ancien pigiste de <em>Rock’n Folk</em>. Il faut dire que la stabilité et la cohérence idéologique n’ont jamais été le fort de JFT. En 1984 il rejoint le FN mais fait coller ses affiches en 1986, à Paris par des militants de l’UNI recrutés via Alain Denizet, numéro 3 du mouvement estudiantin proche du RPR et de l’ancien SAC. En 1989 il quitte le FN avec des anciens du PFN et fondent plusieurs structures nationalistes, dont les Comités « Espace Nouveau » et l’Alliance Populaire en 1992. L’AP présentera 80 candidats lors des législatives de 1993, dont Serge Ayoub. La dernière fantaisie de Touzé est sa signature (au côté de Benoît Fleury ancien chef du GUD parisien des années 1990) pour une pétition sur dialexis.org qui appelle à contrer un <a href="http://www.rue89.com/la-tribune-du-vaticinateur/2010/05/01/jcall-lappel-des-juifs-deurope-pour-la-paix-149764" target="_blank">appel à l’unité</a> lancé par des sionistes de gauche paru dans le journal <em>Le Monde</em>.</li><li id="footnote_2_457" class="footnote">Qui éditait un fanzine naziskin il y a quelques années quand il était dans la région lilloise</li><li id="footnote_3_457" class="footnote">Le grand Fred portait pour l’occasion un T-Shirt arborant un délicat <em>Leben ist Kampf</em> (la vie est un combat) sur fond bleu entouré d&rsquo;armes diverses et variées sans doute commandé chez les kamarades d&rsquo;outre-rhin. Entre autres, chez les <a href="http://brodnig.org/index.php?/archives/160-Der-ORF-und-die-Neonazis.html" target="_blank">néo-nazis autichiens</a> ou celui-ci sur le site du <a href="http://www.ds-versand.de/product_info.php?info=p2353_Polo-Hemd-Leben-ist-Kampf.html&amp;XTCsid=iqc3n6tnko5cjild8v9uh73oc7" target="_blank">NPD</a></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Groupe Union Défense (GUD)</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Feb 2009 14:56:38 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La synthèse qui suit a d&rsquo;abord été écrite pour le livre Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes français, publié en 2002. Il a subi quelques retouches pour la présente édition.</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1285" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg" alt="Dessin_brochure_interne_1971-08e0d" width="273" height="261" /></a>Pour un observateur inattentif, le GUD pourrait apparaître légitimement comme l’un des mouvements nationalistes français ayant connu la plus grande longévité, avec plus d’une trentaine d’années au compteur. En fait, la réalité est bien sûr plus compliquée puisque ce n’est pas d’un GUD qu’il faut parler mais de GUD(s). Chaque génération a mis en effet dans cette organisation un contenu et des pratiques différents, excepté la violence politique, sans qu’il y ait réellement transmission de l’expérience, mis à part quelques exceptions, d’un groupe d’âge à ses successeurs.</p>
<p>Ce n’est donc pas tant du GUD dont nous allons considérer l’histoire que celle, trentenaire, de ce courant de jeunes nationalistes se reconnaissant rarement dans les organisations nationales et préférant militer dans un groupuscule nationaliste-révolutionnaire dont le nom est à lui seul une identité politique, basée sur la violence et l’absence de calcul politique. Une démarche que l’on pourrait qualifier d’« esprit Lansquenet » en quelque sorte. Ce faisant, il n’est pas question pour nous d’être exhaustif. Moult choses ont été écrites sur le GUD, en particulier dans sa version des premières années, et nous nous contenterons donc de donner des points de repère pour les deux premières décennies. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1286" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg" alt="Brochure_interne_1973-a1bd8" width="285" height="254" /></a>Par contre, parce que l’intérêt militant en est évident, nous nous appesantirons nettement plus sur la dernière décennie, jusqu’au début des années 2000. L’exercice de la synthèse étant ce qu’il est, nous ne prétendons cependant pas faire des révélations sur un groupe dont la vie interne est pourtant riche d’embrouilles et de rebondissements !</p>
<h3>Genèse d’un mythe ou<br />
« Quand le GUD faisait (encore)<br />
de la politique »</h3>
<p>Le GUD est un pur produit de l’après-Mai 68. La dissolution du mouvement Occident a laissé la jeunesse nationaliste relativement orpheline et quelques structures en bénéficient : Restauration Nationale (Patrice de Plunkett), Œuvre Française (Pierre Sidos), Mouvement Jeune Révolution (Gérard Bouchet), Jeunesses Patriotes et Sociales (Roger Holeindre), Action Nationaliste (Jean-Gilles Malliarakis), Jeune Europe (Nicolas Tandler). Mais le résultat n’est qu’une concurrence féroce et stérile qui épuise le mouvement nationaliste. Une poignée de militants a alors l’idée de faire autre chose.<br />
Premièrement, mettre fin à l’émiettement en se concentrant sur un lieu, seul moyen de résister à l’expansion des structures d’extrême gauche. Deuxièmement, profiter des opportunités offertes par l’après-Mai. Or la principale de ces opportunités est la mise en place de la réforme universitaire d’Edgar Faure qui institue des conseils élus dans chaque université, ouvrant ainsi au maximum le jeu politique en supprimant le monopole syndical. Le lieu choisi est la faculté de Droit d’Assas, même si quasiment aucun militant n’y est inscrit. La structure se trouve affublée d’un nom, Union Droit, qui, en se transformant en Groupe Union Droit ou Groupe Union Défense (GUD), est appelée à un bel avenir.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg" alt="Union_Droit" width="353" height="479" /></a></p>
<p>Elle rassemble quelques militants connus comme Alain Robert, Gérard Longuet ou Jack Marchal. Une campagne très dynamique et d’apparence sérieuse (Gérard Longuet, idéologue de ce groupe activiste, promulguera une <em>Charte Universitaire</em>) lui assure un confortable succès aux élections de février 1969. Malgré une fin d’année universitaire précaire, le GUD est installé à Assas pour quelques années…</p>
<p>Cela permet au groupe de mettre en place le deuxième étage de la fusée : un vrai mouvement politique, en l’occurrence Ordre Nouveau (ON), grâce au renfort de militants comme François Duprat. Le lancement d’ON en février 1970 ne met pas fin au développement du GUD, aussi bien à Assas que dans d’autres facs parisiennes. Le quotidien est alors composé d&rsquo;affrontements violents avec les étudiants gauchistes ou tout simplement de gauche : de nombreuses batailles rangées éclatent régulièrement, avec à la clé des dizaines de blessés graves. La police ne cesse d’intervenir pour séparer les adversaires, et le centre Assas sera fermé à maintes reprises pour d&rsquo;évidentes raisons de sécurité. Ainsi, le premier venu peut instaurer sa loi et filtrer les entrées, malgré la présence de vigiles musclés appelés en renfort par le rectorat. C&rsquo;est avec l&rsquo;essor de ces batailles rangées à Assas que le GUD va conquérir ses lettres de «noblesse», écrasant à plusieurs reprises les gauchistes venus attaquer «son centre». La peur règne alors dans la faculté, où la chasse au faciès va bon train ; des enseignants appartenant au syndicat SNESup sont également agressés : une enseignante est lacérée à coups de rasoir et enfermée dans un placard ! Les « durs » sont particulièrement bien entraînés et décidés à tout. Ils reçoivent en outre le renfort de Vietnamiens du Sud et de charmantes Iraniennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_0_372" id="identifier_0_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du g&eacute;n&eacute;ral Aryana.">1</a></sup> spécialisées dans les arts martiaux. Même à Nanterre, le GUD obtient 13,5 % des voix, tandis que sa présence provoque des lynchages en règle de la part de l&rsquo;extrême gauche et une émeute qui dure deux jours (une centaine de policiers blessés). De par son rôle dans les élections, le local d’Assas est particulièrement stratégique et il est souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;agressions diverses : les casques noirs ornés de la croix celtique sont accrochés aux porte-manteaux et… divers matériels « plus solides », faciles à cacher dans le sous-plafond. Dès 1970, le GUD est capable à Assas de mobiliser 200 militants et sympathisants pour les bagarres, avec un système de contact téléphonique particulièrement au point : quinze minutes au maximum pour rassembler les troupes !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1292" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0004" width="271" height="354" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1290" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b" width="474" height="642" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1291" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0002" width="474" height="641" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1288" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.4-c8c80" width="549" height="736" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1289" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.5-b66c7" width="474" height="621" /></a></p>
<p>C’est l’âge d’or du GUD, car les évolutions politiques orientées par Ordre Nouveau à partir de 1972-1973 vont lourdement peser sur la vie du groupe. La constitution du Front National autour de J.-M. Le Pen en octobre 1972 prend en effet à froid une génération de gudards aux convictions nationalistes-révolutionnaires bien ancrées et qui n’ont guère envie de servir de roue de secours au « Menhir », vieux briscard politicien issu de la IVe République. Une partie de ces militants quitte donc le GUD fin 1972 et rejoint sous l’appellation Groupe Action Jeunesse (GAJ) le courant solidariste, favorisant une division qui va durer jusqu’à la fin des années 1970. Cet affaiblissement intervient alors que le printemps 1973 est marqué par de très violents affrontements, y compris à Assas, qui montrent que le gauchisme activiste a de beaux restes.</p>
<p>La dissolution d’ON en juin 1973 fait du GUD une base de repli pour tous ceux qui refusent l’aventure Front National. Mais c’est une base de repli en piteux état, qui se trouve à Assas confrontée à la vigueur du GAJ, héritier putatif du GUD de 1969-1970.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1293" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg" alt="alternative-3-233a7" width="196" height="291" /></a>La situation est rapidement rétablie par quelques dirigeants efficaces, dont Olivier Carré, qui permettent au GUD de connaître une deuxième jeunesse. Ceci se manifeste entre autres par le lancement de la revue <em>Alternative</em>, au ton décapant, qui sans être la revue du GUD en est particulièrement proche. Toute la période 1973-1974 est ainsi marquée par des affrontements très violents entre GUD et GAJ, l’unité ne se reconstituant que contre l’ennemi gauchiste ou, moyennant finances, pour faire le SO de la campagne de Giscard en 1974. Le lancement du Parti des Forces Nouvelles par une partie des rescapés d’Ordre Nouveau donne au GUD une configuration qu’on retrouvera maintes fois par la suite, à savoir le rôle de courroie de transmission en milieu universitaire. Le GUD est alors, en principe, associé au Front de la Jeunesse (FJ)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_1_372" id="identifier_1_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On voit la capacit&eacute; de recyclage des appellations par l&rsquo;extr&ecirc;me droite puisque ce nom sera r&eacute;utilis&eacute; en 1999 pour le lancement d&rsquo;une &eacute;ph&eacute;m&egrave;re structure unitaire post-scission !">2</a></sup> et dirigé par Philippe Penninque et J.-F. Santacroce. Les activités du GUD vont alors des inévitables bagarres avec les gauchistes aux combats à Beyrouth dans les rangs des Phalanges Chrétiennes, en passant par les SO de la droite libérale. À cette époque, le GUD a des contacts dans une centaine de centres universitaires en France. En 1977, son congrès rassemble plus de 150 délégués de 40 facultés et élit un bureau politique de trois membres, un bureau national de six et un comité national. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1294" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg" alt="45_tours_GUD-a30de" width="189" height="197" /></a><br />
En 1978, une pétition lancée « <em>pour l&rsquo;arrêt immédiat des poursuites engagées contre les élus GUD au conseil d&rsquo;université de Paris II</em> » sera soutenue notamment par Tixier-Vignancourt, maître Isorni, l&rsquo;amiral Auphan, Thierry Maulnier, Eugène Ionesco, Michel Droit ou Jean Marcilly. Notons que les poursuites en question étaient liées à des exactions multiples.</p>
<p>Après 1977, les activités du GUD Assas marquent un net fléchissement, lié aux tensions avec le PFN et le Front de la Jeunesse. Ceci dit, ce relatif déclin n’est pas spécifique au camp nationaliste puisqu’il touche aussi les organisations gauchistes. Cette époque en demi-teinte est marquée par la gigantesque baston de Nanterre en 1980 qui voit des militants du GUD se faire lyncher dans la gare RER après une diffusion de tracts. L’échec de la campagne aux Européennes de 1979 puis celui des élections présidentielles de 1981 sonnent le glas d’un certain nationalisme.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1295" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg" alt="Oxydant-bef7c" width="276" height="409" /></a>Le groupe « s’autodissout » le 17 juin 1981, après la victoire de la gauche aux présidentielles, au sein d’un regroupement plus large en ligne directe du PFN, le Renouveau Nationaliste (RN), tout en gardant ses positions à Assas. D’anciens militants tentent d’ailleurs de recréer la mystique du groupe en lançant la revue <em>Oxydant</em> dont la présentation et le ton s’inscrivent dans la continuité de feu <em>Alternative</em>. Le GUD est officiellement dissout début juillet 1981.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1296" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg" alt="rn-3-f2362" width="197" height="265" /></a>Le RN vivote jusqu’en 1983 tout en faisant malgré tout des apparitions publiques, essentiellement anticommunistes. Le printemps 1983 et les manifestations étudiantes protestant contre la loi Savary de réforme de l’enseignement supérieur permettent au GUD de reprendre du poil de rongeur, en particulier à Paris, sous la férule de Charles-Henri Varaut et Fabrice Saulais. Il est temps pour le groupe ainsi reconstitué de larguer un RN qui se résume en grande partie à lui-même pour rejoindre une autre dynamique.</p>
