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	<title>REFLEXes &#187; Riwal</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>De Damas à Paris&#8230; De l&#8217;amitié, de l&#8217;argent et des emmerdes</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Apr 2012 12:59:21 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Lors d’un précédent article, nous posions la question de savoir si les amitiés syriennes de Frédéric Chatillon allaient rester anecdotiques ou bien devenir un problème pour Marine Le Pen (MLP). La réponse est arrivée le 25 janvier dernier sur France Inter, station sur laquelle MLP était l’invitée de la Matinale pour répondre aux questions de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Lors d’un <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/">précédent article</a>, nous posions la question de savoir si les amitiés syriennes de Frédéric Chatillon allaient rester anecdotiques ou bien devenir un problème pour Marine Le Pen (MLP). La réponse est arrivée le 25 janvier dernier sur <em>France Inter</em>, station sur laquelle MLP était l’invitée de la Matinale pour répondre aux questions de Patrick Cohen et Bernard Guetta. Tout se passait bien jusqu’au moment où fut abordée la question de la Syrie et de la position du FN vis-à-vis des événements qui s’y déroulent, provoquant une première poussée de colère de la présidente du Front National sous la forme d’une réponse fanfaronne : « <em>Vous avez trouvé vos questions dans un carambar ? </em> ».<br />
L’ire de MLP ne devait cependant pas retomber puisque l’un des journalistes embraya alors en évoquant la proximité de la dirigeante frontiste avec Frédéric Chatillon dont les journalistes soulignèrent les sympathies pro-Assad. La seule répartie de MLP fut alors de qualifier Chatillon de « <em>simple prestataire de service</em> », y compris pour le régime syrien dont il n’assurait que des campagnes publicitaires destinées au Ministère du Tourisme. Cela n’empêcha pas Patrick Cohen en fin d’émission de renvoyer les auditeurs au site <em>Infosyrie</em>, désormais bien <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/">connu</a> des internautes s’intéressant à la Syrie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-damas-a-paris-de-lamitie-de-largent-et-des-emmerdes/#footnote_0_485" id="identifier_0_485" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le site est anim&eacute; principalement par Pierre Robin, ancien de Troisi&egrave;me Voie et du GUD mais &eacute;galement de l&rsquo;&eacute;quipe de Jalons o&ugrave; il participait &agrave; la section &laquo;Nazisme et dialogue&raquo; avec Arnaud Soyez, sous le pseudonyme de Louis Denghien.">1</a></sup>, ce qui finit de mettre MLP en rogne, celle-ci allant jusqu’à brandir la menace d’un procès en diffamation.<br />
En réagissant de manière aussi vive et en démentant toute relation politique avec Chatillon – « <em>Dieu merci, je ne suis pas influencée par les fournisseurs que j’utilise</em> » &#8211; ravalé donc au rang de « <em>simple prestataire de service </em> », MLP a voulu à l’évidence mettre un terme aux interrogations que suscitent le rôle exact de la petite bande qui gravite autour de l’ancien dirigeant du GUD et qui se sont manifestées depuis l’été dernier dans un certain nombre de livres de journalistes, des articles de presse ou militants (dont le nôtre) et même des documentaires, en particulier celui diffusé par Canal +, <a href="http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid4080-c-la-face-cachee-du-nouveau-front.html?vid=562519" target="_blank">La face cachée du nouveau front</a>.</p>
<p>Pourtant loin d’être un simple prestataire de service, Frédéric Chatillon et ses amis constituent une pièce importante du dispositif mariniste, que ce soit pour leurs compétences professionnelles ou leurs réseaux relationnels, voire – car c’est le nerf de la guerre – dans le financement des activités de MLP. C’est évidemment pour toutes ces raisons que les polémiques et enquêtes diverses et variées n’ont pas altéré d’un iota l’intensité des relations entre les uns et les autres car tout ce petit monde se soutient comme la corde soutient le pendu.</p>
<h3>La Jeanne, dragueur de fonds de la flottille MLP</h3>
<p>La conquête de la présidence du FN n’a pas été chose facile pour MLP. Il lui a d’abord fallu se soustraire à la tutelle politique de son père, éliminer ses adversaires politiques au sein du FN regroupés derrière le « successeur naturel » Bruno Gollnisch et se constituer une équipe dévouée, reposant souvent sur des liens d’amitié tissés dans sa jeunesse. Il lui restait une dernière chose à faire qui était sans doute la plus importante : obtenir son indépendance financière pour ne plus dépendre de l’argent de son père. En effet, si celui-ci a quitté la présidence du FN, il a conservé celle de la COTELEC, association de financement destinée à recevoir les dons et les prêts des adhérents et sympathisants. Totalement indépendante de la trésorerie du parti, cette structure prête de l’argent au FN quand il en a besoin et aux candidats pour financer leurs campagnes électorales, soit un bon moyen pour garder le contrôle sur le parti et sur celle qui le préside. Mais depuis décembre 2010 les choses ont changé puisque MLP possède elle aussi sa propre structure de financement intitulée Jeanne. Cette structure a un double but : d’une part faire rentrer de l’argent pour financer les activités de MLP mais aussi – et en cela MLP a bien retenu les leçons de son père – s’attacher la fidélité indéfectible des futurs candidats du Front aux élections. Ainsi, lors des élections cantonales de mars 2011, Steeve Briois a-t-il pu utiliser les fonds levés par Jeanne pour financer les tracts et les affiches de certains candidats (500 environ), ces derniers devant en contrepartie apporter leur soutien à la ligne défendue par la nouvelle présidente, soit un bon moyen de garantir la prédominance de la ligne mariniste lors du prochain congrès.</p>
<p>Pour gérer ce micro parti dont l’objet consiste à « <em>définir et promouvoir les conditions d’une nouvelle offre politique, </em> [à regrouper] <em>toutes celles et ceux qui entendent participer au redressement de la France</em> », Marine a mobilisé son premier cercle dans lequel les anciens du GUD sont très présents. Le mandataire financier de Jeanne est ainsi Steeve Briois, pilier du FN dans le Nord et secrétaire général du parti depuis l’accession de MLP à la présidence du FN. Le secrétaire général en est Jean-François Jalkh, secrétaire national du FN aux élections et un moment donné possible remplaçant de Louis Aliot au poste de secrétaire général du FN. Enfin la présidente de Jeanne est Florence Lagarde, une vieille amie de MLP, les deux s’étant connues à la faculté d’Assas lors de leurs études. Florence Lagarde militait alors au sein du Rassemblement des Étudiants Parisiens (REP) qui venait de succéder au GUD après son auto-dissolution. Elle était ainsi en 6ème position sur la liste du REP aux élections au CROUS en 1994. Logiquement nous la retrouverons en train de faire des piges pour un magazine sur lequel nous nous sommes déjà penché, nous voulons parler de <em><a href="http://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/">Cigale</a></em>, dans lequel elle relate les diverses expositions qui ont lieu à Paris. Elle y côtoie son compagnon, un certain Jildas Mahé. Arrêtons-nous d’ailleurs un instant sur cette liste dont l’itinéraire des participants est assez représentatif de ce qu’est devenu ce petit monde gudard, entre réussite professionnelle et réseau politique. En tête de liste, on trouvait Jildaz Mahé, devenu une des chevilles ouvrières de l’agence Riwal dirigée par Frédéric Chatillon. En 2ème position figurait Pierre Oldoni qui après avoir été écroué en 1995 pour violences volontaires et dégradation d’objets destinés à l’utilité publique est passé par le DPS et s’est ensuite reconverti dans le mercenariat puis la sécurité. En 3ème position on trouvait <a href="http://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/">Gwénael Le Brazidec</a>, entré par la suite à la Cour administrative d’appel de Marseille et devenu enseignant dans l’enseignement supérieur à Toulouse. Frédéric Pichon figurait en 4ème position et est devenu l’avocat pénaliste que l’on connaît tout en poursuivant son militantisme par le biais de l’association Europae Gentes et un compagnonnage idéologique avec les Identitaires. En 5ème position, on trouvait <a href="http://reflexes.samizdat.net/front-de-la-jeunesse/">Grégoire Tingaud</a> qui après avoir travaillé au conseil régional d’Ile-de-France dans le domaine de l’Intelligence économique est aujourd’hui un des dirigeants de la société Comes dont le directeur n’est autre que Bruno Racouchot, ancien « dircab » de Jean-Marie Le Pen. Grégoire Tingaud continue par ailleurs de s’investir dans le militantisme métapolitique par l’entremise de la fondation Polemia dirigée par Jean-Yves Le Gallou. En 8ème position, on trouvait Domitille Level qui dirige aujourd’hui un cabinet d’assurances à Bordeaux, associée à <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/">Robert Ottaviani</a>, ancien skinhead et dirigeant du FNJ puis du MNJ, devenu très tôt un soutien affiché de MLP par le biais de Génération Le Pen puis de la Vague Bleu Marine. Enfin en 9ème position figurait Miguel Lliotter, aujourd’hui enseignant-chercheur et un temps consultant pour un maire UMP des Hauts-de-Seine.</p>
<p>Le trésorier de Jeanne est Olivier Duguet. Là encore un ancien du Gud qui fait partie du cercle des intimes de Chatillon. On pouvait ainsi l’apercevoir à la soirée d’anniversaire d’Axel Lousteau l’année dernière en compagnie de Chatillon, Jildas Mahé (superbe en kilt !), Jack Marchal, Romain Vincent, etc. C’est aussi un partisan de la ligne politique pro-syrienne de Chatillon, on a pu le voir défiler aux côté du Grand Fred lors de la manifestation de soutien organisée par les milieux pro-Bachar à Paris le 30 octobre dernier. Et il est associé de Chatillon dans ses affaires.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1620" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Manif_Bachar_30_ont_2011_2_.jpg"><img class="wp-image-1620" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Manif_Bachar_30_ont_2011_2_-1024x576.jpg" alt="ah! le GUD et ses casques noirs, toute une histoire !! (dr)" width="600" height="338" /></a><p class="wp-caption-text">ah! le GUD et ses casques noirs, toute une histoire !! (dr)</p></div>
<div id="attachment_1621" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Manif_Bachar_30_ont_2011_1_.jpg"><img class="wp-image-1621" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Manif_Bachar_30_ont_2011_1_-1024x576.jpg" alt="Duguet, plus classique, opte lui pour la casquette blanche des pro-Bachard (dr)" width="600" height="338" /></a><p class="wp-caption-text">Duguet, plus classique, opte lui pour la casquette blanche des pro-Bachard (dr)</p></div>
<p>A cette manif, seront présents aussi les &laquo;&nbsp;antisionistes&nbsp;&raquo; Ginette Skandrani, Edouard Klein du Gud, Yahia Gouasmi et des membres du Parti Antisionite, ou encore Jean Bricmont, toujours irréprochable quand à ces fréquentations, pas de doutes :</p>
<div id="attachment_1622" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Chatillon_Skandrani_Canal_.jpg"><img class="wp-image-1622" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Chatillon_Skandrani_Canal_.jpg" alt="F. Chatillon et Ginette Hess-Skandrani (docu C+)" width="600" height="362" /></a><p class="wp-caption-text">F. Chatillon et Ginette Hess-Skandrani (docu C+)</p></div>
<div id="attachment_1623" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/klein_manif_pro_syrie_30_octobre.jpg"><img class="wp-image-1623" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/klein_manif_pro_syrie_30_octobre-1024x644.jpg" alt="E. Klein, petit gudard deviendra grand ?? pas gagné! (Independenza webtv)" width="600" height="378" /></a><p class="wp-caption-text">E. Klein, petit gudard deviendra grand ?? pas gagné! (Independenza webtv)</p></div>
<h3>Où on reparle de la Syrie</h3>
<p>L’association de financement Jeanne a été domiciliée avenue Victor Hugo dans le 16e arrdt de Paris. C’est en fait une adresse qui sert de domiciliation postale à plus de 200 entreprises. Parmi ces dernières on y trouve deux sociétés dont le gérant n’est autre qu’Olivier Duguet. La 1ère est une société dénommée Howell France Finance, anciennement Hades Gestion Immobilière qui était domicilié alors chez Duguet dans les Hauts-de-Seine. Au passage le capital de 10 000 euros de Hades passera à 100 000 euros pour Howell. La 2ème société a été créée en mars 2010 et s’intitule Dreamwell. Elle a pour objet les activités d’agence de publicité. L’intitulé des divers noms commerciaux utilisés par cette agence a quelque chose de familier, car outre Dreamwell, Adrowen, Obernon, Dreamwell utilise aussi les noms Taliesin, Iona et Ivaos.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/dreamwell1_2_.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1624" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/dreamwell1_2_.jpg" alt="dreamwell1_2_" width="600" height="439" /></a></p>
<p>Des noms déjà utilisés par une autre agence dont on a beaucoup parlé ces derniers temps. Nous voulons bien sûr parler de Riwal Communication, l’agence de Frédéric Chatillon.<br />
Rien d’étonnant à cela puisque Riwal est propriétaire à 55% de Dreamwell, les autres 45% se divisant en 15% pour Olivier Duguet et les 30% restant ayant été apporté par une certaine Nancy Walschap, de nationalité belge et demeurant dans les Yvelines. En fait Nancy Walschap est le nom de jeune fille de cette actionnaire et son lieu de résidence habituel est Damas en Syrie. De son nom marital, Nancy Walschap s’appelle Nancy Idris. Elle est la directrice manager d’un des plus gros Tour Operator de Syrie, la société Adonis Travel fondée en 1991 qui possède des bureaux en Jordanie, au Liban, au Yémen, en Lybie et à Oman.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/adonis_bis_2_.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1625" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/adonis_bis_2_.jpg" alt="adonis_bis_2_" width="600" height="397" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/adonis_2_.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1626" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/adonis_2_.jpg" alt="adonis_2_" width="600" height="564" /></a></p>
<p>Outre cette activité, Adonis Travel développe au travers d’une filiale, IT Syria, des activités de commerce et de finance avec encore à sa tête Nancy Idris. Les liens entre Adonis et Riwal sont d&rsquo;autant plus forts que la société Adonis partage la même adresse que Riwal Syria. Elle était d&rsquo;ailleurs l&rsquo;agence de tourisme pour le jeu-concours du <em>Cigale</em> spécial Damas.<br />
Quant à son mari Ghassan Idris, vice-président d’Adonis Travel, c’est un spécialiste du tourisme depuis 1982. Adonis a fait 50% de ses activités de tourisme avec la France, d’où l’intérêt sans doute d’un relais dans l&rsquo;Hexagone. Intérêt économique mais aussi intérêt politique, le tourisme ayant vocation pour le régime syrien à servir de vitrine à l’étranger comme l’indiquait le ministre du tourisme Saadalla Agha al Khallaa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-damas-a-paris-de-lamitie-de-largent-et-des-emmerdes/#footnote_1_485" id="identifier_1_485" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Interview dans la revue Faits et Projets dans laquelle on trouve &eacute;galement une interview de Thala Khair, &eacute;pouse de Manaff Tlass.">2</a></sup> : « <em>Je pense que le fait d’ouvrir des bureaux de tourisme dans les principales capitales européennes et arabes va aider à la promotion de la Syrie à l’étranger</em> ». Le ministre insistait alors sur un des aspects positifs de son pays, le côté « sécuritaire ».</p>
<p>Lorsque Bachar el-Assad est arrivé au pouvoir, il a été perçu par les pays occidentaux comme plus ouvert politiquement que son père et plus libéral sur le plan économique. Effectivement on a assisté au début des années 1990 à une certaine libéralisation, surtout sur le plan économique plus que politique, mais cette libéralisation s’est toutefois déroulée sous le contrôle du pouvoir. Elle a débouché sur l’émergence de grands monopoles dominés par la famille du président syrien, des proches ou des clients du régime donnant naissance à ce que l’on peut appeler le complexe militaro-mercantile, complexe dont Adonis Travel est un élément parmi d&rsquo;autres. Mais cette libéralisation a eu aussi pour conséquence la ruine de toute une partie de la population syrienne, notamment paysanne, provoquant l’apparition d’une grande pauvreté. Le tourisme, là encore, va être amené à jouer un rôle interne important, celui d’une nouvelle rente salvatrice. En 2006 Ghassan Idris, le mari de Nancy Walschap, déclarait au journal <em>The Guardian</em> « <em>pour le gouvernement, le tourisme est maintenant aussi important que le pétrole, cela fait partie de la stratégie nationale</em> ». En 2009, la Syrie avait reçue 6 millions de touristes et pensait doubler leur nombre d’ici à 2012 avec à la clé la création de 2 millions d’emplois dans le secteur.<br />
Avec la révolte actuelle et ses conséquences à long terme, il est clair que ce secteur va s’effondrer, et qui dit effondrement dit moins d’argent et donc moins de contrats, d’où effectivement le soutien de Chatillon.</p>
<p>Mais une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, on apprenait mi-mars que le <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">général Tlass</a>, l’un des soutiens de Chatillon était à Paris où il prit des contacts parmi les nombreux exilés syriens. Cependant les conversations n’ont pas été fructueuses. Favorisé par plusieurs monarques du Golfe, le scénario Tlass organisant la transition risque d’être mort-né. Quant à <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/">Manaf</a>, des rumeurs diverses ont fait état de sa mort. Mais on peut émettre plus sûrement l’hypothèse d’une perte de la confiance qu’Assad lui témoignait et il ne serait plus à la tête de la 105e brigade, étant confiné chez lui.</p>
<h3>Heureusement qu’il reste la France pour faire des affaires !</h3>
<p>Bien loin de la Syrie, la France est en effet en campagne. Or qui dit campagne dit matériel et frais de campagne. Comme tous les partis, le FN a du sortir un matériel spécifique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-damas-a-paris-de-lamitie-de-largent-et-des-emmerdes/#footnote_2_485" id="identifier_2_485" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le journal de campagne de Marine Le Pen, L&rsquo;esprit de la France (tirage : 10 000 exemplaires pour le n&deg;1, 90 000 exemplaires pour le n&deg;2, 50 000 exemplaires pour les n&deg;3 et 4, 55 000 pour le n&deg;5) :  
et le journal des Jeunes Avec Marine Les matelots (15 000 exemplaires) : ">3</a></sup> dont on aurait pu supposer qu’il fut fabriqué par Riwal. Mais exit Riwal. En lieu et place, une SARL, Unanime, à l’enseigne commerciale Recto Verso, lancée en janvier 2011 et un temps domiciliée rue de la Boétie (VIIIe arrdt de Paris) dans un immeuble servant d’adresse postale avant d’être transférée au 14 Place Léon Deubel (XVIe arrdt), qui est depuis longtemps le QG Vendôme Sécurité et de la SCI Papou, soit les deux sociétés dont Axel Loustau a longtemps été le propriétaire et gérant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/de-damas-a-paris-de-lamitie-de-largent-et-des-emmerdes/#footnote_3_485" id="identifier_3_485" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le si&egrave;ge social de Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute; a &eacute;t&eacute; transf&eacute;r&eacute; &agrave; Ivry sur Seine durant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2011, Axel Loustau n&rsquo;&eacute;tant plus l&rsquo;actionnaire majoritaire ; n&eacute;anmoins le num&eacute;ro de t&eacute;l&eacute;phone de Vend&ocirc;me est toujours &agrave; l&rsquo;adresse de Paris dans l&rsquo;annuaire ; la SCI Papou n&rsquo;a pour sa part pas boug&eacute;.">4</a></sup>. Mais ce n’est pourtant pas ce dernier qui est à l’origine directe d’Unanime puisqu’on y retrouve deux figures de la galaxie Chatillon, à savoir <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/">Sighild Blanc</a> qui n’est plus à présenter et Thibault Nicolet, gérant de cette SARL au capital de 20 000 euros. Dans <em>Cigale magazine</em> n°18, consacré à la Syrie et paru début 2008, , on peut lire: &laquo;&nbsp;<em>À vingt-six ans, Thibault Nicolet a quitté Londres où il était sommelier dans le prestigieux restaurant Spoon pour s’installer à Damas, où il compte ouvrir une cave à vin.</em>&laquo;&nbsp;. Damas n’est décidemment que la banlieue de Paris pour certains ! Reste à voir si les résultats du 1er tour permettront à tout ce petit monde de continuer à picorer dans le gâteau…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_485" class="footnote">Le site est animé principalement par Pierre Robin, ancien de Troisième Voie et du GUD mais également de l&rsquo;équipe de Jalons où il participait à la section «Nazisme et dialogue» avec Arnaud Soyez, sous le pseudonyme de Louis Denghien.</li><li id="footnote_1_485" class="footnote">Interview dans la revue <em>Faits et Projets</em> dans laquelle on trouve également une interview de Thala Khair, épouse de Manaff Tlass.</li><li id="footnote_2_485" class="footnote">Le journal de campagne de Marine Le Pen, <em>L&rsquo;esprit de la France</em> (tirage : 10 000 exemplaires pour le n°1, 90 000 exemplaires pour le n°2, 50 000 exemplaires pour les n°3 et 4, 55 000 pour le n°5) : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Esprit-de-la-France-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1627" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Esprit-de-la-France-1.jpg" alt="Esprit-de-la-France-1" width="600" height="848" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Esprit-de-la-France-2.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1628" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Esprit-de-la-France-2.jpg" alt="Esprit-de-la-France-2" width="600" height="848" /></a><br />
et le journal des Jeunes Avec Marine <em>Les matelots</em> (15 000 exemplaires) : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Les-Matelots-3.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1629" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/04/Les-Matelots-3.jpg" alt="Les-Matelots-3" width="600" height="830" /></a></li><li id="footnote_3_485" class="footnote">Le siège social de Vendôme Sécurité a été transféré à Ivry sur Seine durant l&rsquo;été 2011, Axel Loustau n&rsquo;étant plus l&rsquo;actionnaire majoritaire ; néanmoins le numéro de téléphone de Vendôme est toujours à l&rsquo;adresse de Paris dans l&rsquo;annuaire ; la SCI Papou n&rsquo;a pour sa part pas bougé.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le chemin de Damas de Monsieur C.</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 13:58:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[C’est moi le roi de la route, j&#8217;m&#8217;amuse à 200 à l’heure, Je peux faire Paris-Beyrouth, en une demie heure… Les Nonnes Troppo Début juin, le site Égalité et Réconciliation se faisait l’écho du lancement d’un nouveau site, Infosyrie, présenté comme un site de “réinformation” sur les événements syriens dont la réalité serait outrageusement travestie par [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>C’est moi le roi de la route, j&rsquo;m&rsquo;amuse à 200 à l’heure,</em><br />
<em>Je peux faire Paris-Beyrouth, en une demie heure…</em></p>
<p>Les Nonnes Troppo</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Ex-libris-fff60.gif"><img class="alignleft wp-image-1566 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Ex-libris-fff60-300x230.gif" alt="Ex-libris-fff60" width="300" height="230" /></a>Début juin, le site Égalité et Réconciliation se faisait l’écho du lancement d’un nouveau site, <em><a href="http://www.infosyrie.fr/?gclid=CKup5ce03aoCFc0e3wodqD1K6w" target="_blank">Infosyrie</a></em>, présenté comme un site de “réinformation” sur les événements syriens dont la réalité serait outrageusement travestie par les media occidentaux à la solde des États-Unis et, cela va sans dire mais mieux en le disant, d’Israël. A priori rien d’étonnant : ce courant de l’extrême droite nationaliste et ses compagnons de route se sont fait une spécialité de ce type de dénonciation, de la Lybie à la Côte d’Ivoire.</p>
<p>Pour les mêmes raisons, il n’est donc guère surprenant de retrouver derrière ce site l’inévitable Frédéric Chatillon.</p>
<p>Ce n’est en effet pas la première fois que nous sommes amenés à évoquer ce tropisme chatillonesque pour le pays des Alaouites et le Proche-Orient en général. Ce fut le cas il y a quelques années à propos d’un <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">curieux montage</a> politico-policier. Mais cet intérêt a connu depuis quelques années un regain de vitalité dont l’administration du site <em>Info-Syrie</em> n’est qu’une énième manifestation et qui mélange comme toujours affinités politiques et intérêts commerciaux bien compris.</p>
<h3>Les feux de la rampe</h3>
<p>Sur le plan médiatico-politique, les liens entre Frédéric Chatillon et la Syrie ont connu une nouvelle visibilité avec l’implication de l’ancien dirigeant du GUD dans le rapprochement de Dieudonné avec le parti de Jean-Marie Le Pen et l’extrême droite en général. Ce rapprochement, on s’en souvient, est la conséquence de l’influence grandissante de Chatillon auprès de Dieudonné et s’est manifesté en fanfare avec quelques événements médiatisés, parfois à l’insu du plein gré des intéressés.</p>
<div id="attachment_1567" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudonne_Gollnisch_Soral_Mahe_Chatillon_Joly_Dubois.jpg"><img class="wp-image-1567" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudonne_Gollnisch_Soral_Mahe_Chatillon_Joly_Dubois.jpg" alt="Zenith, décembre 2006 : A. Soral, JM Dubois, B. Gollnish, D. Joly, Jany Le Pen, F. Chatillon, G. Mahé, Dieudonné... et les autres " width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Zenith, décembre 2006 : A. Soral, JM Dubois, B. Gollnish, D. Joly, Jany Le Pen, F. Chatillon, G. Mahé, Dieudonné&#8230; et les autres</p></div>
<p><em><br />
</em></p>
<p>La venue de Dieudonné à la Convention présidentielle Bleu Blanc Rouge organisée par le Front national en novembre 2006 dans le cadre de la candidature de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 2007 en est l’élément médiatique fondateur et Chatillon en est à l’origine, même si c’est son épouse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_0_477" id="identifier_0_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous ne ferons aucun commentaire sur des rumeurs r&eacute;centes et d&rsquo;ordre priv&eacute;, m&ecirc;me si elles auront forc&eacute;ment des implications politiques.">1</a></sup>, Marie d’Herbais, qu’on peut alors apercevoir sur les photographies immortalisant l’événement. Mais d’autres épisodes viendront confirmer cette drôle de relation. C’est le cas en particulier du baptême d’une fille de Dieudonné en juillet 2008 par l’abbé Laguerie, ancienne figure de proue de la Fraternité Saint-Pie X et à présent en charge de l’église Saint-Eloi à Bordeaux, avec pour parrain Jean-Marie Le Pen. Chatillon semble alors avoir joué les intercesseurs, une de ses filles ayant pour parrain l’ancien président du FN.</p>
<p>Pour autant la proximité entre Dieudonné et Jean-Marie Le Pen datait d’au moins deux ans puisque M. M’Bala était présent à une soirée du président du FN datant probablement de 2006 à Montretout avec les époux Chatillon.</p>
<p>Le baptême, alors qu’il était avéré, provoqua en tout cas une mise sous pression par Chatillon des journalistes de <em>Minute</em> au courant de l’affaire, l’ancien meneur du GUD étant devenu tout à la fois agent, PR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_1_477" id="identifier_1_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Chatillon a en particulier sauv&eacute; la mise de &ldquo;l&rsquo;artiste&rdquo; le soir du 1er tour de l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle d&rsquo;avril 2007 lors de la f&ecirc;te qui se tenait au si&egrave;ge du FN et durant laquelle un petit groupe de hooligans semblait vouloir lui faire un mauvais parti.">2</a></sup> et pygmalion de Dieudonné. Jean-Marie Molitor rapportait ainsi l’épisode, dans un article tout en allusions éclairantes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_2_477" id="identifier_2_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article paru dans le n&deg;2368 de Minute">3</a></sup> : « <em>L’information a beau être archi-confirmée, il faut encore joindre Dieudonné. Bruno Larebière s’en charge, lui laissant un message téléphonique. C’est à partir de là que tout va déraper. Dans l’heure qui suit ce message, alors que notre collaborateur s’apprête à rappeler l’humoriste, c’est Orléans</em> [c’est-à-dire Chatillon. NLDR] <em>qui se manifeste auprès de moi. Il appelle, explique-t-il, de la part de Dieudonné. Celui-ci ne veut pas qu’on parle de ce baptême. C’est une affaire privée. Et surtout, la divulgation de l’information ne peut que nuire à ses intérêts, au moment où il parvient à retrouver un peu de visibilité médiatique. Le ton est d’abord à peu près aimable, puis se fait sec, puis carrément comminatoire. </em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/2008-07_couv_Minute_Dieudo-2-9b01e.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1568" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/2008-07_couv_Minute_Dieudo-2-9b01e.gif" alt="2008-07_couv_Minute_Dieudo-2-9b01e" width="227" height="305" /></a>Orléans téléphone aussi à Bruno Larebière. Deux fois. Tempêtant, exigeant qu’on ne publie pas l’information. Parlant comme s’il s’adressait à l’un de ses employés, si tant est qu’il existe encore des patrons qui osent encore parler comme cela à leurs employés. Essayant enfin de négocier, puisque l’intimidation ne fonctionne pas, jusqu’à ce que Bruno Larebière l’envoie paître […]. Cinq minutes plus tard, la soirée dominicale étant bien avancée, Dieudonné le rappelle enfin. Pour manifester sa colère ? Absolument pas. C’est un homme charmant que nous avons au téléphone. Aimable. Et courtois. […] Ce qu’il souhaite en fait, c’est laisser passer la « polémique » qui ne manquera pas de naître en raison de la personnalité du parrain. Puis il pourra parler de Dieu. À converser avec Dieudonné, qui ne demande rien, ne cherche pas à négocier, comme le très désobligeant intermédiaire, qu’on parle éventuellement du baptême de Plume mais en « omettant » la présence de Jean-Marie Le Pen, on comprend que sa démarche n’a rien à voir avec ce que Orléans a tenté de nous vendre&#8230; Un Orléans qui, excipant de son amitié avec Dieudonné, agissait plus comme s’il avait personnellement à perdre dans cette affaire, tel un dogue défendant son garde-manger, que pour protéger son « ami ». La journée qui suit va le confirmer.</p>
<p>Le lundi 14 juillet en effet, Orléans revient à la charge, encore plus déterminé. Appels et textos se succèdent. Cela devient si étrange que je décide de différer la publication de l’article, le temps de savoir qui manipule qui. L’information, de toute façon, sera publiée. Nous en avons informé, et Orléans, et Dieudonné. Un site d’informations en ligne est au courant. En raison d’échanges de bons procédés réguliers entre nous, et dans la mesure où nous étions au courant depuis mai, il avait été décidé que nous en aurions la primeur mais que, si nous ne publiions pas l’information, ce site serait averti et aurait la voie libre. Le lundi soir donc, à 23 h 55, la dépêche tombe sur le site de Novopress, diffusée par la branche aquitaine de l’agence de presse indépendante<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_3_477" id="identifier_3_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J.-M. Molitor nous sert en l&rsquo;occurrence une aimable gal&eacute;jade, Novopress &eacute;tant rien moins qu&rsquo;une agence de presse et a fortiori ind&eacute;pendante.">4</a></sup>. Son titre : « Dieudonné, un parrain nommé Le Pen ».</p>
<p>La machine médiatique est-elle lancée ? Oui et non. Oui car, le lendemain, la nouvelle est sur la plupart des sites nationalistes. Mais c’est compter, encore une fois, sans Orléans, qui, ajoutant les courriers électroniques à sa panoplie de petit intimidateur déjà bien lourde, « ordonne » à tous ceux qui ont relayé l’information de Novopress de la retirer, n’hésitant pas à contourner ceux qui résistent en faisant intervenir directement auprès de l’hébergeur du site afin qu’il le censure, ou expliquant, histoire de discréditer du même coup, et l’information et l’agence Novopress, qu’il s’agit d’un « canular » ! Durant vingt-quatre heures, l’offensive est sur le point de réussir. Jusqu’à ce que la véracité des faits soit confirmée par Novopress et que « Libération », le mercredi, publie, sans citer bien sûr l’agence de presse, son « scoop » écrit au conditionnel et dégoulinant de fiel. Rage de Orléans, qui fait savoir à qui veut l’entendre qu’il se vengera (de qui ? de quoi ?), tandis que, de son côté, Dieudonné se montre serein&#8230; Comme si, décidément, Orléans avait des intérêts personnels en jeu, du genre de ceux qui mettent sur les nerfs les producteurs de spectacle quand le succès n’est pas garanti ou ceux qui rendent terriblement nerveux ceux qui, espérant un retour sur investissement, se sont portés caution pour la location d’une salle de grande dimension et craignent qu’elle ne soit à moitié vide le jour de la représentation venue. Est-ce de cela qu’il s’agit ?</p>
<p>Avec Orléans, difficile de savoir ce qui le motive. Cela fait plusieurs années que cet ancien dirigeant du GUD, le Groupe Union Défense qui fit tant pour la renommée de la faculté d’Assas et le chiffre d’affaires du rayon barres de fer du BHV, s’active dans l’ombre de l’humoriste ». Cet épisode est sans doute à l’origine d’un incident survenu le 18 juin 2010 lors du rassemblement organisé par le Bloc Identitaire et Riposte Laïque et qui vit Chatillon gifler magistralement Bruno Larebière. Celui-ci, ayant été agressé en tant que journaliste et non en tant que dirigeant identitaire, se réserva alors le droit de porter plainte. Nous ne savons à vrai dire ce qu’il en est advenu de cette éventualité.</p>
<p>On pourrait citer bien sûr d’autres épisodes tout aussi curieux comme ce projet de débat des finalistes du 2ème tour de l’élection présidentielle 2007 animé par Dieudonné, avec la participation de Jean-Marie Le Pen, et avec un spectacle du « comique » en ouverture de soirée.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/soiree_elections_avril2007.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1569" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/soiree_elections_avril2007.jpg" alt="soiree_elections_avril2007" width="600" height="300" /></a></p>
<p>Mais surtout cette présence constante dans l’ombre de Dieudonné va permettre à Chatillon d’élargir son cercle de connaissances à d’autres « parias » médiatiques que nous allons retrouver ci-après, Jacques Vergès ou Roland Dumas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_4_477" id="identifier_4_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui tous deux, et sans surprise, ont r&eacute;pondu aux questions du site Info-Syrie.">5</a></sup>. Par ailleurs elle s’inscrit dans une démarche plus large cherchant à faire bouger les lignes puisqu’à la même époque Chatillon s’investit aux côtés d’Alain Soral dans les projets d’Égalité &amp; Réconciliation, en particulier l’ouverture du Local fin 2007 aux côtés de Philippe Peninque, personnage aux multiples facettes : proche conseiller de Marine Le Pen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_5_477" id="identifier_5_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il semble que Philippe Peninque ait &eacute;t&eacute; pressenti pour devenir SG du FN en septembre 2009 en remplacement de Louis Aliot, &agrave; l&rsquo;instar de trois autres personnalit&eacute;s en l&rsquo;occurrence Michel Guiniot, Jean-Fran&ccedil;ois Jalkh et Steeve Briois. L&rsquo;&eacute;vocation de cette &eacute;ventualit&eacute; par Minute, sans citer d&rsquo;ailleurs les noms des pressentis, valut &agrave; l&rsquo;hebdomadaire un droit de r&eacute;ponse furibard de Jean-Marie Le Pen : &ldquo;Monsieur,
Mis en cause dans un article de votre hebdomadaire du mercredi 23 septembre 2009 consacr&eacute; &agrave; la libert&eacute; de la presse, vous faites &eacute;tat d&rsquo;informations qui sont fausses. [&hellip;] Vous &eacute;crivez, en effet, que le Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral du Front National ignore qu&rsquo;au moins quatre Cadres ont &eacute;t&eacute; approch&eacute;s pour lui succ&eacute;der. Vous admettrez qu&rsquo;il n&rsquo;y a que le Pr&eacute;sident du Front National qui puisse faire de telles d&eacute;marches. Or, je pose &agrave; cette affirmation un d&eacute;menti formel.
Il suffirait pour &eacute;tablir votre bonne foi, qui a peut-&ecirc;tre &eacute;t&eacute; surprise, que vous publiiez les noms, non pas de votre informateur, il est couvert par la confidentialit&eacute; des sources, mais des quatre personnes qui auraient &eacute;t&eacute; sollicit&eacute;es pour occuper le poste de Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral. Peut-&ecirc;tre auriez-vous pu m&rsquo;interroger sur le sujet ?