<h3>Vers la Troisième Voie ?</h3>
<p>La nécessité de s’allier à quelqu’un va pousser le GUD dans les bras du vieux militant solidariste Jean-Gilles Malliarakis, alors à la tête d’un Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) dont le discours anticommuniste et anticapitaliste rencontre un fort impact parmi tous ceux qui regardent d’un air suspicieux l’émergence du FN et son électoralisme.<br />
Ce discours rejoint d’ailleurs celui développé à ce moment par le GUD : « <em>Nous devons tous ensemble œuvrer à liquider les derniers restes d’infection marxiste</em> (ndlr : les syndicats étudiants) » (tract pour les élections à Paris II &#8211; Assas du 24 janvier 1984) ou « <em>L’Europe doit refuser d’être le 52e état américain</em> » (autre tract de 1984). Le rapprochement se fait à partir du printemps 1984 et le GUD rejoint officiellement le regroupement Jeune Garde en mai 1985 même si l’intégration de fait était déjà réalisée. Cet assemblage donne naissance au mouvement Troisième Voie (TV) en novembre 1985. Reprenant une appellation élaborée par les nationaux-bolchéviques allemands des années 1930, ce nom pose clairement la ligne politique qui se veut à égale distance du capitalisme privé et du capitalisme d’État, tout en faisant référence à une organisation sœur italienne et interdite pour terrorisme, Tersa Posizione. Si l’étiquette GUD est encore utilisée, il est clair que l’absorption par TV est poussée très loin. Les gudards s’y sentent en effet comme chez eux, leur style provocateur n’étant absolument pas bridé.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1297" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg" alt="05/10/1986. National Front (FN) Joan of Arc day celebrations with Jean-Marie Le Pen" width="539" height="358" /></a><br />
On peut ainsi voir les militants faire les marioles lors de la fête Jeanne d’Arc 1986 avec une banderole « Madelin, paye ta cotise ! » ou attaquer les cortèges du mouvement anti-Devaquet à l’automne 1986. Malliarakis a su mettre sur pied une structure fédérative qui satisfait tout le monde, le GUD Paris pouvant s’épanouir dans son bastion et devenant l’organisation étudiante référente. Les GUD de province ne sont pas en reste avec parfois une imitation assez réussie du modèle parisien. C’est par exemple le cas dans la région Languedoc-Roussillon. Les statuts de l’association Jeune garde &#8211; Groupe Union Défense sont déposés à la préfecture le 21 février 1985 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec Jürgen Greiner, de nationalité allemande, comme président, assisté de Michel Camrrubi (secrétaire) et de Christian Soulier (trésorier). Outre les classiques exactions (Jürgen Greiner est inculpé pour « coups et blessures » en avril 1986) ce noyau dur tente de tisser un réseau militant sur l’ensemble de la région. En mai 1986, une dizaine de militants du GUD, originaires de Perpignan et de Montpellier sont accueillis à Toulouse par Anne-Marie Prolongeau (Jeune Garde) et rencontrent un responsable départemental du Parti des Forces Nouvelles maintenu (PFN), Bruno Pouzac. Moment fort de toutes ces prises de contact : un camp d’ organisé dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales), près de Thuir.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1298" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg" alt="Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9" width="394" height="567" /></a></p>
<p>Au programme : « cours magistraux » et entraînements avec séances de tir à balles réelles (armes légères automatiques). Le camp accueille une vingtaine d’hommes et quatre femmes venus de la région parisienne, des Pyrénées-Orientales, du Var et de l’Hérault. Mais d’autres villes ou régions se signalent également, comme Strasbourg dont la composition sociologique de certains campus (médecine entre autres) explique bien des choses.</p>
<p>La dynamique dure jusqu’en 1988 mais le climat se dégrade au sein de TV. Malliarakis et quelques autres dirigeants sont en effet saisis du traditionnel virus organisationnel, c’est-à-dire que le dirigisme prime peu à peu sur l’autonomie interne. Cela s’explique sans doute en partie par un accroissement des ambitions politiques des uns et des autres. « Mallia » prend la grosse tête face à quelques manifestations ou meetings réussis et le ralliement à TV de Serge Ayoub et de ses boneheads regroupés au sein des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) à partir de l’automne 1987. L’idée s’impose alors chez certains TV qu’il est peut-être possible de rafler la mise face au FN, d’où des attaques écrites et orales régulières et très violentes contre ce parti. Les gudards décident alors de rompre l’alliance et le font savoir en mai 1988 lors d’un meeting organisé par Christophe Pierre et William Bonnefoy.</p>
<h3>GUD revival</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1299" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg" alt="Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1" width="236" height="349" /></a>Une nouvelle période s’ouvre donc, avec une autonomie revendiquée et symbolisée par l’anniversaire des 20 ans du GUD fêté le 20 novembre 1988 à la Mutualité, en présence de quelques anciens dont Jack Marchal et Éric Delcroix. Signe d’une volonté de renaissance, les gudards relancent la perspective d’une implantation universitaire avec le dépôt le 29 décembre 1988, à la préfecture de police de Paris, des statuts de l’Union et Défense des Étudiants d’Assas (UDEA), étiquette légale et électorale du GUD qui officiellement n’existe plus.</p>
<p>Bonnefoy lance moult initiatives et tente de donner une légitimité « intellectuelle » au GUD avec un cercle de réflexion, des réunions et une revue : <em>Rebelle</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_2_372" id="identifier_2_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle-m&ecirc;me remplace une revue non officielle du GUD, Rebelles, qui s&rsquo;&eacute;tait substitu&eacute;e au Fil d&rsquo;Ariane, bulletin du temps de l&rsquo;int&eacute;gration dans TV. Parall&egrave;lement, une petite &eacute;quipe essaie de relancer Alternative mais l&rsquo;exp&eacute;rience p&acirc;tit de la m&eacute;diocrit&eacute; du journal.">3</a></sup> . On trouve dans celle-ci la Charte du GUD tandis que circule en copie séparée un document sur « l’éthique nationaliste » qui place la barre très haut : « <em>Il nous faut donc tenter d’établir une sorte de Code de l’Honneur, à l’image du Bushido du Samouraï nippon. Deux sources doivent principalement nous inspirer : les Eddas nordiques et le Code de la chevalerie médiévale</em> ». L’iconographie change également en privilégiant un style martial largement inspiré d’Arno Brecker dans lequel l’humour a disparu. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1300" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg" alt="Rebelle-4fae5" width="157" height="227" /></a>Le tout se fait dans le contexte d’un climat d’affrontements accrus avec les organisations de jeunesse juives mais également de tensions internes au milieu nationaliste. William Bonnefoy est en effet particulièrement violent et caractériel et vit de la division. Les anciens amis de TV en font les frais en mai 1989 avec une attaque du GUD contre un meeting mais d’autres également en gardent quelques souvenirs. La transmission de flambeau à la direction du groupuscule est donc inéluctable.</p>
<p>Le remplacement de William Bonnefoy par Frédéric Chatillon à partir de 1991 va orienter le GUD dans une nouvelle direction. Chatillon a en effet bien compris que, pour survivre, le GUD devait abandonner son indépendance relative vis-à-vis de la principale formation d’extrême droite : le Front National (FN), que la première génération fustigeait dans les années 1970 mais qui est devenu incontournable. Ne se définissant pas comme un nazi mais plutôt comme un nationaliste français et européen, Châtillon n’avait d’ailleurs pas lui-même une réelle hostilité contre le FN. Les rats noirs vont en devenir des auxiliaires sans pour autant y être totalement inféodés. Ce que Chatillon résume lui-même en 1992 : « <em>On aide le Front parce que sinon on ne serait qu’une poignée</em> » et ce d’autant plus que quelques gudards, à l’instar de militants de TV, partent en cette année 1991 pour la Croatie en guerre.</p>
<p>Cela se traduit bien sûr sur le plan universitaire. Alors qu’à Paris II-Assas, aux élections de 1991, l’UDEA se présentait seule et totalisait 167 voix sur 17588 inscrits, ce qui lui donnait un élu et un local, l’année 1993 voit la mise en place effective du Renouveau Étudiant Parisien (REP), annoncée avec fracas lors d’un meeting en novembre. Cette structure est alors censée prendre le relais du Cercle national des étudiants parisiens (CNEP), dont Marine Le Pen fut la présidente, et qui a échoué dans sa tentative d’implantation politique durable dans les universités parisiennes. Sa création montre l’influence que peuvent avoir des gudards grâce à leur intérêt « militaire », puisque le préalable à cette alliance était la mise à l’écart de Richard Haddad, leader catholique traditionnaliste du CNEP, copieusement et régulièrement insulté dans l’organe du GUD, <em>Les Réprouvés</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_3_372" id="identifier_3_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Sp&eacute;ciale d&eacute;dicace !">4</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1301" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg" alt="Article_Haddad_g-adfbe" width="354" height="686" /></a><br />
Haddad paye ainsi le fait qu’hormis à Assas et Clignancourt-Sorbonne où quelques résultats avaient été obtenus, les listes CNEP ont été partout contrées par leurs adversaires antifascistes, soit par l’annulation des élections (Paris X &#8211; Nanterre), soit par un vote massif des étudiants pour contrer l’avantage que leur donne la proportionnelle (Paris I &#8211; Tolbiac). Cette alliance laisse dire à Franck Timmermans, ancien dirigeant du FNJ, lors du meeting constitutif du REP : « <em>Au-delà des querelles passées, l’union est faite et nous allons leur en mettre plein la gueule</em> ».</p>
<p>De fait, ce rapprochement se traduit également physiquement. Outre les entraînements de Viet Vo Dao dirigés par maître Thi Tran Tien dans la salle de boxe gérée par l’Association sportive de Jussieu, dont Miguel Lliotier, militant du GUD surnommé « Wolfram », est le trésorier, les rats noirs sont associés à des entraînements plus pratiques organisés par le FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1302" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg" alt="Les_Reprouves_no1_-_1992-00541" width="427" height="290" /></a></p>
<p>Le dimanche 15 mars 1992, ils sont une soixantaine de militants nationalistes à se rendre dans la propriété d’Alaincourt, dans l’Oise<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_4_372" id="identifier_4_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette propri&eacute;t&eacute; est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre &agrave; un solstice d&rsquo;&eacute;t&eacute; en 2007.">5</a></sup>. Celle-ci appartient à la vicomtesse Katherine d’Herbais de Thun<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_5_372" id="identifier_5_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-m&ecirc;me militante nationaliste, est mari&eacute;e avec F. Chatillon.">6</a></sup>, conseillère régionale du FN en Picardie, fille de M. Chereil de la Rivière, directeur de La France Monarchiste. Son mari, Pierre-Guillaume d’Herbais, est alors président depuis 1983 de la Société d’Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS), et depuis 1987 d’Europension (« groupement européen de consultants en droit social et d’actuaires-conseils dont l’objet est d’assurer un service permanent aux entreprises de la CEE »). D’Herbais est aussi le repreneur de l’hebdomadaire Minute en janvier 1990. Bref, nos petits rats sont en de bonnes mains, d’autant plus que le programme du camp est alléchant : corps à corps (« <em>Si vous enfoncez bien votre doigt, l’œil de votre adversaire doit pendre par le nerf optique</em> », explique un conseiller militaire du service d’ordre du FN, le DPS, utilisation de la batte de base-ball (« <em>Devant une caméra, mieux vaut une bonne fracture qu’une blessure au sang : si un « gauche » chiale mais qu’il n’a pas de blessure apparente, les images ne passeront pas à la télé</em> ») et psychologie (« <em>En face, on va vous insulter, vous traiter de fascistes et de nazis. Bien que fascistes et nazis ne soient pas des insultes</em> »). Quelques jours plus tard, lors du meeting de mars 1992 de Jean-Marie Le Pen au Zénith, Carl Lang, ancien dirigeant du FNJ, salue ses troupes avec ce qui ressemble farouchement à un bras tendu. Les auxiliaires du GUD en font partie, aux côtés des skinheads des JNR de Serge Ayoub, mais cette fois-ci, à l’inverse du meeting de Le Pen à Rouen, le 6 mars, ils n’ont pas carte blanche pour attaquer la contre-manifestation. Ce qui ne sera pas le cas à Chartres avec des affrontements extrêmement violents.</p>
<p>La même unité dans l’exaction est présente à l’université. Le travail politique étant réduit à sa plus simple expression (dénonciation de « la dictature des gauches »), l’unique intérêt d’une descente dans une fac est de se donner des émotions et de taper dans le tas.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1303" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg" alt="Tract_GUD_1992-25594" width="197" height="289" /></a><br />
Les années 1991, 1992 et 1993 sont ainsi marquées par des violences chroniques et régulières, que ce soit à Assas même, place de la Sorbonne, à Sciences Po ou dans l’annexe de Châtillon (proche banlieue de Paris). On retrouve souvent le même noyau dur impliqué, qui forme les petits nouveaux : Frédéric Chatillon mais aussi Miguel Lliotier et son célèbre œil de verre, qu’il aurait gagné, selon la légende, à Jussieu lors de la grève contre le projet Devaquet, après avoir reçu un projectile lancé par… ses « kamarades » venus casser la grève ; ou Yvain Pottiez, habitué de l’univers carcéral pour « violences physiques » contre un étudiant de Paris XII (Saint-Maur &#8211; Créteil), ce qui ne l’a pas empêché de recommencer et qu’on retrouvera aux côtés de l’équipe Mégret à Vitrolles dans tous les mauvais coups ; ou Pierre Oldoni, dit « Urgo » (les sparadraps…), président de l’UDEA en 1993 et reconverti par la suite dans le mercenariat… Ou encore Jildaz Mahé O’Chinal, adhérent au GUD et au FNJ d’Assas alors qu’il est étudiant en histoire à Tolbiac (il est vrai que sa marge de manœuvre y fut limitée) qui fonde en 1992 l’association sportive du marteau de Thor, dont il était le président en compagnie de Chatillon (secrétaire) et Lliotier (trésorier). Son engagement politique reste dans la tradition familiale puisque son père, Patrick, fut proche du mouvement Occident avant de participer à la création d’Ordre Nouveau, puis de devenir l’un des rédacteurs en chef de <em>Paris-Match</em>.</p>
<p>De fait, ces années de direction Chatillon ont gardé une très bonne réputation parmi les militants nationalistes et pour cause. Il en reste la revue <em>Les Réprouvés</em>, vendue à partir de 1992 et dont le titre est une référence à un ouvrage d’Ernst Von Salomon mettant en scène les corps-francs allemands de 1918-1919.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1304" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg" alt="affiche_25_ans-e1088" width="217" height="307" /></a>Il en reste également les 25 ans du groupuscule fêtés à la Mutualité le 3 mai 1993 devant 400 personnes. Le folklore est garanti avec des prestations du Choeur Montjoie Saint-Denis de l’ancien militant solidariste Jacques Arnould ainsi que du chanteur allemand Franck Rennincke et des stands mythos dont celui de la librairie Ogmios représentée par Jean-Dominique Larieu et Tristan Mordrel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_6_372" id="identifier_6_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Devenue la Librairie, le local accueillera &agrave; son premier &eacute;tage les premi&egrave;res activit&eacute;s d&rsquo;&eacute;dition ert conception graphique de F. Chatillon.">7</a></sup>. La soirée est surtout ponctuée d’interventions d’anciens militants comme Jean- Pierre Émié<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_7_372" id="identifier_7_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il sera entre autres choses le d&eacute;fenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci &eacute;tant accus&eacute; d&rsquo;avoir menac&eacute; &agrave; deux reprises le responsable du Collectif des &Eacute;tudiants Lib&eacute;raux de France (CELF) durant l&rsquo;ann&eacute;e universitaire 1992-1993. Chatillon sera relax&eacute; gr&acirc;ce &agrave; des pirouettes rh&eacute;toriques, niant les faits qui lui &eacute;taient reproch&eacute;s et justifiant sa pr&eacute;sence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire &eacute;tait meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon pr&eacute;tendra en particulier ne pas conna&icirc;tre le GUD et &ecirc;tre apolitique !">8</a></sup> ou Fabrice Saulais et d’un diaporama récapitulant en images les 25 ans du groupuscule des Dieux. Enfin le soutien à la lutte palestinienne y est clairement affirmé par Chatillon, reflétant l’état de tension avec les organisations de défense de la communauté juive. Il en reste enfin, involontairement, un souvenir avec la mort d’un militant à la suite d’une manifestation anti-américaine le 7 mai 1994, organisée à l’appel des JNR et du GUD. La manifestation étant interdite, les participants furent immédiatement pourchassés par les forces de l’ordre et un sympathisant de l’Œuvre Française, Sébastien Deyzieu, fit une chute mortelle dans un immeuble à quelques dizaines de mètres d’Assas en essayant de s’échapper. Les semaines qui suivirent virent le GUD multiplier les actions de protestation, main dans la main avec le FNJ. C’est d’ailleurs également main dans la main qu’on les retrouvera un an plus tard en mars 1995 en train de s’affronter avec des membres du DPS au siège du FN après une soirée électorale trop arrosée.</p>
<p>Mais la présence du GUD ne se limite alors pas aux universités de la capitale. Des listes électorales sont régulièrement déposées dans certaines universités de province. Dans d’autres, il n’apparaît qu’à travers son message traditionnel : la violence. C’est par exemple le cas à Montpellier où plusieurs exactions contre des militants de gauche sont commises. Le noyau dur y est composé d’individus doublement encartés au GUD et au FNJ. Nicolas Arnoux, membre du GUD, est mis en examen le 13 avril 1994 pour « violences avec arme » (probablement un pistolet à grenaille) après un accrochage devant l’université de Lettres avec des militants de l’UNEF et des colleurs du… FNJ. À l’université, Jean-Pierre Gallaud milite au GUD et au FNJ à Lunel (banlieue de Montpellier). Olivier Diaz est au GUD ainsi que dans un groupe régionaliste d’extrême droite : Brigade Occitanie. Ces trois personnes sont soupçonnées d’avoir participé à un commando masqué, et coupable de plusieurs agressions contre des militants antifascistes et syndicalistes au cours de l’année 1994. Le 31 mai 1994, lors d’un meeting du FN à Palavas-les-Flots, Dominique Bessières, responsable du FNJ à Montpellier, organise une collecte de fonds en soutien au « kamarade » Arnoux mis en examen. À Montpellier comme à Paris, les membres du FNJ-GUD préfèrent ainsi comme souvent l’action violente semi-clandestine à l’implantation en milieu universitaire. Mais cette période du milieu des années 1990 correspond malgré tout à un creux de la vague pour ces pâles copies du GUD Paris. L’actualité est alors surtout animée par un commando itinérant venu en partie de Paris et qui laisse des traces dans le cuir chevelu des militants étudiants de gauche dans de nombreuses villes de province, que ce soit Limoges, Toulouse ou Bordeaux… Mais cela sort du champ politique pour entrer dans celui de la psychopathie…</p>
<h3>L’aventure, c’est l’aventure…</h3>
<p>Une bonne illustration des errements du petit milieu gudard réside dans l’affaire de Tribune Juive que les lecteurs de REFLEXes connaissent bien : <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">ici</a>.</p>
<h3>Crise du GUD moderne</h3>
<p>Loin de toutes ces facéties, force est de constater que, pour les jeunes excités nationalistes, la situation empire sur le terrain. Les relations avec le FNJ maréchalisé se dégradent, le harcèlement mené par les structures syndicales progressistes à Assas augmente et la sectorisation des universités parisiennes sape les possibilités de recrutement à Assas. Signe de ces changements, non seulement le GUD doit faire face à une UNEF-ID de plus en plus puissante grâce à ses relais extérieurs mais l’impunité interne à Assas tient de moins en moins. En avril 1995, suite à des agressions répétées en particulier contre l’UNI et dans lesquelles s&rsquo;illustre en particulier Pierre Oldoni, l’UDEA perd son droit de représentativité à Paris II et donc son local. Les deux années suivantes sont par conséquent nettement plus calmes, malgré quelques agressions sporadiques. La vieille génération a quitté les lieux, souvent attirée par le FN, et la nouvelle n’est pas encore prête. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1305" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg" alt="Tract_Union_Droit-e479a" width="198" height="285" /></a>Plusieurs solutions s’offrent alors au petit milieu gudard : se relancer dans un activisme débridé, se rapprocher d’une structure plus large pour briser l’isolement ou essayer de reconquérir quelques miettes électorales. Cette triple tâche va être assumée, entre autres, par le tout jeune Benoît Fleury à partir de 1998.</p>
<p>Entre-temps, côté universitaire, la relance se fait sous l’appellation Union Droit qui prend la place de l’UDEA. Déclarée en préfecture le 20 octobre 1995 avec Guillaume Coudry comme président, Victor de Verthamon comme secrétaire et Dominique Joly comme trésorier, l’association recueille 6,87 % des suffrages en mars 1997 soit 251 voix. Cette stabilité n’est pas pour satisfaire les gudards qui retournent à ce qu’ils savent le mieux faire.<br />
Durant toute cette période qui va de 1998 à l’année 2000, le GUD Paris renoue en effet avec sa tradition d’activisme violent. À Assas bien sûr, où les incidents se succèdent, mais en dehors des locaux de la faculté également où la régularité des agressions devient une donnée parmi d’autres : affrontements avec le Betar lors du procès Garaudy, attaque d’une librairie parisienne proche de Ras L’Front, attaque d’une réunion du Comité National de Vigilance, attaque d’une réunion du Parti des Travailleurs consacrée à Mumia Abu Jamal, attaque du Lycée autogéré parisien et attaque surtout, à la mi-novembre 1999, d’un rassemblement du comité de vigilance du XIe arrondissement. de Paris contre la petite librairie nazie La Licorne Bleue. Cette action emmenée par B. Fleury fait alors une dizaine de blessés dont des policiers présents sur place.<br />
Mais les gudards essaient également de penser. S’ils s’avèrent toujours incapables de faire des tracts corrects, ils privilégient le support magazine avec <em>Le Rongeur Masqué</em> qui revendique l’héritage des <em>Réprouvés</em> puis surtout <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1306" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg" alt="Les_Reprouves-a1cb1" width="197" height="273" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1307" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg" alt="Le_Rongeur_masque-8275e" width="194" height="273" /></a></p>
<p>Lancée en septembre 1999 grâce à l’argent obtenu en collant pour la campagne européenne de Jean-Marie Le Pen (tandis qu’ils collaient gratuitement pour Bruno Mégret), la revue se présente d’emblée comme une concurrence sérieuse pour d’autres revues alors existantes. Animée entre autres par le franco-polonais Adam Gwiazda et par Alexandre Kartzeff, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> aligne en effet articles de fond et brèves « humoristiques » et même dans son numéro 1 diffuse un appel à soutenir les militants prisonniers d’Action Directe. La régularité affichée, avec un numéro tous les trois mois, et la pagination copieuse semblent également devoir rompre avec le cycle des revues précédentes qui ne comptaient qu’un ou deux numéros et présentaient un contenu erratique.</p>
<p>Enfin, le GUD Paris sort de son isolement en prenant langue avec Fabrice Robert et au-delà de lui les nationalistes-révolutionnaires issus de la défunte Nouvelle Résistance. L’alliance est annoncée au printemps 1998 et fait suite à l’Appel des 31 pour l’unité des nationalistes révolutionnaires, lancé entre autres par Christian Bouchet et Fabrice Robert.<br />
Avec Unité Radicale, qui regroupe les cercles Résistance, Jeune Résistance et le GUD, celui-ci se retrouve dans le schéma de TV, en charge du créneau étudiant. Mais la faiblesse des autres composantes lui garantit son autonomie.</p>
<p>Dans ce contexte général, les 30 ans du GUD fêtés avec 200 personnes dans une salle du XVe arrondissement le 22 octobre 1999 sont l’occasion d’une auto-célébration et d’une exultation de la nouvelle génération qui pense avoir retrouvé la magie des premières années. D’ailleurs, dans le respect de la tradition, ces 30 ans donnent immédiatement lieu à des violences lors du repas qui réunit après le meeting les membres actuels et sympathisants du groupe. Le patron du restaurant est passé à tabac et un passant martiniquais se fait planter au couteau à la sortie. Quatre gudards sont alors arrêtés, mais vite relâchés faute de preuves de leur implication.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1308" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg" alt="30_ans_GUD-9c01b" width="256" height="325" /></a><br />