Sentiments sinc&egrave;res. Jean-Marie LE PEN &raquo;
Pour autant, Peninque semble &ecirc;tre accus&eacute; par certains cadres du parti d&rsquo;avoir ruiner le Front car c&rsquo;est sur ses conseils que Le Pen aurait refus&eacute; de payer Fernand Le Rachinel dans le conflit l&rsquo;opposant &agrave; l&rsquo;ancien imprimeur du FN.">6</a></sup>, ancien dirigeant du GUD dans les années 1970, ancien avocat radié du barreau de Paris à la suite de malversations financières et d’une sombre affaire de passeports et marié à une cadre supérieure de l’Oréal. Philippe Peninque joue par ailleurs un rôle économique important dans la galaxie Chatillon comme nous le verrons ci-après.</p>
<h3>L’Orient compliqué…</h3>
<p>Mais quel rapport entre cette relation soutenue avec Dieudonné et le Proche-Orient ? Durant l’été 2006, Chatillon avait joué les intercesseurs pour un voyage de Dieudonné, Alain Soral, Ahmed Moualek, Marc George et Thierry Meyssan au Liban. Malgré les fanfaronnades des trois sus-cités, le voyage ne débouchera sur rien, sinon quelques rencontres fortuites avec quelques « personnalités » locales mais pas seulement.</p>
<dl id="attachment_1570" class="wp-caption aligncenter">
<dt class="wp-caption-dt">
<div id="attachment_1570" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudo_Jackson_liban_2006.jpg"><img class="wp-image-1570" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudo_Jackson_liban_2006.jpg" alt="Dieudo_Jackson_liban_2006" width="600" height="421" /></a><p class="wp-caption-text">Ici avec Jesse Jackson qui a l&rsquo;air assez dubitatif sur la qualité de son interlocuteur, rencontré par hasard dans les ruines de Beyrouth</p></div>
</dt>
</dl>
<p>Jean-Marie Molitor en rend également compte en ces termes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_6_477" id="identifier_6_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article cit&eacute;.">7</a></sup> : <em>«Eté 2006, quand Dieudonné, l’essayiste Alain Soral, le fondateur du Réseau Voltaire Thierry Meyssan et Ahmed Moualek, président de l’association La Banlieue s’exprime, s’envolent à destination de Damas, la capitale syrienne, pour gagner ensuite le Liban qui vient d’être bombardé par l’aviation israélienne, le voyage n’a été rendu possible que par l’entregent de Orléans. Celui-ci est d’ailleurs de la partie, prenant soin de se tenir à l’écart des photographes. Sauf une fois.<br />
Ce moment d’inattention – ou plutôt cet instant de vantardise<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_7_477" id="identifier_7_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&rsquo;est en fait pas le seul instant, en t&eacute;moignent les photos in&eacute;dites que nous publions ici. D&rsquo;ailleurs, ce ne fut pas le seul instant m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;&eacute;poque puisque quibla.net, un site anim&eacute; par Fausto Guidice, publia &agrave; l&rsquo;&eacute;poque sous le pseudo d&rsquo;Ayman El Kayman une photographie de Chatillon, Dieudonn&eacute; et un cadre du Hezbollah pour mieux d&eacute;noncer les accointances entre Dieudonn&eacute; et l&rsquo;ancien Gudard.">8</a></sup> – va lui coûter cher. Sur cette photo, on le voit poser en compagnie de Soral, Dieudonné et Meyssan, tous assis sur un canapé surmonté des portraits du président syrien Bachar el-Assad et de son père, Hafez el-Assad. Et cette image, qui aurait dû rester une photo souvenir, va être publiée sur le site de La Banlieue s’exprime. Fureur, déjà, de Orléans, qui obtient d’Ahmed Moualek qu’il la retire, mais trop tard. Le mal est fait. Gérant et principal actionnaire d’une société spécialisée dans le conseil en communication, Orléans compte des clients qui n’apprécient ni son apparente complaisance à l’égard du régime syrien, ni son compagnonnage avec des individus qui ont la réputation, plutôt justifiée au demeurant, d’être des antisionistes fervents. Il y perdra un contrat, que l’on dit juteux, avec un « designer » renommé de la place de Paris»</em>.</p>
<div id="attachment_1571" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chatillon_Dieudonne_et_Aoun.jpg"><img class="wp-image-1571 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chatillon_Dieudonne_et_Aoun.jpg" alt="Chatillon_Dieudonne_et_Aoun" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Frédéric Chatillon &#8211; Général Michel Aoun &#8211; Dieudonné</p></div>
<div id="attachment_1572" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/getattachment_017b.jpg"><img class="wp-image-1572 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/getattachment_017b.jpg" alt="Dieudonné - Joseph &quot;Joss&quot; Elise - Frédéric Chatillon" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Dieudonné &#8211; Joseph &laquo;&nbsp;Joss&nbsp;&raquo; Elise &#8211; Frédéric Chatillon</p></div>
<p>Cela n’empêchera pas une partie des mêmes de repartir au Liban et en Syrie en mars 2008 sur le prétexte d’une série de spectacles de Dieudonné organisés par Michel Eleftériadés dans son cabaret à Beyrouth, le Music-Hall<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_8_477" id="identifier_8_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une des principales sc&egrave;ne culturelle de Beyrouth, o&ugrave; se produisent des artistes aussi divers et vari&eacute;s que Bernard Lavilliers, Jane Birkin, les T&ecirc;tes Raides, Gnawa Diffusion&hellip; et Dieudonn&eacute;.">9</a></sup>, suivis d’une virée à Damas.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/getattachment_023.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1573" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/getattachment_023.jpg" alt="getattachment_023" width="474" height="355" /></a></p>
<p>Selon des sources locales, les cinq jours en Syrie comprenant hôtels, chauffeurs et visites touristiques auraient été largement financés par la famille Tlass<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_9_477" id="identifier_9_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le g&eacute;n&eacute;ral Mustapha Tlass, voir&nbsp;ici ou encore &ldquo;Petite le&ccedil;on de dictature Made in Syria&rdquo; dans Der Spiegel, 2005, repris par Le Courrier International, o&ugrave; l&rsquo;on d&eacute;couvre, entre autre, le go&ucirc;t prononc&eacute; pour la d&eacute;coration d&rsquo;int&eacute;rieur du G&eacute;n&eacute;ral puisque dans son salon, au milieu des portraits de famille figure &ldquo; [&hellip;] deux petits dessins &agrave; la craie repr&eacute;sentant des fleurs sauvages, sign&eacute;s&hellip; Adolf Hitler.&rdquo; ">10</a></sup>. Ces liens se manifesteront d’ailleurs par des rencontres avec des membres de la famille, notamment le fils Manaff, devenu à son tour général, et dont des sénateurs ont récemment demandé à ce que ses avoirs soient gelés en France en raison de son implication dans des massacres récent à Baniyas. C’est en effet un très proche de Bachar El-Assad, et il commande actuellement l’unité que Bachar commandait avant sa nomination à la tête de l’État.</p>
<div id="attachment_1574" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/diner_tlass_famille.jpg"><img class="size-full wp-image-1574" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/diner_tlass_famille.jpg" alt=" En cie de Manaff Tlass, au centre. Cette photo est très représentative de la place que Thierry Meyssan a du mal à se faire en Syrie et/ou au Liban. Il semblerait que son passé d'homme de gauche, laïc et homosexuel militant ne soit pas forcément un atout aux yeux de tous ses nouveaux amis. Bien isolé en bout de table notre voltairien... Encore moins sympa pour le pauvre Meyssan, même Dieudo ira jusqu'à se moquer de ses orientations sexuelles dans son dernier spectacle &quot;Mahmoud&quot;. On a les amis que l'on mérite !! " width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">En cie de Manaff Tlass, au centre.<br />Cette photo est très représentative de la place que Thierry Meyssan a du mal à se faire en Syrie et/ou au Liban. Il semblerait que son passé d&rsquo;homme de gauche, laïc et homosexuel militant ne soit pas forcément un atout aux yeux de tous ses nouveaux amis. Bien isolé en bout de table notre voltairien&#8230; Encore moins sympa pour le pauvre Meyssan, même Dieudo ira jusqu&rsquo;à se moquer de ses orientations sexuelles dans son dernier spectacle &laquo;&nbsp;Mahmoud&nbsp;&raquo;. On a les amis que l&rsquo;on mérite !!</p></div>
<p><em><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/diner.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1575" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/diner.jpg" alt="diner" width="600" height="450" /></a></em></p>
<p>Michel Eleftériadés est une “personnalité” de Beyrouth. Grec orthodoxe, très proche de Michel Aoun, Eleftériadés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_10_477" id="identifier_10_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Michel Eleft&eacute;riad&eacute;s a une notice wikipedia ">11</a></sup><br />
est un ancien militant du MUR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_11_477" id="identifier_11_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Mouvement Unifi&eacute; des R&eacute;sistances fut un mouvement nationaliste dirig&eacute; par Michel Aoun, compos&eacute; de chr&eacute;tiens, oppos&eacute; &agrave; la fois &agrave; l&rsquo;occupation syrienne du Liban et aux forces libanaises de Samir Geagea. Le Mouvement n&rsquo;existe plus et a &eacute;t&eacute; remplac&eacute; par le Courant Patriotique Libre (CPL), alli&eacute; du Hezbollah.">12</a></sup> et il est en bons termes avec la « résistance » libanaise, comprendre le Hezbollah, sans pour autant travailler avec ce parti ni même être membre du CPL. Il est aussi accessoirement très riche grâce, entre autres, à ses activités de gérant de spectacles dans son cabaret de Beyrouth. L’existence de ce lieu et les moyens financiers qu’Eleftériadès en tire en font un personnage intéressant pour beaucoup de personnes, y compris issues de milieux politiques travaillant sur les questions géopolitiques du Proche-Orient, en particulier la lutte contre les prétentions israéliennes et leurs funestes conséquences. Il est ainsi particulièrement précieux pour Frédéric Chatillon pour les opportunités de contacts libanais qu’il a pu ou qu’il pourrait lui offrir. C’est par exemple chez Michel Eleftériadés que se sont récemment<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_12_477" id="identifier_12_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En avril 2010 apr&egrave;s une conf&eacute;rence internationale de soutien &agrave; la lib&eacute;ration du militant communiste et internationaliste Georges Ibrahim Abdallah, membre des FARL (Fractions Arm&eacute;es R&eacute;volutionnaires Libanaises) emprisonn&eacute; en France depuis 1984 et lib&eacute;rable depuis 2002 (cf&nbsp;blog du Collectif pour la Lib&eacute;ration de Georges Ibrahim Abdallah.">13</a></sup> revus Jacques Vergès<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_13_477" id="identifier_13_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Avocat en France d&rsquo;Anis Naccache.">14</a></sup> et Anis Naccache, personnalité très influente du paysage politique libanais, notamment par ses relations avec le pouvoir iranien. C’est ce dernier aspect qui peut bien évidemment intéresser certaines fractions de l’extrême droite française portant haut leur hostilité à « l’axe américano-sioniste »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_14_477" id="identifier_14_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut rappeler &agrave; ce titre la conf&eacute;rence de l&rsquo;ambassadeur d&rsquo;Iran en France Seyed Mehdi Miraboutalebi au Doux Raisins organis&eacute;e par l&rsquo;hebdomadaire Flash ou encore son interview donn&eacute;e &agrave; R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir. Tout comme les fanfaronnades de Blanrue pr&eacute;tendant avoir &eacute;t&eacute; re&ccedil;u dans cette m&ecirc;me ambassade. Ce qui est s&ucirc;r, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;est rendu en novembre dernier au festival du court-m&eacute;trage et du documentaire de T&eacute;h&eacute;ran en compagnie d&rsquo;Olivier Mukuna (journaliste belge proche de Dieudonn&eacute;), Thierry Meyssan ou encore&nbsp;Claudio Moffa. Blanrue dont on se souvient par ailleurs le r&ocirc;le aupr&egrave;s de Dieudonn&eacute;.">15</a></sup>, dès lors que par le passé, fin 2001, Chatillon avait déjà essayé de rencontrer le cheikh Nasralah, fondateur et responsable du Hezbollah au Liban fin 2001.</p>
<p>En sens inverse, l’influence grandissante de Chatillon auprès de certaines personnalités françaises peut s’avérer intéressante pour Eleftériadés. C’est le cas en particulier de Jacques Vergès<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_15_477" id="identifier_15_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon et d&rsquo;autres individus travaillant habituellement chez Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute; ont en particulier d&eacute;j&agrave; accompagn&eacute; Jacques Verg&egrave;s lors de voyages au Liban, celui redoutant une &laquo; agression sioniste &raquo;. Chatillon semble &eacute;galement jouer ce r&ocirc;le en France puisqu&rsquo;on a pu le voir le 10 mars 2010 &agrave; l&rsquo;&eacute;mission de F. Tadde&iuml;

qui avait pour sujet &laquo; justice internationale ou injustice internationale &raquo;, avec notamment J. Verg&egrave;s et GW Goldnadel.">16</a></sup> et <a href="http://reflexes.samizdat.net/roland-dumas-lami-des-parias/">Roland Dumas</a><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_16_477" id="identifier_16_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Roland Dumas n&rsquo;est depuis longtemps plus trop regardant sur l&rsquo;&eacute;tiquette politique des hommes ou des structures qu&rsquo;il fr&eacute;quente. Ce printemps 2011 l&rsquo;aura ainsi vu accorder trois pages d&rsquo;entretien au journal Flash et surtout participer &agrave; la f&ecirc;te de Radio Courtoisie pour d&eacute;dicacer son livre de m&eacute;moires, flanqu&eacute; d&rsquo;un &ldquo;garde du corps&rdquo; un peu particulier puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait de l&rsquo;ineffable n&eacute;o-nazi Baptiste Coquelle qui travaille pour Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute;, en charge de la s&eacute;curit&eacute; de la f&ecirc;te de la Courtoisie. Ce qu&rsquo;ignorait certainement Roland Dumas. Mais le monde est petit et les co&iuml;ncidences infinies&hellip;">17</a></sup>. En avril dernier, c’est ainsi Frédéric Chatillon qui a joué l’intermédiaire entre ces deux personnages et Michel Eleftériadés, fort désireux de faire valoir ses contacts internationaux et en particulier français pour décrocher un rôle politique au Liban – un poste de ministre par exemple ? – dans le cadre des tractations alors en cours dans le pays du Cèdre. À ce titre, Roland Dumas est bien sûr une figure en or, ex-ministre, ancien président du conseil constitutionnel, et ayant toujours eu d’excellents rapports avec certaines personnalités syriennes proches du régime baassiste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_17_477" id="identifier_17_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Doux euph&eacute;misme, puisque Roland Dumas entretint une relation avec la fille du G&eacute;n&eacute;ral Tlass, Nahed Ojjed, du temps o&ugrave; il &eacute;tait ministre des Affaires Etrang&egrave;res, ce qui pour certains &ldquo;services&rdquo; cr&eacute;a de r&eacute;elles inqui&eacute;tudes. Cette derni&egrave;re, via la Fondation Tlass (bas&eacute; au Lichenstein) proposa de financer un scanner d&rsquo;un montant de huit millions de francs pour l&rsquo;h&ocirc;pital de Sarlat en Dordogne, fief &eacute;lectoral de Dumas. Cette affaire s&rsquo;&eacute;bruitant dans la presse il perdit les &eacute;lections l&eacute;gislatives de 1993 et se vit attribuer le surnom de &laquo; Lion de la Tlass &raquo;. Malgr&eacute; tout il eut le temps d&rsquo;&eacute;tablir via la fille, et surtout via son p&egrave;re Mustapha Tlass, un contact direct avec le Pr&eacute;sident Hafez el Assad qui d&eacute;boucha sur deux rendez-vous officieux. Plus r&eacute;cemment, c&rsquo;est le fils et nouveau maitre de la Syrie Bachar el Assad qui l&rsquo;a invit&eacute; lors de son passage &agrave; Paris. Dans l&rsquo;interview qu&rsquo;il donne ce mois &agrave; Info-Syrie, Dumas &eacute;voque ces entrevues en ces termes : &laquo; J&rsquo;ai obtenu mon premier rendez-vous avec le pr&eacute;sident syrien par l&rsquo;interm&eacute;diaire d&rsquo;un ami commun, ancien camarade de combat d&rsquo;Hafez el-Assad, un g&eacute;n&eacute;ral syrien &raquo; sans toutefois &eacute;voquer le nom de Mustapha Tlass, il n&rsquo;a pas cette pudeur virginale dans ses m&eacute;moires, parlant d&rsquo;un homme &laquo; tr&egrave;s francophile &raquo; qui &laquo; avait du chic et du charme &raquo;. Les esprits pervers tels que le n&ocirc;tre se demanderont tout de m&ecirc;me qu&rsquo;est-ce qui peut amener un homme, &agrave; 1re vue sain d&rsquo;esprit, r&eacute;sistant, fils de r&eacute;sistant fusill&eacute; par les nazis, &agrave; consid&eacute;rer un des principaux pourvoyeurs d&rsquo;&eacute;crits antis&eacute;mites et n&eacute;gationnistes &ndash; par le biais de sa maison d&rsquo;&eacute;dition Dar Tlass sise &agrave; Damas &ndash; comme un ami charmant ?">18</a></sup>.</p>
<p>Ce copinage a cependant des limites. Si Eleftériadés est peu étiquetable au regard des critères politiques occidentaux, ce n’est pas pour autant un « fasciste »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_18_477" id="identifier_18_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il ne manque d&rsquo;ailleurs jamais une occasion de rappeler son pass&eacute; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me gauche, o&ugrave; sa proximit&eacute; avec certains partis communistes, notamment dans l&rsquo;interview qu&rsquo;il donna en avril dernier pour le site Egalit&eacute; &amp; R&eacute;conciliation.">19</a></sup> et on peut supposer que cette rencontre improbable avec l’ancien dirigeant du GUD l’amuse plus qu’autre chose. Par ailleurs il semble se méfier à plusieurs titres du « facho » comme il l’appelle. Il n’a ainsi pas favorisé une quelconque rencontre avec Anis Naccache, parce que celui-ci fait réellement de la politique et aussi sans doute pour des questions de sécurité. L’histoire pluri décennale du GUD fourmille en effet d’anecdotes de barbouzeries et de relations ambigües avec les « services » français. D’ailleurs il est à ce titre assez curieux de noter les liens entre Riwal, la société dirigée par Frédéric Chatillon, et la revue <em>Sentinel</em> dont le créneau est « l’antiterrorisme » et l’analyse des risques géopolitiques. Les numéros de téléphone et fax de la revue (notamment celui pour passer commande d’un numéro ou pour s’abonner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_19_477" id="identifier_19_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="">20</a></sup>) sont en effet au nom de Riwal, ce qui ne laisse guère de doute sur les rapports entre les deux structures ! Tout comme le fameux « Frédéric Castillon » directeur commercial de la revue nous fait étrangement penser, allez savoir pourquoi, à notre spécialiste des pseudonymes foireux « Frédéric Chatillon »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_20_477" id="identifier_20_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sp&eacute;ciale mention au &laquo; Fr&eacute;d&eacute;ric Dalle &raquo; (= Que dalle) de la page &laquo; contacts &raquo; du site Riwal Communications :

Page aujourd&rsquo;hui disparue. Le besoin de discr&eacute;tion se faisant cruellement sentir, les noms ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute;s par les fonctions occup&eacute;es dans l&rsquo;entreprise.">21</a></sup>. Une fois de plus, quel grand écart idéologique entre cette recherche systématique de contacts avec les « mouvements de résistance à l’impérialisme américain » syrien ou libanais, et la participation, même de nature professionnelle, à une revue où l’on retrouve la fine fleur des pseudos spécialistes des « menaces terroristes » et de l’analyse des risques… On pense notamment à Roland Jacquard<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_21_477" id="identifier_21_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sident du fantomatique Observatoire international du terrorisme et pr&eacute;sident du conseil strat&eacute;gique de Sentinel. Lire &agrave; ce sujet le tr&egrave;s document&eacute; Au nom du 11 septembre&hellip; Les d&eacute;mocraties &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve de l&rsquo;antiterrorisme de Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe aux &eacute;ditions La D&eacute;couverte, et plus pr&eacute;cis&eacute;ment le chapitre &laquo;&nbsp;Armer les esprits : le business des &laquo;&nbsp;experts&nbsp;&raquo; &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision fran&ccedil;aise&nbsp;&raquo;.">22</a></sup>, Aymeric Chauprade<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_22_477" id="identifier_22_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur au Coll&egrave;ge interarm&eacute;es, mis &agrave; l&rsquo;&eacute;cart par son ministre de tutelle, c-a-d- la D&eacute;fense, et tout r&eacute;cemment r&eacute;int&eacute;gr&eacute;, occasionnellement collaborateur de l&rsquo;Afrique R&eacute;elle de Bernard Lugan ou encore de la Nouvelle Revue d&rsquo;Histoire de Dominique Venner. Il serait en contacts occasionnels avec une bonne partie de l&rsquo;extr&ecirc;me droite identitaire tout en refusant de manifester le moindre engagement par souci de l&rsquo;impact sur sa r&eacute;putation&hellip;">23</a></sup>, Bernard Carayon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_23_477" id="identifier_23_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien du GUD aujourd&rsquo;hui &agrave; l&rsquo;UMP, tendance droite dure puisqu&rsquo;il a rejoint la Droite Populaire. Il est &eacute;galement sp&eacute;cialiste de l&rsquo;Intelligence &eacute;conomique et c&rsquo;est &agrave; ce titre qu&rsquo;il participe &agrave; la revue.">24</a></sup> et d’autres, tous plus marqués à droite les uns que les autres… Par ailleurs, il se trouve que la sœur de Chatillon est mariée avec un catholique libanais, un Kataëb, membre du bureau politique des Forces Libanaises, ce qui ne milite évidemment pas en sa faveur, même si cela lui assure forcément des contacts sur place.</p>
<p>Enfin le soutien du GUD dirigé par Chatillon aux forces croates contre les Serbes et les Bosniaques au début des années 1990 durant les premières guerres de l’ex Yougoslavie pourrait aussi être un obstacle à de meilleures relations entre F. Chatillon et M. Eleftériadès. Ce dernier fût en effet plutôt proche, voire très proche, des Serbes, alors que du côté gudard, on s’engagea résolument « aux côtés des combattants croates contre les tchetniks ». Ne faisant pas dans la demi-mesure, ils rejoignirent les milices de Dobroslav Paraga du Parti du Droit qui déclarait que la milice HOS « accueille tous ceux qui sont prêts à combattre les communistes et les Serbes ». Parallèlement à l’engagement sur le terrain de certains, le GUD organisa à Paris un meeting « pour la Croatie nationaliste » le 19 décembre 1991, puis envoya une nouvelle délégation du Gud à Zagreb .<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/meeting_croatie_dec1991.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1579" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/meeting_croatie_dec1991.jpg" alt="meeting_croatie_dec1991" width="592" height="807" /></a></p>
<h3>Quand l&rsquo;hiver fut venu…</h3>
<p>Cet intérêt pour la Syrie et le Liban a évidemment un pendant économique car Chatillon et ses proches sont des chefs d’entreprise. Chatillon a créé Riwal Communication en mars 1995 avec un petit capital et trois associés : sa compagne Marie d’Herbais, Axel Loustau qu’on ne présente plus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_24_477" id="identifier_24_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sinon en quelques mots : fils de Fernand Loustau, fondateur de Normandy S&eacute;curit&eacute;, Axel a fait ses premi&egrave;res armes militantes au GUD aux c&ocirc;t&eacute;s de Chatillon. Durant la campagne des r&eacute;gionales de 1992, c&rsquo;est lui en particulier qui assurait la coordination entre Normandy et le GUD pour la fourniture de renforts au service d&rsquo;ordre du FN. Devenu administrateur de Normandy apr&egrave;s la mort de son p&egrave;re, il a &eacute;t&eacute; inqui&eacute;t&eacute; par la police dans le cadre de l&rsquo;enqu&ecirc;te sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de Tribune Juive en 1996. Il a &eacute;galement &eacute;t&eacute; par la suite candidat pour le FN, en particulier aux l&eacute;gislatives de 1997 dans les Hauts-de-Seine. Parall&egrave;lement &agrave; la transformation de Normandy en Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute;, il est devenu actionnaire de la SARL IDeveloppement, cr&eacute;atrice du site iencheres.com en 2001. En janvier 2011, Axel Loustau a revendu une partie de ses parts dans Vend&ocirc;me &agrave; une autre soci&eacute;t&eacute; de s&eacute;curit&eacute;, Colis&eacute;e S&eacute;curit&eacute;, dirig&eacute;e par Nicolas Chazot, devenant ainsi actionnaire minoritaire. Cela n&rsquo;emp&ecirc;che pas d&rsquo;y retrouver comme vigiles certaines figures montantes de la sc&egrave;ne nationaliste parisienne, de Baptiste Coquelle &agrave; S&eacute;bastien Vannier en passant par Alb&eacute;ric d&rsquo;Herbais, fr&egrave;re de Marie ou encore Tony Baroud, l&rsquo;ancien animateur des Jeunesses Libanaises Chr&eacute;tienne &agrave; Paris, aujourd&rsquo;hui reconverti dans le nouveau GUD d&rsquo;Edouard Klein.">25</a></sup> et Virginie Barlemont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_25_477" id="identifier_25_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Proche du GUD lors de ses &eacute;tudes au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, cette fille d&rsquo;un haut cadre du FN a elle-m&ecirc;me &eacute;t&eacute; candidate pour le FN dans la Sarthe dont elle est originaire avant de basculer avec son p&egrave;re dans l&rsquo;aventure m&eacute;gretiste du MNR &agrave; partir de 1999.">26</a></sup>. Mais depuis 1996, la société a connu plusieurs remaniements dans la distribution de son capital, au gré des cessions de parts. Dès 1996, Thomas Lagane remplace V. Barlemont puis des membres de la famille de Frédéric Chatillon intègrent le capital, celui-ci se limitant à Frédéric Chatillon et Axel Loustau à partir de 2005. Le capital de la société est demeuré longtemps le même avant que les deux associés ne se décident à une brutale augmentation en décembre 2009. Il est alors porté à hauteur de 180 000 euros, officiellement pour faire face à des difficultés de trésorerie de la société et amortir l’impact de la crise économique ainsi que pour financer le développement de l’activité sur des créneaux à fort potentiel. Le dernier bilan comptable déposé par la société remontant à 2006, il est bien évidemment difficile de juger de la réalité de ces justifications. Le chiffre d’affaire approchait alors 900 000 euros pour seulement plus de 20 000 euros de bénéfices, ce qui est loin d’être Byzance et signifie que la masse salariale et les frais généraux doivent être plus que conséquents. Par ailleurs les associés ont décidé d’ajouter de nouveaux noms commerciaux en sus des Éditions des Monts d’Arrée : Riwal Communication, Riwal l’Agence, Iona, Ivaos et Taliesin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_26_477" id="identifier_26_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Figure de la mythologie celte, barde et po&egrave;te.">27</a></sup> ainsi que d’étendre à l’étranger l’objet de la société : le conseil en communication, le marketing direct, l’édition de livres et revues. Sans guère de surprise, le premier pays à voir naître une antenne de la société a été… la Syrie ! Riwal Syria est installée à Damas et dirigée par Thiebault El Bakjaji. L’agence affiche déjà quelques références clients, dont bien sûr le ministère syrien du tourisme… Rien d’étonnant donc à ce que Riwal soit à l’origine de certaines campagnes de promotion de ce ministère<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_27_477" id="identifier_27_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir &agrave; ce propos. La correspondante du Minist&egrave;re du Tourisme en contact avec Chatillon s&rsquo;appelle Rania Kardahi, en charge du d&eacute;partement Promotion et c&rsquo;est Riwal qui g&egrave;re le site syrievoyage.fr qui est le site de promotion du Minist&egrave;re du Tourisme syrien depuis 2008.">28</a></sup>, du moins jusqu’aux événements récents survenus dans ce pays.</p>
<p>L’augmentation de capital s’est faite par apport de fonds personnels de Frédéric Chatillon et par intégration d’une nouvelle associée, au demeurant salariée de la société, Sighild Blanc. Née en 1982, Mlle Blanc n’est évidemment pas issue de la même génération militante que les anciens qui travaillent à Riwal, Chatillon ou Jildaz Mahé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_28_477" id="identifier_28_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fils d&rsquo;un journaliste c&eacute;l&egrave;bre de Paris-Match, qui fut un proche d&rsquo;Occident et prit des responsabilit&eacute;s dans un groupuscule Pour une Jeune Europe (cr&eacute;&eacute; lors de la scission d&rsquo;Occident par une faction oppos&eacute; &agrave; Alain Robert), puis participa &agrave; la cr&eacute;ation d&rsquo;Ordre Nouveau &agrave; contre coeur. Jildas est responsable du FNJ Paris au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 et intervenant &agrave; ce titre au grand meeting unitaire des &eacute;tudiants nationalistes &agrave; Paris le 30 novembre 1993 m&ecirc;me s&rsquo;il est d&eacute;j&agrave; un compagnon de route de Chatillon et du GUD. Rapidement rep&eacute;r&eacute; sur Paris I en Histoire, &laquo;bani&raquo; de Tolbiac en 1994 lors de sa deuxi&egrave;me ann&eacute;e de DEUG, il semble s&rsquo;&ecirc;tre reconverti en Droit. On le retrouve aux c&ocirc;t&eacute;s de Chatillon dans diverses initiatives politiques, d&rsquo;UDVS en 1998 &agrave; la PR de Soral au retour du voyage en Palestine fin ao&ucirc;t 2006 et lors de l&rsquo;invitation aux 59e journ&eacute;es de d&eacute;dicace de Science-Po d&eacute;but d&eacute;cembre 2006. Il n&rsquo;est cependant pas pour autant l&rsquo;ombre du grand Fred puisqu&rsquo;il ne suit que de loin certaines options de son camarade et patron.">29</a></sup>Mais on la retrouve comme directrice artistique dans toutes les activités de la société depuis le début des années 2000 et comme compagnon de route de certaines initiatives politiques des années 2000. Entre autres, elle participe à l’élaboration du Crazypack en 2003-2004, un emballage amovible pour paquet de cigarette pouvant servir de support publicitaire pour lequel Riwal reçoit une récompense de la profession. Ce travail est d’ailleurs accompli avec la collaboration de Gauthier Guillet dont nous avons déjà été amenés à parler par le passé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_29_477" id="identifier_29_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Apr&egrave;s&nbsp;l&rsquo;&eacute;pisode de 1996, Guillet fut un compagnon de route des M&eacute;gret sur Vitrolles, comme &eacute;lu municipal et adjoint &agrave; l&rsquo;urbanisme. Mais auparavant, les auteurs des Rats maudits rapportent comment il aurait &eacute;t&eacute; sauv&eacute; d&rsquo;une agression gauchiste par des militants iraniens &ndash; toujours l&rsquo;Iran ! &ndash; mais partisans du Shah. C&rsquo;&eacute;tait en 1982 ! Sighild Blanc a &eacute;galement travaill&eacute; en tant que directrice artistique avec une autre vieille connaissance de Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon, Erick Bonnier, photographe et directeur litt&eacute;raire des &eacute;ditions Encres d&rsquo;Orient qui comme leur nom l&rsquo;indique &eacute;ditent des ouvrages sur le Proche-Orient. Elles viennent en particulier de publier un ouvrage de Mohamed Siffaoui, journaliste alg&eacute;rien aux m&eacute;thodes controvers&eacute;es et dont on peut dire qu&rsquo;il est proche des milieux &ldquo;n&eacute;o-cons&rdquo;.">30</a></sup>. En 2005, elle est directrice de publication de <em>The Monde</em>, pastiche du quotidien du soir qui brocarde très largement la politique américaine et les positions souvent atlantistes du journal<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_30_477" id="identifier_30_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sighild Blanc a depuis laiss&eacute; sa place &agrave; Caroline H&eacute;naff, ancienne &ldquo;journaliste&rdquo; sur M6 et conaissance d&rsquo;Alain Soral, P.-E. Blanrue ainsi que de l&rsquo;&eacute;quipe de Riwal bien &eacute;videmment.">31</a></sup>. Mais on la retrouve également dans le bureau de l’association Envie de rêver, fondée en octobre 2007 par Serge Ayoub et qui marquait son retour sur la scène publique.</p>
<p>Cependant c’est évidemment son rôle dans la revue <em>Cigale</em> qui est le plus intéressant. <em>Cigale</em> est un mensuel gratuit distribué dans les boulangeries parisiennes depuis mars 2006. Son directeur de publication était alors Jildas Mahé et la société éditrice Dolmen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_31_477" id="identifier_31_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dolmen est une soci&eacute;t&eacute; don&rsquo;t l&rsquo;activit&eacute; principale d&eacute;clar&eacute;e est le conseil pour les affaires et la gestion, domicili&eacute;e au 39 rue Vineuse dans le XVIe arrdt de Paris mais qui a un statut de groupement de droit priv&eacute; non dot&eacute; de la personnalit&eacute; morale et qui n&rsquo;est pas inscrit au registre du commerce, ce qui emp&ecirc;che toute consultation publique des statuts. Cela n&rsquo;emp&ecirc;che pas pour des observateurs un peu attentifs de retrouver sa trace dans des activit&eacute;s politiques r&eacute;centes comme la publication de Au Front ou dans certaines activit&eacute;s de Riwal comme la fabrication du Crazy Pack.">32</a></sup> avant que ce rôle ne soit transféré à Taliesin. Se présentant comme un gratuit touche-à-tout, <em>Cigale Magazine</em> brouille les pistes en mélangeant habilement des univers différents. Dans les personnes qui éditent et participent au magazine tout d’abord. Une bonne partie de l’équipe, sans préjuger de leurs opinions politiques, ne présente pas d’engagement passé connu. Mais ce n’est pas le cas de tous et on reconnaît bien là la patte de Riwal. Taliesin a été fondée en août 2006 avec un petit capital de 10 000 euros par des associés qu’il n’est absolument pas étonnant de retrouver là : Jildas Mahé O’Chinal (245 parts), F. Chatillon (235), Françoise Cocault<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_32_477" id="identifier_32_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&egrave;re de Jildas Mah&eacute; O&rsquo;Chinal et d&eacute;j&agrave; associ&eacute;e par le pass&eacute; avec lui dans des SARL, en particulier Auto Net, dissoute en 2000.">33</a></sup> (25), Alain Lefebvre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_33_477" id="identifier_33_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Alain Lefebvre, n&eacute; en 1947, est un ancien militant de la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants Nationalistes (FEN) et &agrave; ce titre il contribuait aux Cahiers Universitaires, le journal du mouvement. En 1968, il compte parmi les membres fondateurs du GRECE et il participe tout naturellement &agrave; l&rsquo;aventure du Figaro magazine avec Alain de Benoist et d&rsquo;autres &laquo; grecistes&raquo;. En 1983, il fonde l&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&egrave;re Magazine hebdo alors qu&rsquo;il dirige le groupe Media qui comprend des titres aussi divers que l&rsquo;Officiel protection-s&eacute;curit&eacute;, dont il devient directeur de la r&eacute;daction avec Serge Ferrand comme r&eacute;dacteur en chef, ou La Tribune parlementaire et L&rsquo;Histoire magazine. Il s&rsquo;est &eacute;galement int&eacute;ress&eacute; &agrave; l&rsquo;univers de la publicit&eacute; en collaboration avec le journaliste Christian Blachas, animateur de l&rsquo;&eacute;mission Culture-Pub. En juillet 2009, l&rsquo;Express  a &eacute;voqu&eacute; un d&icirc;ner ayant eu lieu chez lui en compagnie d&rsquo;Albert Spaggiari et Marc-Edouard Nabe.">34</a></sup> (20), Riwal (10) et P. Peninque (465). Ce dernier est d’ailleurs désigné gérant de la société. En décembre 2008, il accepte de céder son poste à Christophe Collet «<em>… en raison du projet de développement d’une télévision sur Internet accessible sur le téléphone mobile, secteur dont il est un expert reconnu.</em> » L’opération s’accompagne d’une augmentation de capital et c’est une société danoise, Mulvaney’s Ejendomme ApS, qui n’est qu’une filiale d’une SEP dirigée par Peninque, Artec, qui devient actionnaire majoritaire en rachetant les parts de Jildas Mahé, F. Chatillon, Riwal et Peninque lui-même.<br />
En juin 2009, la société continue à se développer en faisant entrer dans son capital un fonds d’investissement nommé Octans Investissements SCA, domicilié 39 rue Vineuse ainsi que trois nouveaux actionnaires. Le capital social de Taliesin est dorénavant de 100 000 € réparti entre Françoise Cocault, Alain Lefebvre, Mulvaney’s Ejendomme, Christophe Collet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_34_477" id="identifier_34_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En f&eacute;vrier 2011, Christophe Collet c&egrave;de ses parts &agrave; la soci&eacute;t&eacute; BIRDEE (dont il est le g&eacute;rant !! et au capital de 299.017,50 &euro;).">35</a></sup>, Eric Le Gall, Alexis Sainte Marie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_35_477" id="identifier_35_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre de la r&eacute;daction de Cigale. Il a r&eacute;alis&eacute; un entretien avec Alain de Benoit pour le Cigale d&rsquo;octobre 2009, mais qui n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; publi&eacute;e.">36</a></sup>, Guy Thion de la Chaume et Octans Investissements. Dirigée par Philippe Nguyen-Cong-Duc<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_36_477" id="identifier_36_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette soci&eacute;t&eacute; de Philippe Nguyen-Cong-Duc Philippe brasse &eacute;norm&eacute;ment d&rsquo;argent (on parle en millions d&rsquo;euros). Un exemple : cette soci&eacute;t&eacute; au capital de 2.868.570 &euro; dont il est le dirigeant et qui porte un nom assez &eacute;vocateur non ? :&laquo; M. NGUYEN-CONG-DUC Philippe est n&eacute;(e) le 31.01.1958 et est president de la soci&eacute;t&eacute; COMPAGNIE EUROPEENNE DE LUXE ET TRADITION OU CELT SAS. &raquo;">37</a></sup>, cette société est à distinguer d’Octans Gestion, dont l’adresse est la même, mais qui est dirigée par Philippe Peninque<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_37_477" id="identifier_37_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Philippe Peninque est investi dans de tr&egrave;s nombreuses soci&eacute;t&eacute;s. L&rsquo;une d&rsquo;elles &eacute;tait une soci&eacute;t&eacute; immobili&egrave;re du nom de SCI La Rumine. Il y &eacute;tait associ&eacute; avec un autre ancien du GUD des ann&eacute;es 1974 76 du nom de Lionel Queudot qui dirigeait entre autre une fiduciaire en suisse. Son nom a &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute; dans l&rsquo;affaire du faux passeport de Sirven puisque c&rsquo;est lui qui aurait achet&eacute; un vrai passeport &agrave; un ancien camarade, ex-gudard et ex-membre de l&rsquo;&eacute;quipe de Bob Denard. C&rsquo;est avec ce passeport que Sirven se serait enfui aux Philippines.