L’autre occasion pour le GUD de montrer sa force est le mois de mai. À une semaine d’intervalle, le 1er et le 9, les gudards parisiens battent en effet le pavé avec une force relative. Le 1er mai 2000, décidés à rassembler toute la mouvance la plus radicale, le cortège est séparé de celui du FN avec une nette tonalité contre ce parti. La centaine de participants fait alors la manifestation à l’allemande, c’est-à-dire complètement cernée par les flics du début à la fin. Les slogans visaient nettement à attirer les plus radicaux puisque certains étaient issus de l’Œuvre Française ou du PNFE. La manifestation du 1er mai 2001 se fit totalement à part avec 250 personnes, les Belges de <em>Devenir</em> assurant le SO de queue et le GUD le SO de tête. Enfin, chaque année, le 9 mai avec la retraite aux flambeaux en hommage à Sébastien Deyzieu est l’occasion pour le GUD de montrer qu’il existe, même si les participants sont d’origines multiples.</p>
<p>Cette situation générale parisienne va forcément avoir des conséquences ailleurs. À partir du printemps 1999, le GUD essaime timidement en province, profitant de la notoriété reconquise du GUD Paris :<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1309" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg" alt="Autocollant_2000-30bfa" width="117" height="162" /></a>présence du GUD Strasbourg à la manifestation organisée par la communauté serbe de la ville le 31 mars ; participation du GUD Lille à la manifestation anti-OTAN organisée à Bruxelles le 4 avril, puis à Lille contre l’agression US en Serbie le 22 avril ; implantation d’un GUD à l’université de Toulouse ; scandale de la disparition d’un dossier d’instruction sur les violences du GUD de Nice ; disparition dénoncée par le nouveau procureur de la ville. Dans le même ordre d’idées, on peut signaler la manifestation à Nancy en présence de Marc Frederiksen le 28 octobre 2000 qui réunit une petite cinquantaine de militants ou l’agression contre l’écrivain et militant antifasciste Maurice Rajsfus lors d’un salon du livre dans la même ville. Un groupe s’est également constitué sur Valenciennes et a effectué des collages et des tractages anti-MacDo, tractages avec l’aide du GUD Lille à l’université de Mons et à celle des Tertiales. Mais les vrais groupes organisés sont malgré tout rares et l’étiquette est souvent utilisée par des individus isolés ou très peu nombreux. Malgré tout, cette prolifération (toute relative) du GUD est intéressante, organisationellement parlant, pour Unité Radicale qui tente alors de mettre en place une coordination nationale des différents GUD.</p>
<p>Cependant le GUD Paris ne pouvait pas échapper au débat central des nationalistes en 1999 : quid de la scission du FN ? Cette année-là le groupuscule a montré qu’il était bien difficile de se tenir au-dessus de la mêlée, même lorsqu’on fait profession d’être des « électrons libres ». Dans le Rongeur masqué du printemps 1999, le groupe affirmait ainsi : « <em>Le GUD n’a pas à se sentir impliqué au-delà du raisonnable dans les bagarres auxquelles se livrent FN-UF et FN-MN et n’a pas à y contribuer. Il compte des amis d’un côté comme de l’autre […]. Il a au cours de sa longue carrière vu fleurir et dépérir tant de mouvements et partis qu’un de plus ou de moins, bof. […] Cela dit, on peut augurer que tôt ou tard émergera un mouvement unitaire. Dans quelques années ou quelques semaines, tout peut arriver.</em> » Et de conclure par cette phrase terriblement révélatrice : « <em>Mais ça, c’est de la politique et est-ce qu’on en a réellement quelque chose à foutre ?</em> »… La plus grande confusion semble alors régner dans cette mouvance et des embrouilles à répétition laissent entrevoir quelques solides règlements de compte… Ainsi, alors que le printemps 1999 avait vu le GUD et Unité radicale assurer un soutien critique mais sincère au MN, en particulier au sein du Front de la Jeunesse, le mois de septembre vint brouiller cet attachement. Il semble en effet que le MN ait alors décidé l’intégration d’office des différentes sections du GUD au sein du Renouveau étudiant, sans que les dirigeants du groupuscule aient donné leur accord. Leur refus et les engueulades qui suivirent instaurèrent une tension qui faillit se traduire par des affrontements lors de la fête régionale Ile-de-France du MN fin septembre. Les militants furent en effet empêchés d’entrer dans le pavillon Baltard mais qui plus est, le DPA (équivalent du DPS) les empêcha également de distribuer leurs tracts à la sortie de la fête. Puis, coup de théâtre : on retrouve le GUD une semaine plus tard à la fête des BBR avec un stand dans l’espace FNJ et sa nouvelle publication, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1310" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg" alt="Tract_UDEN-0813a" width="118" height="166" /></a>Il est alors clair que les membres du groupe naviguent à vue en essayant de préserver ce qui peut l’être. Cela sera confirmé au printemps 2000 avec la liste commune avec le FNJ pour les élections du CROUS-Paris, liste intitulée Union et Défense des Étudiants Nationalistes (UDEN). Cela leur permet de profiter de l’infrastructure du FNJ, en particulier du Forum Jeunesse, local situé dans le XIIIe arrondissement. et de montrer leur désaccord avec le MNJ, décidé à faire liste perso.</p>
<p>Mais, comme bien souvent, les choses se gâtent peu à peu et ce dès la fin 1999-début 2000. On l’a vu, l’objectif universitaire n’est pas atteint sur Paris II-Assas. Ceci est dû tout autant à des éléments conjoncturels (c’est un travail qui n’intéresse pas les gudards de cette fin de décennie) qu’à des éléments structurels : en cette année 2000, les gudards ne sont plus à Assas ! Les étudiants en Droit sont devenus plus que minoritaires au GUD et il n’est ainsi plus question de pouvoir tenir le « bastion », ce qui était une des conditions de survie du groupe. Cela explique en partie la possibilité pour la direction de Paris II d’exclure Union Droit le 30 juin 1999 après une campagne opiniâtre de l’UNEF-ID.<br />
Il en va de même par rapport à la violence. Le degré de violence politique est devenu tellement faible en France que le moindre dérapage fait immédiatement l’effet d’un coup de tonnerre et qu’il est d’autant plus mal vécu par nos contemporains. De fait l’impunité sur laquelle pouvaient compter les gudards est devenue toute relative. Pour peu que les mêmes n’aient pas envie de sacrifier une éventuelle carrière (en particulier universitaire) sur l’autel nationaliste, les procédures judiciaires qui ne manqueront pas d’être engagées deviennent vite gênantes…</p>
<p>Dès la fin de l’année 1999, Benoît Fleury se met ainsi en retrait et passe le flambeau, en particulier à Gaëtan Dirand, ce qui explique la reprise des actions au printemps 2000. Mais un autre élément intervient alors qui pourrait n’être interprété que comme une nouvelle péripétie du « je t’aime, moi non plus » qui prévaut dans les relations entre gudards et nationalistes-révolutionnaires.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1311" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg" alt="05/01/2000. Maxime Brunerie, who attempted to shoot French President Jacques Chirac on the French National Day, is seen here taking part in a far right wing parade during the celebration of Joan of Arc day" width="253" height="200" /></a><br />
Il est en effet évident qu’en rejoignant les débris de Nouvelle Résistance, le GUD risquait de se retrouver dans la même situation qu’avec Troisième Voie et Malliarakis au milieu des années 1980. De fait, si Unité Radicale a bien un discours « fédéraliste » et des velleités de réseau, elle n’en reste pas moins une organisation avec sa logique. Or à partir de 2000, la possibilité de pouvoir jouer dans la cour des grands avec le FN et le MNR pousse les dirigeants d’UR et en particulier Christian Bouchet à adopter une démarche plus politique. Un peu de violence est positif et fait parler de soit mais trop de violence peut s’avérer contre-productif, surtout lorsqu’une partie de cette violence s’exerce contre d’autres militants nationalistes. C’est ainsi que Philippe Schleiter, dirigeant du MNJ, fera les frais en septembre 2000 du mauvais caractère de Gaëtan Dirand qui sait se rendre parfaitement odieux. Plus question alors de « tribus d’hommes libres » et autres arguties autonomes… Les gudards parisiens sont priés de rentrer dans le rang, ce que fait une bonne partie d’entre eux, ou de dégager. Ainsi l’année 2000 se termine-t-elle de façon très morose pour le GUD Paris. En particulier, le groupuscule ne tire que fort peu profit des affrontements au Proche-Orient et de leurs répercussions en France. Les actions se limitent alors à quelques graffitages et le principal clash a lieu à Assas où des militants brûlent un drapeau israëlien lors de la rentrée universitaire et distribuent des baffes à des étudiants portant la kippa. L’autre action notable aura été un lancer de grenade lacrymogène, le 10 novembre, dans un cinéma de Paris lors d’une projection du film <em>Le Secret</em> qui met en scène une relation amoureuse entre une Blanche et un Noir. Signe que rien ne va plus, le dernier numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> sort en juin 2000.</p>
<h3>No future ?</h3>
<p>Se pose donc alors la question rituelle, aussi vieille que le GUD : quel avenir politique pour ce groupe ? Une fois de plus tous les éléments semblaient réunis pour pronostiquer une mort certaine, ce qui s’est avéré cette fois-ci exact au regard de ces dernières années. Le 3 décembre 2000 a lieu à Montélimar un conseil national d’Unité Radicale. Une structure étudiante y est lancée qui devait combler le vide laissé par la disparition du RE et intégrer les GUD : l’UDEN, déjà entrevue précédemment. Les GUD perdaient donc leur autonomie en tant que telle même si l’étiquette pouvait être utilisée pour des actions extra-légales et pour continuer à entretenir le mythe auprès des médias et militants de gauche. Mais à l’évidence le cœur n’y est plus. Au delà de ces considérations politiques, certains éléments concordaient pour constater un reflux de la dernière génération GUD à Paris. Celle-ci avait en effet atteint l’âge où on songe à arrêter les rigolades pour passer à quelque chose de plus sérieux, en particulier fonder une famille ou se garantir une situation professionnelle, tous ces jeunes gens n’envisageant pas une descension sociale. En outre, une multitude de plaintes était en cours d’instruction et parvenaient à leur conclusion judiciaire.</p>
<p>Surtout, on ne voit pas trop ce qu’aurait pu inventer un groupe ayant perdu toute capacité d’initiative politique et se bornant à recycler un passé mythique fait de légendes, d’iconographie et de slogans vaseux. En outre, l’environnement politique des gudards avait changé depuis le début des années 2000 et cela modifiait un certain nombre de paramètres. On a beaucoup glosé sur le recyclage de figures en vue du GUD ou d’Occident par la droite parlementaire dans les années soixante-dix. Mais cela s’expliquait tout naturellement par l’absence de débouchés politiques ou même professionnels au sein de la mouvance nationaliste. La montée du FN dans les années quatre-vingt et sa force politique dans les années quatre-vingt-dix ont profondément modifié cette situation en permettant à de jeunes activistes s’approchant de la trentaine de retrouver une situation stable. Or, la scission de 1998, en restreignant la mouvance nationale et en introduisant une vraie incertitude sur son avenir, aura de nouveau obligé les petits jeunes tentés par l’activisme violent à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Cela en fit sans doute hésiter plus d’un à se lancer dans de folles aventures…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1312" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg" alt="Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a" width="315" height="433" /></a>Une petite équipe de rescapés fera tout de même paraître un nouveau numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> courant 2002. Ce sera le dernier, marquant une très nette rupture avec certaines orientations de 1999-2000 puisqu’il comporte de violentes attaques contre Alexandre Del Valle et Guillaume Faye, accusés d’avoir trahi le camp nationaliste au profit de l&rsquo;extrême droite sioniste au nom d&rsquo;une interprétation abusive de la doxa schmittienne. Or le même Guillaume Faye faisait la une du numéro 4 paru en 2000.<br />
Depuis plus rien. Certes le RED tente bien de gudifier son image comme le prouve son blason et sa participation récente à la manifestation propalestinienne de Égalité &amp; Réconciliation. Mais on est très loin de l’original et cela tient plus du frisson que de vraies velléités gudesques. Certains militants de la dernière génération sont passer faire un tour à Pro Patria. Le chapitre semble clos.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_372" class="footnote">Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du général Aryana.</li><li id="footnote_1_372" class="footnote">On voit la capacité de recyclage des appellations par l’extrême droite puisque ce nom sera réutilisé en 1999 pour le lancement d’une éphémère structure unitaire post-scission !</li><li id="footnote_2_372" class="footnote">Elle-même remplace une revue non officielle du GUD, <em>Rebelles</em>, qui s’était substituée au <em>Fil d’Ariane</em>, bulletin du temps de l’intégration dans TV. Parallèlement, une petite équipe essaie de relancer <em>Alternative</em> mais l’expérience pâtit de la médiocrité du journal.</li><li id="footnote_3_372" class="footnote">L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Spéciale dédicace !</li><li id="footnote_4_372" class="footnote">Cette propriété est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre à un solstice d&rsquo;été en 2007.</li><li id="footnote_5_372" class="footnote">Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-même militante nationaliste, est mariée avec F. Chatillon.</li><li id="footnote_6_372" class="footnote">Devenue la Librairie, le local accueillera à son premier étage les premières activités d’édition ert conception graphique de F. Chatillon.</li><li id="footnote_7_372" class="footnote">Il sera entre autres choses le défenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci étant accusé d’avoir menacé à deux reprises le responsable du Collectif des Étudiants Libéraux de France (CELF) durant l’année universitaire 1992-1993. Chatillon sera relaxé grâce à des pirouettes rhétoriques, niant les faits qui lui étaient reprochés et justifiant sa présence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire était meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon prétendra en particulier ne pas connaître le GUD et être apolitique !</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>D&#8217;une manifestation l&#8217;autre : 1er Mai et 9 Mai 2007</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2007 10:44:50 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En l&rsquo;espace de deux semaines, l&rsquo;extrême droite parisienne &#8211; et dans une moindre mesure nationale &#8211; a montré que sa tendance la plus radicale avait encore de beaux jours devant elle et que les questions persistantes sur l&rsquo;avenir du FN n&rsquo;étaient pas un cas de conscience pour tout le monde.</p>
<h3>Un 1er Mai pêchu</h3>
<p>Le 1er Mai tout d&rsquo;abord. Si l&rsquo;année dernière tout le cortège ne bruissait que de commentaires sur De Villiers et ses tentatives d&rsquo;OPA inamicale sur les militants et les électeurs du FN, cette année le nom du Vicomte avait totalement disparu des préoccupations des participants. À la place, une partie du cortège semblait frappé de sidération face au braquage électoral sarközyste. Comment un homme qui semble si peu aimer ce pays dans ses réalités « charnelles » et dont la femme déclarait à <em>Libération</em> en 2004 qu&rsquo;elle était « fière de ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines » pouvait-il bien avoir réussi un tel tour de prestidigitation patriotique ? Les commentaires allaient donc bon train sur l&rsquo;attitude à adopter au second tour et, inévitablement, sur les responsabilités à chercher du côté du Front National pour expliquer une défaite pour le moins cuisante. Cela se traduisait par quelques sifflets visant Marine Le Pen en provenance des rangs du FNJ lorsque la fille du chef rejoignait le cortège à Saint-Augustin. Il faut dire que les relations ont été mauvaises tout au long de la campagne entre la structure de jeunesse et Marine Le Pen au point que certain(e)s militant(e)s du FNJ en sont venu(e)s aux mains et aux larmes avec la structure des Jeunes avec Le Pen cet hiver lors d&rsquo;un meeting-débat à La Plaine-Saint-Denis. Les Jeunes avec Le Pen est en effet une création directe de l&rsquo;équipe de Marine Le Pen en vue de pouvoir compter sur une structure de jeunes plus docile et moins provocatrice. L&rsquo;attitude du FNJ tout au long du cortège a montré que la méfiance de Marine Le Pen n&rsquo;était pas usurpée. Emmenés par une direction nationale très en forme, en particulier Alexandre Ayroulet et Marie-Adélaïde Michel, les jeunes militants ont pu en effet se déchaîner, tant dans les slogans &#8211; « Europe, Jeunesse, Révolution », « Islam hors d&rsquo;Europe » &#8211; que dans les chansons avec Les Lansquenets. Si les têtes de cortège ne lançaient pas forcément tous les slogans, du moins ne faisaient-ils rien pour les freiner, donnant ainsi une tonalité très radicale au défilé&#8230;</p>
<p>Le cortège dans son ensemble présentait d&rsquo;ailleurs une tonicité assez surprenante pour un parti relégué à 10,5%. Il était par ailleurs plus étoffé que les deux années passées mais cela était peut-être du au fait que, par curiosité ou par intérêt, un certain nombre d&rsquo;ex-militants frontistes étaient venus faire un tour au défilé. C&rsquo;était par exemple le cas d&rsquo;une délégation MNR et en particulier de Bruno Mégret mais également de toute la galaxie groupusculaire d&rsquo;extrême droite, du Renouveau Français venu en masse vendre <em>L&rsquo;Héritage</em> aux Identaires venus non moins vendre <em>ID Magazine</em> en passant par le RED venu vendre <em>Le Dissident</em>. Tout ce petit monde compte évidemment bien prospérer sur les tensions internes du FN pour récupérer des militants, chacun se plongeant avec délice dans la surenchère ethnique ou nationaliste pour démontrer qu&rsquo;ils sont les seuls purs. On pouvait même voir circuler des tracts du fantomatique Réseau France Nationaliste de Thierry Maillard, à qui <em>Libération</em> avait fait l&rsquo;honneur de rendre compte de son appel à barrer la route à Nicolas Sarkozy quelques jours plutôt. Côté invidualités, on pouvait voir Alain Soral défiler avec une petite cour d&rsquo;aficionados ou la petite bande à ex-gudards, comprenez M. Chatillon lui-même avec femme, enfants et amis, visiblement remis de son altercation musclée avec des hools du PSG le soir du 1er tour au Paquebot, ces derniers ayant essayé de s&rsquo;en prendre à Dieudonné (<em>Minute</em> de la semaine dernière). En queue de cortège, on trouvait l&rsquo;habituelle cohorte de skins, avec leur panoplie familière en ce genre d&rsquo;occasion.</p>
<p>Place de la Concorde, le FN avait considérablement avancé la « tribune présidentielle » ce qui donnait l&rsquo;illusion d&rsquo;une place remplie. Du coup les stands des structures amies ou tout du moins tolérées étaient entassés dans un coin. Paul Thore et ses t-shirts faits main, les Bonnivard et leur soupe au cochon transgénique, Thibaud de Chassey et ses productions patriotes, Paul Pittet et ses décorations mélusiennes avaient quand même réussi à se faire une petite place. Le discours de Le Pen était peu audible mais la ferveur de ses militants toujours intacte. Qui a dit que notre époque moderne ne recèle plus de grand mystère ?</p>
<h3>Un 9 Mai confus</h3>
<p>Une semaine plus tard, le nationaliste de base était convié à ressortir son plus bel habit du mercredi pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu. La confusion semble avoir régné tout le début de semaine, les antifas étant prévenus par la Préfecture de Police de Paris de certaines dispositions qui, à l&rsquo;évidence, s&rsquo;appliquaient à la manifestation nationaliste et à la contre-manifestation antifa. Après avoir été sérieusement limitées, les manifestations étaient finalement autorisées le mercredi après-midi mais sur des distances très limitées et avec une multitude de rues interdites.</p>
<p>De fait, c&rsquo;est peu dire que ce 9 mai du côté des antifas ne restera pas dans les annales ! Les manifestations anti-sarko de dimanche, lundi et mardi soir (ainsi que leur lot d&rsquo;arrestations), les pressions policières sur certaines organisations politiques, ont sans doute eu un impact sur la faible mobilisation de notre côté. Mais ne nous voilons pas la face, nous n&rsquo;avons pas su gérer le casse-tête administratif mis en place par la police pour nous gêner. Un réel manque de réactivité nous a empêché de retourner la situation à notre avantage. Résultat à 19h30, un peu plus d&rsquo;une centaine de sympathisants ou militants se rassemblaient à Saint-Michel. On était bien loin des effectifs habituels pour un 9 mai ! Malgré tout, cela n&rsquo;a pas empêché les personnes présentes de passer outre les ordres de la Préfecture de Police et de marcher en direction de Port-Royal, vers le point de rassemblement des militants d&rsquo;extrême droite. Finalement la police encerclera assez rapidement les antifas pour ensuite les embarquer vers un commissariat du 18e arrondissement de Paris. Soyons clair et que cela nous serve de leçon : si tout le monde avait décidé de se rassembler, nous aurions pu engager un rapport de force avec la police, mais devant notre très faible nombre, les organisateurs nationalistes du 9 mai avaient le champ libre pour négocier l&rsquo;autorisation de leur manifestation.</p>
<p>En effet et fin de compte, le cortège nationaliste se formait et recevait à l&rsquo;évidence l&rsquo;aval de la préfecture, permettant ainsi à 350 militants ou sympathisants auxquels s&rsquo;étaient adjoints une soixantaine de hooligans du PSG de faire leur balade nocturne, encadrés par un service d&rsquo;ordre lourdement équipé. Organisé cette année par Pro Patria, un réseau de vieux militants parisiens d&rsquo;origine diverse qui semble s&rsquo;être formé l&rsquo;automne dernier et qui s&rsquo;est déjà signalé par divers collages ou bombages, le cortège réunissait des militants des différentes organisations natio : FNJ (sans son directeur national cette année), Renouveau Français (Thibaud de Chassey, Bruno Archier, Charles-Alban Schepens, Sylvain Jaurand, François Dussoubs, etc), Jeunesses Identitaires, nazis skins divers et variés de toutes générations (Batskin et quelques vieux JNR, etc&#8230;), ex-gudards (Frédéric Chatillon, Axel Loustau, etc&#8230;), individualités comme Hervé Lalin ou Éric Iorio, membre de la direction du FN et époux de Marine Le Pen&#8230; Le trajet emprunté était le même que l&rsquo;année dernière et finissait sans incident notable rue des Chartreux.</p>
<h3>De drôles de paroissiens</h3>
<p>Après la traditionnelle chansonnette agrémentée de quelques slogans hools, tout ce petit monde repartait vers Montparnasse et, tandis que les hooligans divaguaient en direction de Port-Royal, ce qui restait des manifestants allait sagement rue de la Tombe Issoire (14e arrdt) se mettre au chaud dans la salle paroissiale de l&rsquo;église Sainte-Dominique pour écouter deux groupes ayant une ressemblance somme toute assez sommaire avec la chorale des Petits Enfants à la croix de bois, à savoir les Italiens de Zetazeroalfa et les crypto-identitaires parisiens d&rsquo;Hôtel Stella. Le groupe emmené par Gaëtan Bertrand avec le renfort de Richard Pareti (ex-In Memoriam) est censé jouer du « rock hussard » en s&rsquo;inspirant du courant littéraire du même nom. En fait, la référence à la littérature n&rsquo;a pas semblé heurter les skins présents, en particulier Batskin, qui se sont lancés dans des pogos dignes d&rsquo;un groupe de RAC et le groupe lui-même d&rsquo;ailleurs n&rsquo;a pas semblé gêné outre mesure par la gerbe de bras tendus saluant certaines de leurs chansons ou reprises. Le tout s&rsquo;est de nouveau passé sans incident, du moins tant que nous y étions.</p>
<p>Que dire de cette soirée ? Évidemment que c&rsquo;est une défaite pour les antifas comme nous le soulignions précédemment et il serait stupide de nier le contraire. Mais ce triste constat appelle cependant quelques nuances. Tout d&rsquo;abord la préfecture semble avoir clairement choisi la manifestation nationaliste, ses représentants sur place tolérant même que des individus défilent casque sur la tête et manche de pioche à la main. Le préfet ne pouvant être soupçonné de quelque sympathie que ce soit eu égard à son attitude face à la soupe identitaire, cela vient donc sans doute de la prise en compte de la situation en début de soirée, à savoir d&rsquo;un côté 400 gugusses bien équipés, de l&rsquo;autre entre 100 et 200 personnes peu organisées, non armées et à la dangerosité fort limitée. Le dispositif policier a donc entièrement été mis au service des natios et le plus cocasse de cette soirée aura finalement été de voir tous ces militants, profondément révolutionnaires comme chacun sait, rouler des mécaniques dans un espace totalement nettoyé d&rsquo;une quelconque opposition par l&rsquo;intervention des forces de l&rsquo;ordre. Cela ne sembla pas gêner les hools et cela n&rsquo;empêcha pas les militants de crier « Pouvoir assassin ! » en fin de manifestation. Comme c&rsquo;étaient les mêmes qui criaient « Les CRS avec nous ! » lors des manifestations anti anti-CPE de mars 2006, la boucle est bouclée&#8230;</p>
<p>Ensuite le milieu nationaliste radical parisien semble engagé dans une dynamique unitaire qui lui donne le nombre, la force et les moyens. Cette dynamique naît bien évidemment d&rsquo;un contexte plus général qui lui est favorable : échec du FN et remise en question de la stratégie frontiste, débat public récurrent sur l&rsquo;identité nationale&#8230; Autant dire que les thématiques anti-autoritaires et égalitaires n&rsquo;ont pas exactement le vent en poupe&#8230;<br />
Enfin, au delà du fait qu&rsquo;on peut se demander si le prêtre de la paroisse Sainte-Domique était bien au courant de la nature exacte des activités qui avaient lieu dans son sous-sol, si même dieu se met de la partie et contre nous&#8230;</p>
<p>Publié le 11 mai 2007</p>
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		<title>Le retour des morts-vivants</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Feb 2003 19:05:01 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a deux ans à la même période se préparait le principal événement politique de ces dernières années, à savoir l&rsquo;éclatement du Front national et la fin d&rsquo;une dynamique nationaliste lancée quinze ans auparavant. En deux ans, les éléments qui cadraient le mouvement nationaliste ont notablement évolué et il était donc temps de faire un bilan à l&rsquo;orée de deux années de rendez-vous électoraux importants et à un moment où l&rsquo;anticapitalisme et donc le mouvement social reprend du poil de la bête.</p>
<p><strong>AU ZOO !</strong></p>