">38</a></sup>. On retrouve d’ailleurs celle-ci dans l’augmentation récente de capital de la <em>Lettre Sentinel</em>, son directeur Christophe Boucher justifiant son choix par le fait que Octans Gestion “partage notre [la Lettre Sentinel. NDLR] vision du long terme comme nos objectifs éditoriaux”. On ne saurait mieux dire. Le 39 rue Vineuse et le 36 rue Scheffer sont décidemment un tout petit monde…</p>
<p>Dans l’équipe de rédaction, certains profils sont tout aussi marqués. On y retrouve Françoise Cocault sous le nom de Françoise Lemoine comme directrice de la rédaction après avoir travaillé plus de vingt ans au <em>Figaro</em> mais également son fils Jildaz dans les différents postes possibles, de directeur de la publication à simple collaborateur<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_38_477" id="identifier_38_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Depuis ce printemps 2011, l&rsquo;OURS du magazine a vu dispara&icirc;tre tous les noms des personnes que nous citons &agrave; l&rsquo;exception de Fran&ccedil;oise Lemoine qui demeure directrice de la r&eacute;daction.">39</a></sup>. Le rédacteur en chef est par ailleurs depuis le numéro un Christian Rol<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_39_477" id="identifier_39_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf note pr&eacute;c&eacute;dente, ce qui a peut-&ecirc;tre un rapport avec la sortie de l&rsquo;ouvrage de Maxime Brunerie.">40</a></sup>. Ancien de Troisième Voie et du GRECE, son dernier fait d’armes est d’avoir co-écrit le livre de “mémoires” de Maxime Brunerie, livre qui a soulevé quelques légitimes <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/05/14/maxime-brunerie-un-livre-ambivalent/" target="_blank">interrogations</a><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_40_477" id="identifier_40_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un vieux fond d&rsquo;&eacute;ducation chr&eacute;tienne nous poussera &agrave; faire preuve de charit&eacute; envers le pr&eacute;facier de l&rsquo;ouvrage, l&rsquo;ineffable Bourseiller, qui a rat&eacute; une fois de plus l&rsquo;occasion de ne pas se ridiculiser.">41</a></sup>. Mais on croise aussi, le temps de quelques numéros, d’autres figures connues. C’est le cas par exemple d’Alexandre Parmentier, qui fut en charge de la publicité et qui a fréquenté les groupuscules radicaux parisiens depuis le début des années 2000 : Unité Radicale, Jeunesses Identitaires… Il est d’ailleurs le compagnon de Marie-Céline Bruneaut, ancienne militante et candidate du MNJ-MNR, du FN mais aussi des JI et du Bloc Identitaire. D’une génération bien antérieure, on peut citer Minh Tran Long qui avec son frère Yann militait à la fin des années 1970 à la FANE avant de s’engager dans la Légion Étrangère et qui a assuré une chronique NTIC dans <em>Cigale</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_41_477" id="identifier_41_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sous la signature du &ldquo;v&eacute;n&eacute;rable Minh tran Long&rdquo;.">42</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Cigale_Minh_Tran_Long.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1580" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Cigale_Minh_Tran_Long-1024x296.jpg" alt="Cigale_Minh_Tran_Long" width="474" height="137" /></a></p>
<p>Le contenu est à <a href="http://www.cigalemag.com/magazine/index.htm" target="_blank">l’avenant</a>. Bien sûr, <em>Cigale</em> parle de beaucoup de choses, sans que l’on puisse noter une quelconque orientation politique et ses animateurs ne manqueront pas de le faire remarquer. C’est un gratuit qui est là pour récolter des recettes publicitaires et assurer des publi-reportages soignés et gratifiants pour les entreprises concernées ou les lieux évoqués. Disons-le tout net : le but est atteint et <em>Cigale</em> est une excellente démonstration du savoir-faire de Riwal en terme de communication.<br />
Cependant il n’est guère difficile pour un lecteur averti de déceler, au fil des numéros, des petites manifestations de l’ancrage politique des concepteurs de <em>Cigale</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Cigale_Michel_Elefteriades_1_.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1581" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Cigale_Michel_Elefteriades_1_-1024x475.jpg" alt="Cigale_Michel_Elefteriades_1_" width="474" height="219" /></a><br />
Parmi de multiples exemples : articles réguliers sur l’actualité de la Fondation Bardot qui figure depuis longtemps dans les références clients de Riwal Communication et dont la fondatrice clame depuis aussi longtemps son amitié pour Jean-Marie Le Pen, promotion de lieux emblématiques comme le domaine de Grand’Maisons<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_42_477" id="identifier_42_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Domaine des Yvelines qui est la propri&eacute;t&eacute; de catholiques traditionnalistes et qui sert de lieu d&rsquo;accueil pour une multitude de r&eacute;unions d&rsquo;extr&ecirc;me droite depuis une bonne d&eacute;cennie, de Renaissance Catholique &agrave; Terre &amp; Peuple en passant par &Eacute;galit&eacute; &amp; R&eacute;conciliation.">43</a></sup> à Villepreux ou de produits très tendances tel que « Pur Rosée » de Didier Sicot<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_43_477" id="identifier_43_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sicot dirigeait auparavant une boite de s&eacute;curit&eacute; Body S&eacute;curit&eacute; Priv&eacute;e et a &eacute;t&eacute; incarc&eacute;r&eacute; au moment de l&rsquo;affaire Elf- Sirven pour vol de scell&eacute;es &agrave; la brigade financi&egrave;re ; il organise deux voyages d&rsquo;Alfred Sirven en France alors qu&rsquo;il est recherch&eacute; et a &eacute;t&eacute; l&rsquo;ancien garde du corps de Loic Le Floc Prigent et Christine Deviers Joncour maitresse de Dumas.">44</a></sup>, publicité pour la société spécialisée dans l’événementiel Crossroads, fondée et dirigée par Minh Tran long déjà cité ci-dessus, ou un projet internet fumeux de Michel Eleftériadés, nowheristan.org.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/cover_108-fe9b3.jpg"><img class="alignleft wp-image-1582" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/cover_108-fe9b3.jpg" alt="cover_108-fe9b3" width="200" height="274" /></a>Et numéro spécial sur la Syrie en 2008. Bien sûr, là aussi, Cigale a déjà évoqué de très nombreuses destinations touristiques. Mais ce numéro dithyrambique sur la Syrie ne sort pas de nulle part et peu de numéros du magazine ont été aussi complets sur une proposition de voyage…</p>
<h3>Et la politique bordel ?</h3>
<p>Quel commentaire politique peut-on faire sur tous ces éléments factuels ? À l’évidence, il est difficile de cerner un projet clair à partir de toutes ces initiatives mélangeant politique, show-bizness et intérêts financiers. Surout lorsqu’on rajoute d’autres éléments comme la proximité jamais démentie entre Chatillon, ses amis et Marine Le Pen.<br />
Chatillon n’est pas un idéologue et s’il est souvent présenté comme un NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_44_477" id="identifier_44_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationaliste-R&eacute;volutionnaire">45</a></sup> par des journalistes ou des « spécialistes de l’extrême droite », il n’en conserve apparemment qu’un nombre limité de fondamentaux : aversion affichée envers le monde juif et admiration toute aussi évidente pour certains régimes politiques nationalistes et socialistes européens des années 1930<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_45_477" id="identifier_45_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Outre Les rats maudits, les &eacute;ditions des Monts d&rsquo;Arr&eacute;e publi&egrave;rent &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque une plaquette sur la r&eacute;publique sociale italienne, c&rsquo;est-&agrave;-dire le dernier r&eacute;duit mussolinien, appel&eacute;e r&eacute;publique de Salo.">46</a></sup>. Il se trouve que le régime baasiste réunit ces deux dimensions même si l’idéologie baasiste n’est plus depuis longtemps qu’un aimable folklore politique à la “Potemkine”<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_46_477" id="identifier_46_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Auquel Chatillon n&rsquo;est pas le seul &agrave; se r&eacute;f&eacute;rer, en t&eacute;moigne cet&nbsp;article estival de Christian Bouchet.">47</a></sup>. Les liens avec la famille Tlass font le reste… En France, cette farouche hostilité à Israël et à la judéité en général est sans doute la seule ligne politique un tant soit peu constante de la bande à Chatillon depuis les années 1990. Cela explique sa présence dans des manifestations comme celle contre l’intervention israélienne à Gaza en janvier 2009 ou un intérêt récurrent pour la question du révisionnisme, d’<a href="http://reflexes.samizdat.net/politique/">UDVS</a> créée avec Roger Garaudy au procès de Dieudonné pour contestation de crimes contre l’humanité en présence des frères Faurisson.</p>
<div id="attachment_1583" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudonne_Chatillon_Loustau_Skandrani.jpg"><img class="size-full wp-image-1583" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Dieudonne_Chatillon_Loustau_Skandrani.jpg" alt="Janvier 2009, manif pour Gaza durant l’opération &quot;Plomb durci&quot;, F. Chatillon et A. Lousteau accompagnent Dieudo et Ginette Skandrani lors d’une très brève apparition dans le cortège du Collectif Cheick Yassine, les seuls suceptibles de les accueillir, et surtout de laisser le micro à Dieudonné comme le fit Nelly Leboucher, l’épouse convertie du gourou du collectif Abdelhakim Sefrioui. " width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Janvier 2009, manif pour Gaza durant l’opération &laquo;&nbsp;Plomb durci&nbsp;&raquo;, F. Chatillon et A. Lousteau accompagnent Dieudo et Ginette Skandrani lors d’une très brève apparition dans le cortège du Collectif Cheick Yassine, les seuls suceptibles de les accueillir, et surtout de laisser le micro à Dieudonné comme le fit Nelly Leboucher, l’épouse convertie du gourou du collectif Abdelhakim Sefrioui.</p></div>
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<div id="attachment_1584" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chatillon_Dieudonne_et_Faurisson.jpg"><img class="size-full wp-image-1584" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chatillon_Dieudonne_et_Faurisson.jpg" alt="2009, théâtre de la Main d’Or : Chatillon, Dieudo et Faurisson, à qui l’ont vient certainement d’expliquer que cette photo n’existe pas et que cette rencontre n’a jamais eu lieu !!" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">2009, théâtre de la Main d’Or : Chatillon, Dieudo et Faurisson, à qui l’ont vient certainement d’expliquer que cette photo n’existe pas et que cette rencontre n’a jamais eu lieu !!</p></div>
<p>On aura bien sûr beau jeu de nous opposer la présence de Chatillon et de ses amis à une multitude de manifestations, les dernières en date étant par exemple celles du 9 mai 2010 avec Axel Loustau ou le 8 mai 2011<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_47_477" id="identifier_47_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jildaz Mah&eacute; y &eacute;tait seul, la petite bande ayant s&eacute;v&egrave;rement arros&eacute; l&rsquo;anniversaire d&rsquo;Axel Loustau sur une p&eacute;niche la veille au soir&hellip;">48</a></sup>, ou encore l’apéro saucisson-pinard du 18 juin 2010 ou la manifestation de l’Autre Jeunesse, c’est-à-dire les ex-Jeunesses Identitaires le 23 octobre 2010. Mais si cette très courte liste peut sembler incohérente, elle ne fait que refléter une autre constante de Chatillon, Loustau et cie, qui est d’essayer d’être la référence occulte de tout ce qui se monte ou se déroule sur Paris. Cette prétention n’est pas usurpée puisque les années 2000 ont vu défiler auprès de Chatillon et Loustau tout ce que Paris a vu se créer comme nouveaux mouvements droitistes, des Jeunesses Identitaires<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_48_477" id="identifier_48_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Exemple, la soir&eacute;e des Lambdas au printemps 2009 qui &eacute;tait pr&eacute;sent&eacute; en interne comme &laquo; une soir&eacute;e de Gala destin&eacute;e &agrave; pr&eacute;senter les militants identitaires &agrave; nos soutiens (financiers ou autres) et aux anciens afin de r&eacute;colter quelques menus argents &raquo;. Mais il y eut &eacute;galement un petit nombre de rencontres lors de repas entre les &laquo; Anciens &raquo; et les dirigeants des JI Paris, Ga&euml;tan Bertrand en particulier.">49</a></sup> au néo-GUD en passant par Pro Patria<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_49_477" id="identifier_49_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le petit groupe NR se r&eacute;unissait dans le sous-sol d&rsquo;un local de Vend&ocirc;me S&eacute;curit&eacute; dans le XVIe arrdt de Paris">50</a></sup>. Ce qui était recherché auprès des « Anciens » comme ils sont appelés n’était d’ailleurs pas tant la caution politique que les moyens financiers et matériels dont dispose la fine équipe. Mais toutes ces tentatives ont en général fait long feu, les « Anciens » rechignant à soutenir ce qu’ils ne contrôlent pas totalement.</p>
<p>Ce tropisme pour le Proche-Orient de la clique Chatillon engage-t-il politiquement Marine Le Pen ? La réponse est évidemment oui et non, la réciproque étant également vraie. Si Chatillon est un ami de la présidente du FN et un prestatire de services<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-chemin-de-damas-de-monsieur-c/#footnote_50_477" id="identifier_50_477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il semble &eacute;vident que les perspectives &eacute;lectorales de Marine Le Pen suffisent &agrave; expliquer la pr&eacute;sence renforc&eacute;e de Riwal dans l&rsquo;orbite de la pr&eacute;sidente du FN car ce sont &eacute;galement des perspectives financi&egrave;res. Cela justifie largement de passer sur des d&eacute;saccords politiques. Gageons qu&rsquo;au gr&eacute; des sondages positifs, le FN va redevenir un p&ocirc;le attractif pour une grande partie des militants d&rsquo;extr&ecirc;me droite.">51</a></sup>, il n’en est pas un conseiller et une partie non négligeable des orientations du FN ne correspond pas à ses choix personnels. Pour autant, cela n’exclut pas une influence ponctuelle comme a pu le montrer la création du matériel de propagande de la campagne 2007 et l’orientation générale de celle-ci. D’ailleurs au congrès de Tours en janvier dernier, Riwal avait installé ses bureaux au deuxième étage du bâtiment utilisé par le parti pour ses débats. Chatillon aime avant tout être près de ce qui brille, tout en ayant l’impression de tirer les ficelles. Cela explique largement ce grand écart apparent entre la proximité avec le FN marinisé et ses options politiques.<br />
Par ailleurs, si Chatillon n’est pas un conseiller de Marine Le Pen, Philippe Peninque en est un. C’est lui qui s’est par exemple chargé ces dernières années des manœuvres d’approche en direction des milieux susceptibles de travailler avec la future présidente du FN, comme le 19 octobre 2009 lorsqu’il a appelé Fabrice Robert pour lui proposer de le rencontrer car selon lui, il n&rsquo;y avait plus que Marine et le Bloc Identitaire, soit des « gens intelligents en rupture avec l&rsquo;extrême-droite », ce qui imposait qu&rsquo;à terme, un accord politique soit conclu entre le Bloc et Marine Le Pen, en particulier pour s&rsquo;entendre localement pour des élections&#8230; Difficile de croire, étant donnée la proximité entre Frédéric Chatillon et Philippe Peninque, que les deux hommes n’échangent pas de points de vue politiques.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Le_pirate_vous_salue_bien-4-c4541.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1585" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Le_pirate_vous_salue_bien-4-c4541.jpg" alt="Le_pirate_vous_salue_bien----4-c4541" width="234" height="283" /></a></p>
<p>Les mois à venir nous diront si les amitiés syriennes de Frédéric Chatillon sont devenues plus qu’une anecdote pour une direction du FN aspirant à autre chose qu’au rôle dans lequel le fondateur du FN s’est complu à demeurer et dont le barnum chatillonesque est une manifestation parmi d’autres.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_477" class="footnote">Nous ne ferons aucun commentaire sur des rumeurs récentes et d’ordre privé, même si elles auront forcément des implications politiques.</li><li id="footnote_1_477" class="footnote">Chatillon a en particulier sauvé la mise de “l’artiste” le soir du 1er tour de l’élection présidentielle d’avril 2007 lors de la fête qui se tenait au siège du FN et durant laquelle un petit groupe de hooligans semblait vouloir lui faire un mauvais parti.</li><li id="footnote_2_477" class="footnote">Article paru dans le n°2368 de <em>Minute</em></li><li id="footnote_3_477" class="footnote">J.-M. Molitor nous sert en l’occurrence une aimable galéjade, Novopress étant rien moins qu’une agence de presse et a fortiori indépendante.</li><li id="footnote_4_477" class="footnote">Qui tous deux, et sans surprise, ont répondu aux questions du site Info-Syrie.</li><li id="footnote_5_477" class="footnote">Il semble que Philippe Peninque ait été pressenti pour devenir SG du FN en septembre 2009 en remplacement de Louis Aliot, à l’instar de trois autres personnalités en l’occurrence Michel Guiniot, Jean-François Jalkh et Steeve Briois. L’évocation de cette éventualité par <em>Minute</em>, sans citer d’ailleurs les noms des pressentis, valut à l’hebdomadaire un droit de réponse furibard de Jean-Marie Le Pen : “<em>Monsieur,<br />
Mis en cause dans un article de votre hebdomadaire du mercredi 23 septembre 2009 consacré à la liberté de la presse, vous faites état d’informations qui sont fausses. […] Vous écrivez, en effet, que le Secrétaire Général du Front National ignore qu’au moins quatre Cadres ont été approchés pour lui succéder. Vous admettrez qu’il n’y a que le Président du Front National qui puisse faire de telles démarches. Or, je pose à cette affirmation un démenti formel.<br />
Il suffirait pour établir votre bonne foi, qui a peut-être été surprise, que vous publiiez les noms, non pas de votre informateur, il est couvert par la confidentialité des sources, mais des quatre personnes qui auraient été sollicitées pour occuper le poste de Secrétaire Général. Peut-être auriez-vous pu m’interroger sur le sujet ?<br />
Sentiments sincères. Jean-Marie LE PEN</em> »<br />
Pour autant, Peninque semble être accusé par certains cadres du parti d&rsquo;avoir ruiner le Front car c&rsquo;est sur ses conseils que Le Pen aurait refusé de payer Fernand Le Rachinel dans le conflit l’opposant à l’ancien imprimeur du FN.</li><li id="footnote_6_477" class="footnote">Article cité.</li><li id="footnote_7_477" class="footnote">Ce n’est en fait pas le seul instant, en témoignent les photos inédites que nous publions ici. D’ailleurs, ce ne fut pas le seul instant même à l’époque puisque <em>quibla.net</em>, un site animé par Fausto Guidice, publia à l’époque sous le pseudo d&rsquo;Ayman El Kayman une photographie de Chatillon, Dieudonné et un cadre du Hezbollah pour mieux dénoncer les accointances entre Dieudonné et l’ancien Gudard.</li><li id="footnote_8_477" class="footnote">Une des principales scène culturelle de Beyrouth, où se produisent des artistes aussi divers et variés que Bernard Lavilliers, Jane Birkin, les Têtes Raides, Gnawa Diffusion… et Dieudonné.</li><li id="footnote_9_477" class="footnote">Sur le général Mustapha Tlass, voir <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">ici</a> ou encore “<em>Petite leçon de dictature Made in Syria</em>” dans <em>Der Spiegel</em>, 2005, repris par <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2005/03/10/petite-lecon-de-dictature-made-in-syria" target="_blank"><em>Le Courrier International</em></a>, où l’on découvre, entre autre, le goût prononcé pour la décoration d’intérieur du Général puisque dans son salon, au milieu des portraits de famille figure “ […]<em> deux petits dessins à la craie représentant des fleurs sauvages, signés… Adolf Hitler.</em>” </li><li id="footnote_10_477" class="footnote">Michel Eleftériadés a une notice <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_%C3%89l%C3%A9ft%C3%A9riad%C3%A8s" target="_blank">wikipedia</a> </li><li id="footnote_11_477" class="footnote">Le Mouvement Unifié des Résistances fut un mouvement nationaliste dirigé par Michel Aoun, composé de chrétiens, opposé à la fois à l’occupation syrienne du Liban et aux forces libanaises de Samir Geagea. Le Mouvement n’existe plus et a été remplacé par le Courant Patriotique Libre (CPL), allié du Hezbollah.</li><li id="footnote_12_477" class="footnote">En avril 2010 après une conférence internationale de soutien à la libération du militant communiste et internationaliste Georges Ibrahim Abdallah, membre des FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises) emprisonné en France depuis 1984 et libérable depuis 2002 (cf <a href="http://liberonsgeorges.over-blog.com" target="_blank">blog</a> du Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah.</li><li id="footnote_13_477" class="footnote">Avocat en France d’Anis Naccache.</li><li id="footnote_14_477" class="footnote">On peut rappeler à ce titre la conférence de l’ambassadeur d’Iran en France Seyed Mehdi Miraboutalebi au Doux Raisins organisée par l’hebdomadaire <em>Flash</em> ou encore son interview donnée à <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. Tout comme les fanfaronnades de Blanrue prétendant avoir été reçu dans cette même ambassade. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’est rendu en novembre dernier au festival du court-métrage et du documentaire de Téhéran en compagnie d’Olivier Mukuna (journaliste belge proche de Dieudonné), Thierry Meyssan ou encore <a href="http://reflexes.samizdat.net/proces-dieudonne-faurisson-la-cour-des-miracles-negationnistes/">Claudio Moffa</a>. Blanrue dont on se souvient par ailleurs le rôle auprès de Dieudonné.</li><li id="footnote_15_477" class="footnote">Frédéric Chatillon et d’autres individus travaillant habituellement chez Vendôme Sécurité ont en particulier déjà accompagné Jacques Vergès lors de voyages au Liban, celui redoutant une « agression sioniste ». Chatillon semble également jouer ce rôle en France puisqu’on a pu le voir le 10 mars 2010 à l’émission de F. Taddeï<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chat_Tadei__10mars2010.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1576" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Chat_Tadei__10mars2010.jpg" alt="Chat_Tadei__10mars2010" width="425" height="246" /></a><br />
qui avait pour sujet « justice internationale ou injustice internationale », avec notamment J. Vergès et GW Goldnadel.</li><li id="footnote_16_477" class="footnote">Roland Dumas n’est depuis longtemps plus trop regardant sur l’étiquette politique des hommes ou des structures qu’il fréquente. Ce printemps 2011 l’aura ainsi vu accorder trois pages d’entretien au journal <em>Flash</em> et surtout participer à la fête de Radio Courtoisie pour dédicacer son livre de mémoires, flanqué d’un “garde du corps” un peu particulier puisqu’il s’agissait de l’ineffable néo-nazi Baptiste Coquelle qui travaille pour Vendôme Sécurité, en charge de la sécurité de la fête de la Courtoisie. Ce qu’ignorait certainement Roland Dumas. Mais le monde est petit et les coïncidences infinies…</li><li id="footnote_17_477" class="footnote">Doux euphémisme, puisque Roland Dumas entretint une relation avec la fille du Général Tlass, Nahed Ojjed, du temps où il était ministre des Affaires Etrangères, ce qui pour certains “services” créa de réelles inquiétudes. Cette dernière, via la Fondation Tlass (basé au Lichenstein) proposa de financer un scanner d’un montant de huit millions de francs pour l’hôpital de Sarlat en Dordogne, fief électoral de Dumas. Cette affaire s’ébruitant dans la presse il perdit les élections législatives de 1993 et se vit attribuer le surnom de « Lion de la Tlass ». Malgré tout il eut le temps d’établir via la fille, et surtout via son père Mustapha Tlass, un contact direct avec le Président Hafez el Assad qui déboucha sur deux rendez-vous officieux. Plus récemment, c’est le fils et nouveau maitre de la Syrie Bachar el Assad qui l’a invité lors de son passage à Paris. Dans l’interview qu’il donne ce mois à <em>Info-Syrie</em>, Dumas évoque ces entrevues en ces termes : « J’ai obtenu mon premier rendez-vous avec le président syrien par l’intermédiaire d’un ami commun, ancien camarade de combat d’Hafez el-Assad, un général syrien » sans toutefois évoquer le nom de Mustapha Tlass, il n’a pas cette pudeur virginale dans ses mémoires, parlant d’un homme « très francophile » qui « avait du chic et du charme ». Les esprits pervers tels que le nôtre se demanderont tout de même qu’est-ce qui peut amener un homme, à 1re vue sain d’esprit, résistant, fils de résistant fusillé par les nazis, à considérer un des principaux pourvoyeurs d’écrits antisémites et négationnistes – par le biais de sa maison d’édition Dar Tlass sise à Damas &#8211; comme un ami charmant ?</li><li id="footnote_18_477" class="footnote">Il ne manque d’ailleurs jamais une occasion de rappeler son passé à l’extrême gauche, où sa proximité avec certains partis communistes, notamment dans l’interview qu’il donna en avril dernier pour le site Egalité &amp; Réconciliation.</li><li id="footnote_19_477" class="footnote"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/sentinel_commande.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1578" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/sentinel_commande.jpg" alt="sentinel_commande" width="600" height="849" /></a></li><li id="footnote_20_477" class="footnote">Spéciale mention au « Frédéric Dalle » (= Que dalle) de la page « contacts » du site Riwal Communications :<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Riwal_l_equipe-2.gif"><img class="alignleft wp-image-1577" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/08/Riwal_l_equipe-2.gif" alt="Riwal_l_equipe-2" width="600" height="206" /></a><br />
Page aujourd’hui disparue. Le besoin de discrétion se faisant cruellement sentir, les noms ont été remplacés par les fonctions occupées dans l’entreprise.</li><li id="footnote_21_477" class="footnote">Président du fantomatique <em>Observatoire international du terrorisme</em> et président du conseil stratégique de <em>Sentinel</em>. Lire à ce sujet le très documenté <em>Au nom du 11 septembre… Les démocraties à l’épreuve de l’antiterrorisme</em> de Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe aux éditions La Découverte, et plus précisément le chapitre &laquo;&nbsp;Armer les esprits : le business des &laquo;&nbsp;experts&nbsp;&raquo; à la télévision française&nbsp;&raquo;.</li><li id="footnote_22_477" class="footnote">Professeur au Collège interarmées, mis à l’écart par son ministre de tutelle, c-a-d- la Défense, et tout récemment réintégré, occasionnellement collaborateur de l’<em>Afrique Réelle</em> de Bernard Lugan ou encore de la <em>Nouvelle Revue d’Histoire</em> de Dominique Venner. Il serait en contacts occasionnels avec une bonne partie de l’extrême droite identitaire tout en refusant de manifester le moindre engagement par souci de l’impact sur sa réputation&#8230;</li><li id="footnote_23_477" class="footnote">Ancien du GUD aujourd’hui à l’UMP, tendance droite dure puisqu’il a rejoint la Droite Populaire. Il est également spécialiste de l’Intelligence économique et c’est à ce titre qu’il participe à la revue.</li><li id="footnote_24_477" class="footnote">Sinon en quelques mots : fils de Fernand Loustau, fondateur de Normandy Sécurité, Axel a fait ses premières armes militantes au GUD aux côtés de Chatillon. Durant la campagne des régionales de 1992, c’est lui en particulier qui assurait la coordination entre Normandy et le GUD pour la fourniture de renforts au service d’ordre du FN. Devenu administrateur de Normandy après la mort de son père, il a été inquiété par la police dans le cadre de l’enquête sur la tentative d’attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996. Il a également été par la suite candidat pour le FN, en particulier aux législatives de 1997 dans les Hauts-de-Seine. Parallèlement à la transformation de Normandy en Vendôme Sécurité, il est devenu actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001. En janvier 2011, Axel Loustau a revendu une partie de ses parts dans Vendôme à une autre société de sécurité, Colisée Sécurité, dirigée par Nicolas Chazot, devenant ainsi actionnaire minoritaire. Cela n’empêche pas d’y retrouver comme vigiles certaines figures montantes de la scène nationaliste parisienne, de Baptiste Coquelle à Sébastien Vannier en passant par Albéric d’Herbais, frère de Marie ou encore Tony Baroud, l’ancien animateur des Jeunesses Libanaises Chrétienne à Paris, aujourd’hui reconverti dans le nouveau GUD d’Edouard Klein.</li><li id="footnote_25_477" class="footnote">Proche du GUD lors de ses études au début des années 1990, cette fille d’un haut cadre du FN a elle-même été candidate pour le FN dans la Sarthe dont elle est originaire avant de basculer avec son père dans l’aventure mégretiste du MNR à partir de 1999.</li><li id="footnote_26_477" class="footnote">Figure de la mythologie celte, barde et poète.</li><li id="footnote_27_477" class="footnote"><a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2009/12/18" target="_blank">Voir à ce propos</a>. La correspondante du Ministère du Tourisme en contact avec Chatillon s’appelle Rania Kardahi, en charge du département Promotion et c’est Riwal qui gère le site <em>syrievoyage.fr</em> qui est le site de promotion du Ministère du Tourisme syrien depuis 2008.</li><li id="footnote_28_477" class="footnote">Fils d’un journaliste célèbre de <em>Paris-Match</em>, qui fut un proche d&rsquo;Occident et prit des responsabilités dans un groupuscule Pour une Jeune Europe (créé lors de la scission d&rsquo;Occident par une faction opposé à Alain Robert), puis participa à la création d&rsquo;Ordre Nouveau à contre coeur. Jildas est responsable du FNJ Paris au début des années 1990 et intervenant à ce titre au grand meeting unitaire des étudiants nationalistes à Paris le 30 novembre 1993 même s&rsquo;il est déjà un compagnon de route de Chatillon et du GUD. Rapidement repéré sur Paris I en Histoire, «bani» de Tolbiac en 1994 lors de sa deuxième année de DEUG, il semble s’être reconverti en Droit. On le retrouve aux côtés de Chatillon dans diverses initiatives politiques, d&rsquo;UDVS en 1998 à la PR de Soral au retour du voyage en Palestine fin août 2006 et lors de l’invitation aux 59e journées de dédicace de Science-Po début décembre 2006. Il n&rsquo;est cependant pas pour autant l&rsquo;ombre du grand Fred puisqu&rsquo;il ne suit que de loin certaines options de son camarade et patron.</li><li id="footnote_29_477" class="footnote">Après <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">l’épisode de 1996</a>, Guillet fut un compagnon de route des Mégret sur Vitrolles, comme élu municipal et adjoint à l’urbanisme. Mais auparavant, les auteurs des Rats maudits rapportent comment il aurait été sauvé d’une agression gauchiste par des militants iraniens – toujours l’Iran ! – mais partisans du Shah. C’était en 1982 ! Sighild Blanc a également travaillé en tant que directrice artistique avec une autre vieille connaissance de Frédéric Chatillon, Erick Bonnier, photographe et directeur littéraire des éditions Encres d’Orient qui comme leur nom l’indique éditent des ouvrages sur le Proche-Orient. Elles viennent en particulier de publier un ouvrage de Mohamed Siffaoui, journaliste algérien aux méthodes controversées et dont on peut dire qu’il est proche des milieux “néo-cons”.</li><li id="footnote_30_477" class="footnote">Sighild Blanc a depuis laissé sa place à Caroline Hénaff, ancienne “journaliste” sur M6 et conaissance d’Alain Soral, P.-E. Blanrue ainsi que de l’équipe de Riwal bien évidemment.</li><li id="footnote_31_477" class="footnote">Dolmen est une société don’t l’activité principale déclarée est le conseil pour les affaires et la gestion, domiciliée au 39 rue Vineuse dans le XVIe arrdt de Paris mais qui a un statut de groupement de droit privé non doté de la personnalité morale et qui n’est pas inscrit au registre du commerce, ce qui empêche toute consultation publique des statuts. Cela n’empêche pas pour des observateurs un peu attentifs de retrouver sa trace dans des activités politiques récentes comme la publication de Au Front ou dans certaines activités de Riwal comme la fabrication du Crazy Pack.</li><li id="footnote_32_477" class="footnote">Mère de Jildas Mahé O’Chinal et déjà associée par le passé avec lui dans des SARL, en particulier Auto Net, dissoute en 2000.</li><li id="footnote_33_477" class="footnote">Alain Lefebvre, né en 1947, est un ancien militant de la Fédération des Étudiants Nationalistes (FEN) et à ce titre il contribuait aux <em>Cahiers Universitaires</em>, le journal du mouvement. En 1968, il compte parmi les membres fondateurs du GRECE et il participe tout naturellement à l’aventure du <em>Figaro magazine</em> avec Alain de Benoist et d&rsquo;autres « grecistes». En 1983, il fonde l&rsquo;éphémère <em>Magazine hebdo</em> alors qu&rsquo;il dirige le groupe Media qui comprend des titres aussi divers que l’<em>Officiel protection-sécurité</em>, dont il devient directeur de la rédaction avec Serge Ferrand comme rédacteur en chef, ou <em>La Tribune parlementaire</em> et <em>L&rsquo;Histoire magazine</em>. Il s’est également intéressé à l’univers de la publicité en collaboration avec le journaliste Christian Blachas, animateur de l’émission Culture-Pub. En juillet 2009, <em>l’Express </em> a évoqué un dîner ayant eu lieu chez lui en compagnie d’Albert Spaggiari et Marc-Edouard Nabe.</li><li id="footnote_34_477" class="footnote">En février 2011, Christophe Collet cède ses parts à la société BIRDEE (dont il est le gérant !! et au capital de 299.017,50 €).</li><li id="footnote_35_477" class="footnote">Membre de la rédaction de <em>Cigale</em>. Il a réalisé un entretien avec Alain de Benoit pour le <em>Cigale</em> d’octobre 2009, mais qui n’a jamais été publiée.</li><li id="footnote_36_477" class="footnote">Cette société de Philippe Nguyen-Cong-Duc Philippe brasse énormément d’argent (on parle en millions d’euros). Un exemple : cette société au capital de 2.868.570 € dont il est le dirigeant et qui porte un nom assez évocateur non ? :« M. NGUYEN-CONG-DUC Philippe est né(e) le 31.01.1958 et est president de la société COMPAGNIE EUROPEENNE DE LUXE ET TRADITION OU CELT SAS. »</li><li id="footnote_37_477" class="footnote">Philippe Peninque est investi dans de très nombreuses sociétés. L’une d’elles était une société immobilière du nom de SCI La Rumine. Il y était associé avec un autre ancien du GUD des années 1974 76 du nom de Lionel Queudot qui dirigeait entre autre une fiduciaire en suisse. Son nom a été évoqué dans l’affaire du faux passeport de Sirven puisque c&rsquo;est lui qui aurait acheté un vrai passeport à un ancien camarade, ex-gudard et ex-membre de l&rsquo;équipe de Bob Denard. C&rsquo;est avec ce passeport que <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/faux-passeport-vrais-complices_492579.html" target="_blank">Sirven se serait enfui aux Philippines</a>.<br />