<p>Croire que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est qu&rsquo;un champ de ruines serait une grossière erreur. Certes, un élan est brisé et certaines capacités bien entamées. Mais il y a encore de beaux restes. Simplement une époque a changé et certaines tendances se sont confirmées, indépendamment de l&rsquo;implosion du FN. Il en va ainsi de l&rsquo;ultra-droite. Le déclin du PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_0_142" id="identifier_0_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en, qui connu son heure de gloire &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et d&eacute;fraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.">1</a></sup> et de l&rsquo;Œuvre française, entamé il y a maintenant quatre ou cinq ans s&rsquo;est confirmé. Ces deux organisations ne sont plus que deux sigles, deux coquilles creuses héritées des années 1980. Il n&rsquo;y a bien qu&rsquo;à Lyon qu&rsquo;on peut encore trouver quelques représentants de ce courant, le journal <em>Jeune Nation</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_1_142" id="identifier_1_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dirig&eacute;e par Yvan Benedetti. Il a &eacute;t&eacute; perquisitionn&eacute; le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. &Agrave; noter &eacute;galement la perquisition subie &agrave; son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;&eacute;diteur Dargaud. Celle-ci vise le d&eacute;tournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tir&eacute; d&rsquo;Ast&eacute;rix dans lequel on voit Ast&eacute;rix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et cand&eacute;labre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signal&eacute; la disparition du dossier GUD de Nice.">2</a></sup> leur servant de raisons de vivre. De fait, le seul a avoir profité de cette évolution est le courant nationaliste-révolutionnaire (NR), sous la conduite de Christian Bouchet et Fabrice Robert. Malgré la difficulté de naviguer à vue entre FN et MNR, le regroupement Unité Radicale (cercles Résistance, GUD et Jeune Résistance) a réussi à maintenir une structure susceptible d&rsquo;attirer tous ceux qui ne se reconnaissent pas ou plus dans les frères ennemis du mouvement nationaliste (FN/MNR) mais qui refusent le repli identitaire, c&rsquo;est-à-dire le syndrome du village gaulois. Certes, les faiblesses sont nombreuses : le mouvement vit au-dessus de ses moyens, il demeure très largement marqué par le “ jeunisme ” de ses militants (en gros, moins de 25 ans) et surtout sa marge de manœuvre est finalement, malgré les apparences, assez limitée. Bien sûr, la quasi-disparition des autres groupuscules laisse tout l&rsquo;espace radical aux NR ; les mouvements de jeunes du FN (Front National de la Jeunesse, FNJ) et du MNR (Mouvement national de la Jeunesse, MNJ) sont empêtrés dans leurs divisions ; des fractions importantes de militants du FN et du MNR sont inquiets et réticents devant l&rsquo;orientation de leurs partis respectifs. Enfin les nationalistes-révolutionnaires peuvent faire le pari d&rsquo;une montée de la xénophobie dans les classes populaires. Mais il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas réussi à élargir leur champ d&rsquo;influence au delà des sphères droitières du FN et MNR. L&rsquo;échec patent de celui-ci ne peut que plomber le soutien critique exprimé par Unité Radicale à l&rsquo;égard de Bruno Mégret. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai que le MNR ou le MNJ n&rsquo;hésitent pas de leur côté à poser leurs conditions. C&rsquo;est ainsi que les dernières élections au CROUS en région parisienne ont été marquées par la division entre le MNJ-ex RE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_2_142" id="identifier_2_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renouveau &Eacute;tudiant, structure &eacute;tudiante du FN avant scission, dont la majorit&eacute; des membres a choisi B. M&eacute;gret et qui est globalement morte lors de la scission.">3</a></sup> d&rsquo;un côté et FNJ-GUD de l&rsquo;autre. Les radicaux sont donc obligés de pratiquer le grand écart permanent : appelant à l&rsquo;adhésion massive des militants UR au MNR et à Terre &amp; Peuple mais bénéficiant de l&rsquo;aide logistique du FN pour réaliser l&rsquo;hommage nocturne à Sébastien Deyzieu<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_3_142" id="identifier_3_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sympathisant de l&rsquo;&OElig;uvre Fran&ccedil;aise, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-am&eacute;ricaine.">4</a></sup> le 09 mai dernier ; rencontrant l&rsquo;un des dirigeants du MNR pour établir des relations de confiance mais organisant des réunions avec les dirigeants de la dernière scission en date du MNR, l&rsquo;Alternative Nationale.</p>
<p>De fait, Unité Radicale n&rsquo;a bien souvent pas les moyens de ses ambitions et ses dernières campagnes politiques qui devaient lui permettre d&rsquo;apparaître comme élément dynamique du courant nationaliste ont été des fiasco : fiasco contre les sans-papiers, fiasco pour le soutien à Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_4_142" id="identifier_4_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Militant n&eacute;o-nazi emprisonn&eacute; pour un attentat raciste dans les ann&eacute;es 1980.">5</a></sup>, fiasco à Millau contre José Bové. Le seul groupe à tirer un peu son épingle du jeu demeure le GUD parisien. Même si ses frasques judiciaires l&rsquo;obligent à un certain turn-over (Gaëtan Dirand a <em>de facto</em> remplacé Benoît Fleury dans le rôle de meneur), le groupe a réussi à fêter les 30 ans de l&rsquo;étiquette GUD, à animer la manifestation radicale du Premier Mai et surtout à éditer une revue digne de ce nom, ce qui n&rsquo;était plus arrivé depuis <em>l&rsquo;Alternative</em> des années 1970. Animée entre autres par Alexandre Kartzeff et Adam Gwiazda, <em>Jusqu&rsquo;à nouvel ordre</em> se pose en concurrente directe de feu<em> Offensive pour une nouvelle université</em>, revue du RE, et surtout de <em>Réfléchir &amp; Agir</em>, revue directement placée sous influence de Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_5_142" id="identifier_5_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter pour plus de d&eacute;tail &agrave; REFLEXes n&deg;52.">6</a></sup> et donc du MNR, <em>via</em> Jean Denègre, <em>alias</em> Petitjean. Mais cette façade intellectuelle ne saurait masquer le fait que le GUD n&rsquo;a pas fondamentalement changé et qu&rsquo;il reste surtout une structure dans laquelle ses membres se font plaisir avant de faire de la politique, des “ attaques ” de réunion de gauche au 111° anniversaire de la naissance d&rsquo;Adolf Hitler fêté le 20 avril dernier au restaurant l&rsquo;Alsaco.<br />
C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le propre de cette période post-scission que de voir les jeunes nationalistes se détourner de la politique proprement dite au profit d&rsquo;activités que d&rsquo;aucuns qualifieraient de méta-politique, en particulier internet ou la musique, en l&rsquo;occurrence le Rock Identitaire Français (RIF). Apparu en 1995 avec le premier CD de Vae Victis, le phénomène s&rsquo;appuie actuellement sur une dizaine de groupes. En tant que tel, un seul est vraiment partie prenante de la scène politique organisée, à savoir In Memoriam qui a clairement choisi le camp mégrétiste et dont le meneur Julien Beuzard est également animateur du label Memorial Records, monté par G. Soulas. Les autres essaient de se maintenir au-dessus de la mêlée et gravitent autour du label-association Bleu-Blanc-Rock hébergé par les militants FNJ de Châteauroux. C&rsquo;est ainsi que Bleu-Blanc-Rock était présent à la fois à la fête régionale Ile-de-France du MNR le 23 septembre dernier et aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_6_142" id="identifier_6_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te des Bleu-Blanc-Rouge, organis&eacute;e depuis 20 ans par le FN en septembre.">7</a></sup>, fête nationale du FN le même week-end. Sous l&rsquo;impulsion de Jean-Christophe Bru et Cathie, animateurs du groupe Ile-de-France, l&rsquo;association joue le rôle de fédérateur politique que ne sont plus vraiment en mesure de jouer les organisations de jeunesse du FN et du MNR. Elle contribue ainsi à maintenir des lieux de rencontre pour des jeunes supportant mal les divisions partidaires. Car même si le climat politique s&rsquo;est apaisé à l&rsquo;échelle des militants, il est clair que la division reste à l&rsquo;ordre du jour entre les frères-ennemis du mouvement nationaliste français.</p>
<p><strong><br />
MICROCOSMOS</strong></p>
<p>Du côté du MNR, une première année incertaine a laissé la place à une situation finalement assez claire : Bruno Mégret et les siens ont perdu leur pari. Malgré la qualité des cadres et la capture d&rsquo;une très large majorité d&rsquo;élus FN, le MNR n&rsquo;a pas été en situation de capitaliser le potentiel électoral généré par le FN historique. De fait, non seulement le MNR a réalisé des scores généralement inférieurs à 5% mais en plus il a surtout fait la une par le nombre des défections qui l&rsquo;ont touché, à savoir Marie-Caroline Le Pen et Philippe Olivier mais aussi 24 conseillers régionaux dont entre autres :<br />
- en Aquitaine, Eddy Marsan, qui a crée un nouveau groupuscule intitulé l&rsquo;Alternative Nationale, et R. Taveau, devenu non-inscrit.<br />
- en Rhône-Alpes, trois élus dont Denis de Bouteiller, ex-trésorier du MNR, qui ont crée un groupe “ divers droite ” auquel s&rsquo;ajoute la même démarche à Rilleux-la-Pape, commune de D. de Bouteiller avec quatre conseillers municipaux<br />
- en PACA, J.-C. Tarelli et J.-P. Gost qui ont rejoint le RPF er RPR. On peut également ajouter D. Michel, adjoint de Le Chevallier à Toulon, exclu du MNR pour ses contacts avec le RPF. D. Michel a emmené avec lui un quart de la fédération du Var du MNR, soit 80 personnes !</p>
<p>En outre, le MNR a perdu son groupe au conseil régional Nord-Pas-de-Calais à la suite d&rsquo;une défection. Cela signifie très concrètement la perte de la logistique afférente (bureaux, secrétariat, frais de fonctionnement). Malgré tout, le parti revendique 20000 adhérents&#8230; autant dire un (très) très gros mensonge !</p>
<p>De même, alors qu&rsquo;il s&rsquo;était créé sous le signe du renouveau et de la jeunesse, le MNR semble avoir le plus grand mal à relancer un mouvement réellement dynamique dans la tranche d&rsquo;âge des moins de 25 ans. Le Front de la Jeunesse lancé avec bruit et fracas au printemps 1999 demeure ainsi totalement virtuel. Le MNJ a malgré tout réuni une cinquantaine de ses membres courant octobre de l&rsquo;année dernière à Lyon. Globalement, le mouvement est réduit à l&rsquo;état groupusculaire avec seulement deux ou trois militants pour de nombreux groupes de province. Seule la région parisienne échappe à cette situation mais les antifascistes s&rsquo;en étaient un peu aperçu&#8230; L&rsquo;objectif de la direction du MNJ, à savoir Philippe Schleiter (neveu de Faurisson) et Grégoire Tingaud (transfuge du FNJ), était donc de regonfler les effectifs durant cette année 2000 en visant les lycéens. Il ne semble pas en cet automne 2000 que le mouvement ait atteint son objectif. Alors que la structure avait raflé une bonne partie des jeunes lors de la crise du FN, les élections européennes de l&rsquo;année dernière sont venus en dégoûter une partie qui n&rsquo;est pas revenue. Par ailleurs, une partie des cadres du MNJ ont été intégrés au sein du MNR, ce qui a affaibli la structure jeune. De fait le MNJ semble s&rsquo;orienter sur une action nettement plus culturelle, avec par exemple la pénétration de milieux spécifiques. C&rsquo;est le cas de la JAC chez les jeunes catholiques. Il en va de même pour ce qui est des étudiants. Le congrès du Renouveau Étudiant à Bordeaux en octobre 1999 a été l&rsquo;occasion d&rsquo;affrontements oraux très violents entre les partisans d&rsquo;un rattachement strict au MNR et ceux qui souhaitaient faire du RE le rassemblement étudiant de toute la jeunesse nationaliste étudiante. Ces derniers avaient d&rsquo;ailleurs invité Guillaume Luyt, dirigeant du FNJ à l&rsquo;époque, pour faire contre-poids à Philippe Schleitter, dirigeant du MNJ. La question n&rsquo;a pas été tranchée et en fin de compte, le Renouveau Étudiant n&rsquo;a pas présenté de listes sous son étiquette aux élections du printemps 2000, faute d&rsquo;unité générale. Par contre, le MNR a monté une structure étudiante, l&rsquo;UED (Union des Étudiants de Droite), qui a refusé tout travail unitaire avec le GUD et a fortiori le FNJ. La liste présentée dans l&rsquo;académie de Versailles était menée par Claire Jouët, 26 ans, étudiante en maîtrise d&rsquo;histoire, présidente du RE et future tête de liste dans le XXe arrondissement parisien. Cela a donné lieu à des incidents à la fac de Nanterre lors de collages effectués par des membres du MNJ (coups de feu avec des pistolets à grenaille en particulier). Sur le plan national, présente dans 12 académies, l&rsquo;UED a réalisé 4,08% des voix, dont 6% à Mulhouse, 8,7% à Besançon et 10,7% à Versailles (13,5% à la fac Pasqua). Autant dire que le mouvement a peu de perspectives dans ce secteur.</p>
<p>Le seul secteur un tant soit peu dynamique est finalement celui du combat “ identitaire ” qui prend de plus en plus, et c&rsquo;est logique, les couleurs du racisme ethno-biologique. Portée par l&rsquo;association paganiste Terre &amp; Peuple et Pierre Vial, cette lutte permet au MNR de garder un contact avec les milieux nationalistes les plus radicaux. Le transfert de cadres<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_7_142" id="identifier_7_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple Olivier Chalmel, pass&eacute; de la revue du RE &agrave; celle de Terre &amp; Peuple.