</li><li id="footnote_38_477" class="footnote">Depuis ce printemps 2011, l&rsquo;OURS du magazine a vu disparaître tous les noms des personnes que nous citons à l&rsquo;exception de Françoise Lemoine qui demeure directrice de la rédaction.</li><li id="footnote_39_477" class="footnote">Cf note précédente, ce qui a peut-être un rapport avec la sortie de l&rsquo;ouvrage de Maxime Brunerie.</li><li id="footnote_40_477" class="footnote">Un vieux fond d’éducation chrétienne nous poussera à faire preuve de charité envers le préfacier de l’ouvrage, l’ineffable Bourseiller, qui a raté une fois de plus l’occasion de ne pas se ridiculiser.</li><li id="footnote_41_477" class="footnote">Sous la signature du “vénérable Minh tran Long”.</li><li id="footnote_42_477" class="footnote">Domaine des Yvelines qui est la propriété de catholiques traditionnalistes et qui sert de lieu d’accueil pour une multitude de réunions d’extrême droite depuis une bonne décennie, de Renaissance Catholique à Terre &amp; Peuple en passant par Égalité &amp; Réconciliation.</li><li id="footnote_43_477" class="footnote">Sicot dirigeait auparavant une boite de sécurité Body Sécurité Privée et a été incarcéré au moment de l’affaire Elf- Sirven pour vol de scellées à la brigade financière ; il organise deux voyages d’Alfred Sirven en France alors qu’il est recherché et a été l&rsquo;ancien garde du corps de Loic Le Floc Prigent et Christine Deviers Joncour maitresse de Dumas.</li><li id="footnote_44_477" class="footnote">Nationaliste-Révolutionnaire</li><li id="footnote_45_477" class="footnote">Outre <em>Les rats maudits</em>, les éditions des Monts d’Arrée publièrent à la même époque une plaquette sur la république sociale italienne, c’est-à-dire le dernier réduit mussolinien, appelée république de Salo.</li><li id="footnote_46_477" class="footnote">Auquel Chatillon n’est pas le seul à se référer, en témoigne cet <a href="http://www.infosyrie.fr/contributeurs/un-francais-dit-ce-quil-vient-de-voir-en-syrie/" target="_blank">article estival</a> de Christian Bouchet.</li><li id="footnote_47_477" class="footnote">Jildaz Mahé y était seul, la petite bande ayant sévèrement arrosé l’anniversaire d’Axel Loustau sur une péniche la veille au soir…</li><li id="footnote_48_477" class="footnote">Exemple, la soirée des Lambdas au printemps 2009 qui était présenté en interne comme « <em>une soirée de Gala destinée à présenter les militants identitaires à nos soutiens (financiers ou autres) et aux anciens afin de récolter quelques menus argents</em> ». Mais il y eut également un petit nombre de rencontres lors de repas entre les « Anciens » et les dirigeants des JI Paris, Gaëtan Bertrand en particulier.</li><li id="footnote_49_477" class="footnote">Le petit groupe NR se réunissait dans le sous-sol d&rsquo;un local de Vendôme Sécurité dans le XVIe arrdt de Paris</li><li id="footnote_50_477" class="footnote">Il semble évident que les perspectives électorales de Marine Le Pen suffisent à expliquer la présence renforcée de Riwal dans l’orbite de la présidente du FN car ce sont également des perspectives financières. Cela justifie largement de passer sur des désaccords politiques. Gageons qu’au gré des sondages positifs, le FN va redevenir un pôle attractif pour une grande partie des militants d’extrême droite.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (6) Chapitre IV : Les acteurs du RIF : les labels</title>
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		<pubDate>Sat, 15 May 2010 23:09:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Bleu-Blanc-Rock (BBR)]]></category>
		<category><![CDATA[Memorial Records]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Thore]]></category>
		<category><![CDATA[Riwal]]></category>
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		<description><![CDATA[Texte initialement publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll La mouvance RIF est tout sauf unifiée. C’est un patchwork de structures plus ou moins concurrentes qu’il nous faut envisager séparément. Chaque acteur de cette mouvance a en effet sa propre définition de ce qu’est le RIF, certains contestant même la pertinence de ce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Texte initialement publié en 2004 dans le livre <em>Rock Haine Roll</em> </strong></p>
<p>La mouvance RIF est tout sauf unifiée. C’est un patchwork de structures plus ou moins concurrentes qu’il nous faut envisager séparément. Chaque acteur de cette mouvance a en effet sa propre définition de ce qu’est le RIF, certains contestant même la pertinence de ce terme. Pas de charte ou de valeurs communes donc, ni a fortiori de stratégie.</p>
<h3>MEMORIAL RECORDS (MR)</h3>
<p>C’est historiquement le premier vrai label de RIF. Son statut est à l’origine associatif, sous la forme d’une association loi 1901 déposée en août 1997 et dont le président est Julien Beuzard. Ce dernier est rejoint en octobre 1998 par Fabrice Lauffenburger, qui devient secrétaire de l’association. Le label dans sa forme associative a un but clairement identifié : être une structure capable de financer le groupe In Memoriam.</p>
<p>Memorial Records devient une structure commerciale en janvier 1998 lorsque Julien Beuzard, Mattias Bricage et Arnault Ducret s’associent à Gilles Soulas pour monter une SARL. Gilles Soulas est un vieux militant nationaliste mais il n’est apparu sous les feux de la rampe que lorsque <em>L’Événement du Jeudi</em> du 17 avril 1997 a signalé dans un petit article que le fonds de commerce de la librairie néofasciste parisienne l’Æncre était à vendre et que le seul acheteur déclaré était la Société Européenne de Diffusion et d’Édition (SEDE). Or la SEDE, qui est-ce ? Deux « vieux » militants de l’extrême droite, à savoir Gilles Sereau et Gilles Soulas. Nés respectivement en 1959 et 1955, les deux Gilles ont milité soit au FN pour le premier, soit au PFN pour le second. En effet, Gilles Soulas a fait ses premières armes au sein du Front de la Jeunesse, la structure de jeunesse du GUD et du PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_0_458" id="identifier_0_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, fr&egrave;re ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les ann&eacute;es 1970.">1</a></sup>, et est d’ailleurs parti combattre au Liban par cette filière en 1975 tout comme il a été candidat de ce parti aux élections européennes de 1979 sur la liste Union française pour l’Eurodroite. Passé au FN après la disparition du PFN, tout comme un certain nombre d’autres militants, il devient permanent du FN en 1985 et est candidat aux élections régionales de 1986 à Paris. On le retrouve ensuite comme membre de l’équipe de Serge Martinez aux municipales de 1989, avant que son nom apparaisse moins dans l’actualité du mouvement nationaliste. Mais outre la SEDE, Soulas gagne alors sa vie grâce aux minitels dits « de charme », qu’on appellerait tout simplement ou moins hypocritement des minitels de cul ! Et, circonstance aggravante d’un point de vue néo-fasciste, de cul parfois homosexuel !! Grâce à une société à titre personnel créée en 1992, PromoFrance Organisation, Soulas exploite alors la misère sexuelle de ses contemporains par le biais des 36.15 FAF (Femme A Femme), FEF, DAM, FUREUR, SORTI, COR, GROMAGO, DESTYN, DECIBEL, MATRI, KSTING. Comme l’indiquent les intitulés de ces services, Soulas vise large et n’exploite pas que le « charme ». Il compte aussi sur l’astrologie, les services matrimoniaux, etc. Mais en homme prévoyant, il a également développé une autre société, de composition et photogravure, LP communications, dont l’objectif principal est la publicité pour les services minitels évoqués ci-dessus. Soulas contribue ainsi, à son échelle, à alimenter ces campagnes d’affichage sauvage qui donnent une « image-dégradante-de-la-femme-comme-épouse-et-comme-mère ». Il a officiellement abandonné cette activité télématique fin 1998, déclarant à la commission d’enquête parlementaire sur le DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_1_458" id="identifier_1_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le DPS : service d&rsquo;ordre du Front national ou garde pr&eacute;torienne ? Commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire pr&eacute;sid&eacute;e par Guy Hermier et enregistr&eacute;e &agrave; la pr&eacute;sidence de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale le 26 mai 1999.">2</a></sup> « <em>qu’elle n’était plus rentable. Par ailleurs, certains articles de journaux<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_2_458" id="identifier_2_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entre autres REFLEXes. Cf. n&deg;52, l&rsquo;article intitul&eacute; &laquo; Gilles Soulas, faf de petite vertu &raquo;.">3</a></sup> avaient annoncé que nous faisions de la télématique rose, ce qui a fait fuir nombre de nos clients</em> ». Soulas tire cependant toujours une partie de ses revenus par le biais de la société Conseil Promotion Service, qui fait de l’affichage essentiellement politique.</p>
<p>Comment expliquer l’intervention directe de Soulas dans un secteur a priori encore peu porteur comme le RIF ? Ce n’est évidemment pas pour l’amour du rock qu’on le retrouve embarqué dans cette histoire. Mais le RIF est alors au cœur d’une opération de séduction menée en direction de la jeunesse par les différents courants du FN, avec des résultats variables il est vrai. De fait, il faut rapprocher l’apparition de Memorial Records de celle de DEFI, Diffusion des Éditeurs Français Indépendants : cette SARL de 50 000 francs est officiellement créée en janvier 1997 par l’association des Éditions nationales, présidée par Bruno Mégret, dont la principale activité est l’édition des ouvrages écrits par des cadres frontistes, dont Mégret au premier chef. DEFI s’est lancée dans la vente par correspondance, et son catalogue, <em>Durandal</em>, est un bon recueil de tout ce qui se fait à l’extrême droite, des livres d’Emmanuel Ratier aux disques de RIF en passant par les bijoux celtiques de la Mélusine. Or les personnes qui font vivre DEFI sont bien représentatives de cette génération de militants qui, contrairement à la précédente, n’est pas obligée d’investir la droite parlementaire pour se reconvertir et qui a clairement choisi le camp mégretiste : le gérant de DEFI est Damien Bariller<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_3_458" id="identifier_3_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Damien Bariller a adh&eacute;r&eacute; au FN en 1987. Responsable FNJ sur Aix d&egrave;s 1988, il entre au comit&eacute; central du FN d&egrave;s 1990 et devient directeur de cabinet de Bruno M&eacute;gret. La d&eacute;cennie 1990 l&rsquo;a vu occuper diverses responsabilit&eacute;s au sein du FN et participer aux diff&eacute;rentes &eacute;lections sur Aix. Il a tout naturellement suivi Bruno M&eacute;gret lors de la scission fin 1998 et il est devenu un cadre du MNR, tout en &eacute;tant directeur de la communication de Vitrolles. Il a quitt&eacute; le MNR en 2002 apr&egrave;s les &eacute;lections l&eacute;gislatives.">4</a></sup>, lieutenant de longue date de Mégret né en 1966, et le responsable des ventes est Philippe Schleiter<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_4_458" id="identifier_4_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Philippe Schleiter a bien &eacute;videmment lui aussi suivi M&eacute;gret lors de la scission de 1998, devenant le directeur national du MNJ et cadre dirigeant du MNR. Il a abandonn&eacute; ce dernier parti en 2002, apr&egrave;s les &eacute;lections l&eacute;gislatives.">5</a></sup> (dit Philippe Sevran), né en 1972 et à l’époque coordinateur national du Renouveau étudiant. Par ailleurs, le catalogue <em>Durandal</em> est élaboré par Riwal Communication, que les fidèles lecteurs de la revue <em>REFLEXes</em> <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">connaissent bien</a> et qui est une véritable pépinière d’anciens militants du GUD. Cette offensive en direction de la jeunesse se traduit également alors par le coup de pouce donné à <em><a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/">Réfléchir &amp; Agir</a></em> par Soulas. Son implication correspond ainsi à une démarche très précise de satellisation de la jeunesse nationaliste et de ses éléments les plus dynamiques et radicaux autour de la mouvance de Mégret. Memorial Records, pour sa part, démarre avec un capital de 50 000 francs, ce qui est correct pour une structure de cette taille.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Promesses_MR_2000-01539.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1459" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Promesses_MR_2000-01539.jpg" alt="Promesses_MR_2000-01539" width="489" height="709" /></a></p>
<p>Si la structure a réussi à assurer la pérennité de ses activités, elle a malgré tout connu quelques échecs. C’est ainsi que le projet de boutique Memorial Records sur Paris est finalement tombé à l’eau alors que son adresse rue Pernety (XIVème arrondissement) circulait déjà. La perspective d’ennuis liés au commerce des librairies nationalistes, le risque de voir la boutique devenir la cible de dégradation ont finalement convaincu Soulas d’abandonner ce projet. Il en est allé de même avec la revue <em>Entre Terre &amp; Lumière</em> (ETEL) pourtant annoncée à grand bruit dès le printemps 2002 et sur internet à partir de septembre de la même année<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_5_458" id="identifier_5_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Message internet post&eacute; sur le forum du Coq gaulois, 19 septembre 2002">6</a></sup> :<br />
« <em>Bonjour,<br />
un nouveau magazine communautaire intitulé Entre Terre &amp; Lumière paraîtra le 9 novembre. De qualité professionnelle, sa périodicité sera quadrimestrielle pour la première année puis trimestrielle si tout va bien. Son contenu est politico-culturel et son tirage de 1000 exemplaires pour 32 à 36 pages.</em> »<br />
L’équipe de ETEL était censée être composée de membres d’In Memoriam, mais aussi du webmestre du label, du frère de Julien Beuzard ou de compagnons de route comme Olivier Aimon, un proche de Maxime Brunerie jusqu’au fatidique mois de juillet 2002. Il semble que des querelles internes aient torpillé le projet. Memorial Records devait également se développer avec une filiale en Suisse sous l’impulsion du même Olivier A., mais la tentative d’attentat menée par Brunerie contre Jacques Chirac le 14 juillet 2002 et la pression policière qui s’en ait suivi semblent l’avoir poussé à mettre entre parenthèses son implication dans ce milieu tant sur le plan musical que militant.</p>
<p>Si, par l’intermédiaire d’In Memoriam, les dirigeants de Memorial Records attaquent régulièrement Fraction et BBRock pour des paroles trop proches du RAC, cela ne les empêche pas de vendre bon nombre de CD RAC sur leur site comme Evil Skin, gentiment présenté comme un groupe oi français, ou le CD pirate des Tolbiac’s Toads. Leur site, très professionnel, s’est associé à celui du Coq gaulois au cours de l’année 2001 2002 pour le forum de discussion.</p>
<h3>BLEU BLANC ROCK, OU BBROCK (OU ENCORE BBR)</h3>
<p>Cette association a été fondée fin 1998 par Paul Thore, Fabrice Robert et Jean-Christophe Bru dans le but de « promouvoir l’art populaire et non-conformiste ». L’équipe s’est en partie remaniée avec le retrait de Bru qui a été remplacé par Thibaud Lamy en novembre 2001. C’est d’ailleurs à cette occasion que l’association a également changé de nom. Quoique l’appellation Bleu Blanc Rock ne soit pas très originale en soi, on peut se demander si ses fondateurs ne sont pas aller la pêcher dans le bulletin <em>Le Lansquenet</em>, journal lié au FNJ Aix à sa fondation en 1997 et qui avait dans chacun de ses numéros une tribune Bleu Blanc Rock consacrée au RIF.</p>
<p>Le label a peu à peu agrégé autour de lui une partie des groupes de RIF et a joué la carte de la mouvance, chaque membre ou groupe-membre affichant une solidarité sans faille avec l’ensemble de BBR, au moins en public.<br />
Malgré les apparences et en particulier malgré l’orientation RAC de certains groupes (Fraction ou Insurrection pour ne citer qu’eux), ce label s’est créé sur une stratégie d’ouverture qui a pris dès le début une tournure relativement agressive envers les autres acteurs du RIF comme en témoigne cette réponse donnée à une question de la revue <em>Tribune musicale</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_6_458" id="identifier_6_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune musicale n&deg;2, &eacute;t&eacute; 2000">7</a></sup> :</p>
<p>« <em>- <strong>Tribune musicale</strong> : Pourquoi Bleu Blanc Rock ?<br />
- <strong>BBR</strong> : Avant le lancement de l’aventure Bleu Blanc Rock, personne ne se souciait vraiment de faire sortir le rock identitaire du “ ghetto ”. Les politiques parlaient du “ RIF ” dans leurs journaux internes, les labels placés sous leur coupe affirmaient soutenir le RIF… mais au fond tout ce beau monde ne songeait qu’à récupérer les groupes. Il était nécessaire de lancer une structure indépendante et à but non lucratif qui travaille avec les militants au développement du rock identitaire.</em> ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Tract_BBR_anti-PACS-97f52.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1460" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Tract_BBR_anti-PACS-97f52.jpg" alt="Tract_BBR_anti-PACS-97f52" width="354" height="528" /></a></p>
<p>Cette stratégie a pris deux formes. D’une part, le label visait à diffuser au maximum le RIF hors de son milieu, y compris à perte financièrement parlant. Par le passé, BBR a ainsi été à l’initiative d’une cassette audio et d’un CD à prix coûtant, <em>Antimondial</em>, afin de diffuser le RIF. Il est néanmoins difficile d’évaluer son impact, au sein de la scène faf, comme du côté du grand public. On peut cependant émettre l’hypothèse que de ce côté, le résultat est très limité. Il semble malgré tout que la cassette ait dépassé les 5000 exemplaires diffusés. Le CD compilation, en tout cas, a fait réagir, et pas forcément dans le sens que le label attendait. Figurait en effet parmi la quinzaine de groupes y ayant participé un groupe du Havre, L’FIJ. Or, celui-ci ne s’étant pas particulièrement renseigné sur BBRock, dut rapidement protester du fait que sa bonne foi avait été abusée par BBRock. On put ainsi rapidement lire sur son site, à la place du forum, le message suivant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_7_458" id="identifier_7_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous n&rsquo;avons supprim&eacute; qu&rsquo;une toute petite partie des fautes d&rsquo;orthographes qui &eacute;maillaient cette r&eacute;ponse. NDLR.">8</a></sup> : « <em>Nous avons dû fermer le livre d’or et le forum car de nombreuses personnes se sont crues bon de nous faire parvenir des messages xénophobes, antisémites, racistes et fascistes sur notre site. En effet, fin 2001, nous avons participé à une compile dont le thème était les effets de la mondialisation sur les pays pauvres, il s’est avéré que l’association à l’origine de ce projet est une association à caractère extrémiste et nationaliste. Bref, nous nous sommes fait avoir ainsi que d’autres groupes havrais, et cette association vend et distribue dans la France entière des compiles Anti mondial dont nous figurons parmi une quinzaines de groupes à tendances fascistes.<br />
À l’heure actuelle, nous recevons tous les jours des messages extrémistes et des menaces, nous sommes par conséquent obligé de fermer non pas le site, mais le forum et le livre d’or.<br />
Nous sommes vraiment catastrophés et dégoutés de ce qui se passe en France et sur notre site, nous continuerons à nous battre contre le F.N, contre Le Pen et contre tous ceux qui s’opposeront à nous dans cette lutte qui est l’extermination des fâchos. Ce sont des mots durs pour des brutes qui subsistent dans beaucoup de pays malheureusement.<br />
Le groupe et le crew de L’FIJ étant composé de différentes origines nous sommes sincèrement écœurés que des personnes insultent notre dignité et celle de nos bons et loyaux visiteurs. Nous sommes profondément désolés pour vous, et espérons que cette situation changera très vite. C’est pourquoi avec la collaboration d’autres collectifs de musique et associations du havre, nous avons décidé il y a déjà quelques temps de faire un dossier d’enquête sur l’association BBROCK mis en cause dans ce dossier, ainsi que le Coq gaulois pour avoir diffusé des messages violents, nazis et fâchos.<br />
Information judiciaire : Maître Dumel avocat à la cour, rendra un dossier complet de la situation pour l’atteinte et le préjudice porté à vous, nous et notre dignité, aux juges des affaires culturelles de Rouen, que nous remercions pour sa collaboration et son travail. Nous vous informerons des suites de cette affaire merci de votre fidélité ainsi que de votre compréhension, car il est expressément clair que nous sommes contre le FN.<br />
Nous vous remercions. L’FIJ.</em> »</p>
<p>De fait, la stratégie de BBRock se heurte généralement très vite aux limites du ghetto nationaliste qui correspondent grosso modo aux valeurs portées par une grande partie de son public : hitlérisme rampant, antisémitisme et fascination pour les crimes de masse qui vont avec, peur obsessionnelle du métissage… Pour autant, l’analyse menée par BBRock sur la potentialité d’un véritable développement d’un courant musical identitaire n’est pourtant pas fausse. Elle rejoint en effet diverses enquêtes journalistiques menées ces dernières années et en particulier celle publiée dans <em>Le Monde</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_8_458" id="identifier_8_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Monde, 27 mai 2002">9</a></sup> par Philippe Broussard en mai 2002 à la suite du premier tour des élections présidentielles. Le journaliste y soulignait l’importance de cette frange de la jeunesse française blanche touchée par le racisme anti-arabe mais ne militant pas pour autant dans les rangs de la droite extrême ou ultra. Une jeunesse portant un réflexe et un repli identitaires qui ne disent pas leur nom. Malgré cette pertinence d’analyse de la part du label BBRock, la stratégie qu’il développe n’est pourtant pas foncièrement cohérente puisqu’elle essaie de jouer sur deux tableaux : elle essaie à la fois de sortir du milieu RIF tout en s’appuyant sur celui-ci. L’explication tient évidemment à l’aspect financier des choses : le public RIF est un public captif qui assure à n’importe quelle production de ce courant des retombées financières minimum. Il en serait tout autrement si BBRock jouait complètement la carte de l’infiltration musicale et de l’anonymat : les risques financiers seraient alors maximum. Voilà pourquoi BBRock préfère donc jouer la sécurité, ce qui limite de fait et heureusement ses capacités d’impact.</p>
<p>Toujours dans cette perspective d’ouverture, BBR avait lancé en 2001 la création de cellules BBR dans toute la France, pour promouvoir le RIF. L’idée était bonne dans la mesure où cela permettait une gestion plus locale de la promotion et de la diffusion, et donc une extension de ces dernières. L’expérience démarra bien avec la création de deux cellules, l’une à Paris animée par Maxime Brunerie, et l’autre à Rennes avec Sylvain Averty<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_9_458" id="identifier_9_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant du FNJ devenu dirigeant du MNJ en Bretagne (Rennes) ; &eacute;galement militant d&rsquo;Unit&eacute; radicale et du GUD Rennes, il a &eacute;t&eacute; candidat du MNR aux &eacute;lections l&eacute;gislatives de juin 2002 en Bretagne.">10</a></sup> et Bertrand Miedan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_10_458" id="identifier_10_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est lui aussi un ancien militant du FNJ, mais en r&eacute;gion parisienne ; il a suivi le m&ecirc;me parcours que Sylvain Averty, &eacute;tant simplement suppl&eacute;ant aux l&eacute;gislatives 2002.">11</a></sup>. C’est cette dernière qui s’est avérée la plus active avec la mise sur pied de deux concerts en 2001, le premier en mars avec Insurrection et le deuxième en octobre avec Bagadou Stourm (groupe RAC breton) Fraction et Kaiserbund. Les deux cellules sortaient également un petit bulletin photocopié, <em>Roazhon Rock</em> à Rennes et <em>Musiques d’ici</em> à Paris. Mais l’expérience a rapidement tourné court, les Bretons rencontrant l’hostilité non feinte d’une partie de la mouvance nationaliste bretonne : la cellule bretonne arrête ses activités fin 2001.</p>
<p>D’autre part, outre le fait de sortir le RIF du ghetto nationaliste, Fabrice Robert a toujours eu la prétention de faire de BBRock un moyen de communication pour amener une partie de la jeunesse aux idées NR à travers la musique, voire de s’adresser à des militants anti¬mondialisation « sincères » mais trompés par les « infâmes gauchistes » et de les convaincre. Ceci explique toute la rhétorique sur la « nouvelle alternative », développée ici sous la plume de Thibaud Lamy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_11_458" id="identifier_11_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;28, automne 2002.">12</a></sup> :<br />
« <em>Aujourd’hui, les vrais punks, rebelles et anticonformistes, ce sont les groupes identitaires. […] Le nouveau rock alternatif, qui a pris son envol il y a près de dix ans avec la création de Vae Victis, considéré par beaucoup comme les précurseurs de ce que beaucoup ont appelé à tort le rock identitaire français se porte bien. […] Écologie, régionalisme, défense des identités, anti-mondialisation et lutte sociale, les groupes de rock identitaire sont là, prêts à de nouveaux combats, engagés dans une nouvelle alternative, déterminés et bien vivants.</em> » Cela a pu donner à BBRock un certain ton gauchisant qui ne doit évidemment tromper personne : cela s’inscrit tout à fait dans la stratégie développée par BBRock, qui vise à essayer de donner une image policée de lui-même. Mais autant dire que sur ce plan, la démarche est peu cohérente, aussi bien par la promotion du groupe Insurrection que par celle de Regnum Æternam dont la pochette de l’album est, rappelons-le, une photo de soldats nazis.</p>
<h3>SON LIBERTE</h3>
<p>Ce label associatif a principalement sorti les disques de Basic Celtos et de Brixia : il constituait donc le support de la micro-galaxie Elendil. L’équipe de Son Liberté était investie dans BBRock avant que les embrouilles des années 1999-2000 les amènent à prendre leurs distances. L’association Son Liberté existait bien avant l’apparition du RIF et, comme c’est relativement fréquent dans ces milieux-là, la structure a été reprise par les membres de ces groupes. Ces derniers avaient par ailleurs sorti leurs premiers albums sur un petit label indépendant, MC Records. Ils étaient alors diffusés par la SERP, ce qui n’est pas étonnant, puisque MC Records signifie Marie-Caroline Records, du nom de la fille de Jean-Marie Le Pen qui gérait la SERP lors de ses dernières années d’existence. Son Liberté a, de fait, toujours plus ou moins essayé de se tenir en dehors des conflits internes au milieu RIF, sans forcément y parvenir en raison de la personnalité de Jack Marchal.<br />
Ce label avait lancé une petite liste de VPC appelé « Zone d’Œuf », apparemment pas très active. Il semblerait que Son Liberté soit en train de cesser ses activités.</p>
<h3>MUSIQUE &amp; TRADITION (M&amp;T)</h3>
<p>Ce label est basé sur Lyon ; sa région et il a été créé en février 1998 par Sébastien Blanchard et Frédéric F. dans le but de « promouvoir les artistes et écrivains attachés au respect du patrimoine culturel européen ». Si tous les deux sont de jeunes militants nationalistes, Sébastien Blanchard est plus connu comme militant du GUD Lyon. Il fut en effet condamné en septembre 1998 par le tribunal correctionnel de Lyon à cinq mois de prison avec sursis pour violences et menaces contre trois militantes de l’UNEF. Il est en outre membre d’un groupe de hard-core nationaliste révolutionnaire (NRHC), Ultimatum, qui a deux albums à son actif. Cela explique que Musique &amp; Tradition n’ait pas produit et diffusé que du RIF et qu’on puisse y retrouver des groupes RAC comme Chevrotine ou 9ème Panzer Symphonie ainsi que des groupes suprémacistes blancs américains comme RaHoWa ou Bound for Glory, par exemple. L’association a pu compter sur l’aide et l’infrastructure de l’imprimerie Saint-Joseph, créée en 1981 et dirigée par Pascal Marion. Ce dernier est un cadre lyonnais du FN qui a déjà été candidat pour le parti, sans être sectaire pour autant. Proche des milieux catholiques nationalistes, il imprime par exemple le journal de l’Œuvre française à Lyon, <em>Jeune Nation</em>. Musique &amp; Tradition pouvait de fait être considéré comme proche du FN et passait d’ailleurs par le groupe FN au conseil régional pour ses envois postaux. Mais il a essayé de maintenir une certaine neutralité, et on a ainsi pu voir un stand M&amp;T au Conseil national du MNJ les 9 et 10 octobre 1999 à Lyon. L’association a été officiellement dissoute en février 2001, mais elle continue ses activités.</p>
<h3>PIT RECORDS</h3>
<p>Ce label, fondé en 1994 par Olivier Garnier et Frédéric P. dans l’Essonne, n’est pas à proprement parler un label RIF. C’est un label clairement RAC, qui, à l’occasion, a sorti des groupes comme Fraction Hexagone, Vae Victis ou Traboules Gones. D’ailleurs, Garnier a un bon passé de bonehead derrière lui, même s’il n’a plus la boule à zéro. Il a en effet animé dans sa prime jeunesse le fanzine <em>After Shave</em>, lancé en 1993, et qui publie des interviews des groupes nazi-skins de l’époque. Mais Garnier réfléchit également et il milite au sein du Renouveau étudiant sur Paris dans ces années 1990. Pourtant, malgré ce passé, son label n’a pas bonne réputation dans le petit milieu RIF. Tout d’abord, Garnier traîne derrière lui une belle réputation de voleur, et pas que dans le milieu du RIF. Nombreux sont ses clients qui n’ont jamais reçu leur commande ou des produits de mauvaise qualité. D’ailleurs la sortie de la compilation Bleu Blanc Rock fut un temps retardée pour cause de problèmes d’argent avec Pit Records. Ensuite, son sens du marketing le pousse régulièrement à orner les pochettes des groupes d’images de SS, sans que les groupes revendiquent leur appartenance au nazisme, ce qui fait désordre dans la quête de respectabilité et de discrétion que recherchent certains groupes RIF. Cela n’empêche pas Garnier d’être pourtant régulièrement invité, comme lors de la dernière journée identitaire organisée par <em>Fier de l’Être</em> en novembre 2003.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_458" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, frère ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les années 1970.</li><li id="footnote_1_458" class="footnote">Le DPS : service d’ordre du Front national ou garde prétorienne ? Commission d’enquête parlementaire présidée par Guy Hermier et enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai 1999.</li><li id="footnote_2_458" class="footnote">Entre autres REFLEXes. Cf. n°52, l’article intitulé « Gilles Soulas, faf de petite vertu ».</li><li id="footnote_3_458" class="footnote">Damien Bariller a adhéré au FN en 1987. Responsable FNJ sur Aix dès 1988, il entre au comité central du FN dès 1990 et devient directeur de cabinet de Bruno Mégret. La décennie 1990 l’a vu occuper diverses responsabilités au sein du FN et participer aux différentes élections sur Aix. Il a tout naturellement suivi Bruno Mégret lors de la scission fin 1998 et il est devenu un cadre du MNR, tout en étant directeur de la communication de Vitrolles. Il a quitté le MNR en 2002 après les élections législatives.</li><li id="footnote_4_458" class="footnote">Philippe Schleiter a bien évidemment lui aussi suivi Mégret lors de la scission de 1998, devenant le directeur national du MNJ et cadre dirigeant du MNR. Il a abandonné ce dernier parti en 2002, après les élections législatives.</li><li id="footnote_5_458" class="footnote">Message internet posté sur le forum du Coq gaulois, 19 septembre 2002</li><li id="footnote_6_458" class="footnote"><em>Tribune musicale</em> n°2, été 2000</li><li id="footnote_7_458" class="footnote">Nous n’avons supprimé qu’une toute petite partie des fautes d’orthographes qui émaillaient cette réponse. NDLR.</li><li id="footnote_8_458" class="footnote"><em>Le Monde</em>, 27 mai 2002</li><li id="footnote_9_458" class="footnote">Ancien militant du FNJ devenu dirigeant du MNJ en Bretagne (Rennes) ; également militant d’Unité radicale et du GUD Rennes, il a été candidat du MNR aux élections législatives de juin 2002 en Bretagne.</li><li id="footnote_10_458" class="footnote">C’est lui aussi un ancien militant du FNJ, mais en région parisienne ; il a suivi le même parcours que Sylvain Averty, étant simplement suppléant aux législatives 2002.</li><li id="footnote_11_458" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°28, automne 2002.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Dieudonné par Le Pen repris</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Mar 2007 18:12:02 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce teste est un extrait d&rsquo;un dossier sur le repli identitaire en France qui paraîtra dans Réflexes n°8 en avril-mai 2007.<em>Dieudonné appartient-il à l&rsquo;extrême-droite ? D&rsquo;évidence non. Dieudonné a-t-il été victime d&rsquo;une cabale destinée à le briser ? Il n&rsquo;y a pas le moindre doute. Cette cabale est-elle justifiée ? Elle a eu ses puanteurs. Dieudonné est-il vraiment antisémite ? De la judéomanie à l&rsquo;antisémitisme, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas que le comédien a depuis allègrement franchi. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce que pensent, quoiqu&rsquo;en disent les naïfs, les antisémites de tout faf et de tout négationnisme qui se sont empressés de le rallier ou de l&rsquo;aider, prélude à d&rsquo;originales manipulations&#8230;Au bout de la route, sans grande surprise, le FN&#8230;</em></p>
<p>Un colon israélien qui hurle « Isra-Heil » à la télé, c&rsquo;est Dieudonné, caricaturant à peine le discours d&rsquo;une extrême-droite juive, ultra-sioniste et violemment raciste que nous traitons par ailleurs dans ce numéro. Ce n&rsquo;est certes pas fin. Comme ce secteur s&rsquo;est spécialisé dans l&rsquo;accusation d&rsquo;antisémitisme tout azimuth, la nouvelle cible est toute trouvée, d&rsquo;autant que Dieudonné avait déjà dérapé auparavant !</p>
<p>Dans une ambiance délétère ou l&rsquo;antisémitisme a connu une montée indéniable, liée au conflit en Israël-Palestine, Dieudonné se juge injuste victime d&rsquo;un « lobby » représenté par le CRIF, se rebiffe et&#8230; en rajoute. Outre l&rsquo;insistance avec laquelle il revient sur le phénomène « sioniste » et « les sionistes qui l&rsquo;attaquent » (même si ce n&rsquo;en sont pas), quand il parle des « négriers reconvertis dans la banque », quel que soit le contexte, il passe largement les limites du tolérable. Cela lui vaut procès sur procès (une vingtaine à ce jour) sur des mots plus que douteux, mais aussi, c&rsquo;est sa défense, tronqués ou/et sortis de leur contexte. Comme il les a tous gagnés, sauf le dernier, actuellement en instance d&rsquo;appel, il se persuade peut-être qu&rsquo;il n&rsquo;est pas plus antisémite que d&rsquo;autres victimes de cabales anti-antisémites, carrément grotesques quant à elles, comme celles initiées contre Daniel Mermet, Pascal Boniface ou Edgar Morin&#8230;</p>
<p>De dérapage en outrance judéomaniaque, Dieudonné a ainsi perdu la plupart des soutiens de ceux qui espéraient que son antisionisme était une option politique, et pas une déviance antisémite. La liste EuroPalestine s&rsquo;est débarrassé de lui à cause de ses mauvaises fréquentations<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/dieudonne-par-le-pen-repris/#footnote_0_313" id="identifier_0_313" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" en l&rsquo;occurence Alain Soral et Ginette Skandrani (voir le communiqu&eacute; d&rsquo;Europalestine/CAPJPO du 29 oct. 2004">1</a></sup>) ; l&rsquo;historien Louis Sala-Molins, avec lequel il avait pourtant rédigé le scénario de son projet de film Le Code Noir, pourtant une grande idée, l&rsquo;a récemment lâché&#8230;</p>
<p>D&rsquo;autres font les aveugles et les sourds, autour notamment du site internet « Les Ogres », ou de l&rsquo;association « La banlieue s&rsquo;exprime », que Dieudonné parraine. Il est vrai que le reste du discours dieudonniste, profondément républicain, anticommunautariste, social et ralliant les oubliés du post-colonialisme a de quoi attirer.</p>
<p>Mais d&rsquo;autres encore ont parfaitement compris où il se dirigeait et se sont vite précipités à ses côtés, pour l&rsquo;accompagner ou en rajouter. On ne peut croire que le fait soit volontaire, mais Dieudonné a réussi le tour de force d&rsquo;attirer autour de lui la quasi totalité des mouvances antisionistes ultra et antisémites, auparavant éclatées.</p>
<p>Le phénomène de dérive vers des alliances contre-nature n&rsquo;est pas nouveau et a connu ces dernières décennies quelques exemples célèbres, comme le dirigeant vert Jean Brière au début des années 90 ou le militant libertaire Fausto Giudice : des dérapages verbaux ou écrits, pas forcément révélateurs, suivi de procès politiques pas toujours de bonne foi, un refus de la personne de fermer sa grande gueule, et pendant que les portes se ferment devant lui, d&rsquo;autres s&rsquo;entrouvrent qui lui murmurent dans une haleine de souffre : « tu as raison ; nous, on te comprend&#8230; » Une solidarité des réprouvés qui amène rapidement sur des terrains fangeux&#8230;</p>
<p><strong>Carrefour des antisémitismes</strong></p>
<p>Ainsi, la petite bande du site négationniste de l&rsquo;Association des anciens amateurs de récits de guerres et d&rsquo;holocaustes (Aaargh) toujours en recherche d&rsquo;un damné de la terre fleurant bon la haine du « sionisme », n&rsquo;hésite pas à accompagner dans le même temps les communautaristes islamistes (cf article « Allah va comme je te pousse ») et à fréquenter, paradoxe, le théâtre de la Main d&rsquo;Or de l&rsquo;anticommunautariste Dieudonné. Officiellement, le soutien à la cause palestinienne et l&rsquo;antisionisme radical sont la base de l&rsquo;alliance. Ginette Skandrani, copine du facho-islamiste Latrèche, intègre même le staff de campagne présidentiel de l&rsquo;ex-comique. Son bon camarade, le chercheur négationniste Serge Thion, viré pour cette raison du CNRS en 2000, intervient dans le site dieudo.net sous le pseudo peu original de Serge Noith ; Israël Shamir, alias Adam Ermash (anciennement Jöran Jermas) a fait de même, ne cachant même plus sa haine sous le vocable « sioniste », et parlant ouvertement de « juiverie »: il est vrai que le malheureux était alors sous le choc de l&rsquo;emprisonnement de son ami négationniste britannique David Irving, aux sympathies néo-nazies affichées&#8230; La traduction de ses textes est de Maria Poumier, autre rédactrice du site, enseignante à l&rsquo;université Paris 8-Saint-Denis et proche de Roger Garaudy, puis qu&rsquo;elle est secrétaire de rédaction de sa revue <em>A Contre Nuit</em>. Elle est aussi responsable de l&rsquo;association « Entre la plume et l&rsquo;enclume », que l&rsquo;on trouvait au côté de Dieudo organisatrice d&rsquo;une manifestation en soutien au peuple palestinien en juin 2006. Cette manifestation avait la particularité d&rsquo;être appelée par tout ce que la cause palestinienne peut compter de soutien nauséabond, à savoir La Pierre et l&rsquo;Olivier de Ginette Skandrani, l&rsquo;Association Zapatiste de Libération Sociale et le Collectif Guantanamo de son vieux pote Fausto Giudice, le Comité Cheik Yassine, (du nom de l&rsquo;ancien chef du Hamas tué par les Israéliens) de Abdelhakim Sefrioui, membre lui aussi du bureau de campagne de Dieudonné et trésorier du Conseil des Imams de France(!!), et le Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe de Mondher Sfar, aussi bien connu de la sphère négationniste. Pas de surprise : ce petit monde travaille ensemble depuis bien longtemps.</p>
<p>Dieudonné lui-même ne nie pas le génocide juif. Mais il relativise la portée de la Shoah par le parallèle fait, entre autres, avec les victimes de la traite négrière. C&rsquo;est regrettable puisque les deux combats pour la mémoire, aussi légitimes l&rsquo;un que l&rsquo;autre, ne sortent pas renforcés par ce type de stratégie de comparaison victimaire. Il fait aussi la critique de l&rsquo;utilisation de la Shoah pour la justification et la défense de l&rsquo;Etat israélien. Ce n&rsquo;est pas forcément faux, même si l&rsquo;idéologie sioniste s&rsquo;en est fort bien passé avant les années 40, mais les références choisies sont plus que douteuses puisque Dieudonné fait appel au livre L&rsquo;industrie de l&rsquo;Holocauste de l&rsquo;américain Norman Finkelstein, fortement sujet à caution à cause de son ambigüité et d&rsquo;erreurs manifestes, et défendu par la plupart des négationnistes. Notons que le maladroit Finkelstein n&rsquo;est pas lui-même suspect des dérives de ses « sympathisants ».</p>
<p>Hors groupe négationniste autour de l&rsquo;Aaaargh, on retrouvera dans les mauvaises fréquentations de Dieudonné toute une clique islamisto-populiste, quasiment au grand complet, qui avait fondé le Mouvement Justice et Dignité et appelé à la manif islamiste contre la loi sur le voile du 7 févrer 2004 (cf article « <a href="http://reflexes.samizdat.net/allah-va-comme-je-te-le-pousse/">Allah va comme je te pousse</a> »). On a pu croiser à plusieurs reprises Nouari Khiari et Maata-Makhlouq faisant la claque à la Main d&rsquo;Or. Nouari Khiari, lors d&rsquo;un rassemblement en novembre 2004 contre un gala de soutien à l&rsquo;armée israélienne, s&rsquo;est fendu d&rsquo;un petit discours antisioniste musclé conclu par un vibrant appel à soutenir Dieudonné. Lors du spectacle « Mes excuses » au Zénith à Paris en décembre 2004, il assurait le service d&rsquo;ordre aux côtés de Joss, le garde du corps du comique, avec un fort groupe de jeunes des quartiers qu&rsquo;il avait mobilisé pour l&rsquo;occasion. Etranges passages, étranges fusions entre des groupes et des idéaux que tout devrait opposer, à part la haine du « sioniste », pris bien entendu au sens extra-large. Dans la clique MJD soutenant Dieudonné, on notera encore la présence de Jean-Paul Cruse (voir encadré et article « <a href="http://reflexes.samizdat.net/allah-va-comme-je-te-le-pousse/">Allah va comme je te pousse</a> »)&#8230;</p>
<p>C&rsquo;est probablement grâce à une de ces mouvances qu&rsquo;on a pu voir à quelques reprises Dieudonné s&rsquo;afficher avec les juifs ultra-orthoxes Naturei Karta, une scission de 1935 du mouvement Agudat israël. Profondément antisionistes par conviction religieuse, il considèrent que l&rsquo;Etat israélien est une hérésie puisqu&rsquo;il doit être donné par Dieu et non construit par les hommes. On les trouve principalement à New York, mais aussi dans le vieux quartier de Mea Sharim à Jerusalem, où ils font leur possible pour ne rien accepter de l&rsquo;Etat hébreu. Par haine d&rsquo;Israël, ils sont prêts à se compromettre avec tout mouvement antisioniste, surtout les pires ; les radicaux antisémites ne se privent pas de les utiliser. Ils étaient ainsi présents en décembre dernier à la conférence négationniste de Téhéran . Mais laquelle des tendances a payé leur venue et leur hébergement en France ?</p>
<p>Après les piliers de l&rsquo;Aaaargh, les opportunistes d&rsquo;Allah et les toqués de Yaveh, on trouve aussi les complotistes de Thierry Meyssan et du réseau Voltaire, pour qui l&rsquo;avion sur le Pentagone du 11 septembre 2001 n&rsquo;a jamais existé ! La dérive de ce personnage et de ses fidèles mérite un article entier que nous réservons pour un prochain numéro (avant deux ans, c&rsquo;est juré !). Parmi les amis du personnage, Francesco Condemi, caution « de gauche » du staff présidentiel de Dieudo et mystérieusement disparu depuis le voyage au Liban de son boss. La découverte de l&rsquo;entourage fascisant de Dieudo l&rsquo;a-t-il choqué ? Ce n&rsquo;était pas le cas quand il faisait le beau aux dédicaces d&rsquo;Alain Soral à la très nazifiante librairie Facta d&rsquo;Emmanuel Ratier.</p>
<p>Puisqu&rsquo;on est sur les curiosités, rappelons le flirt de Dieudonné avec la surmédiatisée et groupusculaire Tribu Kâ et son leader, le fara Kémi Séba (cf article dans ce numéro). Dieudonné avait pris ses distances avec eux en 2004 pour extrémisme. Ca ne l&rsquo;avait pas empêché de les inviter à faire une conférence de presse au théâtre de la Main d&rsquo;Or en octobre 2005. Kémi Séba est aussi passé faire un tour au dernier spectacle de Dieudo au Zenith de Paris en décembre dernier. Est-ce réellement leur extrémisme antisémite qui l&rsquo;a dérangé ? On pense plutôt à leur zèle communautariste et séparatiste racial, alors que Dieudo rêve d&rsquo;une République idéale type 1793, réconciliée avec un passé qui du coup se doit d&rsquo;être reconnu et revisité pour soigner tous les trous de la mémoire nationale (traite négrière, colonisation). Certains ont du coup voulu accuser Dieudonné de communautarisme noir. C&rsquo;était idiot ! Le problème, c&rsquo;est que réconcilier la république avec son passé ne veut pas forcément dire avec tout le monde. Et aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est avec l&rsquo;extrême-droite la plus décomplexée que Dieudonné fait alliance, quoiqu&rsquo;il puisse dire ou penser. En est-il vraiment conscient ?</p>
<p>C&rsquo;est là une partie du problème. D&rsquo;après ceux qui le connaissent, Dieudonné est un bon comique, un brave type, mais un parfait crétin sur le plan politique : de fait, par antisionisme, il copine avec des antisémites. Bien qu&rsquo;anticommunautariste, il s&rsquo;entend avec des séparatistes noirs. Par esprit de réconciliation républicaine, il est allé serrer la pince de Jean-Marie Le Pen et se fâche avec tous les autres. En attendant pire ? Pour les analyses du phénomène Dieudo par rapport à l&rsquo;extrême-droite, on se reportera à l&rsquo;<a href="http://reflexes.samizdat.net/2007-lannee-des-idiots-utiles/">exhaustif article</a> sur notre site.</p>
<p><strong>Fachos sous camouflage</strong></p>
<p>Mais il reste quand même intéressant de zoomer sur les deux personnages à l&rsquo;origine de l&rsquo;alliance Dieudonné-FN. D&rsquo;abord Marc Robert, qui fut le coordinateur de campagne, s&rsquo;occupant de la <em>« mise en cohérence de l&rsquo;ensemble des soutiens à Dieudo »</em>. Marc Robert, de son vrai nom Marc George, candidat malheureux du FN en 1995 aux municipales à Eragny dans le 95, est aussi le président d&rsquo;un très fantômatique Cercle République Sociale. Il aurait découvert Dieudonné lors de son spectacle à l&rsquo;Olympia en 2004, débordant de blagues&#8230; « antisionistes »&#8230; Il est passé du PS au FN lors de la première guerre du Golfe, au nom de la « <em>lutte des nations libres contre l&rsquo;Empire » et parce que « le PS était passé au capitalisme ».</em> Déjà un étrange parcours<em>&#8230;</em> Qu&rsquo;il avoue son passé frontiste était subtil, lui donnant un certificat de repenti. Mais lors d&rsquo;une interview faite par son copain Ahmed Moualek sur « <em>La banlieue s&rsquo;exprime</em>», il déclare tout de go que <em>« Le Pen n&rsquo;est pas raciste (&#8230;) Le vrai raciste, c&rsquo;est l&rsquo;axe américano-sioniste »</em>. Pour les suspicieux que nous sommes, tout celà renifle le registre nationaliste-révolutionnaire (le mélange anti-capitalisme/alliance des périphéries contre le centre, représenté par le système américano-sioniste et ses alliés/ Le Pen n&rsquo;est pas raciste&#8230;). Selon le site d&rsquo;informations Bakchich.Info, c&rsquo;était déjà avec des anciens du GUD non-repentis que Marc Robert/George établissait ses contacts&#8230;</p>
<p>L&rsquo;autre proche de Dieudonné que l&rsquo;on voyait fricoter depuis quelques temps avec les bruns est évidemment l&rsquo;essayiste Alain Soral, bien avant son outing pro-FN : cet « agitateur depuis 1976 », ancien communiste, s&rsquo;est spécialisé dans la provocation politique tout azimut, et on se souviendra de sa sortie sur France 2, le 21 septembre 2004. Il avait déclaré, alors que Dieudonné était présent : <em>»Ce n&rsquo;est pas systématiquement de la faute de l&rsquo;autre (&#8230;) si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds (&#8230;). Parce qu&rsquo;en gros c&rsquo;est à peu près ça leur histoire -des juifs-, tu vois. Ça fait quand même 2 500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans, ils se font dérouiller</em>.» Est-ce une définition nouvelle de « l&rsquo;antisionisme » ? Il y a des provocations qui ne passent pas. Soral a bien essayé de se rattraper par un correctif sur Oumma.com qui n&rsquo;a convaincu que ses fans. A l&rsquo;avenant, on trouvera aussi des attaques contre les homos, ce qui lui valut un zapping d&rsquo;Act-Up sur sa maison d&rsquo;éditions, une vision toute particulière du féminisme, etc&#8230; Sans insister plus que nécessaire sur son interview paru dans le n°d&rsquo;Eléments d&rsquo;été 2004 (intéressante pour mieux connaître le bonhomme), Ce marxiste revendiqué avait aussi donné une interview à « Rebellion », fanzine national-bolchevik de Toulouse en 2005. Il était également passé à la soupe des identitaires à Montparnasse en janvier 2006, après avoir entamé une correspondance, certes critique, mais fructueuse avec eux. A l&rsquo;avenant, il a signé un appel pour la libération de l&rsquo;apprenti terroriste et militant néo nazi Michel Lajoye, aux côtés de Fabrice Robert et Richard Roudier du Bloc Identitaire, Gilles Soulas propriétaire de la Librairie Nationale&#8230; et a beaucoup fréquenté les librairies les plus nazbroques pour signer ses livres. Curieusement, les sicaires de la LDJ préféraient l&rsquo;attaquer sur des librairies moins marquées. Enfin, il est le préfacier du 1er livre d&rsquo;Anne Kling<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/dieudonne-par-le-pen-repris/#footnote_1_313" id="identifier_1_313" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="pass&eacute;e du RPR &agrave; &laquo; La Droite &raquo; de Charles Millon pour finir &agrave; &laquo; Alsace d&rsquo;abord &raquo; de Robert Spieler&hellip;">2</a></sup>, La France LICRAtisée (aux Editions Dualpha/Déterna de notre vieille connaissance Philippe Randa&#8230;</p>
<p>Pas de surprise donc quand le 27 novembre, il définit lui-même sur la webradio québecoise Rockik.com, son rôle au sein du FN depuis plus d&rsquo;un an comme celui d&rsquo;un «<em>conseiller technique</em>», produisant des idées et des concepts, «<em>en charge des affaires sociales et des banlieues</em>». Il a déjà eu l&rsquo;occasion de marquer le FN de son empreinte, à travers le fameux discours tenu par Le Pen à Valmy le 20 septembre dernier. La patte nationale républicaine (voir encadré Cruse-Soral) de Soral y était manifeste.</p>
<p><strong>C&rsquo;est nous les gars de la Marine</strong></p>
<p>Avec un tel entourage, pas étonnant de voir Dieudonné se prêter à une interview très complaisante au <em>Choc du Mois</em>, mensuel nationaliste ou une autre interview dans Novopress (pseudo agence de presse des Identitaires) en juin 2005. Moins étonnant aussi de voir de quelle manière s&rsquo;est déroulé l&rsquo;été dernier le voyage au Liban et en Syrie de l&rsquo;équipe Dieudonné-Soral-Robert/George-Meyssan-Moualek&#8230; Ils étaient officiellement allés se rendre compte sur place des dégâts provoqués par les bombardements dans la banlieue sud de Beyrouth. De fait, c&rsquo;était le premier voyage international du candidat Dieudonné. L&rsquo;équipe a été reçue par le Président Lahoud, le général Aoun, le Président du CNA (équivalent du CSA), un lambda de la chaîne Al Manar puisqu&rsquo;ils s&rsquo;y sont raboulés sans prévenir, le Président du groupe « Soutien à la résistance » (Hezbollah) au parlement, le Président du Parti National Social Syrien (PNSS), le vice ministre des affaires étrangères de Syrie&#8230; Nous avions à l&rsquo;époque tiqué sur le Parti National Social Syrien (libanais par ailleurs), appelé aussi Parti Social National ou Parti National-Socialiste Syrien !! Leur bannière est sans ambiguité, la tornade remplaçant la croix gammée et le rouge et le noir du drapeau s&rsquo;interchangeant avec le drapeau nazi. Le fondateur, Antoun Saadé, avait été dans les années 30 un grand admirateur des régimes fascistes européens. Le parti, rigoureusement laïc, milite pour une grande Syrie allant de Chypre ( ?!) à l&rsquo;Irak en passant par la Palestine, le Sinaï et la Jordanie !! Aujourd&rsquo;hui partie de la résistance libanaise, de la tendance pro-syrienne évidemment, il ne laisse pas forcément de bons souvenirs dans les mémoires libanaises (quel parti en laisse, d&rsquo;ailleurs ?). Dans les années 70, le néo-nazi François Duprat, alors numéro deux du Front National, correspondait régulièrement avec eux. Pourquoi ce groupe plutôt qu&rsquo;un autre ?</p>
<p>Il est depuis connu que le voyage et les rencontres, PNSS inclus, ont été organisées par Frédéric Chatillon, déjà cité dans <em>Réflexes</em> tant pour son passé comme responsable du GUD, son présent dans les mêmes sphères, son livre co-écrit avec Jack Marchal et Thomas Lagane sur l&rsquo;histoire du « groupuscule des dieux » (Les Rats Maudits, épuisé) que pour ses vieilles connexions syriennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/dieudonne-par-le-pen-repris/#footnote_2_313" id="identifier_2_313" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf l&rsquo;article de Reflexes paru en 1998 &laquo; Quand le GUD prend le parti de l&rsquo;&eacute;tranger &raquo;. Chatillon est aujourd&rsquo;hui directeur de Riwal Communication, une boite tr&egrave;s s&eacute;rieuse qui bosse aussi, c&rsquo;est bien normal, pour les kamarades (Nouvelle Revue d&rsquo;Histoire, Fondation Brigitte Bardot&hellip;) et a gagn&eacute; r&eacute;cemment un troph&eacute;e pour son &laquo;Crazypack&raquo;, le fameux &eacute;tui en carton cache-paquet de cigarettes. Encore du n&eacute;gationnisme&hellip;&nbsp;Plus sur le personnage">3</a></sup>. Celles-ci passaient par le canal du général Tlass, ancien ministre de la défense et l&rsquo;un des principaux financeurs étrangers des négationnistes et des fascistes français, de préférence les antisémites avérés. On sait qu&rsquo;une rencontre a déjà été organisé entre Dieudo et Chatillon autour d&rsquo;un repas il y a plus d&rsquo;un an, mais il aura fallu attendre cet été et la guerre au Liban pour que les 2 hommes s&rsquo;affichent ensemble. Selon Fausto Giudice, qui se croit toujours de gauche et n&rsquo;apprécie manifestement pas les nouvelles amitiés de sa vieille copine Skandrani, les Syriens eux-même auraient allongé 5000 € pour le voyage.</p>
<p>La présence de Dieudonné aux BBR et aux côtés de Jean-Marie Le Pen n&rsquo;est donc qu&rsquo;un aboutissement, quoiqu&rsquo;en dise le triste bouffon qui s&rsquo;obstine à vouloir « arrêter de diaboliser cet homme ». « J&rsquo;ai voulu me faire une opinion par moi-même », ajoute-t-il à qui veut l&rsquo;entendre, comme si le FN était sans passé, sans histoire, sans opinion&#8230; Les cris de singes saluant son passage ne l&rsquo;ont apparemment pas troublé&#8230; Quant à son opinion sur les slogans FN concernant l&rsquo;immigration, il se demande encore si ça concerne « les flux financiers, les matières premières, les marchandises » !!&#8230; La réconciliation nationale, base du pacte « national républicain », ne doit pas concerner les sans-papiers ou les familles mixtes. Et Dieudonné s&rsquo;étonne de se faire régulièrement vider de la plupart de manifs, rassemblements ou réunions antiracistes, pour l&rsquo;égalité ou pro-palestiniennes. Même quand il envoie en reconnaissance son fidèle garde du corps Joss, ce dernier a le plus grand mal à trouver des mains à serrer. Encore un coup des sionistes, sans doute&#8230; Il est vrai que Joss a longtemps bossé dans une boîte de sécurité connue comme appartenant à un cadre du FN&#8230; Décidément&#8230;</p>
<p>« Dépôt de bilan » ou passage vers d&rsquo;autres sphères ? Le dernier spectacle de Dieudonné a permis de rassembler toute la famille dans une célébration de l&rsquo;idéal « national-républicain », aux accents « antisionistes » plus que limites : étaient présents Skandrani et Faurisson pour les cousins négationnistes, Kémi Séba pour la tribu Kâ, l&rsquo;ancien antifasciste Thierry Meyssan cotoyant sans vergogne les « stars » du FN comme Bruno Gollnisch, accompagné par Marc Robert, ou Jany Le Pen, Jean-Michel Dubois, Eric Iorio et Farid Smahi ; rapppelons que ce dernier est un grand copain du populo-islamiste Nouari Khiari, déjà cité. Mais on y trouvait aussi une bonne délégation des radicaux du Renouveau Français avec Thibaud de Chassey et Bruno Archier, devenus inséparables d&rsquo;Alain Soral (et de Kémi Séba par ailleurs), lui même aux côtés de Frédéric Châtillon. A l&rsquo;aise dans ses pompes, on a croisé aussi Roland Dumas&#8230;</p>
<p>L&rsquo;affaire Dieudonné est-elle une manipulation réussie ou la conjonction de nouvelles forces emmenées dans une nouvelle dynamique par le Front National ? Une gageure pour Marine Le Pen, porteuse de la stratégie au sommet du parti. Les prochaines échéances électorales décideront de son succès, mais celui des spectacles sans nuances de Dieudonné montrent déjà ses fortes capacités de nuisances -même relatives- dans des milieux jusque là peu explorés et exploités par la mouvance&#8230;</p>
<p><em>Citizen Caïn</em></p>
<p><strong>Encadré : DE CRUSE A SORAL, DU DISCOURS « BRUN-ROUGE » AU « NATIONAL-REPUBLICAIN »</strong></p>
<p>Cruse est un revenant que l&rsquo;on espérait coincé à jamais dans les caves poussiéreuses du souverainisme. Cet ancien mao, puis militant du PCF fut longtemps journaliste à <em>Libération</em>; il dut en démissionner en 1993 après avoir publié dans <em>L&rsquo;Idiot International</em> un article titré « vers un Front National » appelant à « un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel » contre l&rsquo;ultralibéralisme mondialisé illustré par « Wall Street, le sionisme international, la bourse de Francfort et les nains de Tokyo », et à « une politique autoritaire de redressement du pays », liant les problèmes « de l&rsquo;immigration, du chômage et de l&rsquo;insécurité urbaine » et prônant une alliance allant des communistes aux ultra-nationalistes, en passant par Chevènement et Pasqua&#8230; « On est loin, évidemment, du perfectionnement infini de la démocratie, et de mille bavardages (&#8230;) C&rsquo;est un front qui se forge, et qui se forgera, qu&rsquo;on aime ou qu&rsquo;on n&rsquo;aime pas. Dans une dynamique de redressement, de dépassement, d&rsquo;efforts de citoyens lucides, contre la logique de crise, de soumission, d&rsquo;avilissement et d&rsquo;éclatement, qui déferle sur la planète au rythme du Sida ». C&rsquo;est envoyé comme du Doriot, ce communiste passé au fascisme puis à la Collaboration sur des bases similaires ! Cruse était loin à l&rsquo;époque d&rsquo;être seul au PCF. Le rédac&rsquo; chef de <em>L&rsquo;Idiot International</em>, Marc Cohen, avait participé à l&rsquo;écriture du texte, et Jacques Dimet, du magazine communiste <em>Révolution</em> soutenait les mêmes idées&#8230; Du beau monde&#8230; le PCF avait dû s&rsquo;interroger alors sur les rapprochements tout à fait officiels entre la Nouvelle Droite et l&rsquo;Institut de Recherches Marxistes de Francette Lazard, membre du Bureau National, et a fait discrètement le ménage&#8230; L&rsquo;affaire médiatique des « liaisons rouges-brunes » n&rsquo;a duré qu&rsquo;un été, et a donné naissance à des « comités de vigilance » vite disparus, comme d&rsquo;habitude&#8230;</p>
<p>Mais cette volonté exprimée dans l&rsquo;article n&rsquo;est qu&rsquo;une reprise de la vieille théorie du GRECE d&rsquo;Alain de Benoist : la convergence des périphéries contre le centre, représentant le système en place. On lui donne alors le nom que l&rsquo;on veut : discours « anti-système », « brun-rouge », « national-bolchevik » ou&#8230; « national-républicain »&#8230; Car Alain Soral, ex-communiste ré-inventeur pour le FN de ce concept, a revendiqué début décembre lors d&rsquo;une conférence du FNJ niçois avoir été l&rsquo;un des rédacteurs du texte signé Cruse, raison pour laquelle il a été exclus du PCF&#8230; Il avait avoué il y a quelques temps sa participation à <em>La lettre écarlate</em>, revue interne à la fédé de Paris du PCF qui défendait déjà ces idées&#8230; Vérité ou mensonge, Soral se pose de toute façon au sein du FN dans une continuité radicale historique qui détonne face aux rassurantes déclarations de sa copine Marine Le Pen. Le lifting ne serait donc qu&rsquo;un maquillage&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_313" class="footnote"> en l&rsquo;occurence Alain Soral et Ginette Skandrani (voir le communiqué d&rsquo;Europalestine/CAPJPO du 29 oct. 2004</li><li id="footnote_1_313" class="footnote">passée du RPR à « La Droite » de Charles Millon pour finir à « Alsace d&rsquo;abord » de Robert Spieler&#8230;</li><li id="footnote_2_313" class="footnote">cf l&rsquo;article de Reflexes paru en 1998 « <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">Quand le GUD prend le parti de l&rsquo;étranger</a> ». Chatillon est aujourd&rsquo;hui directeur de Riwal Communication, une boite très sérieuse qui bosse aussi, c&rsquo;est bien normal, pour les kamarades (Nouvelle Revue d&rsquo;Histoire, Fondation Brigitte Bardot&#8230;) et a gagné récemment un trophée pour son «Crazypack», le fameux étui en carton cache-paquet de cigarettes. Encore du négationnisme&#8230; <a href="http://reflexes.samizdat.net/nuit-divresse/">Plus sur le personnage</a></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Pitt Bull &amp; Bill le vigile</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2005 09:59:45 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&rsquo;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&rsquo;un ne va malgré tout pas sans l&rsquo;autre. Or il n&rsquo;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui apprécie traditionnellement l&rsquo;opacité. Pour autant, pas question de prétendre à l&rsquo;exhaustivité ! Cet article ne vise qu&rsquo;à jeter un aperçu que nous aurons l&rsquo;occasion d&rsquo;approfondir dans d&rsquo;autres articles ultérieurement.</strong> Le milieu de la sécurité privée explose et ce constat est devenu une banalité depuis quelques années. Encore faut-il s&rsquo;entendre sur la définition de cette notion de « sécurité privée ». On peut envelopper par ce terme toutes les activités de sécurisation assurées par des agents économiques ne dépendant pas de l&rsquo;autorité publique mais pouvant travailler pour elle. C&rsquo;est ainsi que de plus en plus de missions de surveillance et de protection de sites militaires sont confiées à des entreprises privées ayant obtenu une habilitation défense. Cette croissance peut sans doute s&rsquo;expliquer de façon multiple. Il y a d&rsquo;une part l&rsquo;évidente montée du sentiment d&rsquo;insécurité, que celui-ci soit justifié ou non, et le fait que le taux de non-élucidation des délits par la force publique demeure très élevé. Cela encourage les particuliers ou les entreprises à tenter de prévenir ou décourager le délit plutôt qu&rsquo;à espérer le punir. Il y a d&rsquo;autre part la complexification de la demande de sécurité à laquelle la force publique ne peut répondre au risque de voir exploser ses capacités budgétaires. Enfin il y a bien évidemment le rôle joué par certains milieux qui ont investi le rôle « d&rsquo;experts » et qui soufflent sur les braises pour mieux en tirer parti, trouvant souvent une oreille complaisante auprès des autorités politiques. Cette explosion se traduit d&rsquo;abord dans les effectifs qui en l&rsquo;espace d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années ont connu une progression impressionnante. En 1989, on comptait 1640 entreprises déclarées en préfecture employant 57 649 personnes. En 1997, le nombre d&rsquo;entreprises était passé à 4131 pour 78 475 employés. Cette progression s&rsquo;est poursuivie jusqu&rsquo;à présent avec un nombre d&rsquo;entreprises dépassant vraisemblablement les 5000 et des effectifs qui, toutes activités confondues, dépassent les 300 000. Simplement les tâches se sont diversifiées à un point tel qu&rsquo;il devient difficile d&rsquo;associer dans un même secteur des entreprises se consacrant à des missions aussi diverses que le contrôle d&rsquo;accès et la télésurveillance, la sécurité incendie, le gardiennage et la surveillance, la protection mécanique, l&rsquo;audit, le conseil et les ingénieries&#8230; Tous ces secteurs ne connaissent d&rsquo;ailleurs pas la même évolution, les services de surveillance classique (gardiennage, convoyage) étant globalement stagnants alors que les missions d&rsquo;audit sont en pleine explosion. Cette transformation de la profession s&rsquo;accompagne d&rsquo;une restructuration au niveau des entreprises car les petites sociétés connaissent une situation économique de plus en plus précaire du fait de leur positionnement sur le créneau qui subit la concurrence la plus vive : celui du gardiennage et de la surveillance. Depuis le début des années 1990, on observe donc une nette tendance à la concentration, avec des faillites, des acquisitions et des fusions. C&rsquo;est donc un secteur qui se porte bien mais dans lequel les différences de situation économique sont énormes. L&rsquo;État n&rsquo;a guère été pressé d&rsquo;encadrer ce secteur économique qui est pourtant, pour des raisons évidentes, bien plus sensible que n&rsquo;importe quel autre. Il a ainsi fallu attendre le texte de loi de 1983 complété par deux décrets d&rsquo;application de 1986 pour que le cadre légal soit clairement posé, même s&rsquo;il laisse des zones d&rsquo;ombre. Par ailleurs les dernières initiatives de Nicolas Sarkosy sont allées dans le sens d&rsquo;une extension des attributions et prérogatives des sociétés de sécurité. Pour faire court, disons que toutes les sociétés de sécurité doivent être immatriculées et recevoir un agrément préfectoral leur donnant le droit d&rsquo;exercer les métiers relatifs à ce secteur. Par ailleurs les préfets doivent établir tous les trois ans un rapport sur les sociétés de leur département, rapports qui alimentent un état national de cette profession et les Renseignements Généraux sont chargés de s&rsquo;intéresser à ce milieu.</p>
<h3>TERREAU FERTILE</h3>
<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cet intérêt de nos goupils nationaux qui nous vaut parfois quelques fuites dans la presse sur le gan grenage de ce milieu professionnel par les mouvements nationalistes. Non pas que les RG ne s&rsquo;intéressent qu&rsquo;à ça : ils prennent en compte toutes les boîtes dont les dirigeants ont des activités ou des accointances politiques. Ainsi dans un rapport de décembre 1988, la DCRG recensait une centaine de sociétés ayant des liens avec les milieux politiques. Plus d&rsquo;un quart était lié au RPR et un autre quart aux milieux libéraux. On trouvait parmi les dirigeants certains acteurs politiques de l&rsquo;époque comme feu Yvon Briant, PDG de France Protection Services et ancien vice-président du groupe parlementaire FN en 1986-1987. Cependant le véritable intérêt de ce rapport provenait surtout des 41 sociétés ciblées comme entretenant des liens avec les milieux extrémistes. Pour les RG, leur dangerosité résultait de « <em>la conjonction d&rsquo;une force armée et d&rsquo;un état d&rsquo;esprit constituant un terreau fertile pour des actions violentes</em> ». Sur ces 41 entreprises, 13 étaient proches du FN, 20 de mouvements violents : ex-SAC, ex-OAS, Troisième Voie (Sécurité Artois, dirigée par Philippe Robitaille, militant de TV et ancien du PFN, déjà condamné pour coups et blessures volontaires), PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_0_235" id="identifier_0_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.">1</a></sup> , divers groupuscules. Les 8 autres se répartissaient entre autonomisme corse (6) et supposée extrême gauche (2) puisque dans ce dernier cas le militantisme de leurs dirigeants remontait aux années 1970 (Gauche Prolétarienne et Ligue Communiste !). Parmi ces 33 entreprises d&rsquo;extrême droite, on retrouvait des noms ayant défrayé la chronique à la fin des années 1970 et début des années 1980, tel Century ou KO International. Ces sociétés étaient en général très proches de l&rsquo;ex-SAC et s&rsquo;étaient fait connaître pour des actions violentes contre des grèves ou occupation d&rsquo;usines : le rapporteur reconnaissait cependant que le nombre des sociétés proches de l&rsquo;extrême droite pouvait être sous-évalué car en dehors de manifestations extérieures des options politiques, « <em>celles-ci restent inconnues. Ainsi, délicat au niveau des responsables, le dénombrement des employés professant des opinions extrémistes l&rsquo;est encore plus en raison des déclarations incomplètes, voire fausses ou inexistantes lors de la demande d&rsquo;agrément</em> ». Dix ans plus tard, un nouveau rapport dont <em>Marianne</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_1_235" id="identifier_1_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Marianne du 26 octobre 1998. Article sign&eacute; Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de repr&eacute;sailles judiciaires.">2</a></sup> se fit l&rsquo;écho est venu souligner à quel point l&rsquo;extrême droite avait poursuivi son implantation dans ce milieu professionnel, ce rapport ne portant par ailleurs que sur la région parisienne. Bien sûr, l&rsquo;influence de l&rsquo;ex-OAS ou de l&rsquo;ex-SAC a notablement diminué, les anciens militants de ces mouvements étant peu à peu gagnés par la limite d&rsquo;âge, même pour faire la barbouze. Mais cela s&rsquo;est changé au profit du FN et de ses proches. On retrouvait sans surprise certains noms connus. En vrac : &#8211; Normandy Sécurité : fondée en 1979 par Fernand Loustau, la société a gagné sa réputation en février 1982 en dirigeant une opération commando contre la laiterie Claudel d&rsquo;Isigny visant à récupérer 650 000 camemberts séquestrés par des grévistes. Fernand Loustau fut d&rsquo;ailleurs condamné à trois mois de prison avec sursis pour cette affaire en 1985. Pour le rapporteur de la DCRG, « l&rsquo;obtention de l&rsquo;agrément par cette société douteuse bien connue illustre les difficultés rencontrées par les services préfectoraux face à un dossier bien “ficelé” ». Très proche du FN et ancien président de l&rsquo;Union Nationale Parachutiste, Fernand Loustau a cédé son poste de dirigeant en 1993 à son fils Philippe, ancien du GUD, qui est toujours à la tête de l&rsquo;entreprise. Normandy n&rsquo;a cessé de recruter dans les milieux nationalistes les plus extrêmes et certains de ses employés ont connu une certaine notoriété : Alban Druet et Axel Loustau (le frère !), tous deux anciens du GUD, ont été inquiétés par la police dans le cadre de l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_2_235" id="identifier_2_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">3</a></sup>. Axel a par ailleurs été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10° circonscription des Hauts-de-Seine et il est actionnaire principal de Riwal avec Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_3_235" id="identifier_3_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui a encore r&eacute;cemment fait parler de lui &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire &agrave; son domicile puisque Marine Le Pen a daign&eacute; y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.">4</a></sup> grâce à l&rsquo;acquisition de parts en novembre 1998. Présent au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999, il est également actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_4_235" id="identifier_4_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. M&eacute;faits &amp; Documents janvier 2002">5</a></sup>. Il a profité de sa situation dans l&rsquo;entreprise pour permettre le recrutement d&rsquo;autres anciens du GUD devenus mercenaires comme Pierre Oldoni<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_5_235" id="identifier_5_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;48">6</a></sup>, Yvain Pottiez ou François Robin, décédé mais poursuivi de son vivant pour actes de cannibalisme en Birmanie. Plus récemment, c&rsquo;est sans surprise que l&rsquo;on a appris que Maxime Brunerie travaillait la nuit pour le compte de Normandy. La mise en cause de la société par la presse a bien évidemment provoqué un commentaire indigné de Philippe Loustau sur la probité de son entreprise. Il faut dire que celle-ci a, heureusement pour elle, quelques contrats juteux avec de vrais entreprises et que compter un apprenti assassin de président de la République dans ses rangs n&rsquo;est pas la meilleure publicité que puisse escompter une société de sécurité&#8230; &#8211; ACDS : a priori rien à en dire, l&rsquo;ACDS étant l&rsquo;une des plus grosses sociétés du secteur. Mais l&rsquo;un de ses anciens directeurs délégués, en l&rsquo;occurence d&rsquo;une société de convoyage de fonds, n&rsquo;a été autre que Régis de la Croix Vaubois. Or celui-ci avait déjà un passé politique chargé quand il fut embauché : ancien responsable du FNJ dans le XVI° arrdt en 1990, tête de liste du CNEP aux élections du CROUS en 1991, ex-président du Cercle national de Sciences-Po, candidat FN aux législatives de juin 1997 dans la 3° circonscription de Côte d&rsquo;Or (4121 voix, 10,75 %), élu FN dans la Nièvre et au conseil régional de Bourgogne à partir de 1998&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs en la présence du fondateur et dirigeant d&rsquo;ACDS qu&rsquo;en février 1998 Jean-Marie Le Pen vint rendre visite à cet élément prometteur du FN qui est également un proche de sa fille Marine. Depuis, La Croix Vaubois s&rsquo;est rabattu sur le cabinet de conseil et de recrutement fondé par sa femme avec l&rsquo;aide de Nathalie Stirbois, fille de Marie-France du même nom et qui fait une partie de sa promotion dans la presse nationaliste. &#8211; Ambassy : cette société n&rsquo;est plus à présenter puisque ses liens avec Gilles Soulas lui ont valu d&rsquo;être maintes fois citée, que ce soit dans <em>REFLEXes</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_6_235" id="identifier_6_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52">7</a></sup> ou dans d&rsquo;autres documents (enquête parlementaire sur le DPS par exemple). Elle n&rsquo;existe cependant plus puisqu&rsquo;elle a subi une liquidation judiciaire et une partie des activités de son principal dirigeant, Gilles Sereau, s&rsquo;est reportée sur la boutique parisienne Le seigneur des elfes qui diffuse les figurines de jeux de rôle Games Workshop et vise un public païen proche d&rsquo;Europe-Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_7_235" id="identifier_7_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation scout longtemps tr&egrave;s proche du GRECE et qui s&rsquo;en &eacute;loigne peu &agrave; peu.">8</a></sup> dont la famille Sereau est d&rsquo;ailleurs très proche. Ambassy était tout de même l&rsquo;une des sociétés les plus clairement engagée dans la mouvance nationaliste puisque tous les actionnaires avaient un passé militant très marqué. &#8211; Torann-France : le personnel de cette société s&rsquo;est maintes fois signalée par ses engagements nationalistes et son recours à la violence lors de certaines missions. Les noms de certains de ses employés ont d&rsquo;ailleurs été cités au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS. &#8211; ERIC SA : Là aussi le personnel de cette société a su se faire une triste réputation et une bonne partie de son personnel est passé par le mercenariat après avoir fait ses classes dans l&rsquo;armée française. Des anciens de cette société sont d&rsquo;ailleurs partis fonder une boîte dont le nom apparaît régulièrement dans certaines affaires africaines : GEOS. L&rsquo;un des cadres de cette société est Jean Heinrich, ancien patron de la Direction du Renseignement Militaire, ce qui facilite bien évidemment les contacts avec les autorités françaises pour tout ce qui concerne l&rsquo;ancien domaine colonial français. L&rsquo;un des actionnaires d&rsquo;ERIC, Jean-Louis Chanas, a été mis en cause par le passé pour son rôle d&rsquo;administrateur de la FSCE, un établissement bancaire accusé de blanchiment. Un autre actionnaire, Vincent Gailhard, grenouille dans diverses sociétés de sécurité dont OST France. Cette société est tout aussi peu discrète que ERIC SA et a par exemple été mise en cause par la justice dans le cadre de la campagne électorale de 1995 d&rsquo;Édouard Balladur. Les prestations d&rsquo;OST auraient alors été payées en espèces pour échapper à la loi sur le financement publique des campagnes électorales. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à la même occasion que des militants du GUD avaient été rémunérés pour faire des collages pour le challenger de droite de Jacques Chirac. On pourrait également ajouter à cette liste la galaxie des entreprises liées aux frères Courcelles et qui a été bien sûr évoquée au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le FN ou certaines sociétés comme Pretory ou Body Sécurité qui ont eu récemment pour leur part les honneurs de la presse ou enfin certaines figures de ce milieu, tel l&rsquo;ineffable « capitaine » Paul Barril, grand amateur des ouvrages d&rsquo;Emmanuel Ratier. En outre sont exclues de ce rapport les sociétés qui ne font que fournir du matériel de sécurité. C&rsquo;est en particulier le cas d&rsquo;USMC à Paris dont les responsables sont très proches du FN. Ce fut d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des principales sources d&rsquo;approvisionnement du FN, en particulier en matériel de protection, pour la préparation du 1er mai 2002. L&rsquo;imbrication entre milieux nationalistes et sociétés de sécurité s&rsquo;explique aisément par le goût du risque et la possibilité offerte par cette profession de singer des comportements paramilitaires. Mais cela s&rsquo;explique surtout par le fait que ce secteur a longtemps fonctionné sur l&rsquo;absence de cadres professionnels bien définis. Bien sûr les vrais professionnels ont mis en place dans les années 1980 une charte supposée servir de cadre déontologique. Mais la réalité est toute autre et une faible qualification demeure la norme, en particulier dans le domaine du gardiennage. De fait, la « sécu » a toujours permis le recyclage de militants nationalistes n&rsquo;ayant guère d&rsquo;autres choix professionnels.</p>