">8</a></sup> et la double adhésion MNR-T&amp;P ont considérablement augmenté la visibilité de l&rsquo;association. Elle publie une revue dont la ligne semble de plus en plus être de marcher sur les brisées du GRECE et de la Nouvelle Droite d&rsquo;autrefois. C&rsquo;est ainsi que <em>Terre &amp; Peuple</em> publie une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em>, la revue du GRECE, sur les traditions populaires européennes. Par ailleurs, P. Vial tente de se placer dans la continuité de ce courant politique en faisant du combat identitaire l&rsquo;axe principal, sinon unique, de la lutte nationaliste des années futures. C&rsquo;était ainsi le thème de sa rencontre nationale annuelle à Paris le 28 mai dernier. Il est aidé en cela par le retour depuis deux ans de Guillaume Faye, “ greciste ” historique, un temps animateur sur Skyrock, et qui vibrionne sur le thème de la “ colonisation de l&rsquo;Europe par les hordes islamiques ” et du combat biologique. Cela devrait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;amener le 9 novembre prochain devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la haine raciale, tout comme son éditeur G. Soulas. Enfin, Terre &amp; Peuple multiplie les débats et autres activités culturelles dans ses différentes implantations régionales, au point que P. Vial envisage la création d&rsquo;une SARL d&rsquo;édition afin de soutenir l&rsquo;effort de diffusion entrepris.</p>
<p>Néanmoins, il semble évident que cela ne suffira pas à sauver le parti. Les quelques dizaines de militant(e)s mobilisés pour le procès de Catherine Mégret en septembre dernier, dont des historiques comme F. Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_8_142" id="identifier_8_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ancien responsable du GUD au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 ; pour plus de pr&eacute;cision, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;51.
">9</a></sup>, et la misère qui suintait de la fête du MNR le 23 septembre montrent que tout n&rsquo;est question que de délai.</p>
<p><strong>POLICE DE LA PENSEE<br />
</strong></p>
<p>Côté FN, il est évident que la crise a très largement dégradé la situation du parti. Depuis deux ans, Jean-Marie Le Pen a consacré une bonne partie de son énergie à poursuivre les scissionnistes de sa vindicte, doublée d&rsquo;un certain nombre de procédures judiciaires. C&rsquo;est ainsi par exemple que le FN Rhône-Alpes a récupéré ses locaux à Lyon en chassant P. Vial du poste de gérant de la SCI qui est propriétaire des lieux ou que <em>Français d&rsquo;Abord</em> a diffusé des informations rigolotes sur J.-Y. Le Gallou, à savoir qu&rsquo;il serait marié avec la fille d&rsquo;un ancien waffen-SS, qu&rsquo;il serait négationniste, qu&rsquo;il aurait fraudé pour ses indemnités européennes, etc. À noter que le FN sort globalement vainqueur de ses bras de fer judiciaires avec le MNR, Le Pen demeurant ainsi le seul président légal du parti par décision de la Cour d&rsquo;Appel de Paris qui confirme le jugement de mai 1999 (B. Mégret s&rsquo;est porté en cassation). On peut d&rsquo;ailleurs considérer avec le recul que le FN, quoique groggy, sort vainqueur du conflit avec l&rsquo;équipe Mégret. La crise a été absorbée et tant bien que mal, le parti a reconstitué un encadrement digne de ce nom. Les BBR 2000 le montrent aisément : si la superbe d&rsquo;avant scission est bien perdue, le FN a retrouvé une position centrale. Cela l&rsquo;amène d&rsquo;ailleurs à commettre de lourdes erreurs d&rsquo;appréciation puisque ces BBR ont été la scène d&rsquo;une véritable chasse aux sorcières contre tout imprimé semblant faire l&rsquo;apologie du IIIe Reich ou émanant des “ félons ”. C&rsquo;est ainsi que le stand de la librairie de la Licorne bleue a été expulsé ou que celui de <em>National-Hebdo</em> a du retirer certains livres.</p>
<p>L&rsquo;autre point de friction est venu de l&rsquo;un des corps de doctrine du FN, à savoir le caractère multiconfessionnel et “ multiracial ” de la France. Le MNR s&rsquo;est en effet emparé des déclarations de Samuel Maréchal et Farid Smahi au printemps 1999 pour mener une campagne agressive sur le thème “ le FN se rallie au système et accepte l&rsquo;immigration ” avec mailing de J.-Y. Le Gallou, etc. Le FN ne fait ainsi pourtant que rester dans une ligne idéologique qui a toujours été la sienne, à savoir que l&rsquo;appartenance à la nation se faisait par le sang ou par le mérite, en dehors de toute considération ethno-biologique. Ce point de vue était le résultat de l&rsquo;attachement de la vieille extrême droite au passé colonial français, ce qui n&rsquo;est plus le cas des tenants du “ combat identitaire ”. Le congrès du FN à Paris du 28 au 30 avril de cette année n&rsquo;a semble-t-il pas permis d&rsquo;évacuer le problème. Cette situation perdure alors même que le congrès était censé mettre à jour le programme du FN, à savoir les <em>300 mesures pour la renaissance de la France</em> éditée en 1993 (seul un <em>Argumentaire du Patriote</em> est venu le dépoussiérer un peu). D&rsquo;autre part, ce congrès n&rsquo;a apporté aucune modification de fond quant à la composition de l&rsquo;équipe dirigeante. On peut juste noter le poids grandissant des catholiques intégristes et de l&rsquo;équipe de Bernard Anthony. Celui-ci est en effet le grand vainqueur au sein du FN de la fin du “ compromis nationaliste ” qui voyait cohabiter des courants politiques dont le seul point commun était l&rsquo;attachement affiché à la nation et l&rsquo;hostilité à l&rsquo;égalité sociale. Le principal de Bernard Anthony demeure le tandem Chrétienté Solidarité et l&rsquo;AGRIF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_9_142" id="identifier_9_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association contre le &ldquo; racisme anti-fran&ccedil;ais &rdquo; cr&eacute;&eacute;e par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intent&eacute; une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&hellip; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurp&eacute;. L&rsquo;AGRIF tire pr&eacute;texte d&rsquo;une histoire &ldquo; dr&ocirc;le &rdquo; racont&eacute;e par K. Zero dans T&eacute;l&eacute; Z : &ldquo; un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;&eacute;paule. Le patron demande : &ldquo; tu l&rsquo;as trouv&eacute; o&ugrave; cet animal ? &rdquo; et le perroquet de r&eacute;pondre : &ldquo; en Afrique ! &rdquo;. Pouf, pouf&hellip; Rappelons &agrave; ceux et celles int&eacute;ress&eacute;(e)s K. Zero et son fr&egrave;re poss&egrave;dent un solide pass&eacute; de petits nazis.">10</a></sup>. Celle-ci poursuit sa politique d&rsquo;influence au sein du FN et a passé l&rsquo;année dernière un accord avec<em> Français d&rsquo;Abord</em> pour suivre le “ racisme anti-français ” et soutenir toutes les personnes acceptant d&rsquo;aller en justice. L&rsquo;AGRIF n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plus seule sur ce terrain puisque le MNR a lancé un numéro de téléphone contre le “ racisme anti-français ” et un Observatoire de l&rsquo;islamisation de la France.</p>
<p>Pour ce qui est des jeunes, le bilan n&rsquo;est pas plus vaillant qu&rsquo;au MNJ puisque le FNJ a changé deux fois de directeur national en deux ans. En 1999, S. Maréchal a en effet passé la main à Guillaume Luyt, issu des milieux royalistes et “ maréchaliste ” pur crin. Celui-ci, très contesté par les radicaux à ses débuts, a réussi à remettre le FNJ dans un certain ordre de bataille, en particulier à Paris et en région parisienne. Ceci étant, il a accompagné une très nette radicalisation du mouvement sous influence du GUD. La liste commune Union Des Étudiants Nationalistes présentée au printemps 2000 a permis un rapprochement notable et le FNJ reprend peu ou prou les thèmes gudards : “ pour un ordre nouveau et national, le FNJ cogne et passe ”, etc&#8230; De la même façon, les gudards sont familiers du local parisien du FNJ, Forum Jeunesse. Cela a amené tout naturellement G. Luyt à quitter son mandat lors du congrès du FN en avril à partir du moment où il n&rsquo;était plus dans la ligne officielle du parti. Remplacé par un pur lepéniste, Erwan Le Gouëllec, il laisse un FNJ dont l&rsquo;avenir est incertain, coincé entre son parti de tutelle et l&rsquo;anti-islamisme radical de la jeunesse nationaliste.</p>
<p><strong><br />
DEVINE QUI VIENT DINER CE SOIR ?</strong></p>
<p>Le bilan montre donc que les journalistes et le monde médiatique en général est allé vite en besogne en décrétant la mort du mouvement nationaliste français. Car c&rsquo;est à une véritable mort médiatique que l&rsquo;on a pu assister à partir du moment où l&rsquo;extrême droite n&rsquo;a plus été un thème porteur. Les journaux ont réduit la couverture attribuée au FN ou MNR et certains journalistes se sont même reconvertis dans d&rsquo;autres domaines comme Renaud Dely de <em>Libération</em> par exemple. Il en est de même dans le domaine de l&rsquo;édition, le FN ayant été pendant longtemps un moyen commode de faire de l&rsquo;argent. L&rsquo;ensemble des media oscille à présent entre le constat de “ la décrispation de la société française à l&rsquo;égard de l&rsquo;immigration ” et l&rsquo;inusable thème de la “ lepénisation des esprits ”. Mais on ne peut qu&rsquo;être fort sceptique devant cette affirmation que le FN perdant la bataille politique aurait gagnée celle des idées. La société française n&rsquo;a hélas pas besoin d&rsquo;un parti nationaliste pour être globalement hostile aux populations immigrées, notamment celles issues d&rsquo;Afrique du Nord. De fait, c&rsquo;est ce sentiment qui a généré les succès du FN et c&rsquo;est cette position qui perdure après l&rsquo;affaiblissement du parti de J.-M. Le Pen. C&rsquo;est un fait que la démagogie officielle sur les réussites “ Black-Blanc-Beur ” ne peut éliminer. On constate d&rsquo;ailleurs la même situation dans d&rsquo;autres pays d&rsquo;Europe : c&rsquo;est le refus de voir en face l&rsquo;épouvantable misère sociale du Sud et la crispation sur un niveau de vie exagérément élevé qui poussent les opulentes sociétés européennes à soutenir le processus de l&rsquo;Europe forteresse, quelle que soit la couleur du parti qui le porte mais avec une préférence pour ceux qui affichent clairement la couleur. La scission du FN a certes montré que ce parti, contrairement à l&rsquo;image projetée depuis des années, était un parti comme les autres. Mais lorsque ce fait, décevant et déroutant pour de très nombreux militants, aura été digéré, qui peut prédire l&rsquo;avenir ? Les infâmes magouilles financières des partis “ démocrates ” empêchent-elles le système politique d&rsquo;exister et les Français d&rsquo;y adhérer ?</p>
<p>De fait, les élections municipales de 2001 seront capitales pour envisager l&rsquo;évolution possible du nationalisme français. Elles seront en particulier capitale pour la survie du MNR. B. Mégret a ainsi commencé à rapatrier ses troupes sur Vitrolles et la région marseillaise. F.-X. Sidos, neveu du führer de l&rsquo;Oeuvre française, a été engagé comme responsable des services techniques de la ville, Gérard Le Vert, chef du DPA<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_10_142" id="identifier_10_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.">11</a></sup>, devenant un moment responsable de la sécurité avant de démissionner, en remplacement de Patrick Bunel, engagé par Elf-Aquitaine pour assurer la sécurité des installations en Malaisie ! Damien Bariller, un des lieutenants de Mégret a lui aussi été salarié par la ville. Bref, Vitrolles devient le fort Chabrol du MNR&#8230; Une convention sur les élections municipales a eu lieu à Paris en mars 2000 et le MNR a investi 430 têtes de liste, ce qui représente un nombre plus qu&rsquo;honorable. Reste à savoir dans quelle mesure ces têtes parviendront à monter des listes, a fortiori avec la loi sur la parité. On peut déjà estimer sensibles ces difficultés par le fait que les listes seront ouvertes aux non-adhérents du MNR, que tous les adhérents sont considérés comme des candidats potentiels et qu&rsquo;il manque en cet automne 2000 50 candidats au MNR pour les seuls arrondissements de Paris.<br />
Le FN, dopé par l&rsquo;aide étatique de 41 millions de francs et un nombre supérieur d&rsquo;adhérents devrait avoir moins de difficulté même si la création d&rsquo;une “ bourse aux candidats ” montre que les temps sont durs.<br />
Ainsi, moins que jamais le relâchement de la résistance à la pourriture nationaliste est-il à l&rsquo;ordre du jour !</p>
<p>Paru dans REFLEXes n°2, automne 2000</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_142" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen, qui connu son heure de gloire à la fin des années 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et défraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.</li><li id="footnote_1_142" class="footnote">Dirigée par Yvan Benedetti. Il a été perquisitionné le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. À noter également la perquisition subie à son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;éditeur Dargaud. Celle-ci vise le détournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tiré d&rsquo;Astérix dans lequel on voit Astérix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et candélabre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signalé la disparition du dossier GUD de Nice.</li><li id="footnote_2_142" class="footnote">Renouveau Étudiant, structure étudiante du FN avant scission, dont la majorité des membres a choisi B. Mégret et qui est globalement morte lors de la scission.</li><li id="footnote_3_142" class="footnote">Sympathisant de l&rsquo;Œuvre Française, décédé en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-américaine.</li><li id="footnote_4_142" class="footnote">Militant néo-nazi emprisonné pour un attentat raciste dans les années 1980.</li><li id="footnote_5_142" class="footnote">Se reporter pour plus de détail à <em>REFLEXes</em> n°52.</li><li id="footnote_6_142" class="footnote">Fête des Bleu-Blanc-Rouge, organisée depuis 20 ans par le FN en septembre.</li><li id="footnote_7_142" class="footnote">Par exemple Olivier Chalmel, passé de la revue du RE à celle de Terre &amp; Peuple.<br />
</li><li id="footnote_8_142" class="footnote"> Ancien responsable du GUD au début des années 1990 ; pour plus de précision, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°51.<br />
</li><li id="footnote_9_142" class="footnote">Association contre le “ racisme anti-français ” créée par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intenté une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&#8230; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurpé. L&rsquo;AGRIF tire prétexte d&rsquo;une histoire “ drôle ” racontée par K. Zero dans Télé Z : “ un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;épaule. Le patron demande : “ tu l&rsquo;as trouvé où cet animal ? ” et le perroquet de répondre : “ en Afrique ! ”. Pouf, pouf&#8230; Rappelons à ceux et celles intéressé(e)s K. Zero et son frère possèdent un solide passé de petits nazis.</li><li id="footnote_10_142" class="footnote">Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Liste non-exhaustive d’événements « marquants »</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Feb 2003 12:01:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Gallou]]></category>
		<category><![CDATA[Montpellier]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Renouveau Étudiant Parisien (REP)]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Deyzieu]]></category>

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		<description><![CDATA[1993 30 mars • Paris-Tolbiac / Descente du GUD : deux étudiants frappés. 7 avril • Paris-Panthéon / Descente du GUD : trois étudiants frappés. 29 octobre • Paris-Assas : affrontements entre une dizaine de militants de l’Unef venus distribuer un tract et environ 20 gudards. • Paris-Dauphine : descente d’une quarantaine de militants appartenant [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>1993</strong></p>
<p><strong>30 mars<br />
</strong>• Paris-Tolbiac / Descente du GUD : deux étudiants frappés.</p>
<p><strong>7 avril<br />
</strong>• Paris-Panthéon / Descente du GUD : trois étudiants frappés.</p>
<p><strong>29 octobre<br />
</strong>• Paris-Assas : affrontements entre une dizaine de militants de l’Unef venus distribuer un tract et environ 20 gudards.<br />
• Paris-Dauphine : descente d’une quarantaine de militants appartenant au «Collectif nationaliste étudiant» venus empêcher le déroulement d’un meeting antiraciste, en représailles de l’action sur Assas.</p>
<p><strong>5 novembre<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente de militants du REP qui entonnent des chants nazis dans la Cour d’honneur.</p>
<p><strong>23 novembre<br />
</strong>Paris-Jussieu : descente du REP, deux étudiants et un enseignant frappés.</p>
<p><strong>26 novembre<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente du REP : un étudiant frappé.</p>
<p>1994</p>
<p>13 janvier<br />
Montpellier : 3 militants de l’Unef de l’université de Lettres sont blessés par 5 individus cagoulés et les poches pleines d’autocollants du GUD.</p>
<p><strong>20 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente du GUD : deux étudiants molestés.</p>
<p><strong>27 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne : descente du GUD lors du dépouillement des élections universitaires : un appariteur blessé à coups de nunchaku. Une conférence sur la Shoah est interrompue, ses participants sont évacués.</p>
<p><strong>9 février<br />
</strong>Rouen : environ 10 gudards aspergent de gaz lacrymogène le hall de la fac de Lettres.</p>
<p><strong>2 mars<br />
</strong>Paris-Jussieu : descente du REP, des étudiants sont frappés, le local de l’Unef-id est saccagé.</p>
<p><strong>7 mars<br />
</strong>Paris-Sorbonne : présence de militants du REP. Ils en sont chassés par 150 étudiants après avoir agressé un étudiant portant une Kippa.</p>
<p><strong>14 mars<br />
</strong>Paris-Censier : descente du REP, une étudiante blessée.</p>
<p><strong>17 mars<br />
</strong>Paris-Assas : 30 gudards bloquent l’accès de l’université pour protester contre le mouvement anti-CIP (quand on parle de jaunes à la solde du patronat…).</p>
<p><strong>8 avril<br />
</strong>Montpellier : devant l’université Paul Valéry (Sciences humaines), plusieurs militants de l’Unef essuient des coups de feu de la part de colleurs du FNJ.</p>
<p><strong>13 avril<br />
</strong>Montpellier : Nicolas Arnoux et Dominique Mimuzzo (GUD/FNJ) sont mis en examen pour «violences avec armes», suite aux événements du 8 avril.</p>
<p><strong>7 mai<br />
</strong>Paris : lors d’une manifestation interdite contre «cinquante ans d’impérialisme américain», Sébastien Deyzieu, militant d’extrême droite, fuit un contrôle d’identité et tombe du 5ème étage d’un immeuble. Il meurt des suites de ses blessures. 107 manifestants sont arrêtés après des heurts avec les forces de l’ordre.</p>
<p><strong>9 mai<br />
</strong>Paris : création d’un «comité du 9 mai», regroupant FNJ, GUD et JNR, qui doit servir de cadre unitaire aux organisations nationalistes pour lutter contre la «répression antionales». Jean-Yves Le Gallou leur apporte son soutien.</p>
<p><strong>11 mai<br />
</strong>Paris : des militants du GUD et du FNJ investissent les locaux de Fun Radio et interviennent de force à l’émission «Love in Fun».</p>
<p><strong>16 mai<br />
</strong>Paris : Serge Faubert, journaliste de L’Événement du Jeudi est molesté par Frédéric Chatillon (GUD).</p>
<p><strong>9 novembre<br />
</strong>Paris : 2 salles de cinéma diffusant le film de Claude Lanzmann à la gloire de l’armée israélienne, Tsahal, sont aspergées de gaz lacrymogène. L’action est revendiquée par le GUD.</p>
<p><strong>14 décembre<br />
</strong>Paris-Saint Hippolyte : 30 gudards débarquent dans le centre Saint Hippolyte (XIIIe), et agressent cinq étudiants. 2 des victimes doivent être hospitalisées.</p>
<p>1995</p>
<p>12 janvier<br />
Paris : à la question d’un journaliste sur le respect de la liberté d’expression à Assas, Philippe Ardant, président de l’université, répond : «Même si elle n’est pas parfaite (sic), je suis persuadé qu’elle est plus importante que dans d’autres universités parisiennes, où l’ordre règne “comme à Varsovie”« (Le Figaro).</p>
<p><strong>27 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne : Gwénael Le Brazidec (REP/FNJ) est mis en examen pour «violence avec arme sur personne vulnérable», après avoir frappé avec un nunchaku un étudiant tunisien handicapé. Dans un communiqué, le FNJ affirme que Le Brazidec «ne faisait que se défendre contre les agressions répétées à la Sorbonne de l’organisation terroriste gauchiste SCALP (sic) et de l’UNEF, section étudiante communiste (re-sic)».</p>
<p><strong>2 février<br />
</strong>Paris-Sorbonne : lors des élections universitaires, 30 militants du GUD et du CNS sont repoussés pacifiquement par 500 étudiants.</p>
<p><strong>14 février<br />
</strong>Paris-Assas : un élu de l’UNEF-ID est blessé par Pierre Oldoni (GUD) dans le hall de la fac. Il est hospitalisé.</p>
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		<title>Les affres du petit commerce</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 21:26:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Soulas]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Deyzieu]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Dreschmann]]></category>

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		<description><![CDATA[Avertissement : En dépit d’une présentation volontairement racoleuse, les informations ci-dessus sont certifiées authentiques.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Avertissement : En dépit d’une présentation volontairement racoleuse, les informations ci-dessus sont certifiées authentiques.</p>
<h3>Humilié, menacé, thierry D. n’arrive plus à s’en sortir</h3>
<p>Depuis son ouverture il y a bientôt trois ans, la Licorne bleue accumule les avanies. Alors qu’il croyait être tranquille en devenant son propre patron, le gérant T. Dreischmann subit les efforts conjugués de multiples ennemis pour l’abattre dans son entreprise. Nombreux ils ne sont pas forcément du côté que l’on croit…</p>
<h3>Menacé par son ex-patron</h3>
<p>En effet, licencié par G. Soulas de son poste de gérant de la librairie l’AEncre (devenue Librairie Nationale) alors qu’il était immobilisé à l’hôpital, il n’a cessé depuis de subir les menaces et pressions (y compris physiques) de son ancien patron. Il faut dire que le domaine de la librairie nationaliste est un créneau étroit et la concurrence y est rude… En refusant de vendre des ouvrages et objets «provocateurs» (entendre : antisémites, négationnistes et racistes), G. Soulas s’est coupé d’une partie de sa clientèle.</p>
<p>Même si la faillite récente de la SERP (suite au procès opposant J.-M. Le Pen à sa fille félonne) va lui donner un bol d’air commercial, les affaires sont dures, en témoignent les appels réguliers à l’aide financière. Il est tout à fait clair que T. Dreischmann n’a pas ces soucis-là… La camelote nazie sous toutes ses formes (figurines, briquets, ceintures, tue-mouches, coton-tiges) se porte bien !</p>
<p>En plus, la Licorne est maintenant l’une des librairies les plus célèbres de France. Pas tant grâce à ses publicités répétées dans tous les journaux nationalistes qu’à la suite des agressions subies ou provoquées ces derniers mois. C’est d’ailleurs T. Dreischmann qui a ouvert le feu en appelant à l’aide des gudards parisiens contre un rassemblement du comité de vigilance du XIe arrondissement de Paris.</p>
<h3>Une débauche de violence</h3>
<p>Fins comme du gros lard, ces jeunes gens emmenés par B. Fleury (qui s’est mis en pré-retraite depuis) ont par leur action provoqué une question sénatoriale le 25 novembre dernier au ministre de l’Intérieur. Ils ont également entraîné début décembre la double riposte de militants sionistes bien décidés à ruiner la librairie et venger la destruction par le GUD d’un distributeur de sandwich casher à la fac de St-Maur. Même si le blindage de sa vitrine lui a coûté quelques dépenses, Dreischmann en a finalement bien profité puisque tout cela a renforcé son assise dans le mouvement nationaliste. Mais dernière avanie en date, il semblerait qu’il se soit fait voler son fichier clients et sympathisants de presque 2000 noms… Une plainte a en tout cas été déposée en ce sens auprès du procureur de la République.</p>
<p>Ah, le petit commerce n’est plus ce qu’il était…</p>
<h3>De jeunes désoeuvrés lâchés dans la ville</h3>
<p>Privée d’autorité tutélaire depuis la scission du FN, la jeunesse nationaliste dérive lentement vers l’ultra-droite, en particulier en région parisienne. C’est le cas du GUD bien sûr dont certains membres ont fêté les 111 ans de la naissance d’Hitler le 20 avril dernier au restaurent l’Alsaco et en présence d’anciens Waffen SS comme R. Perrier (dit «tonton Sieg Heil»). Cela se traduit par de multiples actions qui vont de l’attaque de librairies (Fédération anarchiste, librairie du Point du Jour) à celle de réunions du comité de vigilance contre l’extrême droite ou comité Mumia.</p>
<p>Mais c’est aussi le cas du FNJ. Allié au GUD dans le cadre des élections pour les CROUS ce printemps, il subit son attraction et son influence, profitant de la fâcherie entre le GUD et le MNJ (jeunesse du MNR de Mégret). Numériquement, il n’est pas évident que cette radicalisation profite à tous ces petits jeunes de bonne famille. Ils étaient une petite centaine pour le défilé des «radicaux» du premier mai et environ 150 pour le défilé anniversaire de la mort de Sébastien Deyzieu, tombé d’une gouttière il y a cinq ans, soit la moitié du défilé de l’année dernière. Par la sainte moustache, qu’il est dur de défendre la race des seigneurs !</p>
<h3>Mémoire courte</h3>
<p>Les archives, cela a souvent du bon… Dans son numéro 36, le journal de l’OEuvre française <em>Jeune Nation</em> vient rappeler à la fille de François Mitterrand, Mazarine Pingeot, le passé de son papa. Début mars, miss Pingeot avait en effet contre-attaqué dans <em>Le Figaro</em> par rapport aux affirmations de Giscard d’Estaing sur le passé maréchaliste de son père. Auréolé de son image antiraciste, philosémite, F. Mitterand ne pouvait avoir fait cela ! La reproduction par <em>Jeune Nation</em> de la couverture de la revue <em>France</em>, revue de l’État nouveau daté de décembre 1942 avec côte à côte des articles de P. Pétain et F. Mitterand vient nous rappeler que l’ancien président était une vieille crapule opportuniste et qu’avant d’être socialiste ou maréchaliste, F. Mitterrand a toujours été surtout mitterrandiste.</p>
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