<h3>GATEAU !</h3>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;extrême droite et le FN en premier lieu ont toujours été de bons clients de ce secteur. L&rsquo;expérience montre en effet que le DPS n&rsquo;était efficace que lorsqu&rsquo;il était encadré par des professionnels de la sécurité, bien moins « frileux » que les militants de base du SO frontiste. Cette situation s&rsquo;est bien sûr renforcée depuis l&rsquo;éclatement du FN et cela a culminé lors du 1er mai 2002. Le cortège frontiste était en effet protégé par le DPS (qui avait d&rsquo;ailleurs fait les fonds de tiroir militants), des supplétifs convoqués par William Bonnefoy et issus des milieux gudards et des boîtes de sécurité. Il en a été de même dans les villes gérées par l&rsquo;extrême droite qui se sont avérées de véritables aubaines pour les sociétés de sécurité. Cela a bien évidemment été particulièrement le cas de Vitrolles. Non seulement le couple Mégret y avait salarié tous les militants travaillant habituellement dans ce secteur, les F.-X. Sidos, Patrick Bunel, Yvain Pottiez, Gérard Le Vert et autres que connaît tout bon militant antifasciste ou encore par exemple Yann-Yves Etienne, ancien militant FN, membre du DPS chargé de la garde permanente du Paquebot jusqu&rsquo;à la scission et recruté début 1999 par Bernard Courcelle pour mener un faux putsch contre Sassou N&rsquo;Guesso, président du Congo, et mouiller ainsi l&rsquo;opposition menée par Pascal Lissouba. Mis en sûreté à Brazzaville à partir du 29 mars 1999 quand 3 mercenaires non DPS sont arrêtés pour justifier l&rsquo;accusation de putsch, il est rapatrié en France et devient militant MNR et DPA, impliqué dans des violences commises contre des militants de Ras l&rsquo;Front lors de la campagne municipale 2001 à Vitrolles. Mais la municipalité a aussi multiplié les contrats juteux. Ce fut le cas de Point Org Sécurité bénéficiaire d&rsquo;un contrat de la mairie de Vitrolles en novembre 2001 commandant une « <em>analyse prévisionnelle du risque terroriste sur la commune de Vitrolles en Provence</em> », pour la somme de 61 192, 92 frs. Mais il est une autre société qui profita de son positionnement politique pour travailler, c&rsquo;est Inter-space Sécurité. Cette société a été fondée et a pour gérante Evelyne Vaudin, conseillère municipale MNR de Salon-de-Provence. Mais lorsqu&rsquo;elle ne milite pas ou ne dirige pas des gros bras, Mme Vaudin s&rsquo;occupe d&rsquo;œuvres caritatives&#8230; Le 19 décembre 2001, 13 mercenaires débarquent sur l&rsquo;île de Mwali, la plus petite des îles des Comores, pour tenter un coup d&rsquo;État, a priori au profit d&rsquo;un ancien ministre comorien et avec l&rsquo;habituelle complaisance des services français. L&rsquo;opération tourne vite au fiasco : 6 mercenaires sont tués sur place et 7 capturés. On trouve de tout parmi ces 13 : des anciens soldats parachutistes, des baroudeurs amateurs proches du MNR ou même d&rsquo;UR pour au moins l&rsquo;un d&rsquo;entre eux&#8230; Dès janvier 2002 se monte une association de défense des familles des victimes de Mwali qui tente venir en aide aux mercenaires incarcérés et à leurs familles. La présidente en est Evelyne Vaudin, l&rsquo;association étant d&rsquo;ailleurs domiciliée au siège d&rsquo;Inter Space Sécurité, et le bureau est composé de proches ou de membres du MNR comme Jean-Philippe Rostagno, conseiller municipal MNR de Salon. Il faut dire que l&rsquo;un des mercenaires tués était le frère de l&rsquo;ancien gérant d&rsquo;Inter Space Sécurité et que les liens sont importants avec certains autres. Les survivants sont rentrés en France en janvier dernier et immédiatement mis en examen. Mais il y a fort à parier que l&rsquo;affaire n&rsquo;aille pas très loin étant donné l&rsquo;importance des zones d&rsquo;ombres existant dans le dossier. Cela démontre juste une fois de plus les liens qui peuvent unir sécurité, mercenariat et extrémisme de droite. Avec souvent la bienveillante complaisance de l&rsquo;État et de ses services de sécurité.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_235" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succédé à Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.</li><li id="footnote_1_235" class="footnote">Marianne du 26 octobre 1998. Article signé Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de représailles judiciaires.</li><li id="footnote_2_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51</li><li id="footnote_3_235" class="footnote">Qui a encore récemment fait parler de lui à l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire à son domicile puisque Marine Le Pen a daigné y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.</li><li id="footnote_4_235" class="footnote">Cf. Méfaits &amp; Documents janvier 2002</li><li id="footnote_5_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°48</li><li id="footnote_6_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°52</li><li id="footnote_7_235" class="footnote">Organisation scout longtemps très proche du GRECE et qui s&rsquo;en éloigne peu à peu.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Politique</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2004 12:55:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Avertissement : l&rsquo;article qui suit pastiche les infos politiques du bulletin d&rsquo;Emmanuel Ratier <em>Faits &amp; Documents</em>. Il a été publié sur support papier au printemps 2002.</em></p>
<p>- Quoi de commun entre un apparatchik socialiste et un militant d&rsquo;extrême droite ? L&rsquo;argent ! Les deux aiment en avoir et font tout pour amasser le magot. Thomas Lagane en est un bon exemple. Né en mai 1968, il ne semble pas avoir été beaucoup influencé par les événements contemporains de sa naissance puisqu&rsquo;on le retrouve très tôt militant du GUD (Groupe Union Défense) dont la réputation de groupe violent et néo-fasciste n&rsquo;est plus à faire et du FNJ (Front National de la Jeunesse), organisation de jeunesse du FN dont les membres ont toujours été très agités. Cette activité débridée se traduit par une participation à diverses «affaires» ou «productions», comme l&rsquo;interpellation par la police en décembre 1996 dans le cadre d&rsquo;une enquête sur une tentative d&rsquo;attentat contre le directeur de <em>Tribune Juive</em> Yves Derai ou la réalisation du journal pseudo-satirique <em>Béret Baguette</em> lié au FN. On peut d&rsquo;ailleurs à l&rsquo;époque le voir faire le fanfaron dans une enquête de <em>Nova Magazine</em> consacrée aux jeunes néo-fascistes français.</p>
<p>- La scission intervenue au sein du Front National en novembre 1998 lui vaut de connaître une véritable promotion puisqu&rsquo;il devient responsable de l&rsquo;atelier de propagande du FN sous responsabilité directe du secrétariat général dès décembre 1998. Il devient également un élément important du FN en région parisienne dans l&rsquo;orbite de Martine Lehideux, ce qui fait de lui par exemple l&rsquo;un des organisateurs d&rsquo;un week-end de formation des élus lepénistes franciliens en janvier 1999. Les mégretistes ayant mis la main sur les Éditions Nationales, maison d&rsquo;édition du FN avant la scission, il aide à la création d&rsquo;une petite SARL de presse dévouée au FN, les Éditions Objectif France, avec d&rsquo;autres jeunes cadres lepénistes ayant tous des responsabilités nationales : Louis Aliot, Philippe Rouger et Guillaume Vouzellaud. Depuis, il semble avoir pris un peu de champ par rapport au militantisme politique pour se consacrer à ses affaires tout en gardant bien évidemment les mêmes opinions nationalistes. Car Thomas Lagane a beaucoup d&rsquo;affaires&#8230;</p>
<p>- Dès 1995, il participe à la création de la SARL Riwal avec Frédéric Chatillon, ancien chef du GUD au début des années 1990 avec qui Lagane est allé en Croatie au moment de la guerre, et Axel Loustau, ancien militant du FNJ et du FN à l&rsquo;instar du reste de la famille. La prospérité de cette société spécialisée dans la communication le pousse à monter en 1998 avec les mêmes partenaires la SARL Union &amp; Développement d&rsquo;une Vision Symphonique (UDVS), dont le nom est abscons pour une société si on ne le rapproche pas de la signature d&rsquo;affiches violemment anti-israëliennes collées en 1996 (Union &amp; Défense des Victimes du Sionisme &#8211; UDVS) et du fait que l&rsquo;un des actionnaires est Roger Garaudy, condamné pour négation du crime de génocide des juifs par les nazis. Mais Thomas Lagane sait aussi faire profiter les autres de son expérience et on le retrouve comme actionnaire d&rsquo;une SARL créée avec les frères Samuel et Étienne Maréchal, Selfmade Agency. Gendre de Jean-Marie Le Pen, directeur national du FNJ de 1992 à 1998, Samuel Maréchal a longtemps été un élément clé du dispositif lepéniste, ce qui lui a permis en retour de faire embaucher durant un temps son frère Étienne par le FN. Cette SARL dont il est le gérant et l&rsquo;actionnaire principal a pour activité déclarée «la création, la réalisation, la maintenance et la commercialisation de serveurs d&rsquo;information ainsi que l&rsquo;activité d&rsquo;agent de publicité et de conseil en édition». La société est domiciliée au même endroit, boulevard Émile Augier dans le XVIème arrdt., qu&rsquo;une autre SARL qui constitue la pièce maîtresse des activités de Thomas Lagane : Selfmade Communication. Créée avec un partenaire irlandais, Dancerton Properties Limited, la société a pour objet «l&rsquo;élaboration, la création et la mise au point de sites Internet capables de mettre des informations en ligne, de divulguer de l&rsquo;information, ainsi que la maintenance technique de ces sites».</p>
<p>- Grâce à cet outil dont il est le gérant, Lagane a pu accroître ses ambitions en devenant l&rsquo;un des partenaires d&rsquo;une SA de 1.529.082 francs consacrée à la création de sites Internet sportifs : Canalsports.com, dont la conférence de presse de lancement a eu lieu le 05 mars 2001. Selfmade Communication a en effet, en plus de son rôle d&rsquo;actionnaire, l&rsquo;exclusivité du plan média, de l&rsquo;image, de la conception, de l&rsquo;animation du site et des produits dérivés ainsi que de la publicité. Or surprise ! si on ne s&rsquo;étonne pas de retrouver parmi les actionnaires, outre Thomas Lagane, quelques noms de jeunes néo-fascistes connus et déjà entrevus comme Étienne Maréchal ou Dominique Joly, ancien militant du GUD et du FN, force est de constater qu&rsquo;ils ne sont pas tous seuls et qu&rsquo;ils côtoient au conseil d&rsquo;administration le joueur de tennis professionnel Jean-Philippe Fleurian, le responsable des nouvelles technologies à la Fédération française de Tennis Alexandre Loth et le directeur de la Communication et du Développement de la Fédération Française de Tennis Jean-Paul Loth. Il est difficile de croire que tout ce petit monde n&rsquo;est pas au courant des opinions nationalistes extrémistes de ses partenaires&#8230; Reste à savoir ce que pense la Fédération Française de Tennis de ce lien indirect établi entre elle, par la popularité du journaliste sportif Jean-Paul Loth et la caution sportive qu&rsquo;elle représente, et des individus dont l&rsquo;itinéraire politique est la négation même des valeurs du sport, qui sont, jusqu&rsquo;à preuve du contraire et même dans le tennis, le respect de l&rsquo;autre, quelles que soient ses origines ethniques et ses convictions politiques ou religieuses ? Il serait bien intéressant de connaître son avis&#8230;</p>
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		<title>Les pets &amp; la plume</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:08:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l'enjeu en considérant qu'avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L'extrême droite n'échappe pas à cette règle, d'autant plus qu'elle est, à l'instar d'autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l&rsquo;enjeu en considérant qu&rsquo;avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L&rsquo;extrême droite n&rsquo;échappe pas à cette règle, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle est, à l&rsquo;instar d&rsquo;autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_0_201" id="identifier_0_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;importance de cette question est &eacute;vidente comme en t&eacute;moigne la conf&eacute;rence organis&eacute;e par la revue autrichienne d&rsquo;extr&ecirc;me droite Zur Zeit le 10 novembre dernier avec la cr&egrave;me de l&rsquo;extr&ecirc;me droite europ&eacute;enne et autour du th&egrave;me &laquo;Les m&eacute;dias &amp; les droites&raquo;.">1</a></sup>.</strong></p>
<p>Cet état de fait s&rsquo;est renforcé depuis la scission du FN fin 1998 et nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de dénoncer cette situation qui nous paraît fort dangereuse. Nous allons donc essayer de dresser un panorama tout aussi rapide que non exhaustif du Paysage Communicant Fasciste (PCF) pour constater, si besoin en était, que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est pas morte et qu&rsquo;elle communique encore&#8230;<br />
De ce PCF, nous avons volontairement exclu les royalistes dans leurs différentes versions organisées, même si de nombreux militants nationalistes peuvent se définir comme maurrassiens, tout autant que les catholiques dans leur non moins très grande variété. Ce n&rsquo;est pas par manque d&rsquo;intérêt, et J.-Y. Camus et René Monzat en leur temps<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_1_201" id="identifier_1_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France, PUL, 1992.">2</a></sup> s&rsquo;y sont essayés. Mais mis à part certains titres de presse que nous signalerons, cette communication fonctionne en circuit fermé, en particulier quand il s&rsquo;agit de la multitude de petits bulletins traditionalistes ou intégristes, schismatiques ou ralliés à Popaul II. Or c&rsquo;est la communication ouverte à la société (ou du moins celle qui fait vœu de l&rsquo;être) qui nous intéresse. De la même façon, mises à part quelques exceptions, nous n&rsquo;avons pas travaillé sur le fond c&rsquo;est-à-dire sur le discours porté par cette communication. Nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de le faire, nous l&rsquo;aurons encore dans le futur. Nous allons donc nous attacher à la forme de cette communication et ce en trois volets : la presse et l&rsquo;édition, puis les lieux de diffusion et enfin le créneau de l&rsquo;identitaire.</p>
<h3>Ne pas prendre les canards du führer pour des enfants du Bon Dieu</h3>
<p>Il est souvent dit que la culture anarchiste est une culture de l&rsquo;écrit. Ce constat s&rsquo;applique parfaitement au courant nationaliste, même si cette communication écrite est particulièrement protéiforme. Elle s&rsquo;appuie sur un bloc dur de structures directement liées au mouvement militant. C&rsquo;est en particulier le cas de la presse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_2_201" id="identifier_2_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs int&eacute;ress&eacute;s &agrave; des ouvrages traitant de ce point. &Agrave; titre de rappel, Rivarol a &eacute;t&eacute; fond&eacute; en 1951, Minute en 1962, Pr&eacute;sent en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, National Hebdo en 1984.">3</a></sup> : <em>Minute</em>, <em>Présent</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Rivarol</em>. Il est globalement de bon ton d&rsquo;entendre les responsables de cette presse se plaindre : de l&rsquo;ostracisme de la «grande presse», des embûches de l&rsquo;État, des procès des «lobbies», des difficultés financières&#8230;</p>
<p>Or, force est de constater que cette presse nationaliste diffusée en kiosque ne se porte pas si mal que cela. Tout du moins qu&rsquo;elle ne se porte pas plus mal que toute autre presse politique, en particulier d&rsquo;extrême gauche, et même pas plus mal que la «grande presse» centriste si on tient compte du fait qu&rsquo;elle n&rsquo;a que fort peu accès aux recettes publicitaires. C&rsquo;est en effet toute la presse politique qui est en crise en France et les journaux nationalistes, hebdomadaires ou quotidiens, n&rsquo;échappent pas à la règle. Il n&rsquo;en reste pas moins vrai que le créneau est étroit et que toute nouvelle tentative de création est plus ou moins vouée à l&rsquo;échec. Ce fut particulièrement le cas du <em>Français</em>, quotidien lancé en octobre 1994 et dirigé par Philippe Colombani, transfuge de <em>Présent</em>. Ses initiateurs avaient pourtant des ambitions modestes : maquette claire, rubriques classiques, des articles au ton plus mesuré que ceux de <em>Minute</em> ou de <em>National Hebdo</em>, pas de reportages ni d&rsquo;enquêtes, aucune recherche du sensationnel. Officiellement, Colombani annonçait vouloir faire le quotidien d&rsquo;une «vaste force politique nationale et populaire», des «cinq millions de personnes, qui, à droite, ont refusé l&rsquo;esprit de système» en votant, lors du scrutin européen pour les listes Le Pen, Villiers et Goustat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_3_201" id="identifier_3_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Candidat des chasseurs cette ann&eacute;e-l&agrave;.">4</a></sup>. Or s&rsquo;il se plaçait incontestablement à droite du <em>Figaro</em>, <em>Le Français</em> n&rsquo;a pas donné de signes tangibles de sa volonté de rassemblement. L&rsquo;équipe du journal était proche du Front national et plusieurs rédacteurs venaient du mensuel <em>Le Choc du Mois</em>. La société éditrice, Carnix<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_4_201" id="identifier_4_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a &eacute;t&eacute; accus&eacute;e par Le Pen d&rsquo;&ecirc;tre une des bases du complot m&eacute;gretiste.">5</a></sup>, était une SA au capital de 1 500 000 francs où on trouvait des actionnaires proches de la Nouvelle Droite (ND) et de Bruno Mégret. Les préoccupations politiques et culturelles du journal faisaient écho, sans ostentation, à celles de la ND. C&rsquo;était net en matière de géopolitique avec de nombreux articles opposant Europe et Occident ou présentant les pays arabes comme des alliés incontournables de l&rsquo;Europe. Mais on y trouvait également des entretiens avec Jean Mabire, Michel Marmin ou Dominique Venner. Le problème était sans doute là, à savoir que <em>Le Français</em>, en étant un instrument de communication et d&rsquo;influence aux mains d&rsquo;une équipe liée à Bruno Mégret, s&rsquo;est coupé l&rsquo;herbe sous le pied. Jean-Marie Le Pen a tenu à préciser dès le début qu&rsquo;il n&rsquo;était en rien engagé dans cette aventure et <em>Présent</em> a réagi très négativement au lancement d&rsquo;un autre quotidien sur le créneau très étroit du lectorat lepéniste. En moins de deux ans, <em>Le Français</em> disparaissait des kiosques.</p>
<p>On a pu encore une fois vérifier le rôle indirect du FN dans la presse nationaliste avec les conséquences de la crise de 1998. Sentant le danger d&rsquo;être entraînés dans une guerre de clans commercialement suicidaire, les différents journaux ont essayé de se tenir au-dessus de la mêlée. Le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est qu&rsquo;ils n&rsquo;y sont pas parvenus, Le Pen ne leur en laissant pas la possibilité. 1999 a ainsi été une annus horribilis : <em>National Hebdo</em> a connu une hémorragie de lecteurs et de rédacteurs, en particulier son rédacteur en chef Martin Peltier, passé aux mégretistes. <em>Présent</em> est passé à 4 pages et a licencié du personnel, la diffusion en kiosque semblant être tombée de 3000 à 1200 exemplaires et les abonnés de 7000 à 4000 environ. Le besoin de liquidités (environ un million de francs !) l&rsquo;a amené à vendre un immeuble de sa filiale Difralivre pour regonfler son capital. L&rsquo;hostilité du FN s&rsquo;est en effet traduite par des gestes de malveillance comme la consigne transmise aux militants de se désabonner, le refus de louer un stand aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_5_201" id="identifier_5_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bleu-Blanc-Rouge : f&ecirc;te annuelle du FN.">6</a></sup> 99 ou même l&rsquo;édition d&rsquo;un pastiche intitulé <em>Pesant</em> par l&rsquo;équipe du journal <em>Béret Baguette</em>. Le quotidien n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs toujours pas cité comme «presse amie» par le FN. <em>Minute</em>, appartenant au vieux routier nationaliste Gérard Penciolleli depuis 1993, a quant à lui carrément déposé le bilan en avril 1999. Même si cette situation n&rsquo;est pas directement imputable à la crise du FN, celle-ci n&rsquo;a évidemment rien amélioré. Cette liquidation judiciaire fut l&rsquo;occasion pour une partie de la rédaction de laver son linge sale en public par le biais d&rsquo;un pastiche de quatre pages, <em>Un Faux Minute</em>, dans lequel étaient dévoilées les frasques politico-financières de Penciolleli et ses liens avec les Renseignements généraux. L&rsquo;équipe attaquait également Nicolas Miguet, escroc notoire qui sans attendre la décision du tribunal de commerce avait essayé de faire main basse sur le titre. Cela n&rsquo;a pas empêché le tribunal de désigner Catherine Barnay comme repreneur, malgré ses liens connus avec Penciolleli et un passé de militante néo-fasciste particulièrement chargé. L&rsquo;hebdomadaire vivote donc de nouveau depuis janvier 2000, d&rsquo;abord sur abonnement et à présent en kiosque. Le seul à avoir tiré son épingle du jeu est finalement <em>Rivarol</em>. Non seulement le vieil hebdomadaire a récupéré une partie du lectorat des autres titres, mais il apparaît de nouveau comme le porte-voix le plus radical de la droite nationaliste, ce qui n&rsquo;est pas usurpé&#8230; Le titre a de fait fêté ses 50 années d&rsquo;existence début 2001. Dans ce contexte, certains journalistes dont Martin Peltier et François Brigneau ont cru pouvoir essayer d&rsquo;atteindre la viabilité économique en remplaçant le papier par l&rsquo;électronique. Intitulé <em>Le Quotidien de France</em>, ce projet devait prendre la forme d&rsquo;un quotidien diffusé sur Internet par abonnement. Las ! Le montant prohibitif de cet abonnement, plus de 900 francs, n&rsquo;a convaincu que&#8230; neuf courageux lecteurs et après quelques semaines d&rsquo;activités en 2000, le projet a avorté.</p>
<p>Mais ce secteur de la presse de kiosque n&rsquo;est sans doute pas le principal support de la communication nationaliste. Car en matière d&rsquo;écrit, celle-ci est surtout portée par une myriade de bulletins et de revues, indépendantes ou militantes, pour lesquelles l&rsquo;abonnement est vital. On retiendra entre autres pour les principales <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> de Serge de Beketch, <em>Jeune Nation</em> du groupe homonyme lyonnais, <em>Reconquête</em> de Chrétienté-Solidarité, <em>Jeune Résistance</em> et <em>Résistance !</em> d&rsquo;Unité Radicale (UR), <em>Le Chêne</em> du MNR, <em>Français d&rsquo;Abord</em> du FN, <em>Éléments</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_6_201" id="identifier_6_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le r&eacute;dacteur en chef depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, Charles Champetier, a &eacute;t&eacute; d&eacute;barqu&eacute; du GRECE en fin d&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il &eacute;tait in&eacute;vitable qu&rsquo;il soit &eacute;limin&eacute; comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.">7</a></sup> du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_7_201" id="identifier_7_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupement de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne, fond&eacute; en 1968 et longtemps principal repr&eacute;sentant de la Nouvelle Droite en France.">8</a></sup> auxquelles il faudrait rajouter tous les bulletins de moindre envergure comme <em>Fier de l&rsquo;être</em> (région parisienne), <em>L&rsquo;Épervier</em> (Châteauroux) ou les fanzines, boneheads en particulier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_8_201" id="identifier_8_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 nouvelle s&eacute;rie.">9</a></sup>. Cette presse est souvent fragile et repose très largement sur l&rsquo;engagement humain et financier de ses rédacteurs. <em>Jeune Résistance</em> a ainsi connu depuis un an un gain qualitatif lié à l&rsquo;injection de fonds par ses concepteurs et quelques généreux donateurs.<br />
C&rsquo;est également le cas de la dernière sortie en date, <em>Relève politique</em>, lancée et animée par Christophe Dungelhoeff.</p>
<h3>Papier gâché</h3>
<p>Le deuxième gros secteur de la communication nationaliste est l&rsquo;édition. Celle-ci repose sur un nombre limité de structures, en général assez fragiles. Deux font exception : Faits &amp; Documents et Deterna. La première n&rsquo;est plus à présenter pour les lecteurs assidus de <em>REFLEXes</em>. Cette maison d&rsquo;édition a été créée et dirigée par Yann Moncomble jusqu&rsquo;à sa mort en 1990 et reprise par Emmanuel Ratier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_9_201" id="identifier_9_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. suppl&eacute;ment M&eacute;faits et Documents dans ce num&eacute;ro de REFLEXes.">10</a></sup>. Elle permet à ce dernier d&rsquo;approfondir ce qui constitue son fonds de commerce et qu&rsquo;il développe déjà dans sa lettre confidentielle homonyme : la dénonciation des Juifs et des francs-maçons. Indépendant, Ratier a relativement bien manœuvré lors de la crise du FN. Bien que touché lui aussi par une certaine désaffection du public et un taux de réabonnement en baisse, il a réussi à retrouver sa situation d&rsquo;avant la crise. Présent chaque année aux BBR, il a également retrouvé sa rubrique dans <em>National Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. La mort récente d&rsquo;Henri Coston (voir portrait ci-dessous) vient évidemment à point nommé pour consolider son monopole des «informations confidentielles». Il semblerait par ailleurs qu&rsquo;il ait réussi à placer deux de ses livres en traduction arabe en&#8230; Syrie. L&rsquo;éditeur est les Éditions DarTlass, obscure petite maison d&rsquo;édition si elle n&rsquo;appartenait au très antisémite général Tlass qui est ministre de la défense syrien et dont les liens avec l&rsquo;extrême droite (en particulier certains gudards) sont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_10_201" id="identifier_10_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="anciens Cf. REFLEXes n&deg;51.">11</a></sup>. Les deux livres sont bien sûr consacrés au pouvoir occulte des organisations juives. Il s&rsquo;est également associé en 2000 aux directeurs de <em>National Hebdo</em> (Jean-Claude Varanne), du <em>Libre Journal de la France courtoise</em> (Serge de Beketch), de <em>Rivarol</em> (Camille Galic) et de <em>Monde &amp; Vie</em> (Claude Giraud) pour exiger que le gouvernement revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de francs à <em>L&rsquo;Humanité</em> (et un effacement de la dette de 13 millions de francs). Les cinq directeurs réclament aussi le rétablissement de l&rsquo;aide de 700 000 francs à Présent, supprimée par Jack Lang depuis 1997.</p>
<p>L&rsquo;autre pôle est la maison Randa, dont le principal fleuron est Deterna. Né en 1960, Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa du nom de son père Peter Randa, est l&rsquo;un des piliers de l&rsquo;édition nationaliste comme auteur et comme éditeur. Cela fait en effet 20 ans qu&rsquo;il compense un talent médiocre par une activité débordante, parfois dans certaines maisons d&rsquo;édition commerciales comme les Presses de la Cité et la collection Fleuve Noir qui éditait déjà son père. Parmi une tripotée de romans SF et policiers dont il ne revendique plus vraiment la paternité pour certains<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_11_201" id="identifier_11_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est le cas de L&rsquo;assassin sentimental paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la tr&egrave;s grande litt&eacute;rature.">12</a></sup>, ses fleurons restent <em>Poitiers demain</em> et <em>Apocalypse Yankee</em> qui imaginent des conflits sanglants dans lesquels les Européens finissent toujours par gagner. Doté d&rsquo;une morale simple, Randa présente la même simplicité politique. Interrogé en 1989 dans <em>Alternative</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_12_201" id="identifier_12_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Titre repris &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 par Roland Helie et qui &eacute;tait dans les ann&eacute;es 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.">13</a></sup> sur les raisons de la sortie le 20 avril de la même année de la réédition <em>d&rsquo;Apocalypse Yankee</em>, il déclarait : «Oh comme ça, pour le centenaire [d'Adolf Hitler, ndlr]». Après avoir animé l&rsquo;Æncre et le magazine «satirique» <em>Pas de panique à bord !</em> puis s&rsquo;être fâché avec Gilles Soulas, il a lancé les éditions Deterna qui lui permettent de diffuser tous les auteurs dont il est proche : Jean Mabire, Roland Gaucher, Philippe Gauthier, Jean-Paul Bourre, Jacques Borde alias Yag Bazhdid&#8230; et ses propres «œuvres». Il a également essayé de relancer une revue généraliste, <em>Dualpha</em>, dans laquelle on retrouve exactement les mêmes auteurs et dont l&rsquo;intérêt et le prix étaient tels qu&rsquo;elle s&rsquo;est arrêtée cet été pour devenir un site Internet.</p>
<p>Mais il existe une multitude d&rsquo;autres petites structures travaillant sur des créneaux étroits et donc fragiles. On peut citer les Éditions de L&rsquo;Homme Libre, animées par William Bonnefoy, qui, après une année 2000 sans publication, ont sorti quatre ouvrages dont l&rsquo;orientation est assez simple : racialiste, antisémite et nostalgique du nazisme. Malin comme un singe, le caractériel Bonnefoy a pris la peine de doter l&rsquo;un de ces livres, <em>Avant qu&rsquo;Hitler ne vienne</em> de Rudolf Von Sebottendorff, d&rsquo;un avertissement hilarant qui a beaucoup fait rire le petit milieu néo-nazi : «<em>Nous vivons en des temps malheureusement marqués par un retour des idées nauséabondes qui ont failli emporter l&rsquo;Europe au siècle dernier. Des esprits malfaisants [il parle de lui ! ndlr], issus du ventre fécond d&rsquo;où est déjà sortie la bête immonde, tentent à nouveau de nous faire croire aux bienfaits du nationalisme et des théories fumeuses sur l&rsquo;inégalité des races. Voilà pourquoi il est nécessaire de rappeler à des esprits ouverts comment ces théories ont vu le jour et quels contenus et idéologies répugnants les caractérisent. Le livre proposé contient, dans sa dimension criminelle et inhumaine un contenu pédagogique incontestable. L&rsquo;ignominie des théories proposées, l&rsquo;incohérence des raisonnements politiquement incorrects, leur caractère sinistre et aberrant frapperont tous les cerveaux normalement constitués et même les autres. [...] Félicitons-nous, alors que les nazis brûlaient les livres interdits par leur fanatisme politique que la démocratie soit suffisamment courageuse et forte pour tolérer la diffusion d&rsquo;un tel livre</em>.» Dans la même orientation, il y a également les éditions lyonnaises Irminsul créées par Lionel Bosserelle. Ce dernier est également le gérant d&rsquo;Irminsul Diffusion dont le nom commercial est la Librairie Lyonnaise et qui a été lancée en 1997 avec l&rsquo;aide de Denis de Bouteiller. La dernière publication d&rsquo;Irminsul est un album souvenir sur les Waffen SS écrit par Jean Mabire et vendu 1500 francs. Ce livre aurait dû être édité par les éditions des frères Prost, les Éditions Gergovie, si elles n&rsquo;avaient pas déposé le bilan en septembre 2000. Issus d&rsquo;une famille faf de faf, Grégory et Karl s&rsquo;étaient spécialisés dans la publication d&rsquo;anciens Waffen SS comme Louis Levast ou d&rsquo;anciens Malgré-Nous comme Roger Mouminou alias Guy Sajer alias Dimitri, l&rsquo;auteur de la BD <em>Le Goulag</em>. Bien qu&rsquo;ayant essayé de relancer l&rsquo;entreprise avec ce qui ressemble furieusement à un prête-nom, les deux frères ont jeté l&rsquo;éponge et ainsi confirmé la mauvaise réputation commerciale de la famille (en cas de faillite, les auteurs publiés peuvent s&rsquo;asseoir sur leurs droits d&rsquo;auteurs).</p>
<p>Toujours sur le même créneau, on trouve l&rsquo;association éditrice Les Amis de la Culture Européenne animée par Éric Fornal et fondée par Franck Petit, dont le fonds d&rsquo;édition est essentiellement composé des livres de l&rsquo;ancien Waffen SS Robert Dun et des romans d&rsquo;Éric Lhomme alias Erik Robert, qui tire son inspiration de la situation, bien réelle, du peuple Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indo-européenne vivant dans le nord Pakistan. Plus généralistes, on peut citer les éditions Godefroy de Bouillon proches du FN et animées par Richard Haddad ou les éditions Rémi Perrin du nom de son propriétaire. Plus militantes, il existe les auto-éditions de Christophe Picard alias Henri de Fersan, qui s&rsquo;est spécialisé sur le «racisme anti-Français» et dont le dernier livre est largement inspiré, à la limite du plagiat, des écrits d&rsquo;Emmanuel Ratier. Enfin le FN et le MNR se sont chacun dotés d&rsquo;une maison d&rsquo;édition. Le FN d&rsquo;avant la scission pouvait en effet compter sur les Éditions nationales mais celles-ci sont passées dans le camp des «félons». Quatre de ses jeunes cadres, Philippe Rouger, Thomas Lagane, Louis Alliot et Guillaume Vouzellaud, ont donc lancé une SARL de presse, les éditions Objectif France, qui diffusent la littérature FN, comme Crime contre le FN par exemple, petit ouvrage antimégretiste écrit par Xavier Cheneseau alias François Delancourt. De son côté le MNR n&rsquo;est pas demeuré en reste et s&rsquo;est doté des éditions Cité-Liberté, nom commercial de la SARL Publi-Sites.</p>
<p>Mais le tableau de la communication nationaliste ne serait pas complet si on n&rsquo;évoquait pas d&rsquo;autres outils comme Radio Courtoisie dont la présentation n&rsquo;est plus à faire, les conférences diverses et variées dont la majeure partie se fait à Paris à la Société d&rsquo;Encouragement à l&rsquo;Industrie Nationale (SEIN), les tracts et autocollants anonymes comme celui provenant de l&rsquo;équipe de l&rsquo;<em>Épervier</em> et dont nous avons déjà parlé dans <em>No Pasaran</em> (cf. ci-dessous) ou les multiples petites structures de communication comme Riwal de Frédéric Châtillon. Le même s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs doté d&rsquo;une autre structure, petite SARL de presse, Unité et Développement d&rsquo;une Vision Symphonique, fondée avec Thomas Lagane, Jildaz Mahé O&rsquo;Chinal et&#8230; Roger Garaudy ! Il est assez amusant de constater que les initiales de la SARL UDVS conviennent tout à fait à un autre sigle comme Union et Défense des Victimes du Sionisme par exemple&#8230; Union et Défense des Victimes du Sionisme qui était le sigle utilisé pour signer les «mystérieuses» grandes affiches apparues en région parisienne en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_13_201" id="identifier_13_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">14</a></sup>. Mais tout ceci n&rsquo;est évidemment que pure coïncidence !</p>
<h3>Les «idiots utiles»</h3>
<p>Cependant, malgré toute cette richesse de publication, certains lecteurs ou lectrices pourraient nous objecter avec raison que cela ne touche que deux nazis trois rasés et que c&rsquo;est donc leur accorder beaucoup d&rsquo;importance. L&rsquo;objection est valable et a d&rsquo;ailleurs été moult fois prononcée. Aussi faut-il nous pencher sur les «idiots utiles». On sait que cette expression fut utilisée par Lénine (un tel mépris ne pouvait d&rsquo;ailleurs venir que de lui !) pour désigner les compagnons de route intellectuels du parti bolchevik puis communiste. Cette notion peut parfaitement s&rsquo;appliquer à un certain nombre de structures qui de façon plus ou moins volontaire servent la soupe aux auteurs nationalistes et donc à leurs idées. Quoi de mieux en effet pour sortir du ghetto que d&rsquo;utiliser des maisons d&rsquo;édition peu ou pas connotées ?</p>
<p>La principale à jouer ce rôle est depuis quelques années l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. C&rsquo;est à l&rsquo;origine une petite maison d&rsquo;édition suisse, fondée en 1966 par un dissident yougoslave ayant fui le régime communiste : Vladimir Dimitrijevic. Pendant 30 ans, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme a fait un énorme travail de diffusion de la littérature slave contemporaine, souvent méconnue du fait des dictatures communistes d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. Puis l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme dérive lentement à partir du début des années 1990 vers un soutien sans faille au nationalisme grand-serbe à la faveur de la guerre civile yougoslave et avec l&rsquo;objectif officiel de «rétablir la vérité». Longtemps proche des catholiques traditionalistes en France, Dimitrijevic se rapproche alors de tous ceux qui affichent leur soutien aux Serbes ou leur opposition à l&rsquo;Islam. Cette orientation se confirme lors du conflit au Kosovo et des bombardements massifs menés par l&rsquo;OTAN en Serbie. De fait, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme est à présent la principale maison d&rsquo;édition de la Nouvelle Droite française, en particulier de sa branche «greciste»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_14_201" id="identifier_14_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du GRECE.">15</a></sup> (Alain de Benoist, Arnaud Guyot-Jeannin, Jean-Claude Albert-Weil, Eric Werner) mais également du courant païen emmené par le Belge Christopher Gerard, proche de la ND dans ses différentes versions (GRECE, Terre &amp; Peuple, Synergies européennes). Gerard est d&rsquo;ailleurs à présent directeur de collection au sein de l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. L&rsquo;antenne française de l&rsquo;éditeur attire enfin autour d&rsquo;elle des personnages fantasques comme Jean Parvulesco, ancien dissident roumain, longtemps proche du GRECE après avoir côtoyé l&rsquo;OAS dans les années 1960 et les milieux nationalistes-révolutionnaires dans les années 1970, ou encore Patrick Gofman, ancien de l&rsquo;OCI passé au nationalisme. Par ailleurs la librairie parisienne est devenue un diffuseur zélé d&rsquo;autres productions comme les livres de Guillaume Faye parus à l&rsquo;Æncre (voir portrait ci-dessous). L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme contribue ainsi à banaliser un petit milieu qui profite de son caractère prestigieux pour toucher un public qui sinon lui échapperait. Le GRECE a en effet ses propres éditions, les éditions du Labyrinthe, mais leur aire d&rsquo;influence ne dépasse guère celle du GRECE, c&rsquo;est-à-dire de moins en moins de monde, et la technique du coucou est donc bien plus rentable pour peu que les auteurs aient un minimum de talent (comme c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le cas).</p>
<p>Autre tactique rentable : prendre carrément le contrôle d&rsquo;une structure existante d&rsquo;apparence neutre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a fait Philippe Randa avec les Éditions Didro. Celles-ci sont une petite structure fondée en 1994 qui édite des revues diffusées en kiosque, traitant essentiellement d&rsquo;Histoire. Composées de plusieurs titres de collection : <em>Boulevard du Crime</em>, <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Aventures de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Le Journal de l&rsquo;Insolite</em> et <em>Dossiers secrets de l&rsquo;Histoire</em> (ces derniers sont dirigés par le Français d&rsquo;origine tunisienne Philippe Aziz, ami de Philippe Randa), les publications gérées par Jacky Perroy permettent à Randa de placer ses écrits et ses amis. <em>Boulevard du Crime</em> est en effet constituée chaque mois par les romans policiers de l&rsquo;auteur Philippe Randa et de son père, ce qui en fait un produit très bon marché pour le rédacteur en chef Philippe Randa. Dans <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em> et le <em>Journal de l&rsquo;Insolite</em>, on retrouve des signatures connues du petit monde «randanien» déjà entrevues précédemment : Jean-Paul Bourre, Henri de Fersan, Guillaume Faye, David Gattegno, Bruno Favrit, Micheline de Peyrebonne, Nicolas Gauthier, Jean-Jacques Matringhem, Christian Bouchet entre autres. Ces monuments de sous-littérature ne servent pas forcément en soi à diffuser des idées même si ces auteurs mettent un malin plaisir à tout placer sur le même plan en ce qui concerne la deuxième guerre mondiale ou si «l&rsquo;insolite» surfe sur un certain racolage, quitte à inventer certaines informations. En revanche, ces collections ont un but alimentaire indéniable et y parviennent car le créneau historique en kiosque se porte assez bien. Sans rouler sur l&rsquo;or, les éditions Didro sont bénéficiaires et complètent leur chiffre d&rsquo;affaire par de la VPC dans laquelle on retrouve les ouvrages publiés par les éditions Deterna et Dualpha. On n&rsquo;est jamais aussi bien servi que par soi-même !</p>
<p>Dernier moyen pour se faire connaître : publier une collection grand public assez anodine pour entrer dans les circuits de diffusion tout en véhiculant une vision du monde spécifique. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont fait les éditions Pardès avec la collection B.A.-BA. Fondée en 1982 par Georges Gondinet, cette maison d&rsquo;édition occupe le créneau assez étroit de la pensée traditionnelle sous tous ses aspects : politique, ésotérique, philosophique, sexuelle&#8230; Même si certains auteurs comme Julius Evola ont un succès qui ne se dément pas chez une fraction du public nationaliste, il est certain que ce type de littérature n&rsquo;est pas susceptible de toucher les masses. Pardès a donc eu l&rsquo;idée de génie de sortir une collection de vulgarisation, à un prix modéré et avec une présentation attrayante tant dans la maquette que dans l&rsquo;iconographie. Cela a donné la collection B.A.-BA : il s&rsquo;agit d&rsquo;une soixantaine de titres qu&rsquo;on peut trouver n&rsquo;importe où et en particulier dans les FNAC. Les thèmes sont tout aussi variés que les auteurs : <em>Les Fées</em>, <em>Les Lutins</em>,<em> La Diététique</em>, <em>Les Templiers</em>, <em>Le Yi King</em>, <em>Les Indo-Européens</em>, etc. Si un certain nombre d&rsquo;auteurs n&rsquo;ont jamais fait parler d&rsquo;eux, on retrouve plusieurs signatures connues pour leur engagement militant dans les sphères nationalistes ou néo-fascistes: Christian Bouchet, Bernard Marillier (militant d&rsquo;UR), Jean-Paul Bourre, David Gattegno, les époux d&rsquo;Apremont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_15_201" id="identifier_15_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf REFLEXes n&deg;51">16</a></sup>, Thierry Jolif, Jean-Paul Ronecker, etc. Au-delà d&rsquo;une certaine neutralité affichée, ces synthèses de qualité inégale diffusent une vision du monde qui ne se caractérise pas par un amour immodéré de l&rsquo;égalité sociale ou de la démocratie libérale. Comme en plus la collection marche bien, c&rsquo;est tout bénéfice pour ces auteurs. La même description pourrait être faite avec les éditions normandes Heimdal, présentes par le passé aux BBR et qui élargissent leur créneau militaria par deux publications diffusées en kiosque : <em>39-45 magazine</em> et <em>Moyen-Age</em>.</p>
<p>Mais un panorama des «idiots utiles» ne saurait prétendre être un tant soit peu complet si on n&rsquo;y ajoutait toutes ces petites maisons d&rsquo;édition droitières qui publient à intervalles plus ou moins réguliers des auteurs nationalistes militants : les éditions Grancher chez qui on retrouve Jean Mabire, Dominique Venner, Thierry Bouzard ou Jean-Paul Ronecker ; les éditions Jean Curutchet, très «Algérie Française» ; Jean Picollec Éditeur chez qui on retrouve Roland Gaucher, Philippe Randa ou des personnages plus flous comme Roland Jacquard ; Guy Trédaniel Éditeur sur le créneau ésotérico-païen ; les éditions des Scyrtes enfin, fondées par le fils de Dominique de Roux et qui ont contribué à lancer Alexandre Del Valle (voir portrait ci-dessous). Enfin on pourrait ajouter à ces éditeurs tous les auteurs qui, à l&rsquo;instar de Gérard de Villiers (le père de SAS) ou Xavier Raufer, véhiculent des thématiques servant objectivement l&rsquo;extrême droite. Toutes ces structures suppléent donc au principal handicap de la communication nationaliste qui est la faible visibilité extérieure au milieu militant et sympathisant.</p>
<p>Mais on ne saurait finir sans faire une remarque évidente : quid de l&rsquo;audiovisuel ? Il sautera en effet aux yeux du lecteur que nous n&rsquo;avons évoqué comme vecteurs de communication que les supports écrits. Cela s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il faut bien constater que l&rsquo;extrême droite est globalement exclue de toute intervention autre qu&rsquo;écrite. Aussi peut-on s&rsquo;interroger sur le rôle de personnages comme Michel Houellebecq ou Bertrand Burgalat. Il n&rsquo;est pas question ici d&rsquo;affirmer que ces deux personnages sont des militants nationalistes puisque ce n&rsquo;est pas le cas. Mais on peut rappeler un certain nombre d&rsquo;éléments troublants. Il est connu que Bertrand Burgalat a été dans les années 1980 un cadre dirigeant du MNR de Jean-Gilles Malliarakis puis de Troisième Voie lorsque le MNR s&rsquo;est agrégé au GUD. Il en a été le représentant à Assas et s&rsquo;occupait de la presse du mouvement. Christophe Bourseiller dressait de lui en 1989 ce portrait complaisant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_16_201" id="identifier_16_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La mouvance n&eacute;ofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier Terre &amp; Peuple. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est d&eacute;solidaris&eacute; de la d&eacute;marche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqu&eacute; Houellebecq en justice pour obsc&eacute;nit&eacute;.">17</a></sup> : <em>«“Je ne suis pas quelqu&rsquo;un de droite et je ne me suis jamais considéré comme quelqu&rsquo;un de droite”. Venant d&rsquo;un des responsables du mouvement Troisième Voie, ces paroles ont quelque chose de surprenant. Mais celui qui les prononce est sans doute l&rsquo;un des plus brillants militants d&rsquo;extrême droite jusqu&rsquo;ici rencontrés. Allons bon ! Bertrand est d&rsquo;extrême droite mais pas de droite. Il appartient à un courant politique en plein développement [on reconnaît là la qualité d'analyse de Bourseiller ! ndlr] qu&rsquo;on pourrait appeler “nationaliste-révolutionnaire de gauche”. Âgé de 25 ans, Bertrand a toutes les caractéristiques du “branché”. Élégant, cultivé, il connaît par cœur les moindres raffinements du rock alternatif et tous les lieux nocturnes de la capitale. Le contraire du fasciste de base. Il habite chez ses parents, dans un gigantesque appartement bourgeois du XVIIe arrdt de Paris. [...] Cet ancien écologiste a rejoint le MNR en 1982. Mais aujourd&rsquo;hui Bertrand milite moins. Il mène une carrière professionnelle dans les milieux du rock</em>.» Burgalat semble en effet avoir abandonné toute activité politique au début des années 1990 et a reconnu son engagement lors d&rsquo;une interview des Inrockuptibles, en considérant que c&rsquo;était une erreur de jeunesse. Il s&rsquo;est reconverti dans l&rsquo;easy listening et son label Tricatel marche du feu de Dieu. Soit. Nous ne pouvons malgré tout nous empêcher d&rsquo;être sceptiques devant cet abandon total de convictions et nous ne serions pas surpris si un jour on apprenait que Burgalat est toujours sympathisant NR et qu&rsquo;il aide financièrement ses anciens amis&#8230; Surtout lorsque c&rsquo;est vers lui que Michel Houellebecq se tourne lorsqu&rsquo;il veut pousser la chansonnette. Houellebecq qui exècre le monde arabe et l&rsquo;Islam et peut être considéré par ses provocations comme l&rsquo;un de ceux qui actuellement fait le plus pour banaliser des points de vue racistes rebaptisés abusivement «politiquement incorrects». Ce n&rsquo;est donc pas pratiquer l&rsquo;amalgame que d&rsquo;exprimer toute notre perplexité face à ces deux personnages qui ont sans doute bien plus en commun que leur simple activité d&rsquo;artistes. Un rôle d&rsquo;idiots utiles par exemple ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_201" class="footnote">L&rsquo;importance de cette question est évidente comme en témoigne la conférence organisée par la revue autrichienne d&rsquo;extrême droite <em>Zur Zeit</em> le 10 novembre dernier avec la crème de l&rsquo;extrême droite européenne et autour du thème «Les médias &amp; les droites».</li><li id="footnote_1_201" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 1992.</li><li id="footnote_2_201" class="footnote">Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs intéressés à des ouvrages traitant de ce point. À titre de rappel, <em>Rivarol</em> a été fondé en 1951, <em>Minute</em> en 1962, <em>Présent</em> en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, <em>National Hebdo</em> en 1984.</li><li id="footnote_3_201" class="footnote">Candidat des chasseurs cette année-là.</li><li id="footnote_4_201" class="footnote">Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a été accusée par Le Pen d&rsquo;être une des bases du complot mégretiste.</li><li id="footnote_5_201" class="footnote">Bleu-Blanc-Rouge : fête annuelle du FN.</li><li id="footnote_6_201" class="footnote">Le rédacteur en chef depuis le début des années 1990, Charles Champetier, a été débarqué du GRECE en fin d&rsquo;année dernière. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il était inévitable qu&rsquo;il soit éliminé comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.</li><li id="footnote_7_201" class="footnote">Groupement de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne, fondé en 1968 et longtemps principal représentant de la Nouvelle Droite en France.</li><li id="footnote_8_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°1 nouvelle série.</li><li id="footnote_9_201" class="footnote">Cf. supplément <em>Méfaits et Documents</em> dans ce numéro de REFLEXes.</li><li id="footnote_10_201" class="footnote">anciens Cf. <em>REFLEXes</em> n°51.</li><li id="footnote_11_201" class="footnote">C&rsquo;est le cas de <em>L&rsquo;assassin sentimental</em> paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la très grande littérature.</li><li id="footnote_12_201" class="footnote">Titre repris à la fin des années 1980 par Roland Helie et qui était dans les années 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.</li><li id="footnote_13_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_14_201" class="footnote">Du GRECE.</li><li id="footnote_15_201" class="footnote">Cf <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_16_201" class="footnote">La mouvance néofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier <em>Terre &amp; Peuple</em>. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est désolidarisé de la démarche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqué Houellebecq en justice pour obscénité.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Nuit d&#8217;ivresse</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Mar 2003 12:44:57 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la nuit du 20 au 21 février dernier, la police, alertée pour tapage nocturne, s&rsquo;est rendue dans le XVIe arrondissement de Paris au domicile de Marie et Frédéric Chatillon, qui fêtait bruyamment son anniversaire : ce père de trois enfants, ancien leader du GUD, gérant de la librairie d&rsquo;extrême droite Ogmios (cf. <em>REFLEXes</em> n°4) et toujours actif politiquement, est aujourd&rsquo;hui le patron d&rsquo;une société de communication, Riwal Communication, dont une grande partie de la prospérité provient de ses nombreux contrats avec des structures d&rsquo;extrême droite ou assimilées, la dernière en date étant la revue dirigée par Dominique Venner, La <em>Nouvelle Revue d&rsquo;Histoire</em>. Chatillon est également à la tête d&rsquo;autres sociétés de communication telle IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com, qui travaille également à l&rsquo;occasion pour le FN ou le MNR. Enfin les frasques passées du monsieur sont tellement nombreuses que nous lui avons déjà maintes fois consacré un article (cf. <em>REFLEXes</em> n°51).</p>
<p>Mais qui les policiers trouvent-ils à ses côtés lorsque la porte s¹ouvre ? Marine Le Pen, en état d&rsquo;ébriété avancée selon le rapport de police : elle les aurait insultés, les traitant de &laquo;&nbsp;trous du cul&nbsp;&raquo; et autres noms d&rsquo;oiseaux, égratignant Sarkozy au passage (la force de l&rsquo;habitude,peut-être) et déclarant qu&rsquo; &laquo;&nbsp;il est plus facile de s&rsquo;en prendre à des bons Français plutôt qu&rsquo;aux bougnoules&nbsp;&raquo; et que &laquo;&nbsp;les droits des Français n&rsquo;étaient plus respectés&nbsp;&raquo;. Les fêtards refusant aux policiers l&rsquo;entrée de l&rsquo;appartement au motif qu&rsquo;ils n¹avaient pas de mandat, la situation semble avoir un peu dégénéré. Conclusion, une procédure pour &laquo;&nbsp;outrage à agents&nbsp;&raquo; a été engagée contre la benjamine de Jean-Marie Le Pen et contre les époux Chatillon.<br />
Celle qui, il n&rsquo;y a pas si longtemps, pestait contre &laquo;&nbsp;l&rsquo;inefficacité de Sarkozy&nbsp;&raquo; (Le Monde du 31.12.02) devrait se réjouir : au lieu de cela, dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy, elle fustige les policiers qui auraient &laquo;&nbsp;fait preuve d&rsquo;une agressivité inouïe&nbsp;&raquo; et dénonce &laquo;&nbsp;un véritable abus de pouvoir&nbsp;&raquo;. Marine Le Pen a d&rsquo;ailleurs annoncé le dépôt d&rsquo;une plainte pour &laquo;&nbsp;abus d&rsquo;autorité&nbsp;&raquo;. Il n&rsquo;est pas certain que cela calme les conflits internes au FN, puisque cela ne va que compléter sa réputation de fêtarde. La bière, qu&rsquo;a-t-elle fait de moi la bière ???</p>
<p>Posté le 08 mars 2003</p>
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		<title>Quand le GUD prend le parti de l&#8217;étranger</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:50:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Axel Loustau]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Ratier]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Chatillon]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
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		<category><![CDATA[Riwal]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 3 décembre 1996, Y. Derai, directeur du Journal Tribune juive, recevait au siège de ce journal une cassette vidéo piégée : cette tentative d'attentat fut revendiquée par des personnes déclarant faire «partie de la grande nation arabe comme certains font partie de la grande nation juive» et être solidaires «du sort qui est fait à [leurs] frères palestiniens». L'enquête de police déboucha sur une douzaine d'interpellations et sur plusieurs perquisitions chez des membres ou des proches du GUD ((Groupe Union Défense)). Les résultats de cette enquête à prétexte permirent d'établir des liens financiers, idéologiques et matériels entre ce milieu et des pays arabes tels que la Syrie ou l'Irak, et confirmèrent les relations étroites qu'ils entretiennent avec certaines factions du Front national. Pour notre part, nous avons essayé d'en savoir plus, histoire que l'État n'ait pas le monopole de l'information.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;ŒIL DE DAMAS </strong></p>
<p><strong>Le 3 décembre 1996, Y. Derai, directeur du Journal Tribune juive, recevait au siège de ce journal une cassette vidéo piégée : cette tentative d&rsquo;attentat fut revendiquée par des personnes déclarant faire «partie de la grande nation arabe comme certains font partie de la grande nation juive» et être solidaires «du sort qui est fait à [leurs] frères palestiniens». L&rsquo;enquête de police déboucha sur une douzaine d&rsquo;interpellations et sur plusieurs perquisitions chez des membres ou des proches du GUD</strong><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_0_82" id="identifier_0_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe Union D&eacute;fense">1</a></sup>. <strong>Les résultats de cette enquête à prétexte permirent d&rsquo;établir des liens financiers, idéologiques et matériels entre ce milieu et des pays arabes tels que la Syrie ou l&rsquo;Irak, et confirmèrent les relations étroites qu&rsquo;ils entretiennent avec certaines factions du Front national. Pour notre part, nous avons essayé d&rsquo;en savoir plus, histoire que l&rsquo;État n&rsquo;ait pas le monopole de l&rsquo;information.</strong></p>
<p>Alors que la tentative d&rsquo;attentat contre <em>Tribune juive</em> a lieu le même jour que celui perpétré dans le RER à Paris, ce n&rsquo;est pas à la piste islamiste que s&rsquo;intéressent les policiers. Au vu de l&rsquo;objectif visé et du contenu du texte de revendication, les RG de la préfecture de police de Paris font le rapprochement avec une série d&rsquo;affiches collées sur Paris entre janvier et juin 1996. L&rsquo;une de ces affiches, signée par le GUD, met à l&rsquo;honneur l&rsquo;artificier du Hamas Yehia Ayache, tué par les services spéciaux israéliens ; une autre proclamant «Israël tue, ONU complice», sortie lors du massacre de Cana, est signée «Union et Défense des Victimes du Sionisme» ; une autre encore, «Et si l&rsquo;abbé Pierre avait raison ?» porte la signature d&rsquo;une «Union et Défense de la Liberté d&rsquo;Expression». Pour les RG il n&rsquo;y a aucun doute, le GUD se cache derrière ces différentes signatures. C&rsquo;est donc vers lui que s&rsquo;oriente l&rsquo;enquête, même si les certitudes policières sont bien faibles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_1_82" id="identifier_1_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais nos milieux militants sont tellement habitu&eacute;s &agrave; ce type d&rsquo;enqu&ecirc;te &agrave; pr&eacute;texte, que ce soit pour un plan de prison publi&eacute;, une lunette de vis&eacute;e laser vol&eacute;e &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e ou des affiches ridiculisant la police, que celle visant des militants nationalistes ne nous a ni surprise, ni vraiment attrist&eacute;e. Ainsi va la vie, ainsi vont les faux-semblants&hellip;">2</a></sup>.</p>
<p><strong>Honneur au chef !</strong></p>
<p>À tout seigneur tout honneur, le premier à recevoir la «visite» de la brigade criminelle fut Frédéric Chatillon, ancien responsable du GUD. À son domicile de la rue du Renard dans le IVe arrondissement de Paris, la police trouve un calibre. Coup dur pour Chatillon qui aspire depuis quelque temps à une certaine respectabilité. En effet, en épousant Marie d&rsquo;Herbais, il est devenu le gendre de la comtesse Katherine d&rsquo;Herbais, qui, outre le fait d&rsquo;être riche, est conseillère régionale FN et a longtemps été l&rsquo;une des principales actionnaires avec son mari du journal Minute. Elle possède par ailleurs un château qui défraya la chronique en servant de décor au film X «Les Visiteuses», remake du film de J.-M. Poiré avec Tabata Cash en interprète star&#8230; Il faut ajouter à cela que Chatillon est maintenant le papa d&rsquo;une charmante gamine dont le parrain n&rsquo;est autre qu&rsquo;un certain Jean-Marie Le Pen. Enfin, pour parfaire sa reconversion, il a créé une société en communication intitulée Riwal Communication (<em>cf. infra</em>). Bref, cette vilaine histoire avec la police risque de mettre à mal ses envies d&rsquo;embourgoisement.<br />
Il finit par avouer que le flingue appartient à un autre membre du GUD, Antoine Roucheray (c&rsquo;est pas bien de balancer un camarade, Frédéric&#8230;) qui est à son tour interpellé. La police se rend ensuite rue Pierre Demours (dans le XVIIe arrondissement) chez Thomas Lagane, lui aussi membre du GUD. Les inspecteurs trouvent chez lui quelques «souvenirs» rapportés de Croatie où il s&rsquo;était rendu en compagnie de Chatillon.</p>
<p><strong>Fidélité à la famille !</strong></p>
<p>C&rsquo;est au tour d&rsquo;Axel Loustau, demeurant boulevard de Saint-Julien à Meudon (92), d&rsquo;être l&rsquo;objet de la curiosité policière. Cadre dans une banque, il fait partie d&rsquo;une famille très connue à l&rsquo;extrême droite : son père Fernand Loustau, mort en 1993, dirigeait une société de gardiennage, Normandy Sécurité, impliquée en février 1997 dans le «vidage» de la fromagerie Besnier à Isigny, occupée par des grévistes. À cette occasion, cet ancien officier du 3e REP avait fait appel à une trentaine d&rsquo;anciens paras, membres comme lui de l&rsquo;UNP (Union Nationale des Parachutistes). On retrouve Fernand Loustau comme actionnaire d&rsquo;une société intitulée Veronica SA, qui offre la particularité d&rsquo;avoir pour actionnaires le gratin de l&rsquo;extrême droite française. Qu&rsquo;on en juge :</p>
<p>• Anne Meaux, actuelle attachée à la communication d&rsquo;Alain Madelin (après avoir été celle de Giscard, époque à laquelle elle gagna le surnom d&rsquo;Eva Braun), est une ancienne militante d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN ;</p>
<p>• Gérald Penciolelli, actuel directeur de Minute, ancien d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN ; très proche de certains milieux patronaux et d&rsquo;Alain Madelin ;</p>
<p>• Bernard Lehideux, permanent au Parti républicain, et dont la sœur Martine est vice-présidente du FN et responsable du Cercle national des Femmes d&rsquo;Europe ;</p>
<p>• Jean-Pax Méfret, «le chanteur de l&rsquo;Occident» ;</p>
<p>• Gérard Écorcheville, ancien d&rsquo;Occident, du GUD, d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN, recyclé au RPR par Pasqua avant de finir au FN ;</p>
<p>• le «Prince noir» Henri de Bourbon.</p>
<p>Fernand Loustau est par ailleurs un vieil ami de Jean-Marie Le Pen, à qui il prêta des locaux en 1985 pour héberger la «radio libre» proche du FN, Radio Courtoisie. Il fut également l&rsquo;un des actionnaires de <em>National Hebdo</em>. Sa société Normandy Sécurité (reprise par sa femme) assura le service d&rsquo;ordre de plusieurs manifestations du FN, tandis que plusieurs militants d&rsquo;extrême droite (dont certains du GUD) y furent embauchés. C&rsquo;est maintenant son fils Axel qui a repris le flambeau. Membre du FNJ, il fut candidat frontiste aux dernières élections législatives dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. À noter que la police interpella, en même temps qu&rsquo;Axel, son frère et sa mère : quelle famille !<br />
Ainsi, la nouvelle génération du GUD est dans le collimateur des flics<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_2_82" id="identifier_2_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;analyse de Pierre Guillaume, l&rsquo;animateur de La Vieille Taupe, diff&egrave;re en partie de celle-ci. Pour lui, ce qui aurait motiv&eacute; les enqu&ecirc;teurs, ce serait la diffusion du Droit de r&eacute;ponse de Roger Garaudy &agrave; ses calomniateurs et toutes les activit&eacute;s men&eacute;es autour de cette affaire. D&rsquo;apr&egrave;s lui, &laquo;pendant les perquisitions et les gardes-&agrave;-vue, les policiers n&rsquo;ont m&ecirc;me pas fait semblant de croire un instant &agrave; une &eacute;ventuelle responsabilit&eacute; des interpell&eacute;s dans l&rsquo;envoi de la cassette (mal)-pi&eacute;g&eacute;e &agrave; Tribune juive. Manifestement, ils cherchaient &agrave; se renseigner sur la mani&egrave;re dont les interpell&eacute;s avaient d&eacute;couvert le r&eacute;visionnisme historique&raquo; (Bulletin confidentiel n&deg;4 &ndash; janvier 1997). Et Pierre Guillaume est le nombril du monde&hellip;">3</a></sup>. Mais l&rsquo;ancienne n&rsquo;est pas oubliée pour autant : pour preuve, l&rsquo;arrestation d&rsquo;Alban Druet. La police fut moins chanceuse rue Singer (Paris XVIe), où, après avoir pénétré par effraction dans l&rsquo;appartement de Gauthier Guillet, elle s&rsquo;aperçut de l&rsquo;absence de son propriétaire. Ce dernier, chef d&rsquo;entreprise, se trouvait en effet à Vitrolles, où il était candidat en 7e position sur la liste de Mégret aux municipales. De quoi décevoir son grand frère Jean-Jacques Guillet, ex-député RPR, ancien d&rsquo;Occident converti au gaullisme par les bons soins de Charles Pasqua dont il est un des proches. D&rsquo;après <em>Wotan</em>, journal des CHS (démantelés depuis février de cette année avec l&rsquo;arrestation d&rsquo;Hervé Guttuso et de ses petits camarades), cet intérêt pour le GUD proviendrait des dénonciations de Bonnefoy, ancien responsable du GUD avant la reprise en main de celui-ci par Chatillon au début des années 1990. Cette collaboration avec la police daterait de longtemps et expliquerait la réapparition de Bonnefoy au sein du Parti national républicain, groupuscule soutenu en sous-main par les réseaux d&rsquo;un ancien ministre de l&rsquo;Intérieur&#8230;</p>
<p><strong>Mains sales&#8230;</strong></p>
<p>Après Chatillon lui-même et ses petits copains, c&rsquo;est au tour de sa société, Riwal Communication, de connaître les délices de la perquisition.<br />
Créée en mars 1995 avec un capital de 100 000 francs, elle a pour principales activités le conseil en communication, le marketing direct, l&rsquo;édition de livres et de revues et la vente par correspondance. Elle était à l&rsquo;origine domiciliée 6 rue Saint-Bon (Paris IVe). Un an plus tard, la société a déménagé au 10 rue Laurent Pichat (Paris XVIe), son adresse actuelle. Le gérant de la société est Axel Loustau, avec pour associée Marie d&rsquo;Herbais. Parmi les actionnaires de Rivoal on retrouve :</p>
<p>• Chatillon et sa femme Marie d&rsquo;Herbais (260 parts à eux deux) ;</p>
<p>• Anne-Christine Delaunay, sœur de Chatillon, à qui il a vendu 260 parts en septembre 1996 (sur les 470 qu&rsquo;il possédait auparavant) ;</p>
<p>• Axel Loustau (240 parts) ;</p>
<p>• Thomas Lagane (240 parts).</p>
<p>Entre autres productions, Riwal maquette la lettre d&rsquo;informations d&rsquo;Emmanuel Ratier <em>Faits &amp; Documents</em> ainsi que quelques numéros du journal municipal de Marignane. Par le biais des Éditions des Monts d&rsquo;Arrée, créées en août 1995 et rattachées à Riwal Communication, Chatillon diffuse deux livres : le premier, <em>Les Rats maudits</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_3_82" id="identifier_3_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Livre par ailleurs tr&egrave;s riche du point de vue iconographique et globalement int&eacute;ressant. &Agrave; compl&eacute;ter bien entendu par la lecture de la brochure publi&eacute;e par REFLEX, Le GUD, autopsie d&rsquo;un moribond">4</a></sup>, raconte l&rsquo;histoire du GUD depuis sa création, le second décrit la république fasciste de Salo, créée par Mussolini vers la fin de la guerre. Le texte de présentation de ce livre a été rédigé pas un «expert» en la matière, l&rsquo;ancien Waffen SS Christian de la Mazière, qui fut un temps directeur de publication du <em>Choc du Mois</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_4_82" id="identifier_4_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Christian de la Mazi&egrave;re est relativement atypique et plus du tout militant. Il essaime des interview dont certaines sont parfois surprenantes, comme celle d&eacute;livr&eacute;e il y a quelques ann&eacute;es &agrave; Historia et dans laquelle il r&eacute;v&eacute;lait son adh&eacute;sion totale au mouvement de la jeunesse de mai 1968, y d&eacute;celant les m&ecirc;mes motivations que les siennes durant la guerre et son engagement dans la Waffen SS.">5</a></sup>.<br />
À l&rsquo;issue de cette opération, les policiers auraient saisi des armes à feu, des armes blanches, de la littérature antisémite, des manuels de fabrication d&rsquo;explosifs.<br />
Mais, plus intéressant, nous avons découvert de notre côté que les fameuses affiches pro-Hamas et révisionnistes collées par le GUD ont été payées et fabriquées à Damas, avec l&rsquo;autorisation du Ministre syrien de la Défense, le général Tlass.<br />
Les premiers contacts entre Chatillon et Tlass datent d&rsquo;octobre 1994 : Frédéric Chatillon, lors d&rsquo;un séjour à Damas, aurait rencontré le général pour discuter de l&rsquo;aide que celui-ci pouvait apporter à son mouvement.<br />
À son retour en France, le leader du GUD fut interrogé par les services spéciaux français sur les raisons de ce voyage et sur ses contacts avec les autorités syriennes.<br />
Par ailleurs, en plus des affiches, Damas finance très largement l&rsquo;édition par Chatillon et ses petits copains de textes révisionnistes qui sont ensuite traduits en arabe et diffusés au Moyen Orient : <em>L&rsquo;Holocauste au scanner</em> de Jurgen Graf<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_5_82" id="identifier_5_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le livre de J&uuml;rgen Graf a &eacute;t&eacute; re&eacute;dit&eacute; il y a quelques mois en langue arabe par l&rsquo;&eacute;diteur &eacute;gyptien Madbouli qui en a fait un deuxi&egrave;me tirage de 50 000 exemplaires.">6</a></sup>, <em>Les Mythes fondateurs de la politique israëlienne</em> de Garaudy, <em>Critique de la Raison juive occidentale</em> de David Warlet (cf. article sur <em>Réfléchir &amp; Agir</em> aux pages suivantes)&#8230; Tous ces textes ayant pour particularité d&rsquo;avoir été traduits par la même personne, Jawad Bashara, qui participa également à l&rsquo;écriture du livre de Warlet (<em>cf. infra</em>).</p>
<p><strong>&#8230; et tête Baas !</strong></p>
<p>Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois que la Syrie finance les activités de l&rsquo;extrême droite française.<br />
Dans les années 1970, François Duprat, un des théoriciens du FN, avait reçu des fonds de pays arabes, dont la Syrie, pour la création de son comité de soutien à la Palestine ainsi que pour la diffusion des premiers écrits révisionnistes connus, comme la version française du livre de l&rsquo;anglais Richard Harwood <em>Did six million really die ?.</em><br />
Plus près de nous, lors des élections européennes de 1984, Rifaad El Assad, chef des services secrets syriens et frère du président Haffez El Assad, accorda une obole de 20 000 francs au FN via la candidature de Soraya Djebbours à ces élections.<br />
D&rsquo;autres liens plus étroits semblent avoir été établi grâce à l&rsquo;association Citoyen de France créée en décembre 1992. Cette association se donnait pour but de «réconcilier les Français et de lutter contre l&rsquo;exclusion et la discrimination». On trouvait à sa tête Sid Ahmed Yahiaoui, conseiller régional FN à l&rsquo;époque (il a depuis démissionné). Au bureau de l&rsquo;association on trouvait également :</p>
<p>• Pascal Gannat, ancien du PFN, conseiller régional FN, membre du cabinet de Jean-Marie Le Pen et connu pour être un de ses «nègres», chargé d&rsquo;écrire ses discours ;</p>
<p>• Martin Pelletier, ancien journaliste au Quotidien de Paris, actuel rédacteur en chef de National Hebdo ;</p>
<p>• Adnan Azzam, né en Syrie, connu dans les milieux spécialisés pour être un proche des services secrets syriens, propriétaire en outre du restaurant Zenobie, à Paris, fréquenté par Rifaad El Assad, et où eurent lieu, dit-on, d&rsquo;intéressantes rencontres entre ce dernier et des membres du FN&#8230;</p>
<p>Cet appel au monde arabe pour de vulgaires histoires d&rsquo;argent devient d&rsquo;ailleurs une habitude dans les milieux nationalistes et nationalistes-révolutionnaires français. La Lybie semble en effet un généreux donateur pour tous ceux qui courtisent son chef vénéré Mouammar El Khadafi. En témoigne la participation en septembre 1997 d&rsquo;une délégation du Parti communautaire national-européen à la conférence annuelle organisée par le pouvoir lybien, le Camp de Jeunesse pour les Mouvements verts, pacifistes et alternatifs. Le PCN prend en cela la relève de Nouvclle Résistance et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;ancien responsable Ile-de-France de ce mouvement, Fabrice Beaur, qui emmenait les Français du PCN. M. El Khadafi a d&rsquo;ailleurs des vertus de grand rassembleur puisqu&rsquo;il est cité comme référence nationaliste-révolutionnaire par Christian Bouchet, à l&rsquo;instar de Nasser ou de Peron.<br />
La descente de police dans les milieux gudards ou assimilés n&rsquo;avait sans doute finalement pour seul but que de rappeler à tout ce petit monde que l&rsquo;État français n&rsquo;entend pas laisser se développer des contacts susceptibles de le gêner dans la difficile partie d&rsquo;échecs qui se joue au Moyen-Orient.<br />
Mais certains ont l&rsquo;habitude de jouer les pions malgré eux, tant il est vrai qu&rsquo;un nationaliste est toujours prêt à avoir le petit doigt sur la couture&#8230;</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_82" class="footnote">Groupe Union Défense</li><li id="footnote_1_82" class="footnote">Mais nos milieux militants sont tellement habitués à ce type d&rsquo;enquête à prétexte, que ce soit pour un plan de prison publié, une lunette de visée laser volée à l&rsquo;armée ou des affiches ridiculisant la police, que celle visant des militants nationalistes ne nous a ni surprise, ni vraiment attristée. Ainsi va la vie, ainsi vont les faux-semblants&#8230;</li><li id="footnote_2_82" class="footnote">L&rsquo;analyse de Pierre Guillaume, l&rsquo;animateur de La Vieille Taupe, diffère en partie de celle-ci. Pour lui, ce qui aurait motivé les enquêteurs, ce serait la diffusion du Droit de réponse de Roger Garaudy à ses calomniateurs et toutes les activités menées autour de cette affaire. D&rsquo;après lui, «pendant les perquisitions et les gardes-à-vue, les policiers n&rsquo;ont même pas fait semblant de croire un instant à une éventuelle responsabilité des interpellés dans l&rsquo;envoi de la cassette (mal)-piégée à Tribune juive. Manifestement, ils cherchaient à se renseigner sur la manière dont les interpellés avaient découvert le révisionnisme historique» (<em>Bulletin confidentiel</em> n°4 &#8211; janvier 1997). Et Pierre Guillaume est le nombril du monde&#8230;</li><li id="footnote_3_82" class="footnote">Livre par ailleurs très riche du point de vue iconographique et globalement intéressant. À compléter bien entendu par la lecture de la brochure publiée par REFLEX, <em>Le GUD, autopsie d&rsquo;un moribond</em></li><li id="footnote_4_82" class="footnote">Christian de la Mazière est relativement atypique et plus du tout militant. Il essaime des interview dont certaines sont parfois surprenantes, comme celle délivrée il y a quelques années à Historia et dans laquelle il révélait son adhésion totale au mouvement de la jeunesse de mai 1968, y décelant les mêmes motivations que les siennes durant la guerre et son engagement dans la Waffen SS.</li><li id="footnote_5_82" class="footnote">Le livre de Jürgen Graf a été reédité il y a quelques mois en langue arabe par l&rsquo;éditeur égyptien Madbouli qui en a fait un deuxième tirage de 50 000 exemplaires.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Gilles Soulas ou le faf de petite vertu</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2002 07:49:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<category><![CDATA[Riwal]]></category>

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		<description><![CDATA[L'extrême droite a de l'argent, beaucoup d'argent... Financé très largement par les fonds publics, en l'occurence 41 millions de francs par an, et par quelques généreux donateurs, le FN est devenu une véritable pompe à fric, avec tous les enjeux que cela comporte.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;extrême droite a de l&rsquo;argent, beaucoup d&rsquo;argent&#8230; Financé très largement par les fonds publics, en l&rsquo;occurence 41 millions de francs par an, et par quelques généreux donateurs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_0_33" id="identifier_0_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;50.">1</a></sup>, le FN est devenu une véritable pompe à fric, avec tous les enjeux que cela comporte. Un survol rapide des ressources disponibles &#8211; Romain Rosso l&rsquo;a très bien fait dans un numéro récent de <em>L&rsquo;Express</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_1_33" id="identifier_1_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;Express, n&deg;2483 du 4/10.02.1999.">2</a></sup> &#8211; suffit à entrevoir que la scission survenue en décembre dernier n&rsquo;est pas une simple querelle politique et qu&rsquo;elle a aussi des fondements financiers. Pourtant, à côté de ces sources de revenu considérables oeuvrent de façon nettement plus discrète des personnages que l&rsquo;on pourrait qualifier de «petites fourmis» de la droite extrême et qui contribuent à leur niveau à alimenter les caisses du mouvement. C&rsquo;est le cas de Gilles Soulas dont on comprend que la discrétion soit une vertu première, comme nous l&rsquo;allons montrer tout à l&rsquo;heure&#8230;</p>
<p>Le nom de Gilles Soulas apparaît sous les feux de la rampe lorsque <em>L&rsquo;Événement du Jeudi</em> du 17 avril 1997 signale dans un petit article que le fonds de commerce de la librairie néofasciste parisienne l&rsquo;AEncre est à vendre et que le seul acheteur déclaré est la Société Européenne de Diffusion et d&rsquo;Édition (SEDE). Cet article met en lumière deux éléments intéressants. Le premier est la débâcle de l&rsquo;AEncre, héritière en cela de ses précédentes, à savoir Ogmios et la Librairie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_2_33" id="identifier_2_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ogmios s&rsquo;&eacute;tait cr&eacute;&eacute;e en juin 1986 &agrave; l&rsquo;initiative de T. Mordrel et J.-D. Larrieu et avait ferm&eacute; boutique en mai 1990. Elle avait &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par la Librairie qui n&rsquo;avait pas connu un meilleur destin.">3</a></sup>. Provoquée par un mélange de crapulerie, d&rsquo;erreurs de gestion et de procès intentés par leurs adversaires politiques, cette faillite de l&rsquo;AEncre planait depuis un moment et avait provoqué un changement de gérant en septembre 1996, P.-A. Duquesne remplaçant l&rsquo;ancien militant de l&rsquo;OEuvre française Éric Miné. Embarqué dans ce long naufrage, on trouvait également parmi les associés Thierry Dreschmann. Finalement, l&rsquo;équipe ne réussit pas à sauver le commerce et la SEDE rachète l&rsquo;AEncre pour 46180 francs en juillet 1997, bien décidée à relancer ce pôle essentiel de diffusion des idées nationalistes sur Paris.</p>
<p>Or la SEDE, qui est-ce ? Deux «vieux» militants de l&rsquo;extrême droite, à savoir Gilles Sereau et Gilles Soulas. Nés respectivement en 1959 et 1955, les deux Gilles ont milité soit au FN pour le premier, soit au PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_3_33" id="identifier_3_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, fr&egrave;re ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les ann&eacute;es 1970.">4</a></sup> pour le second. Gilles Soulas a en effet fait ses premières armes au sein du Front de la Jeunesse, structure de jeunesse du GUD et du PFN, et a d&rsquo;ailleurs été candidat de ce parti aux élections européennes de 1979 sur la liste Union Française pour l&rsquo;Eurodroite. Passé au FN après la disparition du PFN comme un certain nombre d&rsquo;autres militants, il devient permanent du FN en 1985 et est candidat aux élections régionales de 1986 à Paris. Puis on le retrouve comme membre de l&rsquo;équipe de Serge Martinez aux municipales de 1989 avant que son nom apparaisse moins dans l&rsquo;actualité du mouvement nationaliste. En janvier 1997, Soulas et Sereau déposent les statuts de la SARL SEDE au capital de 50 000 francs dont les buts commerciaux sont les suivants :</p>
<p>1) assurer en France et dans tous pays la rédaction, édition, publication, exploitation et diffusion de tous journaux, revues, etc. ;</p>
<p>2) diffusion, location, vente commerciale de biens de consommation divers ;</p>
<p>3) import / export.</p>
<p>Se partageant le capital à hauteur de 15 000 francs pour Sereau et 35 000 francs pour Soulas, les deux hommes gardent Thierry Dreschmann<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_4_33" id="identifier_4_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="T. Dreschmann a depuis cette date fond&eacute; une nouvelle librairie, La Licorne bleue, dans le XIe arrt.">5</a></sup> comme gérant, histoire de faire la transition. Ils n&rsquo;en font pas moins le ménage, au propre comme au figuré : ils modifient la ligne éditoriale, changent de personnel et d&rsquo;équipe partenaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_5_33" id="identifier_5_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;quipe &agrave; la t&ecirc;te de laquelle on trouve P. Randa et qui est compos&eacute;e entre autres de N. Gauthier, N. Raletz, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;&eacute;quipe de Pas de Panique &agrave; Bord, &eacute;ph&eacute;m&egrave;re et navrant journal &laquo;satirique&raquo; d&rsquo;extr&ecirc;me droite, un moment absorb&eacute; par la revue belge Europe Nouvelles. Cette &eacute;quipe a publi&eacute; durant un temps Le Flambeau litt&eacute;raire, petit mensuel au service de l&rsquo;AEncre et G. Soulas.">6</a></sup>, restructurent et insistent sur la vente par correspondance pour dépasser le cadre parisien, d&rsquo;autant plus que la concurrence se fait sévère comme nous le verrons par la suite. Cette VPC s&rsquo;appuie essentiellement sur des mailings intensifs et sur un service minitel, 3615 BOUKIN, dont le directeur de publication est T.Dreschmann et le serveur DF Union. Cette politique commerciale est efficace puisque l&rsquo;année 1997 voit la SEDE obtenir un léger déficit comptable de 720 francs, ce qui est raisonnable étant donné le rachat finalement coûteux des Éditions de l&rsquo;AEncre. La précédente tentative de G. Soulas dans ce secteur de la presse, la SARL Delta Com, avait pourtant été un échec caractérisé qui avait abouti à la dissolution de la société en août 1996. Mais pour la SEDE, G. Soulas a deux atouts de poids.</p>
<p><strong>Fafs, Sex &amp; Sun</strong></p>
<p>Le premier est son co-associé Gilles Sereau dont la principale activité est la gestion de deux sociétés, Ambassy Sécurité et Ambassy Conseil. Retrouver un militant du FN et vieux routard de l&rsquo;extrême droite à la tête d&rsquo;une société de vigiles n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant. Un article récent de <em>Marianne</em> basé sur un rapport confidentiel des Renseignements généraux dressait la liste impressionnante des différentes boîtes de sécurité liées au milieu néofasciste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_6_33" id="identifier_6_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On pouvait y reconna&icirc;tre entre autres E.R.I.C. et Groupe 11, soci&eacute;t&eacute; de Nicolas Courcelle, fr&egrave;re de Bernard Courcelle, ancien dirigeant du DPS, SO-milice du FN. N. Courcelle a d&rsquo;ailleurs oppos&eacute; un d&eacute;menti extr&ecirc;mement vigoureux aux propos de B. Morrot dans Marianne du 6 d&eacute;cembre 1998.">7</a></sup>. et Ambassy Sécurité était facilement identifiable en raison de la composition de ses associés, en particulier Laurence Magnol, notable de l&rsquo;Église de Scientologie, et Michel Schneider, vieux militant du nationalisme révolutionnaire et ancien dirigeant de la revue <em>Nationalisme &amp; République</em>, blessé en 1993 à Moscou lors de l&rsquo;attaque du parlement par les forces armées<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_7_33" id="identifier_7_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M. Schneider est n&eacute; en 1947 et est devenu tr&egrave;s t&ocirc;t un militant actif. Dans les ann&eacute;es 1960, il entre &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants nationalistes et devient responsable d&rsquo;Occident &agrave; Aix-en-Provence en mai 1968. Apr&egrave;s un passage &agrave; Jeune R&eacute;volution, il dirige de 1971 &agrave; 1976 le CDPU, centre n&eacute;vralgique du nationalisme-r&eacute;volutionnaire dans les ann&eacute;es 1970. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, on le retrouve au RPR, tr&egrave;s proche des milieux militaires et de la D&eacute;fense nationale. Il retourne au FN en 1983 et le quitte en 1990 sur un violent d&eacute;saccord avec J.-M. Le Pen concernant l&rsquo;attitude pro-am&eacute;ricaine de celui-ci. Apparemment, ils se sont r&eacute;concili&eacute;s !.">8</a></sup>. Créée en 1987 et basée sur un capital de 150 000 francs, la société Ambassy est une affaire rentable et a connu plusieurs bilans fiscaux consécutifs bénéficiaires, malgré une concurrence féroce dans ce secteur. Cela a d&rsquo;ailleurs permis à Sereau d&rsquo;ouvrir des agences à Aix-en-Provence et à Caen et de développer une autre SARL, Ambassy Conseil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_8_33" id="identifier_8_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Avec Didier Doh et Pascale Precetti comme associ&eacute;s principaux.">9</a></sup>. Lancée en 1992, cette société touche à tout, du conseil à l&rsquo;édition en passant par la vente de vins. L&rsquo;importance de Sereau dans la SEDE est telle que l&rsquo;on retrouve le même slogan commercial pour celle-ci et pour Ambassy Conseil.</p>
<p>Le deuxième atout de G. Soulas pour assurer le développement de la SEDE est finalement ses propres activités dont on comprend qu&rsquo;il s&rsquo;en vante peu. Il pourrait en effet risquer d&rsquo;être comparé aux «infâmes-pornocrates-qui-menacent-l&rsquo;intégrité-morale-et-spirituelle-de-nos-enfants» comme savent si bien les dénoncer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_9_33" id="identifier_9_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=". Cf. en particulier le Guide juridique et pratique pour lutter avec succ&egrave;s contre les incitations &agrave; la d&eacute;bauche des pornotrafiquants du Cercle de la Cit&eacute; vivante. Mais qu&rsquo;attendent-ils donc pour s&eacute;vir contre M. Soulas ?!?">10</a></sup> les amis politiques de G. Soulas, au premier rang desquels on trouve J.-M. Le Pen ou B. Mégret&#8230; Car Soulas gagne sa vie grâce aux minitels dits «de charme» qu&rsquo;on appellerait tout simplement ou moins hypocritement des minitels de cul ! Circonstance aggravante d&rsquo;un point de vue néo-fasciste, de cul parfois homosexuel !! Grâce à une société à titre personnel créée en 1992, PromoFrance Organisation, G. Soulas exploite donc, entre autres, la misère sexuelle de ses contemporains par le biais des 3615 FAF (Femme À Femme), FEF, DAM, FUREUR, SORTI, COR, GROMAGO, DESTYN, DECIBEL, MATRI, KSTING. Comme l&rsquo;indiquent les intitulés de ces services, le triste sire vise large et n&rsquo;exploite pas que le «charme». Il compte aussi sur l&rsquo;astrologie, les services matrimoniaux, tout comme l&rsquo;une des sociétés qui lui sert de fournisseur de service télématique, DF Union, déjà rencontrée pour 3615 BOUKIN. Dirigée depuis le Tarn-et-Garonne par Françoise Perdriau et Dominique Charpenet, cette société au dernier chiffre d&rsquo;affaires de plus de deux millions de francs exploite en effet tout ce qui de près ou de loin peut se rattacher à ces domaines lucratifs. Mais G. Soulas est un homme prévoyant et il a donc développé également une autre société de composition et photogravure, LP communications, dont l&rsquo;objectif principal est la publicité pour les sercices minitels évoqués ci-dessus. Il contribue donc à son échelle à alimenter ces campagnes d&rsquo;affichage sauvage qui donnent une «image-dégradante-de-la-femme-comme-épouse-et-comme-mère». Fondée en 1994, cette SARL compte deux associés, G. Soulas bien sûr, et Pierre Cuenot. Celui-ci est devenu sociétaire en rachetant les parts détenues par&#8230; Serge Martinez, «le félon, pas l&rsquo;autre», actuel lieutenant de B. Mégret ! Comme quoi l&rsquo;univers de G. Soulas est un tout petit univers&#8230; mais nous aurons d&rsquo;autres occasions de nous en apercevoir par la suite ! Pierre Cuenot fait un très bon partenaire puisqu&rsquo;il dirige pour sa part une autre société télématique rose domiciliée en Corse, JFP Télématique, en charge entre autres des 3615 FEM 75, FEM 91, MX, 7L, SLT, MCA, EVI, ENVI.</p>
<p><strong>Les copains d&rsquo;abord</strong></p>
<p>S&rsquo;appuyant sur des revenus confortables, Soulas a pu faire de l&rsquo;AEncre une machine politique efficace, au service du nationalisme le plus radical et du courant mégretiste. Cette importance grandissante du personnage et de son équipe s&rsquo;est traduite de multiples façons ces derniers mois. L&rsquo;une d&rsquo;entre elle est l&rsquo;apparition de G. Soulas comme directeur de publication de <em>L&rsquo;Entraide nationale</em>, journal édité par l&rsquo;association du même nom, dont l&rsquo;instigateur est le pasteur Blanchard. Créée en juin 1996, cette association a eu sa petite heure de gloire médiatique lorsqu&rsquo;elle a lancé une soupe populaire à la gare Saint-Lazare en décembre 1996. Cherchant à s&rsquo;implanter de façon durable dans un univers qu&rsquo;elle connaît peu et pour lequel elle ressent la plus profonde méfiance &#8211; le milieu des SDF -, l&rsquo;Entraide a décidé de lancer un petit journal dont le produit de la vente doit revenir à ses vendeurs, sur le modèle du <em>Réverbère</em> ou de <em>L&rsquo;Itinérant</em>. En fait de soutien aux SDF, <em>L&rsquo;Entraide nationale</em> sert surtout de soutien à Gilles Soulas et ses camarades puisque l&rsquo;essentiel de son contenu, numéro après numéro<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_10_33" id="identifier_10_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On en est au num&eacute;ro 6, le premier num&eacute;ro &eacute;tant paru en septembre 1997, ce qui en fait un trimestriel&hellip; Les lecteurs ont le temps de comprendre les tristes BD de N. Raletz&hellip;">11</a></sup>, est de la publicité pour l&rsquo;AEncre, ses productions et ses amis. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on y trouve des annonces pour le 3615 BOUKIN, les livres de Philippe Randa, partenaire de l&rsquo;AEncre, les livres des amis de Philippe Randa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_11_33" id="identifier_11_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entre autres le navrant Jean-Paul Bourre, qu&rsquo;on retrouvait d&rsquo;ailleurs &eacute;galement dans Pas de Panique &agrave; Bord.">12</a></sup> ou les vins du Pays de Loire diffusés par Winland. Surprise : la trilogie de romans de Philippe Randa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_12_33" id="identifier_12_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;inf&acirc;mes livres &laquo;policiers&raquo; se d&eacute;roulant dans les Iles atlantiques : Les Parques de l&rsquo;Ile d&rsquo;Yeu, Vengeance sur l&rsquo;Ile-de-R&eacute;, Il y a un tueur &agrave; Belle-Ile-en-Mer. Mais il a r&eacute;alis&eacute; une autre trilogie se d&eacute;roulant en Picardie pour les afficionados&hellip; Qui a parl&eacute; de &laquo;diarrh&eacute;e scripturale&raquo; ?">13</a></sup> est celle éditée par Ambassy Conseil et Winland est la structure mise en place par la société du même nom pour commercialiser du vin. La boucle est bouclée !</p>
<p><strong>Laissez venir à moi les petits enfants&#8230;</strong></p>
<p>Mais il y a eu d&rsquo;autres manifestations bien plus importantes politiquement. C&rsquo;est le cas de l&rsquo;intervention directe de G. Soulas dans la bataille plus ou moins feutrée qui oppose tous les courants nationalistes pour le contrôle du RIF (Rock Identitaire Français). L&rsquo;un des moments forts du développement de ce courant a été la création de la société Memorial Records. SARL au capital de 50 000 francs, cette société compte de tout jeunes actionnaires, parfois impliqués dans les groupes qu&rsquo;elle diffuse (In Memoriam en l&rsquo;occurence) : Julien Beuzard, né en 1976, Mattias Bricage, né en 1971 et Arnaud Ducret, né en 1970. Mais ces trois lascars peuvent compter sur l&rsquo;expérience d&rsquo;un quatrième homme : G. Soulas, impliqué à hauteur de 125 parts, soit 12 500 francs, dans Memorial Records. Ce n&rsquo;est évidemment pas pour l&rsquo;amour du rock, de qualité douteuse, que l&rsquo;on retrouve Soulas embarqué dans cette histoire. Le RIF est au coeur d&rsquo;une opération de séduction menée en direction de la jeunesse, avec des résultats variables, il est vrai. La création de structures de ce type correspond également au désir de pouvoir faire profiter certains militants de l&rsquo;extension du mouvement nationaliste en leur garantissant des emplois commerciaux plus ou moins stables. De fait, il faut rapprocher l&rsquo;apparition de Memorial Records de celle de DEFI, Diffusion des Éditeurs Français Indépendants. Cette SARL de 50 000 francs a été officiellement créée en janvier 1997 par l&rsquo;association des Éditions nationales, présidée par Bruno Mégret, dont la principale activité est l&rsquo;édition des ouvrages écrits par des cadres frontistes, dont Mégret au premier chef. DEFI s&rsquo;est lancée dans la vente par correspondance et son catalogue, <em>Durandal</em>, est un bon recueil de tout ce qui se fait à l&rsquo;extrême droite, des livres d&rsquo;Emmanuel Ratier aux disques de RIF en passant par les bijoux celtiques de Terres celtiques, boutique «enracinée» de Grenoble. Or les personnes qui font vivre DEFI sont bien représentatives de cette génération de militants qui contrairement à la précédente n&rsquo;est pas obligée d&rsquo;investir la droite parlementaire pour se reconvertir : le gérant est Damien Bariller, né en 1967, lieutenant de longue date de B. Mégret, et le responsable des ventes est Philippe Schleiter (dit Philippe Sevran), coordinateur national du Renouveau Étudiant. Par ailleurs, le catalogue <em>Durandal</em> est élaboré par Riwal Communication, que les fidèles lecteurs de <em>REFLEXes</em> connaissent bien<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_13_33" id="identifier_13_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51, &laquo;L&rsquo;oeil de Damas&raquo;.">14</a></sup>, véritable pépinière d&rsquo;anciens militants du GUD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_14_33" id="identifier_14_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le FN canal lep&eacute;niste n&rsquo;est pas demeur&eacute; en reste avec la cr&eacute;ation l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re de la SARL DLP (Diffusion Livres &amp; Presse), dont les actionnaires et g&eacute;rant ne sont pas, il est vrai, n&eacute;s de la derni&egrave;re pluie !">15</a></sup>. Cette offensive en direction de la jeunesse s&rsquo;est également traduite par la quasi mise sous tutelle de<em>Réfléchir &amp; Agir</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_15_33" id="identifier_15_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51, &laquo;R&eacute;fl&eacute;chir ou Agir, il faut choisir&raquo;.">16</a></sup> par G. Soulas. En conflit avec son directeur de publication D. Warlet, la publication dont le succès au sein de la jeunesse nationaliste est réel, a vu également l&rsquo;éloignement de son principal animateur Éric Rossi. Elle a pu compter sur la sollicitude de G. Soulas qui lui a non seulement assuré une place de choix à l&rsquo;AEncre mais lui a également trouvé une nouvelle domiciliation au 99bis-101, avenue du Général Leclerc. Cette adresse n&rsquo;est pas anodine et elle montre que décidément G. Soulas a de la ressource : c&rsquo;est également celle de la SEDE ! Ce bâtiment appartient à la SOFRADOM, grosse société anonyme dirigée par les époux Guelboim, dont la principale activité est la domiciliation d&rsquo;entreprises et qui n&rsquo;a cessé de se développer en région parisienne depuis 1983, obtenant un bénéfice de plus de 1 500 000 francs pour l&rsquo;exercice 1997 ! La SOFRADOM a acquis des immeubles dans quasiment tous les arrondissements parisiens et celui du 99bis est à la fois l&rsquo;un de ses derniers et de ses principaux bâtiments.</p>
<p>Cette implication de G. Soulas correspond à une démarche très précise de satellisation de la jeunesse nationaliste et de ses éléments les plus dynamiques et radicaux autour du mouvement de B. Mégret. Elle a culminé avec le meeting organisé par le Renouveau Étudiant le jeudi 4 février dernier à Paris sur le thème «Pour un Front de la Jeunesse» ! Outre le fait que le dessin de l&rsquo;affiche était celui illustrant une ancienne affiche du Renouveau Étudiant parisien pour un meeting en novembre 1993, ce meeting faisait directement référence au mouvement de jeunesse du PFN et cultivait une certaine nostalgie. On trouvait également tous les représentants de la galaxie mégrétiste, du RE à <em>Réfléchir &amp; Agir</em> en passant par Terre &amp; Peuple, association de P. Vial, et le FNJ démaréchalisé.</p>
<p>Mais il est évident que cette stratégie se heurte de façon frontale à celle déployée par la mouvance nationaliste révolutionnaire autour du pôle Jeune Résistance-GUD. Il n&rsquo;est pas sûr que cette dichotomie dure longtemps sans heurts, et ce d&rsquo;autant plus que ce qu&rsquo;il reste de la jeunesse lepéniste n&rsquo;a peut-être pas totalement dit son dernier mot&#8230;</p>
<p><strong>Promotion canapé</strong></p>
<p>Au delà de cette offensive en direction de la jeunesse, tous ces éléments montrent la montée en puissance autour de B. Mégret de militants qui passaient jusqu&rsquo;alors pour des seconds couteaux du nationalisme et dont G. Soulas est un bon représentant. Les activités «commerciales» de celui-ci ne semblent pas déranger ses amis du FN-MN pourtant si gourmands de beaux discours sur l&rsquo;intégrité et la droiture morale. Cela n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant puisque l&rsquo;extrême droite a toujours fait bon ménage avec les voyous. On se contentera de rappeler ici l&rsquo;amitié qui unissait Damien Bariller, déjà rencontré précédemment, à Frédéric Jamet, secrétaire national du FN-Police et impliqué dans un trafic d&rsquo;armes et de stupéfiants international. Signe qu&rsquo;au contraire il est devenu quelqu&rsquo;un d&rsquo;incontournable au sein du FN-MN, Soulas est entré au Conseil national de ce mouvement à la faveur du congrès extraordinaire du 24 janvier à Marignane. Il y est en bonne compagnie puisqu&rsquo;il a pu y retrouver Me Éric Delcroix, avocat des activistes négationnistes et&#8230; de l&rsquo;AEncre ! Mais l&rsquo;avenir n&rsquo;est pas forcément paré de toutes les couleurs pour tout ce petit monde. Effet d&rsquo;annonce ou véritable cri d&rsquo;alarme, Soulas s&rsquo;est fendu d&rsquo;un mailing en janvier dernier pour dénoncer la supposée volonté du parquet d&rsquo;asphyxier financièrement la librairie en interjetant appel de la décision de relaxe concernant l&rsquo;arrêté d&rsquo;interdiction de vente du livre <em>Degrelle m&rsquo;a dit</em>. Cette asphyxie serait résultée du paiement des honoraires d&rsquo;un avoué près la cour d&rsquo;appel ainsi que de ceux de Delcroix plus une éventuelle condamnation. Il semble que son appel ait été entendu puisqu&rsquo;en février, Soulas a pu remercier ses clients pour leur soutien. Néanmoins, cette mini-crise montre que l&rsquo;AEncre reste fragile malgré l&rsquo;appui financier que l&rsquo;on peut trouver derrière sa façade.</p>
<p>Dans tous les cas, ce portrait de Soulas montre une fois de plus que l&rsquo;extrême droite dément quotidiennement par ses pratiques et ses activités privées les discours et leçons d&rsquo;honnêteté qu&rsquo;elle peut déclamer par ailleurs. Les militants nationalistes doivent donc être combattus pour ce qu&rsquo;ils sont : des crapules !</p>
<p><strong>géographie soulassienne</strong></p>
<p>La géographie mégrétiste a tendance à se restreindre à celle de Soulas. Alors que le fief de celui-ci est un immeuble de la rue Alain-Chartier dans le XVe arrt., immeuble qui porte le blason commercial des Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_16_33" id="identifier_16_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Blason qui comporte un bateau sur le mod&egrave;le de celui de la devise parisienne &laquo;Fluctuat Nec Mergitur&raquo; et affirme fi&egrave;rement : Noblesse &ndash; Probit&eacute;. L&rsquo;immeuble n&rsquo;en compte pas moins de trois fois la mention patronymique, entre Ren&eacute;, Jacques et Gilles ainsi que leurs diff&eacute;rentes entreprises (Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;Encouragement au Prog&egrave;s, PromoFrance Organisation).">17</a></sup>, on trouve non loin de là les locaux de Memorial Records ainsi que la MBE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_17_33" id="identifier_17_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mail Boxes Etc, soci&eacute;t&eacute; qui offre des adresses postales, tr&egrave;s utiles &agrave; Paris o&ugrave; il y a saturation des bo&icirc;tes postales.">18</a></sup> qui lui sert d&rsquo;adresse postale, rue Lecourbe dans le XVe arrt. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs tout à fait par hasard que le FN-MN mégrétiste &#8211; dénommé ADA-FN (Association de Défense des Adhérents du FN) &#8211; a choisi cette même MBE comme adresse postale, tandis qu&rsquo;il s&rsquo;est installé pour sa domiciliation rue de Cronstadt, toujours dans le XVe. Rue de Cronstadt où on trouve bien évidemment et comme par hasard une agence de la SOFRADOM ! Cette partie du XVe est ainsi devenue en quelques semaines le Walhalla terrestre des mégrétistes.</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°50.</li><li id="footnote_1_33" class="footnote">L&rsquo;Express, n°2483 du 4/10.02.1999.</li><li id="footnote_2_33" class="footnote">Ogmios s&rsquo;était créée en juin 1986 à l&rsquo;initiative de T. Mordrel et J.-D. Larrieu et avait fermé boutique en mai 1990. Elle avait été remplacée par la Librairie qui n&rsquo;avait pas connu un meilleur destin.</li><li id="footnote_3_33" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, frère ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les années 1970.</li><li id="footnote_4_33" class="footnote">T. Dreschmann a depuis cette date fondé une nouvelle librairie, La Licorne bleue, dans le XIe arrt.</li><li id="footnote_5_33" class="footnote">Équipe à la tête de laquelle on trouve P. Randa et qui est composée entre autres de N. Gauthier, N. Raletz, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;équipe de Pas de Panique à Bord, éphémère et navrant journal «satirique» d&rsquo;extrême droite, un moment absorbé par la revue belge Europe Nouvelles. Cette équipe a publié durant un temps Le Flambeau littéraire, petit mensuel au service de l&rsquo;AEncre et G. Soulas.</li><li id="footnote_6_33" class="footnote">On pouvait y reconnaître entre autres E.R.I.C. et Groupe 11, société de Nicolas Courcelle, frère de Bernard Courcelle, ancien dirigeant du DPS, SO-milice du FN. N. Courcelle a d&rsquo;ailleurs opposé un démenti extrêmement vigoureux aux propos de B. Morrot dans Marianne du 6 décembre 1998.</li><li id="footnote_7_33" class="footnote">M. Schneider est né en 1947 et est devenu très tôt un militant actif. Dans les années 1960, il entre à la Fédération des Étudiants nationalistes et devient responsable d&rsquo;Occident à Aix-en-Provence en mai 1968. Après un passage à Jeune Révolution, il dirige de 1971 à 1976 le CDPU, centre névralgique du nationalisme-révolutionnaire dans les années 1970. Au début des années 1980, on le retrouve au RPR, très proche des milieux militaires et de la Défense nationale. Il retourne au FN en 1983 et le quitte en 1990 sur un violent désaccord avec J.-M. Le Pen concernant l&rsquo;attitude pro-américaine de celui-ci. Apparemment, ils se sont réconciliés !.</li><li id="footnote_8_33" class="footnote">Avec Didier Doh et Pascale Precetti comme associés principaux.</li><li id="footnote_9_33" class="footnote">. Cf. en particulier le Guide juridique et pratique pour lutter avec succès contre les incitations à la débauche des pornotrafiquants du Cercle de la Cité vivante. Mais qu&rsquo;attendent-ils donc pour sévir contre M. Soulas ?!?</li><li id="footnote_10_33" class="footnote">On en est au numéro 6, le premier numéro étant paru en septembre 1997, ce qui en fait un trimestriel&#8230; Les lecteurs ont le temps de comprendre les tristes BD de N. Raletz&#8230;</li><li id="footnote_11_33" class="footnote">Entre autres le navrant Jean-Paul Bourre, qu&rsquo;on retrouvait d&rsquo;ailleurs également dans Pas de Panique à Bord.</li><li id="footnote_12_33" class="footnote">D&rsquo;infâmes livres «policiers» se déroulant dans les Iles atlantiques : Les Parques de l&rsquo;Ile d&rsquo;Yeu, Vengeance sur l&rsquo;Ile-de-Ré, Il y a un tueur à Belle-Ile-en-Mer. Mais il a réalisé une autre trilogie se déroulant en Picardie pour les afficionados&#8230; Qui a parlé de «diarrhée scripturale» ?</li><li id="footnote_13_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51, «L&rsquo;oeil de Damas».</li><li id="footnote_14_33" class="footnote">Le FN canal lepéniste n&rsquo;est pas demeuré en reste avec la création l&rsquo;année dernière de la SARL DLP (Diffusion Livres &amp; Presse), dont les actionnaires et gérant ne sont pas, il est vrai, nés de la dernière pluie !</li><li id="footnote_15_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51, «Réfléchir ou Agir, il faut choisir».</li><li id="footnote_16_33" class="footnote">Blason qui comporte un bateau sur le modèle de celui de la devise parisienne «Fluctuat Nec Mergitur» et affirme fièrement : Noblesse &#8211; Probité. L&rsquo;immeuble n&rsquo;en compte pas moins de trois fois la mention patronymique, entre René, Jacques et Gilles ainsi que leurs différentes entreprises (Société d&rsquo;Encouragement au Progès, PromoFrance Organisation).</li><li id="footnote_17_33" class="footnote">Mail Boxes Etc, société qui offre des adresses postales, très utiles à Paris où il y a saturation des boîtes postales.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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